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Cet article fait partie de la thématique «Les brevets, des monopoles temporaires»

Des idées en or

Toute innovation débute par une idée que son auteur protège par un brevet. Pôle de recherche et d’innovation, la Suisse se distingue en la matière.

Qui l’a inventé ? Si la question fait sourire dans la publicité Ricola, elle est souvent une affaire juridique et financière. En l’occurrence, la Suisse n’a pas inventé que les bonbons aux herbes.

De nombreuses idées mûries en Suisse ont engendré de petites ou grandes révolutions, comme la fermeture éclair, le World Wide Web ou les écrans à cristaux liquides. Cette percée technologique a été réalisée par l’entreprise BBC, ancêtre d’ABB, qui a mis au point le « super-twisted liquid crystal display » (LCD) en 1984. Cette innovation a rapidement été intégrée dans les montres numériques, les calculatrices et les écrans du monde entier en échange de redevances – grâce au brevet que l’entreprise avait eu la sagesse de déposer sur cette invention.

Convertir le savoir en technologie

En 2019, ABB a déposé 689 brevets auprès de l’office européen compétent – davantage que n’importe quelle autre entreprise suisse. Son centre de recherches de Baden-Dättwil (AG) y contribue d’ailleurs depuis plus de 50 ans : une centaine de chercheurs développent des solutions pour ses clients du monde entier en étroite collaboration avec les unités d’affaires.

Des idées deviennent des innovations lorsqu’elles s’imposent sur le marché et génèrent une plus-value pour ABB et ses clients. Parmi ces innovations, on trouve les variateurs de fréquence moyenne tension, qui permettent d’améliorer l’efficacité énergétique dans l’industrie, ou les convertisseurs de traction et les systèmes de stockage d’énergie pour les trains et les bus électriques.

Ces innovations ouvrent la voie à la mobilité durable. À côté de ces résultats concrets et des nombreuses publications dans des revues spécialisées, les brevets constituent un indicateur important de la capacité d’innovation. La recherche et développement (R&D) vise à convertir le savoir en technologie : reste à trouver l’idée lumineuse ou l’approche innovante qui permettra de résoudre un problème. Des brevets remplissant des critères stricts permettent de protéger ces idées et d’assurer que les dépenses investies profitent effectivement à la compétitivité de l’entreprise.

C’est à nous de réinventer l’avenir chaque jour.

La Suisse figure depuis des années au sommet des classements internationaux de l’innovation. Elle était même numéro un en 2019, avec près de 1000 brevets déposés par million d’habitants. Cette position ne doit rien au hasard : le pays offre un environnement politique et économique stable ainsi que d’excellentes infrastructures. Sans oublier la solide protection de la propriété intellectuelle, des universités figurant parmi les meilleures du monde et un système de formation duale unique produisant une main-d’œuvre hautement qualifiée à côté des diplômés des hautes écoles. Il s’agit de construire sur ce socle, y compris pour relever les grands défis de notre temps comme le changement climatique ou la numérisation. ABB réalise aujourd’hui déjà près de 60 % de son chiffre d’affaires avec des solutions qui ménagent l’environnement et contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique. L’entreprise espère encore accroître cette part en continuant d’investir dans la R&D. Son objectif doit être de faire avancer le monde sans épuiser ses ressources, grâce au développement de solutions techniques favorisant l’émergence d’une société à la fois plus performante et durable. Il n’existe pour cela aucune « recette patentée ». C’est à nous de réinventer l’avenir chaque jour.

Directeur du centre de recherches d’ABB, Baden-Dättwil (AG)

Directeur du centre de recherches d’ABB, Baden-Dättwil (AG)