{"id":149338,"date":"2013-05-01T12:00:00","date_gmt":"2013-05-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/05\/gerritzen-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:42:11","modified_gmt":"2023-08-23T22:42:11","slug":"gerritzen-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/05\/gerritzen-2\/","title":{"rendered":"Le syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse"},"content":{"rendered":"<p>Notre syst\u00e8me de sant\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9, au niveau international, comme de grande qualit\u00e9, mais il est \u00e9galement on\u00e9reux. La part \u00e9lev\u00e9e des d\u00e9penses consacr\u00e9es aux soins stationnaires constitue un facteur de co\u00fbts important. Elle est due \u00e0 la longueur des s\u00e9jours hospitaliers et \u00e0 la chert\u00e9 des diff\u00e9rents traitements, comme le prouvent les forfaits par cas. Il ne serait pas impossible de contenir quelque peu ces co\u00fbts, mais la population a fait savoir, lors de plusieurs votations, qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e8re payer des primes \u00e9lev\u00e9es plut\u00f4t que de risquer de perdre en qualit\u00e9 ou de ne plus pouvoir choisir son m\u00e9decin.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201305_10_Gerritzen_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Une qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, \u2028malgr\u00e9 des &shy;exceptions<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa qualit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me de sant\u00e9 s\u2019exprime traditionnellement \u00e0 l\u2019aide de deux param\u00e8tres \u2013 l\u2019esp\u00e9rance de vie et la mortalit\u00e9 infantile \u2013 recens\u00e9s notamment par l\u2019OCDE. Le <i>tableau 1<\/i> montre que, parmi les pays membres de l\u2019organisation, les hommes suisses sont ceux qui ont la plus longue esp\u00e9rance de vie, avec 80,3 ans, alors que les Suissesses arrivent en troisi\u00e8me position derri\u00e8re les Japonaises et les Espagnoles. Au regard de l\u2019indicateur mesurant le nombre d\u2019ann\u00e9es de vie potentielles perdues par les personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es avant 70 ans, la Suisse se situe au troisi\u00e8me rang pour les hommes, derri\u00e8re la Su\u00e8de et les Pays-Bas, et en cinqui\u00e8me position pour les femmes, apr\u00e8s le Japon, l\u2019Italie, l\u2019Espagne et la Su\u00e8de. Ces chiffres sont un tr\u00e8s bon indice de la qualit\u00e9 de notre syst\u00e8me sanitaire. Au chapitre de la mortalit\u00e9 infantile, le tableau n\u2019est pas aussi flatteur pour notre pays qui se cantonne dans la moyenne (sup\u00e9rieure) des 34 pays de l\u2019OCDE, avec 3,8 d\u00e9c\u00e8s pour 100&nbsp;000 naissances par ann\u00e9e&#13;<br \/>\nSource: OCDE (2012)..Depuis quelques ann\u00e9es, l <i>recueille<\/i> d\u2019autres donn\u00e9es tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9es sur la qualit\u00e9 du syst\u00e8me de sant\u00e9 europ\u00e9en. Dans l\u2019indice global, la Suisse fait encore partie du peloton de t\u00eate: elle arrive en septi\u00e8me position sur les 34 pays \u00e9tudi\u00e9s. Selon les indicateurs partiels, ce classement ne vaut que pour l\u2019acc\u00e8s aux prestations m\u00e9dicales et l\u2019approvisionnement en m\u00e9dicaments. Que la pr\u00e9vention soit mal class\u00e9e n\u2019est gu\u00e8re surprenant; le projet de loi qui aurait d\u00fb am\u00e9liorer la situation a \u00e9chou\u00e9 au Conseil des \u00c9tats le 27 septembre 2012. De m\u00eame, il aurait \u00e9t\u00e9 possible d\u2019obtenir une meilleure note \u00e0 la rubrique \u00abInformation\u00bb. En Suisse, par exemple, les patients n\u2019ont aucun moyen de s\u2019informer \u00e0 partir de crit\u00e8res objectifs sur la qualit\u00e9 