{"id":146327,"date":"2015-07-23T16:37:26","date_gmt":"2015-07-23T16:37:26","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2015\/07\/eichenberger-stadelmann-08-09-2015\/"},"modified":"2023-08-24T00:28:54","modified_gmt":"2023-08-23T22:28:54","slug":"eichenberger-stadelmann-08-09-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2015\/07\/eichenberger-stadelmann-08-09-2015\/","title":{"rendered":"La soci\u00e9t\u00e9 a besoin d\u2019une \u00e9conomie moderne"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9conomistes ont toujours le co\u00fbt et le profit en t\u00eate, ce qui para\u00eet trop restrictif aux yeux de certains. Pourtant, les termes co\u00fbts et profits ne sont qu\u2019une autre mani\u00e8re de d\u00e9crire les avantages et les inconv\u00e9nients; il s\u2019agit d\u2019un concept tr\u00e8s large. Souvent, les non-\u00e9conomistes pensent soit seulement au profit soit seulement au co\u00fbt. Ainsi, beaucoup estiment que si le taux de natalit\u00e9 augmentait, cela permettrait de consolider la pr\u00e9voyance professionnelle. Ils oublient les importants co\u00fbts sociaux que g\u00e9n\u00e8rent les enfants. En effet, calcul\u00e9 sur toute sa vie, un enfant dans la moyenne co\u00fbte davantage \u00e0 l\u2019\u00c9tat que ce qu\u2019il lui verse. C\u2019est pourquoi une politique nataliste menace la pr\u00e9voyance vieillesse, sauf si elle encourage d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des enfants hautement productifs.&#13;<br \/>\nLes \u00e9conomistes tiennent compte de tous les co\u00fbts et de tous les profits, en incluant ceux qui ne sont pas mon\u00e9taires. Les non-\u00e9conomistes, en revanche, se fixent bien trop souvent sur les valeurs mon\u00e9taires. Ainsi, la politique de la sant\u00e9 se concentre surtout sur la croissance des d\u00e9penses. Elle n\u00e9glige le fait que les sommes en jeu sont \u00e9normes en raison du temps perdu, de la maladie, des traitements, des effets secondaires et des risques. Elles diminuent avec les progr\u00e8s de la m\u00e9decine.&#13;<br \/>\nLes ressources utilis\u00e9es ne pouvant plus \u00eatre employ\u00e9es ailleurs, les \u00e9conomistes mettent toujours l\u2019accent sur les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9. Le monde politique les n\u00e9glige de mani\u00e8re impardonnable. Dans le cadre de la r\u00e9forme de l\u2019arm\u00e9e, on ne discute que du budget qui doit s\u2019\u00e9lever \u00e0 4 ou 5 milliards ou plus; on en oublie les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 qu\u2019engendrent les places militaires et les 6 millions de jours de service. Alors, co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 compris, l\u2019arm\u00e9e suisse est deux fois plus ch\u00e8re que ce que l\u2019on affirme. Par rapport au nombre d\u2019habitants, c\u2019est l\u2019une des arm\u00e9es les plus on\u00e9reuses du monde. Ceux qui s\u2019en rendent compte appellent de leurs v\u0153ux une nouvelle r\u00e9forme.&#13;<br \/>\nEn fait, les \u00e9conomistes ne se focalisent pas seulement sur les co\u00fbts totaux et le b\u00e9n\u00e9fice global, mais surtout sur les co\u00fbts marginaux et le b\u00e9n\u00e9fice marginal. Des \u00e9tudes montrent r\u00e9guli\u00e8rement que les cr\u00e8ches pour les enfants, les transports publics ou les institutions culturelles engendreraient plus de b\u00e9n\u00e9fices que de co\u00fbts. Cette constatation est secondaire, parce que la question n\u2019est pas vraiment de savoir s\u2019il faut supprimer ces prestations, mais plut\u00f4t s&#8217;il nous en faut beaucoup ou peu, autrement dit si les b\u00e9n\u00e9fices marginaux sont plus \u00e9lev\u00e9s ou plus bas que les co\u00fbts marginaux. Les \u00e9tudes ne l\u2019\u00e9voquent pas la plupart du temps.