{"id":141749,"date":"2016-11-24T11:50:05","date_gmt":"2016-11-24T11:50:05","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2016\/11\/blank-interview-fuest-12-2016-franz\/"},"modified":"2025-06-16T12:14:17","modified_gmt":"2025-06-16T10:14:17","slug":"blank-interview-fuest-12-2016-franz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2016\/11\/blank-interview-fuest-12-2016-franz\/","title":{"rendered":"\u00ab&nbsp;Il se passe exactement l\u2019inverse de ce que la BCE recherche&nbsp;\u00bb"},"content":{"rendered":"<h3><strong>Cela fait un peu plus de six mois que vous dirigez l\u2019institut IFO, un organisme munichois dont la r\u00e9putation n\u2019est plus \u00e0 faire. Sur quoi portent vos recherches\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Je m\u2019int\u00e9resse actuellement \u00e0 l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la zone euro et au budget de l\u2019UE. Un autre axe concerne la politique fiscale.<\/p>\n<h3><strong>Quelle est la situation \u00e9conomique dans la zone euro\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Elle reste tendue, mais nous sommes revenus \u00e0 des taux de croissance de 1,5\u00a0%. C\u2019est un moment id\u00e9al pour des r\u00e9formes et nous devons faire attention de ne pas le manquer.<\/p>\n<h3><strong>Certains \u00c9tats sont plus endett\u00e9s aujourd\u2019hui qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Dans quelle mesure cela pose-t-il probl\u00e8me\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Les pays lourdement endett\u00e9s sont pr\u00e9dispos\u00e9s aux crises en raison de leur faible marge de man\u0153uvre. Des dettes \u00e9lev\u00e9es ne signifient rien d\u2019autre que l\u2019on a, dans le pass\u00e9, v\u00e9cu au-dessus de ses moyens. \u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique\u00a0: le vieillissement et la d\u00e9croissance de la population gr\u00e8vent les comptes des \u00c9tats. Pour mieux g\u00e9rer cette situation, il faudrait des dettes publiques faibles.<\/p>\n<h3><strong>Existe-t-il un sain degr\u00e9 d\u2019endettement\u00a0?\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><\/h3>\n<p>A priori, l\u2019endettement public devrait servir \u00e0 compenser les fluctuations passag\u00e8res des recettes ou des d\u00e9penses publiques. L\u2019\u00c9tat peut temporairement contracter des dettes s\u2019il fait, par exemple, soudainement face \u00e0 des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s ou \u00e0 des recettes en baisse. C\u2019est plus judicieux qu\u2019une hausse d\u2019imp\u00f4ts. Il arrive que les cycles conjoncturels induisent de telles fluctuations\u00a0: les dettes engendr\u00e9es en phase de r\u00e9cession sont, d\u00e8s lors, rembours\u00e9es dans la phase de relance qui suit. La dette publique peut aussi se justifier par les investissements de l\u2019\u00c9tat. La hausse incessante des d\u00e9ficits publics, observ\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es, n\u2019est cependant gu\u00e8re d\u00e9fendable. Des niveaux d\u2019endettement largement au-dessus de 100\u00a0%, comme en Italie ou au Portugal, sont clairement dans le rouge.<\/p>\n<h3><strong>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, deux tiers des dettes sont le fait des entreprises et des particuliers. Quel est le plus inqui\u00e9tant, l\u2019endettement public ou priv\u00e9\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Le principe est le m\u00eame pour les deux\u00a0: si le d\u00e9biteur n\u2019a pas les moyens d\u2019\u00e9teindre ses dettes, la stabilit\u00e9 est menac\u00e9e. En m\u00eame temps, l\u2019endettement, qu\u2019il soit priv\u00e9 ou public, a un sens s\u2019il finance des investissements.