{"id":149057,"date":"2013-09-01T12:00:00","date_gmt":"2013-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/09\/baumberger-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:40:22","modified_gmt":"2023-08-23T22:40:22","slug":"baumberger-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/09\/baumberger-2\/","title":{"rendered":"Les bas salaires en Suisse: analyse de la situation"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019initiative sur les salaires minimums pose assez directement la question de la juste r\u00e9partition des salaires. La Suisse ne conna\u00eet aucun salaire minimum national et le taux de couverture des conventions collectives de travail se situe dans la moyenne internationale. Malgr\u00e9 cela, les r\u00e9mun\u00e9rations se r\u00e9partissent de fa\u00e7on tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e et les bas salaires sont proportionnellement peu nombreux. Cette\u00a0situation a peu chang\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, m\u00eame avec l\u2019ouverture du march\u00e9 du travail aux ressortissants de l\u2019UE.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Suisse, l\u2019\u00c9tat ne s\u2019immisce en principe pas dans les questions d\u2019ordre salarial. C\u2019est l\u2019une des caract\u00e9ristiques principales de sa politique du march\u00e9 du travail. Ce sont les partenaires sociaux qui n\u00e9gocient les conditions de travail et les salaires au niveau des branches ou des entreprises, ou les collaborateurs \u00e0 titre individuel avec leurs employeurs. Gr\u00e2ce \u00e0 cette approche mixte, les salaires n\u00e9goci\u00e9s tiennent compte de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique et de l\u2019\u00e9volution dans les diff\u00e9rentes branches, r\u00e9gions et entreprises.Les conventions collectives de travail (CCT) permettent notamment fixer des salaires minimums, \u00e9quilibrant par ce biais la r\u00e9partition salariale. Les montants minimums pr\u00e9vus par les CCT varient, cependant, tr\u00e8s souvent en fonction des exigences li\u00e9es \u00e0 l\u2019activit\u00e9, de la qualification, du nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019\u00e9tablissement ou de la r\u00e9gion; ils prennent ainsi en compte les particularit\u00e9s des branches et des entreprises. Selon la situation, il se peut que les partenaires sociaux aient convenu dans une CCT d\u2019un salaire minimum inf\u00e9rieur \u00e0 celui pr\u00e9vu par l\u2019initiative, fix\u00e9 \u00e0 22 francs de l\u2019heure. D\u00e8s lors, un taux de couverture \u00e9lev\u00e9 de CCT ne va pas forc\u00e9ment de pair avec un faible taux de bas salaires.Par le pass\u00e9, les salaires ont bien tenu compte de l\u2019\u00e9volution macro\u00e9conomique et des \u00e9carts de productivit\u00e9 entre les branches, comme l\u2019illustre \u00e0 juste titre le niveau \u00e9lev\u00e9 de l\u2019emploi et le faible taux de ch\u00f4mage que conna\u00eet la Suisse depuis plusieurs d\u00e9cennies. Peu de pays r\u00e9ussissent aussi bien qu\u2019elle dans le domaine de l\u2019int\u00e9gration au march\u00e9 du travail; ceci vaut \u00e9galement pour les personnes faiblement qualifi\u00e9es.Or, quelle est v\u00e9ritablement la position de la Suisse, par rapport \u00e0 d\u2019autre pays, en mati\u00e8re de r\u00e9partition des salaires? L\u2019intervention mod\u00e9r\u00e9e de l\u2019\u00c9tat dans la r\u00e9gulation des salaires entra\u00eene-t-elle une in\u00e9galit\u00e9 particuli\u00e8rement marqu\u00e9e? Quel est le taux de bas salaires en Suisse en comparaison transversale, et quels groupes de personnes et branches \u00e9conomiques sont-ils le plus souvent touch\u00e9s? Quelles cons\u00e9quences aurait l\u2019introduction d\u2019un salaire minimum au niveau national? Quelle serait son influence sur la situation \u00e9conomique des m\u00e9nages \u00e0 bas revenu?