{"id":149178,"date":"2013-07-01T12:00:00","date_gmt":"2013-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/07\/mordasini-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:41:22","modified_gmt":"2023-08-23T22:41:22","slug":"mordasini-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/07\/mordasini-2\/","title":{"rendered":"La Suisse agit: les nouveaux programmes de la DDC"},"content":{"rendered":"<p>Dans la lutte contre la pauvret\u00e9, les pays en d\u00e9veloppement doivent affronter des questions qui se posent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, telles que le partage de l\u2019eau, le changement climatique, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et les mouvements migratoires. Ces d\u00e9fis se sont exacerb\u00e9s avec la mondialisation et p\u00e8sent tout particuli\u00e8rement sur les pays pauvres. La Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC) est consciente de l\u2019importance du probl\u00e8me. C\u2019est la raison pour laquelle elle a \u00e9largi et renforc\u00e9 son dispositif d\u2019intervention, en lan\u00e7ant notamment des programmes th\u00e9matiques globaux. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201307_12_Mordasini_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"248\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa mondialisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies a \u00e9t\u00e9 une chance pour de nombreux pays en d\u00e9veloppement, comme le refl\u00e8tent un taux de croissance moyen \u00e9lev\u00e9, des progr\u00e8s notables dans la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 mondiale ainsi que la naissance d\u2019une classe moyenne entreprenante et dynamique. Plusieurs \u00e9conomies \u00e9mergentes sont d\u00e9sormais des p\u00f4les de croissance et d\u2019innovation. Ces succ\u00e8s cachent, toutefois, d\u2019importantes disparit\u00e9s. Ainsi, les pays affect\u00e9s par des conflits ou des troubles internes restent \u00e0 la tra\u00eene. La plupart d\u2019entre eux n\u2019atteindront pas les Objectifs du Mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement en 2015, parmi lesquels on trouve la r\u00e9duction de moiti\u00e9 de la population vivant avec moins de 1,5 USD par jour. Les in\u00e9galit\u00e9s se sont aussi accrues, alors que les \u00e9cosyst\u00e8mes sont malmen\u00e9s et que les plus pauvres sont souvent priv\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles et services de base. Le combat contre la pauvret\u00e9 reste inachev\u00e9. Aujourd\u2019hui, 870 millions de \u2028personnes continuent de souffrir chaque jour de la faim, un \u00eatre humain sur six vit toujours dans l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9, tandis que 1,6 milliard de personnes n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Une mondialisation source de p\u00e9rils<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSans surprise, la mondialisation n\u2019est donc pas la panac\u00e9e pour une am\u00e9lioration rapide, durable et \u00e9quitable des conditions de vie pour tous; elle doit \u00eatre ma\u00eetris\u00e9e afin de favoriser un d\u00e9veloppement socialement et \u00e9cologiquement responsable. D\u2019autant plus qu\u2019elle s\u2019accompagne de nouveaux risques pour les pays en d\u00e9veloppement. Ainsi, les menaces de pand\u00e9mie, la propagation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des crises entre des \u00e9conomies \u00e9troitement interconnect\u00e9es, les cons\u00e9quences du changement climatique ou l\u2019acc\u00e8s in\u00e9gal \u00e0 l\u2019eau et \u00e0 l\u2019\u00e9nergie repr\u00e9sentent autant de p\u00e9rils pour les pays pauvres (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>L\u2019ampleur des d\u00e9fis globaux<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>D\u2019ici 2030, la population mondiale devrait atteindre 8,3 milliards d\u2019individus (7,1 milliards aujourd\u2019hui), ce qui implique une croissance massive des besoins en alimentation (+35%), en eau (+40%) et en \u00e9nergie (+50%).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Sans r\u00e9duction massive des \u00e9missions, un r\u00e9chauffement climatique g\u00e9n\u00e9ral de 4 degr\u00e9s avant la fin du si\u00e8cle est un sc\u00e9nario probable. La mont\u00e9e du niveau des mers qui en r\u00e9sulterait menacerait 360 millions de personnes dans les zones c\u00f4ti\u00e8res, 44% des terres cultivables seraient affect\u00e9es par la s\u00e9cheresse (15% aujourd\u2019hui) et les p\u00e9nuries d\u2019eau s\u2019aggraveraient. La biodiversit\u00e9 subirait des pertes irr\u00e9versibles, notamment en ce qui concerne les r\u00e9cifs coralliens.