{"id":148614,"date":"2014-03-01T12:00:00","date_gmt":"2014-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2014\/03\/parnisari-6\/"},"modified":"2023-08-24T00:37:25","modified_gmt":"2023-08-23T22:37:25","slug":"parnisari-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2014\/03\/parnisari-6\/","title":{"rendered":"Les effets de la conjoncture ne sont pas que transitoires"},"content":{"rendered":"<p>La conjoncture est souvent d\u00e9finie comme l\u2019ensemble des \u00e9v\u00e9nements affectant l\u2019actualit\u00e9 \u00e9conomique, lorsqu\u2019ils ont une influence limit\u00e9e et concentr\u00e9e sur le <em>court terme<\/em>. Nombreux sont, en effet, ceux qui pensent qu\u2019elle est associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements <em>passagers, provisoires<\/em>, parfois <em>cycliques<\/em>. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes seraient vou\u00e9s \u00e0 se dissoudre progressivement dans les tendances plus profondes et structurelles de nos \u00e9conomies. Ces derni\u00e8res influenceraient alors le devenir \u00e0 <em>long terme<\/em> de nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Or, il faut reconna\u00eetre que les concepts de court et de long termes ne sont pas clairement d\u00e9finis dans la th\u00e9orie \u00e9conomique. Souvent, les \u00e9conomistes se sentent tr\u00e8s emprunt\u00e9s lorsqu\u2019on les interroge sur la d\u00e9finition temporelle (la dur\u00e9e) qu\u2019ils associent \u00e0 ces notions. En fait, m\u00eame s\u2019il est parfois n\u00e9cessaire d\u2019attendre quelques ann\u00e9es afin de pouvoir identifier des \u00e9volutions lentes et structurelles dans nos \u00e9conomies, et de les distinguer des ph\u00e9nom\u00e8nes conjoncturels, il serait faux de croire que les mutations structurelles ne sont pas pr\u00e9sentes en permanence. L\u2019adaptation des cadres r\u00e9glementaires, les changements de comportement ou des prix relatifs, la cr\u00e9ation ou la disparition d\u2019entreprises, l\u2019apparition de nouvelles technologies ou au contraire l\u2019obsolescence confirm\u00e9e de l\u2019appareil productif sont des processus continus<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Mesurer la conjoncture<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Bien que l\u2019on puisse mesurer la conjoncture de plusieurs mani\u00e8res, les \u00e9conomistes et le grand public se concentrent souvent soit:<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>sur les variations (annuelles ou trimestrielles) du produit int\u00e9rieur brut (PIB) en volume, corrig\u00e9 de l\u2019effet des prix, ou de ses composantes;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>sur les r\u00e9sultats des enqu\u00eates de conjoncture (mensuelles ou trimestrielles);<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>sur les indicateurs du march\u00e9 du travail.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que le PIB (ou ses composantes) affiche une tendance \u00e0 la hausse, il est n\u00e9cessaire de calculer son taux de variation pour comprendre son \u00e9volution. Les r\u00e9sultats des enqu\u00eates de conjoncture oscillent normalement aux alentours d\u2019une moyenne historique plus ou moins constante. On peut d\u00e8s lors directement interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats des sondages effectu\u00e9s (solde des r\u00e9ponses obtenues lors d\u2019enqu\u00eates d\u2019opinion sur un domaine sp\u00e9cifique). Pour les indicateurs du march\u00e9 du travail, diff\u00e9rents types de lecture et d\u2019analyses sont possibles (des taux de variation aux quotes-parts en&nbsp;%, comme c\u2019est le cas pour le taux de ch\u00f4mage).<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Calculer le taux de variation du PIB (ou de celui du nombre d\u2019emplois sur le march\u00e9 du travail) n\u2019est pas la seule mani\u00e8re de mesurer la conjoncture. Beaucoup d\u2019analystes, et notamment les \u00e9conomistes des banques centrales et des minist\u00e8res des Finances s\u2019y essaient en calculant le <em>PIB potentiel<\/em> d\u2019un pays. En comparant ce dernier avec le PIB effectif, on obtient alors l\u2019<em>\u00e9cart de production<\/em> (\u00aboutput gap\u00bb).