{"id":148167,"date":"2014-07-01T12:00:00","date_gmt":"2014-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2014\/07\/wipf-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:35:06","modified_gmt":"2023-08-23T22:35:06","slug":"wipf-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2014\/07\/wipf-2\/","title":{"rendered":"Services financiers: la protection de la client\u00e8le vue par l\u2019\u00e9conomie"},"content":{"rendered":"<p>Par \u00abprotection de la client\u00e8le\u00bb (dans le domaine des march\u00e9s financiers, on parle de \u00abprotection des investisseurs\u00bb), on entend un ensemble de mesures tr\u00e8s vari\u00e9es visant \u00e0 mieux d\u00e9fendre le consommateur vis-\u00e0-vis du producteur et du commer\u00e7ant. Celles-ci comprennent des r\u00e8gles portant sur les diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques des produits (exigences de s\u00e9curit\u00e9, par exemple), les fournisseurs (licences, exigences en mati\u00e8re de formation, etc.), les m\u00e9thodes de marketing (exigences en mati\u00e8re de publicit\u00e9, par exemple) ainsi que des r\u00e8gles contractuelles (notamment les conditions g\u00e9n\u00e9rales). La protection de la client\u00e8le peut \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme oppos\u00e9e au principe du \u00abcaveat emptor\u00bb (expression latine signifiant \u00abque l\u2019acheteur soit vigilant\u00bb), selon lequel, lors de contrats de vente, l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 incombe \u00e0 l\u2019acqu\u00e9reur. Les lois relatives \u00e0 la protection de la client\u00e8le portent en g\u00e9n\u00e9ral sur l\u2019ensemble des consommateurs. Il peut, toutefois, arriver que certains groupes de clients aient des besoins de protection sp\u00e9cifiques<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>. En Suisse, la protection de la client\u00e8le est inscrite \u00e0 l\u2019art.\u00a097 de la Constitution. Elle rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9conomie et la protection des clients<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAlors que les milieux \u00e9conomiques ont vou\u00e9 une attention soutenue aux questions relatives \u00e0 la politique de la concurrence, la protection de la client\u00e8le n\u2019est devenue un sujet de recherche qu\u2019au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Ces deux th\u00e8mes sont \u00e9troitement li\u00e9s<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>. Pour de nombreux de produits, en effet, un bon fonctionnement de la concurrence constitue la meilleure protection possible des consommateurs. Il oblige les entreprises \u00e0 offrir des produits utiles qui tiennent compte des int\u00e9r\u00eats de la client\u00e8le. La concurrence permet aux entreprises qui proposent de bons produits \u00e0 leurs clients de prosp\u00e9rer, alors que les autres voient leurs parts de march\u00e9 diminuer. Alors, quand faut-il prot\u00e9ger le consommateur? En th\u00e9orie, les b\u00e9n\u00e9fices d\u2019un contrat sont maximaux lorsque celui-ci a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli volontairement par les deux parties (\u00e0 savoir sans contrainte et sans qu\u2019une pression excessive n\u2019ait \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e sur l\u2019acheteur), qu\u2019il n\u2019a pas de cons\u00e9quences significatives pour des tiers et qu\u2019il est fond\u00e9 sur une information sym\u00e9trique. Toute atteinte additionnelle \u00e0 la libert\u00e9 contractuelle serait alors dommageable. Dans ces conditions, rien ne justifierait que les clients soient prot\u00e9g\u00e9s. S\u2019en tenir au principe du \u00abcaveat emptor\u00bb constituerait donc la meilleure solution.