{"id":139395,"date":"2017-07-25T15:05:59","date_gmt":"2017-07-25T15:05:59","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2017\/07\/wegmueller-08-09-2017fr\/"},"modified":"2023-08-24T00:15:13","modified_gmt":"2023-08-23T22:15:13","slug":"wegmueller-08-09-2017fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2017\/07\/wegmueller-08-09-2017fr\/","title":{"rendered":"Le Brexit, un d\u00e9fi pour la politique commerciale suisse"},"content":{"rendered":"<p>Les citoyens du Royaume-Uni se sont prononc\u00e9s, en juin 2016, pour une sortie de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE). Le gouvernement britannique, avec l\u2019aval du Parlement, a officiellement d\u00e9clench\u00e9 la proc\u00e9dure du Brexit en mars dernier. Le d\u00e9lai de n\u00e9gociation est de deux ans, soit jusqu\u2019\u00e0 mars 2019. Il peut \u00eatre prolong\u00e9 d\u2019un commun accord entre le Royaume-Uni et l\u2019ensemble des \u00c9tats membres de l\u2019UE.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCe d\u00e9lai est tr\u00e8s court pour aboutir \u00e0 un retrait ordonn\u00e9. Les \u00c9tats membres de l\u2019UE travaillent en \u00e9troite collaboration et l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique du march\u00e9 unique est profonde. Dans le pr\u00e9sent article, nous pr\u00e9senterons les multiples enjeux en prenant l\u2019exemple du commerce des marchandises. Dans ce domaine, l\u2019int\u00e9gration de la Suisse avec l\u2019UE et, donc, avec le Royaume-Uni est bien avanc\u00e9e.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDurant la campagne r\u00e9f\u00e9rendaire, les partisans du Brexit ont avanc\u00e9 que le Royaume-Uni, de par sa situation g\u00e9ographique, n\u2019a jamais vraiment fait partie de l\u2019UE. Selon eux, son commerce ext\u00e9rieur est si diversifi\u00e9 qu\u2019il ne saurait cibler cette seule partie du continent. Il est vrai qu\u2019en mati\u00e8re de commerce des marchandises, la diversification y est plus pouss\u00e9e que dans les autres \u00c9tats membres. La moiti\u00e9 des volumes \u00e9chang\u00e9s le sont avec des \u00c9tats ext\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019UE (voir <em>illustration 1<\/em>). Cette proportion est nettement plus faible en Italie (42\u00a0%), en Allemagne (38\u00a0%) et en France (35\u00a0%).&#13;<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\"><strong>Ill. 1. Part du march\u00e9 unique dans le commerce des marchandises de chaque \u00c9tat de l\u2019UE (en volume, 2016)<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<div class='chart chart--normal' id='wegmueller_1_fr'>\n\n<\/div>\n\n<script>\n$(function () {\n    $('#wegmueller_1_fr').highcharts({\n    chart: {\n        type: 'bar'\n    },\n    title: {\n        text: ''\n    },\n    xAxis: {\n        categories: ['Slovaquie','R\u00e9p. tch\u00e8que','Hongrie','Luxembourg','Estonie','Portugal','Roumanie','Pologne', 'Lettonie', 'Autriche', 'Slov\u00e9nie', 'Croatie', 'Belgique', 'Chypre', 'Bulgarie', 'Finlande', 'Danemark', 'Lituanie', 'Su\u00e8de', 'France', 'Espagne', 'Pays-Bas', 'Allemagne', 'Italie', 'Irlande', 'Gr\u00e8ce', 'Malte', 'Royaume-Uni']\n    },\n    yAxis: {\n        title: {\n            text: ''\n        },   labels: {\n            formatter: function () {\n                return this.value + '%';\n            }\n        }\n    },\n    tooltip: {\n        valueSuffix: '%'\n    },\n    legend: {\n        reversed: true\n    },\n    plotOptions: {\n        series: {\n            stacking: '%'\n        }\n    },\n    series: [ {\n        name: 'Hors de l\u2019UE',\ncolor: \"#d2d803\",\n\n        data: [17.2,18.4,20.4,20.5,22.0,23.4,23.8,24.1,24.2,25.7,26.8,27.5,32.0,32.2,32.8,33.7,33.8,34.2,34.8,35.4,35.9,37.9,38.0,42.0,43.0,44.7,50.5,50.7]\n    },{\n        name: 'Dans l\u2019UE',\ncolor: \"#88c0d3\",\n        data: [82.8,81.6,79.6,79.5,78,76.6,76.2,75.9,75.8,74.3,73.2,72.5,68,67.8,67.2,66.3,66.2,65.8,65.2,64.6,64.1,62.1,62,58,57,55.3,49.5,49.3]\n    }]\n});\n});\n\n\n\n<\/script>\n&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: Eurostat DS-018995, calculs de l\u2018auteur \/ La Vie \u00e9conomique<\/span>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nN\u00e9anmoins, en ce qui concerne le commerce des marchandises, le Royaume-Uni regarde fortement vers l\u2019UE. En 2016, il a import\u00e9 et export\u00e9 sans le moindre obstacle vers cette zone pour 466 milliards d\u2019euros. Ni droits de douane ni taxes similaires ne sont per\u00e7us et aucune restriction quantitative n\u2019est appliqu\u00e9e. De plus, ces marchandises ne requi\u00e8rent aucun traitement douanier \u00e0 la fronti\u00e8re. Les prescriptions techniques \u00e9tant harmonis\u00e9es au sein de l\u2019UE, les biens produits au Royaume-Uni ne doivent satisfaire \u00e0 aucune autre r\u00e8gle pour y \u00eatre vendues. Les fabricants britanniques n\u2019ont donc pas \u00e0 cr\u00e9er de lignes de produits sp\u00e9cifiques pour exporter vers le march\u00e9 unique, ni \u00e0 obtenir des certifications suppl\u00e9mentaires.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn tant que membre de l\u2019UE, le Royaume-Uni b\u00e9n\u00e9ficie non seulement de l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 int\u00e9rieur, mais aussi des dispositions conventionnelles r\u00e9gissant les relations commerciales avec les \u00c9tats tiers. Citons notamment l\u2019union douani\u00e8re avec la Turquie, l\u2019espace \u00e9conomique r\u00e9unissant les \u00c9tats de l\u2019EEE et de l\u2019AELE, les accords bilat\u00e9raux avec la Suisse ainsi que les nombreux accords de libre-\u00e9change. Deux tiers du volume des \u00e9changes effectu\u00e9s par le Royaume-Uni sont r\u00e9alis\u00e9s avec les autres membres de l\u2019UE ou des \u00c9tats offrant un acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel au march\u00e9. On atteint m\u00eame plus des quatre cinqui\u00e8mes si l\u2019on prend en consid\u00e9ration le commerce des marchandises avec des \u00c9tats n\u00e9gociant actuellement un accord de libre-\u00e9change avec l\u2019UE.&#13;<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\"><strong>Ill. 2. Commerce des marchandises britannique en volume, ventil\u00e9 par partenaire<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2017\/07\/Wegmueller_2_FR.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-71517\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2017\/07\/Wegmueller_2_FR.png\" alt=\"\" width=\"1768\" height=\"1712\" \/><\/a>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: HM Revenue &amp; Customs (HMRC), Overseas Trade Statistics (OTS) of the UK, calculs de l\u2019auteur \/ La Vie \u00e9conomique<\/span>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn 2016, la Suisse a repr\u00e9sent\u00e9 5\u00a0% des \u00e9changes du Royaume-Uni\u00a0; c\u2019est donc un partenaire important. Pour comparer, le volume du commerce avec la Chine a atteint 7\u00a0%, alors que le Canada ne d\u00e9passait pas 2\u00a0% et l\u2019Inde 1\u00a0%. Avec les pays voisins que sont l\u2019Irlande et la France, ces chiffres s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 4 et 6\u00a0%. Le rang relativement important de la Suisse doit, toutefois, \u00eatre nuanc\u00e9. Nos deux places \u00e9conomiques sont, en effet, sp\u00e9cialis\u00e9es dans le commerce de l\u2019or. Ce seul m\u00e9tal repr\u00e9sentait, en 2016, pr\u00e8s de 60\u00a0% des \u00e9changes. Si l\u2019on excepte ce poste, les principales branches restantes sont l\u2019industrie chimique et pharmaceutique (47\u00a0%), les instruments de pr\u00e9cision, l\u2019horlogerie et la bijouterie (22\u00a0%) ainsi que les machines, les appareils, l\u2019\u00e9lectronique et les v\u00e9hicules (19\u00a0%).