{"id":148852,"date":"2013-11-01T12:00:00","date_gmt":"2013-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/11\/beljean-4\/"},"modified":"2023-08-24T00:39:25","modified_gmt":"2023-08-23T22:39:25","slug":"beljean-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/11\/beljean-4\/","title":{"rendered":"Les finances publiques suisses en comparaison internationale: discipline exemplaire ou circonstances favorables?"},"content":{"rendered":"<p>La d\u00e9t\u00e9rioration des finances publiques, survenue partout dans le monde depuis l\u2019\u00e9clatement de\u00a0la crise financi\u00e8re en 2008, s\u2019est mu\u00e9e en une crise de la dette souveraine dans plusieurs pays. Elle continuera encore longtemps de freiner la croissance mondiale et de dominer les controverses que suscite la politique \u00e9conomique. La Suisse a\u00a0su se mettre \u00e0 l\u2019abri de cette tendance internationale et ses finances publiques affichent une sant\u00e9 \u00e9clatante. On pourrait toutefois se demander comment en r\u00e9partir le m\u00e9rite, entre la politique budg\u00e9taire et les circonstances macro\u00e9conomiques. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201311_18_Beljean_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"230\" \/>&#13;<\/p>\n<p class=\"bildquelle\">Photo: Keystone<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\nSi l\u2019on compare quelques agr\u00e9gats suisses en mati\u00e8re de finances publiques \u00e0 ceux de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) et de certains de ses \u00c9tats, on voit se dessiner un tableau riche en facettes. Nous nous int\u00e9resserons dans ce cas pr\u00e9cis \u00e0 l\u2019\u00e9volution suivie par les soldes de financement et le taux d\u2019endettement de toutes les administrations publiques (Conf\u00e9d\u00e9ration, cantons, communes, assurances sociales), en pourcentage du produit int\u00e9rieur brut (PIB). Le <i>graphique 1<\/i> repr\u00e9sente l\u2019\u00e9volution de ces deux param\u00e8tres budg\u00e9taires dans certains pays entre 2007 et 2012. La fl\u00e8che pointe en direction de 2012.La Suisse est dans une situation exceptionnelle. Son solde s\u2019est certes r\u00e9duit pendant cette p\u00e9riode, mais il reste positif; son taux d\u2019endettement a diminu\u00e9. Parmi tous les pays sur lesquels porte la comparaison, seule la Su\u00e8de pr\u00e9sente une \u00e9volution positive (avec cependant un d\u00e9ficit pour 2012). Dans tous les autres pays de l\u2019UE, le taux d\u2019endettement s\u2019est accru. Pour vingt d\u2019entre eux \u2013 parmi lesquels l\u2019Italie et la France, dont le taux d\u2019endettement d\u00e9passait avant m\u00eame la crise financi\u00e8re la limite de 60% pr\u00e9vue par les crit\u00e8res de Maastricht \u2013, il a augment\u00e9 de plus de vingt points. Concernant le solde budg\u00e9taire, la situation s\u2019est notablement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e dans l\u2019UE pendant les ann\u00e9es de crise. Parmi ses 27 \u00c9tats membres, l\u2019Allemagne est le seul qui, \u00e0 l\u2019instar de la Suisse, n\u2019a pas enregistr\u00e9 de d\u00e9ficit budg\u00e9taire en 2007 et 2012. Son taux d\u2019endettement a n\u00e9anmoins progress\u00e9 de plus de dix points, ce qui traduit une plong\u00e9e dans les chiffres rouges, due \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de voler au secours de certaines banques. En 2007, avant la crise, onze \u00c9tats membres de l\u2019UE \u00e9taient encore exc\u00e9dentaires et seuls trois enregistraient un d\u00e9ficit d\u00e9passant la limite de 3% pr\u00e9vue par les crit\u00e8res de Maastricht. Dans la p\u00e9riode sous revue, le solde budg\u00e9taire a recul\u00e9 dans tous les pays de l\u2019UE (\u00e0 l\u2019exception de la Hongrie et de la Roumanie), si bien que 25 pays enregistraient des d\u00e9ficits en 2012 (qui d\u00e9passaient 3% du PIB pour seize d\u2019entre eux).