{"id":149278,"date":"2013-06-01T12:00:00","date_gmt":"2013-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/06\/weder-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:41:53","modified_gmt":"2023-08-23T22:41:53","slug":"weder-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/06\/weder-2\/","title":{"rendered":"Une Suisse ouverte \u00e9conomiquement sur le monde, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019agriculture"},"content":{"rendered":"<p>Pour juger de l\u2019int\u00e9gration d\u2019un pays \u00e0 l\u2019\u00e9conomie mondiale, il faut comparer l\u2019ampleur de ses \u00e9changes internationaux de biens, de services et de facteurs de production avec sa taille. De ce point de vue, celle de la Suisse appara\u00eet sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne, notamment en ce qui concerne les \u00e9changes de facteurs de production. L\u2019agriculture fait toutefois exception. Si la Suisse veut conserver son haut niveau d\u2019ouverture, elle doit am\u00e9liorer sa politique \u00e9conomique afin de la rendre compatible avec sa politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure.&#13;<br \/>\nL\u2019auteur remercie Tobias Erhardt pour sa comp\u00e9tente des graphiques. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201306_17_Weder_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Une petite \u00e9conomie ouverte?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse est souvent d\u00e9sign\u00e9e comme une \u00abpetite \u00e9conomie ouverte\u00bb. Petite, vraiment? En termes de superficie, elle se classe 32e sur 47 pays europ\u00e9ens (Chypre compris)&#13;<br \/>\nPour ce classement et les suivants, voir le tableau 1.1 (ann\u00e9e de base: 2008), dans Spirig et Weder (2011), p. 32.. Elle est 21e par sa population, donc \u00e0 peu pr\u00e8s dans la moyenne. Elle appara\u00eet, par contre, comme la 11e puissance \u00e9conomique du continent si l\u2019on prend pour r\u00e9f\u00e9rence le produit int\u00e9rieur brut (PIB), soit l\u2019ensemble des biens et services produits dans un pays ou encore le revenu qui en r\u00e9sulte. La Suisse est-elle ouverte? Pour le savoir, il faut d\u00e9-terminer le degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration de son \u00e9conomie \u00e0 l\u2019\u00e9conomie mondiale, autrement dit sa participation aux \u00e9changes (\u00e9conomiques) internationaux. Tel est l\u2019objet de ce qui suit.La formule bien connue selon laquelle la Suisse gagne un franc sur deux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger souligne l\u2019importance de l\u2019\u00e9conomie mondiale pour notre pays. La fa\u00e7on dont on aboutit \u00e0 ce chiffre est moins \u00e9vidente. Il faut, pour cela, supposer que l\u2019on rapporte les exportations de biens et de services au PIB. Si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la balance des paiements et aux comptes nationaux de la Suisse, les exportations ont bien atteint quelque 50% du PIB en 2011. Sur cette base, la moiti\u00e9 du revenu national \u2013 soit un franc sur deux \u2013 est effectivement r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Pourtant, cette affirmation, aussi bien que la m\u00e9thode de calcul, sont sujettes \u00e0 caution:&#13;<\/p>\n<ol>&#13;<\/p>\n<li>bon nombre de produits export\u00e9s contiennent des intrants que la Suisse importe; d\u00e8s lors, une partie du franc gagn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9 avant \u2028l\u2019exportation;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>le calcul ne tient compte ni des revenus des capitaux plac\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ni des revenus du travail obtenus par des Suisses \u00e0 l\u2019\u00e9tranger;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>il n\u2019existe pas de comparaison avec d\u2019autres pays;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>le plus discutable r\u00e9side, toutefois dans le fait que l\u2019optique \u00abun franc sur deux\u00bb se fonde sur une conception mercantile, selon laquelle seules les exportations sont positives (puisqu\u2019elles rapportent de l\u2019argent) et qui laisse totalement de c\u00f4t\u00e9 les importations.