{"id":139803,"date":"2017-06-22T16:39:42","date_gmt":"2017-06-22T16:39:42","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2017\/06\/blank-07-2017fr\/"},"modified":"2023-08-24T00:16:04","modified_gmt":"2023-08-23T22:16:04","slug":"blank-07-2017fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2017\/06\/blank-07-2017fr\/","title":{"rendered":"Dans quelle mesure les entreprises suisses prennent-elles au s\u00e9rieux l&#8217;\u00e9conomie responsable&nbsp;?"},"content":{"rendered":"<h3><strong>Depuis peu, Syngenta est en mains chinoises. Monsieur Meili, le groupe a notamment d\u00e9fini dans un code de conduite interne la mani\u00e8re d\u2019aborder la question des pesticides ou le droit du travail. Que deviennent ces normes apr\u00e8s le rachat par Chemchina\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>Tobias Meili<\/strong>\u00a0: Le code de conduite reste en vigueur. Nous nous en sommes assur\u00e9s durant les n\u00e9gociations avec Chemchina. Pour le moment, la garantie est de cinq ans. Je suis, toutefois, convaincu que ces mesures seront maintenues par la suite. La Chine ne rejette pas autant qu\u2019on le croit commun\u00e9ment les Principes directeurs de l\u2019ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l\u2019homme. Elle a soutenu, par exemple, la cr\u00e9ation d\u2019un groupe de travail de l\u2019ONU sur la question des entreprises et des droits de l\u2019homme, alors que quelques pays occidentaux y \u00e9taient oppos\u00e9s. En outre, Syngenta emploie 28\u00a0000 personnes, pour la plupart des sp\u00e9cialistes hautement qualifi\u00e9s, qui partiraient tr\u00e8s vite s\u2019ils avaient le sentiment que l\u2019\u00c9tat chinois leur impose des directives. Les jeunes collaborateurs, en particulier, sont tr\u00e8s attach\u00e9s aux valeurs de l\u2019entreprise.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>Mark Herkenrath<\/strong>\u00a0: Je suis heureux d\u2019entendre que Syngenta continuera de s\u2019engager en faveur des droits de l\u2019homme et des normes environnementales apr\u00e8s le changement de propri\u00e9taire. Ce n\u2019est h\u00e9las pas le cas de toutes les entreprises.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Avez-vous des noms\u00a0? <\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Je ne veux pas clouer au pilori une entreprise ou une autre. On dispose d\u2019informations bien \u00e9tay\u00e9es sur plusieurs dizaines de violations des droits de l\u2019homme commises par des soci\u00e9t\u00e9s ayant leur si\u00e8ge en Suisse.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Une entreprise devrait-elle \u00e9viter les pays \u00e0 risque\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili<\/strong>\u00a0: Ce serait faux. Elle nuirait ainsi \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du pays h\u00f4te, car les multinationales cr\u00e9ent des emplois et accroissent la prosp\u00e9rit\u00e9. En fait, deux choses sont n\u00e9cessaires. Premi\u00e8rement, les entreprises doivent respecter les lois locales\u00a0; c\u2019est tout de m\u00eame le moindre. Deuxi\u00e8mement, un groupe doit \u00e9laborer des normes et les appliquer ind\u00e9pendamment des l\u00e9gislations locales. Ainsi, nos prescriptions sur l\u2019environnement sont valables partout, que ce soit en Suisse, au Bangladesh ou en Inde.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Ces prescriptions sont-elles contraignantes\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T, Meili<\/strong> : Absolument. Nous effectuons des audits internes pour v\u00e9rifier qu\u2019elles sont respect\u00e9es.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Les entreprises ont une grande responsabilit\u00e9. Toutefois, un groupe ne peut pas se contenter de le faire chez lui et dans ses filiales. Il doit aussi s\u2019engager aupr\u00e8s de ses fournisseurs pour que ceux-ci ne violent pas les droits de l\u2019homme. C\u2019est ce que soulignent \u00e9galement les Principes directeurs de l\u2019ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l\u2019homme.