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn pratique, on constate toutefois que la condition de l\u2019information sym\u00e9trique entre l\u2019acheteur et le vendeur n\u2019est pas remplie dans la plupart des cas. Elle est, en r\u00e9alit\u00e9, asym\u00e9trique ou incompl\u00e8te sur la majorit\u00e9 des march\u00e9s. Elle repr\u00e9sente, par cons\u00e9quent, la norme plut\u00f4t qu\u2019une exception dans les transactions \u00e9conomiques<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>. Comme le montre la litt\u00e9rature scientifique, de tels probl\u00e8mes en mati\u00e8re d\u2019information peuvent entraver le bon fonctionnement du march\u00e9. Dans certains cas extr\u00eames, ils peuvent m\u00eame causer son effondrement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nNi les acheteurs, ni les fournisseurs n\u2019ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce qu\u2019un tel sc\u00e9nario se produise. Les premiers souhaitent acqu\u00e9rir des biens, les seconds veulent vendre leurs produits. On a donc \u00e9labor\u00e9 diff\u00e9rents m\u00e9canismes pour r\u00e9gler ce type de probl\u00e8mes. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les fournisseurs peuvent par exemple offrir des garanties \u00e0 leurs clients, soumettre leurs produits aux exigences d\u2019un label de qualit\u00e9 ou les promouvoir en fournissant des informations utiles \u00e0 la client\u00e8le. Ils s\u2019efforcent ainsi de se forger une bonne r\u00e9putation, d\u00e9veloppant souvent une marque \u00e0 cet effet. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019acheteur peut tenter de r\u00e9unir le plus d\u2019informations possible concernant le fournisseur ou le produit en question, soit en acqu\u00e9rant lui-m\u00eame des connaissances sp\u00e9cifiques, soit en faisant appel aux services d\u2019un interm\u00e9diaire (Comparis, Kassensturz, par exemple) ou d\u2019un conseiller. Dans la plupart des cas, cela permet d\u2019\u00e9liminer les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019information, ou du moins de les att\u00e9nuer.&#13;<\/p>\n<h2>Quand convient-il d\u2019\u00e9tablir une r\u00e9glementation \u00e9tatique?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLorsque ces m\u00e9canismes s\u2019av\u00e8rent insuffisants, une r\u00e9glementation \u00e9tatique peut, dans certains cas, am\u00e9liorer la situation. Elle doit toutefois d\u00e9montrer son efficacit\u00e9 et \u00eatre mise au regard de son co\u00fbt. En effet, chaque mesure contribuant \u00e0 renforcer la protection de la client\u00e8le et \u00e0 instaurer une divergence par rapport au principe du \u00abcaveat emptor\u00bb a un prix. Plus le client est prot\u00e9g\u00e9, plus sa responsabilit\u00e9 s\u2019att\u00e9nue, et moins il se montre attentif lors du choix des fournisseurs et des produits. Cela engendre un probl\u00e8me de stimulus chez les consommateurs et un rel\u00e2chement de la discipline du march\u00e9. En outre, plus la protection de la client\u00e8le se d\u00e9veloppe, moins les consommateurs sont incit\u00e9s \u00e0 assimiler les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires (par exemple des connaissances relatives aux produits). De plus, les lois portant sur la protection de la client\u00e8le provoquent souvent des difficult\u00e9s d\u2019ordre pratique lors de leur application ainsi que des co\u00fbts r\u00e9glementaires substantiels. L\u2019intensit\u00e9 de la concurrence peut \u00e9galement s\u2019affaiblir et l\u2019assortiment des produits se r\u00e9duire au niveau du consommateur. L\u2019\u00e9conomie politique enseigne, par ailleurs, que le mode de fonctionnement des institutions \u00e9tatiques doit \u00eatre pris en compte. Une crise (financi\u00e8re) entra\u00eene souvent une r\u00e9glementation des march\u00e9s financiers, laquelle tend \u00e0 \u00eatre disproportionn\u00e9e, ce qui peut entraver une r\u00e9action plus lente des acteurs priv\u00e9s, voire l\u2019emp\u00eacher<a href=\"#footnote_4\" id=\"footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor\">[4]<\/a>. Par cons\u00e9quent, la pertinence d\u2019une r\u00e9glementation \u00e9tatique en mati\u00e8re de protection de la client\u00e8le d\u00e9pend, d\u2019une part, de l\u2019\u00e9tendue r\u00e9elle des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019information sur un march\u00e9 sp\u00e9cifique et, d\u2019autre part, de l\u2019efficience \u00e9conomique des mesures envisageables. Dans les paragraphes qui suivent, ces questions seront abord\u00e9es en relation avec le march\u00e9 des services financiers.