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ol>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Impossible d\u2019avancer sans th\u00e9orie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa th\u00e9orie classique du commerce international, qui remonte \u00e0 David Ricardo (1817), veut que les pays capables de jouer de leurs sp\u00e9cificit\u00e9s pour produire des biens tirent profit des \u00e9changes ext\u00e9rieurs. On parle ici d\u2019<i>avantages comparatifs<\/i> se &shy;traduisant par des diff\u00e9rences de productivit\u00e9. Il en d\u00e9coule que les exportations ne profitent pas \u00e0 une \u00e9conomie du fait qu\u2019elles cr\u00e9ent des emplois, mais bien parce qu\u2019elles lui permettent d\u2019acqu\u00e9rir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger les biens qu\u2019elle consomme. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 ces derniers devraient \u00eatre produits \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays en pr\u00e9levant des ressources n\u00e9cessaires \u00e0 son industrie exportatrice, ils absorberaient bien davantage de facteurs de production que si son \u00e9conomie se concentrait sur ses avantages comparatifs et continuait d\u2019acheter les biens en question \u00e0 l\u2019\u00e9tranger gr\u00e2ce aux surplus d\u2019exportations correspondants.Vu comme cela, le commerce ext\u00e9rieur sert en quelque sorte de \u00abmoyen de production indirect\u00bb pour les biens d\u2019importation. Cette sp\u00e9cialisation ne fait pas augmenter le nombre d\u2019emplois, puisqu\u2019il faut comparer ceux gagn\u00e9s gr\u00e2ce aux exportations et ceux perdus dans l\u2019industrie d\u2019importation concurrente. Sur ce point, les exportations n\u2019ont donc pas plus d\u2019importance que les importations. Les deux se conditionnent mutuellement et concourent \u00e0 une exploitation plus efficiente de ressources int\u00e9rieures limit\u00e9es. C\u2019est d\u2019autant plus vrai si l\u2019on garde \u00e0 l\u2019esprit que les importations comprennent des produits interm\u00e9diaires utilis\u00e9s par l\u2019industrie exportatrice. Par ce biais, elles peuvent donc renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale des entreprises et des branches exportatrices.\u00c0 notre point de vue, il est essentiel de retenir que les \u00e9changes ext\u00e9rieurs occupent g\u00e9n\u00e9ralement une place plus importante dans la production \u00e9conomique des petits pays que dans celle des grands. Une exp\u00e9rience imaginaire peut l\u2019expliquer: si l\u2019on divise un pays en deux \u00c9tats, le PIB de chacun se trouve amoindri et une partie du commerce auparavant interne se transforme en commerce ext\u00e9rieur entre les deux nouvelles entit\u00e9s. La part totale des \u00e9changes transfrontaliers s\u2019accro\u00eet sans que le commerce ext\u00e9rieur ait \u00e9t\u00e9 lib\u00e9ralis\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9valuation de l\u2019ouverture<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne possibilit\u00e9 consiste \u00e0 \u00e9valuer l\u2019ampleur des restrictions \u00e9tatiques aux \u00e9changes internationaux de biens, de services et de facteurs de production, autrement dit le degr\u00e9 de protectionnisme. Cela inclut les droits de douane, les obstacles administratifs et techniques au commerce ainsi que les restrictions aux mouvements de capitaux et \u00e0 l\u2019\u00e9change (temporaire) des travailleurs. Les \u00e9tudes portant sur ces limitations montrent que dans le domaine non agricole, la Suisse affiche un niveau de protection plut\u00f4t bas en comparaison internationale&#13;<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019\u00e9tudes de l\u2019OMC, de l\u2019OCDE, du World Economic Forum ou de l\u2019Heritage Foundation. Le KOF enrichit ces consid\u00e9rations d\u2019un indice qui int\u00e8gre les dimensions \u00e9conomiques, sociales et politiques de la mondialisation au moyen de nombreuses composantes. Selon cet indice de mondialisation (2012), la Suisse arrive en dixi\u00e8me position sur 187 pays (ann\u00e9e de base: 2009). Weder (2007) donne un aper\u00e7u de la position de la Suisse selon diff\u00e9rents indicateurs et pr\u00e9sente l\u2019approche qui est privil\u00e9gi\u00e9e dans le pr\u00e9sent document..Ci-dessous, l\u2019ouverture \u00e9conomique de la Suisse est compar\u00e9e \u00e0 celle d\u2019autres pays \u00e0 l\u2019aide de <i>deux indicateurs<\/i>. Je me base en cela sur