{"id":138729,"date":"2017-10-24T08:36:06","date_gmt":"2017-10-24T08:36:06","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2017\/10\/foellmi-11-2017fr\/"},"modified":"2023-08-24T00:14:37","modified_gmt":"2023-08-23T22:14:37","slug":"foellmi-11-2017fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2017\/10\/foellmi-11-2017fr\/","title":{"rendered":"R\u00e9ussir la lib\u00e9ralisation l\u00e0 o\u00f9 les march\u00e9s du cr\u00e9dit sont imparfaits"},"content":{"rendered":"<p>Dans de nombreux pays, le commerce international est un moteur de la productivit\u00e9, de la croissance et de la prosp\u00e9rit\u00e9. Ses avantages se concr\u00e9tisent de multiples mani\u00e8res. Les m\u00e9nages disposent ainsi d&#8217;une gamme \u00e9largie de biens \u00e0 consommer. En outre, le libre-\u00e9change permet aux pays de se sp\u00e9cialiser dans des secteurs pour lesquels ils disposent d\u2019un avantage comparatif. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ouverture des fronti\u00e8res, les entreprises nationales \u00e9tendent leur march\u00e9 et produisent \u00e0 des co\u00fbts moindres.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes recherches les plus r\u00e9centes indiquent, par ailleurs, que l\u2019accroissement de la concurrence induit par les \u00e9changes internationaux pousse \u00e0 allouer le capital et le travail \u2013 des ressources limit\u00e9es \u2013 l\u00e0 o\u00f9 la productivit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e. Cette pression de la concurrence oblige \u00e9galement les entreprises \u00e0 augmenter la productivit\u00e9 de mani\u00e8re importante<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>. En Suisse, nombre d\u2019habitants ont probablement exp\u00e9riment\u00e9 les effets b\u00e9n\u00e9fiques du commerce international. Ceux-ci ne se limitent \u00e9videmment pas \u00e0 notre pays\u00a0; on les observe dans beaucoup d\u2019autres nations riches, comme le montrent les \u00e9tudes empiriques.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa situation est plus ambigu\u00eb dans les pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents. La majorit\u00e9 d\u2019entre eux sont bien mieux int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019\u00e9conomie mondiale qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. Les exp\u00e9riences qu\u2019ils ont faites en mati\u00e8re de lib\u00e9ralisation des \u00e9changes sont toutefois tr\u00e8s diverses, comme le signale depuis longtemps Dani Rodrik, un prestigieux \u00e9conomiste sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions de commerce et de d\u00e9veloppement<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>. Pour de nombreux pays asiatiques, l\u2019int\u00e9gration dans l\u2019\u00e9conomie mondiale s&#8217;est accompagn\u00e9e d&#8217;une am\u00e9lioration consid\u00e9rable de la productivit\u00e9. D\u2019autres, en particulier les nations pauvres d\u2019Afrique et d\u2019Am\u00e9rique latine, en ont moins profit\u00e9\u00a0: la r\u00e9allocation, soit le transfert du travail et du capital vers les secteurs et entreprises les plus productifs, n\u2019y a pratiquement pas eu lieu. Dans quelques cas, l\u2019efficience allocative semble m\u00eame avoir diminu\u00e9 depuis le d\u00e9but de la lib\u00e9ralisation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCes constats ne peuvent que soulever des interrogations\u00a0l\u00e9gitimes\u00a0: pourquoi, dans certains pays, les \u00e9changes n\u2019entra\u00eenent-ils pas de r\u00e9allocation\u00a0? En vertu de quels facteurs l\u2019int\u00e9gration dans l\u2019\u00e9conomie mondiale am\u00e9liore-t-elle ou r\u00e9duit-elle l\u2019efficience allocative\u00a0? Quelles mesures faut-il adopter pour \u00e9viter qu\u2019une grande partie des avantages du commerce international se limite aux pays de l\u2019OCDE