des h\u00f4pitaux. Il est, en revanche, que les performances de notre syst\u00e8me de sant\u00e9 soient si mal not\u00e9es. Cela peut notamment provenir du fait que la Suisse se situe seulement dans la zone m\u00e9diane des classements internationaux&#13;<br \/>\nSource: Health Consumer Powerhouse (2012). pour les d\u00e9c\u00e8s par infarctus et les infections par des agents r\u00e9sistant aux antibiotiques \u00e0 large spectre (infections au Sarm), ainsi que pour la proportion de cas de diab\u00e8te non diagnostiqu\u00e9s dans la population \u00e2g\u00e9e de 20 \u00e0 80 ans.Un autre indice int\u00e9ressant est l\u2019\u00e9valuation subjective de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9. En 2007, selon les relev\u00e9s de l\u2019OCDE, 86,7% des habitants de la Suisse jugeaient que leur \u00e9tat de sant\u00e9 \u00e9tait bon ou tr\u00e8s bon, ce qui la pla\u00e7ait au troisi\u00e8me rang sur un total de 18 pays couverts par l\u2019enqu\u00eate, juste derri\u00e8re les Britanniques et les Canadiens.&#13;<\/p>\n<h2>Niveau et \u00e9volution des co\u00fbts<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl ressort de ces donn\u00e9es que notre syst\u00e8me de sant\u00e9 a certes atteint un haut niveau de qualit\u00e9, mais qu\u2019il comprend aussi des secteurs o\u00f9 des am\u00e9liorations seraient souhaitables et possibles. Parall\u00e8lement, il est tr\u00e8s co\u00fbteux. La Suisse a longtemps affich\u00e9 les d\u00e9penses de sant\u00e9 par habitant (\u00e0 pouvoir d\u2019achat \u00e9quivalent) , apr\u00e8s les \u00c9tats-Unis. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e par la Norv\u00e8ge en 2003 et se situe \u00e0 pr\u00e9sent au troisi\u00e8me rang. Si l\u2019on compare les d\u00e9penses de sant\u00e9 au produit int\u00e9rieur brut (PIB), la Suisse arrivait \u00e9galement deuxi\u00e8me apr\u00e8s les \u00c9tats-Unis en 2006 (voir <i>graphique 1<\/i>). Depuis lors, elle a \u00e9t\u00e9 rattrap\u00e9e par la France, puis par l\u2019Allemagne. Cette \u00e9volution ne provient certainement pas d\u2019une augmentation qui aurait \u00e9t\u00e9 plus mod\u00e9r\u00e9e en Suisse qu\u2019ailleurs. Elle r\u00e9sulte du fait que notre pays a \u00e9t\u00e9 moins durement touch\u00e9 que d\u2019autres par la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re, d\u2019o\u00f9 un moindre impact sur son PIB. En Suisse, la tendance \u00e0 la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 par habitant ne s\u2019est pas d\u00e9mentie. Leur progression a, toutefois, \u00e9t\u00e9 nettement plus faible que dans de nombreux autres pays de l\u2019OCDE. Le <i>tableau 2<\/i> montre qu\u2019elles ont augment\u00e9 de 1025 USD, soit de 32% entre 2000 et 2010, ou de 2,8% par ann\u00e9e en termes r\u00e9els&#13;<br \/>\nPour rendre les chiffres comparables, nous prenons comme base des valeurs de l\u2019ann\u00e9e 2000, exprim\u00e9es en USD, au pouvoir d\u2019achat \u00e9quivalent.. Cette hausse est aussi inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne de l\u2019OCDE, qui a \u00e9t\u00e9 de 57%, soit 4,4% par ann\u00e9e&#13;<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019une moyenne non pond\u00e9r\u00e9e. Les \u00c9tats-Unis ayant affich\u00e9 un taux de croissance moyen de 4,2% par ann\u00e9e, la moyenne pond\u00e9r\u00e9e pourrait se situer dans ce voisinage.. Sur cette m\u00eame p\u00e9riode, les d\u00e9penses ont grimp\u00e9 de 29% en France (745 USD) et de 22% en Allemagne (586 USD); aux \u00c9tats-Unis, la hausse a atteint 2438 USD, ou 4,2% par ann\u00e9e. Il n\u2019en demeure pas moins que les co\u00fbts de la sant\u00e9 \u2013 que ce soit par habitant ou, en partie, en proportion du PIB \u2013 restent nettement plus \u00e9lev\u00e9s en Suisse que dans d\u2019autres pays de l\u2019OCDE dont les syst\u00e8mes de sant\u00e9 sont pourtant d\u2019une qualit\u00e9 comparable et, dans certains domaines, m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 la n\u00f4tre.