&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019influence de la conjoncture<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 coup s\u00fbr, la crise financi\u00e8re, puis \u00e9conomique, a \u00e9t\u00e9 pour beaucoup dans la d\u00e9t\u00e9rioration des finances publiques. Dans les pays qui ont d\u00fb secourir certaines de leurs banques pour \u00e9viter un effondrement du syst\u00e8me financier, les pouvoirs publics ont h\u00e9rit\u00e9 de dettes priv\u00e9es. Le recul des recettes fiscales du fait de la r\u00e9cession, l\u2019augmentation des d\u00e9penses suite \u00e0 la hausse du ch\u00f4mage et les mesures discr\u00e9tionnaires de stabilisation conjoncturelle ont \u00e0 leur tour pes\u00e9 sur les soldes budg\u00e9taires et contribu\u00e9 \u00e0 creuser la dette. L\u2019autre facteur, \u00e0 savoir la d\u00e9t\u00e9rioration des soldes en raison de la conjoncture, n\u2019est pas en soi probl\u00e9matique du point de vue budg\u00e9taire, car on peut escompter qu\u2019\u00e0 moyen ou \u00e0 long terme, la reprise \u00e9conomique y rem\u00e9diera. Cette \u00e9volution cyclique est m\u00eame souhaitable au niveau de la politique conjoncturelle.Le <i>graphique 2<\/i> fait appara\u00eetre pour la Suisse et quatre pays de l\u2019UE le lien entre conjoncture et soldes budg\u00e9taires. Ce dernier, calcul\u00e9 en&nbsp;% des d\u00e9penses totales, est associ\u00e9 au taux d\u2019utilisation des capacit\u00e9s de production (soit l\u2019\u00e9cart de production que repr\u00e9sente le rapport PIB r\u00e9el\/PIB potentiel). Le nuage de points qui en r\u00e9sulte permet de calculer des droites de r\u00e9gression lin\u00e9aire pour les ann\u00e9es 2003 \u00e0 2012. Pour tous les pays, les lignes font appara\u00eetre le rapport positif auquel on pouvait s\u2019attendre: mieux les capacit\u00e9s \u00e9conomiques sont utilis\u00e9es, plus le solde s\u2019am\u00e9liore (et vice versa). Le graphique fait \u00e9galement ressortir des diff\u00e9rences notables entre l\u2019emplacement des lignes. \u00c0 l\u2019intersection avec l\u2019axe y (donc avec une utilisation normale des capacit\u00e9s de production), seules la Suisse et la Su\u00e8de affichent un solde positif. Cela donne \u00e0 penser que ces deux pays \u00e9taient les seuls \u00e0 pr\u00e9senter un budget structurel (autrement dit qui ne tient pas compte des variations conjoncturelles) \u00e9quilibr\u00e9.Ces donn\u00e9es permettent de conclure que les d\u00e9ficits des ann\u00e9es de crise ne sont que partiellement imputables \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration du contexte \u00e9conomique. En phase de haute conjoncture, soit de 2004 \u00e0 2007, l\u2019UE dans son ensemble (et m\u00eame la zone euro) \u00e9tait chaque ann\u00e9e d\u00e9ficitaire. Quant aux \u00c9tats membres, les deux tiers d\u2019entre eux enregistraient des d\u00e9ficits publics. Entre le d\u00e9but de 2004 et la fin de 2007, seuls quatre pays de l\u2019UE (Bulgarie, Danemark, Finlande, Su\u00e8de) ont r\u00e9duit leur taux d\u2019endettement. Tout ceci indique que les budgets publics de la plupart des pays de l\u2019UE pr\u00e9sentaient des d\u00e9s\u00e9quilibres structurels avant l\u2019\u00e9clatement de la crise des march\u00e9s financiers.La Suisse, elle, s\u2019\u00e9tait dot\u00e9e de nombreuses r\u00e8gles budg\u00e9taires au niveau cantonal et communal, et avait introduit en 2003 le frein \u00e0 l\u2019endettement au niveau f\u00e9d\u00e9ral. Gr\u00e2ce \u00e0 ces mesures, les finances publiques se sont durablement am\u00e9lior\u00e9es, ce qui s\u2019est traduit par les exc\u00e9dents enregistr\u00e9s depuis 2006. La Suisse a tir\u00e9 parti de ces exc\u00e9dents pour r\u00e9duire sa dette publique. Si elle s\u2019en sort si bien en comparaison internationale, elle le doit \u00e9galement au fait d\u2019avoir pris, avant la crise, les mesures qui s\u2019imposaient en mati\u00e8re de politique budg\u00e9taire. De la sorte, elle a \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019affronter ces turbulences avec des finances publiques saines.