<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Le <em>PIB potentiel<\/em> d\u2019une \u00e9conomie fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son potentiel d\u2019offre (facteurs de production et technologie). Sur une dur\u00e9e de plusieurs ann\u00e9es, la croissance potentielle devrait r\u00e9sulter de la progression de la population active et du progr\u00e8s technique. Sur quelques trimestres, le PIB potentiel peut \u00e9voluer, en fonction notamment des variations du stock de capital. On peut ainsi le consid\u00e9rer comme le PIB \u00abth\u00e9orique\u00bb qu\u2019une \u00e9conomie atteindrait si tous les facteurs de production (capital et travail) \u00e9taient utilis\u00e9s dans des conditions normales. On entend par ce dernier terme un niveau de croissance soutenable et sans tensions inflationnistes.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>L\u2019<em>\u00e9cart de production<\/em> peut \u00eatre positif: cela arrive lorsque le PIB effectif d\u00e9passe le PIB potentiel. Il s\u2019agit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne momentan\u00e9 qui s\u2019accompagne souvent de tensions inflationnistes. \u00c0 l\u2019inverse, une forte baisse de la demande peut impliquer un \u00e9cart n\u00e9gatif entre le <em>PIB effectif<\/em> (alors plus faible) et le PIB potentiel (plus \u00e9lev\u00e9), comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas entre 2009 et 2013 dans la plupart des pays industrialis\u00e9s. L\u2019estimation de l\u2019\u00e9cart de production int\u00e9resse notamment la politique mon\u00e9taire, car il annonce de possibles tensions inflationnistes lorsqu\u2019il est positif et d\u00e9flationnistes dans le cas inverse. En mati\u00e8re de finances publiques, la position relative d\u2019une \u00e9conomie par rapport \u00e0 son PIB potentiel permet de distinguer les composantes conjoncturelle et structurelle dans le solde (d\u00e9ficit ou exc\u00e9dent) des administrations publiques.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Crises financi\u00e8re et \u00e9conomique et &shy;potentiel de croissance<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>La Commission europ\u00e9enne et l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE) calcule chaque ann\u00e9e le PIB potentiel des \u00c9tats europ\u00e9ens, de m\u00eame que celui des autres nations industrialis\u00e9es. Nous nous int\u00e9resserons plus particuli\u00e8rement aux PIB effectif et potentiel des \u00c9tats-Unis, de la zone euro et de la Suisse, sur la p\u00e9riode 1997\u20132015.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Les \u00c9tats-Unis<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Le <i>graphique 1<\/i> montre que (comme on pouvait s\u2019y attendre) la trajectoire du PIB potentiel des \u00c9tats-Unis est plus stable que celle de son PIB effectif et dessine une tendance de long terme. On notera que m\u00eame si la croissance est redevenue positive depuis 2010, l\u2019\u00e9cart de production devrait rester n\u00e9gatif jusqu\u2019en 2015 au moins et s\u2019accompagner ainsi d\u2019un ch\u00f4mage \u00abconjoncturel\u00bb (li\u00e9 \u00e0 la sous-utilisation du potentiel de croissance). <i>Reprise \u00e9conomique<\/i> et <i>retour \u00e0 une bonne conjoncture<\/i> ne doivent pas \u00eatre confondus. On remarquera, par ailleurs, que si la crise financi\u00e8re a eu un impact sur le PIB potentiel des \u00c9tats-Unis (notamment en 2009 et 2010), ce dernier a retrouv\u00e9 \u00e0 partir de 2013\u20132014 un rythme de croissance similaire \u00e0 celui enregistr\u00e9 avant la crise.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/03\/201403_04F_Grafik01.eps1_.gif\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3982\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/03\/201403_04F_Grafik01.eps1_-600x307.gif\" alt=\"201403_04F_Grafik01.eps[1]\" width=\"600\" height=\"307\" \/><\/a><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>La zone euro<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>La zone euro conna\u00eet une situation diff\u00e9rente, plus d\u00e9licate et sans doute plus difficile \u00e0 interpr\u00e9ter (voir <i>graphique 2<\/i>). Non seulement le recul du PIB y a \u00e9t\u00e9 plus marqu\u00e9 