{"id":149413,"date":"2013-04-01T12:00:00","date_gmt":"2013-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/04\/hotz-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:42:19","modified_gmt":"2023-08-23T22:42:19","slug":"hotz-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/04\/hotz-2\/","title":{"rendered":"L\u2019innovation, un facteur de succ\u00e8s de la place \u00e9conomique suisse"},"content":{"rendered":"<p>Dans le sillage de la mondialisation et de l\u2019internationalisation, la concurrence entre les entreprises et les produits se mue de plus en plus souvent en une lutte mettant aux prises les places \u00e9conomiques. La comp\u00e9titivit\u00e9 internationale, autrement dit l\u2019attrait d\u2019une place \u00e9conomique pour les activit\u00e9s \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e dans le cadre des cha\u00eenes mondiales, rev\u00eat une importance capitale pour l\u2019emploi et la prosp\u00e9rit\u00e9. Une \u00e9conomie nationale ne peut \u00eatre comp\u00e9titive que si elle sait donner \u00e0 la population un travail int\u00e9ressant et durable ainsi qu\u2019un bon salaire. Dans le cas d\u2019une \u00e9conomie hautement d\u00e9velopp\u00e9e, telle que celle de la Suisse avec ses revenus \u00e9lev\u00e9s et sa devise forte, le niveau de vie ne peut \u00eatre maintenu que par la qualit\u00e9 et l\u2019innovation. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201304_16_Hotz_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPar <i>innovation<\/i>, on entend la concr\u00e9tisation d\u2019une id\u00e9e \u00e0 la fois nouvelle et utile \u2028depuis sa naissance (<i>invention<\/i>) jusqu\u2019\u00e0 son application sur le march\u00e9 (<i>exploitation<\/i>) au profit du client. Par cons\u00e9quent, la capacit\u00e9 \u2028\u00e0 innover signifie produire des nouveau-\u2028t\u00e9s mieux et plus vite que la concurrence et \u2028\u2013 ce qui est particuli\u00e8rement important pour une petite \u00e9conomie ouverte comme la Suisse \u2013 les vendre avec profit sur les march\u00e9s internationaux. Il est crucial que les entreprises et toute l\u2019\u00e9conomie soient en mesure d\u2019absorber les nouveaut\u00e9s. Elles doivent avoir la capacit\u00e9 d\u2019apprendre, de s\u2019adapter et d\u2019\u00e9voluer mieux et plus rapidement que leurs concurrentes.&#13;<\/p>\n<h2>Les processus d\u2019innovation \u2028au sein de\u00a0&shy;r\u00e9seaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes entreprises sont dans leurs activit\u00e9s d\u2019innovation; elles interagissent le plus souvent \u00e0 travers des r\u00e9seaux. Ceux-ci incluent notamment des petites et grandes entreprises, des gestionnaires de syst\u00e8mes, des fournisseurs, des producteurs, des consommateurs, des clients, des instituts de recherche et de d\u00e9veloppement (R&amp;D) ainsi que des universit\u00e9s. La capacit\u00e9 d\u2019innovation de ces r\u00e9seaux d\u00e9pend bien entendu de l\u2019efficacit\u00e9 de leurs participants, mais leur <i>interaction<\/i>, autrement dit leur collaboration pour obtenir des synergies, est d\u00e9cisive. Les caract\u00e9ristiques propres \u00e0 chaque r\u00e9seau sont \u2028devenues d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments importants de la comp\u00e9titivit\u00e9.Le <i>syst\u00e8me national d\u2019innovation<\/i> (SNI) relie tous les acteurs priv\u00e9s et publics d\u2019un pays qui pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat pour l\u2019innovation et qui contribuent \u00e0 la d\u00e9velopper et \u00e0 \u2028la diffuser. Pour calculer la capacit\u00e9 \u00e0 innover des \u00e9conomies nationales, on recense des <i>indicateurs<\/i> sur de tels syst\u00e8mes et on les \u00e9value individuellement ou ensemble.