&#13;<\/p>\n<h2>Une conception r\u00e9aliste de l\u2019homme<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn reproche r\u00e9guli\u00e8rement aux \u00e9conomistes leur conception irr\u00e9aliste de l\u2019homme. Effectivement, ils avancent souvent des hypoth\u00e8ses de comportement \u00e9troites, parce qu\u2019elles facilitent la mod\u00e9lisation math\u00e9matique. La pens\u00e9e \u00e9conomique simple, quant \u00e0 elle, repose sur une conception de l\u2019homme tout \u00e0 fait g\u00e9n\u00e9rale et tr\u00e8s r\u00e9aliste. Pour l\u2019exprimer de mani\u00e8re famili\u00e8re: les \u00eatres humains ne sont ni des anges qui savent tout ni des imb\u00e9ciles! Ils ne sont jamais inform\u00e9s sur tout; ils ne recherchent pas uniquement le bien commun, mais poursuivent aussi leurs propres buts; ils pr\u00e9f\u00e8rent les avantages aux inconv\u00e9nients et les \u00e9valuent de mani\u00e8re \u00e0 peu pr\u00e8s raisonnable; ils ne suivent pas toutes les prescriptions, mais recherchent les solutions qui leur sont le plus favorables. En r\u00e9sum\u00e9, les \u00eatres humains r\u00e9agissent syst\u00e9matiquement aux incitations et agissent selon la loi de la demande. Ils le font plus rarement si le prix de quelque chose augmente.&#13;<br \/>\nLes cons\u00e9quences sont importantes. Si les politiciens savaient tout et s\u2019attachaient vraiment \u00e0 maximiser le bien-\u00eatre public, alors tout devrait \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 par le gouvernement central ou mieux encore par un gouvernement mondial. Or, les politiciens \u00e9tant aussi des gens normaux, les structures d\u00e9centralis\u00e9es et concurrentielles prennent souvent le dessus. En effet, elles g\u00e9n\u00e8rent des informations et incitent les politiciens \u00e0 s\u2019engager en faveur des citoyens.&#13;<br \/>\nLes incitations sont souvent n\u00e9glig\u00e9es en politique. Ainsi, on s\u2019est beaucoup disput\u00e9 sur les montants que les cantons contributeurs verseraient dans le cadre de la p\u00e9r\u00e9quation financi\u00e8re, alors que les questions d\u2019incitation \u00e9taient ignor\u00e9es. Le taux d\u2019\u00e9cr\u00eatage marginal des rentr\u00e9es fiscales s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 20% environ dans ces cantons et \u00e0 80% dans les cantons b\u00e9n\u00e9ficiaires. De ce fait, les contributeurs ont davantage int\u00e9r\u00eat \u00e0 am\u00e9liorer leur situation \u00e9conomique que les b\u00e9n\u00e9ficiaires, ce qui augmente les diff\u00e9rences \u00e0 long terme et constitue une bombe \u00e0 retardement pour la Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9faillances du march\u00e9 sont omnipr\u00e9sentes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes bons \u00e9conomistes ne sont pas des ap\u00f4tres de l\u2019efficacit\u00e9 du march\u00e9, mais plut\u00f4t des sp\u00e9cialistes de ses dysfonctionnements et des rem\u00e8des \u00e0 appliquer. Ils comprennent les trois causes de ces d\u00e9faillances: les externalisations et les biens publics, les monopoles naturels et les informations asym\u00e9triques. Les rem\u00e8des recommand\u00e9s passent par des solutions orient\u00e9es vers l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. Les taxes d\u2019incitation et les licences commercialisables sont pr\u00e9f\u00e9rables aux obligations et aux interdictions planifi\u00e9es et polici\u00e8res, aux subventions ou \u00e0 la fixation de quantit\u00e9s.