{"id":133255,"date":"2020-02-25T11:31:07","date_gmt":"2020-02-25T11:31:07","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2020\/02\/legge-lukaszukfr\/"},"modified":"2023-08-24T00:01:39","modified_gmt":"2023-08-23T22:01:39","slug":"legge-lukaszukfr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2020\/02\/legge-lukaszukfr\/","title":{"rendered":"Accords de libre-\u00e9change&nbsp;: un potentiel sous-exploit\u00e9&nbsp;?"},"content":{"rendered":"<p>Dans la litt\u00e9rature \u00e9conomique, les avis divergent sur l\u2019impact \u2013\u00a0positif ou n\u00e9gatif\u00a0\u2013 des accords de libre-\u00e9change (ALE)<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>. Car si diminuer les barri\u00e8res tarifaires favorise effectivement les \u00e9changes, cela ne vaut que pour les deux partenaires concern\u00e9s. Et si une entreprise ach\u00e8te les intrants d\u2019un pays uniquement en raison de l\u2019existence d\u2019un ALE, autrement dit parce que les droits de douane sont moins \u00e9lev\u00e9s, cela peut cr\u00e9er des distorsions dans le commerce international\u00a0: c\u2019est alors le produit le moins cher, mais pas forc\u00e9ment le plus efficace, qui sera import\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAutre inconv\u00e9nient des ALE\u00a0: les droits de douane pr\u00e9f\u00e9rentiels ne sont accord\u00e9s que pour les biens qui satisfont aux r\u00e8gles d\u2019origine, produits pour une large part dans le pays partenaire. Concr\u00e8tement, s\u2019agissant de l\u2019ALE entre la Suisse et la Chine, un fabricant de machines helv\u00e9tiques qui souhaite exporter vers l\u2019empire du Milieu ne pourra b\u00e9n\u00e9ficier de droits de douane r\u00e9duits que si une part suffisamment importante de la valeur a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en Suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAfin d\u2019apporter ce qu\u2019on appelle la preuve de l\u2019origine, les entreprises doivent documenter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, adapter leur processus de fabrication, ce qui a un co\u00fbt. Elles \u00e9valuent donc s\u2019il vaut mieux tirer parti de l\u2019ALE et assumer les frais li\u00e9s \u00e0 la preuve d\u2019origine, ou renoncer \u00e0 profiter de l\u2019ALE et payer les droits de douane habituels.&#13;<\/p>\n<h2>Des donn\u00e9es lacunaires en mati\u00e8re d\u2019exportation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes ALE sont un pilier de la politique commerciale helv\u00e9tique, car la Suisse est un petit pays \u00e0 la fois extr\u00eamement d\u00e9velopp\u00e9 et fortement interconnect\u00e9 avec les autres \u00e9conomies. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de comprendre comment les entreprises suisses et \u00e9trang\u00e8res utilisent les accords existants. Le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) a donc demand\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Saint-Gall de se pencher sur la question<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAfin d\u2019\u00e9valuer dans quelle mesure les entreprises recourent aux ALE pour importer des marchandises, les auteurs de l\u2019\u00e9tude ont analys\u00e9 la totalit\u00e9 des donn\u00e9es relatives aux importations de l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des douanes. L\u2019utilisation des ALE a \u00e9t\u00e9 moins facile \u00e0 calculer dans le cas des exportations, car elle n\u2019a pu \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e que sur la base des donn\u00e9es douani\u00e8res des partenaires de libre-\u00e9change. Le Seco a sollicit\u00e9 ces derniers, mais n\u2019a obtenu qu\u2019une partie des informations n\u00e9cessaires. Or, une analyse pr\u00e9cise n\u00e9cessite des informations tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9es que tous les partenaires commerciaux n\u2019ont pas fournies. Le Seco appelle donc de ses v\u0153ux un \u00e9change r\u00e9gulier et normalis\u00e9 de donn\u00e9es avec les partenaires ALE de la Suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019analyse r\u00e9alis\u00e9e couvre cependant la majeure partie du commerce ext\u00e9rieur helv\u00e9tique. Les r\u00e9sultats montrent que 85\u00a0% des produits import\u00e9s en Suisse proviennent de pays signataires d\u2019un ALE et que 75\u00a0% des exportations sont destin\u00e9es \u00e0 des pays ALE pour lesquels des donn\u00e9es sont disponibles<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>. L\u2019analyse exclut les produits soumis \u00e0 des quotas d\u2019importation, car on ne dispose pas d\u2019informations d\u00e9taill\u00e9es sur l\u2019utilisation de ces quotas. Le montant total des importations analys\u00e9es s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 175\u00a0milliards de francs, celui des exportations \u00e0 214\u00a0milliards.