&#13;<\/p>\n<h2><strong>L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la position britannique<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDe nouvelles r\u00e8gles doivent \u00eatre d\u00e9finies pour encadrer les relations commerciales du Royaume-Uni avec l\u2019UE, comme avec les pays qui ont sign\u00e9 un accord de libre-\u00e9change avec cette derni\u00e8re. Afin de compenser les pertes d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 unique, le Royaume-Uni doit \u00e9galement am\u00e9liorer son acc\u00e8s aux march\u00e9s d\u2019autres \u00c9tats, tels que les \u00c9tats-Unis, la Chine, l\u2019Inde ou l\u2019Australie. Or, les contours de la future politique \u00e9conomique britannique restent flous. Les \u00e9lections l\u00e9gislatives de juin dernier ont encore compliqu\u00e9 le probl\u00e8me, puisque Theresa May, premi\u00e8re ministre, a perdu sa majorit\u00e9 absolue et que son sort d\u00e9pend d\u00e9sormais d\u2019un petit parti nord-irlandais.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCertes, la cheffe de l\u2019ex\u00e9cutif a indiqu\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que le Brexit irait au bout de sa logique (\u00ab\u00a0Brexit means Brexit\u00a0\u00bb). De grandes zones d\u2019ombre subsistent n\u00e9anmoins quant \u00e0 la signification exacte de cette affirmation (voir\u00a0<em>encadr\u00e9 1<\/em>). La libre circulation des personnes et la jurisprudence de la Cour de justice de l&#8217;Union europ\u00e9enne sont les deux seules lignes rouges trac\u00e9es\u00a0: le Royaume-Uni ne les appliquera plus. Cette position implique une sortie du march\u00e9 int\u00e9rieur. Un accord de libre-\u00e9change de large port\u00e9e devra \u00e0 l\u2019avenir r\u00e9gir les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l\u2019UE.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPour certains domaines \u2013 notamment l\u2019industrie automobile et le secteur financier \u2013, il n\u2019est pas exclu de poursuivre l\u2019harmonisation des prescriptions techniques<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>. Cela montre que le gouvernement britannique ne rejette pas compl\u00e8tement l\u2019id\u00e9e d\u2019une harmonisation plus pouss\u00e9e avec l\u2019UE. Or, plus cela se fera, moins les rapprochements avec d\u2019autres partenaires commerciaux seront possibles. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019orientation actuelle du commerce des marchandises britanniques, il est probable que l\u2019UE restera le premier partenaire commercial pour de nombreux produits. Les principales branches exportatrices du Royaume-Uni sont les machines et les moyens de transport ainsi que les produits chimiques. L\u2019UE repr\u00e9sente, \u00e0 elle seule, 52\u00a0% des volumes \u00e9chang\u00e9s dans le premier cas et 64\u00a0% dans le second. Les options relatives \u00e0 de nouvelles r\u00e9glementations avec d\u2019autres \u00c9tats devraient, d\u00e8s lors, \u00eatre limit\u00e9es.