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: Nous le faisons d\u00e9j\u00e0. Nos fournisseurs doivent remplir certains standards de base. La question est de savoir jusqu\u2019o\u00f9 l\u2019on remonte dans la cha\u00eene d\u2019approvisionnement. S\u2019agissant de produits transform\u00e9s, les traces se perdent rapidement. Il arrive souvent que de petites entreprises n\u2019aient pas les moyens techniques de mettre les normes en \u0153uvre. C\u2019est l\u00e0 que les \u00c9tats entrent en jeu. Ils doivent imposer les normes aux fournisseurs. Cela ne concerne pas que les \u00c9tats h\u00f4tes. Les pays d\u2019origine des groupes sont \u00e9galement impliqu\u00e9s. La Suisse, par exemple.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a adopt\u00e9 un document de position et un plan d\u2019action sur la conduite responsable des entreprises. Qu\u2019en pensez-vous\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath\u00a0<\/strong>: Malheureusement, il n\u2019a fait tous ces progr\u00e8s qu\u2019au moment o\u00f9 une pression publique s\u2019est exerc\u00e9e, gr\u00e2ce notamment \u00e0 la p\u00e9tition \u00ab\u00a0Droit sans fronti\u00e8res\u00a0\u00bb qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019initiative pour des multinationales responsables. La Conf\u00e9d\u00e9ration n\u2019assume pas encore assez ses responsabilit\u00e9s, car le plan d\u2019action est volontaire. L\u2019Allemagne, par exemple, a opt\u00e9 pour un processus par \u00e9tapes\u00a0: d\u2019abord, elle essaie des mesures volontaires et si cela ne suffit pas, elle \u00e9dictera des lois. Par ailleurs, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral agit de mani\u00e8re contradictoire. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il adopte un document de position sur la responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises. De l\u2019autre, une d\u00e9l\u00e9gation dirig\u00e9e par le ministre de l\u2019\u00c9conomie se rend en Iran pour faciliter les investissements.&#13;<\/p>\n<h3><strong>O\u00f9 est le probl\u00e8me\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Cette d\u00e9l\u00e9gation n\u2019a pas re\u00e7u la moindre consigne concernant la conduite responsable des entreprises. Or, le risque de violations des droits de l\u2019homme est \u00e9lev\u00e9 en Iran.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Monsieur Meili, que doit faire l\u2019\u00c9tat\u00a0? <\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili<\/strong>\u00a0: Premi\u00e8rement, la Conf\u00e9d\u00e9ration joue un r\u00f4le important en tant qu\u2019interm\u00e9diaire entre les parties prenantes \u2013 par exemple entre l\u2019industrie et les ONG. Deuxi\u00e8mement, elle doit mettre \u00e0 disposition des entreprises les outils n\u00e9cessaires pour leur faciliter la conqu\u00eate des march\u00e9s \u00e9trangers. Troisi\u00e8mement, la Conf\u00e9d\u00e9ration peut soutenir d\u2019autres \u00c9tats dans l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre de leur l\u00e9gislation.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Revenons aux entreprises. Il y a sept ans, le groupe alimentaire Nestl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 l\u2019un des premiers \u00ab\u00a0shitstorms\u00a0\u00bb de l\u2019histoire, \u00e0 savoir un d\u00e9ferlement de commentaires haineux. Greenpeace a d\u00e9nonc\u00e9 l\u2019utilisation d\u2019huile de palme dans la barre chocolat\u00e9e Kit Kat et affirm\u00e9 que cela mena\u00e7ait l\u2019espace vital des orangs outans. Quelle est la situation aujourd\u2019hui\u00a0? Les multinationales veulent-elles \u00e9viter un prochain vent de critiques ou assistons-nous \u00e0 un v\u00e9ritable engagement\u00a0de leur part\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Il y en a certainement quelques-unes qui sont sinc\u00e8res. Toutefois, le fait qu\u2019une entreprise prenne au s\u00e9rieux sa responsabilit\u00e9 en mati\u00e8re de droits de l\u2019homme et d\u2019environnement ne doit pas d\u00e9pendre de sa direction. C\u2019est une obligation qui se pose \u00e0 toutes les soci\u00e9t\u00e9s. Celles qui veulent tout faire correctement iront de toute fa\u00e7on plus loin que les autres.