&#13;<\/p>\n<h2>Un taux de bas salaires faible et stable<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDiff\u00e9rentes mesures permettent de comparer la r\u00e9partition des salaires au niveau international. Souvent, on calcule un \u00abtaux de bas salaires\u00bb qui repr\u00e9sente la quote-part des emplois r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s en dessous d\u2019un seuil fix\u00e9 \u00e0 deux tiers du salaire m\u00e9dian&#13;<br \/>\nLe salaire m\u00e9dian partage l\u2019ensemble des salari\u00e9s en deux groupes de m\u00eame taille: pour une moiti\u00e9 des emplois, le salaire standardis\u00e9 est au-dessus de cette valeur, pour l\u2019autre au-dessous..En comparaison internationale, la Suisse se distingue par un faible taux d\u2019emplois peu r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s (voir <i>graphique 1<\/i>). Selon l\u2019OCDE, seuls la Belgique, la Finlande et le Portugal enregistraient en 2010 un taux de bas salaires inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la Suisse. Il est par contre nettement plus \u00e9lev\u00e9 dans les pays anglo-saxons, mais aussi en Allemagne ou en Autriche.D\u2019autres chiffres confirment que la r\u00e9partition des salaires en Suisse est relativement \u00e9quilibr\u00e9e dans le bas de l\u2019\u00e9chelle. Selon des calculs de l\u2019OCDE pour 2010, le salaire au-dessous duquel se situent 10% des travailleurs (1er d\u00e9cile de la r\u00e9partition des salaires) \u00e9quivalait en Suisse \u00e0 68% du salaire m\u00e9dian brut. Seules les valeurs affich\u00e9es par la Belgique et la Su\u00e8de \u00e9taient sensiblement sup\u00e9rieures, avec un taux de presque 70%. Par contre, dans les pays anglo-saxons, mais aussi en Allemagne et en Autriche, les 10% des employ\u00e9s les moins bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s gagnaient seulement 60% du salaire m\u00e9dian, voire nettement moins. En Suisse, le taux d\u2019emplois \u00e0 bas salaires dans l\u2019\u00e9conomie priv\u00e9e et au sein de la Conf\u00e9d\u00e9ration s\u2019est maintenu \u00e0 un niveau pratiquement constant&#13;<br \/>\nSelon des calculs du Seco sur la base de l\u2019Enqu\u00eate suisse sur la structure des salaires (ESS) de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS).. Durant cette p\u00e9riode, 11,9% en moyenne de tous les postes se situaient en dessous du seuil de bas salaire, une proportion qui a l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 en 2010, avec 12,3%. Exprim\u00e9 en \u00e9quivalents plein temps (volume de travail), le taux de bas salaires \u00e9tait en moyenne de 10,7% entre 1996 et 2010 (10,6% en 2010).Cette constance masque, toutefois, deux tendances oppos\u00e9es. Alors que le taux des bas salaires a l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 chez les hommes pendant cette p\u00e9riode, passant de 5,2% en 1996 \u00e0 5,9 en 2010, il a recul\u00e9 chez les femmes de 23 \u00e0 18,4%.&#13;<\/p>\n<h2>Quelles seraient les cons\u00e9quences d\u2019un salaire minimum de 22 francs de l\u2019heure?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019initiative sur les salaires minimums d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019Union syndicale suisse (USS) et sur laquelle le Parlement d\u00e9lib\u00e8re actuellement, demande l\u2019introduction d\u2019un salaire minimum de 22 francs de l\u2019heure&#13;<br \/>\nDes informations concernant l\u2019initiative populaire f\u00e9d\u00e9rale Pour la protection de salaires \u00e9quitables (initiative sur les salaires minimums) sont disponibles sur le site de la Chancellerie f\u00e9d\u00e9rale, sous les rubriques \u00abTh\u00e8mes\u00bb, \u00abDroit populaire\u00bb, \u00abInitiatives populaires\u00bb.. Compar\u00e9e aux donn\u00e9es salariales r\u00e9colt\u00e9es dans le cadre de l\u2019<i>Enqu\u00eate suisse sur la structure des salaires (ESS)<\/i>, cette valeur n\u2019est que l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure au seuil de bas salaire correspondant aux deux tiers du salaire m\u00e9dian. Dans les secteurs secondaire et tertiaire (except\u00e9e l\u2019\u00e9cono- mie domestique), pr\u00e8s de 8,2% des travailleurs gagnaient moins de 22 francs de l\u2019heure en 2010; la proportion passe \u00e0 quelque 9%, soit 329&nbsp;000 personnes, si l\u2019on tient compte de