l\u2019int\u00e9gration manifeste et l\u2019ouverture. Contrairement aux \u00e9tudes d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es, cette m\u00e9thode prend \u00e9galement en compte la taille \u00e9conomique.Le <i>premier indicateur<\/i> mesure <i>l\u2019intensit\u00e9 commerciale<\/i> en additionnant les exportations de biens et de services pour les diviser ensuite par le PIB. Les biens incluent de nombreux produits de consommation et machines, tandis que les services transfronti\u00e8res comprennent, par exemple, le tourisme ainsi que les activit\u00e9s des banques, des assurances et des entreprises de transport. L\u2019intensit\u00e9 commerciale ainsi calcul\u00e9e donne pour la Suisse une valeur de 92% en 2011. Le <i>graphique 1<\/i> confirme le rapport n\u00e9gatif attendu entre intensit\u00e9 commerciale et taille du pays. Il montre que la Suisse affiche un degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne internationale, repr\u00e9sent\u00e9 par la ligne continue. Des pays comme la Su\u00e8de, le Danemark ou la Grande-Bretagne pr\u00e9sentent approximativement le m\u00eame niveau d\u2019int\u00e9gration que la Suisse lorsqu\u2019on tient compte de la taille de chacun d\u2019eux. L\u2019Allemagne offre, toutefois, un meilleur niveau d\u2019int\u00e9gration que la Suisse.Le <i>deuxi\u00e8me indicateur<\/i> se concentre sur l\u2019\u00e9change de facteurs de production et s\u2019int\u00e9resse \u00e0 <i>l\u2019intensit\u00e9 d\u2019\u00e9change du revenu des facteurs<\/i>&#13;<br \/>\nIl serait \u00e9galement possible de choisir comme base de calcul la part d\u2019\u00e9trangers dans la population, le nombre de frontaliers ou le volume des capitaux. Ces valeurs ne peuvent, toutefois, pas \u00eatre directement agr\u00e9g\u00e9es.. On l\u2019obtient en additionnant le revenu du travail et des capitaux r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et le revenu r\u00e9alis\u00e9 en Suisse depuis l\u2019\u00e9tranger, puis en divisant ce chiffre par le PIB. \u00c9tant donn\u00e9 que les revenus internationaux subissent de fortes fluctuations annuelles, c\u2019est une valeur moyenne sur cinq ans (2007-2011) qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e ici. Les \u00e9changes internationaux de revenus du travail sont marqu\u00e9s par l\u2019activit\u00e9 des travailleurs frontaliers sur notre sol, tandis que ceux des revenus de capitaux refl\u00e8tent notamment les rentr\u00e9es issues des placements et investissements effectu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, par exemple par des multinationales helv\u00e9tiques. L\u2019intensit\u00e9 d\u2019\u00e9change de ces facteurs s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 31% pour la Suisse en 2011.Le <i>graphique 2<\/i> indique \u00e0 nouveau un rapport n\u00e9gatif entre intensit\u00e9 d\u2019\u00e9change du revenu des facteurs et taille du pays. La Suisse se situe \u00e0 cet \u00e9gard clairement au-dessus de la\u00a0moyenne, ce qui met en \u00e9vidence une &shy;int\u00e9gration \u2013 donc une ouverture \u2013 tr\u00e8s marqu\u00e9e en comparaison internationale pour l\u2019\u00e9change des facteurs \u00abtravail\u00bb et \u00abcapital\u00bb. Le niveau d\u2019int\u00e9gration de la Grande-Bretagne est comparable \u00e0 celui de la Suisse, tandis que l\u2019Allemagne, la France et en particulier l\u2019Italie affichent un plus faible degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration.&#13;<\/p>\n<h2>Un haut degr\u00e9 de protectionnisme &shy;agricole<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe haut degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration de la Suisse dans l\u2019\u00e9conomie mondiale est le r\u00e9sultat d\u2019une politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure traditionnellement fond\u00e9e sur l\u2019ouverture des fronti\u00e8res et l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s \u00e9trangers. Cette politique est encourag\u00e9e et garantie par l\u2019appartenance de la Suisse \u00e0 l\u2019OMC, par les accords bilat\u00e9raux pass\u00e9s avec l\u2019UE, par le principe du Cassis de Dijon mis en \u0153uvre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019UE et par les nombreux accords de libre-\u00e9change que la Suisse a conclus directement ou en tant que membre de l\u2019Association europ\u00e9enne