&#13;<\/p>\n<h2>La Suisse parmi les pays leaders<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse figure depuis longtemps parmi les nations leaders en Europe dans divers classements concernant la capacit\u00e9 \u00e0 innover&#13;<br \/>\nClassements internationaux: Summary Innovation Index (SI-Index) et taux moyens de croissance, Pro Inno Europe Innometrics (2012), compos\u00e9 \u00e0 partir du Community &shy;Innovation Survey (CIS); voir aussi Telecom-Stiftung, BDI et al.: Innovationsindikator 2012; enqu\u00eate sur l\u2019innovation du KOF-ETHZ selon Arvanitis et al. (2013), World Economic Forum (2012), Nordic Innovation Monitor, &shy;National Science Foundation des \u00c9tats-Unis.. Toutefois, depuis son record du d\u00e9but des ann\u00e9es nonante, on constate une baisse r\u00e9guli\u00e8re du nombre d\u2019entreprises pr\u00e9sentes dans l\u2019innovation, de m\u00eame qu\u2019un d\u00e9placement de l\u2019utilisation des fonds de R&amp;D vers plus d\u2019applications. Outre la Suisse, des pays comme la Su\u00e8de, la Finlande, le Danemark, l\u2019Allemagne et la Grande-Bretagne font partie des leaders dans le domaine de l\u2019innovation, selon le tableau de bord europ\u00e9en&#13;<br \/>\nL\u2019Innovation Performance Indexcomprend 29 indicateurs dans le domaine des ressources humaines, du financement, des investissements des entreprises et de l\u2019entrepreneuriat en se r\u00e9f\u00e9rant aux derni\u00e8res donn\u00e9es disponibles; voir Pro Inno Europe Innometrics (2012). \u2028\u00e9tabli chaque ann\u00e9e. Ces pays constituent aussi une valeur de r\u00e9f\u00e9rence pour la Suisse. Une comparaison met en \u00e9vidence ses forces et ses faiblesses. L\u2019\u00e9quilibre entre les diff\u00e9rents indicateurs est une qualit\u00e9 particuli\u00e8re de notre pays. Comme les innovations doivent \u00eatre comprises de mani\u00e8re syst\u00e9mique et interactive, on a affaire \u00e0 une coop\u00e9ration et \u00e0 des compl\u00e9mentarit\u00e9s entre les diff\u00e9rents facteurs et \u00e0 un <i>profil sp\u00e9cifique par pays<\/i&gt;; celui de la Suisse peut \u00eatre d\u00e9fini ainsi: petite taille, grande diversit\u00e9, participation professionnelle \u00e9lev\u00e9e, discipline au travail, grande ouverture, r\u00e9seau international \u00e9tendu et grande stabilit\u00e9 politique. La Suisse fait partie des nations les plus fortes en tant que syst\u00e8me global, parce que:&#13;\n\n\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>sa structure industrielle est calqu\u00e9e sur les besoins du march\u00e9 mondial;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>le domaine scientifique y est excellent et bien connect\u00e9 au niveau international;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>la formation est prioritaire et de bonne qualit\u00e9;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>son march\u00e9 de l\u2019emploi est ouvert aux \u2028travailleurs \u00e9trangers&#13;<br \/>\nVoir Innovationsindikator 2012..<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nLes connaissances sont diffus\u00e9es largement sur la place \u00e9conomique suisse de &shy;l\u2019innovation et reposent sur un m\u00e9lange \u00e9qui&shy;libr\u00e9 entre des petites et moyennes entreprises (PME) tr\u00e8s innovatrices et un nombre consid\u00e9rable d\u2019entreprises multi-\u2028nationales o\u00f9 la R&amp;D est intensive.