l\u2019agriculture et de\u00a0l\u2019\u00e9conomie domestique. Ces chiffres montrent que l\u2019introduction d\u2019un salaire minimum tel que demand\u00e9 par l\u2019initiative de l\u2019USS n\u00e9cessiterait des ajustements significatifs pour les bas salaires, ce qui aurait une influence non n\u00e9gligeable sur le march\u00e9 de l\u2019emploi (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Cons\u00e9quences possibles d\u2019un salaire minimum de 22 francs de l\u2019heure<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe salaire minimum de 22 francs demand\u00e9 par l\u2019initiative est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 en comparaison internationale. Corrig\u00e9 des diff\u00e9rences de pouvoir d\u2019achat et exprim\u00e9 en dollars am\u00e9ricains, il se situerait \u00e0 14,10 USD selon les donn\u00e9es de l\u2019OCDE, d\u00e9passant ainsi de 36% celui du Luxembourg (10,40 USD) qui dispose du salaire minimum national le plus \u00e9lev\u00e9 parmi les pays de l\u2019OCDE, devant la\u00a0France (10,20 USD). Il serait m\u00eame plus de\u00a050% sup\u00e9rieur \u00e0 celui des Pays-Bas (9,20\u00a0USD), et m\u00eame plus de 100% sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019Autriche (6,50 USD).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa majorit\u00e9 des \u00e9tudes empiriques consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019impact des salaires minimums se fondent sur l\u2019exp\u00e9rience de pays o\u00f9 ceux-ci sont comparativement plus faibles, comme les \u00c9tats-Unis, dont le salaire minimum national (corrig\u00e9 des diff\u00e9rences de pouvoir d\u2019achat) se situait \u00e0 7,10 USD . Dans un tel contexte, il serait dangereux d\u2019appliquer ces r\u00e9sultats empiriques \u00e0 un salaire minimum pr\u00e8s de deux fois plus\u00a0\u00e9lev\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019introduction d\u2019un seuil minimum de 22\u00a0francs obligerait \u00e0 ajuster le salaire d\u2019une partie importante de la population active. Cela rench\u00e9rirait tout particuli\u00e8rement le co\u00fbt des activit\u00e9s n\u2019exigeant aucune qualification, ce qui pourrait conduire les entreprises \u00e0 r\u00e9pondre par des mesures de rationalisation. L\u2019emploi serait particuli\u00e8rement menac\u00e9 dans le commerce de d\u00e9tail, la restauration et l\u2019h\u00e9bergement (tourisme), la branche du nettoyage, l\u2019\u00e9conomie domestique, l\u2019agriculture et les services personnels. Sur le plan r\u00e9gional, il faudrait notamment s\u2019attendre \u00e0 de telles retomb\u00e9es sur l\u2019emploi au Tessin, ainsi que dans les\u00a0r\u00e9gions agricoles et touristiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCela compliquerait \u00e9galement l\u2019int\u00e9gration des jeunes sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, ce qui pourrait avoir des cons\u00e9quences n\u00e9fastes \u00e0 long terme sur leur parcours professionnel. L\u2019int\u00e9gration de certaines cat\u00e9gories de personnes, d\u00e9j\u00e0 vuln\u00e9rables (jeunes sans exp\u00e9rience professionnelle, travailleurs peu qualifi\u00e9s) deviendrait, en outre, plus difficile. La concurrence pour des emplois n\u00e9cessitant de faibles qualifications pourrait m\u00eame encore augmenter, car l\u2019introduction d\u2019un salaire minimum augmenterait l\u2019attrait exerc\u00e9 par la Suisse pour l\u2019immigration.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>Le salaire refl\u00e8te la productivit\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSur un march\u00e9 de l\u2019emploi concurrentiel, la main-d\u2019\u0153uvre (pour l\u2019exprimer plus simplement) est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e en fonction de sa productivit\u00e9. Cette relation s\u2019exprime tout particuli\u00e8rement dans les \u00e9carts de salaires entre des travailleurs disposant de diff\u00e9rents niveaux de formation, ainsi qu\u2019entre des personnes au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une exp\u00e9rience professionnelle plus ou moins longue et