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPar ailleurs, le fait de mentionner explicitement certaines branches montre que le gouvernement britannique doit tenir compte des int\u00e9r\u00eats particuliers des diff\u00e9rents secteurs \u00e9conomiques dans sa r\u00e9orientation. Plus ces int\u00e9r\u00eats trouveront \u00e9cho, plus il sera difficile de conclure de nouveaux accords de libre-\u00e9change de large port\u00e9e. Cela vaut notamment pour la future politique agricole du Royaume-Uni. Une protection \u00e9lev\u00e9e de la production indig\u00e8ne de viande pourrait, par exemple, compromettre la conclusion d\u2019accords de large port\u00e9e avec de nouveaux partenaires (en particulier les \u00c9tats-Unis ou l\u2019Australie). Les \u00c9tats-Unis, malgr\u00e9 leurs relations privil\u00e9gi\u00e9es avec Londres, pourraient trouver plus avantageux de conclure un tel accord avec l\u2019UE plut\u00f4t qu\u2019avec le Royaume-Uni.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Le Brexit concerne la Suisse<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe Royaume-Uni est le cinqui\u00e8me march\u00e9 d\u2019exportation pour les marchandises suisses (or exclu), apr\u00e8s l\u2019Allemagne, les \u00c9tats-Unis, la France et l\u2019Italie. Les relations commerciales sont essentiellement r\u00e9gies par les accords bilat\u00e9raux conclus entre la Suisse et l\u2019UE. Elles se fondent, dans les domaines cl\u00e9s, sur une harmonisation juridique. Nous disposons ainsi d\u2019un bien meilleur acc\u00e8s au march\u00e9 que ce ne serait le cas avec un ALE traditionnel<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>. L\u2019harmonisation des prescriptions techniques auxquelles sont soumis les biens industriels et agricoles ainsi que la reconnaissance mutuelle des proc\u00e9dures de certification ont facilit\u00e9 le commerce des marchandises entre la Suisse et l\u2019UE. Les milieux industriels ont, en effet, int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que les exigences techniques soient les m\u00eames des deux c\u00f4t\u00e9s\u00a0: cela leur \u00e9vite des lignes de produits diff\u00e9rentes suivant qu\u2019elles s\u2019adressent au march\u00e9 int\u00e9rieur ou \u00e0 leur principal d\u00e9bouch\u00e9 ext\u00e9rieur. C\u2019est pourquoi les prescriptions techniques suisses ont \u00e9t\u00e9 largement harmonis\u00e9es avec celles de l\u2019UE, avant m\u00eame que les accords bilat\u00e9raux ne soient conclus. On peut se demander si, le Brexit consomm\u00e9, les march\u00e9s d\u2019outre-Manche nous resteront ouverts dans ce domaine. Tout d\u00e9pendra de la volont\u00e9 que le Royaume-Uni mettra \u00e0 poursuivre l\u2019harmonisation de ses prescriptions techniques avec l\u2019UE. Cela d\u00e9pendra aussi des efforts consentis par les deux parties afin d\u2019autoriser sur leurs march\u00e9s des produits ne satisfaisant pas pleinement \u00e0 leurs prescriptions nationales.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes situations peuvent, toutefois, se r\u00e9v\u00e9ler plus complexes. Pour que des intrants certifi\u00e9s au Royaume-Uni puissent \u00eatre transform\u00e9s en Suisse, puis export\u00e9s vers l\u2019UE sous forme de produits finis, leur \u00e9quivalence doit \u00eatre reconnue par Bruxelles. Si l&#8217;\u00e9quivalence des produits couverts par les accords bilat\u00e9raux n\u2019\u00e9tait plus reconnue par l\u2019ensemble des partenaires, cela serait probl\u00e9matique pour les producteurs suisses qui transforment des produits interm\u00e9diaires originaires du Royaume-Uni. Ils devraient soit se rabattre sur des fournisseurs de l\u2019UE, soit faire certifier les produits interm\u00e9diaires (voir <em>encadr\u00e9 2<\/em>). Cette strat\u00e9gie est appel\u00e9e \u00ab\u00a0mind the gap\u00a0\u00bb dans l&#8217;adminiration suisse.