{"id":148500,"date":"2014-04-01T12:00:00","date_gmt":"2014-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2014\/04\/moser-12\/"},"modified":"2023-08-24T00:36:51","modified_gmt":"2023-08-23T22:36:51","slug":"moser-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2014\/04\/moser-12\/","title":{"rendered":"La consommation abusive d\u2019alcool co\u00fbte des milliards"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019abus d\u2019alcool ne porte pas uniquement pr\u00e9judice aux personnes directement concern\u00e9es. Il a des r\u00e9percussions sur l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. En 2010 (ann\u00e9e de &shy;r\u00e9f\u00e9rence), il a co\u00fbt\u00e9 4,2 milliards de francs \u00e0 la collectivit\u00e9 suisse. Telles sont les conclusions de l\u2019\u00e9tude intitul\u00e9e Co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 &shy;l\u2019alcool en Suisse, r\u00e9alis\u00e9e sur mandat de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) et publi\u00e9e en mars dernier. Outre les d\u00e9penses occasionn\u00e9es dans le secteur de la sant\u00e9 ou de la s\u00e9curit\u00e9, les pertes de productivit\u00e9 dans &shy;l\u2019\u00e9conomie dominent avec un montant chiffr\u00e9 \u00e0 3,4 milliards de francs. Le travail de pr\u00e9vention, b\u00e9n\u00e9fique du point de vue \u00e9conomique, profite \u00e0 l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>La pr\u00e9vention peut aider \u00e0\u00a0&shy;diminuer\u00a0les\u00a0co\u00fbts<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Dans le rapport <i>Sant\u00e9 2020<\/i>, qui r\u00e9pertorie les priorit\u00e9s en mati\u00e8re de politique sanitaire, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral constate qu\u2019il faut renforcer la promotion de la sant\u00e9 et la pr\u00e9vention des maladies<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>. Il entend ainsi diminuer les co\u00fbts que les mauvaises habitudes alimentaires, le manque d\u2019exercice et l\u2019abus d\u2019alcool ou de tabac induisent pour l\u2019\u00e9conomie. Le Programme national alcool (PNA), qui a \u00e9t\u00e9 ent\u00e9rin\u00e9 en 2008 par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et qui est mis en \u0153uvre sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019OFSP, inscrit la diminution des co\u00fbts sociaux imputables \u00e0 l\u2019abus d\u2019alcool parmi ses objectifs principaux. L\u2019\u00e9tude <i>Co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019alcool en Suisse<\/i> sensibilise le grand public \u00e0 ce sujet et lui fait prendre davantage conscience de la responsabilit\u00e9 qui \u00e9choit \u00e0 la collectivit\u00e9. En effet, c\u2019est elle qui assume, au final, les co\u00fbts calcul\u00e9s dans la pr\u00e9sente \u00e9tude. La pr\u00e9vention peut contribuer \u00e0 les diminuer.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Les gens prennent mieux conscience du probl\u00e8me pos\u00e9 par la consommation abusive d\u2019alcool d\u00e8s lors qu\u2019il devient possible d\u2019en chiffrer les co\u00fbts. L\u2019\u00e9tude parvient \u00e0 la conclusion que ce probl\u00e8me a co\u00fbt\u00e9 4,2 milliards de francs \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 au cours de l\u2019ann\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rence. Sur cette somme, 3,4 milliards de francs, soit 80%, ont \u00e9t\u00e9 support\u00e9s par l\u2019\u00e9conomie. Les co\u00fbts directs dans les domaines de la sant\u00e9 ou des poursuites p\u00e9nales s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 0,8 milliard de francs. Le co\u00fbt global repr\u00e9sente 0,7% du PIB. Les chiffres cit\u00e9s p\u00e8sent explicitement sur l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, puisqu\u2019ils ne prennent pas en compte les co\u00fbts assum\u00e9s par des particuliers, tels que la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de vie ou les soins apport\u00e9s \u00e0 un proche alcoolique. En moyenne, l\u2019abus d\u2019alcool co\u00fbte \u00e0 chaque Suisse de plus de 15 ans<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>\u00abGueule de bois\u00bb et baisse de la productivit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Les 3,4 milliards que co\u00fbte la consommation