{"id":148528,"date":"2014-04-01T12:00:00","date_gmt":"2014-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2014\/04\/schneider-16\/"},"modified":"2023-08-24T00:37:08","modified_gmt":"2023-08-23T22:37:08","slug":"schneider-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2014\/04\/schneider-16\/","title":{"rendered":"\u00abL\u2019\u00e9conomie n\u2019entend pas mener un combat pour la r\u00e9partition\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> <i>Monsieur Schneider-Ammann, apr\u00e8s l\u2019acceptation de l\u2019initiative contre l\u2019immigration de masse, vous avez rencontr\u00e9 d\u00e9but mars les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00e9conomie. Jusqu\u2019o\u00f9 portait leur appel au secours?<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Ce n\u2019\u00e9tait pas un appel au secours. L\u2019\u00e9conomie a un grand besoin d\u2019informations. D\u2019une part, elle s\u2019int\u00e9resse aux processus qui entourent l\u2019\u00e9laboration du concept d\u2019application. D\u2019autre part, elle tient \u00e0 exprimer ses id\u00e9es et ses craintes. Cet entretien a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s constructif par plusieurs aspects. Ainsi, les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00e9conomie ont affirm\u00e9 unanimement ne pas vouloir se retrouver dans une situation de concurrence, o\u00f9 le nombre limit\u00e9 d\u2019immigrants serait attribu\u00e9 \u00e0 ceux qui crient le plus fort ou qui ont le plus d\u2019influence. Ils ont fait beaucoup d\u2019efforts pour pr\u00e9senter un front uni et faire valoir leurs int\u00e9r\u00eats de fa\u00e7on globale. L\u2019\u00e9conomie n\u2019entend pas mener un combat pour la r\u00e9partition.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>N\u2019est-ce pas une d\u00e9claration de pure forme? La bataille pour la r\u00e9partition des contingents est programm\u00e9e.<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Laissez d\u2019abord le Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e9laborer le concept d\u2019application. Les premiers jalons seront alors pos\u00e9s. Si nous parvenons ensuite \u00e0 d\u00e9finir des crit\u00e8res de r\u00e9partition en collaboration avec l\u2019\u00e9conomie, tant mieux!&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Avec un syst\u00e8me de contingents, peut-on vraiment piloter l\u2019immigration de travailleurs d\u2019une mani\u00e8re conforme au march\u00e9?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: C\u2019est l\u00e0 un grand d\u00e9fi. L\u2019initiative ne dit pas comment l\u2019immigration devra \u00eatre pilot\u00e9e. Nous devons exploiter cette marge de man\u0153uvre. Il faut que le syst\u00e8me soit adapt\u00e9 aux mutations structurelles rapides de notre \u00e9conomie. Par le biais de proc\u00e9dures simples et claires, nous nous efforcerons de garantir aux entreprises un niveau aussi \u00e9lev\u00e9 que possible de s\u00e9curit\u00e9 en mati\u00e8re de planification. Nous devrons d\u00e9finir une politique d\u2019admission qui serve les int\u00e9r\u00eats de l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Avant l\u2019introduction de la libre circulation des personnes, la majorit\u00e9 des travailleurs immigr\u00e9s en Suisse \u00e9taient peu qualifi\u00e9s. En r\u00e9introduisant des contingents, comment pourra-t-on \u00e9viter la r\u00e9p\u00e9tition de tels dysfonctionnements?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Je ne crois pas que nous ayons \u00e0 craindre un retour int\u00e9gral au pass\u00e9. Ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019\u00e9conomie a recherch\u00e9 davantage de travailleurs bien form\u00e9s. Il est \u00e9vident que la limitation de l\u2019immigration nous oblige \u00e0 fixer des crit\u00e8res d\u2019admission et \u00e0 faire des choix. En ce qui concerne les migrants originaires d\u2019\u00c9tats tiers, nous donnons aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s clairement la priorit\u00e9 aux travailleurs qualifi\u00e9s, aux cadres et aux sp\u00e9cialistes. S\u2019agissant de l\u2019immigration en provenance de l\u2019UE\/AELE, nous veillerons dans la mesure du possible \u00e0 ne pas la freiner dans les domaines o\u00f9 elle profite le plus \u00e0 l\u2019\u00e9conomie.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Une question de fond: si la libre circulation des personnes dispara\u00eet, que deviendront les mesures d\u2019accompagnement sur la protection contre la sous-ench\u00e8re salariale? Seront-elles abolies, elles aussi?