et aux pays \u00e9mergents d\u2019Asie\u00a0? Le monde de la recherche scientifique travaille sur ces questions complexes. Nous contribuons \u00e0 cet effort en \u00e9tudiant le r\u00f4le des dysfonctionnements observ\u00e9s sur les march\u00e9s du cr\u00e9dit<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>. Nous nous int\u00e9ressons ainsi \u00e0 l\u2019effet qu\u2019une lib\u00e9ralisation des \u00e9changes \u2013 et l\u2019accroissement de la concurrence qui va de pair \u2013 exerce sur l\u2019allocation du capital aux secteurs et aux entreprises quand les march\u00e9s du cr\u00e9dit ne remplissent pas leur r\u00f4le de fa\u00e7on satisfaisante. Pour cela, il nous faut commencer par une analyse th\u00e9orique, base indispensable \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019\u00e9tudes empiriques et \u00e0 la formulation de pistes d\u2019action.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Les imperfections des march\u00e9s du cr\u00e9dit<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est logique de s\u2019int\u00e9resser aux dysfonctionnements des march\u00e9s du cr\u00e9dit. Le principe \u00e9nonc\u00e9 ci-dessus, selon lequel la concurrence accrue am\u00e9liore l\u2019efficience, repose en effet sur l\u2019hypoth\u00e8se que le march\u00e9 du cr\u00e9dit \u2013 le syst\u00e8me bancaire d\u2019un pays, en langage ordinaire \u2013 \u00ab\u00a0fonctionne\u00a0\u00bb. Celui-ci est r\u00e9put\u00e9 performant lorsque l\u2019\u00e9pargne disponible est allou\u00e9e en majeure partie aux entreprises les plus productives r\u00e9alisant les projets les plus porteurs. Ce peut \u00eatre le cas de la Suisse et d\u2019autres pays riches.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIl en va souvent diff\u00e9remment dans les pays pauvres\u00a0: les entreprises, en particulier les plus petites, n\u2019acc\u00e8dent pas suffisamment au capital \u00e9tranger, m\u00eame lorsqu\u2019elles sont relativement productives ou qu\u2019elles ont des projets porteurs. Souvent, les cr\u00e9dits sont octroy\u00e9s non pas tant en fonction de la productivit\u00e9 et du potentiel des emprunteurs que des s\u00fbret\u00e9s qu\u2019ils peuvent fournir. Cette situation est logique en soi\u00a0: dans de nombreux pays pauvres, r\u00e9clamer en justice le remboursement de cr\u00e9dits octroy\u00e9s sans garantie prend des ann\u00e9es et revient tr\u00e8s cher. D\u00e8s lors, les s\u00fbret\u00e9s et les relations de longue date jouent un r\u00f4le crucial, de sorte que le capital est octroy\u00e9 aux entreprises qui en disposent, m\u00eame si elles ne sont pas tr\u00e8s productives et n\u2019ont qu\u2019un faible potentiel.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Des mod\u00e8les qui \u00e9pousent mieux la r\u00e9alit\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDe toute \u00e9vidence, tabler sur des march\u00e9s du cr\u00e9dit performants dans les pays pauvres d\u2019Afrique et d\u2019Am\u00e9rique latine est faire peu de cas de la r\u00e9alit\u00e9. Pour cette raison, notre analyse th\u00e9orique postule l\u2019existence de dysfonctionnements. D\u00e8s le moment o\u00f9 nous \u00e9cartons l\u2019hypoth\u00e8se de la perfection de ces march\u00e9s, la question se pose de savoir sous quelle forme se pr\u00e9sentent les dysfonctionnements. Dans ce cas pr\u00e9cis, il s\u2019agit de cerner les principaux aspects communs aux march\u00e9s du cr\u00e9dit dans les pays pauvres. Pour ce faire, nous avons adopt\u00e9 une approche qui implique deux postulats de base. En premier lieu, l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit d\u00e9pend principalement des fonds propres, ce qui est corrobor\u00e9 par le fait que, dans les pays pauvres, les s\u00fbret\u00e9s jouent un r\u00f4le vital. En second lieu, les entreprises dont les b\u00e9n\u00e9fices potentiels sont sup\u00e9rieurs re\u00e7oivent \u00e9galement davantage de cr\u00e9dits. Par cons\u00e9quent, la hausse des co\u00fbts financiers entrave l\u2019acc\u00e8s aux capitaux \u00e9trangers, surtout pour les petites entreprises, dont les b\u00e9n\u00e9fices d\u00e9pendent \u00e9troitement de ces co\u00fbts.