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La s\u00e9cheresse de 2011 dans la Corne de l\u2019Afrique, la plus s\u00e9v\u00e8re depuis 60 ans, a fait plus de 30&nbsp;000 morts et affect\u00e9 10 millions de personnes.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La malnutrition est l\u2019une des causes principales de la mortalit\u00e9 infantile. Un tiers des 7 millions de d\u00e9c\u00e8s avant l\u2019\u00e2ge de cinq ans lui sont attribuables chaque ann\u00e9e.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Depuis 1990, pr\u00e8s de 7 millions d\u2019hectares de for\u00eats sont perdus tous les ans.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Il y a aujourd\u2019hui un milliard de migrants dans le monde, dont 20% traversent les fronti\u00e8res. Les revenus transf\u00e9r\u00e9s par ces derniers vers leur pays d\u2019origine ont atteint 400 millions de francs en 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Il existe 250 lacs et bassins fluviaux transfrontaliers. Le partage de leurs eaux ne fait l\u2019objet d\u2019aucun accord international pour la moiti\u00e9 d\u2019entre eux. Il existe l\u00e0 un potentiel de conflit.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\n). Nombre de recherches r\u00e9centes d\u00e9montrent combien les populations de ces \u00c9tats y sont expos\u00e9es. Or, ces dangers transcendent les fronti\u00e8res nationales. Les r\u00e9ponses requi\u00e8rent des actions concert\u00e9es, bas\u00e9es sur des consensus internationaux; elles d\u00e9passent largement les capacit\u00e9s et les ressources de chaque pays individuellement.Pour la coop\u00e9ration internationale, cette r\u00e9alit\u00e9 se traduit par des exigences \u00e0 trois niveaux:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Tout d\u2019abord, le syst\u00e8me des Nations Unies, qui assume une responsabilit\u00e9 centrale dans la formulation des politiques publiques mondiales. Il doit poursuivre ses efforts pour faire avancer les n\u00e9gociations multilat\u00e9rales.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Les pays en d\u00e9veloppement eux-m\u00eames. Ils doivent se positionner quant aux cons\u00e9quences que de tels risques peuvent avoir sur leurs strat\u00e9gies nationales de d\u00e9veloppement et de lutte contre la pauvret\u00e9. Des \u00e9quilibres difficiles sont \u00e0 trouver entre les besoins imm\u00e9diats des pauvres et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019investir pour un d\u00e9veloppement durable.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Les agences de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, tant multilat\u00e9rales que bilat\u00e9rales. Elles doivent adapter leurs approches, leurs instruments et leurs fa\u00e7ons de travailler si elles veulent \u00eatre efficaces et cr\u00e9dibles. Les formes classiques de coop\u00e9ration ne suffisent plus.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>La coop\u00e9ration suisse face aux d\u00e9fis globaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAvec l\u2019approbation par le Parlement en septembre 2012 du message sur les cr\u00e9dits de programme 2013\u20132016 pour la coop\u00e9ration internationale, les d\u00e9fis globaux sont maintenant ancr\u00e9s, pour la premi\u00e8re fois, de mani\u00e8re explicite et pr\u00e9\u00e9minente dans la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement suisse. La mission est claire: contribuer \u00e0 en att\u00e9nuer les cons\u00e9quences sur les pays pauvres, par des actions bilat\u00e9rales et multilat\u00e9rales renforc\u00e9es. Pour ce faire, la DDC a \u00e9largi et renforc\u00e9 son dispositif d\u2019intervention, en d\u00e9finissant notamment des programmes th\u00e9matiques globaux. Elle a \u00e9galement lanc\u00e9 plusieurs chantiers comme:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>l\u2019int\u00e9gration syst\u00e9matique des d\u00e9fis globaux dans l\u2019analyse de toute nouvelle strat\u00e9gie de coop\u00e9ration par pays;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>la d\u00e9centralisation de certaines comp\u00e9tences th\u00e9matiques vers les ambassades et les bureaux de coop\u00e9ration;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>le renforcement des r\u00e9seaux th\u00e9matiques;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>l\u2019introduction de carri\u00e8res th\u00e9matiques;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>une gestion et une communication ax\u00e9es sur les r\u00e9sultats et l\u2019impact.