&#13;<\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0Attention au vide juridique\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour trouver, le moment venu, des solutions bilat\u00e9rales avec le Royaume-Uni,\u00a0la Suisse a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 suivre le positionnement \u00e9conomique de son partenaire et \u00e0 observer la fa\u00e7on dont ses n\u00e9gociations avec l\u2019UE \u00e9voluent. Cela vaut non seulement pour les prescriptions techniques pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9es, mais aussi, par exemple, pour les contr\u00f4les et les formalit\u00e9s du trafic commercial pour les produits industriels ou d\u2019origine animale. Ces proc\u00e9dures ont \u00e9t\u00e9 simplifi\u00e9es avec la cr\u00e9ation de l\u2019espace de s\u00e9curit\u00e9 douani\u00e8re commun et l&#8217;espace v\u00e9t\u00e9rinaire commun entre la Suisse et l\u2019UE.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes accords bilat\u00e9raux couvrent bien d\u2019autres domaines que celui du commerce des marchandises. Ils r\u00e9gissent par exemple les droits des 34\u00a0000\u00a0ressortissants suisses domicili\u00e9s au Royaume-Uni ou les param\u00e8tres des quelque 150\u00a0mouvements a\u00e9riens quotidiens entre la Suisse et le Royaume-Uni. C\u2019est la raison pour laquelle, sur mandat du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, des experts ont pris contact avec leurs homologues britanniques pour entamer des entretiens exploratoires. Les deux parties sont d\u2019accord pour p\u00e9renniser les droits et les obligations r\u00e9ciproques. Elles veulent \u00e9viter tout vide juridiquedans les relations bilat\u00e9rales.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nUn dialogue approfondi s\u2019est \u00e9tabli dans le domaine commercial. Il permet, dans un premier temps, de mener des discussions sur des th\u00e8mes qui peuvent \u00eatre abord\u00e9s ind\u00e9pendamment des futures r\u00e8gles r\u00e9gissant les relations entre le Royaume-Uni et l\u2019UE. Il permet \u00e9galement de suivre le d\u00e9roulement des n\u00e9gociations entre les deux parties. On peut, \u00e0 partir de l\u00e0, aborder la deuxi\u00e8me \u00e9tape, qui consiste \u00e0 r\u00e9soudre les autres questions de politique commerciale qui se basent sur une harmonisation juridique avec l\u2019UE. Il s\u2019agit de faire \u00e9merger les solutions les plus globales possibles en ce qui concerne les relations existantes. Parall\u00e8lement, il faut s\u2019assurer que le dialogue sera assez flexible pour aborder de nouveaux sujets (dans le domaine financier p.\u00a0ex.) ou pour emprunter, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des approches diff\u00e9rentes.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIl est probable que le d\u00e9lai imparti pour n\u00e9gocier le divorce complet du Royaume-Uni avec l\u2019UE ne suffira pas. C\u2019est la raison pour laquelle des r\u00e8gles transitoires pourraient r\u00e9gir les relations entre les deux parties. Le statu quo pourrait d\u00e8s lors perdurer, ce qui faciliterait nos relations \u00e0 court terme. En m\u00eame temps, cela r\u00e9duirait les possibilit\u00e9s de trouver de nouvelles r\u00e8gles \u00e0 long terme.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn effet, l\u2019objectif est non seulement d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 juridique dans l\u2019optique du Brexit, mais aussi de jeter les bases de r\u00e8gles \u00e0 long terme qui soient les meilleures possible et au minimum \u00e9quivalentes \u00e0 celles de l\u2019UE. Il n\u2019est pas exclu \u00e0 cet \u00e9gard que des solutions diff\u00e9rentes puissent \u00eatre retenues pour nos futures relations avec le Royaume-Uni. \u00c0 court et \u00e0 long termes, il faut que les entreprises suisses continuent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 son march\u00e9 \u2013 le cinqui\u00e8me par ordre d\u2019importance, rappelons-le \u2013 de fa\u00e7on aussi compl\u00e8te qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Voir\u00a0le discours de Theresa May prononc\u00e9 le 17\u00a0janvier 2017 \u00e0 Lancaster House et le Livre blanc sur le Brexit, rendu public par le gouvernement britannique le 2\u00a0f\u00e9vrier 2017.