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: On rep\u00e8re rapidement les d\u00e9clarations purement formelles. Il suffit d\u2019aller visiter les sites de production et de voir si l\u2019entreprise met r\u00e9ellement en \u0153uvre ce qu\u2019elle proclame dans ses prospectus sur papier glac\u00e9. En outre, comme je l\u2019ai dit, les collaborateurs exigent un v\u00e9ritable engagement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: La pression exerc\u00e9e par les employ\u00e9s est assur\u00e9ment tr\u00e8s importante, mais elle ne suffit pas. Sur les cent plus grandes entreprises de Suisse, soixante ne disposent d\u2019aucun code de conduite. Les travailleurs ne les quittent pas pour autant.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Faut-il un autre type de dirigeants\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: Durant les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, la sensibilit\u00e9 au d\u00e9veloppement durable a fortement augment\u00e9 parmi les dirigeants d\u2019entreprise. C\u2019est bien ainsi.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Monsieur Herkenrath, vous avez r\u00e9colt\u00e9, avec d\u2019autres ONG, des signatures en faveur de l\u2019initiative pour des multinationales responsables. Ce texte est-il n\u00e9cessaire\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Oui, nous en avons besoin, car de trop nombreuses entreprises ne prennent pas de mesures volontaires pour prot\u00e9ger les droits de l\u2019homme et l\u2019environnement. Celles qui le font uniquement \u00e0 des fins de marketing nuisent \u00e0 la r\u00e9putation de la Suisse et aux firmes s\u00e9rieuses.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Monsieur Meili, que pensez-vous de ce projet\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: Nous soutenons ses objectifs. Toutefois, l\u2019initiative va trop loin dans sa conception. La disposition sur la responsabilit\u00e9 civile, qu\u2019elle pr\u00e9voit d\u2019introduire, est inacceptable. La conduite responsable d\u2019une entreprise se transformerait ainsi en un exercice comptable de gestion du risque.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Quelle est l\u2019id\u00e9e fondamentale de l\u2019initiative, Monsieur Herkenrath\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: L\u2019id\u00e9e est la suivante\u00a0: tous les groupes suisses ont un devoir de diligence \u00e0 remplir en mati\u00e8re de droits de l\u2019homme et d\u2019environnement. Cela signifie qu\u2019ils doivent d\u00e9terminer exactement o\u00f9 des probl\u00e8mes pourraient surgir, puis prendre les mesures ad\u00e9quates. Il ne sera plus possible de d\u00e9tourner le regard. Pour les cas particuli\u00e8rement difficiles, nous avons inclus un m\u00e9canisme de sanctions. Un groupe qui viole les droits de l\u2019homme, soit directement soit par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une filiale, doit r\u00e9pondre de ses actes. Il est, par contre, d\u00e9gag\u00e9 de sa responsabilit\u00e9 s\u2019il peut d\u00e9montrer qu\u2019il a rempli son devoir de diligence avec tout le soin n\u00e9cessaire. Ainsi, l\u2019initiative a un caract\u00e8re essentiellement pr\u00e9ventif. Les entreprises qui mettent en \u0153uvre leur devoir de diligence sont r\u00e9compens\u00e9es.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: La disposition sur la responsabilit\u00e9 civile n\u2019est pas une r\u00e9compense pour l\u2019entreprise, mais un risque. Il n\u2019existe pas de normes internationales en mati\u00e8re d\u2019environnement. Comment prouver que l\u2019on a agi avec tout le soin n\u00e9cessaire si l\u2019on ne sait m\u00eame pas ce que l\u2019on doit respecter\u00a0? Cela n\u2019est pas compatible avec l\u2019\u00c9tat de droit et le principe de l\u00e9galit\u00e9. C\u2019est comme si vous \u00eates sur l\u2019autoroute et que vous ne savez pas \u00e0 quelle vitesse vous pouvez rouler. Je peux vivre par exemple avec la directive de l\u2019UE sur la publication d\u2019informations non financi\u00e8res, car elle ne contient pas de clause sur la responsabilit\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Votre argumentation ne tient pas. Les Principes directeurs de l\u2019ONU et diverses r\u00e9glementations nationales d\u00e9finissent d\u00e9j\u00e0 le devoir de diligence. L\u2019initiative introduirait une norme internationale dans le droit suisse. Nous ne sommes pas des pr\u00e9curseurs. Le Royaume-Uni, par exemple, dispose du \u00ab\u00a0Modern Slavery Act\u00a0\u00bb, une loi qui impose \u00e9galement un devoir de diligence aux entreprises. En Suisse, les mesures volontaires existantes entreront \u00e9galement dans le processus l\u00e9gislatif.