&#13;<\/p>\n<h2>La protection de la client\u00e8le sur le march\u00e9 des services financiers<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn principe, le client obtient des services financiers de trois fa\u00e7ons diff\u00e9rentes. Il peut:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>d\u00e9cider par lui-m\u00eame quel produit il souhaite acqu\u00e9rir (\u00abexecution only\u00bb);<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>prendre sa d\u00e9cision en fonction des conseils d\u2019un sp\u00e9cialiste;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>confier la gestion de sa fortune \u00e0 un tiers, qui prend ensuite les d\u00e9cisions relatives aux placements de ses fonds dans le cadre de son mandat.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nDans la pratique, le placement de fonds implique souvent une forme de conseil<a href=\"#footnote_5\" id=\"footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor\">[5]<\/a>. C\u2019est la raison pour laquelle les paragraphes suivants se concentreront sur ce point.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes conseils financiers ont un probl\u00e8me sp\u00e9cifique, li\u00e9 au fait que ces prestations pr\u00e9sentent les propri\u00e9t\u00e9s d\u2019un bien de confiance (\u00abcredence good\u00bb)<a href=\"#footnote_6\" id=\"footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor\">[6]<\/a>. Il s\u2019agit de biens dont la qualit\u00e9 est difficile \u00e0 \u00e9valuer par le client, m\u00eame apr\u00e8s l\u2019achat. Ce dernier doit par cons\u00e9quent se fier aux conseils d\u2019un sp\u00e9cialiste. Parmi les biens de confiance typiques, on compte notamment les services dont l\u2019acquisition implique des connaissances sp\u00e9cifiques, ceux d\u2019un m\u00e9decin, d\u2019un avocat ou d\u2019un m\u00e9canicien automobile par exemple. Pourquoi est-il souvent difficile pour les clients d\u2019\u00e9valuer la qualit\u00e9 d\u2019un service de conseil financier? Certes, l\u2019\u00e9volution en termes absolus de la valeur d\u2019instruments financiers est facile \u00e0 comprendre, m\u00eame pour les personnes peu vers\u00e9es dans la finance. Toutefois, \u00e9valuer le rendement relatif et ajust\u00e9 au risque d\u2019un portefeuille est une t\u00e2che ardue, car elle n\u00e9cessite de comparer avec d\u2019autres types de placement pr\u00e9sentant des risques correspondants, ce qui, une fois de plus, d\u00e9pend de crit\u00e8res arbitraires. De plus, l\u2019\u00e9valuation de l\u2019ad\u00e9quation d\u2019un portefeuille par rapport \u00e0 la situation du march\u00e9 d\u00e9pend de nombreux facteurs individuels et des pr\u00e9f\u00e9rences des clients. Le manque de connaissances techniques de nombre d\u2019entre eux complique encore une telle estimation. Beaucoup de clients sont, d\u00e8s lors, pratiquement incapables d\u2019\u00e9valuer dans quelle mesure une \u00e9volution positive du portefeuille est li\u00e9e \u00e0 de bons conseils, ou si elle est simplement due \u00e0 la chance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe probl\u00e8me des biens de confiance tient au fait que des comportements \u00e0 risques apparaissent tant chez le conseiller que chez le client, car la qualit\u00e9 des conseils est difficile \u00e0 v\u00e9rifier pour ce dernier. Les fournisseurs de services financiers sont tent\u00e9s de conseiller le client davantage en fonction de leurs propres int\u00e9r\u00eats (qui diff\u00e8rent souvent de ceux de l\u2019acqu\u00e9reur)<a href=\"#footnote_7\" id=\"footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor\">[7]<\/a>. Le client, quant \u00e0 lui, est incit\u00e9 \u00e0 proc\u00e9der par s\u00e9lection adverse lors du choix de ses conseillers. N\u2019\u00e9tant pas en mesure de diff\u00e9rencier pleinement, en termes qualitatifs, les bons fournisseurs des mauvais, le montant qu\u2019il est pr\u00eat \u00e0 payer s\u2019assimile \u00e0 celui d\u2019un conseil de qualit\u00e9 moyenne. Cela signifie que les conseillers de qualit\u00e9 ne sont pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s en fonction de leurs services et se retirent du march\u00e9. Par cons\u00e9quent, le niveau de qualit\u00e9 moyen des produits et des fournisseurs pr\u00e9sents sur le march\u00e9 baisse continuellement. Le fait que les acteurs anticipent leurs d\u00e9savantages en mati\u00e8re d\u2019information affaiblit en outre la confiance des clients envers les conseillers financiers, qui est un \u00e9l\u00e9ment essentiel du conseil en placements. Les clients sont alors pr\u00eats \u00e0 investir moins d\u2019argent dans des prestations de conseil et leur demande baisse.