&#13;<\/p>\n<h2>Structure des co\u00fbts<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse se distingue des par l\u2019importance consid\u00e9rable de son secteur de soins stationnaires (voir <i>graphique 2<\/i>). Ainsi que l\u2019ont montr\u00e9 <i>Kirchg\u00e4ssner et Gerritzen (2011)<\/i>, la part de ce secteur aux d\u00e9penses de sant\u00e9 n\u2019a gu\u00e8re diminu\u00e9 ces 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on a observ\u00e9 dans la plupart des autres pays membres. Comme les soins qui peuvent \u00eatre dispens\u00e9s en mode ambulatoire sont g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup plus co\u00fbteux s\u2019ils sont \u2028effectu\u00e9s de mani\u00e8re stationnaire, le poids relatif de ce secteur pourrait expliquer le haut niveau de d\u00e9penses. Un autre facteur de co\u00fbt est la dur\u00e9e relativement longue des \u2028s\u00e9jours hospitaliers.M\u00eame si la dur\u00e9e de s\u00e9jour en soins intensifs a constamment diminu\u00e9 en Suisse ces 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, elle demeure l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne de l\u2019OCDE (voir <i>tableau 2<\/i>). La densit\u00e9 de lits est aussi sup\u00e9rieure, alors que le nombre d\u2019h\u00f4pitaux, lui, est nettement inf\u00e9rieur \u00e0 cette m\u00eame moyenne. Pour le nombre d\u2019h\u00f4pitaux par habitant, la Suisse reste dans la moyenne internationale. Il semble que les Suisses fr\u00e9quentent plus rarement les h\u00f4pitaux, mais pour des s\u00e9jours g\u00e9n\u00e9ralement plus longs.Des <i>forfaits par cas<\/i> ont \u00e9t\u00e9 introduits au 1er janvier 2012 afin de r\u00e9duire la dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers. Le financement des h\u00f4pitaux est ainsi fonction non plus du nombre de jours d\u2019hospitalisation, mais des maladies trait\u00e9es et les \u00e9tablissements n\u2019ont plus aucune raison de garder des patients qui pourraient \u00e9galement \u00eatre soign\u00e9s en mode ambulatoire.&#13;<\/p>\n<h2>Comparaison des co\u00fbts entre \u2028la Suisse et\u00a0l\u2019Allemagne<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi, malgr\u00e9 des s\u00e9jours hospitaliers qui se situent dans la moyenne internationale, les d\u00e9penses totales pour les traitements stationnaires sont nettement plus \u00e9lev\u00e9es, ce n\u2019est pas uniquement \u00e0 cause des lits en surnombre. Le surco\u00fbt en Suisse des diff\u00e9rents traitements a une part de responsabilit\u00e9 au moins aussi importante, comme le met en \u00e9vidence une comparaison entre les forfaits par cas suisses et allemands (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Forfaits par cas et dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019Allemagne est pass\u00e9e des forfaits d\u2019indemnit\u00e9 journali\u00e8re aux forfaits par cas d\u00e8s les ann\u00e9es nonante en arguant, comme la Suisse, de la longue dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers. Pour les soins intensifs, il s\u2019av\u00e8re aujourd\u2019hui que cette dur\u00e9e a diminu\u00e9 de mani\u00e8re quasi sym\u00e9trique dans les deux pays.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCela permet, \u00e0 tout le moins, de douter \u2028de l\u2019importance des forfaits par cas pour r\u00e9duire la dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers et, \u2028par cons\u00e9quent, les co\u00fbts.