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Cet article fait partie de la thématique «La numérisation de l’économie et l’État»

Technologies financières : toute résistance est vaine

La numérisation va profondément changer le secteur financier. Toute résistance est vaine. Les banques feraient mieux de saisir les chances qu’elle véhicule.

L’avancée des technologies numériques plonge le secteur financier dans une phase de mutations radicales. Transactions, règlements, opérations d’épargne et de crédit, levée de capitaux et gestion des placements : la vague numérique déferle sur pratiquement tous les secteurs. La montée des banques virtuelles, le financement participatif (« crowd-funding »), les nouvelles plateformes de paiement, le conseil virtuel, etc. sont autant de facteurs qui exacerbent la concurrence déjà vive entre les établissements financiers.
Cette évolution a d’ailleurs incité certaines personnes à prévoir la disparition des banques traditionnelles. C’est certainement exagéré. Les technologies de rupture ne sont nullement une simple menace, bien au contraire. Elles insufflent un vent nouveau au secteur et sont bénéfiques. Elles incitent aussi les acteurs du marché à renforcer leurs collaborations et provoquent un changement dans la culture du secteur,
Aujourd’hui, les banques sortent des sentiers battus, travaillent avec de jeunes pousses (« start-up »), adhèrent à des plateformes d’innovation et développent de nouvelles idées avec d’autres acteurs. Cette évolution aurait été tout à fait impensable il y a dix ans. La collaboration interne s’est également renforcée, notamment par les médias sociaux, propices à une communication directe et à l’échange d’idées entre les membres du personnel.

UBS apprend des jeunes pousses et inversement

Inspirées par la culture des jeunes pousses, qui autorise l’échec, les banques s’ouvrent désormais aux expériences. C’est certainement le cas d’UBS. Notre processus d’innovation très dynamique produit un riche courant d’idées nourri en interne et des suggestions nous parviennent également de l’extérieur par le bais de portails aux pourtours bien définis. Dans nos laboratoires d’innovation à Zurich, Londres et Singapour, nous travaillons étroitement avec la communauté technologique.
En faisant passer nos collaborateurs d’un cadre bancaire à un contexte de laboratoire, nous donnons libre cours à leur créativité. Chez nous, ils ont droit à l’erreur. Nous pouvons ainsi développer bien plus d’idées intéressantes que nous testons ensuite et mettons en œuvre. À Londres, nous avons installé notre laboratoire dans le « Fintech Accelerator », un pôle d’innovation qui abrite quelque 150 jeunes pousses sous le même toit. Elles y font de la recherche et du développement sur de nouveaux produits et services pour le secteur financier. Nos experts se voient ainsi offrir la possibilité de participer à un courant d’idées plus large, de connaître les tendances les plus récentes et de contribuer à forger l’avenir du secteur.
Les jeunes pousses dans le domaine des technologies financières (« fintech ») ne sont pas des ennemis et elles nous permettent de faire un usage ciblé des changements. Certes, quelques-unes nous font directement concurrence. Un grand nombre d’entre elles souhaitent toutefois aussi collaborer avec des banques établies. En fin de compte, l’activité bancaire ne se réduit pas à la seule dimension informatique. Les banques recèlent de véritables trésors d’expertise financière et de savoir-faire sur les marchés, ce qui fait défaut à la plupart des jeunes pousses. Dans le secteur bancaire, les relations de longue date avec la clientèle comptent toujours autant qu’auparavant et les jeunes entreprises ont encore beaucoup à apprendre dans ce domaine.
Ce sont là quelques-uns des aspects qui nous incitent à penser que les banques ont encore de beaux jours devant elles. À nos yeux, la rupture numérique n’est pas un danger, mais un défi bénéfique à relever. Elle fait souffler un vent frais et ouvre aussi de nouvelles perspectives.
Pour assurer l’avenir de la place financière suisse, il importe également d’établir un solide écosystème de technologie financière. Il est donc d’autant plus important de favoriser une collaboration efficace entre banques, jeunes pousses du domaine des « fintech » et autorités réglementaires pour ne pas demeurer en reste face à une concurrence internationale effrénée.

Group chief information officer, UBS

Group chief information officer, UBS