{"id":140694,"date":"2017-04-27T15:50:23","date_gmt":"2017-04-27T15:50:23","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2017\/04\/blanke-05-2017\/"},"modified":"2023-08-24T00:17:44","modified_gmt":"2023-08-23T22:17:44","slug":"blanke-05-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2017\/04\/blanke-05-2017\/","title":{"rendered":"Les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs sont-ils efficaces&nbsp;?"},"content":{"rendered":"<p>Il y a encore quelques ann\u00e9es, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat n\u00e9gatifs nominaux relevaient tout au plus de la th\u00e9orie. Beaucoup estimaient que leur mise en pratique \u00e9tait impossible<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>. Pourtant, plusieurs banques centrales les ont introduits ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Celle du Danemark a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re a pass\u00e9 au-dessous de la limite du z\u00e9ro en 2012. \u00c0 la grande surprise de nombreux observateurs, cela n\u2019a pas d\u00e9stabilis\u00e9 les march\u00e9s financiers. Puis, la Banque centrale europ\u00e9enne, la Banque nationale suisse et la Banque de Su\u00e8de ont suivi en 2014. Deux ans plus tard, c\u2019\u00e9tait au tour de la Banque du Japon de s\u2019aventurer sur le terrain du taux n\u00e9gatif.&#13;<\/p>\n<h2><strong>L\u2019efficacit\u00e9 des taux n\u00e9gatifs est controvers\u00e9e<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne baisse des taux au-dessous de 0\u00a0% signifie que la banque centrale d\u00e9bite des int\u00e9r\u00eats aux banques commerciales lorsque celles-ci d\u00e9posent de l\u2019argent chez elle. Par le biais de leurs propres taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, les banques commerciales r\u00e9percutent cette baisse sur les personnes physiques, les entreprises et les \u00e9tablissements financiers, soit sur le syst\u00e8me financier en g\u00e9n\u00e9ral. Les banques centrales cherchent ainsi \u00e0 donner un coup de fouet \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Effectivement, en cas de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat bas, les banques disposent de davantage d\u2019argent, la consommation des m\u00e9nages augmente, de m\u00eame que les investissements consentis par les entreprises.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPourtant, tout le monde ne croit pas \u00e0 cette r\u00e9action en cha\u00eene. Les d\u00e9tracteurs affirment qu\u2019inciter des populations vieillissantes \u00e0 d\u00e9penser n\u2019a pas de sens. Au contraire\u00a0: avec des int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs, on risque de voir les \u00e9pargnants et les retrait\u00e9s r\u00e9duire leurs d\u00e9penses, soit parce qu\u2019ils ont des objectifs fixes en mati\u00e8re d\u2019\u00e9pargne, soit parce qu\u2019ils vivent des int\u00e9r\u00eats tir\u00e9s de leur capital.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nToutefois, rien ne prouve que les \u00e9pargnants changent de comportement quand les int\u00e9r\u00eats deviennent n\u00e9gatifs. M\u00eame si cette th\u00e8se se confirmait, cela ne modifierait en rien le fait que, dans toute \u00e9conomie, un emprunteur fait face \u00e0 un \u00e9pargnant. Il en va ainsi des jeunes familles qui acqui\u00e8rent une maison pour la premi\u00e8re fois avec une hypoth\u00e8que, des cr\u00e9dits pour les voitures ainsi que des pr\u00eats aux jeunes pousses ou \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Le surcro\u00eet de pouvoir d\u2019achat que les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs conf\u00e8rent aux emprunteurs devrait contrebalancer sans probl\u00e8me l\u2019augmentation suppos\u00e9e de la tendance \u00e0 \u00e9conomiser des retrait\u00e9s et des autres \u00e9pargnants. Exactement comme en temps normal. Voil\u00e0 pour la th\u00e9orie. On doit, toutefois, se demander si les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs fonctionnent dans la pratique.