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9volution des recettes et des d\u00e9penses<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe <i>graphique 2<\/i> montre \u00e9galement que la Suisse est rest\u00e9e relativement \u00e0 l\u2019abri de la r\u00e9cession mondiale: les valeurs n\u00e9gatives li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cart de production tendent nettement moins vers la gauche que pour les pays europ\u00e9ens compar\u00e9s. Le <i>graphique 3<\/i> souligne les effets de ces diverses \u00e9volutions. Il d\u00e9taille les soldes budg\u00e9taires en indiquant l\u2019\u00e9volution des quotes-parts du d\u00e9ficit et de l\u2019exc\u00e9dent budg\u00e9taire. Par ailleurs, la croissance est indiqu\u00e9e pour deux sous-p\u00e9riodes: l\u2019une va de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique \u00e0 celle de la dette (2007\u20132010); la seconde prend le relais jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui (2010\u20132012). Les fl\u00e8ches montrent donc l\u2019\u00e9volution de la dynamique budg\u00e9taire entre la premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me p\u00e9riode partielle.Dans tous les pays de l\u2019UE sur lesquels porte la comparaison, les fl\u00e8ches pointent vers le bas \u00e0 droite. Autrement dit, la croissance de leurs recettes s\u2019est renforc\u00e9e et celle de leurs d\u00e9penses a \u00e9t\u00e9 brid\u00e9e. \u00c0 l\u2019excep- tion de la Su\u00e8de, les triangles se situent au-dessous de la bissectrice, ce qui signifie que ces pays ont su r\u00e9duire leur d\u00e9ficit pendant la p\u00e9riode 2010\u20132012. La Suisse se distingue \u00e9galement \u00e0 cet \u00e9gard. Elle a accru ses d\u00e9penses durant la deuxi\u00e8me sous-p\u00e9riode. De m\u00eame que la Su\u00e8de, elle se situe au-dessus de la bissectrice, m\u00eame si elle s\u2019en rapproche beaucoup plus fortement et continue de pr\u00e9senter un exc\u00e9dent (voir <i>graphique 1<\/i>).Cette \u00e9volution est largement tributaire de la croissance \u00e9conomique (voir <i>tableau 1<\/i>). Cette derni\u00e8re est \u00e9lev\u00e9e durant toute la deuxi\u00e8me sous-p\u00e9riode, ce qui explique, du moins partiellement, le changement dans la dynamique des recettes et des d\u00e9penses. Plus particuli\u00e8rement, le long chemin parcouru par le PIB allemand \u2013 et, \u00e0 un moindre degr\u00e9, les PIB autrichien et su\u00e9dois \u2013 devrait \u00eatre la principale explication au mouvement lat\u00e9ral marqu\u00e9 qui le caract\u00e9rise sur le graphique 3. L\u2019Allemagne est par ailleurs parvenue \u00e0 r\u00e9fr\u00e9ner \u00e0 nouveau sa politique budg\u00e9taire expansionniste des ann\u00e9es de crise. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019Italie, pendant ces deux p\u00e9riodes, enregistre des recettes en croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, alors m\u00eame que son \u00e9conomie se contracte, ce qui indique clairement qu\u2019elles proviennent surtout des augmentations d\u2019imp\u00f4ts.Quant \u00e0 la Suisse, une impression se confirme: sa situation favorable est notamment due au fait que son \u00e9conomie a relativement peu souffert de la r\u00e9cession mondiale.&#13;<\/p>\n<h2>Charges d\u2019int\u00e9r\u00eat et dettes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes ann\u00e9es de crise n\u2019ont pas seulement mis en \u00e9vidence la d\u00e9pendance des soldes budg\u00e9taires par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9volution des PIB, mais \u00e9galement le fait que les pays fortement endett\u00e9s sont beaucoup plus expos\u00e9s aux chocs macro\u00e9conomiques. On en trouvera l\u2019illustration en examinant les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des obligations \u00e9mises par les \u00c9tats de la zone euro. Leurs disparit\u00e9s \u00e9taient autrefois tr\u00e8s forte; elles se sont aplanies lorsque l\u2019introduction de l\u2019euro a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e. \u00c0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, on