&#13;<\/p>\n<h2>Le march\u00e9 du conseil en placements pr\u00e9sente certaines carences<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est maintenant essentiel de savoir quelle est l\u2019\u00e9tendue r\u00e9elle des risques li\u00e9s aux comportements des acteurs. En d\u2019autres termes: dans quelle mesure peuvent-ils \u00eatre corrig\u00e9s par le biais des m\u00e9canismes visant \u00e0 r\u00e9gler les probl\u00e8mes en mati\u00e8re d\u2019information mentionn\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment. S\u2019il \u00e9tait possible de les corriger, le march\u00e9 du conseil en placements devrait \u00eatre marqu\u00e9 par une certaine transparence et une concurrence en mati\u00e8re de services efficace dans la plupart des cas. Cependant, les observations empiriques qui suivent indiquent le contraire<a href=\"#footnote_8\" id=\"footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor\">[8]<\/a>:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Les produits financiers homog\u00e8nes (les fonds indiciels, p.\u00a0ex.) pr\u00e9sentent souvent des diff\u00e9rences de prix significatives, ce qui indique un mauvais fonctionnement de la concurrence.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Les investisseurs priv\u00e9s s\u2019int\u00e9ressent plus souvent aux produits on\u00e9reux associ\u00e9s \u00e0 des frais importants.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La transparence des produits financiers est relativement faible. Leur grande diversit\u00e9 \u2013 alors que, souvent, ils sont difficiles \u00e0 diff\u00e9rencier en termes qualitatifs et font intervenir des concepts tr\u00e8s techniques et une terminologie inconsistante\u00a0\u2013 complique la t\u00e2che du client lorsqu\u2019il compare diff\u00e9rents produits et tente de r\u00e9unir les informations essentielles dont il a besoin (par\u00a0exemple concernant le co\u00fbt total du produit).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La r\u00e9mun\u00e9ration du conseiller s\u2019effectue souvent de mani\u00e8re indirecte, ce qui la rend peu transparente pour le client. Les syst\u00e8mes de r\u00e9mun\u00e9ration associ\u00e9s \u00e0 la vente de certains produits peuvent inciter le conseiller \u00e0 entreprendre des actions qui ne s\u2019accordent pas avec les int\u00e9r\u00eats du client<a href=\"#footnote_9\" id=\"footnote-anchor_9\" class=\"inline-footnote__anchor\">[9]<\/a>.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nEn Suisse, toutefois, on observe ces derni\u00e8res ann\u00e9es une multiplication des signes favorables aux initiatives priv\u00e9es visant \u00e0 am\u00e9liorer la transparence et \u00e0 \u00e9tablir, en mati\u00e8re de prestations, une concurrence favorable aux clients. Ainsi, les fournisseurs qui appliquent express\u00e9ment le principe de la transparence et affirment servir les int\u00e9r\u00eats de leurs clients ont pu, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e9largir la demande qui leur \u00e9tait adress\u00e9e de mani\u00e8re significative. De plus, de nouveaux fournisseurs offrant des services ad\u00e9quats ont fait leur entr\u00e9e sur le march\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes risques li\u00e9s au comportement des acteurs sont-ils assez cons\u00e9quents sur le march\u00e9 suisse du conseil en placement pour entraver la concurrence efficace en mati\u00e8re de prix et de qualit\u00e9? Est-il possible d\u2019am\u00e9liorer le fonctionnement du march\u00e9 \u00e0 travers une r\u00e9glementation \u00e9tatique (efficace)? Au vu de la situation \u00e9voqu\u00e9e, ces questions n\u00e9cessitent une meilleure analyse. Il conviendrait en particulier de former une cha\u00eene d\u2019arguments suffisamment coh\u00e9rente expliquant pourquoi la mise \u00e0 disposition d\u2019informations d\u00e9cisives pour le client ne fonctionne pas. Si l\u2019on venait \u00e0 conclure qu\u2019il est n\u00e9cessaire d\u2019agir, il faudrait proc\u00e9der \u00e0 une analyse du rapport co\u00fbt-utilit\u00e9 des mesures envisageables. Celle-ci est essentielle en raison des co\u00fbts engendr\u00e9s par les lois relatives \u00e0 la protection de la client\u00e8le, \u00e9voqu\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment. Par cons\u00e9quent, de nombreux facteurs parlent en faveur de mesures \u00e9quilibr\u00e9es et cibl\u00e9es qui s\u2019attaquent \u00e0 la source du probl\u00e8me et dont l\u2019efficacit\u00e9 est av\u00e9r\u00e9e.