&#13;<br \/>\nLa politique des transports est significative: les co\u00fbts externes que g\u00e9n\u00e8re le trafic individuel en raison des dommages \u00e0 l\u2019environnement, des accidents et des embouteillages devraient \u00eatre internalis\u00e9s d\u2019un point de vue \u00e9conomique en instituant une redevance routi\u00e8re effective selon le principe du pollueur-payeur. Les transports publics ne devraient plus \u00eatre subventionn\u00e9s, \u00e0 partir du moment o\u00f9 le trafic individuel assume ses co\u00fbts r\u00e9els. On \u00e9liminerait ainsi les d\u00e9faillances du march\u00e9 et on lib\u00e9rerait des sommes consid\u00e9rables permettant d&#8217;abaisser les imp\u00f4ts.&#13;<br \/>\nLa mise en \u0153uvre de l\u2019initiative contre l\u2019immigration de masse a suscit\u00e9 des d\u00e9bats publics qui se concentrent beaucoup trop sur le contingentement. Si l\u2019immigration s&#8217;accompagne r\u00e9ellement d&#8217;externalit\u00e9s n\u00e9gatives, la d\u00e9marche \u00e9conomique recommande de la r\u00e9guler par les prix, autrement dit de pr\u00e9lever des taxes d\u2019incitation pour le temps pass\u00e9 ici.&#13;<\/p>\n<h2>Les \u00e9conomistes sont aussi des sp\u00e9cialistes des d\u00e9faillances de l\u2019\u00c9tat<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nMalgr\u00e9 ses fr\u00e9quentes d\u00e9faillances, les \u00e9conomistes restent plut\u00f4t fid\u00e8les au march\u00e9. Ils le comparent, en effet, \u00e0 d\u2019autres syst\u00e8mes, ce qui fait d&#8217;eux des sp\u00e9cialistes des d\u00e9faillances de l\u2019\u00c9tat et des rem\u00e8des \u00e0 y apporter. Il faut savoir que l\u2019\u00c9tat et la politique souffrent des m\u00eames probl\u00e8mes que les march\u00e9s: un comportement \u00e9go\u00efste peut entrainer, sous certaines conditions, des dysfonctionnements dans un cas comme dans l&#8217;autre.&#13;<br \/>\nLes probl\u00e8mes en lien avec les externalit\u00e9s sont omnipr\u00e9sents dans les syst\u00e8mes politiques d\u00e9centralis\u00e9s, parce que les prestations d\u2019une collectivit\u00e9 territoriale servent souvent aux habitants d\u2019autres r\u00e9gions. Les externalit\u00e9s jouent, en outre, un r\u00f4le souvent bien plus important dans les \u00c9tats centralis\u00e9s. Les d\u00e9penses y sont financ\u00e9es par l&#8217;administration centrale et les habitants de toutes les collectivit\u00e9s territoriales vivent alors aux frais de la soci\u00e9t\u00e9.&#13;<br \/>\nCela \u00e9tant, il ne faut pas s\u2019\u00e9tonner que des pays fortement centralis\u00e9s, comme la Gr\u00e8ce, \u00e9prouvent de r\u00e9elles difficult\u00e9s \u00e0 faire payer des imp\u00f4ts \u00e0 leurs citoyens. Comme pratiquement rien de l\u2019argent vers\u00e9 par les contribuables ne reste dans la collectivit\u00e9 territoriale, les citoyens ne voient pas l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019ils ont \u00e0 payer eux-m\u00eames des imp\u00f4ts et \u00e0 se pr\u00e9occuper de savoir si leurs concitoyens en paient. C\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles une d\u00e9centralisation \u00e0 grande \u00e9chelle serait avantageuse pour la Gr\u00e8ce et pour de nombreux autres pays de l\u2019UE.&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9conomie moderne met aussi en lumi\u00e8re les diff\u00e9rents fonctionnements des syst\u00e8mes politiques. La d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative souffre du fait que les bonnes id\u00e9es ne sont pas brevet\u00e9es; ainsi, elles peuvent \u00eatre reprises par d\u2019autres politiciens et sont donc des biens publics. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n&#8217;incite pas les politiciens \u00e0 rechercher de toutes leurs forces des id\u00e9es r\u00e9alistes et de bonne tenue. Un autre probl\u00e8me r\u00e9side dans le fait que les promesses \u00e9lectorales n\u2019ont pas de force contraignante. Les citoyens ne savent pas pourquoi les promesses \u00e9lectorales ne sont pas tenues. Cette asym\u00e9trie de l\u2019information diminue encore l\u2019envie des politiciens de tenir parole.