&#13;<\/p>\n<h2>Des forces sp\u00e9cifiques\u2026<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9valu\u00e9e \u00e0 partir des 29 indicateurs du &shy;<i>tableau de bord europ\u00e9en de l\u2019innovation<\/i> et de\u00a0la moyenne de l\u2019UE27, la Suisse poss\u00e8de des\u00a0atouts particuliers en 2011, selon l\u2019ordre &shy;suivant:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>des copublications internationales soulignent les prestations particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es de ses hautes \u00e9coles et de son syst\u00e8me scientifique; on le remarque aussi par la tr\u00e8s bonne position du pays dans les classements des hautes \u00e9coles ainsi que par son niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019internationalisation, \u00e0 travers notamment l\u2019\u00e9change de talents et de travaux scientifiques;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>des copublications publiques et priv\u00e9es mettent en \u00e9vidence la bonne collaboration et les \u00e9changes intenses des travaux de R&amp;D publics et priv\u00e9s;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>des applications selon le PCT&#13;<br \/>\nDemande de brevets selon le Trait\u00e9 de coop\u00e9ration en mati\u00e8re de brevets (PCT).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>\u2013 notamment dans le domaine des enjeux so-\u2028ci\u00e9taux \u2013 font \u00e9tat de bonnes presta-\u2028tions scientifiques, notamment dans des secteurs particuli\u00e8rement importants pour la soci\u00e9t\u00e9, tels que le changement \u2028climatique, la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9nergie;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>les recettes \u00e9lev\u00e9es provenant des licences et des brevets vendus \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sont l\u2019expression du savoir-faire que la Suisse met \u00e0 la disposition des autres \u00e9conomies nationales.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>\u2026 et peu de faiblesses<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSelon <i>l\u2019Innovation Scoreboard 2011<\/i>, la Suisse affiche des valeurs au-dessous de la moyenne de l\u2019UE27 dans un petit nombre de domaines.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCertes, les d\u00e9penses consacr\u00e9es \u00e0 la R&amp;D par habitant en Suisse sont parmi les plus \u00e9lev\u00e9es du monde. Alors que les sommes \u2028allou\u00e9es par l\u2019\u00e9conomie priv\u00e9e \u00e0 la R&amp;D sont tr\u00e8s importantes, il n\u2019en est pas de m\u00eame dans le domaine public o\u00f9 elles sont relativement plus faibles. Il faut, pourtant, le voir comme un avantage et non pas comme un inconv\u00e9nient: les efforts consentis par le secteur priv\u00e9 sont davantage ax\u00e9s sur les march\u00e9s potentiels, donc sur la demande et les besoins pr\u00e9visibles. Les entreprises prennent des risques et subissent la pression de la concurrence, de sorte qu\u2019elles investissent ces fonds aussi efficacement que possible. Cependant, une grande partie des sommes inject\u00e9es dans la R&amp;D par le secteur priv\u00e9 sont le fait de quelques grands groupes. La majorit\u00e9 des autres entreprises sont plut\u00f4t modestes en la mati\u00e8re. En 2009, les d\u00e9penses de la Suisse pour la R&amp;D ont totalis\u00e9 29,2 milliards de francs, dont 16,7 milliards \u2028venaient des quatre plus grands groupes&#13;<br \/>\nSource: Commission europ\u00e9enne, Monitoring industrial research: The 2010 EU Industrial R&amp;D Investment &shy;Scoreboard.. Si l\u2019on divise les 12,5 milliards restants par les quelque 30&nbsp;000 entreprises particuli\u00e8rement innovatrices, on obtient 420&nbsp;000 francs par entreprise.