d\u2019un certain nombre d\u2019ann\u00e9es de travail dans l\u2019entreprise. Ces disparit\u00e9s se refl\u00e8tent non seulement au niveau des salaires moyens, mais \u00e9galement \u00e0 celui des taux de bas salaires&#13;<br \/>\nCes calculs se basent sur une valeur minimum de 22 francs de l\u2019heure au lieu d\u2019un seuil classique de bas salaire. Cette m\u00e9thode permet de cr\u00e9er un lien avec l\u2019initiative sur les salaires minimums de l\u2019USS..Tandis que 21% des travailleurs sans formation professionnelle touchaient un salaire horaire inf\u00e9rieur \u00e0 22 francs en 2010, ce taux \u00e9tait de 7% chez les employ\u00e9s ayant achev\u00e9 une formation de niveau secondaire II (formation professionnelle ou maturit\u00e9). Si l\u2019on exclut de l\u2019analyse les travailleurs exer\u00e7ant une activit\u00e9 simple et r\u00e9p\u00e9titive, il passe \u00e0 5,5%. Le taux de bas salaires pour les personnes au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une formation tertiaire se situe \u00e0 2%.&#13;<\/p>\n<h2>Les bas salaires sont souvent un probl\u00e8me temporaire au d\u00e9but de l\u2019engagement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn 2010, 23% des jeunes de moins de 25 ans gagnaient moins de 22 francs. Le taux de bas salaires \u00e9tait de 9% pour les personnes de 25 \u00e0 34 ans et de 6% pour celles de 45 \u00e0 54 ans, de m\u00eame que pour les travailleurs plus \u00e2g\u00e9s. Cette structure par classe d\u2019\u00e2ge donne \u00e0 penser que les bas salaires sont plus fr\u00e9- quents au d\u00e9but de la carri\u00e8re professionnelle, lorsque la productivit\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre est encore relativement faible. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se confirme par le fait que plus le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience au sein de l\u2019entreprise augmente, plus le taux de personnes faiblement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es diminue. En effet, un quart des employ\u00e9s touchant moins de 22 francs de l\u2019heure en 2010 \u00e9taient depuis moins d\u2019un an dans l\u2019entreprise concern\u00e9e et plus de la moiti\u00e9 (55%) y travaillaient depuis deux ans au maximum.&#13;<\/p>\n<h2>Disparit\u00e9s selon le sexe, la nationalit\u00e9 et le taux d\u2019occupation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn 2010, 12% des femmes taient. Elles \u00e9taient donc deux fois plus nombreuses que les hommes (5%) dans cette situation. Le m\u00eame constat s\u2019applique aux \u00e9trangers: alors que 6% des Suisses \u00e9taient dans ce cas, ce taux s\u2019\u00e9levait \u00e0 14% chez les personnes de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re. La forte proportion de bas salaires parmi les deux groupes mentionn\u00e9s refl\u00e8te, d\u2019une part, un niveau de qualification globalement inf\u00e9rieur ainsi qu\u2019une forte pr\u00e9sence dans les domaines de l\u2019h\u00e9bergement, du nettoyage et des services personnels, o\u00f9 les r\u00e9mun\u00e9rations sont relativement faibles. D\u2019autre part, un tiers de tous les postes r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00e0 moins de 22 francs de l\u2019heure sont des emplois \u00e0 temps partiel avec un taux d\u2019occupation inf\u00e9rieur \u00e0 50%. C\u2019est probablement la raison pour laquelle les femmes sont davantage touch\u00e9es que la moyenne.&#13;<\/p>\n<h2>La branche \u00e9conomique joue un r\u00f4le&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes taux de bas salaires varient beaucoup selon la branche, ce qui s\u2019explique principalement par la demande de main-d\u2019\u0153uvre peu qualifi\u00e9e. En 2010, le taux le plus \u00e9lev\u00e9 concernait le domaine des autres services personnels, comme les salons de coiffure et les instituts de beaut\u00e9, les blanchisseries et le nettoyage \u00e0 sec, qui affichaient 51% de bas salaires. Il \u00e9tait aussi nettement plus \u00e9lev\u00e9 dans l\u2019industrie de l\u2019habillement, l\u2019\u00e9conomie domestique et les services de nettoyage, avec 41 \u00e0 45%. Un taux de plus de 30% a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 dans l\u2019h\u00e9bergement, l\u2019agriculture, la restauration ainsi que l\u2019industrie du cuir et de la chaussure. Dans le commerce de d\u00e9tail qui, en chiffres absolus, compte le plus grand nombre de postes r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00e0 moins de 22 francs de l\u2019heure, ces derniers constituaient 14% du total des emplois. La moyenne de toutes les branches \u00e9tait de 9%.