{"id":144117,"date":"2016-03-23T16:26:55","date_gmt":"2016-03-23T16:26:55","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2016\/03\/jaeggi-04-2016-franz\/"},"modified":"2025-06-16T10:29:14","modified_gmt":"2025-06-16T08:29:14","slug":"jaeggi-04-2016-franz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2016\/03\/jaeggi-04-2016-franz\/","title":{"rendered":"Libre-\u00e9change ou prix \u00e9lev\u00e9s&nbsp;?"},"content":{"rendered":"<p>Au d\u00e9but de l\u2019an dernier, la Banque nationale suisse a abandonn\u00e9 sa politique du taux plancher. En un rien de temps, le franc s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 de plus de 10\u00a0% par rapport \u00e0 l\u2019euro, renfor\u00e7ant du m\u00eame coup le pouvoir d\u2019achat de la population\u00a0: les Suisses en ont profit\u00e9 pour d\u00e9penser davantage dans les supermarch\u00e9s des pays limitrophes. Toutefois, le tourisme d\u2019achat n\u2019est pas d\u00fb qu\u2019\u00e0 la force du franc. L\u2019\u00eelot de chert\u00e9 suisse se renforce depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Les prix pay\u00e9s par les m\u00e9nages priv\u00e9s pour leurs d\u00e9penses de consommation sont au moins 45\u00a0% plus \u00e9lev\u00e9s en Suisse que dans les pays de l\u2019UE15<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>, comme le montrent l\u2019organisme statistique de l\u2019UE Eurostat et l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS). Alors que les prix des marchandises sont de 25\u00a0% sup\u00e9rieurs en Suisse, l\u2019\u00e9cart atteint quelque 60\u00a0% pour les services, qui sont en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale moins facilement n\u00e9gociables<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>. Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, ces diff\u00e9rences ont donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreux d\u00e9bats et interventions parlementaires.<\/p>\n<h2><strong>La loi du prix unique<\/strong><\/h2>\n<p>Il est dans la nature de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 que les entreprises maximisent leurs profits \u2013 ou du moins qu\u2019elles cherchent \u00e0 le faire. Elles tendent, d\u00e8s lors, \u00e0 diff\u00e9rencier les prix selon des crit\u00e8res g\u00e9ographiques ou autres \u2013 si elles en ont la possibilit\u00e9 \u2013 et \u00e0 absorber une part maximale du pouvoir d\u2019achat. Nombre d\u2019entre elles sont tent\u00e9es de vendre leurs produits plus chers en Suisse qu\u2019ailleurs, car le pouvoir d\u2019achat y est \u00e9lev\u00e9 (voir <em>illustration 1<\/em>).<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\"><strong>Ill. 1. Pouvoir d\u2019achat par m\u00e9nage (UE15, Norv\u00e8ge et Suisse)<\/strong><\/h3>\n<div class=\"chart chart--normal\" id=\"jaeggi_langenegger_fr\"><\/div>\n<script>\n$(function () {\n    $('#jaeggi_langenegger_fr').highcharts({\n        chart: {\n            type: 'column'\n        },\n\n\nlegend: {\n            enabled: false\n        },\n\n        title: {\n            text: ''\n        },\n        xAxis: {\ntitle: {\n                text: ''\n            },\n\n            categories: ['Gr\u00e8ce','Portugal','Espagne','Pays-Bas','Italie','Su\u00e8de','Finlande','Allemagne','France','Belgique','Danemark','Irlande','Autriche','Royaume-Uni','Norv\u00e8ge','Luxembourg','Suisse'],\n      }, \n        yAxis: {\n            title: {\n                text: 'Indice'\n            },\n            },\n\n\/\/---------------->\n Wichtig damit es die vorgegebenen Farben anzeigt <----------------\/\/\nplotOptions: {\n            series: {\n                colorByPoint: true\n                \n            }},\n\/\/------------------------------------------------------------------------------------\/\/\n           \n        credits: {\n            enabled: false\n        },\n        series: [{\n            name: 'Kaufkraft',\n            data: [-49,-43,-29,-21,-20,-15,-15,-9,-9,-7,2,4,6,11,41,44,107],\n      colors: ['#d2d803', '#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#d2d803','#e84066'],      \nplotOptions: {\n            series: {\n                colorByPoint: true\n                \n            }}\n        }]\n    });\n});\n<\/script>\n<p><span class=\"text__legend\">Remarque\u00a0: les chiffres sont de 2015<\/span>.