qu\u2019aux \u00c9tats-Unis en 2009, mais l\u2019impact des crises financi\u00e8re et \u00e9conomique sur le niveau et le taux de croissance du PIB potentiel semble plus important. On notera que le potentiel de croissance de la zone euro est pass\u00e9 d\u2019environ 2% avant la crise financi\u00e8re \u00e0 0,5% apr\u00e8s celle-ci, selon les calculs de la Commission europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2><a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/03\/201403_04F_Grafik02.eps1_.gif\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3984\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/03\/201403_04F_Grafik02.eps1_-600x300.gif\" alt=\"201403_04F_Grafik02.eps[1]\" width=\"600\" height=\"300\" \/><\/a><\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>La Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution des PIB effectif et potentiel helv\u00e9tiques entre 1997 et 2015 semble indiquer qu\u2019aucun effet permanent ne s\u2019est manifest\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, selon les calculs de l\u2019OCDE (voir <i>graphique 3<\/i>). Si la crise financi\u00e8re a eu des effets n\u00e9gatifs sur le niveau ou le taux de croissance du PIB potentiel durant cette p\u00e9riode, d\u2019autres facteurs semblent avoir eu des effets inverses (de sorte que les taux de croissance du PIB potentiel et le niveau de celui-ci ne semblent pas avoir beaucoup souffert durant cette p\u00e9riode). On peut penser notamment \u00e0 la croissance d\u00e9mographique soutenue durant cette m\u00eame p\u00e9riode et \u00e0 son effet positif sur la croissance potentielle.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/03\/201403_04F_Grafik03.eps1_.gif\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3985\" src=\"http:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2014\/03\/201403_04F_Grafik03.eps1_-600x296.gif\" alt=\"201403_04F_Grafik03.eps[1]\" width=\"600\" height=\"296\" \/><\/a><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>La crise conjoncturelle a des implications \u00e0 court, moyen et long termes<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>L\u2019actualit\u00e9 des derni\u00e8res ann\u00e9es semble avoir eu trois types d\u2019effets diff\u00e9rents sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique:<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li><em>Des effets transitoires:<\/em> une crise conjoncturelle grave \u2013 dans ce cas, la crise financi\u00e8re de 2009 \u2013 affecte les variations du PIB effectif, mais ne p\u00e8serait qu\u2019\u00e0 court terme sur celui-ci. Le PIB effectif reviendrait rapidement sur sa trajectoire de croissance et le PIB potentiel ne serait pas affect\u00e9 par la crise (ou uniquement de mani\u00e8re transitoire). Le niveau du PIB potentiel peut effectivement baisser momentan\u00e9ment, mais aussi se redresser rapidement et dans une \u00e9gale mesure (ni le niveau, ni le taux de croissance du PIB potentiel ne seraient r\u00e9ellement affect\u00e9s par la crise). Ce sc\u00e9nario semble correspondre au cas suisse, si l\u2019on s\u2019en r\u00e9f\u00e8re aux estimations de l\u2019OCDE du PIB potentiel (avec les nuances mentionn\u00e9es ant\u00e9rieurement).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li><em>Des effets durables, mais non permanents:<\/em> une crise conjoncturelle grave peut affecter le PIB effectif et le PIB potentiel. Dans ce cas, le niveau du PIB potentiel s\u2019en trouve \u00abdurablement\u00bb affect\u00e9, mais sa croissance renoue assez rapidement avec le rythme qui \u00e9tait le sien avant la crise. Ce sc\u00e9nario semble s\u2019observer en partie aux \u00c9tats-Unis.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li><em>Des effets durables et permanents:<\/em> une crise conjoncturelle grave peut affecter l\u2019\u00e9conomie en profondeur, si non seulement le PIB potentiel ne retrouve pas sa tendance d\u2019expansion d\u2019avant la crise, mais qu\u2019il s\u2019en \u00e9loigne avec le temps, en raison d\u2019un taux de croissance potentiel r\u00e9duit. La zone euro pourrait en constituer une bonne illustration, si l\u2019on en croit les estimations de la Commission europ\u00e9enne.