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Les programmes globaux: une nouvelle modalit\u00e9 de coop\u00e9ration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe mod\u00e8le traditionnel de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, bas\u00e9 sur des strat\u00e9gies par pays \u00e0 moyen terme, reste le pilier central du dialogue et des relations de la DDC avec ses pays partenaires. Toutefois, comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, cette approche par pays a ses limites lorsque les probl\u00e8mes sont transfrontaliers ou mondiaux. C\u2019est la raison pour laquelle la DDC a \u00e9largi son dispositif d\u2019intervention et mis en place quatre programmes globaux sur les th\u00e8mes suivants.&#13;<\/p>\n<h2>Initiatives eau<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe bien commun de l\u2019humanit\u00e9 est fortement sollicit\u00e9 en raison de la pression d\u00e9mographique et de la croissance de la demande. Les ressources hydriques sont mal utilis\u00e9es et surexploit\u00e9es. Leur partage peut engendrer des conflits ou des tensions sociales, tandis que les pauvres \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 de l\u2019eau potable.&#13;<\/p>\n<h2>Changement climatique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un d\u00e9fi majeur, dont les co\u00fbts d\u2019adaptation sont consid\u00e9rables. Ceux-ci sont, pourtant, n\u00e9cessaires si l\u2019on veut r\u00e9duire les risques susceptibles de menacer les programmes de lutte contre la pauvret\u00e9 et la faim, et donc le d\u00e9veloppement durable.&#13;<\/p>\n<h2>S\u00e9curit\u00e9 alimentaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nElle requiert une gestion durable des ressources naturelles, un acc\u00e8s \u00e9quitable des pauvres \u00e0 la terre et \u00e0 l\u2019eau, la mise au point de semences r\u00e9sistantes au climat et le renforcement des organisations paysannes.&#13;<\/p>\n<h2>Migration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe programme s\u2019int\u00e9resse aux causes majeures des d\u00e9placements humains, \u00e0 savoir la pauvret\u00e9, le besoin \u00e9conomique, les conflits et les conditions climatiques. Avec la mondialisation, les flux migratoires se sont densifi\u00e9s et complexifi\u00e9s. Ils offrent \u00e9galement un potentiel consid\u00e9rable pour le d\u00e9veloppement.&#13;<\/p>\n<h2>Mettre \u00e0 profit l\u2019exp\u00e9rience de la DDC<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes programmes globaux s\u2019appuient sur la longue tradition et la riche exp\u00e9rience de la DDC dans ces domaines d\u2019intervention. Ainsi, le programme S\u00e9curit\u00e9 alimentaire b\u00e9n\u00e9ficie de plus de cinquante ans de pratique dans le secteur agricole. Le programme Migration s\u2019appuie sur un engagement annuel de pr\u00e8s de 200 millions de francs par an destin\u00e9 \u00e0 des missions humanitaires (personnes d\u00e9plac\u00e9es en raison de conflits ou de d\u00e9sastres naturels) et \u00e0 des projets dans le domaine de la formation professionnelle ou de la lutte contre le trafic humain. Les programmes globaux tiennent aussi compte des comp\u00e9tences et ressources disponibles en Suisse aupr\u00e8s des autres offices f\u00e9d\u00e9raux, de la soci\u00e9t\u00e9 civile, du secteur priv\u00e9, ainsi que des institutions acad\u00e9miques et de recherche. Il s\u2019agit, en effet, de mobiliser et de valoriser le plus largement possible l\u2019expertise suisse, et de construire des alliances, pour mieux nourrir le d\u00e9bat sur les d\u00e9fis globaux auxquels les pays en d\u00e9veloppement sont confront\u00e9s et contribuer activement \u00e0 la recherche de solutions.Les programmes globaux de la DDC sont confi\u00e9s \u00e0 quatre sections sp\u00e9cifiques au sein du Domaine de la coop\u00e9ration globale. Leur budget total est de 130 millions de francs pour 2013. Tout est fait pour \u00e9viter une approche cloisonn\u00e9e et fragment\u00e9e qui ne r\u00e9pondrait pas aux attentes. Il est, en effet, &shy;indispensable que les liens et les chevauchements soient parfaitement analys\u00e9s et compris, puis pris en compte dans la d\u00e9finition des orientations et des activit\u00e9s des sections concern\u00e9es. C\u2019est donc un d\u00e9fi suppl\u00e9mentaire pour leurs responsables que de promouvoir entre eux, mais aussi plus largement avec les autres unit\u00e9s op\u00e9rationnelles et la division des organisations internationales, un dialogue dense et r\u00e9gulier. Les programmes globaux contribuent donc indirectement \u00e0 promouvoir une culture d\u2019\u00e9change, de transparence et de collaboration renforc\u00e9e au sein de la DDC.