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nNotre cadre th\u00e9orique combine cette mod\u00e9lisation des march\u00e9s du cr\u00e9dit \u00e0 d\u2019autres hypoth\u00e8ses plausibles et bien pr\u00e9sentes dans les publications scientifiques. Nous supposons ainsi que la dotation en fonds propres des entreprises est variable et que les technologies plus productives requi\u00e8rent un suppl\u00e9ment de capital. Nous estimons aussi que la marge de man\u0153uvre dont disposent les firmes pour fixer leurs prix est r\u00e9duite. Les barri\u00e8res commerciales sont constitu\u00e9es par les co\u00fbts support\u00e9s lors de l\u2019importation de biens, qui les rench\u00e9rit. Dans ce cadre, un accord de lib\u00e9ralisation se traduit par une r\u00e9duction limit\u00e9e du co\u00fbt des \u00e9changes et, donc, par une moindre latitude des entreprises nationales pour fixer les prix. En un mot comme en cent, toute lib\u00e9ralisation entra\u00eene une intensification de la concurrence.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCe cadre th\u00e9orique pos\u00e9, nous pouvons \u00e9tudier la fa\u00e7on dont une succession d\u2019accords de lib\u00e9ralisation agissent sur l\u2019efficience de l\u2019allocation du capital et sur la prosp\u00e9rit\u00e9. Est-il possible, comme il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 dans quelques pays pauvres, qu\u2019une r\u00e9duction limit\u00e9e du co\u00fbt des \u00e9changes n\u2019am\u00e9liore pas l\u2019efficience allocative, mais qu\u2019elle la r\u00e9duise au contraire\u00a0? Si tel est le cas, quels m\u00e9canismes expliquent ce ph\u00e9nom\u00e8ne et quelles en seraient les cons\u00e9quences pour le niveau de vie d\u2019un m\u00e9nage moyen\u00a0?&#13;<\/p>\n<h2><strong>Possible diminution de l\u2019efficience<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNotre \u00e9tude d\u00e9montre qu\u2019une r\u00e9duction partielle des co\u00fbts des \u00e9changes peut effectivement nuire \u00e0 l\u2019efficience allocative. Cela ne pourrait pas se produire avec un mod\u00e8le comparable postulant que les march\u00e9s du cr\u00e9dit fonctionnent \u00e0 la perfection (dans cette hypoth\u00e8se, l\u2019efficience allocative ne cesserait d\u2019augmenter). Ce constat prouve le r\u00f4le crucial jou\u00e9 par le postulat du fonctionnement parfait des march\u00e9s du cr\u00e9dit. Pour en comprendre le m\u00e9canisme, commen\u00e7ons par examiner une situation dans laquelle les co\u00fbts des \u00e9changes sont plut\u00f4t \u00e9lev\u00e9s, de sorte que les entreprises nationales ne sont que faiblement int\u00e9gr\u00e9es dans l\u2019\u00e9conomie mondiale. Ces firmes ont alors une grande latitude pour fixer leurs tarifs. En d\u2019autres termes, elles peuvent exiger des prix relativement \u00e9lev\u00e9s sans que la demande pour leurs biens ou services se contracte en raison de la hausse des importations. C\u2019est aussi une pratique des entreprises peu capitalis\u00e9es, comme celles de petite taille en g\u00e9n\u00e9ral. Ayant un acc\u00e8s r\u00e9duit \u00e0 l\u2019emprunt, elles voient leurs capacit\u00e9s de production limit\u00e9es, ce qui les pousse \u00e0 fixer des prix sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux qu\u2019elles pratiqueraient si elles pouvaient b\u00e9n\u00e9ficier plus facilement de cr\u00e9dits. D\u00e8s le moment o\u00f9 la lib\u00e9ralisation s&#8217;installe, cette marge de man\u0153uvre diminue, de sorte que les petites entreprises doivent baisser leurs prix, de peur de voir leurs clients les d\u00e9laisser pour la concurrence \u00e9trang\u00e8re. Ce n\u2019est pas tout\u00a0: pour mieux exploiter les d\u00e9bouch\u00e9s ext\u00e9rieurs, les grandes firmes ont besoin de davantage de capital, ce qui augmente le co\u00fbt du cr\u00e9dit. Autrement dit, la marge b\u00e9n\u00e9ficiaire des petites entreprises est prise entre deux feux\u00a0: baisse des recettes et augmentation des co\u00fbts financiers.