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Une litt\u00e9rature nourrie a cherch\u00e9 \u00e0 identifier l\u2019origine de telles diff\u00e9rences. Elle en revient souvent aux cons\u00e9quences de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique sur les d\u00e9terminants de la croissance \u00e0 long terme: changement du taux de ch\u00f4mage structurel et du taux de participation sur le march\u00e9 du travail, effets d\u2019hyst\u00e9r\u00e8se sur le march\u00e9 du travail, d\u00e9t\u00e9rioration du capital humain, baisse des investissements en recherche et d\u00e9veloppement, changement du cadre r\u00e9glementaire, etc. Dans le cas de la zone euro, il faut \u00e9galement retenir le mauvais \u00e9tat de sant\u00e9 du secteur bancaire, qui ne joue plus son r\u00f4le de financement des investissements dans beaucoup de pays, depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>L\u2019estimation des potentiels de croissance d\u00e9bouche, toutefois, sur des r\u00e9sultats fragiles, qui devront \u00eatre r\u00e9vis\u00e9s lorsqu\u2019on disposera d\u2019un recul plus important sur les caract\u00e9ristiques de la reprise dans les diff\u00e9rents pays. L\u2019analyse conjoncturelle gagne en acuit\u00e9 avec le temps.<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Ne pas confondre les outils de la &shy;politique \u00e9conomique<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es lors de l\u2019iden-tification, la s\u00e9paration des ph\u00e9nom\u00e8nes conjoncturels et structurels ainsi que l\u2019impossibilit\u00e9 de croire que ces deux influences soient ind\u00e9pendantes ne signifient pas pour autant que les outils de la politique \u00e9conomique doivent \u00eatre confondus. La th\u00e9orie \u00e9conomique et l\u2019observation des ann\u00e9es 1960\u20132013 laissent peu de doute sur les outils \u00e0 mettre en \u0153uvre lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019agir rapidement ou de mani\u00e8re cons\u00e9quente sur la conjoncture ou plus indirectement sur certains comportements et sur les structures de l\u2019\u00e9conomie (les fameuses conditions-cadres). La politique mon\u00e9taire, de m\u00eame que la politique budg\u00e9taire dans certains cas offrent des outils permettant d\u2019influencer la conjoncture. Par contre, la qualit\u00e9 de l\u2019environnement r\u00e9glementaire, la politique concernant le march\u00e9 de l\u2019emploi, les arrangements institutionnels li\u00e9s aux assurances sociales et les politiques d\u2019immigration dans les pays confront\u00e9s \u00e0 un fort vieillissement d\u00e9mographique continueront notamment \u00e0 jouer un r\u00f4le central pour les perspectives de croissance \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents liens entre conjoncture et structure sont t\u00e9nus. La r\u00e9duction des d\u00e9s-\u00e9quilibres structurels se fait toujours dans un contexte conjoncturel donn\u00e9. Pensons notamment \u00e0 la r\u00e9duction des d\u00e9ficits structurels des administrations publiques dans la zone euro en 2012 et 2013. Il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019une exigence incontournable afin d\u2019\u00e9viter une nouvelle crise financi\u00e8re. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, l\u2019abus d\u2019outils conjoncturels peut de nouveau faire plonger des \u00e9conomies dans de nouveaux d\u00e9s\u00e9quilibres structurels. Nous pouvons penser aux risques li\u00e9s au maintien de politiques mon\u00e9taires tr\u00e8s expansionnistes dans plusieurs pays industrialis\u00e9s. Court et long termes sont bel et bien li\u00e9s; la r\u00e9alit\u00e9 ne se laisse pas enfermer dans une vision binaire du temps.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">En poussant le raisonnement \u00e0 son extr\u00eame, on pourrait dire que le court terme se termine aujourd\u2019hui et le long terme commence demain.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Qu\u2019en est-il du diagnostic courant? \u00c0 l\u2019\u00e9poque des anciens films photographiques, qui \u00e9taient d\u00e9velopp\u00e9s en chambre noire avec un r\u00e9v\u00e9lateur et un fixateur chimiques, l\u2019image n\u2019apparaissait d\u2019abord que sous forme de contours. Puis, progressivement (en quelques secondes), celle-ci se pr\u00e9cisait pour laisser appara\u00eetre l\u2019ensemble du motif photographi\u00e9. Le diagnostic conjoncturel partage de fortes similitudes avec cet ancien proc\u00e9d\u00e9, sauf qu\u2019il faut souvent attendre quelques trimestres, voire des ann\u00e9es, pour que l\u2019image conjoncturelle se pr\u00e9cise davantage.