&#13;<\/p>\n<h2>La valeur ajout\u00e9e des programmes &shy;globaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes programmes globaux ont un triple objectif:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Ils visent \u00e0 influencer les politiques pour le d\u00e9veloppement durable, tant au plan international, r\u00e9gional que national. Concr\u00e8tement, cela signifie que la DDC se donne les moyens de valoriser son exp\u00e9rience et de prendre des initiatives pour faire encore mieux entendre la voix de la Suisse et int\u00e9grer la dimension \u00abd\u00e9veloppement\u00bb sur des dossiers cl\u00e9s. Il s\u2019agit aussi d\u2019accro\u00eetre les interactions avec le secteur priv\u00e9 et les ONG.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Les programmes globaux promeuvent la recherche de solutions novatrices et \u00e0 effet d\u2019\u00e9chelle, dans des pays ou avec des organisations qui sont des acteurs majeurs et o\u00f9 l\u2019impact attendu est le plus fort; ils peuvent \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9s au-del\u00e0 des pays o\u00f9 se concentre l\u2019aide de la DDC.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Ils contribuent \u00e0 renforcer la gestion et le partage des connaissances pour mieux assoir les d\u00e9cisions prises en relation avec les risques globaux.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019agenda est donc ambitieux, mais r\u00e9aliste et fond\u00e9. En effet, les domaines d\u2019intervention des programmes globaux sont des terrains bien connus de la DDC, pour lesquels elle dispose non seulement d\u2019exp\u00e9rience, mais aussi d\u2019un solide r\u00e9seau de partenaires. \u00c0 cet \u00e9gard, ses r\u00e9seaux th\u00e9matiques, qui lient une communaut\u00e9 de praticiens (\u00e0 la centrale comme sur le terrain) et leurs principaux partenaires externes, jouent un r\u00f4le important pour chacun des quatre programmes globaux. \u00c0 ce stade, les premi\u00e8res exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es sont encourageantes (voir <i>encadr\u00e9s 2<\/i> et <i>3<\/i>)&#13;<br \/>\nPour davantage d&#8217;informations, voir <a href=\"http:\/\/www.ddc.admin.ch\">http:\/\/www.ddc.admin.ch<\/a>. Une \u00e9valuation externe est pr\u00e9vue d\u2019ici deux ans.&#13;<\/p>\n<h2>Un engagement suisse consistant \u2028et d\u2019avant-garde<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAvec le lancement des programmes globaux, la DDC permet \u00e0 la Suisse de se positionner comme un partenaire engag\u00e9 et cr\u00e9dible, pr\u00e9occup\u00e9 par les probl\u00e8mes que posent les biens public mondiaux dans les pays pauvres. Alors que le d\u00e9bat international reste encore trop souvent rh\u00e9torique et bloqu\u00e9 sur les seules d\u00e9clarations d\u2019intention, la Suisse innove et prend des risques. En effet, les programmes globaux compl\u00e8tent l\u2019engagement pris par le Parlement d\u2019accro\u00eetre le volume d\u2019aide publique au d\u00e9veloppement \u2013 jusqu\u2019\u00e0 0,5% du revenu national brut (RNB) d\u2019ici 2015 \u2013 et la participation active de la Suisse aux n\u00e9gociations multilat\u00e9rales. Ils offrent un soutien additionnel et concret aux pays pauvres dans leur lutte pour faire face aux d\u00e9fis globaux.Au lendemain des engagements pris \u00e0 Rio en 2012, et dans le contexte des discussions en cours sur le processus post-2015 et les objectifs de d\u00e9veloppement durable, la Suisse souligne ainsi la priorit\u00e9 qu\u2019elle accorde aux d\u00e9fis globaux, et l\u2019urgence d\u2019agir. M\u00eame si l\u2019\u00e9mergence de normes et d\u2019accords internationaux prend du temps et que les discussions sur le financement des politiques publiques mondiales avancent peu, il serait d\u00e9sastreux d\u2019adopter une attitude attentiste. Cela affaiblirait massivement la cr\u00e9dibilit\u00e9 et l\u2019impact des efforts internationaux d\u00e9ploy\u00e9s pour faire reculer la pauvret\u00e9 dans le monde et favoriser le d\u00e9veloppement durable. Dans ce sens, la DDC d\u00e9montre avec les programmes globaux que les agences de coop\u00e9ration ne peuvent se satisfaire d\u2019une approche relevant de la \u00abproc\u00e9dure ordinaire\u00bb ou du \u00ablaisser-aller\u00bb. Elles ont un r\u00f4le \u00e0 jouer et doivent s\u2019engager.