&#13;<\/p>\n<h2>Attitude des PME face \u00e0 l\u2019innovation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa comparaison faite avec l\u2019UE27 met en \u00e9vidence une relative faiblesse de la Suisse tant pour les activit\u00e9s internes d\u2019innovation que pour le nombre de PME poss\u00e9dant des accords de collaboration dans ce domaine. Les pays o\u00f9 ceux-ci sont nombreux, comme la Su\u00e8de, la Finlande, le Danemark et l\u2019Autriche, coop\u00e8rent tout au long de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e (avec les clients et les fournisseurs). Les entreprises suisses font bonne figure pour ce qui est de la collaboration avec les hautes \u00e9coles et les partenaires \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, par exemple dans le domaine de la co-brevetabilit\u00e9. En se r\u00e9f\u00e9rant aux analyses \u2028effectu\u00e9es \u00e0 partir de sondages, le KOF conclut que \u00abla Suisse poss\u00e8de, en comparaison internationale, un r\u00e9seau de coop\u00e9ration dense en mati\u00e8re de R&amp;D. La position de pointe qu\u2019elle occupe s\u2019agissant de l\u2019intensit\u00e9 (qualit\u00e9) des coop\u00e9rations compense les r\u00e9sultats un peu moins bons de leur fr\u00e9quence\u00bb&#13;<br \/>\nVoir Arvanitis, Hollenstein (2012), p. 58.. De plus, le KOF fait la constatation suivante pour la p\u00e9riode allant de 2009 \u00e0 2011: les entreprises suisses qui comptent moins de 250 collaborateurs sont, dans l\u2019ensemble, plus innovatrices que les PME de tous les pays de l\u2019UE. La part du chiffre d\u2019affaires revenant aux produits suisses innovants \u00abnouveaux sur le march\u00e9\u00bb leur conf\u00e8re une tr\u00e8s bonne place au classement (voir <i>graphique 1<\/i>), ce qui montre qu\u2019elles savent les concr\u00e9tiser.&#13;<\/p>\n<h2>Exportation de services intensifs en savoir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa balance des paiements technologiques permet de mesurer les importations et les exportations de connaissances et de prestations technologiques: citons, parmi celles-ci, les brevets, les contrats de licences, les noms de marque, le savoir-faire et les prestations techniques. Ces transferts donnent une indication sur la capacit\u00e9 d\u2019un pays \u00e0 vendre ses technologies \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et \u00e0 mettre soi-m\u00eame en pratique des technologies \u00e9trang\u00e8res. Ils montrent comment le pays obtient des r\u00e9sultats dans ce domaine face \u00e0 la concurrence internationale. La Suisse excelle dans l\u2019exportation de services requ\u00e9rant un certain savoir: sa croissance, depuis la fin des ann\u00e9es nonante, est du m\u00eame ordre que celle de la Su\u00e8de. Comparables avec les chiffres de la Finlande et de la Su\u00e8de, les recettes engrang\u00e9es, qui repr\u00e9sentent 5% du PIB, figurent parmi les plus \u00e9lev\u00e9es d\u2019Europe. Il est vrai que la Suisse a aussi import\u00e9 de nombreux services bas\u00e9s sur le savoir et laisse appara\u00eetre un exc\u00e9dent d\u2019importation pour solde de compte depuis 2003. Il faut y voir moins une faiblesse que la preuve d\u2019une \u2028capacit\u00e9 d\u2019absorption \u00e9lev\u00e9e et de l\u2019utilisation dynamique du savoir venant du monde entier.&#13;<\/p>\n<h2>Faible taux de maturit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe faible taux de maturit\u00e9 gymnasiale constat\u00e9 en Suisse en comparaison inter-\u2028nationale et la part plut\u00f4t modeste des \u2028personnes ayant achev\u00e9 une formation tertiaire font de temps en temps l\u2019objet de critiques. Or, les deux ph\u00e9nom\u00e8nes ont de bonnes raisons d\u2019\u00eatre (voir <i>graphique 2<\/i>): contrairement \u00e0 la plupart des autres pays, la Suisse poss\u00e8de un syst\u00e8me de formation professionnelle tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9, y compris dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Ce type de fili\u00e8re offre de bonnes perspectives d\u2019emploi et de revenu et, par la perm\u00e9abilit\u00e9, permet l\u2019acc\u00e8s au secteur tertiaire. Elle forme, de ce fait, une alternative int\u00e9ressante \u00e0 la maturit\u00e9 gymnasiale et aux professions acad\u00e9miques. Environ 65% des jeunes ach\u00e8vent une formation professionnelle. Il faut ainsi relativiser les faiblesses constat\u00e9es par l\u2019Innovation Union Scoreboard 2011 au sein de l\u2019UE27, en faisant intervenir les sp\u00e9cificit\u00e9s du SNI en Suisse. C\u2019est la performance selon le profil d\u2019un pays qui est d\u00e9terminante. Aucune nation n\u2019a de recette toute faite pour r\u00e9ussir dans l\u2019innovation.