&#13;<br \/>\nLa d\u00e9mocratie directe surmonte cette faillite politique au moins en partie: si une id\u00e9e est formul\u00e9e sous la forme d\u2019une initiative populaire, elle ne peut gu\u00e8re \u00eatre reprise par d\u2019autres. D\u00e8s lors, l\u2019initiative peut \u00eatre compar\u00e9e \u00e0 un brevet pour les id\u00e9es politiques et a pour effet de stimuler l\u2019innovation. De plus, les projets naissant dans le cadre de la d\u00e9mocratie directe sont plus cr\u00e9dibles que les promesses \u00e9lectorales, parce qu\u2019ils sont formul\u00e9s comme des textes l\u00e9gislatifs ou constitutionnels.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9quilibre r\u00e9serve des surprises<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAu niveau individuel, l\u2019\u00e9quilibre entre les co\u00fbts et les b\u00e9n\u00e9fices est primordial; au niveau agr\u00e9g\u00e9, c\u2019est le jeu de l\u2019offre et de la demande qui focalise l\u2019attention, ainsi que les \u00e9quilibres qui en d\u00e9coulent. Or, leurs propri\u00e9t\u00e9s sp\u00e9cifiques sont souvent n\u00e9glig\u00e9es par les non-\u00e9conomistes.&#13;<br \/>\nLe transfert de l\u2019imp\u00f4t en est un exemple. Souvent, la charge fiscale ne touche pas les payeurs formels; elle est plut\u00f4t transmise aux autres par l\u2019interm\u00e9diaire des march\u00e9s. Les sportifs d\u2019\u00e9lite, qui sont mobiles au niveau international, constituent un exemple extr\u00eame de ce ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ral. Ils travaillent dans les pays \u00e0 imp\u00f4ts \u00e9lev\u00e9s seulement s\u2019ils re\u00e7oivent un salaire brut encore plus \u00e9lev\u00e9; ce faisant, la charge fiscale est transf\u00e9r\u00e9e enti\u00e8rement \u00e0 leurs employeurs.&#13;<br \/>\nEn g\u00e9n\u00e9ral, la charge fiscale reste bloqu\u00e9e en cas de facteurs relativement immobiles. Dans un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9raliste, le travail et le capital passent d&#8217;une collectivit\u00e9 territoriale \u00e0 l&#8217;autre. C\u2019est pourquoi la charge fiscale est largement transf\u00e9r\u00e9e vers le facteur sol, autrement dit les imp\u00f4ts \u00abcapitalisent\u00bb dans la valeur fonci\u00e8re. Le prix des terrains est ainsi plus bas dans les collectivit\u00e9s territoriales o\u00f9 les imp\u00f4ts sont \u00e9lev\u00e9s. Ce ne sont pas les travailleurs qui portent la charge fiscale, mais les propri\u00e9taires fonciers. Il existe des exemples inverses: ainsi les habitants du canton de Zoug ne profitent pas tous des faibles taux d&#8217;imposition, qui s&#8217;adressent surtout aux propri\u00e9taires fonciers.&#13;<br \/>\nToutefois, ce ne sont pas seulement les imp\u00f4ts qui capitalisent dans les prix des terrains, mais tout ce qui offre des avantages et des inconv\u00e9nients, m\u00eame les dettes des collectivit\u00e9s territoriales. L&#8217;endettement communal et cantonal p\u00e8se moins sur les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir que sur les propri\u00e9taires fonciers actuels. Par contre, si un grand pays ou m\u00eame une communaut\u00e9 supranationale comme l\u2019UE s\u2019endette, le facteur travail ne peut pas se d\u00e9rober. Les g\u00e9n\u00e9rations futures portent alors une partie du poids de la dette.&#13;<\/p>\n<h2>Les \u00ableaders \u00e9conomiques\u00bb en perte d\u2019\u00e9quilibre<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans bien des cas, les march\u00e9s trouvent leur \u00e9quilibre rapidement, car c&#8217;est ce que les protagonistes attendent et l\u2019offre et la demande s\u2019adaptent dans ce sens pour les facteurs rares. Ainsi, le prix des terrains ne r\u00e9agit pas progressivement si l\u2019attrait d\u2019un site change et si les citoyens se d\u00e9placent r\u00e9ellement, mais tout de suite en raison des anticipations des acteurs du march\u00e9 en mati\u00e8re de demande fonci\u00e8re.