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: L\u2019ampleur des d\u00e9fis globaux&#13;<\/p>\n<h3>L\u2019ampleur des d\u00e9fis globaux<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>D\u2019ici 2030, la population mondiale devrait atteindre 8,3 milliards d\u2019individus (7,1 milliards aujourd\u2019hui), ce qui implique une croissance massive des besoins en alimentation (+35%), en eau (+40%) et en \u00e9nergie (+50%).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Sans r\u00e9duction massive des \u00e9missions, un r\u00e9chauffement climatique g\u00e9n\u00e9ral de 4 degr\u00e9s avant la fin du si\u00e8cle est un sc\u00e9nario probable. La mont\u00e9e du niveau des mers qui en r\u00e9sulterait menacerait 360 millions de personnes dans les zones c\u00f4ti\u00e8res, 44% des terres cultivables seraient affect\u00e9es par la s\u00e9cheresse (15% aujourd\u2019hui) et les p\u00e9nuries d\u2019eau s\u2019aggraveraient. La biodiversit\u00e9 subirait des pertes irr\u00e9versibles, notamment en ce qui concerne les r\u00e9cifs coralliens.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La s\u00e9cheresse de 2011 dans la Corne de l\u2019Afrique, la plus s\u00e9v\u00e8re depuis 60 ans, a fait plus de 30&nbsp;000 morts et affect\u00e9 10 millions de personnes.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La malnutrition est l\u2019une des causes principales de la mortalit\u00e9 infantile. Un tiers des 7 millions de d\u00e9c\u00e8s avant l\u2019\u00e2ge de cinq ans lui sont attribuables chaque ann\u00e9e.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Depuis 1990, pr\u00e8s de 7 millions d\u2019hectares de for\u00eats sont perdus tous les ans.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Il y a aujourd\u2019hui un milliard de migrants dans le monde, dont 20% traversent les fronti\u00e8res. Les revenus transf\u00e9r\u00e9s par ces derniers vers leur pays d\u2019origine ont atteint 400 millions de francs en 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Il existe 250 lacs et bassins fluviaux transfrontaliers. Le partage de leurs eaux ne fait l\u2019objet d\u2019aucun accord international pour la moiti\u00e9 d\u2019entre eux. Il existe l\u00e0 un potentiel de conflit.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Exemples d\u2019influence politique&#13;<\/p>\n<h3>Exemples d\u2019influence politique<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Le programme global S\u00e9curit\u00e9 alimentaire conduit avec l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture les n\u00e9gociations internationales sur les investissements agricoles responsables. L\u2019accaparement de terres dans les pays pauvres est un risque s\u00e9rieux pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. En 2011, pr\u00e8s de 80 millions d\u2019hectares de terre agricole avaient \u00e9t\u00e9 acquis par des entreprises, qui les utilisent principalement pour produire des denr\u00e9es commerciales ou destin\u00e9es aux biocarburants. Seuls 37% de cette surface \u00e9taient utilis\u00e9s pour la production vivri\u00e8re.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>De plus en plus d\u2019entreprises engag\u00e9es dans le d\u00e9veloppement durable sont attentives \u00e0 l\u2019utilisation de l\u2019eau. L\u2019analyse scientifique des volumes d\u2019eau utilis\u00e9s et pollu\u00e9s tout au long de la cha\u00eene de production, ainsi que leur r\u00e9partition dans l\u2019espace et le temps permet de d\u00e9terminer leur empreinte. La DDC soutient la cr\u00e9ation d\u2019une norme ISO propre \u00e0 l\u2019eau, ainsi que des projets qui proposent des solutions applicables \u00e0 large \u00e9chelle. Elle a \u00e9tabli des partenariats dans le domaine industriel en Colombie et dans le secteur caf\u00e9ier au Vietnam.