<\/p>\n<h3><strong>Des investissements sont-ils en cours aujourd\u2019hui\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Bien peu. Dans de nombreux \u00c9tats, l\u2019infrastructure d\u00e9cline et les dettes servent \u00e0 financer la consommation. L\u2019actuel endettement public ne peut donc pas s\u2019expliquer par la force des investissements. La situation est tout aussi probl\u00e9matique dans le secteur priv\u00e9, o\u00f9 les dettes sont \u00e9galement contract\u00e9es \u00e0 des fins de consommation. Le probl\u00e8me s\u2019aggrave encore lorsque des propri\u00e9taires fonciers obtiennent des hypoth\u00e8ques trop \u00e9lev\u00e9es par rapport \u00e0 leur revenu.<\/p>\n<h3><strong>Qui sont les perdants du surendettement\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, dont les marges de man\u0153uvre financi\u00e8res s\u2019amoindrissent avec le temps.<\/p>\n<h3><strong>La crise financi\u00e8re a montr\u00e9 l\u2019importance des banques pour la stabilit\u00e9. Actuellement, l\u2019on parle beaucoup de la Deutsche Bank, que l\u2019on qualifie parfois de \u00ab\u00a0banque zombie\u00a0\u00bb. Qu\u2019en pensez-vous\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>La Deutsche Bank doit r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes, mais je ne la qualifierais pas de banque zombie. Ce terme d\u00e9signe des \u00e9tablissements surendett\u00e9s et souffrant d\u2019une insuffisance de capitaux\u00a0: c\u2019est, par exemple, le cas lorsque leur bilan montre un exc\u00e9dent de cr\u00e9dits irr\u00e9couvrables. Pour \u00e9viter une crise financi\u00e8re, les banques centrales et les gouvernements les maintiennent souvent \u00e0 flot en injectant des liquidit\u00e9s. Les banques zombies ne peuvent pas conclure de nouvelles affaires et manquent de fonds pour amortir les cr\u00e9dits en souffrance. \u00c0 terme, elles ne peuvent donc plus remplir leur fonction \u00e9conomique.<\/p>\n<h3><strong>O\u00f9 le b\u00e2t blesse-t-il\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Globalement, il n\u2019y a pas assez de fonds propres dans le syst\u00e8me bancaire. Tout choc, m\u00eame faible, peut \u00e9branler la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me. N\u2019oublions pas que la sous-capitalisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 source de probl\u00e8mes lors de la crise financi\u00e8re.<\/p>\n<h3><strong>Presque dix ans plus tard, les probl\u00e8mes ne sont donc pas r\u00e9gl\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Non. \u00c0 mon avis, les milieux politiques n\u2019ont pas bien r\u00e9agi \u00e0 la crise financi\u00e8re. La r\u00e9glementation bancaire entre trop dans les d\u00e9tails. Pour les petites banques, il est difficile d\u2019en ma\u00eetriser la complexit\u00e9. Il aurait mieux valu se concentrer sur la r\u00e9glementation des capitaux et exiger sensiblement plus de fonds propres. En proc\u00e9dant ainsi, il aurait \u00e9t\u00e9 moins n\u00e9cessaire d\u2019intervenir dans les mod\u00e8les d\u2019affaires des banques.<\/p>\n<h3><strong>\u00c0 quel taux imaginez-vous la quote-part de fonds propres\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019objectif que nous pourrions envisager est 8\u00a0% de la somme du bilan. Cela correspond, selon les r\u00e8gles de l\u2019Union bancaire, au capital de garantie que chaque banque doit d\u00e9tenir. En cas de crise, il faut que cette somme soit disponible au bilan avant d\u2019en appeler aux fonds publics. Le mieux est qu\u2019il s\u2019agisse de capitaux propres. Dans la majorit\u00e9 des banques, il est peu probable que ces fonds soient vraiment disponibles.