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Les banques r\u00e9percutent les int\u00e9r\u00eats de p\u00e9nalit\u00e9 seulement en partie<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa pratique montre que les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs des banques centrales sont effectivement apparus dans le syst\u00e8me financier, comme l\u2019avait pr\u00e9dit la th\u00e9orie, mais \u00e0 quelques petites exceptions pr\u00e8s, notamment dans les banques secondaires. Le passage des int\u00e9r\u00eats des banques centrales au-dessous de la limite du z\u00e9ro a entra\u00een\u00e9 la diminution \u00e0 large \u00e9chelle des taux dans les \u00e9conomies concern\u00e9es. C\u2019est exactement ce qui se passe lors d\u2019une baisse des int\u00e9r\u00eats dans la zone positive<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>. Les taux des obligations et ceux pratiqu\u00e9s sur les march\u00e9s mon\u00e9taires ont chut\u00e9, comme il fallait s\u2019y attendre. Les taux de change et le cours des actions ont aussi r\u00e9agi comme d\u2019habitude.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des banques, qui n\u2019ont r\u00e9percut\u00e9 cette baisse que partiellement, font exception. Comme le montrent diverses \u00e9tudes<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>, la r\u00e9action des \u00e9tablissements bancaires \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente selon les pays<a href=\"#footnote_4\" id=\"footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor\">[4]<\/a>. On sait encore peu de choses de ces sp\u00e9cificit\u00e9s, mais elles pourraient \u00eatre li\u00e9es \u00e0 la structure de financement des banques et \u00e0 l\u2019environnement concurrentiel.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nBien que la r\u00e9percussion des int\u00e9r\u00eats sur les march\u00e9s financiers fonctionne en g\u00e9n\u00e9ral plut\u00f4t bien, elle n\u2019a pas d\u00e9bouch\u00e9, ou pas encore, sur une reprise nette dans les \u00e9conomies \u00e0 int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs. Cela signifie-t-il que ce syst\u00e8me ne fonctionne pas\u00a0? Non, parce que, normalement, les banques centrales baissent leurs taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de mani\u00e8re plus s\u00e9v\u00e8re quand il s\u2019agit de provoquer une reprise.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Les baisses d\u2019int\u00e9r\u00eats sont trop faibles pour prouver leur efficacit\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes baisses de taux dans la zone n\u00e9gative sont minimes. Au Japon, la plus r\u00e9cente a fait passer les int\u00e9r\u00eats de 0,10 \u00e0 -0,10\u00a0%, soit seulement 0,20 point. La Banque nationale suisse a opt\u00e9 pour un taux de -0,75\u00a0%. La plupart des clients ont \u00e0 peine conscience d\u2019une diminution des int\u00e9r\u00eats de 0,20\u00a0% sur leur compte d\u2019\u00e9pargne. M\u00eame un cr\u00e9dit bancaire de 0,75\u00a0% plus avantageux ne va pas inciter une foule de gens \u00e0 acqu\u00e9rir tout de suite une nouvelle voiture si, dans le m\u00eame temps, la morosit\u00e9 de la conjoncture n\u2019est pas favorable aux augmentations de salaires.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nNormalement, les banques centrales interviennent avec plus de fermet\u00e9 si elles veulent vraiment relancer une \u00e9conomie molle. \u00c0 titre de comparaison, la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis a baiss\u00e9 ses taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de quelque 6\u00a0% \u00e0 1\u00a0% pendant la r\u00e9cession relativement mod\u00e9r\u00e9e qui a touch\u00e9 le pays en 2001. La crise financi\u00e8re mondiale de 2008 l\u2019a \u00e9galement incit\u00e9e \u00e0 diminuer ses taux de 5\u00a0points. En 2008 et 2009, la banque aurait desserr\u00e9 encore davantage la vis des int\u00e9r\u00eats si la limite des 0\u00a0%, qui constituait la limite inf\u00e9rieure jusque-l\u00e0, n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 atteinte<a href=\"#footnote_5\" id=\"footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor\">[5]<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAjoutons \u00e0 cela que, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les taux nominaux n\u00e9gatifs n\u2019ont pas pes\u00e9 sur les taux r\u00e9els. Ces derniers d\u00e9pendent \u00e0 la fois des taux nominaux et de l\u2019inflation (voir <em>encadr\u00e9<\/em>). Or, la plupart des mouvements dans la zone n\u00e9gative \u00e9taient des r\u00e9actions \u00e0 un recul de l\u2019inflation ou des attentes envers celle-ci. Ce recul \u00e9tait sensiblement plus marqu\u00e9 