&#13;<br \/>\nLes d\u00e9bats actuels sur le franc fort illustrent aussi comment les \u00ableaders \u00e9conomiques\u00bb n\u00e9gligent parfois le r\u00f4le que jouent les attentes et les m\u00e9canismes de l\u2019\u00e9quilibre. Ils d\u00e9clarent que le franc fort repr\u00e9sente une grosse menace pour l\u2019\u00e9conomie. Si cette derni\u00e8re risquait vraiment de s&#8217;affaiblir fortement, on le remarquerait vite sur le march\u00e9 des devises: le cours du franc s\u2019affaisserait et le probl\u00e8me se volatiliserait sans crise grave.&#13;<\/p>\n<h2>Les \u00e9conomistes sont aussi des avocats<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe qui a \u00e9t\u00e9 dit pr\u00e9c\u00e9demment ne signifie \u00e9videmment pas que les \u00e9conomistes ont toujours raison. Bien au contraire: nombre d&#8217;entre eux disent des inepties. Cela ne provient pas des faiblesses de l\u2019\u00e9conomie moderne, mais justement de ses forces. Celles-ci l&#8217;ont rendu si influente qu\u2019aujourd\u2019hui, les gouvernements, les partis et les groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat tentent souvent de justifier leurs propositions politiques par des expertises \u00e9conomiques. Alors, les \u00e9conomistes mandat\u00e9s \u00e0 titre d\u2019experts agissent la plupart du temps comme des avocats. Ils essaient de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de leurs mandants au moyen d\u2019arguments efficaces. Or, m\u00eame les meilleurs plaidoyers deviennent souvent absurdes dans le cas de projets insens\u00e9s.&#13;<br \/>\nIl est vrai qu\u2019une bonne \u00e9conomie dit beaucoup de choses pr\u00e9tendument banales. Tout simplement parce qu\u2019une bonne \u00e9conomie est souvent juste une question de bon sens. L\u2019importance de celui-ci se remarque lorsque les d\u00e9cideurs en sont d\u00e9pourvus et que la na\u00efvet\u00e9 l\u2019emporte. Cela s\u2019applique malheureusement aussi aux \u00e9conomistes eux-m\u00eames.&#13;<br \/>\nIl y a aujourd\u2019hui un grand nombre d\u2019excellents \u00e9conomistes qui s\u2019engagent pour la suppression de l\u2019argent liquide uniquement pour mieux imposer les int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs qui, sans cela, posent de nombreux probl\u00e8mes. Pendant ce temps, ils n\u00e9gligent le fait que, si cela devait voir le jour, le pouvoir des gouvernements augmenterait massivement et l\u2019abus de pouvoir menacerait. En r\u00e9alit\u00e9, ils sont en bonne compagnie. M\u00eame Paul Samuelson a admis que le gouvernement maximisait le bien-\u00eatre. Il a \u00e9crit son manuel d\u2019enseignement, excellent par ailleurs, dans les ann\u00e9es quarante aux \u00c9tats-Unis, en invoquant Hitler, Staline et Mao. Heureusement que la pens\u00e9e \u00e9conomique moderne est plus r\u00e9aliste.<\/p>\n\n    <div class=\"mxm-single-slider-images \">\n        <div class=\"mxm-single-slider-wrapper\">\n            \n                <div class=\"mxm-single-image\">\n                    <div class=\"mxm-single-image-wrapper\">\n                        <img src=\"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/legacy\/posts\/Eichenberger_3_High_Keystone_246622957_3_Artikel-3.png\" alt=\"\"\/>\n                        <p>Ils oublient aussi les co\u00fbts externes qu'engendrent le trafic individuel en raison des dommages \u00e0 l\u2019environnement, des accidents et des embouteillages,...