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: Le probl\u00e8me est que des entreprises suisses pourraient \u00eatre jug\u00e9es sur la base d\u2019un catalogue inconnu de normes internationales et non pas selon les lois nationales.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Il existe en Suisse un Point de contact national, rattach\u00e9 au Seco. On peut lui signaler les violations pr\u00e9sum\u00e9es des Principes directeurs de l\u2019OCDE \u00e0 l\u2019intention des entreprises multinationales. Cela ne suffit-il pas\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: Le point de contact fonctionne comme un service de m\u00e9diation. Le plaignant a la possibilit\u00e9 de communiquer avec l\u2019entreprise par le biais d\u2019un m\u00e9diateur si le dialogue direct a \u00e9chou\u00e9. Je trouve cela utile.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: Le point de contact est important quand il s\u2019agit d\u2019arbitrer un diff\u00e9rend. Il peut aussi s\u2019occuper de conflits li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9vasion fiscale, un domaine qui n\u2019est pas couvert par l\u2019initiative pour des multinationales responsables. Toutefois, il ne remplace de loin pas des mesures efficaces. Le probl\u00e8me est que l\u2019arbitrage informel se d\u00e9roule \u00e0 huis clos. Les rapports publi\u00e9s \u00e0 la fin du processus de conciliation ne nous apprennent rien de concret. C\u2019est pourquoi beaucoup d\u2019ONG ou de victimes de violations des droits humains pr\u00e9f\u00e8rent s\u2019adresser directement aux m\u00e9dias plut\u00f4t qu\u2019au Point de contact national. Elles peuvent ainsi exercer davantage de pression.&#13;<\/p>\n<h3><strong>Nous avons surtout parl\u00e9 des activit\u00e9s des entreprises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Cependant, nombre d\u2019entre elles op\u00e8rent exclusivement en Suisse. Respectent-elles les normes de l\u2019OCDE\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: La grande majorit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s, y compris celles qui sont actives au niveau international, les respectent. Pour les d\u00e9rapages individuels, nous avons des tribunaux qui fonctionnent. Le plan d\u2019action national et les r\u00e9glementations internationales existantes sont donc suffisamment efficaces.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath <\/strong>: En Suisse, la lutte contre les violations des droits humains et environnementaux dispose de moyens \u00e9tendus. C\u2019est pourquoi notre initiative pr\u00e9voit une proc\u00e9dure de diligence simplifi\u00e9e pour les petites et moyennes entreprises (PME), sauf si celles-ci sont actives dans des domaines \u00e0 hauts risques. Le probl\u00e8me vient notamment des groupes qui implantent leur si\u00e8ge en Suisse pour des raisons fiscales et violent les droits de l\u2019homme \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Ces soci\u00e9t\u00e9s nuisent \u00e0 la r\u00e9putation de notre pays. En tant que Suisse, cela ne m\u2019est pas indiff\u00e9rent.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: Avez-vous des exemples concrets\u00a0?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath\u00a0<\/strong>: L\u00e0 encore, je ne voudrais pas montrer du doigt des entreprises en particulier.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>T. Meili <\/strong>: En excluant les PME des dispositions pr\u00e9vues, vous avez un probl\u00e8me de cr\u00e9dibilit\u00e9. En effet, le groupe de travail de l\u2019ONU condamne les restrictions en fonction de la taille de l\u2019entreprise. Il me semble que l\u2019initiative est dirig\u00e9e de mani\u00e8re cibl\u00e9e contre les multinationales. Vous trouvez des paroles rassurantes pour les PME et vous faites passer les grands groupes pour les m\u00e9chants. Ce n\u2019est pas coh\u00e9rent.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<strong>M. Herkenrath<\/strong>\u00a0: Il s\u2019agit d\u2019un devoir de diligence appropri\u00e9 et bas\u00e9 sur les risques. Comme je l\u2019ai dit, une PME active dans le commerce de diamants ne sera pas exclue. Mais le fait est que la majorit\u00e9 des PME suisses ne travaillent pas dans des domaines aussi risqu\u00e9s.