<a href=\"#footnote_10\" id=\"footnote-anchor_10\" class=\"inline-footnote__anchor\">[10]<\/a><\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">On s\u00e9pare, par exemple, les clients particuliers des professionnels dans les projets relatifs \u00e0 la loi sur les services financiers (LSFin) et \u00e0 la loi sur l\u2019infrastructure des march\u00e9s financiers (LIMF).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Concernant ce qui suit, voir Armstrong (2011) et Vickers (2003).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">Sur les march\u00e9s auxquels s\u2019int\u00e9resse le pr\u00e9sent article, le vendeur est souvent mieux inform\u00e9 que l\u2019acheteur. La suite de l\u2019article se fonde sur ce sc\u00e9nario.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_4\" class=\"footnote--item\">Zingales (2010), p. 13.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_5\" class=\"footnote--item\">Dans la zone UE, lors de l\u2019achat de produits financiers, environ 80 pourcent des clients font appel \u00e0 des services de conseil. Voir Inderst et Ottaviani (2012), p. 496s.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_6\" class=\"footnote--item\">Pour le paragraphe entier, voir Kocher (2010), pp. 58\u201371.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_7\" class=\"footnote--item\">Bien que, selon le droit contractuel suisse en vigueur, les conseillers en placement soient tenus de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de leurs clients, cette obligation est difficile \u00e0 faire valoir sur le plan juridique. Pour les raisons pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9es, un comportement fautif du conseiller est difficile \u00e0 reconna\u00eetre pour le client et quasiment impossible \u00e0 prouver devant un tribunal (sauf en cas de faute flagrante). Voir Kocher (2010), p. 166.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_8\" class=\"footnote--item\">Kocher (2010), pp. 72-77. Cette affirmation concerne principalement les \u00c9tats-Unis et devrait encore \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment pour ce qui est de la Suisse.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_9\" class=\"footnote--item\">Dans le domaine de la gestion de fortune, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9cid\u00e9 en 2012 qu\u2019il appartient au client de r\u00e9mun\u00e9rer les tiers auxquels le conseiller fait appel dans le cadre de son mandat de gestion (r\u00e9trocessions). Pour ce qui est du conseil en placements, cette question n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e sur le plan juridique.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_9\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_10\" class=\"footnote--item\">\u00c0 cet \u00e9gard, les propositions faites dans l\u2019\u00e9tude de Hackethal et Inderst (2012) sont int\u00e9ressantes.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_10\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par \u00abprotection de la client\u00e8le\u00bb (dans le domaine des march\u00e9s financiers, on parle de \u00abprotection des investisseurs\u00bb), on entend un ensemble de mesures tr\u00e8s vari\u00e9es visant \u00e0 mieux d\u00e9fendre le consommateur vis-\u00e0-vis du producteur et du commer\u00e7ant. Celles-ci comprennent des r\u00e8gles portant sur les diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques des produits (exigences de s\u00e9curit\u00e9, par exemple), les fournisseurs [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3881,"featured_media":34572,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[108],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3881,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Ressort Wachstum und Wettbewerb, Staats\u00adsekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Secteur Croissance et \u00adpolitique de la concurrence, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"La protection de la client\u00e8le est au centre de deux projets de loi, l\u2019un sur l\u2019infrastructure des march\u00e9s financiers et l\u2019autre sur les \u00e9tablissements financiers. Le pr\u00e9sent article expose d\u2019abord les questions relatives \u00e0 la protection de la client\u00e8le sous l\u2019angle \u00e9conomique, puis il se penche sur ce qu\u2019il en est plus particuli\u00e8rement dans les services financiers. Il s\u2019agit surtout de savoir dans quelles circonstances les lois relatives \u00e0 la protection de la client\u00e8le s\u2019av\u00e8rent efficaces et dans quels cas il serait appropri\u00e9 de les d\u00e9velopper au regard des facteurs \u00e9conomiques.","post_hero_image_description":"En g\u00e9n\u00e9ral, les conseils financiers pr\u00e9sentent les propri\u00e9t\u00e9s d\u2019un bien de confiance. L\u2019acheteur a des difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9valuer la qualit\u00e9 d\u2019un bien et il doit se fier aux conseils d\u2019un sp\u00e9cialiste.","post_hero_image_description_copyright_de":"Keystone","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"<ul>&#13;\n\t<li>Armstrong M., \u00abEconomic Models of Consumer Protection Policies\u00bb, dans\u00a0Swedish Competition Authority (\u00e9d.), The Pros and Cons of Consumer Protection, 2012, pp.\u00a0123\u2013147.<\/li>&#13;\n\t<li>Dulleck U. et Kerschbamer R., \u00abOn Doctors, Mechanics, and Computer Specialists: The Economics of Credence Goods\u00bb, Journal of Economic Literature, 44(1), 2006, pp.\u00a05\u201342.<\/li>&#13;\n\t<li>Hackethal A. et Inderst R., Messung des Kundennutzens der Anlageberatung, \u00e9tude scientifique mandat\u00e9e par le minist\u00e8re allemand de l\u2019Alimentation, de l\u2019Agriculture et de la Protection du consommateur, 2012.<\/li>&#13;\n\t<li>Inderst R. et Ottaviani M., \u00abFinancial Advice\u00bb, Journal of Economic Literature, 50(2), 2012, pp.\u00a0494\u2013512.<\/li>&#13;\n\t<li>Kocher D., Der Anlegerschutz bei der Verm\u00f6gensverwaltung. Ein Vergleich der \u00abMarkets in Financial Instruments Directive\u00bb (MiFID) mit den relevanten Bestimmungen in der Schweiz aus Sicht der \u00f6konomischen Regulierungstheorie, 2010.<\/li>&#13;\n\t<li>Vickers J., \u00abEconomics for Consumer Policy\u00bb, Keynes Lecture in Economics, 29\u00a0octobre 2003.<\/li>&#13;\n\t<li>Zingales L., \u00abThe Future of Securities Regulation\u00bb, Journal of Accounting Research, 47(2), 2009, pp.\u00a0391\u2013425.<\/li>&#13;\n<\/ul>","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":148170,"main_focus":[156666,157277],"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"3026","post_abstract":"","magazine_issue":"20140708","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/5489b5b71777f"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148167"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3881"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=148167"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148167\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188803,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148167\/revisions\/188803"}],"acf:post":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/157277"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/156666"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3881"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34572"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=148167"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=148167"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=148167"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=148167"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=148167"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=148167"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}