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Tout d\u2019abord, il importe de mettre en \u0153uvre la volont\u00e9 populaire. Un nouveau syst\u00e8me, bas\u00e9 sur un contingentement et donnant la priorit\u00e9 aux travailleurs indig\u00e8nes, remplacera le mod\u00e8le actuel. C\u2019est un changement de paradigme. D\u00e8s que le concept d\u2019application sera \u00e9labor\u00e9 \u2013 en juin prochain \u2013, nous le pr\u00e9senterons \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne et explorerons sa compatibilit\u00e9 avec la libre circulation des personnes. C\u2019est alors seulement que l\u2019on pourra r\u00e9pondre \u00e0 cette question. En attendant, il est vain de sp\u00e9culer \u00e0 ce sujet. De toute fa\u00e7on, nous aurons toujours besoin d\u2019un m\u00e9canisme susceptible de rendre le march\u00e9 du travail comp\u00e9titif tout en prot\u00e9geant dans une certaine mesure ceux qui y participent. S\u2019agira-t-il de nos traditionnelles mesures d\u2019accompagnement? Je ne peux pas l\u2019anticiper.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral veut \u00e9largir les mesures d\u2019accompagnement. Est-ce encore n\u00e9cessaire apr\u00e8s l\u2019acceptation de l\u2019initiative contre l\u2019immigration de masse?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Comme je l\u2019ai dit, les travailleurs auront toujours besoin d\u2019une certaine protection. Quel nom portera-t-elle et comment sera-t-elle con\u00e7ue? Ces questions restent ouvertes pour l\u2019instant.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Comment se pr\u00e9sente le calendrier? Quand saurons-nous si la Suisse renonce ou non \u00e0 la libre circulation?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: En principe, la Constitution nous laisse une p\u00e9riode de trois ans.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>C\u2019est th\u00e9orique\u2026<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Non, c\u2019est la volont\u00e9 populaire. Nous avons trois ans devant nous. Mais vous avez raison de soulever ce point. Plus vite la question sera clarifi\u00e9e, plus vite l\u2019incertitude se dissipera. Et moins l\u2019\u00e9conomie en souffrira. L\u2019abandon ou non de la libre circulation rel\u00e8ve pour l\u2019instant de la pure sp\u00e9culation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Quelles seront les r\u00e9percussions de l\u2019initiative contre l\u2019immigration sur la croissance de l\u2019\u00e9conomie?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: L\u2019initiative a cr\u00e9\u00e9 une nouvelle incertitude inutile. Premi\u00e8rement, on ne sait pas dans quelle mesure les possibilit\u00e9s de recrutement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger vont se r\u00e9duire \u00e0 l\u2019avenir pour les entreprises. Deuxi\u00e8mement, les modalit\u00e9s de la voie bilat\u00e9rale avec l\u2019UE ne sont pas d\u00e9finies. En fait, certains projets sont maintenant remis\u00e9s au placard. Au cours des prochains trimestres, cette incertitude pourrait avoir une influence n\u00e9faste sur le comportement des investisseurs et par cons\u00e9quent entraver le d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Les cons\u00e9quences \u00e0 long terme sur l\u2019\u00e9conomie sont, toutefois, difficiles \u00e0 estimer pour le moment. Elles d\u00e9pendront fortement de la mani\u00e8re dont l\u2019initiative sera mise en \u0153uvre et des futures relations de la Suisse avec l\u2019UE.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Il y a beaucoup de points d\u2019interrogation. L\u2019un d\u2019eux concerne la loi sur les travailleurs d\u00e9tach\u00e9s, qui r\u00e8gle les activit\u00e9s des prestataires de services \u00e9trangers en Suisse. Ce texte a-t-il encore sa raison d\u2019\u00eatre apr\u00e8s l\u2019acceptation de l\u2019initiative? <\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: En concluant l\u2019accord sur la libre circulation des personnes, nous avons aussi lib\u00e9ralis\u00e9 les prestations de services transfrontali\u00e8res. Concr\u00e8tement, les fournisseurs \u00e9trangers peuvent aujourd\u2019hui travailler en Suisse nonante jours par an. Ils sont soumis \u00e0 l\u2019obligation d\u2019annonce, mais pas \u00e0 celle d\u2019autorisation. En 2012, leur nombre est pass\u00e9 \u00e0 plus de 200&nbsp;000. Il convient maintenant de v\u00e9rifier si le nouvel article constitutionnel s\u2019applique \u00e0 la prestation de services et si une r\u00e9duction num\u00e9rique doit \u00eatre envisag\u00e9e. De toute fa\u00e7on, le d\u00e9tachement de travailleurs en Suisse restera possible dans un syst\u00e8me de contingents.