&#13;<\/p>\n<h2>Des anoraks chinois moins chers<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes droits de douane diff\u00e8rent selon les produits import\u00e9s. Le taux standard dit \u00ab\u00a0de la nation la plus favoris\u00e9e\u00a0\u00bb (taux\u00a0NPF) est d\u00e9fini par les pays membres de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) pour chaque famille de produits. S\u2019il est \u00e9gal \u00e0 z\u00e9ro, ce qui est le cas pour plus d\u2019un tiers des importations suisses, l\u2019ALE ne pr\u00e9sente aucun avantage. Les autres tarifs sont \u00e9galement peu \u00e9lev\u00e9s. La majorit\u00e9 des importations suisses pourraient toutefois b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un avantage suppl\u00e9mentaire li\u00e9 aux ALE si les entreprises concern\u00e9es profitaient de la pr\u00e9f\u00e9rence tarifaire correspondante. Le droit de douane applicable est en effet inf\u00e9rieur au taux\u00a0NPF, pour autant que les r\u00e8gles d\u2019origine soient respect\u00e9es. Par exemple, pour des anoraks produits en Chine, le taux ordinaire qui s\u2019applique est de 575\u00a0francs par 100\u00a0kilogrammes. Si l\u2019on peut prouver que la cr\u00e9ation de valeur se fait au moins \u00e0 40\u00a0% en Chine, aucun droit de douane n\u2019est per\u00e7u.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019analyse de l\u2019utilisation des ALE se fonde sur deux chiffres cl\u00e9s. Le taux d\u2019utilisation correspond tout d\u2019abord au ratio entre les produits effectivement import\u00e9s dans le cadre de l\u2019ALE et tous les produits qui auraient pu \u00eatre import\u00e9s moins cher par le biais de l\u2019ALE. Il ne prend pas en compte les marchandises exempt\u00e9es de droits de douane ou b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel pour lesquelles un ALE ne permet pas de tarifs douaniers plus bas<a href=\"#footnote_4\" id=\"footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor\">[4]<\/a>. Deuxi\u00e8me chiffre cl\u00e9, le taux d\u2019\u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es correspond quant \u00e0 lui au ratio entre les \u00e9conomies effectivement r\u00e9alis\u00e9es sur les droits de douane et les \u00e9conomies potentiellement r\u00e9alisables.&#13;<\/p>\n<h2>Une utilisation marqu\u00e9e pour les exportations<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe calcul du taux d\u2019utilisation montre que la majorit\u00e9 des entreprises profitent d\u2019un ALE l\u00e0 o\u00f9 elles le peuvent. Au niveau des importations, le taux d\u2019utilisation est d\u2019environ 73\u00a0% et s\u2019est av\u00e9r\u00e9 stable entre\u00a02016 et\u00a02018. Autrement dit, lors de cette p\u00e9riode, trois quarts des importations pour lesquelles l\u2019ALE offrait un avantage tarifaire ont effectivement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un droit de douane pr\u00e9f\u00e9rentiel. Ces importations concernent toutefois principalement des biens pour lesquels la marge pr\u00e9f\u00e9rentielle est importante, c\u2019est-\u00e0-dire des produits pour lesquels la diff\u00e9rence entre le taux\u00a0NPF et le taux pr\u00e9f\u00e9rentiel (ALE) est tendanciellement \u00e9lev\u00e9e. Quant au taux d\u2019\u00e9conomies, il est sup\u00e9rieur au taux d\u2019utilisation et atteint pr\u00e8s de 86\u00a0%, ce qui montre que les entreprises recourent plus souvent \u00e0 la pr\u00e9f\u00e9rence tarifaire pour les produits pr\u00e9sentant un potentiel d\u2019\u00e9conomies relativement \u00e9lev\u00e9. Concr\u00e8tement, si l\u2019on consid\u00e8re les importations\u00a02018, 2,5\u00a0milliards de francs d\u2019\u00e9conomies ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur les 3\u00a0milliards th\u00e9oriquement r\u00e9alisables gr\u00e2ce aux ALE (voir <em>illustration\u00a01<\/em>).