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n). Cette expression d\u00e9signe la somme rembours\u00e9e \u00e0 un \u00e9tablissement hospitalier pour un traitement. Celle-ci se compose d\u2019un prix de base, multipli\u00e9 par un facteur de pond\u00e9ration fix\u00e9 dans le catalogue des forfaits par cas&#13;<br \/>\nComme la Suisse a largement repris les d\u00e9finitions du catalogue allemand des forfaits par cas et n\u2019a fait qu\u2019adapter les pond\u00e9rations, il est tr\u00e8s facile de comparer les deux pays.\u00c0 l\u2019h\u00f4pital cantonal de Winterthour, le prix de base 2013 est de 9480 francs. Le coefficient pour une appendicectomie (G23C) est fix\u00e9 \u00e0 0,617&#13;<br \/>\nLes indications entre parenth\u00e8ses reprennent les d\u00e9signations des forfaits par cas figurant dans les catalogues. Dans nos exemples, elles sont identiques dans les catalogues suisse et allemand. Les coefficients figurent dans SwissDRG (2012) et InEK (2012).. Le montant rembours\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital s\u2019\u00e9l\u00e8ve donc \u00e0 5849 francs. Dans le Bade-Wurtemberg, le prix de base 2013 est de 3121,04 euros. Avec un coefficient de 0,780 pour la m\u00eame op\u00e9ration, on obtient un montant de 2434 euros. En appliquant non pas le taux de change officiel, mais celui de 1,80 exprimant le pouvoir d\u2019achat, on parvient \u00e0 l\u2019\u00e9quivalent de 4382 francs. Vu sous cet angle, le prix pratiqu\u00e9 \u00e0 Winterthour d\u00e9passe de 33% celui du Bade-Wurtemberg. Or, l\u2019h\u00f4pital cantonal de Winterthour est encore relativement avantageux. Celui de Saint-Gall applique cette ann\u00e9e un prix de base de 10&nbsp;210 francs, soit 44% plus cher que celui du Bade-Wurtemberg&#13;<br \/>\nLes prix de base sont disponibles sous.Une op\u00e9ration du c\u0153ur compliqu\u00e9e (F03A. Intervention valvulaire cardiaque avec c\u0153ur-poumon artificiel) co\u00fbte 71\u2009732 francs \u00e0 l\u2019h\u00f4pital universitaire de Zurich, le prix de base \u00e9tant 11\u2009300 francs et le coefficient 6,348. \u00c0 la clinique universitaire de Heidelberg, la m\u00eame intervention co\u00fbterait 48&nbsp;628 francs, apr\u00e8s conversion au taux de 1,80 franc pour un euro. Le prix en Suisse est ainsi de 48% plus \u00e9lev\u00e9 que dans le Bade-Wurtemberg. La situation est sans doute la m\u00eame pour la plupart des postes, mais il existe des exceptions. Ainsi, une transplantation cardiaque simple (A05B), calcul\u00e9e avec un taux de change de 1,63, est moins ch\u00e8re \u00e0 Zurich qu\u2019\u00e0 Heidelberg, mais une transplantation cardiaque compliqu\u00e9e (A05A) reste nettement plus ch\u00e8re en Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Des r\u00e9formes politiques difficiles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e des prestations de sant\u00e9 dispens\u00e9es en Suisse a certes son prix. Pourtant, les Pays-Bas et les pays scandinaves ont, par exemple, eux aussi d\u2019excellents syst\u00e8mes de sant\u00e9, avec des co\u00fbts parfois nettement plus faibles. De toute \u00e9vidence, une intervention politique s\u2019impose donc, surtout en ce qui concerne le secteur stationnaire.D\u00e9but 2012, les forfaits par cas ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9s par une meilleure compensation des risques. Il se peut ainsi que moins d\u2019assur\u00e9s changent de caisse-maladie, de tels mouvements ayant pour effet d\u2019augmenter les frais administratifs sans apporter la moindre \u00e9conomie au\u00a0chapitre des traitements. Il y a donc ici un\u00a0potentiel d\u2019\u00e9conomies, m\u00eame minime. Comme on l\u2019a vu plus haut, la r\u00e9duction de co\u00fbts r\u00e9sultant du passage aux forfaits par cas est discutable. S\u2019il a effectivement tendance \u00e0 faire diminuer la dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers, ce syst\u00e8me incite aussi les h\u00f4pitaux, en cas de doute, \u00e0 prendre le groupe de cas le plus co\u00fbteux. Difficile de dire