<\/p>\n<p><span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: GfK, calculs internes \/ La Vie \u00e9conomique<\/span><\/p>\n<p>Toutefois, une telle segmentation n\u2019est pas ais\u00e9e sur un march\u00e9 libre. Dans la th\u00e9orie \u00e9conomique, il existe la loi du prix unique. Ce concept, qui rev\u00eat une grande pertinence empirique, signifie que, sur un march\u00e9 parfait, un bien doit avoir le m\u00eame prix partout s\u2019il est transportable, n\u00e9gociable et si on peut le stocker facilement. Un prix variable offrirait aux entreprises la possibilit\u00e9 de r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices en achetant un produit \u00e0 un tarif avantageux pour le revendre plus cher. En raison de l\u2019effet compensatoire de cet arbitrage, les diff\u00e9rences de prix se r\u00e9duiraient.<\/p>\n<p>Le march\u00e9 des actions, par exemple, montre que ce concept est tr\u00e8s important non seulement en th\u00e9orie, mais aussi dans la pratique. Les actions des multinationales sont n\u00e9goci\u00e9es dans diff\u00e9rentes Bourses \u00e0 travers le monde. L\u2019arbitrage permet d\u2019assurer que leur prix soit le m\u00eame pratiquement partout.<\/p>\n<h2><strong>L\u2019efficacit\u00e9 des importations parall\u00e8les <\/strong><\/h2>\n<p>Qu\u2019est-ce que cela signifie pour l\u2019\u00eelot de chert\u00e9\u00a0? La tendance est claire, y compris pour la Suisse\u00a0: les biens et les services facilement n\u00e9gociables pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences de prix plus faibles que ceux qui ne le sont pas. Dans ce contexte, les importations parall\u00e8les, qui permettent souvent un arbitrage, jouent un r\u00f4le important\u00a0: gr\u00e2ce \u00e0 ce canal de distribution, les entreprises peuvent acheter des marchandises bon march\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et les vendre en Suisse au-dessous du prix pratiqu\u00e9. Ces forces du march\u00e9 \u2013 \u00e0 condition qu\u2019elles puissent se d\u00e9ployer \u2013 contribuent ainsi automatiquement \u00e0 l\u2019\u00e9limination de l\u2019\u00eelot de chert\u00e9.<\/p>\n<p>Le facteur d\u00e9terminant pour les prix \u00e9lev\u00e9s en Suisse est donc la n\u00e9gociabilit\u00e9 des biens et des services<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>. Toutefois, il subsiste en Suisse de nombreux obstacles au commerce qui rendent ces m\u00eames biens et services difficilement n\u00e9gociables et isolent le march\u00e9 national, contribuant ainsi au maintien de prix \u00e9lev\u00e9s. Il n\u2019est, en outre, pas toujours facile d\u2019exploiter les diff\u00e9rences de prix. L\u2019une des raisons est que les transports co\u00fbtent cher et que certains produits ne sont, par nature, pas ou peu n\u00e9gociables \u2013 c\u2019est le cas, par exemple, de services comme une coupe de cheveux chez le coiffeur ou une s\u00e9ance de cin\u00e9ma.<\/p>\n<h2><strong>Les barri\u00e8res douani\u00e8res rench\u00e9rissent les produits<\/strong><\/h2>\n<p>Le niveau relativement bas de la TVA devrait en fait conf\u00e9rer \u00e0 la Suisse un avantage par rapport aux pays voisins en mati\u00e8re de prix \u00e0 la consommation (voir <em>illustration 2<\/em>). Or, divers facteurs \u2013 et leurs fluctuations \u2013 viennent se superposer \u00e0 cet avantage. D\u2019abord, les taxes et les formalit\u00e9s douani\u00e8res entravent le commerce. Elles engendrent des co\u00fbts pour les entreprises et contribuent dans une large mesure \u00e0 la segmentation du march\u00e9 suisse.<\/p>\n<p>La protection par des mesures tarifaires est particuli\u00e8re forte dans l\u2019agriculture, o\u00f9 le droit de douane moyen d\u00e9passe 30\u00a0%<a href=\"#footnote_4\" id=\"footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor\">[4]<\/a>. Or, ce secteur est particuli\u00e8rement repr\u00e9sentatif des questions qui accompagnent les d\u00e9bats sur l\u2019\u00eelot de chert\u00e9. En effet, si l\u2019on veut obtenir des prix alimentaires plus bas, il faut d\u2019abord faire des concessions substantielles sur la protection aux fronti\u00e8res. S\u2019agissant des biens industriels, par contre, la taxe moyenne \u00e0 l\u2019importation est insignifiante, puisqu\u2019elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un peu plus de 2\u00a0%<a href=\"#footnote_5\" id=\"footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor\">[5]<\/a>. N\u00e9anmoins, sa suppression totale faciliterait le processus d\u2019importation pour beaucoup de produits industriels et r\u00e9duirait ainsi les co\u00fbts administratifs des entreprises<a href=\"#footnote_6\" id=\"footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p>D\u2019autres possibilit\u00e9s d\u2019optimisation concernent les formalit\u00e9s douani\u00e8res. Elles incluent le libre choix du poste-fronti\u00e8re, un portail Internet pour faciliter la d\u00e9claration douani\u00e8re ou encore la perception d\u2019une TVA lors de l\u2019importation de marchandises.