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Voir\u00a0le rapport du Conseil f\u00e9d\u00e9ral du 5\u00a0juillet 2015 en r\u00e9ponse au postulat Keller-Sutter.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les citoyens du Royaume-Uni se sont prononc\u00e9s, en juin 2016, pour une sortie de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE). Le gouvernement britannique, avec l\u2019aval du Parlement, a officiellement d\u00e9clench\u00e9 la proc\u00e9dure du Brexit en mars dernier. Le d\u00e9lai de n\u00e9gociation est de deux ans, soit jusqu\u2019\u00e0 mars 2019. 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Par analogie, le Brexit peut fa\u00e7onner de diff\u00e9rentes mani\u00e8res les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l\u2019UE\u00a0: son ex\u00e9cution peut prendre la forme d\u2019un simple accord de libre-\u00e9change ou aller jusqu\u2019au maintien dans l\u2019union douani\u00e8re."},{"kasten_title":"Encadr\u00e9 2. L\u2019importance de la reconnaissance mutuelle : les certificats bio","kasten_box":"L\u2019accord agricole entre la Suisse et l\u2019UE pr\u00e9voit la reconnaissance mutuelle des certificats bio. Depuis juin 2012, l\u2019UE et les \u00c9tats-Unis reconnaissent aussi r\u00e9ciproquement leurs certificats bio. Cela a cr\u00e9\u00e9 des probl\u00e8mes aux exportateurs suisses qui utilisent des mati\u00e8res premi\u00e8res originaires de l\u2019UE pour des produits finaux destin\u00e9s au march\u00e9 \u00e9tasunien. Il leur faut, en effet, obtenir un certificat NOP (National Organic Program) pour la mati\u00e8re premi\u00e8re biologique (p.\u00a0ex.\u00a0des flocons d\u2019avoine en provenance de l\u2019UE pour un muesli suisse), afin d\u2019exporter le produit final vers les \u00c9tats-Unis. Depuis l\u2019accord d\u2019\u00e9quivalence entre l\u2019UE et les \u00c9tats-Unis, de moins en moins de producteurs de l\u2019UE se font certifier NOP, puisque cela n\u2019est plus n\u00e9cessaire pour exporter vers les \u00c9tats-Unis. Cons\u00e9quence\u00a0: le choix de fournisseurs de mati\u00e8res premi\u00e8res biologiques (certifi\u00e9es) destin\u00e9es aux producteurs suisses s\u2019est restreint. Un accord d'\u00e9quivalence entre la Suisse et les \u00c9tats-Unis, durant l'\u00e9t\u00e9 2015, a finalement simplifi\u00e9 les proc\u00e9dures. 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En outre, il tire avantage des nombreux accords de libre-\u00e9change conclus par l\u2019UE. Le Brexit lui impose de revoir ces relations, qui d\u00e9pendront des orientations que Londres donnera \u00e0 sa politique \u00e9conomique \u00e0 la fin du processus. Il est donc difficile de dire quels contours les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l\u2019UE rev\u00eatiront, ce qui n\u2019est pas non plus sans poser de probl\u00e8me \u00e0 la Suisse. Nos \u00e9changes avec le Royaume-Uni se fondent essentiellement sur les accords bilat\u00e9raux conclus avec l\u2019UE. Ceux-ci vont beaucoup plus loin qu\u2019un accord de libre-\u00e9change, puisque la Suisse, en partie associ\u00e9e au march\u00e9 unique, harmonise ses r\u00e9glementations avec celles de l\u2019UE. Nous sommes donc aussi tributaires des n\u00e9gociations entre Londres et Bruxelles. 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