que les baisses tr\u00e8s h\u00e9sitantes des int\u00e9r\u00eats au-dessous de z\u00e9ro qui ont suivi<a href=\"#footnote_6\" id=\"footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor\">[6]<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nQuand la Banque nationale suisse, par exemple, a r\u00e9duit son taux directeur \u00e0 -0,75\u00a0% en janvier 2015, elle s\u2019est engag\u00e9e en m\u00eame temps dans une politique de r\u00e9\u00e9valuation de la monnaie, qui a diminu\u00e9 l\u2019inflation \u00e0 court terme d\u2019au moins 0,75\u00a0%. La r\u00e9duction des taux nominaux et celle de l\u2019inflation se sont annul\u00e9es r\u00e9ciproquement, de sorte que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els sont rest\u00e9s plus ou moins inchang\u00e9s. Cela \u00e9tant, la descente au-dessous de z\u00e9ro n\u2019a pas eu d\u2019effet r\u00e9el imm\u00e9diat sur le rendement des fonds d\u2019\u00e9pargne durant cette courte dur\u00e9e. Pourtant, de nombreuses personnes en Suisse ont le sentiment que leurs \u00e9conomies se sont r\u00e9duites en raison des taux nominaux n\u00e9gatifs. Si ces derniers sont tellement controvers\u00e9s, cela provient \u00e9galement d\u2019une illusion qui touche \u00e0 la valeur p\u00e9cuniaire\u00a0: beaucoup de gens ne font pas la diff\u00e9rence entre taux d\u2019int\u00e9r\u00eat nominaux et r\u00e9els.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes taux n\u00e9gatifs ont certes r\u00e9ussi \u00e0 att\u00e9nuer quelque peu la pression de la d\u00e9flation. Les mouvements minimes qu\u2019ils pr\u00e9sentent n\u2019ont, toutefois, pas suffi dans la plupart des pays \u00e0 redonner une vraie dynamique \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. En d\u2019autres termes, le m\u00e9dicament aide, mais le dosage devrait \u00eatre bien plus \u00e9lev\u00e9 pour gu\u00e9rir. Les banques centrales n\u2019ont pas poursuivi leur baisse, \u00e9tant donn\u00e9 que les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs sont une terre inconnue et que leur efficacit\u00e9 est entach\u00e9e de doutes. On n\u2019est pas non plus certain de l\u2019innocuit\u00e9 des effets secondaires qui pourraient en r\u00e9sulter. L\u2019impopularit\u00e9 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat n\u00e9gatifs ainsi que la crainte des r\u00e9actions de la population et de la politique peuvent y avoir contribu\u00e9. Les banques centrales sont prudentes de nature.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs doivent augmenter le go\u00fbt du risque<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn ne sait pas encore jusqu\u2019o\u00f9 les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat n\u00e9gatifs peuvent descendre avant que les particuliers, les entreprises ou les \u00e9tablissements financiers ne soldent fortement leurs emprunts et leurs fonds d\u2019\u00e9pargne. Leurs pr\u00e9f\u00e9rences iraient alors \u00e0 l\u2019argent liquide sans int\u00e9r\u00eat. Il est difficile d\u2019\u00e9valuer o\u00f9 se situe cette limit\u00e9e inf\u00e9rieure. Si, toutefois, on atteint ce point par m\u00e9garde, cela pourrait \u00e9branler la confiance dans le syst\u00e8me financier et bousculer son fonctionnement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIl existe plusieurs m\u00e9thodes et instruments pour limiter ce risque. Les banques centrales peuvent, par exemple, aider les banques secondaires qui perdent des d\u00e9p\u00f4ts ou limiter l\u2019\u00e9mission d\u2019argent liquide. De telles id\u00e9es sont toutefois controvers\u00e9es et probl\u00e9matiques d\u2019un point de vue politique. Les banques centrales devraient au moins \u00eatre vigilantes et surveiller les int\u00e9r\u00eats s\u2019ils s\u2019approchent de cette limite inf\u00e9rieure.