&#13;<\/p>\n<h2>\u2026 ainsi que la r\u00e9gion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa proportion de travailleurs r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00e0 moins de 22 francs de l\u2019heure atteignait 19% au Tessin, soit plus du double de celle enregistr\u00e9e par les autres grandes r\u00e9gions (7-9%). Ce taux \u00e9lev\u00e9 refl\u00e8te un niveau g\u00e9n\u00e9ral des salaires inf\u00e9rieur \u00e0 celui du reste de la Suisse et s\u2019explique, entre autres, par un tissu \u00e9conomique diff\u00e9rent. Pour les m\u00eames raisons, le taux de bas salaires varie non seulement entre les grandes r\u00e9gions, mais \u00e9galement en leur sein. Il \u00e9tait nettement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne suisse dans les communes touristiques (20%) notamment et l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne dans les communes agricoles et semi-agricoles (10 \u00e0 11%). \u00c0 l\u2019inverse, le taux \u00e9tait beaucoup plus bas dans les localit\u00e9s \u00e0 haut niveau de revenus (5%).&#13;<\/p>\n<h2>Une ing\u00e9rence contre-productive dans la politique de formation des salaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019analyse de la situation en mati\u00e8re de bas salaires en Suisse montre que la r\u00e9partition salariale est tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e dans le bas de l\u2019\u00e9chelle en comparaison internationale et qu\u2019elle est rest\u00e9e stable au fil du temps, m\u00eame avec l\u2019ouverture du march\u00e9 du travail aux ressortissants de l\u2019UE. Parall\u00e8lement, la Suisse affiche un niveau de salaires et d\u2019emploi, notamment gr\u00e2ce \u00e0 une formation des r\u00e9mun\u00e9rations flexible et adapt\u00e9e aux diff\u00e9rentes r\u00e9gions. Dans ce contexte, une ing\u00e9rence directe de l\u2019\u00c9tat dans la formation des salaires, telle que le demande l\u2019initiative, va \u00e0 l\u2019encontre du principe de partenariat social, qui a fait ses preuves. Le salaire minimum demand\u00e9 ne pourrait plus tenir suffisamment compte de la complexit\u00e9 des situations selon les branches et les r\u00e9gions, ce qui mettrait en p\u00e9ril de nombreux emplois, surtout dans les domaines qui enregistrent un taux de bas salaires.Par cons\u00e9quent, l\u2019introduction d\u2019un salaire minimum serait contre-productive et ne permettrait pas de lutter contre la pauvret\u00e9 (voir <i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Lien entre bas salaires et pauvret\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes concepts relatifs aux bas salaires d\u00e9crits dans le pr\u00e9sent article ne permettent pas de dire si une r\u00e9mun\u00e9ration est suffisante pour garantir les moyens d\u2019existence. La situation \u00e9conomique d\u2019un individu d\u00e9pend, en fin de compte, du revenu disponible au sein du m\u00e9nage et de la composition de ce dernier. M\u00eame si le montant du salaire horaire obtenu par les diff\u00e9rents membres du m\u00e9nage est important, ce n\u2019est pas le facteur essentiel pour caract\u00e9riser la situation \u00e9conomique.