quelle tendance l\u2019emportera. Quoi qu\u2019il en soit, le remboursement bas\u00e9 sur les forfaits par cas am\u00e9liore la transparence et contribue ainsi \u00e0 un meilleur contr\u00f4le de la qualit\u00e9. \u00c9videmment, il augmente les exigences administratives, ce qui occasionne de nouveaux co\u00fbts.Le financement mixte des h\u00f4pitaux est, , assum\u00e9 par les caisses-maladie et les cantons. L\u2019introduction d\u2019un finan-\u2028cement unique par les caisses pourrait effectivement permettre de r\u00e9aliser certaines \u2028\u00e9conomies. L\u2019article constitutionnel \u00abQualit\u00e9 et efficacit\u00e9 \u00e9conomique dans l\u2019assurance-maladie\u00bb, refus\u00e9 le 1er juin 2008 par 69,5% des citoyens, \u00e9tait cens\u00e9 ouvrir la voie \u00e0 une telle approche \u00abmoniste\u00bb qui aurait simplifi\u00e9 la mise en \u0153uvre politique d\u2019une r\u00e9duction du nombre de lits. Le r\u00e9sultat sans appel de la consultation populaire, aux allures de vote de d\u00e9fiance \u00e0 l\u2019adresse des caisses-maladie, a pour l\u2019instant ferm\u00e9 cette porte.Dans le domaine des soins ambulatoires, l\u2019on escompte quelque \u00e9conomie en limi-tant le libre choix du m\u00e9decin. Le projet pr\u00e9sent\u00e9 en ce sens, avec une r\u00e9vision de la loi sur l\u2019assurance-maladie instituant la r\u00e8gle des r\u00e9seaux de soins int\u00e9gr\u00e9s (\u00abmanaged care\u00bb), a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9 par 76% des votants le 16 juin 2012. Pour la majorit\u00e9 de la population, le libre choix du m\u00e9decin vaut manifestement plus que la r\u00e9duction des co\u00fbts promise. Le r\u00e9sultat \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9voir: on sait par la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e qu\u2019une grande proportion de Suisses sont pr\u00eats \u00e0 payer pour cela&#13;<br \/>\nVoir Zweifel (2013) ainsi que Zweifel, Telser et Vaterlaus (2006)..Les r\u00e9formes fondamentales \u00e9labor\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es et qui devaient r\u00e9duire les co\u00fbts ont ainsi \u00e9chou\u00e9 dans les urnes. Cela n\u2019augure aucunement de l\u2019issue de futures r\u00e9formes, mais si l\u2019on veut s\u2019assurer de l\u2019adh\u00e9sion des votants, il est indispensable de se concentrer davantage sur leurs besoins.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution de l\u2019ensemble des d\u00e9penses de sant\u00e9 en proportion du produit int\u00e9rieur brut, 1975\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abStructure des co\u00fbts, 2010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abIndicateurs de qualit\u00e9 des syst\u00e8mes de la sant\u00e9\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2: \u00abIndicateurs des soins stationnaires\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Forfaits par cas et dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers&#13;<\/p>\n<h3>Forfaits par cas et dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019Allemagne est pass\u00e9e des forfaits d\u2019indemnit\u00e9 journali\u00e8re aux forfaits par cas d\u00e8s les ann\u00e9es nonante en arguant, comme la Suisse, de la longue dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers. Pour les soins intensifs, il s\u2019av\u00e8re aujourd\u2019hui que cette dur\u00e9e a diminu\u00e9 de mani\u00e8re quasi sym\u00e9trique dans les deux pays.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCela permet, \u00e0 tout le moins, de douter \u2028de l\u2019importance des forfaits par cas pour r\u00e9duire la dur\u00e9e des s\u00e9jours hospitaliers et, \u2028par cons\u00e9quent, les co\u00fbts.