<\/p>\n<h3><strong>Comment un \u00c9tat peut-il \u00e9teindre sa dette\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Il peut s\u2019employer \u00e0 r\u00e9aliser des exc\u00e9dents qui lui permettent d\u2019\u00e9ponger les dettes. Il peut \u00e9galement tenter de stimuler la croissance, r\u00e9duisant alors le rapport entre l\u2019endettement et le potentiel \u00e9conomique. Un \u00c9tat peut aussi chercher \u00e0 s\u2019affranchir des dettes en cr\u00e9ant un terrain favorable \u00e0 l\u2019inflation. Il peut encore restructurer sa dette, autrement dit imposer certaines pertes aux cr\u00e9anciers. Enfin, il peut exiger que d\u2019autres passent \u00e0 la caisse. En Europe, de nombreuses voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent ainsi pour d\u00e9placer les dettes de pays comme la Gr\u00e8ce ou le Portugal vers des \u00c9tats moins endett\u00e9s, comme l\u2019Allemagne. Cela ne peut que pr\u00eater \u00e0 pol\u00e9mique.<\/p>\n<h3><strong>Quel est le sc\u00e9nario le plus probable dans la zone euro\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Avec le programme OMT (Op\u00e9rations mon\u00e9taires sur titres, ndlr), la Banque centrale europ\u00e9enne a baiss\u00e9 les int\u00e9r\u00eats pour les pays lourdement endett\u00e9s et diminu\u00e9 les achats d\u2019emprunts d\u2019\u00c9tat. \u00c0 pr\u00e9sent, on esp\u00e8re que les \u00c9tats mettront \u00e0 profit cet all\u00e8gement pour r\u00e9duire leurs dettes. Jusqu\u2019ici, les actes ont du mal \u00e0 suivre. Certains gouvernements esp\u00e8rent qu\u2019une mutualisation des dettes permettra de r\u00e9percuter ce fardeau sur d\u2019autres \u00c9tats de la zone euro. La paralysie qui en r\u00e9sulte peut se r\u00e9v\u00e9ler dangereuse.<\/p>\n<h3><strong>Pourquoi\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Un endettement fort constitue un v\u00e9ritable handicap. Comme pour les banques, il existe aussi des \u00c9tats zombies qui ne peuvent plus investir ni entamer les r\u00e9formes n\u00e9cessaires pour stimuler la croissance \u00e9conomique. Cela induit de nouveaux risques pour la prochaine crise, surtout en cas de hausse des int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<h3><strong>Quels sont ces \u00c9tats\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Le Portugal et l\u2019Italie, dont les dettes avoisinent 130\u00a0% de leurs PIB. En France et en Espagne, ce taux est proche des 100\u00a0%. Ces chiffres sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. \u00c0 long terme, m\u00eame l\u2019Allemagne devra se faire du souci, car les probl\u00e8mes d\u00e9mographiques l\u2019exposeront bient\u00f4t \u00e0 de lourdes charges. Ses comptes publics ne sont pas aussi solides qu\u2019il y para\u00eet.<\/p>\n<h3><strong>Donc les dettes augmentent plus qu\u2019elles ne diminuent\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>\u00c0 moyen terme, nous devons nous attendre \u00e0 des dettes \u00e9lev\u00e9es et ne cessant de cro\u00eetre. Ce n\u2019est \u00e9videmment pas ce que je souhaite.<\/p>\n<h3><strong>Quel r\u00f4le joue le Fonds mon\u00e9taire international (FMI)\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Le FMI ne peut pas r\u00e9gler les probl\u00e8mes d\u2019endettement en Europe. D\u2019ailleurs ce n\u2019est pas son r\u00f4le. Nombre de ses \u00c9tats membres sont moins fortun\u00e9s que ceux de notre continent. Le FMI peut nous conseiller et, dans ses rapports, attirer l\u2019attention sur certains probl\u00e8mes. Les Europ\u00e9ens doivent, toutefois, se d\u00e9sendetter par eux-m\u00eames.<\/p>\n<h3><strong>Dans la situation actuelle, quelle est l\u2019importance du Club de Paris, un comit\u00e9 informel de cr\u00e9anciers publics\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>C\u2019est plut\u00f4t un instrument pour les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement. On se demande cependant s\u2019il ne faut pas une institution charg\u00e9e de structurer l\u2019endettement de la zone euro. Ce serait un r\u00f4le pour le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES). Un peu comme le FMI, celui-ci octroie aux \u00c9tats en difficult\u00e9 financi\u00e8re des cr\u00e9dits assortis de conditions.