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nComme l\u2019a montr\u00e9 une \u00e9tude de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), le lien entre un bas salaire (moins de deux tiers du salaire m\u00e9dian) et la probabilit\u00e9 qu\u2019un individu vive dans un m\u00e9nage pauvre n\u2019est pas forc\u00e9ment \u00e9vident a. En effet, seuls 13% des employ\u00e9s qui percevaient un bas salaire en 2006 faisaient partie des travailleurs pauvres (\u00abworking poor\u00bb). Pour les 87% restants, le revenu du m\u00e9nage disponible \u00e9tait sup\u00e9rieur au seuil de pauvret\u00e9, en raison de revenus suppl\u00e9mentaires rapport\u00e9s par d\u2019autres membres du m\u00e9nage ou gr\u00e2ce \u00e0 des transferts sociaux cibl\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c0 l\u2019inverse, seul un tiers des travailleurs pauvres touchaient un salaire consid\u00e9r\u00e9 comme faible. Celui des deux autres tiers \u00e9tait donc sup\u00e9rieur. Par cons\u00e9quent, c\u2019est plut\u00f4t la composition du m\u00e9nage (m\u00e9nage \u00e0 plusieurs personnes, \u00e9ventuellement avec des enfants) ou le travail \u00e0 temps partiel qui les transforment en travailleurs pauvres.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes derniers chiffres de l\u2019OFS sur la pauvret\u00e9 confirment que les personnes vivant dans des m\u00e9nages \u00e0 forte participation au march\u00e9 de l\u2019emploi pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement les taux de pauvret\u00e9 les plus bas b. On peut donc en d\u00e9duire que la meilleure protection contre la pauvret\u00e9 est une activit\u00e9 lucrative. M\u00eame les revenus issus d\u2019un emploi peu r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 en comparaison peuvent largement contribuer \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9, pour autant qu\u2019ils soient compl\u00e9t\u00e9s par des transferts sociaux cibl\u00e9s ou que d\u2019autres revenus du m\u00e9nage s\u2019y ajoutent.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nUne analyse des donn\u00e9es issues de l\u2019Enqu\u00eate suisse sur la population active (Espa) confirme que ce dernier cas de figure est fr\u00e9quent. En effet, sur les 9,0% de travailleurs qui touchaient en 2012 un salaire inf\u00e9rieur \u00e0 22 francs de l\u2019heure, 80% vivaient dans un m\u00e9nage dont au moins un autre membre gagnait un revenu suppl\u00e9mentaire issu d\u2019une activit\u00e9 professionnelle; 7% vivaient seuls et 13% faisaient partie d\u2019un m\u00e9nage compos\u00e9 de plusieurs personnes ne percevant aucun autre salaire au moment de l\u2019enqu\u00eate. Sur toutes les personnes qui touchaient un salaire horaire inf\u00e9rieur \u00e0 22 francs l\u2019an dernier, 35% habitaient encore chez leurs parents. Ce dernier chiffre illustre encore une fois le fait que les jeunes en d\u00e9but de carri\u00e8re gagnent tr\u00e8s souvent des salaires comparativement bas.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n). La main-d\u2019\u0153uvre faiblement qualifi\u00e9e, les jeunes et les personnes d\u00e9butant une (nouvelle) activit\u00e9 professionnelle devraient en particulier faire face \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019int\u00e9gration sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, ainsi qu\u2019\u00e0 un risque accru de ch\u00f4mage.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abTaux de bas salaires en comparaison internationale, 2010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Cons\u00e9quences possibles d\u2019un salaire minimum de 22 francs de l\u2019heure&#13;<\/p>\n<h3>Cons\u00e9quences possibles d\u2019un salaire minimum de 22 francs de l\u2019heure<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe salaire minimum de 22 francs demand\u00e9 par l\u2019initiative est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 en comparaison internationale. Corrig\u00e9 des diff\u00e9rences de pouvoir d\u2019achat et exprim\u00e9 en dollars am\u00e9ricains, il se situerait \u00e0 14,10 USD selon les donn\u00e9es de l\u2019OCDE, d\u00e9passant ainsi de 36% celui du Luxembourg (10,40 USD) qui dispose du salaire minimum national le plus \u00e9lev\u00e9 parmi les pays de l\u2019OCDE, devant la\u00a0France (10,20 USD). Il serait m\u00eame plus de\u00a050% sup\u00e9rieur \u00e0 celui des Pays-Bas (9,20\u00a0USD), et m\u00eame plus de 100% sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019Autriche (6,50 USD).