de libre-\u00e9change (AELE).Un secteur \u00e9conomique n\u2019entre, toutefois, pas dans ce cadre: l\u2019agriculture suisse. Certes, la protection contre les importations et les subventions destin\u00e9es \u00e0 soutenir la production agricole ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies et remplac\u00e9es par des paiements directs. Selon l\u2019indicateur ESP, (\u00abEstimation du soutien \u00e0 la production\u00bb) que publie l\u2019OCDE pour mesurer tous les transferts que les consommateurs et contribuables d\u2019un pays effectuent vers les producteurs de biens agricoles, la Suisse fait toujours partie des \u00c9tats qui soutiennent le plus leur agriculture. Elle se classait en 2011, avec un indicateur ESP de 54%, au deuxi\u00e8me rang des 34 pays de l\u2019OCDE, derri\u00e8re la Norv\u00e8ge, mais devant le Japon et la Cor\u00e9e&#13;<br \/>\nVoir OCDE (2012), p. 38.. En d\u2019autres termes, 54% de la valeur de la production agricole suisse repose sur les paiements exig\u00e9s des consommateurs (par exemple \u00e0 cause des restrictions \u00e0 l\u2019importation) et des contribuables (subventions, paiements directs). Cette protection \u00e9quivaut au triple de celle pratiqu\u00e9e en moyenne dans l\u2019OCDE ou dans l\u2019UE. La part des mesures provoquant le plus grand nombre de distorsions (restrictions au commerce, subventions li\u00e9es \u00e0 la quantit\u00e9) a pu \u00eatre n\u00e9anmoins substantiellement r\u00e9duite gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement des paiements directs. Elle \u00e9tait de 46% durant la p\u00e9riode 2009-2011, ce qui situe la Suisse dans la moyenne de l\u2019OCDE, mais toujours bien au-dessus des 25% correspondant \u00e0 la valeur de l\u2019UE&#13;<br \/>\nVoir OCDE 2012, pp. 236ss et 2e partie..Le <i>graphique 3<\/i> indique l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9changes et se limite aux produits agricoles des cat\u00e9gories \u00abproduits alimentaires\u00bb, \u00abanimaux vivants\u00bb et \u00abhuiles animales et v\u00e9g\u00e9tales\u00bb&#13;<br \/>\nUne \u00e9valuation fond\u00e9e sur une classification industrielle internationale standard, \u00e0 mon avis moins pertinente, donne n\u00e9anmoins une image comparable (cat\u00e9gories A: agriculture, chasse et sylviculture et B: p\u00eache).. Pour ce groupe de biens, la Suisse pr\u00e9sente un degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration nettement inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne des pays de l\u2019OCDE.&#13;<\/p>\n<h2>Le protectionnisme agricole \u2028pose de plus en plus de probl\u00e8mes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019ouverture \u00e9conomique de la Suisse est grande en comparaison internationale. Cela se v\u00e9rifie tout particuli\u00e8rement pour l\u2019\u00e9change des facteurs \u00abtravail\u00bb et \u00abcapital\u00bb. L\u2019agriculture fait exception \u00e0 cet \u00e9gard, ce que confirment aussi bien le fort degr\u00e9 \u2028de protectionnisme de ce secteur que la \u2028faible intensit\u00e9 des \u00e9changes, inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne. On peut arguer du fait que cette singularit\u00e9 est tout \u00e0 fait acceptable en d\u00e9-\u2028pit (ou en raison) des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s prati-\u2028qu\u00e9s dans un pays riche comme la Suisse, compte tenu notamment de son agriculture de montagne. \u00c0 mon avis, le principal probl\u00e8me tient au fait que l\u2019agriculture entrave de plus en plus la politique ext\u00e9rieure de la Suisse et compromet ainsi son niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019int\u00e9gration, donc sa prosp\u00e9rit\u00e9. L\u2019accord de libre-\u00e9change envisag\u00e9 depuis pr\u00e8s de dix ans avec les \u00c9tats-Unis en est une bonne illustration. Il aurait non seulement augment\u00e9 les volumes commerciaux entre les deux pays, mais aussi stimul\u00e9 les \u00e9changes de capitaux et de savoir-faire. