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L'Union patronale suisse (UPS) a débattu avec les syndicats, la Confédération et les cantons de la situation des travailleurs âgés, en avril dernier. Le président de l'UPS Valentin Vogt (54 ans) a expliqué à La Vie économique que les entreprises devraient soutenir la formation continue de ce type de salariés.
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«Les salariés doivent être ouverts au changement»

Président de l’Union ­patronale suisse (UPS), Zurich

Connaissez-vous personnellement des seniors qui rencontrent des difficultés sur le marché du travail?


En ce moment, je suis en contact avec cinq personnes qui ont sollicité un soutien de ma part. Au cours des douze derniers mois, j’ai déjà réussi, en déployant des efforts similaires, à trouver du travail à une dizaine d’autres seniors. Ces contacts me permettent de très bien connaître la situation des travailleurs âgés.

D’après vous (ou l’Union patronale), quelle est aujourd’hui la situation des seniors sur le marché du travail?


L’Union patronale suisse partage le point de vue qui a été exprimé par le Seco et les cantons durant la conférence nationale: le taux d’activité des personnes de 55 à 64 ans, qui atteint 74%, est l’un des plus élevés au monde. L’an dernier, le taux de chômage des plus de 50 ans se situait à 2,8%, soit 0,4 point de moins que la moyenne suisse. Toutefois, lorsque des personnes de cet âge perdent leur emploi, elles mettent plus que temps que les autres à en retrouver un. En outre, il existe d’importantes disparités selon le genre, le niveau de formation, les branches et les régions.

Où se situent, à vos yeux, les principaux problèmes?


Le principal problème réside dans l’hétérogénéité de cette catégorie de travailleurs: chaque cas est différent. Cela complique à la fois l’analyse du problème et la recherche de solutions. Les attentes salariales élevées (on parle de «rémunération à l’ancienneté») jouent certainement un rôle, de même que les qualifications ne correspondant pas au profil des postes. En outre, les compétences acquises durant la vie professionnelle doivent être constamment adaptées aux mutations de la société et à l’évolution technique.

Quelles solutions préconisez-vous?


Pour traiter ce problème de manière appropriée, nous avons besoin d’une bonne base de connaissances. Un meilleur système de collecte des données pourrait donc s’avérer utile. Nous pourrions ainsi élaborer des dispositions plus efficaces pour améliorer la situation des travailleurs âgés. En tout cas, il est important de continuer à améliorer l’adéquation entre les postes vacants et les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans.

Que fait concrètement l’Union patronale – autrement dit les employeurs – pour changer cette situation?


Les employeurs reconnaissent l’importance des travailleurs âgés pour l’économie. Ils en ont besoin, en raison de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et du ralentissement de l’immigration, qui se profile. En même temps, les salariés doivent être ouverts au changement: c’est à eux qu’il incombe de développer leurs qualifications techniques et personnelles, afin de maintenir leur employabilité. En contrepartie, les employeurs et les pouvoirs publics soutiennent la formation et le perfectionnement des travailleurs âgés dans la mesure où l’exploitation de l’entreprise le permet. Une autre approche consiste à établir des «bilans de compétences» au sein de l’entreprise. Nous recommandons également de renoncer à mentionner une limite d’âge dans les offres d’emploi lorsque ce critère n’est pas déterminant pour le poste.

Proposition de citation: Vogt, Valentin (2015). «Les salariés doivent être ouverts au changement». La Vie économique, 24 juin.