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa majorit\u00e9 des \u00e9tudes empiriques consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019impact des salaires minimums se fondent sur l\u2019exp\u00e9rience de pays o\u00f9 ceux-ci sont comparativement plus faibles, comme les \u00c9tats-Unis, dont le salaire minimum national (corrig\u00e9 des diff\u00e9rences de pouvoir d\u2019achat) se situait \u00e0 7,10 USD . Dans un tel contexte, il serait dangereux d\u2019appliquer ces r\u00e9sultats empiriques \u00e0 un salaire minimum pr\u00e8s de deux fois plus\u00a0\u00e9lev\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019introduction d\u2019un seuil minimum de 22\u00a0francs obligerait \u00e0 ajuster le salaire d\u2019une partie importante de la population active. Cela rench\u00e9rirait tout particuli\u00e8rement le co\u00fbt des activit\u00e9s n\u2019exigeant aucune qualification, ce qui pourrait conduire les entreprises \u00e0 r\u00e9pondre par des mesures de rationalisation. L\u2019emploi serait particuli\u00e8rement menac\u00e9 dans le commerce de d\u00e9tail, la restauration et l\u2019h\u00e9bergement (tourisme), la branche du nettoyage, l\u2019\u00e9conomie domestique, l\u2019agriculture et les services personnels. Sur le plan r\u00e9gional, il faudrait notamment s\u2019attendre \u00e0 de telles retomb\u00e9es sur l\u2019emploi au Tessin, ainsi que dans les\u00a0r\u00e9gions agricoles et touristiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCela compliquerait \u00e9galement l\u2019int\u00e9gration des jeunes sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, ce qui pourrait avoir des cons\u00e9quences n\u00e9fastes \u00e0 long terme sur leur parcours professionnel. L\u2019int\u00e9gration de certaines cat\u00e9gories de personnes, d\u00e9j\u00e0 vuln\u00e9rables (jeunes sans exp\u00e9rience professionnelle, travailleurs peu qualifi\u00e9s) deviendrait, en outre, plus difficile. La concurrence pour des emplois n\u00e9cessitant de faibles qualifications pourrait m\u00eame encore augmenter, car l\u2019introduction d\u2019un salaire minimum augmenterait l\u2019attrait exerc\u00e9 par la Suisse pour l\u2019immigration.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Lien entre bas salaires et pauvret\u00e9&#13;<\/p>\n<h3>Lien entre bas salaires et pauvret\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes concepts relatifs aux bas salaires d\u00e9crits dans le pr\u00e9sent article ne permettent pas de dire si une r\u00e9mun\u00e9ration est suffisante pour garantir les moyens d\u2019existence. La situation \u00e9conomique d\u2019un individu d\u00e9pend, en fin de compte, du revenu disponible au sein du m\u00e9nage et de la composition de ce dernier. M\u00eame si le montant du salaire horaire obtenu par les diff\u00e9rents membres du m\u00e9nage est important, ce n\u2019est pas le facteur essentiel pour caract\u00e9riser la situation \u00e9conomique.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nComme l\u2019a montr\u00e9 une \u00e9tude de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), le lien entre un bas salaire (moins de deux tiers du salaire m\u00e9dian) et la probabilit\u00e9 qu\u2019un individu vive dans un m\u00e9nage pauvre n\u2019est pas forc\u00e9ment \u00e9vident a. En effet, seuls 13% des employ\u00e9s qui percevaient un bas salaire en 2006 faisaient partie des travailleurs pauvres (\u00abworking poor\u00bb). Pour les 87% restants, le revenu du m\u00e9nage disponible \u00e9tait sup\u00e9rieur au seuil de pauvret\u00e9, en raison de revenus suppl\u00e9mentaires rapport\u00e9s par d\u2019autres membres du m\u00e9nage ou gr\u00e2ce \u00e0 des transferts sociaux cibl\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c0 l\u2019inverse, seul un tiers des travailleurs pauvres touchaient un salaire consid\u00e9r\u00e9 comme faible. Celui des deux autres tiers \u00e9tait donc sup\u00e9rieur. Par cons\u00e9quent, c\u2019est plut\u00f4t la composition du m\u00e9nage (m\u00e9nage \u00e0 plusieurs personnes, \u00e9ventuellement avec des enfants) ou le travail \u00e0 temps partiel qui les transforment en travailleurs pauvres.