a vu les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de pays comme l\u2019Italie, o\u00f9 ils \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s, rejoindre ceux de l\u2019Allemagne. La solvabilit\u00e9 de cette derni\u00e8re rejaillissait implicitement sur toute la zone euro gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019uniformisation des taux d\u2019inflation. Cette lecture a profit\u00e9 \u00e0 tous les pays ayant connu des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s et des dettes souveraines importantes, au premier rang desquels figure l\u2019Italie. En 1993, ce pays devait consacrer 22,5% de ses d\u00e9penses au service de sa dette. Avec l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019euro et la r\u00e9duction des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les emprunts de l\u2019\u00c9tat italien, cette part a graduellement diminu\u00e9 pour atteindre 8,8% en 2009. La crise financi\u00e8re a clairement d\u00e9montr\u00e9 aux acteurs des march\u00e9s financiers que, m\u00eame dans un espace mon\u00e9taire unique, la solvabilit\u00e9 des diff\u00e9rents \u00c9tats membres n\u2019est pas identique et que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de leurs emprunts ne doivent pas \u00eatre uniform\u00e9ment align\u00e9s sur ceux du premier de la classe. Cette prise de conscience a amen\u00e9 les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 diverger de nouveau. D\u00e9sormais, la solvabilit\u00e9 des pays dont les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9taient autrefois \u00e9lev\u00e9s est \u00e9valu\u00e9e de fa\u00e7on plus r\u00e9aliste, ce qui provoque leur remont\u00e9e.Ce choc des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat porte d\u2019autant plus \u00e0 cons\u00e9quence que l\u2019endettement s\u2019aggrave. Apr\u00e8s avoir atteint son plus bas niveau en 2009, la part de la charge d\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Italie dans les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat est remont\u00e9e en 2012 \u00e0 10,7%. Lorsque le pays a d\u00fb refinancer des emprunts d\u2019\u00c9tat contract\u00e9s dans la p\u00e9riode o\u00f9 les taux \u00e9taient bas, il lui a fallu faire face \u00e0 une charge d\u2019int\u00e9r\u00eat accrue. La part de cette derni\u00e8re dans les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat est appel\u00e9e \u00e0 s\u2019accro\u00eetre et \u00e0 restreindre encore la marge de man\u0153uvre politique de l\u2019Italie. Cet effet risque de s\u2019aggraver lorsque la BCE commencera \u00e0 revenir sur sa politique mon\u00e9taire accommodante.Le <i>graphique 4<\/i> fait ressortir cette situation en confrontant le solde de financement total au solde primaire (solde sans les charges d\u2019int\u00e9r\u00eat). On voit \u00e0 quel point le service de la dette restreint la marge de man\u0153uvre politique. L\u2019Italie, par exemple, n\u2019a cess\u00e9 d\u2019enregistrer des d\u00e9ficits depuis 1990 ind\u00e9pendamment de la conjoncture. Ces derniers se sont certes r\u00e9duits, gr\u00e2ce \u00e9galement \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019euro et \u00e0 la baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat qui en r\u00e9sultait. Toutefois, depuis 2010, les deux soldes \u00e9voluent \u00e0 nouveau en sens contraire. Les d\u00e9penses d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9tant appel\u00e9es \u00e0 progresser, la situation budg\u00e9taire de l\u2019Italie devrait, selon toute probabilit\u00e9, continuer \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer. Cela d\u00e9clenchera une dynamique pr\u00e9judiciable, d\u00e8s lors que l\u2019alourdissement de la charge d\u2019int\u00e9r\u00eat entra\u00eenera un accroissement de la dette. En France, on ne voit pour l\u2019instant pas le paiement des int\u00e9r\u00eats peser sur la marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire, m\u00eame si la dette a augment\u00e9 