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et l\u2019\u00e9conomie d\u00e9veloppent souvent les m\u00eames arguments. Apr\u00e8s l\u2019initiative sur les salaires abusifs et celle contre l\u2019immigration de masse, ils se sont toutefois retrouv\u00e9s dans le camp des perdants. La population n\u2019a-t-elle plus confiance dans l\u2019\u00e9conomie suisse?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Je ne le formulerais pas de mani\u00e8re aussi abrupte. Nous avons connu des exc\u00e8s au niveau salarial et cela a rendu les gens furieux. L\u2019\u00e9lite \u00e9conomique a une image toujours plus n\u00e9gative dans la population. On lui reproche d\u2019avoir une mentalit\u00e9 de libre-service. C\u2019est tr\u00e8s mal vu. Il en est certainement r\u00e9sult\u00e9 un probl\u00e8me de confiance. En m\u00eame temps, les pourfendeurs des grands patrons ne r\u00e9alisent pas qu\u2019eux-m\u00eames travaillent probablement dans une entreprise qui gagne de l\u2019argent et que c\u2019est justement pour cette raison que leur emploi est garanti. La confiance n\u2019est pas totalement rompue. Les gens savent pertinemment qu\u2019ils ont besoin des leaders de l\u2019\u00e9conomie pour pr\u00e9server leurs emplois.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Une autre votation tr\u00e8s importante s\u2019approche. L\u2019initiative sur les salaires minimums sera soumise au peuple le 18 mai. Comment comptez-vous gagner la bataille \u00e9lectorale?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Il ne fait aucun doute que c\u2019est une votation tr\u00e8s importante. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral s\u2019engagera \u00e9nergiquement dans la campagne et ne laissera rien au hasard. Il ne veut pas se reprocher par la suite d\u2019avoir insuffisamment inform\u00e9 la population. Les citoyens doivent savoir exactement pour quelles raisons ils vont dire oui ou non. Nous avons en Suisse un syst\u00e8me souple, bas\u00e9 sur le partenariat social et sur un march\u00e9 du travail lib\u00e9ral. Associ\u00e9 \u00e0 la formation professionnelle duale, il constitue la recette du succ\u00e8s aux yeux du Conseil f\u00e9d\u00e9ral. Notre pays se trouve en concurrence avec d\u2019autres places \u00e9conomiques. Pour l\u2019instant, nous sommes sur la bonne voie. \u00c0 l\u2019\u00e9tranger, on nous envie notre situation de l\u2019emploi.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a lanc\u00e9 fin f\u00e9vrier la campagne contre l\u2019initiative sur les salaires minimums. Quel sera votre argument cl\u00e9?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: \u00c0 vrai dire, cette initiative part d\u2019une bonne intention, mais elle nuit pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ceux qui devraient en profiter. Si le carcan l\u00e9gislatif est trop serr\u00e9, les entreprises n\u2019engageront plus. Le salaire minimum exig\u00e9 par l\u2019initiative \u2013 le plus \u00e9lev\u00e9 du monde \u2013 cr\u00e9era un obstacle suppl\u00e9mentaire \u00e0 l\u2019insertion des personnes peu qualifi\u00e9es et des jeunes sur le march\u00e9 du travail.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Vous ne voulez donc pas toucher au niveau des salaires?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Le syst\u00e8me actuel fonctionne bien, car nous n\u2019imposons pas le m\u00eame salaire minimum dans toutes les branches, professions et r\u00e9gions. En voici deux exemples. Au Tessin, nous laissons aux branches le soin de d\u00e9terminer un salaire r\u00e9gional. Dans l\u2019industrie des machines, les partenaires sociaux ont trouv\u00e9 des solutions diff\u00e9renci\u00e9es en fonction des r\u00e9gions. On se rapproche ainsi du march\u00e9, ce qui accro\u00eet la comp\u00e9titivit\u00e9. Les travailleurs ont plus de chance de trouver un emploi.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Ne surestimez-vous pas l\u2019influence des partenaires sociaux?