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCette r\u00e9duction des marges b\u00e9n\u00e9ficiaires n\u2019est pas sans affecter l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit. Celui-ci se complexifie au point que certaines petites entreprises ne peuvent plus se permettre les investissements relativement \u00e9lev\u00e9s que requi\u00e8rent des techniques de production \u00e0 haut rendement. Elles doivent donc se contenter d\u2019\u00e9quipements moins productifs. La proportion de petites entreprises \u00e0 basse productivit\u00e9 augmente alors, tandis que les grandes, plus productives, investissent encore davantage afin de renforcer leur pr\u00e9sence sur les march\u00e9s d\u2019exportation. C\u2019est ce que nous appelons \u00ab\u00a0l\u2019effet de polarisation\u00a0\u00bb, une modification de la structure nationale de production. La diminution de l\u2019efficience allocative dont il est question ici se produit lorsque le nombre de petites soci\u00e9t\u00e9s devant se contenter d\u2019\u00e9quipements peu productifs atteint un certain seuil. Cet effet peut \u00eatre si marqu\u00e9 que le niveau de vie des m\u00e9nages s\u2019en ressent, malgr\u00e9 la diminution du prix de certains biens. Toutefois, m\u00eame lorsque les march\u00e9s du cr\u00e9dit pr\u00e9sentent des dysfonctionnements, l\u2019accroissement des \u00e9changes finit par produire des effets positifs \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre. Si les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la lib\u00e9ralisation aboutissent \u00e0 une int\u00e9gration totale dans l\u2019\u00e9conomie mondiale, l\u2019efficience allocative s\u2019am\u00e9liore nettement. En effet, la forte concurrence r\u00e9gnant sur le march\u00e9 mondial contraindra les petites entreprises \u00e0 faible productivit\u00e9 \u00e0 mettre la cl\u00e9 sous le paillasson. Ainsi, lorsque le co\u00fbt des \u00e9changes, au d\u00e9part \u00e9lev\u00e9, ne se r\u00e9duit que faiblement, il s\u2019ensuit un recul de l\u2019efficience et, par cons\u00e9quent, de la prosp\u00e9rit\u00e9. Toutefois, si ce co\u00fbt se r\u00e9duit fortement, on assiste \u00e0 des am\u00e9liorations (voir <em>illustration<\/em>).&#13;<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\"><strong>Rapport entre co\u00fbts des \u00e9changes et niveau de vie dans les pays dont les march\u00e9s du cr\u00e9dit pr\u00e9sentent des dysfonctionnements<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2017\/10\/Foellmli_Oechslin_FR.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-73735 size-medium\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2017\/10\/Foellmli_Oechslin_FR-330x600.png\" alt=\"\" width=\"330\" height=\"600\" \/><\/a>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: F\u00f6llmi et Oechslin (2017) \/ La Vie \u00e9conomique<\/span>&#13;<\/p>\n<h2><strong>Tenir compte de la situation locale<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelles conclusions tirer de ces r\u00e9sultats\u00a0? En premier lieu, ils confirment que les effets des r\u00e9formes \u00e9conomiques \u2013 l\u2019int\u00e9gration dans le march\u00e9 mondial, en l\u2019occurrence \u2013 d\u00e9pendent du contexte local. En d\u2019autres termes, les recettes bonnes pour la Suisse ne b\u00e9n\u00e9ficieront pas n\u00e9cessairement dans la m\u00eame mesure aux pays africains subsahariens (et inversement). D\u00e8s lors, plut\u00f4t