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Health Consumer Powerhouse, Euro Health Consumer Index 2012, Danderyd, 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Kirchg\u00e4ssner G. et Gerritzen B., Leistungsf\u00e4higkeit und Effizienz von Gesundheitssystemen: Die Schweiz im internationalen Vergleich, expertise r\u00e9alis\u00e9e sur mandat du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie SECO, 5\u00a0avril\u00a02011.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Kirchg\u00e4ssner G. et Gerritzen B., \u00abCaract\u00e9ristiques et efficacit\u00e9 du syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse en comparaison internationale\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 4-2011, pp. 59\u201363.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Institut f\u00fcr das Entgeltsystem im Krankenhaus (InEK), Fallpauschalenkatalog 2013, Siegburg (Allemagne), 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>OCDE, Base de donn\u00e9es de l\u2019OCDE sur la sant\u00e9 2012, OCDE, Paris, 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>SwissDRG, Catalogue des forfaits par cas, version 2.0, 11 mai 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Zweifel P., \u00abManaged Care: Prescriptions for Failure? Lessons from Switzerland\u00bb, CESifo DICE Report, 1\/2013 (mars), pp. 27\u201331. \u2028Internet: <a href=\"http:\/\/www.cesifo-group.de\">www.cesifo-group.de<\/a>, rubriques \u00abPublications\u00bb, \u00abZeitschriften\u00bb, \u00abCESifo DICE Report\u00bb.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Zweifel P., Telser H. et Vaterlaus S., \u00abConsumer Resistance Against Regulation: The Case of Health Care\u00bb, Journal of Regulatory Economics, 29, 2006, pp. 319\u2013332.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre syst\u00e8me de sant\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9, au niveau international, comme de grande qualit\u00e9, mais il est \u00e9galement on\u00e9reux. La part \u00e9lev\u00e9e des d\u00e9penses consacr\u00e9es aux soins stationnaires constitue un facteur de co\u00fbts important. Elle est due \u00e0 la longueur des s\u00e9jours hospitaliers et \u00e0 la chert\u00e9 des diff\u00e9rents traitements, comme le prouvent les forfaits par [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3889,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[107],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3889,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"M.\u2009A., Doktorandin und wissenschaftliche Mitarbeiterin am Schweizerischen Institut f\u00fcr Aussenwirtschaft und Angewandte Wirtschaftsforschung (SIAW-HSG) der Universit\u00e4t St. Gallen","seco_author_post_occupation_fr":"Doctorante et collaboratrice scientifique de l\u2019Institut suisse de recherches en \u00e9conomie internationale et en \u00e9conomie appliqu\u00e9e de l\u2019universit\u00e9 de Saint-Gall (SIAW-HSG)","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":149341,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7148","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/5551fc15dc2e6"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149338"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3889"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149338"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149338\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189022,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149338\/revisions\/189022"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3889"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=149338"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=149338"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=149338"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=149338"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=149338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}