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes derniers chiffres de l\u2019OFS sur la pauvret\u00e9 confirment que les personnes vivant dans des m\u00e9nages \u00e0 forte participation au march\u00e9 de l\u2019emploi pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement les taux de pauvret\u00e9 les plus bas b. On peut donc en d\u00e9duire que la meilleure protection contre la pauvret\u00e9 est une activit\u00e9 lucrative. M\u00eame les revenus issus d\u2019un emploi peu r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 en comparaison peuvent largement contribuer \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9, pour autant qu\u2019ils soient compl\u00e9t\u00e9s par des transferts sociaux cibl\u00e9s ou que d\u2019autres revenus du m\u00e9nage s\u2019y ajoutent.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nUne analyse des donn\u00e9es issues de l\u2019Enqu\u00eate suisse sur la population active (Espa) confirme que ce dernier cas de figure est fr\u00e9quent. En effet, sur les 9,0% de travailleurs qui touchaient en 2012 un salaire inf\u00e9rieur \u00e0 22 francs de l\u2019heure, 80% vivaient dans un m\u00e9nage dont au moins un autre membre gagnait un revenu suppl\u00e9mentaire issu d\u2019une activit\u00e9 professionnelle; 7% vivaient seuls et 13% faisaient partie d\u2019un m\u00e9nage compos\u00e9 de plusieurs personnes ne percevant aucun autre salaire au moment de l\u2019enqu\u00eate. Sur toutes les personnes qui touchaient un salaire horaire inf\u00e9rieur \u00e0 22 francs l\u2019an dernier, 35% habitaient encore chez leurs parents. Ce dernier chiffre illustre encore une fois le fait que les jeunes en d\u00e9but de carri\u00e8re gagnent tr\u00e8s souvent des salaires comparativement bas.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019initiative sur les salaires minimums pose assez directement la question de la juste r\u00e9partition des salaires. La Suisse ne conna\u00eet aucun salaire minimum national et le taux de couverture des conventions collectives de travail se situe dans la moyenne internationale. Malgr\u00e9 cela, les r\u00e9mun\u00e9rations se r\u00e9partissent de fa\u00e7on tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e et les bas salaires sont [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3417,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[90],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3417,"seco_co_author":[2704,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Co-Stv. Ressortleiter, Ressort Arbeitsmarktaufsicht, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Co-suppl\u00e9ant de la cheffe du secteur Surveillance du march\u00e9 du travail, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":2704,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Stv. Ressortleiter Arbeitsmarktanalyse und Sozialpolitik, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_co_author_post_occupation_fr":"Chef suppl\u00e9ant du secteur Analyse du march\u00e9 du travail et politique sociale, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":149060,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7238","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/5593deab0153b"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149057"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3417"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149057"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149057\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188969,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149057\/revisions\/188969"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2704"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3417"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149057"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=149057"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=149057"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=149057"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=149057"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=149057"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}