d\u2019alcool \u00e0 l\u2019\u00e9conomie sont engendr\u00e9s de fa\u00e7on indirecte, plus pr\u00e9cis\u00e9ment sous la forme de pertes de productivit\u00e9. Comment parvient-on \u00e0 ce montant? Les pertes de productivit\u00e9 peuvent \u00eatre directes (1,2 milliard de francs) ou indirectes (2,2 milliards de francs). Le premier cas survient, par exemple, lorsqu\u2019un salari\u00e9 fournit une prestation r\u00e9duite \u00e0 la suite d\u2019une \u00abgueule de bois\u00bb (pr\u00e9sent\u00e9isme). Il peut aussi \u00eatre absent pour une courte dur\u00e9e (absent\u00e9isme): par exemple, s\u2019il arrive en retard au travail apr\u00e8s une soir\u00e9e bien arros\u00e9e et qu\u2019il n\u2019effectue pas la totalit\u00e9 de son service.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Ces pertes de productivit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es \u00e0 l\u2019aide d\u2019une enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s de responsables des ressources humaines, sur laquelle s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 appuy\u00e9e en 2010 l\u2019\u00e9tude de l\u2019OFSP Co\u00fbts imputables \u00e0 l\u2019alcool sur le lieu de travail<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a>. Ce questionnaire avait montr\u00e9 que pr\u00e8s de 2% des collaborateurs pr\u00e9sentaient une consommation probl\u00e9matique d\u2019alcool, qu\u2019ils \u00e9taient, de ce fait, absents quatre heures de plus par mois que les autres employ\u00e9s et qu\u2019ils \u00e9taient donc 15% moins productifs. Les secteurs de l\u2019h\u00f4tellerie et du b\u00e2timent sont les plus touch\u00e9s, avec respectivement 5,1% et 3,9% d\u2019employ\u00e9s ayant une consommation probl\u00e9matique d\u2019alcool. Pr\u00e8s de 14% des entreprises interrog\u00e9es avaient indiqu\u00e9 mener un programme de pr\u00e9vention, 70% d\u2019entre elles en tirant un bilan co\u00fbt-utilit\u00e9 positif.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s induits par l\u2019incapacit\u00e9 de travail<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Outre des pertes de productivit\u00e9 directes d\u2019un montant sup\u00e9rieur \u00e0 1,2 milliard de francs, l\u2019\u00e9conomie perd 2,2 milliards de fa\u00e7on indirecte. Ce calcul s\u2019appuie sur le fait que, selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), la consommation d\u2019alcool est \u00e0 l\u2019origine de plus de soixante maladies et est associ\u00e9e \u00e0 pr\u00e8s de 200 autres tableaux cliniques<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>. Les recherches m\u00e9dicales convergent vers un m\u00eame constat: l\u2019alcool affecte presque tous les organes. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les blessures cons\u00e9cutives \u00e0 des accidents. Les d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s (mortalit\u00e9) qui en r\u00e9sultent ainsi que les d\u00e9parts \u00e0 la retraite anticip\u00e9e et les absences pour maladie et accidents (morbidit\u00e9) font perdre des ressources \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nationale et donc du bien-\u00eatre. L\u2019\u00e9tude emploie la m\u00e9thode du capital humain conform\u00e9ment aux recommandations de l\u2019OMS et aux usages dans les travaux publi\u00e9s en mati\u00e8re d\u2019\u00e9conomie de la sant\u00e9. Aussi tient-elle compte du fait qu\u2019une partie de la main-d\u2019\u0153uvre manque au march\u00e9 de l\u2019emploi \u00e0 cause de la mortalit\u00e9 et de la morbidit\u00e9, ce qui se traduit par une baisse du niveau de vie et se r\u00e9percute sur les co\u00fbts. C\u2019est ainsi que l\u2019on parvient \u00e0 la somme de 2,2 milliards de francs. Les d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s causent des pertes s\u2019\u00e9levant \u00e0 1,4 milliard de francs. Les co\u00fbts de la morbidit\u00e9, qui sont de l\u2019ordre de 0,8 milliard de francs, se r\u00e9partissent \u00e0 parts \u00e9gales entre les d\u00e9parts \u00e0 la retraite anticip\u00e9e et les absences pour maladie.