<\/p>\n<h3 class=\"text__graphic-title\"><strong>Ill. 2. Les causes des prix \u00e9lev\u00e9s en Suisse <\/strong><\/h3>\n<p><a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2016\/03\/Langenegger_Jaeggi_2_FR1.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-51391\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2016\/03\/Langenegger_Jaeggi_2_FR1.png\" alt=\"Langenegger_Jaeggi_2_FR\" width=\"1247\" height=\"504\" \/><\/a><\/p>\n<p><span class=\"text__legend\">Remarque\u00a0: exemple stylis\u00e9. Les causes pr\u00e9sent\u00e9es dans le sch\u00e9ma et les diff\u00e9rences de prix ne sont pas r\u00e9unies pour chaque produit (dans les m\u00eames proportions). La hauteur des b\u00e2tons et le point d\u2019intersection avec l\u2019axe des ordonn\u00e9es sont fictifs.<\/span><\/p>\n<p><span class=\"text__quelle--ground\">Source\u00a0: J\u00e4ggi, Langenegger \/ La Vie \u00e9conomique<\/span><\/p>\n<p>Tout comme les droits de douane et les proc\u00e9dures douani\u00e8res, les obstacles techniques au commerce entravent \u00e9galement la n\u00e9gociabilit\u00e9 des biens. Le principe du Cassis de Dijon, introduit en 2010<a href=\"#footnote_7\" id=\"footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor\">[7]<\/a>, a \u00e9t\u00e9 fortement dilu\u00e9 par toute une s\u00e9rie d\u2019exceptions (p. ex. prescriptions divergentes sur l\u2019obligation d\u2019informer dans le domaine alimentaire), par l\u2019obligation d\u2019autorisation pour les denr\u00e9es alimentaires et par le maintien de proc\u00e9dures d\u2019autorisation pour diverses cat\u00e9gories de biens (p. ex. m\u00e9dicaments, fourrage, produits phytosanitaires, produits biocides). Ces divergences dans le droit technique, accept\u00e9es sciemment par le l\u00e9gislateur, ainsi que les proc\u00e9dures sp\u00e9ciales d\u2019importation sont en conflit avec l\u2019exigence de prix bas en Suisse. Pour augmenter la n\u00e9gociabilit\u00e9 de ces biens, il faudrait sensiblement all\u00e9ger la liste des exceptions au principe du Cassis de Dijon. Par ailleurs, on pourrait \u00e9laborer des solutions pour que les autorisations \u00e9trang\u00e8res de mise sur le march\u00e9 soient davantage reconnues en Suisse.<\/p>\n<h2><strong>Les co\u00fbts sont plus \u00e9lev\u00e9s pour les entreprises suisses<\/strong><\/h2>\n<p>En plus des barri\u00e8res commerciales mentionn\u00e9es ci-dessus, de nombreuses entreprises suisses supportent des co\u00fbts plus \u00e9lev\u00e9s que des firmes comparables dans les pays voisins. Ils concernent, par exemple, le travail, les loyers, l\u2019immobilier ou encore les biens n\u00e9cessaires au processus de production (intrants).<\/p>\n<p>Personne ne soutiendrait s\u00e9rieusement une diminution des salaires. Ce n\u2019est donc pas l\u00e0 une solution valable pour combattre la chert\u00e9. En revanche, il existe une marge de man\u0153uvre en ce qui concerne d\u2019autres intrants&nbsp;: ainsi, les co\u00fbts d\u2019approvisionnement en marchandises semblent \u00eatre une cause essentielle du niveau \u00e9lev\u00e9 des prix dans le commerce de d\u00e9tail<a href=\"#footnote_8\" id=\"footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor\">[8]<\/a>. Cela refl\u00e8te toutefois l\u2019interaction susmentionn\u00e9e entre les obstacles au commerce, les prix \u00e9lev\u00e9s et la discrimination par les prix.<\/p>\n<p>L\u2019absence de concurrence dans plusieurs domaines du march\u00e9 int\u00e9rieur est un autre facteur qui explique les prix relativement \u00e9lev\u00e9s en Suisse<a href=\"#footnote_9\" id=\"footnote-anchor_9\" class=\"inline-footnote__anchor\">[9]<\/a>. Il s\u2019agit notamment des industries de r\u00e9seau, comme les t\u00e9l\u00e9communications ou l\u2019\u00e9nergie, et des professions lib\u00e9rales (p. ex. les notaires). D\u2019autres mesures de lib\u00e9ralisation dans ces secteurs pourraient faire baisser les prix.