&#13;<\/p>\n<h2>Course \u00e0 la promotion \u2028\u00e9tatique de &shy;l\u2019innovation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa situation \u00e9tant tr\u00e8s semblable dans les diff\u00e9rentes \u00e9conomies nationales, les points communs c\u00f4toient une <i>concurrence<\/i> f\u00e9roce. Les tendances politiques en mati\u00e8re de technologie et d\u2019innovation&#13;<br \/>\nVoir UE (2012). montrent que les nations et les places \u00e9conomiques les plus concurrentielles font de plus en plus d\u2019efforts pour am\u00e9liorer leurs prestations dans ce \u2028domaine. On est l\u00e0 devant une course \u00e0 la promotion \u00e9tatique de l\u2019innovation.Comme c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas des d\u00e9penses publiques destin\u00e9es \u00e0 la recherche, les classements internationaux montrent qu\u2019en Suisse, l\u2019\u00c9tat agit avec une grande retenue en comparaison avec d\u2019autres pays. La France et le Canada s\u2019engagent fortement dans la <i>promotion fiscale<\/i> de la R&amp;D, les \u00c9tats-Unis et les Pays-Bas moyennement et la Suisse pratiquement pas&#13;<br \/>\nVoir Innovationsindikator (2012).. Les \u00c9tats-Unis et la France misent dans une large mesure sur la <i>promotion directe de la recherche.<\/i> L\u2019UE verse des fonds \u2028directement aux entreprises pour encoura-ger la R&amp;D, syst\u00e8me qui n\u2019existe pas en Suisse. Selon le <i>WEF (2012)<\/i>, notre pays fait particuli\u00e8rement mauvaise figure pour l\u2019acquisition de biens de haute technologie par l\u2019\u00c9tat (soumissions). L\u2019exp\u00e9rience a montr\u00e9 que la Suisse, petit pays lib\u00e9ral, obtient de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats dans le domaine de l\u2019innovation. Il n\u2019y a pas de raison de changer. L\u2019\u00e9tablissement de conditions-cadres favorables est prioritaire. Celles-ci incluent des r\u00e8gles claires, simples et transparentes sur la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et le droit des licences. Il faut aussi des personnes bien form\u00e9es qui exercent une activit\u00e9 lucrative ainsi qu\u2019une grande souplesse \u2013, en particulier sur le march\u00e9 du travail \u2013 \u2028encourag\u00e9e par une politique de l\u2019innovation orient\u00e9e vers la diffusion et l\u2019absorption. \u2028Les interventions directes doivent \u00eatre les moins nombreuses possibles. L\u2019initiative, la responsabilit\u00e9 et, par cons\u00e9quent, les chances et les risques doivent appartenir \u00e0 des entit\u00e9s d\u00e9centralis\u00e9es, \u00e0 savoir les entreprises, les \u00e9tablissements de recherche et les hautes \u00e9coles avec leurs directeurs d\u2019instituts et leurs chercheurs.Le monde politique pourrait intervenir afin de renforcer l\u2019offre en main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e \u2013 plus particuli\u00e8rement dans les domaines Mint (math\u00e9matique, informatique, sciences de la nature, technique) \u2013 et d\u2019am\u00e9liorer les possibilit\u00e9s de financement pour les soci\u00e9t\u00e9s qui se lancent (apport initial et capital-risque) et pour celles dont la taille est de faible ampleur.