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/04\/201404_18F_Tabelle01.eps1_.gif\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3915\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/04\/201404_18F_Tabelle01.eps1_-600x474.gif\" alt=\"201404_18F_Tabelle01.eps[1]\" width=\"600\" height=\"474\" \/><\/a><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Les personnes affect\u00e9es sont des salari\u00e9s qui quittent le march\u00e9 du travail pour cause d\u2019alcoolisme et de maladies li\u00e9es, telles que des troubles neuropsychiatriques, et b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e8s lors de prestations AI. Il peut \u00e9galement s\u2019agir d\u2019accident\u00e9s de la route, victimes d\u2019une conduite en \u00e9tat d\u2019ivresse, rendus inaptes au travail en raison de leurs blessures. Il convient, par ailleurs, de mentionner que l\u2019\u00e9tude a calcul\u00e9 les co\u00fbts nets dans la mesure o\u00f9 elle tient compte des effets positifs d\u2019une consommation d\u2019alcool mod\u00e9r\u00e9e sur les maladies cardiovasculaires.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Autres co\u00fbts directs dans les domaines de la sant\u00e9 et de l\u2019ex\u00e9cution des peines<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Outre les pertes de productivit\u00e9 inflig\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, la consommation d\u2019alcool provoque aussi des co\u00fbts directs dans les domaines des poursuites p\u00e9nales et de la sant\u00e9. Pour ce dernier, la somme globale s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 613 millions de francs. Il s\u2019agit de d\u00e9penses pour le traitement de maladies, d\u2019accidents et de blessures imputables \u00e0 l\u2019alcool. Les m\u00e9thodes de traitement stationnaires (405 millions de francs), comme la m\u00e9decine somatique aigu\u00eb ou la psychiatrie, engendrent des co\u00fbts presque deux fois plus \u00e9lev\u00e9s que les soins ambulatoires (208 millions de francs). Les traitements on\u00e9reux des troubles neuropsychiatriques, par exemple le syndrome de sevrage de l\u2019alcool et les troubles du comportement caus\u00e9s par l\u2019abus d\u2019alcool, ont un co\u00fbt particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9. Les troubles neuropsychiatriques et les co\u00fbts occasionn\u00e9s \u00e0 la suite d\u2019accidents ou de blessures repr\u00e9sentent pr\u00e8s des trois quarts des co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019alcool dans le secteur de la sant\u00e9.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019abus d\u2019alcool favorise la survenue d\u2019infractions, comme les actes de violence ou la conduite en \u00e9tat d\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9, qui repr\u00e9sentent 251 millions de francs, r\u00e9partis entre les frais de police, de justice et d\u2019ex\u00e9cution des peines. Ils d\u00e9coulent, pour moiti\u00e9, du travail occasionn\u00e9 aux forces de l\u2019ordre (113 millions de francs), tandis que les incarc\u00e9rations pour des d\u00e9lits li\u00e9s \u00e0 l\u2019alcool s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 75 millions de francs. La part des co\u00fbts concernant la justice est moins importante (64 millions), car seuls les cas non r\u00e9solus sont \u00e0 la charge du contribuable. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les auteurs des infractions qui ont pu \u00eatre confondus paient les frais administratifs de leur poche. Les auteurs de l\u2019\u00e9tude partent du principe que les co\u00fbts sont en r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s dans le domaine des poursuites p\u00e9nales. Par exemple, on ne tient pas compte du d\u00e9ploiement de forces de police plus importantes lors de grandes manifestations ou \u00e0 l\u2019occasion des matchs hebdomadaires de football ou de hockey sur glace, ni des contr\u00f4les routiers effectu\u00e9s par la police. Toutefois, les donn\u00e9es disponibles ne permettent pas de d\u00e9terminer pr\u00e9cis\u00e9ment la proportion des co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019alcool.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Qui paie les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019alcool?