que d\u2019appliquer les r\u00e9formes \u00e9conomiques selon un mod\u00e8le unique, il vaudrait mieux tenir compte des particularit\u00e9s locales et pr\u00e9voir, autant que faire se peut, des mesures d\u2019accompagnement propres \u00e0 chaque contexte. En supposant que le m\u00e9canisme que nous avons identifi\u00e9 ait une pertinence empirique, quelle forme pourraient prendre des mesures d\u2019accompagnement adapt\u00e9es aux pays en d\u00e9veloppement\u00a0? Une mesure viable \u00e0 court terme serait d\u2019associer aux programmes de lib\u00e9ralisation des m\u00e9canismes de cr\u00e9dit subventionn\u00e9s pour les petites et moyennes entreprises. Cela att\u00e9nuerait la hausse des co\u00fbts du cr\u00e9dit pour ces soci\u00e9t\u00e9s et contribuerait \u00e0 \u00e9viter une forte d\u00e9t\u00e9rioration de leur acc\u00e8s au capital \u00e9tranger. Cet accent mis sur les PME est relativement nouveau. En effet, les publications consacr\u00e9es au commerce international et aux dysfonctionnements des march\u00e9s du cr\u00e9dit s\u2019int\u00e9ressent g\u00e9n\u00e9ralement aux probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par les grands exportateurs. \u00c0 plus long terme, la r\u00e9ussite de l\u2019ouverture des fronti\u00e8res dans les pays en d\u00e9veloppement passe par des r\u00e9formes institutionnelles qui permettront aux march\u00e9s du cr\u00e9dit priv\u00e9 de se mettre au service d\u2019une large partie de l\u2019\u00e9conomie. Il faut notamment r\u00e9former le syst\u00e8me judiciaire, afin que les particuliers puissent faire valoir rapidement et pour un co\u00fbt abordable les pr\u00e9tentions qu\u2019ils fondent sur des contrats de pr\u00eat.<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Voir par ex. Pavcnik (2002) ainsi que Melitz et Ottaviano (2008).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">McMillan, Rodrik et Verduzco-Gallo (2014).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">F\u00f6llmi et Oechslin (2017).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans de nombreux pays, le commerce international est un moteur de la productivit\u00e9, de la croissance et de la prosp\u00e9rit\u00e9. Ses avantages se concr\u00e9tisent de multiples mani\u00e8res. Les m\u00e9nages disposent ainsi d&#8217;une gamme \u00e9largie de biens \u00e0 consommer. En outre, le libre-\u00e9change permet aux pays de se sp\u00e9cialiser dans des secteurs pour lesquels ils disposent [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":4049,"featured_media":24116,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":4049,"seco_co_author":[4605,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr Volkswirtschaftslehre und Direktor, Schweizerisches Institut f\u00fcr Aussenwirtschaft und Angewandte Wirtschaftsforschung (SIAW-HSG), Universit\u00e4t St. Gallen","seco_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie politique, SIAW-HSG, Universit\u00e9 de St-Gall","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":4605,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr Internationale \u00d6konomie, Universit\u00e4t Luzern","seco_co_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie internationale, universit\u00e9 de Lucerne"}],"short_title":"Lib\u00e9ralisation et march\u00e9s du cr\u00e9dit","post_lead":"Pourquoi la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes n\u2019a-t-elle pas encore fait augmenter la productivit\u00e9 dans de nombreux pays d\u2019Afrique et d\u2019Am\u00e9rique du Sud ? L\u2019une des explications possibles r\u00e9side dans les dysfonctionnements des march\u00e9s du cr\u00e9dit.","post_hero_image_description":"Dans de nombreux pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents, les petits producteurs n'ont gu\u00e8re acc\u00e8s au march\u00e9 des cr\u00e9dits. Tapissier au P\u00e9rou.","post_hero_image_description_copyright_de":"Keystone","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"<ul>&#13;\n \t<li>F\u00f6llmi Reto et Oechslin Manuel, <em>Harmful Pro-Competitive Effects of Trade in Presence of Credit Market Frictions<\/em>, Working Paper, universit\u00e9s de Saint-Gall et de Lucerne, 2017.