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa plupart des autres r\u00e9serves \u00e9mises ne concernent pas les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs en soi, mais la longue p\u00e9riode des taux r\u00e9els bas. On craint que si cette situation perdure, elle ne fausse les march\u00e9s financiers et menace la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me. Si les emprunts s\u00fbrs et les d\u00e9p\u00f4ts d\u2019\u00e9pargne ne produisent qu\u2019un rendement minimal, les investisseurs chercheront de meilleurs placements, probablement plus risqu\u00e9s. C\u2019est exactement ce que veut cette politique mon\u00e9taire\u00a0: stimuler l\u2019\u00e9conomie et le go\u00fbt du risque. Cependant, quand les investisseurs misent sur des placements non productifs ou sur l\u2019immobilier, des bulles peuvent se former, puis \u00e9clater. Il faut dire que ce danger n\u2019existe pas seulement en pr\u00e9sence d\u2019int\u00e9r\u00eats nominaux n\u00e9gatifs et qu\u2019il est peut-\u00eatre moins marqu\u00e9 quand l\u2019\u00e9conomie est en r\u00e9cession<a href=\"#footnote_7\" id=\"footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor\">[7]<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDepuis la crise financi\u00e8re mondiale, les banques centrales doivent, en cas de chocs, observer les prix des march\u00e9s financiers et d\u00e9celer les signes annonciateurs de bulles ou une propension exag\u00e9r\u00e9e \u00e0 prendre des risques. Leurs r\u00e9actions peuvent diff\u00e9rer selon le mandat qui leur est confi\u00e9 ou les instruments \u00e0 disposition. Quelques banques centrales peuvent r\u00e9guler directement la propension au risque, en prenant des mesures macroprudentielles. Elles peuvent ainsi accro\u00eetre leurs exigences en fonds propres ou demander un volant de fonds propres anticycliques lors de l\u2019octroi d\u2019hypoth\u00e8ques. D\u2019autres n\u2019ont pas ces comp\u00e9tences. Le rel\u00e8vement des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat avant un retour \u00e0 la croissance risque de toute fa\u00e7on de diff\u00e9rer cette derni\u00e8re.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nOn invoque souvent l\u2019argument selon lequel les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs seraient mauvais pour la sant\u00e9 financi\u00e8re des banques, des caisses de pension et des compagnies d\u2019assurance. Ces risques r\u00e9sultent plut\u00f4t d\u2019int\u00e9r\u00eats r\u00e9els bas que de taux nominaux n\u00e9gatifs\u00a0; ils tiennent aux mod\u00e8les commerciaux que ces \u00e9tablissements ont appliqu\u00e9s lorsqu\u2019on pouvait encore se baser sur des taux r\u00e9els et nominaux sup\u00e9rieurs. Ces mod\u00e8les se transforment toutefois et les banques n\u2019ont pas annonc\u00e9 jusqu\u2019ici, dans les pays o\u00f9 les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sont n\u00e9gatifs, davantage de pertes de b\u00e9n\u00e9fices en moyenne que dans les pays o\u00f9 ils sont positifs<a href=\"#footnote_8\" id=\"footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor\">[8]<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nRelever les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat nominaux pour prot\u00e9ger les b\u00e9n\u00e9fices des \u00e9tablissements financiers serait une erreur et pourrait avoir un effet de boomerang. Cela affaiblirait la demande \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale et ralentirait la croissance en prolongeant la phase des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els bas. Le secteur financier serait alors soumis \u00e0 une pression accrue.&#13;<\/p>\n<h2><strong>Les r\u00e9formes accompagnatrices et les investissements peuvent stimuler la conjoncture<\/strong><\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes effets des int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme un succ\u00e8s. La baisse dans la zone n\u00e9gative conna\u00eet toutefois des limites, si aucune autre mesure n\u2019est prise pour att\u00e9nuer les risques financiers et \u00e9conomiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa politique mon\u00e9taire n\u2019est de loin pas la seule option pour raviver la conjoncture. Si la croissance ralentit, si le ch\u00f4mage cro\u00eet et que l\u2019investissement se tra\u00eene obstin\u00e9ment, les d\u00e9cideurs voudront peut-\u00eatre s\u2019engager davantage. Les projets d\u2019investissements publics et une augmentation des d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat appuient g\u00e9n\u00e9ralement la baisse des int\u00e9r\u00eats. C\u2019est justement quand les taux sont bas que les d\u00e9penses publiques peuvent servir de moteur de croissance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDes r\u00e9formes du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019offre, combin\u00e9es id\u00e9alement avec des mesures de politique fiscale, peuvent aussi stimuler la comp\u00e9titivit\u00e9 et la productivit\u00e9 d\u2019une \u00e9conomie. Si les march\u00e9s fonctionnent mieux, le syst\u00e8me de formation s\u2019am\u00e9liore, des infrastructures importantes se cr\u00e9ent, l\u2019esprit d\u2019entreprise et l\u2019innovation sont stimul\u00e9s. De telles mesures augmentent la probabilit\u00e9 d\u2019une future croissance. Si la population le comprend et y croit, on pourrait susciter la confiance et ainsi relancer les d\u00e9penses et la croissance.