<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Il faut bien assumer les co\u00fbts g\u00e9n\u00e8r\u00e9s par l\u2019alcool. Sur les 3,4 milliards de francs de pertes subies par l\u2019\u00e9conomie, la moiti\u00e9 \u00e9choit \u00e0 la collectivit\u00e9 et l\u2019autre moiti\u00e9 aux entreprises. La totalit\u00e9 des co\u00fbts incombant \u00e0 la collectivit\u00e9 d\u00e9coule des pertes de productivit\u00e9 indirectes pour morbidit\u00e9 et mortalit\u00e9. Ces derni\u00e8res repr\u00e9sentent 2,2 milliards de francs, dont 0,5 milliard incombe aux entreprises qui doivent remplacer des travailleurs pour cause de maladie, de d\u00e9c\u00e8s ou de d\u00e9parts \u00e0 la retraite pr\u00e9matur\u00e9s. La totalit\u00e9 des pertes de productivit\u00e9 directes (1,2 milliard de francs) \u00e9choit aux entreprises.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/04\/201404_18F_Tabelle02.eps1_.gif\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3914\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/04\/201404_18F_Tabelle02.eps1_-600x341.gif\" alt=\"201404_18F_Tabelle02.eps[1]\" width=\"600\" height=\"341\" \/><\/a><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Les pouvoirs publics et donc les contribuables assument des co\u00fbts atteignant 387 millions de francs. Ce montant inclut toutes les d\u00e9penses du domaine des poursuites p\u00e9nales et une partie de celles qui concernent le secteur de la sant\u00e9. S\u2019agissant des poursuites p\u00e9nales, ce sont les contribuables qui financent la police cantonale, les prisons ou les tribunaux. Dans le secteur de la sant\u00e9, ces co\u00fbts sont pris en charge par l\u2019\u00c9tat, mais \u2028aussi par les caisses d\u2019assurance-maladie. Voici deux exemples qui rel\u00e8vent du secteur public: la victime d\u2019un accident imputable \u00e0 une conduite en \u00e9tat d\u2019ivresse doit \u00eatre transport\u00e9e aux urgences d\u2019un h\u00f4pital public;une personne alcoolo-d\u00e9pendante doit faire appel, en raison de sa maladie, \u00e0 un service d\u2019aide et de soins \u00e0 domicile fi-nanc\u00e9 par l\u2019\u00c9tat \u00e0 un \u00e2ge relativement pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Plus encore que les pouvoirs publics, ce sont les assurances sociales qui assument les co\u00fbts directs dans le secteur de la sant\u00e9. Avec 298 millions de francs, elles sont m\u00eame les entit\u00e9s qui absorbent le plus de co\u00fbts. Surviennent \u00e9galement des co\u00fbts priv\u00e9s \u00e0 hauteur de 179 millions de francs, sous forme de franchises et de quotes-parts des assurances-maladie, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 soustraits pour des questions de m\u00e9thode ou en raison des donn\u00e9es disponibles. Les co\u00fbts priv\u00e9s tels que les soins apport\u00e9s \u00e0 un proche alcoolique ne sont pas non plus inclus. Il en va de m\u00eame des co\u00fbts immat\u00e9riels ou intangibles tels que la douleur, la souffrance ou la perte de qualit\u00e9 de vie; ces charges priv\u00e9es sont, du reste, difficiles \u00e0 calculer.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas possible de se prononcer sur l\u2019\u00e9volution des co\u00fbts. Certes, une \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur les d\u00e9penses sociales li\u00e9es \u00e0 l\u2019al-cool en Suisse<a href=\"#footnote_4\" id=\"footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor\">[4]<\/a>. Toutefois, il est tr\u00e8s difficile d\u2019\u00e9tablir des comparaisons. D\u2019une part, les m\u00e9thodes scientifiques ont \u00e9t\u00e9 actualis\u00e9es suivant les normes internationales \u2013 \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019\u00e9tude de 2003, l\u2019enqu\u00eate actuelle ne prend pas en compte les co\u00fbts immat\u00e9riels \u2013, d\u2019autre part, des donn\u00e9es diff\u00e9rentes ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. Ainsi, l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s des responsables des ressources humaines des entreprises a fourni pour la premi\u00e8re fois des donn\u00e9es permettant de calculer les pertes de productivit\u00e9 directes.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Objectif 1.3.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Telser et al., Co\u00fbts imputables \u00e0 l\u2019alcool sur le lieu de travail, r\u00e9alis\u00e9e sur mandat de l\u2019OFSP, \u00e9tude \u00adPolynomics.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">OMS, Global Status Report on Alcohol and Health, 2011.