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis peu, Syngenta est en mains chinoises. Monsieur Meili, le groupe a notamment d\u00e9fini dans un code de conduite interne la mani\u00e8re d\u2019aborder la question des pesticides ou le droit du travail. Que deviennent ces normes apr\u00e8s le rachat par Chemchina\u00a0? &#13; Tobias Meili\u00a0: Le code de conduite reste en vigueur. 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C\u2019est ce qu\u2019affirme Tobias Meili, juriste en chef du groupe agrochimique dans un entretien avec La Vie \u00e9conomique. Selon lui, cela permet de d\u00e9masquer rapidement les entreprises qui se contentent de d\u00e9clarations d\u2019intention. De son c\u00f4t\u00e9, Mark Herkenrath, directeur d\u2019Alliance Sud, l\u2019association fa\u00eeti\u00e8re des \u0153uvres d\u2019entraide, d\u00e9plore que trop de soci\u00e9t\u00e9s ne prennent aucune mesure pour prot\u00e9ger les droits de l\u2019homme et l\u2019environnement. C\u2019est la raison pour laquelle il a particip\u00e9 au lancement de l\u2019initiative pour des multinationales responsables.","post_hero_image_description":"\u00c0 l'issue du d\u00e9bat qui s'est tenu au restaurant \u00ab Grosse Schanze \u00bb, \u00e0 Berne. Tobias Meili (\u00e0 gauche), de Syngenta, et Mark Herkenrath, d'Alliance Sud","post_hero_image_description_copyright_de":"Christoph Bigler, Seco","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":[{"kasten_title":"Les invit\u00e9s","kasten_box":"<em>Tobias Meili<\/em>, un avocat de 47 ans, dirige depuis 2007 le service des affaires juridiques de Syngenta. Le groupe agrochimique b\u00e2lois a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9 au printemps par Chemchina, une entreprise chimique chinoise, et ses actions vont \u00eatre d\u00e9cot\u00e9es de la Bourse suisse. Auparavant, Tobias Meili avait travaill\u00e9 comme conseiller juridique dans l\u2019entreprise de conseil Accenture et comme avocat dans le cabinet Lenz &amp; Staehelin. Ce p\u00e8re de trois enfants vit avec sa femme dans le canton d\u2019Argovie.&#13;\n&#13;\n<em>Mark Herkenrath<\/em>, \u00e2g\u00e9 de 44 ans, dirige depuis deux ans Alliance Sud, communaut\u00e9 de travail de six organisations suisses\u00a0de d\u00e9veloppement\u00a0: Swissaid, Action de Car\u00eame, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper. Il \u00e9tait entr\u00e9 en 2008 au service d\u2019Alliance Sud, en tant que responsable des questions financi\u00e8res internationales et de la politique fiscale. Depuis cette ann\u00e9e, Mark Herkenrath est \u00e9galement professeur titulaire de sociologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Zurich, ville o\u00f9 il est domicili\u00e9."}],"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":139806,"main_focus":[156346,157053],"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":139810,"artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"69811","post_abstract":"","magazine_issue":"07-2017","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":[4127,0],"korrektor":null,"planned_publication_date":"20170623","original_files":[{"file":139818}],"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/59147cf80cf32"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/139803"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4163"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=139803"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/139803\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188198,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/139803\/revisions\/188198"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4127"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4163"}],"acf:post":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/157053"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/156346"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25312"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=139803"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=139803"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=139803"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=139803"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=139803"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=139803"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}