<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Les opinions exprim\u00e9es dans le pr\u00e9sent article refl\u00e8tent celles des auteurs et pas obligatoirement le point de vue de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, du FMI ou du Conseil d\u2019administration et de la direction du FMI. L\u2019article se fonde sur une version plus longue, parue en anglais sur le site Internet \u00ab\u00a0Global Agenda\u00a0\u00bb du Forum \u00e9conomique mondial (WEF\u00a0; voir Blanke et Krogstrup, 2016).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Voir Ball et al. pour les d\u00e9tails (2016).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">Voir Ball et al. (2016) et Danthine (2016).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_4\" class=\"footnote--item\">Il existe en plus une non-lin\u00e9arit\u00e9 lors du report des int\u00e9r\u00eats \u00e0 court terme sur ceux \u00e0 long terme dans le domaine de la limite inf\u00e9rieure des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, selon le niveau o\u00f9 le march\u00e9 place cette limite inf\u00e9rieure. Voir Grisse et al. (2016).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_5\" class=\"footnote--item\">Voir Krogstrup (2017).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_6\" class=\"footnote--item\">Voir Krogstrup (2017).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_7\" class=\"footnote--item\">Voir Ball et al. (2016).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_8\" class=\"footnote--item\">Voir, par exemple, la Banque de Su\u00e8de (2016).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a encore quelques ann\u00e9es, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat n\u00e9gatifs nominaux relevaient tout au plus de la th\u00e9orie. Beaucoup estimaient que leur mise en pratique \u00e9tait impossible. Pourtant, plusieurs banques centrales les ont introduits ces derni\u00e8res ann\u00e9es. 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Ses effets secondaires sont souvent exag\u00e9r\u00e9s ; ils comportent toutefois des risques. La politique mon\u00e9taire n\u2019est pas la seule option pour raviver l\u2019\u00e9conomie.","post_hero_image_description":"Des taux d'int\u00e9r\u00eat faibles encouragent l'achat de logements. 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Le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat <em>r\u00e9el,<\/em> en revanche, montre l\u2019augmentation de la valeur de ces 100\u00a0francs en une ann\u00e9e en mesurant ce que l\u2019on peut acheter avec ce montant. L\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9el est d\u00e9terminant pour le rendement de l\u2019\u00e9pargne. Il d\u00e9pend \u00e0 la fois des int\u00e9r\u00eats nominaux et de l\u2019inflation.&#13;\n&#13;\nOn trouve un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el n\u00e9gatif dans les pays o\u00f9 l\u2019inflation est plus \u00e9lev\u00e9e que l\u2019int\u00e9r\u00eat nominal. Cela signifie que les fonds d\u2019\u00e9pargne perdent de la valeur m\u00eame quand les int\u00e9r\u00eats nominaux sont positifs. 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En effet, les taux n\u00e9gatifs se sont av\u00e9r\u00e9s \u00eatre un instrument mon\u00e9taire efficace\u00a0: ils d\u00e9ploient les m\u00eames effets que la diminution des taux dans la zone positive en temps normal. Si les taux n\u00e9gatifs n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine d\u2019une relance, cela provient surtout du fait que la baisse actuelle est historiquement tr\u00e8s modeste. \u00c0 cela s\u2019ajoute que, si les taux nominaux sont descendus au-dessous de z\u00e9ro, les taux r\u00e9els ont insuffisamment diminu\u00e9. Les taux n\u00e9gatifs sont un terrain inconnu et rec\u00e8lent des risques. 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