<\/p>\n                    <\/div>\n                <\/div>\n            \n                <div class=\"mxm-single-image\">\n                    <div class=\"mxm-single-image-wrapper\">\n                        <img src=\"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/legacy\/posts\/Eichenberger_2_High_Keystone_13366210_2_Artikel-3.png\" alt=\"\"\/>\n                        <p>... et la charge fiscale qui est largement transf\u00e9r\u00e9e vers le facteur sol.<\/p>\n                    <\/div>\n                <\/div>\n            \n                <div class=\"mxm-single-image\">\n                    <div class=\"mxm-single-image-wrapper\">\n                        <img src=\"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/legacy\/posts\/Eichenberger_4_High_Keystone_132424802_4_Artikel-3.png\" alt=\"\"\/>\n                        <p>Ils oublient encore les \u00e9normes d\u00e9penses de sant\u00e9 d\u00fbes au temps perdu, \u00e0la maladie, des traitements, aux effets secondaires et aux risques, alors qu'elles diminuent avec les progr\u00e8s de la m\u00e9decine<\/p>\n                    <\/div>\n                <\/div>\n                    <\/div>\n    <\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9conomistes ont toujours le co\u00fbt et le profit en t\u00eate, ce qui para\u00eet trop restrictif aux yeux de certains. Pourtant, les termes co\u00fbts et profits ne sont qu\u2019une autre mani\u00e8re de d\u00e9crire les avantages et les inconv\u00e9nients; il s\u2019agit d\u2019un concept tr\u00e8s large. Souvent, les non-\u00e9conomistes pensent soit seulement au profit soit seulement au [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2804,"featured_media":32582,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[81,83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2804,"seco_co_author":[4239,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr Theorie der Wirtschafts- und Finanzpolitik an der Universit\u00e4t Freiburg sowie Forschungsdirektor des Center of Research in Economics, Management and the Arts (Crema).","seco_author_post_occupation_fr":"Professeur de th\u00e9orie de la politique \u00e9conomique et financi\u00e8re \u00e0 l'universit\u00e9 de Fribourg et directeur de recherche au Center of Research in Economics, Management and the Arts (Crema).","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":4239,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr Volkswirtschaftslehre an der Universit\u00e4t Bayreuth; Research Fellow am Center of Research in Economics, Management and the Arts (Crema).","seco_co_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie politique \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Bayreuth; charg\u00e9 de recherches au Center of Research in Economics, Management and the Arts (Crema)"}],"short_title":"Il faut une \u00e9conomie moderne","post_lead":"Les \u00e9conomistes veulent comprendre les probl\u00e8mes socio\u00e9conomiques et les r\u00e9soudre. Les mod\u00e8les math\u00e9matiques et les analyses \u00e9conom\u00e9triques peuvent certes les aider, mais l'\u00e9l\u00e9ment essentiel demeure une pens\u00e9e \u00e9conomique simple et disciplin\u00e9e.","post_hero_image_description":"Les non-\u00e9conomistes oublient souvent les importants co\u00fbts sociaux que g\u00e9n\u00e8rent les enfants.","post_hero_image_description_copyright_de":"Keystone","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":146330,"main_focus":[156602,157237],"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":[{"image":146338,"bild_beschreibung_de":"... dass die externen Kosten, welche der Individualverkehr durch Umweltsch\u00e4den, Unf\u00e4lle und Staus verursacht; ...","bild_beschreibung_fr":"Ils oublient aussi les co\u00fbts externes qu'engendrent le trafic individuel en raison des