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe taux d\u2019utilisation pour les exportations vers les pays partenaires pris en compte dans l\u2019analyse est nettement plus \u00e9lev\u00e9 que pour les importations\u00a0: il avoisinait 80\u00a0% en\u00a02018<a href=\"#footnote_5\" id=\"footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor\">[5]<\/a>. Dans le m\u00eame temps, 80,4\u00a0% des \u00e9conomies potentielles ont effectivement \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es, soit\u00a01,8\u00a0sur 2,3\u00a0milliards de francs au total.&#13;<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\">Ill. 1. \u00c9conomies potentielles et effectives sur les droits de douane dans le cadre des accords de libre-\u00e9change conclus par la Suisse (2018)<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<div class='chart chart--normal' id='Legge_Lukaszuk_1_fr'>\n\n<\/div>\n\n<script>\n$(function () {\n    $('#Legge_Lukaszuk_1_fr').highcharts({\n      chart: {\n        type: 'column'\n    },\n    title: {\n        text: ''\n    },\n    xAxis: {\n        categories: ['Importations', 'Exportations']\n    },\n    yAxis: {\n        title: {\n            text: '\u00c9conomies sur les droits de douane (en millions de francs)'\n        },\n        stackLabels: {\n            enabled: false,\n\n        }\n    },\n  \n    tooltip: {\n        headerFormat: '<b>{point.x}<\/b><br\/>',\n        pointFormat: '{series.name}: {point.y} millions de francs <br\/>Total : {point.stackTotal} millions de francs'\n    },\n    plotOptions: {\n        column: {\n            stacking: 'normal',\n            dataLabels: {\n                enabled: false\n            }\n        }\n    },\n    series: [{\n        name: '\u00c9conomies non r\u00e9alis\u00e9es sur les droits de douane',\n        data: [446.7,443.3],\n        color:'#c74d70'\n    }, {\n        name: '\u00c9conomies r\u00e9alis\u00e9es sur les droits de douane',\n        data: [2476,1814.3],\n                color:'#74ab4e'\n\n\n    }, ]\n});\n});\n\n\n\n<\/script>\n&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: illustration des auteurs \/ La Vie \u00e9conomique<\/span>&#13;<\/p>\n<h2>Les ALE avec la Chine sont peu utilis\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne analyse d\u00e9taill\u00e9e montre toutefois que le taux d\u2019utilisation varie fortement selon le pays et le secteur concern\u00e9s, tant au niveau des importations que des exportations. Le taux d\u2019utilisation des\u00a0ALE est ainsi nettement plus \u00e9lev\u00e9 pour les pays de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) et de l\u2019Association europ\u00e9enne de libre-\u00e9change (AELE) que pour les autres partenaires. Le potentiel d\u2019optimisation concerne en premier lieu les importations d\u2019Allemagne et le commerce avec la Chine. Il convient toutefois de relativiser le taux d\u2019utilisation\u00a0: comme il est plus difficile de faire jouer la pr\u00e9f\u00e9rence tarifaire pour certains produits, le panier de produits import\u00e9s du pays en question est d\u00e9cisif. Les auteurs de l\u2019analyse ont estim\u00e9 un taux d\u2019utilisation pour chaque pays sur la base du mix de produits import\u00e9s. S\u2019agissant des importations chinoises, le taux d\u2019utilisation devrait \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 celui des autres pays, car la Suisse importe de grandes quantit\u00e9s de textiles depuis la Chine (voir <em>illustration\u00a02<\/em>). Or, le recours aux ALE pour les importations est g\u00e9n\u00e9ralement plus difficile dans ce secteur en raison des r\u00e8gles d\u2019origine restrictives et de la fragmentation des cha\u00eenes de valeur. Sur la base du mix de produits, les taux d\u2019utilisation pour les importations de Grande-Bretagne et les exportations vers le Japon devraient \u00e9galement \u00eatre modestes.