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>En Chine, les \u00e9missions de polluants ont progress\u00e9 de mani\u00e8re fulgurante. Les particules \u00e9mises par les moteurs diesel sont \u00e0 l\u2019origine de graves probl\u00e8mes de sant\u00e9 et ont \u00e9galement des effets n\u00e9gatifs sur le climat. La DDC, en collaboration avec l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement, est associ\u00e9e \u00e0 la r\u00e9vision de la l\u00e9gislation pour la lutte contre la pollution atmosph\u00e9rique, la d\u00e9finition des principes d\u2019application ainsi que l\u2019\u00e9change de savoir-faire et de technologies.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>La DDC soutient l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une plateforme mondiale de gestion des connaissances sur la migration et le d\u00e9veloppement (\u00abGlobal Knowledge Partnership on Migration and Development\u00bb, Knomad), qui d\u00e9pend de la Banque mondiale.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>L\u2019initiative Paix Bleue combine promotion de la paix et soutien \u00e0 une gestion durable des ressources hydriques au Moyen-Orient.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Exemples de projets novateurs&#13;<\/p>\n<h3>Exemples de projets novateurs<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Utilisation du t\u00e9l\u00e9phone portable pour la vulgarisation agricole et l\u2019acc\u00e8s aux finances par les petits producteurs.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des exp\u00e9riences de la DDC en mati\u00e8re de r\u00e9duction des pertes apr\u00e8s r\u00e9colte, dans le cadre d\u2019une initiative pour l\u2019Afrique subsaharienne.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Promotion de la recherche appliqu\u00e9e et diffusion de technologies peu co\u00fbteuses pour am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable (par ex. production \u00e0 petite \u00e9chelle par le dessalement d\u2019eau sal\u00e9e ou saum\u00e2tre en utilisant l\u2019\u00e9nergie solaire);<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Diffusion Sud-Sud de technologies pour la production de briques d\u2019argile, \u00e9nerg\u00e9tiquement efficientes, qui permettent de r\u00e9duire consid\u00e9rablement la consommation de charbon et d\u2019abaisser les \u00e9missions de CO2.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Facilitation d\u2019un dialogue sur les conditions de travail et la protection des travailleurs migrants entre les pays d\u2019Asie du Sud et du Golfe.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>\u00c9tablissement d\u2019un r\u00e9seau de cliniques pour plantes dans 40 pays d\u2019ici 2016, pour dispenser des conseils pratiques aux petits agriculteurs en vue de r\u00e9duire les pertes apr\u00e8s r\u00e9colte.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la lutte contre la pauvret\u00e9, les pays en d\u00e9veloppement doivent affronter des questions qui se posent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, telles que le partage de l\u2019eau, le changement climatique, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et les mouvements migratoires. Ces d\u00e9fis se sont exacerb\u00e9s avec la mondialisation et p\u00e8sent tout particuli\u00e8rement sur les pays pauvres. La Direction du [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3045,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3045,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Executive Director, Weltbank-Gruppe, Washington D.C.","seco_author_post_occupation_fr":"Executive Director, Weltbank-Gruppe, Washington D.C.","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":149181,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7218","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/556eef8f0c470"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149178"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3045"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149178"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149178\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188997,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149178\/revisions\/188997"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3045"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149178"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=149178"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=149178"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=149178"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=149178"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=149178"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}