<\/p>\n<h3><strong>Vous proposez d\u2019introduire des \u00ab\u00a0obligations comptables\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0accountability bonds\u00a0\u00bb). Les pays qui enfreignent les r\u00e8gles d\u2019endettement pour le d\u00e9ficit courant seraient, selon vous, oblig\u00e9s d\u2019\u00e9mettre de tels emprunts d\u2019\u00c9tat \u00e0 risque. Comment doit-on se l\u2019imaginer\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Ma proposition pr\u00e9voit de s\u2019appuyer sur la r\u00e8gle du pacte budg\u00e9taire europ\u00e9en, selon laquelle le d\u00e9ficit structurel d\u2019un pays ne doit pas d\u00e9passer 0,5\u00a0% du PIB. Tout \u00c9tat qui passe cette limite doit \u00e9mettre des \u00ab\u00a0obligations comptables\u00a0\u00bb pour la partie exc\u00e9dentaire. Pour un d\u00e9ficit de 1,5\u00a0%, par exemple, 1\u00a0% du PIB doit \u00eatre financ\u00e9 par ces titres de cr\u00e9ance. Ainsi, la responsabilit\u00e9 solidaire implicite existant dans la zone euro se limite essentiellement aux dettes du pass\u00e9. Comme la BCE et les banques insuffisamment capitalis\u00e9es ne peuvent pas acqu\u00e9rir d\u2019\u00ab\u00a0obligations comptables\u00a0\u00bb, on \u00e9vite qu\u2019une crise touchant la dette publique ne s\u2019\u00e9tende aux banques.<\/p>\n<h3><strong>Cela sonne bien, mais trouvera-t-on assez d\u2019acheteurs le moment venu\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Cela d\u00e9pend du pays. Si l\u2019Allemagne \u00e9mettait de tels titres, les int\u00e9r\u00eats seraient sans doute plus \u00e9lev\u00e9s que pour des emprunts normaux et la demande serait donc plus forte. En ce qui concerne la France, il en irait vraisemblablement de m\u00eame. Pour le Portugal et l\u2019Italie par contre, cela risque d\u2019\u00eatre difficile.<\/p>\n<h3><strong>Que doivent donc faire ces deux \u00c9tats lourdement endett\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Un pays endett\u00e9 \u00e0 un tel point que plus personne ne veut acheter ses obligations devrait respecter les r\u00e8gles auxquelles il a lui-m\u00eame souscrit. Il pourrait \u00e9videmment soumettre une demande d\u2019aide au MES. Ce serait aussi probablement au prix d\u2019une rapide r\u00e9duction des d\u00e9ficits.<\/p>\n<h3><strong>La Banque centrale europ\u00e9enne assume-t-elle des risques croissants en acqu\u00e9rant les emprunts d\u2019\u00c9tat\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Disons que, dans le cadre de l\u2019assouplissement quantitatif, la BCE acquiert certes des emprunts d\u2019\u00c9tat, mais ce sont les banques centrales qui assument le risque de perte, du moins juridiquement. Pour les obligations italiennes, par exemple, le risque est support\u00e9 par la Banca d\u2019Italia. On peut d\u00e8s lors se demander si celle-ci a les moyens d\u2019absorber des pertes importantes.<\/p>\n<h3><strong>Vous \u00eates sceptique face \u00e0 la politique de taux z\u00e9ro de la BCE. O\u00f9 est le probl\u00e8me, selon vous\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>La Banque centrale europ\u00e9enne vise 2\u00a0% d\u2019inflation. Avec sa politique de taux z\u00e9ro et l\u2019achat d\u2019emprunts, elle veut stimuler la conjoncture. Lentement mais s\u00fbrement, elle se heurte \u00e0 des limites et cumule les dommages collat\u00e9raux.