&#13;<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\">Ill. 2. Taux d\u2019utilisation estim\u00e9s et effectifs des accords de libre-\u00e9change, par pays (2018)<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<div class='chart chart--normal' id='Legge_Lukaszuk_2_1_fr'>\n\n<\/div>\n\n<script>\n$(function () {\n    $('#Legge_Lukaszuk_2_1_fr').highcharts({\n          title: {\n        text: 'Importations'\n    },\n      xAxis: {\n        categories: ['Allemagne', 'Italie', 'France', 'Chine', 'Grande-Bretagne', 'Autriche', 'Pays-Bas', 'Espagne', 'R\u00e9publique tch\u00e8que', 'Japon']\n    },\n   yAxis: {\n        title: {\n            text: 'Taux d\u2019utilisation pour les importations'\n        },\n        labels: {\n            format: '{value}%'\n        },\n    },\n    tooltip: {\n        headerFormat: '<b>{series.name}<\/b><br\/>',\n        pointFormat: '{point.y}%'\n    },\n    series: [{\n        type: 'column',\n        name: 'Taux d\u2019utilisation effectif',\n        data: [74.8,86.8,83.8,43.0,60.6,89.0,65.7,86.3,84.3,46.8],\n        marker: {\n            enabled: false\n        },\n        \n    }, {\n        type: 'scatter',\n        name: 'Taux d\u2019utilisation estim\u00e9 sur la base du panier de produits',\n        data: [77.1,69,63.5,52.5,54,79.2,77,78.7,76.3,67.7],\n       \n    }]\n});\n});\n\n\n\n<\/script>\n&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<div class='chart chart--normal' id='Legge_Lukaszuk_2_2_fr'>\n\n<\/div>\n\n<script>\n$(function () {\n    $('#Legge_Lukaszuk_2_2_fr').highcharts({\n          title: {\n        text: 'Exportations'\n    },\n      xAxis: {\n        categories: ['Allemagne', 'France', 'Chine', 'Italie', 'Grande-Bretagne', 'Japon', 'Belgique', 'Autriche', 'Pays-Bas', 'Espagne']\n    },\n   yAxis: {\n        title: {\n            text: 'Taux d\u2019utilisation pour les exportations'\n        },\n        labels: {\n            format: '{value}%'\n        },\n    },\n    tooltip: {\n        headerFormat: '<b>{series.name}<\/b><br\/>',\n        pointFormat: '{point.y}%'\n    },\n    series: [{\n        type: 'column',\n        name: 'Taux d\u2019utilisation effectif',\n        data: [93.3,94.7,35.9,94.5,89.3,53.7,85.8,93.8,83.5,83.4],\n        marker: {\n            enabled: false\n        },\n        \n    }, {\n        type: 'scatter',\n        name: 'Taux d\u2019utilisation estim\u00e9 sur la base du panier de produits',\n        data: [76.7,86,81.7,88.8,86.7,55.9,85.1,88.6,79.1,81.7],\n       \n    }]\n});\n});\n\n\n\n<\/script>\n&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<span class=\"text__legend\">Remarque\u00a0: les illustrations pr\u00e9sentent le top-10 des pays partenaires, class\u00e9s par volume de transactions.<\/span>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: calculs et illustrations des auteurs \/ La Vie \u00e9conomique<\/span>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nOn observe \u00e9galement des diff\u00e9rences selon les secteurs. Une part importante des \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es sur les droits de douane se concentre ainsi sur certaines branches. Les entreprises suisses ont surtout recouru aux ALE pour l\u2019importation de plastiques, de produits laitiers et d\u2019articles de papeterie, avec notamment 55\u00a0millions de francs d\u2019\u00e9conomies pour les seules importations d\u2019impressions publicitaires, de catalogues de vente et d\u2019articles similaires depuis l\u2019Allemagne. Du c\u00f4t\u00e9 des exportations, les \u00e9conomies d\u00e9passent les 300\u00a0millions de francs et profitent en particulier au secteur horloger. Il serait cependant possible d\u2019\u00e9conomiser encore bien davantage si le potentiel d\u2019\u00e9conomies \u00e9tait enti\u00e8rement exploit\u00e9. Le potentiel inexploit\u00e9 le plus important concerne les importations de v\u00eatements et de v\u00e9hicules ainsi que les exportations de machines.