<\/li>&#13;\n \t<li>McMillan Margaret, Rodrik Dani et Verduzco-Gallo I\u00f1igo, \u00ab\u00a0Globalization, Structural Change, and Productivity Growth, with an Update on Africa\u00a0\u00bb, <em>World Development<\/em>, 63, 2014, pp.\u00a011-32.<\/li>&#13;\n \t<li>Melitz Marc et Ottaviano Giancarlo, \u00ab\u00a0Market Size, Trade, and Productivity\u00a0\u00bb, <em>Review of Economic Studies<\/em>, 75, 2008, pp.\u00a0295-316.<\/li>&#13;\n \t<li>Pavcnik Nina, \u00ab\u00a0Trade Liberalization, Exit, and Productivity Improvements\u00a0: Evidence from Chilean Plants\u00a0\u00bb, <em>Review of Economic Studies<\/em>, 69, 2002, pp.\u00a0245-276.<\/li>&#13;\n<\/ul>","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":138732,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":138736,"artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"72669","post_abstract":"Les pays en d\u00e9veloppement sont actuellement bien mieux int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019\u00e9conomie mondiale qu\u2019il y a trente ans. Selon la th\u00e9orie classique, ils auraient donc d\u00fb enregistrer une nette am\u00e9lioration de l\u2019efficience allocative : \u00e9tant donn\u00e9 le durcissement de la concurrence, le travail et le capital devraient en effet \u00eatre davantage affect\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 la productivit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e. Or, il s\u2019av\u00e8re que cela n'a pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 partout. Les auteurs d\u2019un projet de recherche th\u00e9orique des universit\u00e9s de Saint-Gall et de Lucerne supposent que les dysfonctionnements des march\u00e9s du cr\u00e9dit pourraient en \u00eatre la cause. Si ces march\u00e9s ne remplissent pas leur fonction de fa\u00e7on satisfaisante, l\u2019augmentation de la concurrence peut paradoxalement aboutir \u00e0 une hausse des flux de capitaux vers des entreprises peu productives. D\u00e8s lors, il faudrait \u00e0 l\u2019avenir coupler toute initiative d\u2019int\u00e9gration avec des r\u00e9formes visant \u00e0 renforcer les march\u00e9s du cr\u00e9dit dans les pays en d\u00e9veloppement.","magazine_issue":"11-2017","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":[3988,0],"korrektor":4139,"planned_publication_date":"20171025","original_files":[{"file":138744}],"external_release_for_author":"20170929","external_release_for_author_time":"12:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/59b646be87785"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138729"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4049"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=138729"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138729\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188153,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138729\/revisions\/188153"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4139"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3988"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4605"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4049"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=138729"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=138729"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=138729"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=138729"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=138729"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=138729"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}