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Cet article fait partie de la thématique «Les brevets, des monopoles temporaires»

Développer la juste stratégie

Une jeune pousse a plusieurs moyens de protéger sa propriété intellectuelle. La difficulté est de choisir les outils adéquats pour assurer son développement et préserver son savoir.

La propriété intellectuelle est souvent considérée comme un actif essentiel pour les jeunes pousses, en particulier celles qui reposent fortement sur la technologie scientifique ou de pointe et sur les innovations techniques. L’entrepreneur se trouve donc rapidement confronté à la question de savoir comment protéger au mieux le patrimoine immatériel de sa société, d’autant que les investisseurs veulent souvent être rassurés avant de bourse délier. Il est ainsi plus difficile de lever des fonds sans stratégie appropriée en la matière.

Dans ce contexte, le défi majeur est d’identifier le meilleur moyen de protéger non seulement les inventions, mais également les activités futures de l’entreprise. Les entrepreneurs ne doivent pas oublier que l’objectif d’une stratégie de protection de la propriété intellectuelle est de s’assurer que leur avantage scientifique ou technologique est décisif pour garder une longueur d’avance sur la concurrence.

Les entrepreneurs assimilent souvent la propriété intellectuelle aux brevets, habituellement considérés comme l’instrument principal comparé aux droits d’auteur, aux marques déposées et aux secrets commerciaux. Dans certains secteurs (développement pharmaceutique, applications médicales, création de nouveaux matériaux, etc.), les brevets sont effectivement appropriés pour contrer la concurrence. Un tel cas se présente lorsque l’invention constitue la base de la valeur pour le client, lorsqu’il est très difficile de trouver des solutions de substitution pour obtenir les mêmes résultats et lorsque les imitations lancées sur le marché par des concurrents sont faciles à identifier.

Avoir une vision large

Si ces conditions ne sont pas réunies (par exemple dans le cas de processus de production ou d’algorithmes), la stratégie de protection de la propriété intellectuelle devient plus complexe à élaborer. Les brevets pourraient alors ne pas être la meilleure solution, d’autant que les jeunes pousses évoluent souvent rapidement et sont susceptibles de changer de modèle d’affaires quelques semaines ou mois déjà après leur lancement. L’entrepreneur risque donc d’investir des ressources dans le développement de brevets dont les bénéfices seraient minimes, alors qu’il aurait pu dédier ces moyens au développement de son activité.

Les brevets ne sont pas forcément la meilleure solution pour les jeunes pousses

Dans cette optique, il est crucial que les entrepreneurs évaluent comment la propriété intellectuelle soutient effectivement la stratégie de leur société et considèrent plus largement la composition de leur « capital intellectuel ». Il s’agit notamment de prendre en compte le savoir-faire et les qualifications des employés, les partenariats d’affaires privilégiés, les protections contractuelles (dans le cadre de développements conjoints ou avec les clients) et tous les éléments susceptibles d’être intégrés dans une stratégie en matière de secret commercial.

Les jeunes pousses doivent s’employer activement à développer une véritable stratégie de protection de la propriété intellectuelle (concernant les processus internes, les contrats avec les employés, la gestion adéquate des fournisseurs, etc.), afin d’assurer la solidité à long terme de leurs secrets d’affaires.

La question n’est donc pas de savoir « si », mais « comment » et « quand » l’entrepreneur doit se préoccuper de propriété intellectuelle. Sans oublier de conserver une vision d’ensemble.

Cofondateur et directeur de Venturelab, Schlieren (ZH)

Cofondateur et directeur de Venturelab, Schlieren (ZH)