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Je suis vraiment convaincu que le partenariat social donne de meilleurs r\u00e9sultats que n\u2019importe quelle loi. Durant les douze derni\u00e8res ann\u00e9es, le taux de couverture en conventions collectives de travail (CCT) a augment\u00e9 de 38 \u00e0 49%. Lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de partenaires sociaux organis\u00e9s capables d\u2019\u00e9laborer ensemble une CCT, nous avons la possibilit\u00e9 de d\u00e9finir un contrat-type de travail. D\u2019ailleurs, cela se fait. Actuellement, il existe un contrat-type national dans l\u2019\u00e9conomie domestique et sept autres au niveau cantonal.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>C\u2019est un hymne au partenariat social.<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Le partenariat social signifie que l\u2019on veut atteindre ensemble un m\u00eame objectif, qui est de survivre face \u00e0 la concurrence mondiale. C\u2019est la seule mani\u00e8re de garantir des emplois. Je tiens \u00e0 rappeler que nous gagnons un franc sur deux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et qu\u2019un emploi sur deux en d\u00e9pend. Les partenaires sociaux doivent le savoir. Le partenariat social n\u2019a rien de spectaculaire, mais il fonctionne globalement bien. Les deux parties en sont conscientes. Certes, il y a toujours des exceptions.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Si la libre circulation des personnes et les mesures d\u2019accompagnement n\u2019existaient plus, un salaire minimum ne s\u2019imposerait-il pas?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Non, certainement pas. L\u2019initiative sur les salaires minimums repr\u00e9sente un changement radical de syst\u00e8me. Elle aurait des effets tr\u00e8s n\u00e9gatifs sur les r\u00e9gions \u00e0 bas salaires, comme le Tessin, et celles tourn\u00e9es vers l\u2019agriculture ou . L\u2019initiative contre l\u2019immigration de masse limite les possibilit\u00e9s de recrutement des travailleurs au sein de l\u2019UE. Cela devrait aussi r\u00e9duire le risque de sous-ench\u00e8re pour les salaires suisses. Dans un syst\u00e8me de contingents, on pourrait, en outre, contr\u00f4ler les conditions de travail et de r\u00e9mun\u00e9ration lors de l\u2019octroi des autorisations.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Le vieillissement de la population va cr\u00e9er des goulets d\u2019\u00e9tranglement sur le march\u00e9 suisse du travail. Vous avez lanc\u00e9 en 2011 l\u2019initiative visant \u00e0 combattre la p\u00e9nurie de personnel qualifi\u00e9. Apr\u00e8s la votation du 9 f\u00e9vrier, faut-il prendre d\u2019autres mesures pour mieux exploiter le potentiel de la main-d\u2019\u0153uvre indig\u00e8ne?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Il a toujours \u00e9t\u00e9 clair pour nous que l\u2019immigration compl\u00e8te le potentiel national de personnel qualifi\u00e9, mais ne le remplace pas. Les solutions propos\u00e9es par notre initiative, qui agissent sur le march\u00e9 du travail et la formation, vont peut-\u00eatre gagner en importance. Nous devons r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de les mettre en \u0153uvre plus rapidement, plus globalement et de mani\u00e8re plus incisive. Toutefois, il est trop t\u00f4t pour parler de mesures suppl\u00e9mentaires.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Le dialogue volontaire sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale, que la Conf\u00e9d\u00e9ration et les partenaires sociaux voulaient mener avec les entreprises, n\u2019a pas donn\u00e9 les r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Qu\u2019est-ce qui n\u2019a pas march\u00e9?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Certaines entreprises nous ont dit qu\u2019elles faisaient cela elles-m\u00eames et qu\u2019elles ne voulaient pas \u00eatre dirig\u00e9es par la Conf\u00e9d\u00e9ration. Seules cinquante soci\u00e9t\u00e9s ont particip\u00e9 au dialogue, alors que nous en esp\u00e9rions cent. D\u2019un point de vue formel, ce n\u2019est certes pas un bon r\u00e9sultat. Cependant, il y a des entreprises qui, sans appara\u00eetre dans le cadre de ce dialogue, s\u2019efforcent s\u00e9rieusement d\u2019atteindre l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale ou m\u00eame la pratiquent d\u00e9j\u00e0.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>La discrimination salariale perdure. Que doit faire le Conseil f\u00e9d\u00e9ral?