<\/p>\n<h2><strong>Des marges \u00e9lev\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 la force du march\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>Outre les r\u00e9flexions relatives au pouvoir d\u2019achat et aux co\u00fbts, les offreurs tiennent compte de la situation concurrentielle sur les march\u00e9s cibl\u00e9s pour fixer les prix<a href=\"#footnote_10\" id=\"footnote-anchor_10\" class=\"inline-footnote__anchor\">[10]<\/a>. Le pouvoir du march\u00e9 et la marge de man\u0153uvre d\u2019une entreprise tendent \u00e0 diminuer au fur et \u00e0 mesure que le nombre d\u2019acteurs augmente sur le march\u00e9<a href=\"#footnote_11\" id=\"footnote-anchor_11\" class=\"inline-footnote__anchor\">[11]<\/a>. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, ces deux \u00e9l\u00e9ments g\u00e9n\u00e8rent des marges \u00e9lev\u00e9es. Ils peuvent exister \u00e0 diff\u00e9rents niveaux \u2013 depuis le fabricant (\u00e9tranger ou indig\u00e8ne) jusqu\u2019au d\u00e9taillant, en passant par l\u2019importateur et le grossiste. C\u2019est pourquoi il convient de prendre en compte la situation en mati\u00e8re de concurrence sur les march\u00e9s concern\u00e9s lorsqu\u2019on veut expliquer le niveau \u00e9lev\u00e9 des prix en Suisse. L\u2019interaction avec les obstacles au commerce est \u00e9galement importante dans ce contexte\u00a0: des importations (parall\u00e8les) plus avantageuses pourraient renforcer la pression concurrentielle sur le march\u00e9 int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Des restrictions de concurrence priv\u00e9es (en particulier les accords de protection territoriale) peuvent \u00e9galement entraver le commerce. C\u2019est pourquoi il est essentiel d\u2019appliquer strictement la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les cartels, actuellement en vigueur. Rappelons que le Parlement a d\u00e9cid\u00e9 l\u2019an dernier, apr\u00e8s des d\u00e9bats en partie controvers\u00e9s, de renoncer \u00e0 la r\u00e9viser. En enterrant le projet de r\u00e9forme, le l\u00e9gislateur a rat\u00e9 une occasion de moderniser le contr\u00f4le des concentrations d\u2019entreprises, qui est relativement perm\u00e9able\u00a0: l\u2019introduction du test \u00ab\u00a0d&#8217;entrave significative \u00e0 la concurrence effective\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0significant impediment to effective competition\u00a0\u00bb, Siec), appliqu\u00e9 notamment par l\u2019UE, aurait permis \u00e0 la Commission de la concurrence (Comco) d\u2019intervenir \u00e9galement dans des cas isol\u00e9s d\u2019entrave significative \u00e0 la concurrence, m\u00eame si ceux-ci n\u2019ont pas pour effet d\u2019instaurer ou de renforcer une position dominante. Une telle mesure contribuerait \u00e0 limiter l\u2019\u00e9mergence d\u2019entreprises tr\u00e8s puissantes sur le march\u00e9, ce qui b\u00e9n\u00e9ficierait \u00e0 la concurrence en Suisse.<\/p>\n<p>En conclusion \u2013 et l\u00e0, nous bouclons la boucle \u2013, la demande joue aussi un r\u00f4le important dans la recherche sur les causes des prix \u00e9lev\u00e9s en Suisse. Comme nous l\u2019avons indiqu\u00e9 en pr\u00e9ambule, le niveau appr\u00e9ciable des revenus et le fort pouvoir d\u2019achat (malgr\u00e9 l\u2019\u00eelot de chert\u00e9) constituent des incitations \u00e0 diff\u00e9rencier les prix au d\u00e9triment des consommateurs suisses.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment des efforts visant \u00e0 combattre la chert\u00e9 suisse, il faut noter que certaines diff\u00e9rences de prix par rapport aux pays voisins devraient subsister. Elles sont dues \u00e0 des \u00e9carts de co\u00fbts ainsi qu\u2019\u00e0 un autre contexte en mati\u00e8re de concurrence et de demande. C\u2019est ce que sugg\u00e8re la situation au sein de l\u2019UE o\u00f9, malgr\u00e9 le march\u00e9 unique, des diff\u00e9rences de prix parfois importantes continuent d\u2019exister entre les \u00c9tats membres.<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Ensemble des pays membres de l\u2019UE avant l\u2019\u00e9largissement \u00e0 l\u2019Est en 2004.