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9cid\u00e9 en janvier 2006 de suspendre les n\u00e9gociations en raison de la forte opposition des milieux agricoles. Aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019UE qui n\u00e9gocie un tel accord avec les \u00c9tats-Unis. S\u2019il aboutit, les entreprises suisses seront discrimin\u00e9es dans ce pays par rapport \u00e0 leurs concurrentes europ\u00e9ennes. Le niveau d\u2019int\u00e9gration de la Suisse s\u2019en trouvera diminu\u00e9. Dans les n\u00e9gociations de l\u2019OMC \u00e9galement, la Suisse a les mains li\u00e9es par sa politique agricole.Voil\u00e0 pourquoi il faut continuer de r\u00e9duire le protectionnisme agricole dans notre pays et \u00e9voluer davantage vers les paiements directs. C\u2019est le seul moyen de rendre la politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure suisse. Les paiements directs peuvent continuer de compenser les prestations fournies au titre de la protection du paysage ou de l\u2019\u00e9levage. Il faut aussi permettre aux agriculteurs de se comporter davantage en entrepreneurs innovants. Je suis persuad\u00e9 que de nombreux consommateurs honoreront cet effort.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abIntensit\u00e9 des \u00e9changes commerciaux et taille des pays de l\u2019OCDE (sans la Pologne), 2011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abIntensit\u00e9 des \u00e9changes de facteurs et taille des pays de l\u2019OCDE, 2007\u20132011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abIntensit\u00e9 du commerce agricole et taille des pays de l\u2019OCDE, 2011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>KOF, Indicateur de la mondialisation du KOF 2012, communiqu\u00e9 de presse du 16 mars 2012 et classement 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>OCDE, Politiques agricoles: suivi et \u00e9valuation 2012. Pays de l\u2019OCDE, Paris, 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Ricardo David, The Principles of Political Economy and Taxation (publi\u00e9 en fran\u00e7ais sous le titre Des principes de l\u2019\u00e9conomie politique et de l\u2019imp\u00f4t), Londres, 1817.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Spirig Beat et Weder Rolf, Von Rosinen und anderen Spezialit\u00e4ten. Die Schweiz und die EU, Zurich, 2011, \u00e9d. Neue Z\u00fcrcher Zeitung.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Weder Rolf, \u00abSwiss International Economic Relations. Assessing a Small and open Economy\u00bb, dans Church Clive H. (\u00e9d.), Switzerland and the European Union. A Close, Contradictory and Misunderstood Relationship, Londres, 2007, Routledge,\u2028pp. 99\u2013125.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour juger de l\u2019int\u00e9gration d\u2019un pays \u00e0 l\u2019\u00e9conomie mondiale, il faut comparer l\u2019ampleur de ses \u00e9changes internationaux de biens, de services et de facteurs de production avec sa taille. De ce point de vue, celle de la Suisse appara\u00eet sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne, notamment en ce qui concerne les \u00e9changes de facteurs de production. L\u2019agriculture [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2849,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106,105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2849,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr Aussenwirtschaft und Europ\u00e4ische Integration, Dekan der Wirtschaftswissenschaftlichen Fakult\u00e4t, Universit\u00e4t Basel ","seco_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie internationale et d\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne, doyen de la Facult\u00e9 d\u2019\u00e9conomie politique de l\u2019Universit\u00e9 de B\u00e2le ","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":149281,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7198","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/559103c96e71c"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149278"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2849"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149278"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149278\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189008,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149278\/revisions\/189008"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=149278"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=149278"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=149278"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=149278"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=149278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}