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abProportion des entreprises innovatrices produisant leurs propres nouveaut\u00e9s et nouveaut\u00e9s destin\u00e9es au\u00a0march\u00e9 dans des pays s\u00e9lectionn\u00e9s\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abDipl\u00f4m\u00e9s (CITE 5-6) en math\u00e9matiques, sciences et technologie pour 1000 personnes \u00e2g\u00e9es de 20 \u00e0 29 ans, 2002\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abObstacles \u00e0 l\u2019innovation industrielle, 1994\u20132011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Les obstacles \u00e0 l\u2019innovation&#13;<\/p>\n<h3>Les obstacles \u00e0 l\u2019innovation<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis les ann\u00e9es nonante, tous les obstacles \u00e0 l\u2019innovation dans l\u2019industrie ont \u2028perdu de leur importance, selon <i>Arvanitis et al. (2012)<\/i>, ce qui laisse penser que la situa-\u2028tion de l\u2019innovation est bonne sur la place \u00e9conomique suisse (voir <i>graphique 3<\/i>). Selon \u2028les sondages, les principaux obstacles con-cernent le <i>financement<\/i> et la <i>disponibilit\u00e9 des sp\u00e9cialistes<\/i>. Ces deux domaines sont fortement tributaires de la conjoncture. Un aspect particulier, qui est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme une faiblesse, porte sur la possibilit\u00e9 de financer les projets de jeunes pousses, donc sur la capacit\u00e9 de fournir un investissement initial et du capital-risque. La derni\u00e8re d\u00e9cennie a vu quelques am\u00e9liorations dans ce domaine, bien que l\u2019obstacle soit moins les fonds que la rencontre entre capital et projets susceptibles de r\u00e9ussir. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le manque de qualifications dans le secteur de l\u2019innovation a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu le plus souvent par l\u2019immigration, en appliquant le principe de la libre circulation des personnes. Ce n\u2019est, toutefois, pas une solution \u00e0 long terme.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Sources&#13;<\/p>\n<h3>Sources<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Arvanitis S., Ley M., Seliger F., Stucki T. et W\u00f6rter M., Innovationsaktivit\u00e4ten in der Schweizer Wirtschaft, Eine Analyse der Ergebnisse der Innovationserhebung 2011, Zurich, 2013.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Arvanitis S. et Hollenstein H., Innovationsaktivit\u00e4ten der Schweizer Wirtschaft, Zurich\/Coire, 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Arvanitis S., Ley M., Seliger F., Stucki T. et W\u00f6rter M., \u00abMalgr\u00e9 la crise, l\u2019\u00e9conomie suisse reste en position de force dans la course internationale \u00e0 l\u2019innovation\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 7\/8-2012, pp. 25-30.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>UE (2012): <a href=\"http:\/\/ec.europa.eu\/research\/innovation-union\/index_en.cfm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/ec.europa.eu\/research\/innovation-union\/index_en.cfm<\/a>, \u00abKey documents\u00bb.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Pro Inno Europe Innometrics, Innovation Union Scoreboard 2011, Luxembourg, 2012; <a href=\"http:\/\/www.proinno-europe.eu\/metrics\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.proinno-europe.eu\/metrics<\/a>.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Telecom-Stiftung, BDI et al., Innovationsindikator 2012, Berlin, 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>World Economic Forum, The Global Competitiveness Report 2012\u20132013, Gen\u00e8ve, 2012.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le sillage de la mondialisation et de l\u2019internationalisation, la concurrence entre les entreprises et les produits se mue de plus en plus souvent en une lutte mettant aux prises les places \u00e9conomiques. 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