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">OFS\/Eurostat, PPA \u2013 Indice des niveaux de prix (2014).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">Voir \u00e0 ce sujet Stefan B\u00fchler, \u00ab&nbsp;La r\u00e9forme du droit des cartels pour lutter contre l\u2019\u00eelot de chert\u00e9 suisse&nbsp;: une entreprise ambitieuse&nbsp;\u00bb, dans <i>La Vie \u00e9conomique<\/i>, 8-9\/2015, pp. 52s.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_4\" class=\"footnote--item\">Voir OMC, <i>Examen des politiques commerciales&nbsp;: Suisse et Liechtenstein<\/i>, 2013.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_5\" class=\"footnote--item\">voir OMC, <i>Examen des politiques commerciales&nbsp;: Suisse et Liechtenstein<\/i>, 2013.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_6\" class=\"footnote--item\">Notamment parce que les biens destin\u00e9s \u00e0 une consommation finale en Suisse (bien de consommation et d\u2019investissement) ne doivent plus \u00eatre munis d\u2019une preuve d\u2019origine pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un traitement douanier pr\u00e9f\u00e9rentiel dans le cadre d\u2019un accord de libre-\u00e9change.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_7\" class=\"footnote--item\">Selon ce principe, des produits l\u00e9galement commercialis\u00e9s dans l\u2019UE ou l\u2019EEE peuvent circuler librement en Suisse, sans \u00eatre soumis \u00e0 des contr\u00f4les pr\u00e9alables.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_8\" class=\"footnote--item\">Voir BAK Basel, \u00ab&nbsp;Co\u00fbts, prix et performance \u2013 Le commerce de d\u00e9tail suisse en comparaison internationale&nbsp;\u00bb, 2010, \u00e9tude mandat\u00e9e par la Communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat du commerce de d\u00e9tail suisse (CI CDS).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_9\" class=\"footnote--item\">DFRI \/ Seco, <i>Principes pour une nouvelle politique de croissance<\/i>, novembre 2013, pp. 98 et ss.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_9\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_10\" class=\"footnote--item\">Voir Mathias Zurlinden\u00a0: \u00ab\u00a0Comportement des entreprises en mati\u00e8re de fixation des prix: r\u00e9sultat d\u2019une enqu\u00eate des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s aux relations avec l\u2019\u00e9conomie r\u00e9gionale&nbsp;\u00bb, <i>Bulletin trimestriel<\/i>, Banque nationale suisse (BNS), 1 \/ 2007.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_10\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_11\" class=\"footnote--item\">Voir par ex. Massimo Motta, <i>Competition Policy in Theory and Practic<\/i>e, 2004, pp. 39ss et pp. 231ss.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_11\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au d\u00e9but de l\u2019an dernier, la Banque nationale suisse a abandonn\u00e9 sa politique du taux plancher. En un rien de temps, le franc s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 de plus de 10\u00a0% par rapport \u00e0 l\u2019euro, renfor\u00e7ant du m\u00eame coup le pouvoir d\u2019achat de la population\u00a0: les Suisses en ont profit\u00e9 pour d\u00e9penser davantage dans les supermarch\u00e9s des [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3072,"featured_media":211258,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[81,83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3072,"seco_co_author":[4053],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. rer. oec., Leiter Ressort Wachstum und Wettbewerbspolitik, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Chef du secteur Croissance et politique de la concurrence, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":4053,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Wissenschaftlicher Mitarbeiter, Ressort Wachstum und Wettbewerbspolitik, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_co_author_post_occupation_fr":"Collaborateur scientifique, secteur Croissance et politique de la concurrence, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne"}],"short_title":"Libre-\u00e9change ou prix \u00e9lev\u00e9s ?","post_lead":"Il existe des recettes pour combattre le niveau \u00e9lev\u00e9 des prix en Suisse. 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