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_4\" class=\"footnote--item\">Jeanrenaud et al. (2003).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019abus d\u2019alcool ne porte pas uniquement pr\u00e9judice aux personnes directement concern\u00e9es. Il a des r\u00e9percussions sur l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. En 2010 (ann\u00e9e de &shy;r\u00e9f\u00e9rence), il a co\u00fbt\u00e9 4,2 milliards de francs \u00e0 la collectivit\u00e9 suisse. 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Leur but est de r\u00e9duire les co\u00fbts sociaux dus \u00e0 l\u2019abus d\u2019alcool. Suite \u00e0 une \u00e9tude ayant montr\u00e9 que sa consom- mation induit des co\u00fbts consid\u00e9rables pour les entreprises, une plateforme Internet (<a href=\"http:\/\/www.alcoolautravail.ch\">http:\/\/www.alcoolautravail.ch<\/a>) a, par exemple, \u00e9t\u00e9 mise en place, puisque l\u2019on sait que les programmes de pr\u00e9vention permettent d\u2019am\u00e9liorer la situation. Les entreprises peuvent ainsi s\u2019informer sur les mesures \u00e0 prendre pour faire face \u00e0 ce probl\u00e9me.<\/p>&#13;\n<p>Des projets sont \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de la sant\u00e9. L\u2019un d\u2019eux vise \u00e0 ren- forcer les offres d\u2019entraide. Un autre entend favoriser l\u2019intervention br\u00e8ve des m\u00e9decins de famille. Il s\u2019agit, dans les deux cas, de r\u00e9duire l\u2019ampleur des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019alcool. Autre projet en cours, le mod\u00e8le concernant les hospitalisations pour intoxications alcooliques a pour but de syst\u00e9matiser la collaboration entre les m\u00e9decins, les experts en mati\u00e8re de d\u00e9pendance, les sp\u00e9cialistes de la pr\u00e9vention de l\u2019alcoolisme, les patients concern\u00e9s et leurs parents. \u00c0 l\u2019heure actuelle, la prise en charge de ces patients jusqu\u2019\u00e0 leur sortie de l\u2019h\u00f4pital est g\u00e9r\u00e9e diff\u00e9remment d\u2019un \u00e9tablissement \u00e0 l\u2019autre. Ce mod\u00e8le, scientifiquement fond\u00e9, doit permettre de renforcer l\u2019efficience des processus et donc de r\u00e9duire les co\u00fbts. En outre, des r\u00e9flexions sont \u00e9galement men\u00e9es sur la question de la violence li\u00e9e \u00e0 la consommation d\u2019alcool et sur les mesures \u00e0 prendre pour prot\u00e9ger les jeunes lors de manifestations soumises \u00e0 autorisation. Par ailleurs, pour rem\u00e9dier au probl\u00e8me de la vente d\u2019alcool \u00e0 des jeunes n\u2019ayant pas l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de s\u2019en procurer, des achats-tests sont men\u00e9s \u00e0 une large \u00e9chelle et des formations sont dispens\u00e9es au personnel de vente. L\u2019OFSP soutient aussi toute une s\u00e9rie d\u2019actions visant \u00e0 sensibiliser la population sur les dangers de l\u2019abus d\u2019alcool. Toutes ces mesures montrent que la pr\u00e9vention est une mission collective qui b\u00e9n\u00e9ficie aussi bien aux personnes affect\u00e9es qu\u2019\u00e0 l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>&#13;"}],"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":148503,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"2908","post_abstract":"","magazine_issue":"20140401","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/5493f093c5577"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148500"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4034"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=148500"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148500\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188863,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148500\/revisions\/188863"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4034"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=148500"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=148500"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=148500"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=148500"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=148500"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=148500"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}