dommages \u00e0 l\u2019environnement, des accidents et des embouteillages,...","copyright_de":"Keystone","copyright_fr":""},{"image":146342,"bild_beschreibung_de":"... dass hohe Steuern weitgehend auf den Faktor Boden \u00fcberw\u00e4lzt werden; ...","bild_beschreibung_fr":"... et la charge fiscale qui est largement transf\u00e9r\u00e9e vers le facteur sol.","copyright_de":"Keystone","copyright_fr":""},{"image":146346,"bild_beschreibung_de":"... und dass in der Gesundheitspolitik die Kosten infolge verlorener Zeit durch Krankheit und Behandlung sowie von Nebenwirkungen und Risiken riesig sind, aber dank medizinischem Fortschritt sinken.","bild_beschreibung_fr":"Ils oublient encore les \u00e9normes d\u00e9penses de sant\u00e9 d\u00fbes au temps perdu, \u00e0la maladie, des traitements, aux effets secondaires et aux risques, alors qu'elles diminuent avec les progr\u00e8s de la m\u00e9decine","copyright_de":"Keystone","copyright_fr":""}],"legacy_id":"25157","post_abstract":"On reproche souvent \u00e0 l\u2019\u00e9conomie d\u2019\u00eatre na\u00efve, ultratechnique et coup\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est vrai dans certains cas, mais pas pour l\u2019\u00e9conomie en tant que discipline globale et encore moins dans une optique comparative. D'autres repr\u00e9sentants des sciences sociales sont parfois bien plus coup\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9. Une bonne \u00e9conomie aide \u00e0 comprendre et \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes socio\u00e9conomiques. Les mod\u00e8les th\u00e9oriques formels sont quelquefois tr\u00e8s utiles, les proc\u00e9dures empiriques sophistiqu\u00e9es le sont le plus souvent et une pens\u00e9e \u00e9conomique simple et disciplin\u00e9e l\u2019est presque toujours. Les \u00e9conomistes modernes ne sont pas des ap\u00f4tres de l\u2019efficacit\u00e9 du march\u00e9, mais plut\u00f4t des sp\u00e9cialistes de ses dysfonctionnements, des d\u00e9faillances de l\u2019\u00c9tat et des rem\u00e8des \u00e0 appliquer. Le pr\u00e9sent article pr\u00e9sente des \u00e9l\u00e9ments-cl\u00e9s de ce mode de pens\u00e9e \u00e9conomique simple et de son inventivit\u00e9 au moyen d\u2019exemples politico-\u00e9conomiques actuels.","magazine_issue":"20150809","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":[4127,0],"korrektor":4139,"planned_publication_date":"20150725","original_files":[{"file":146350}],"external_release_for_author":"20150630","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/5587b270b4a59"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/146327"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2804"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=146327"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/146327\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188599,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/146327\/revisions\/188599"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4139"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4127"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4239"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2804"}],"acf:post":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/157237"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/156602"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32582"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=146327"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=146327"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=146327"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=146327"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=146327"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=146327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}