<\/p>\n<h3><strong>Lesquels\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Des bulles se cr\u00e9ent sur les march\u00e9s des obligations et de l\u2019immobilier. Un krach boursier n\u2019est pas exclu. En plus, cela effraie les \u00e9pargnants. La faiblesse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat oblige ceux qui veulent maintenir un certain niveau de vie dans leur vieillesse \u00e0 mettre plus d\u2019argent de c\u00f4t\u00e9. D\u2019un point de vue \u00e9conomique global, la demande diminue et il se passe donc exactement l\u2019inverse de ce que la BCE recherche. Les banques de la zone euro ont, elles aussi, toujours plus de difficult\u00e9s \u00e0 gagner leur vie avec des mod\u00e8les d\u2019affaire traditionnels. Prenons un exemple\u00a0: d\u2019ordinaire, elles acceptent des d\u00e9p\u00f4ts d\u2019\u00e9pargne faiblement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et les pr\u00eatent \u00e0 long terme \u00e0 des taux plus \u00e9lev\u00e9s\u00a0; or, les achats d\u2019obligations par la BCE p\u00e8sent aussi sur les taux longs. Au final, ce sont les banques faibles qui freinent le redressement \u00e9conomique.<\/p>\n<h3><strong>Combien de temps la BCE va-t-elle encore poursuivre sa politique de taux bas\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Aussi longtemps que l\u2019inflation sera tr\u00e8s faible. Je ne pense, toutefois, pas que la BCE ira plus loin. En plus, de nombreuses banques et entreprises europ\u00e9ennes sont lourdement endett\u00e9es et cette politique ne les aide pas. Ce qu\u2019il leur faudrait sont des incitations plus fortes \u00e0 r\u00e9duire ou \u00e0 restructurer leurs dettes.<\/p>\n<h3><strong>Quand les int\u00e9r\u00eats repartiront-ils \u00e0 la hausse\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Cela d\u00e9pend si le monde politique se r\u00e9sout \u00e0 recapitaliser les banques et force \u00e0 l\u2019insolvabilit\u00e9 les entreprises surendett\u00e9es et sans mod\u00e8le d\u2019affaires valable. Cela risque de prendre du temps.<\/p>\n<h3><strong>Pour des pays comme la Gr\u00e8ce, l\u2019Italie et \u00e9ventuellement le Portugal ou l\u2019Espagne, une remise de dettes ne serait-elle pas pr\u00e9f\u00e9rable\u00a0? Certains voient cela comme le sc\u00e9nario de l\u2019horreur.<\/strong><\/h3>\n<p>C\u2019est risqu\u00e9 pour deux raisons. D\u2019abord, de nombreuses banques dans le sud de l\u2019Europe d\u00e9tiennent des emprunts d\u2019\u00c9tat \u00e0 grande \u00e9chelle. Elles devraient \u00eatre assainies. Ce n\u2019est possible qu\u2019en imposant des pertes \u00e0 leurs cr\u00e9anciers. Tous ces investisseurs perdant de l\u2019argent, les march\u00e9s financiers en seraient \u00e9branl\u00e9s. Ensuite, les gouvernements de la zone euro ont annonc\u00e9 apr\u00e8s la remise de dettes consentie \u00e0 la Gr\u00e8ce qu\u2019il n\u2019y en aura pas d\u2019autre. Il en va donc de leur cr\u00e9dibilit\u00e9. La seule option serait une restructuration massive des dettes, mais cette t\u00e2che est politiquement et juridiquement d\u00e9licate, voire impossible.<\/p>\n<h3><strong>Si une remise de dettes semble irr\u00e9aliste, que faire alors\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>J\u2019opterais pour une approche misant non pas sur la restructuration des dettes publiques, mais sur celles des entreprises. Il faudrait aussi recapitaliser les banques. Si la politique s\u2019engage davantage sur ce terrain, nous aurons une chance de surmonter la crise.<\/p>\n\n    <div class=\"mxm-single-slider-images \">\n        <div class=\"mxm-single-slider-wrapper\">\n            \n                <div class=\"mxm-single-image\">\n                    <div class=\"mxm-single-image-wrapper\">\n                        <img src=\"\" alt=\"\"\/>\n                        <p><\/p>\n                    <\/div>\n                <\/div>\n                    <\/div>\n    <\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela fait un peu plus de six mois que vous dirigez l\u2019institut IFO, un organisme munichois dont la r\u00e9putation n\u2019est plus \u00e0 faire. Sur quoi portent vos recherches\u00a0? Je m\u2019int\u00e9resse actuellement \u00e0 l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la zone euro et au budget de l\u2019UE. Un autre axe concerne la politique fiscale. 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