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La conjoncture est souvent d\u00e9finie comme l\u2019ensemble des \u00e9v\u00e9nements affectant l\u2019actualit\u00e9 \u00e9conomique, lorsqu\u2019ils ont une influence limit\u00e9e et concentr\u00e9e sur le court terme. Nombreux sont, en effet, ceux qui pensent qu\u2019elle est associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements passagers, provisoires, parfois cycliques. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes seraient vou\u00e9s \u00e0 se dissoudre progressivement dans les tendances plus profondes et structurelles [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":4021,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":4021,"seco_co_author":[2777,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Leiter Ressort Konjunktur, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern.","seco_author_post_occupation_fr":"Chef du secteur Conjon\u00adcture, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 \u00adl\u2019\u00e9conomie SECO, Berne","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":2777,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"\u00d6konom, Geldpolitik und Konjunktur, Eidgen\u00f6ssische Finanzverwaltung (EFV), Bern","seco_co_author_post_occupation_fr":"\u00c9conomiste, domaine Politique mon\u00e9taire et conjoncture, Administration f\u00e9d\u00e9rale des finances (AFF), Berne"}],"short_title":"","post_lead":"Quels effets la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique de 2008\/2009 a-t-elle eu sur la conjoncture (ou \u00e0 court terme) et quels sont ceux qui dureront (\u00e0 long terme)? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, il faut d\u2019abord d\u00e9finir \u00abconjoncture\u00bb et \u00abstructure\u00bb et exposer les instruments utilis\u00e9s pour les mesurer. La crise pourrait avoir eu des effets transitoires, durables mais non permanents, enfin durables et permanents. Actuellement, les deux premiers raient davantage la Suisse et les \u00c9tats-Unis, le dernier la zone euro. La politique dispose d\u2019outils pour agir, ou tenter d\u2019agir, \u00e0 court ou long terme sur l\u2019\u00e9conomie. Toutefois, les interactions sont complexes.","post_hero_image_description":"Les effets de la crise ont \u00e9t\u00e9 transitoires dans certains pays et durables dans d\u2019autres. Ils ont surtout \u00e9t\u00e9 transitoires. Dans l\u2019industrie automobile. En illustration: cha\u00eene d\u2019assemblage \u00e0 Detroit.","post_hero_image_description_copyright_de":"Keystone","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":148617,"main_focus":[156674,157281],"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"2874","post_abstract":"","magazine_issue":"20140301","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54ae73153840a"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148614"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4021"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=148614"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148614\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188880,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148614\/revisions\/188880"}],"acf:post":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/157281"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/main_focus_post\/156674"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2777"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4021"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=148614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=148614"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=148614"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=148614"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=148614"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=148614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}