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9conomies possibles pour les importations de voitures<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9tude a \u00e9galement permis de d\u00e9terminer pour quelles relations commerciales et familles de produits le taux d\u2019utilisation des ALE reste faible. Il est par exemple encore possible de r\u00e9aliser des \u00e9conomies bien plus importantes sur l\u2019importation de v\u00e9hicules allemands ou de v\u00eatements chinois. Si les raisons de cette situation restent \u00e0 clarifier, on peut imaginer que la mondialisation des cha\u00eenes de valeur rend les ALE difficiles \u00e0 utiliser. Il s\u2019agirait donc d\u2019analyser si l\u2019utilisation des ALE est limit\u00e9e en raison de r\u00e8gles d\u2019origine restrictives. S\u2019agissant des cha\u00eenes de valeur mondiales, il faut savoir que le cumul de l\u2019origine est possible. Des \u00e9tudes compl\u00e9mentaires permettraient d\u2019identifier quels facteurs (volume de transactions, potentiel d\u2019\u00e9conomies, marge pr\u00e9f\u00e9rentielle) influencent le recours aux ALE, et dans quelle proportion.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nR\u00e9pondre \u00e0 ces questions permettrait de d\u00e9finir les mesures \u00e0 mettre en \u0153uvre au niveau de la politique commerciale suisse afin de renforcer l\u2019utilisation des ALE, notamment pour les produits pr\u00e9sentant un potentiel \u00e9lev\u00e9 d\u2019\u00e9conomies sur les droits de douane. Quant \u00e0 la question de savoir si les ALE servent ou desservent le commerce international, elle reste ouverte et des \u00e9tudes compl\u00e9mentaires pourraient l\u00e0 aussi fournir de pr\u00e9cieuses conclusions aux d\u00e9cideurs politiques.<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Voir Dani Rodrik (2018). \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/drodrik.scholar.harvard.edu\/publications\/what-do-trade-agreements-really-do\">What do trade agreements really do\u00a0?<\/a>\u00a0\u00bb, <em>Journal of Economic Perspectives<\/em>, 23(2), p.\u00a073\u201390.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Voir Legge Stefan et Lukaszuk Piotr (2019), <em><a href=\"https:\/\/www.seco.admin.ch\/dam\/seco\/en\/dokumente\/Publikationen_Dienstleistungen\/Publikationen_Formulare\/Aussenwirtschaft\/Berichte_Studien\/studie_analyse_zur_nutzung_von_fha.pdf.download.pdf\/Studie_Analyse_zur_Nutzung_von_FHA.pdf\">Analyse zur Nutzung von Freihandelsabkommen im Auftrag des SECO<\/a><\/em>, \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e sur mandat du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, universit\u00e9 de St-Gall.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">\u00c0 savoir les donn\u00e9es de l\u2019Union europ\u00e9enne, de l\u2019Albanie, de la Bosnie-Herz\u00e9govine, de la Chine, de Hong Kong, du Japon, du Canada, de la Cor\u00e9e du Sud, du Mexique, de la Serbie, de l\u2019Afrique du Sud, de la Turquie et de l\u2019Ukraine.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_4\" class=\"footnote--item\">Par \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel\u00a0\u00bb, on entend notamment des renvois ou des importations ayant un but pr\u00e9cis et b\u00e9n\u00e9ficiant de droits de douane r\u00e9duits.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_5\" class=\"footnote--item\">Le taux d\u2019utilisation est toutefois d\u2019environ 3\u00a0points de pourcentage inf\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la litt\u00e9rature \u00e9conomique, les avis divergent sur l\u2019impact \u2013\u00a0positif ou n\u00e9gatif\u00a0\u2013 des accords de libre-\u00e9change (ALE). 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Celui-ci r\u00e9sume sur une seule page les chiffres cl\u00e9s relatifs aux ALE de chaque partenaire de la Suisse, comme des donn\u00e9es concernant les transactions bilat\u00e9rales, les marges pr\u00e9f\u00e9rentielles, les taux d\u2019utilisation pour les principaux secteurs ainsi que les \u00e9conomies th\u00e9oriques et effectives sur les droits de douane. Le monitorage sera prochainement disponible sur www.seco.admin.ch."}],"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":133258,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":133262,"artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"92251","post_abstract":"Pour une petite \u00e9conomie fortement d\u00e9velopp\u00e9e comme la Suisse, le commerce international joue un r\u00f4le central. 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