de plus de 50% entre 2007 et 2012. Certes, le niveau d\u2019endettement de la France est clairement inf\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019Italie, mais notre voisin occidental pr\u00e9sente un solde primaire d\u00e9ficitaire. En d\u2019autres termes, m\u00eame sans tenir compte de la charge d\u2019int\u00e9r\u00eat, la France m\u00e8ne actuellement une politique budg\u00e9taire qui creusera la dette. Elle n\u2019est pas la seule. Entre 2007 et 2012, les deux tiers des pays de l\u2019UE pr\u00e9sentaient des soldes primaires n\u00e9gatifs.En Suisse, et davantage encore en Su\u00e8de, la dette et la charge d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9voluent dans l\u2019autre sens. La r\u00e9duction de la dette op\u00e9r\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es a \u00e9largi la marge de man\u0153uvre de l\u2019\u00c9tat et r\u00e9duit encore l\u2019exposition budg\u00e9taire \u00e0 l\u2019\u00e9volution des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat.&#13;<\/p>\n<h2>La diminution de la dette a \u00e9t\u00e9 profitable<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa plupart des probl\u00e8mes budg\u00e9taires europ\u00e9ens sont apparus avant la crise. Bon nombre de pays actuellement \u00e0 la peine pr\u00e9sentaient d\u00e9j\u00e0 des d\u00e9ficits structurels et un taux d\u2019endettement relativement \u00e9lev\u00e9, si bien que leurs finances publiques \u00e9taient fortement expos\u00e9es aux chocs macro\u00e9conomiques. Si la Suisse fait partie des pays d\u2019Europe qui s\u2019en sortent le mieux, ce n\u2019est pas seulement parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 largement \u00e9pargn\u00e9e par la crise. Elle le doit aussi \u00e0 la bonne sant\u00e9 de ses finances publiques au d\u00e9but de celle-ci, et notamment au fait que les profits des ann\u00e9es de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour r\u00e9duire la dette.Cependant, la crise a \u00e9galement fait appara\u00eetre que m\u00eame des pays consid\u00e9r\u00e9s comme bien positionn\u00e9s, tels que l\u2019Irlande, peuvent tr\u00e8s rapidement poser probl\u00e8me lorsque leur talon d\u2019Achille est atteint. Avec son march\u00e9 de l\u2019immobilier menac\u00e9 de surchauffe, le poids consid\u00e9rable de son secteur financier et sa grande d\u00e9pendance par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9conomie mondiale, la Suisse est aussi expos\u00e9e \u00e0 des risques importants. Le d\u00e9fi pour sa politique budg\u00e9taire consiste \u00e0 \u00e9viter tout exc\u00e8s de confiance, pour emp\u00eacher qu\u2019un revers de fortune ne vire \u00e0 la crise.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution du solde et de la dette, 2007\u20132012\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9cart de production et solde des d\u00e9penses publiques, 2003\u20132012\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abCroissance des recettes et des d\u00e9penses, 2007\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4: \u00abSolde de financement et solde primaire (solde sans charges d\u2019int\u00e9r\u00eat), 1990\u20132012\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abCroissance annuelle moyenne du PIB r\u00e9el\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9t\u00e9rioration des finances publiques, survenue partout dans le monde depuis l\u2019\u00e9clatement de\u00a0la crise financi\u00e8re en 2008, s\u2019est mu\u00e9e en une crise de la dette souveraine dans plusieurs pays. Elle continuera encore longtemps de freiner la croissance mondiale et de dominer les controverses que suscite la politique \u00e9conomique. La Suisse a\u00a0su se mettre \u00e0 l\u2019abri [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3317,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3317,"seco_co_author":[3947,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Leiter der Sektion Finanzplanung, Budget, Eidg. 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