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Je le dis franchement: mon appel aux entreprises visait \u00e0 les faire participer sur une base volontaire, pour leur \u00e9viter la menace d\u2019une norme l\u00e9gale. Notre march\u00e9 du travail lib\u00e9ral constitue un atout pour la place \u00e9conomique suisse. Les pays qui ont \u00e9dict\u00e9 des lois \u00e0 ce sujet ont perdu en flexibilit\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Quelles seront les prochaines \u00e9tapes?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a pris connaissance de deux \u00e9tudes consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale. En se basant sur ces travaux et sur l\u2019\u00e9valuation du dialogue avec les entreprises, il d\u00e9cidera de la marche \u00e0 suivre. Pour le moment, je ne peux pas en dire plus \u00e0 ce sujet.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>En comparaison internationale, les femmes sont toujours sous-\u2028repr\u00e9sent\u00e9es dans les hautes sph\u00e8res des entreprises. Jugez-vous n\u00e9cessaire d\u2019agir dans ce domaine?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: La proportion de femmes occupant des postes de direction devrait augmenter. \u00c9tant donn\u00e9 leur niveau \u00e9lev\u00e9 de formation et la p\u00e9nurie de personnel qualifi\u00e9 en Suisse, on doit exploiter ce capital humain.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>De nombreux pays europ\u00e9ens introduisent des quotas. La commission de l\u2019UE est en train d\u2019\u00e9laborer une loi qui pr\u00e9voit un quota de femmes dans les proc\u00e9dures de s\u00e9lection concernant les organes dirigeants des entreprises. La Suisse a-t-elle aussi besoin de lois temporaires pour augmenter la proportion de femmes?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: L\u2019an dernier, nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019introduire un quota de 30% de femmes dans les organes de direction \u2028supr\u00eames des entreprises et institutions pro-ches de la Conf\u00e9d\u00e9ration. C\u2019est une bonne chose que la proportion de femmes augmente dans le conseil d\u2019administration et la direction des entreprises cot\u00e9es en Bourse. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral abordera la question des dispositions l\u00e9gales dans le cadre de la r\u00e9vision du droit des soci\u00e9t\u00e9s anonymes, actuellement en cours. Au besoin, il proposera des solutions.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Le r\u00e9sultat de la votation du 9 f\u00e9vrier traduit \u00e9galement une certaine critique contre la croissance.<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Je vois, moi aussi, dans ce r\u00e9sultat le refus d\u2019une croissance d\u00e9mesur\u00e9e. Cependant, je tiens \u00e0 souligner que tel n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 l\u2019objectif du Conseil f\u00e9d\u00e9ral. Notre politique de croissance a toujours vis\u00e9 \u00e0 augmenter la productivit\u00e9 du travail en Suisse, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 promouvoir une croissance \u00abqualitative\u00bb qui profite \u00e0 tous les citoyens.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: <em>Votre d\u00e9partement doit \u00e9laborer cette ann\u00e9e un document de base sur la strat\u00e9gie de croissance 2015-2018. Comment r\u00e9pondrez-vous \u00e0 ces critiques?<\/em>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ.\u2009Schneider-Ammann: Ceux qui les \u00e9mettent oublient souvent une chose: nous avons besoin de la croissance. Outre sa composante \u00e9conomique, celle-ci doit \u00eatre plus ax\u00e9e sur les aspects \u00e9cologiques et sociaux \u2013 donc sur la qualit\u00e9. Il importe d\u2019am\u00e9liorer la croissance par habitant. Cela signifie tout simplement que nous devons nous montrer plus novateurs et plus comp\u00e9titifs. Quoi qu\u2019il en soit, cette exigence figurera dans la nouvelle strat\u00e9gie.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEntretien: Susanne Blank et Nicole Tesar.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Vie \u00e9conomique: Monsieur Schneider-Ammann, apr\u00e8s l\u2019acceptation de l\u2019initiative contre l\u2019immigration de masse, vous avez rencontr\u00e9 d\u00e9but mars les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00e9conomie. 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