{"id":149518,"date":"2013-03-01T12:00:00","date_gmt":"2013-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/03\/schluep-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:43:15","modified_gmt":"2023-08-23T22:43:15","slug":"schluep-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/03\/schluep-2\/","title":{"rendered":"Concurrence des prix: tendances observ\u00e9es \u00e0 la \u2028fronti\u00e8re avec l\u2019Allemagne"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019analyse des indices de prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9s d\u2019Eurostat montre que les \u00e9carts avec l\u2019Allemagne \u2013 mesur\u00e9se \u00e0 l\u2019aune de juin 2010 \u2013 ont nettement ralenti leur grogression \u00e0 la fin 2012 par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2011. Il s\u2019av\u00e8re aussi que plus les consommateurs peuvent facilement se rabattre sur des offres de produits et de services \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, plus les fournisseurs r\u00e9agissent aux variations du taux de change pour fixer leur prix. Tou-tefois, si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux diff\u00e9rences de prix absolues constat\u00e9es lors d\u2019un relev\u00e9 s\u00e9lectif r\u00e9alis\u00e9 par le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) en Allemagne voisine, on observe que ces \u00e9carts se sont encore l\u00e9g\u00e8rement creus\u00e9s de 2011 \u00e0 2012 pour de nombreuses cat\u00e9gories de produits. Autant dire que le tourisme d\u2019achat n\u2019a rien perdu de son actualit\u00e9. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201303_05_Schluep_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nCet article se propose, dans un premier temps, de pr\u00e9senter les tendances qui se d\u00e9gagent des statistiques officielles en mati\u00e8re de concurrence des prix avec l\u2019Allemagne pour les trente derniers mois. En l\u2019occurrence, l\u2019analyse se fonde sur les indices des prix \u00e0 la consommation (IPC) harmonis\u00e9s. Ceux-ci mesurent \u2013 \u00e0 l\u2019\u00e9gal de leurs \u00e9quivalents nationaux \u2013 l\u2019\u00e9volution des prix de certaines cat\u00e9gories de biens et de services, ainsi que le rench\u00e9rissement en g\u00e9n\u00e9ral. Les diff\u00e9rences entre les deux statistiques s\u2019expliquent par le fait que l\u2019indice harmonis\u00e9 pr\u00e9sente une d\u00e9finition uniforme, valable pour toute l\u2019Europe, des cat\u00e9gories de biens analys\u00e9es et un sch\u00e9ma de pond\u00e9ration lui aussi harmonis\u00e9. De la sorte, il adopte la perspective du consommateur europ\u00e9en moyen plut\u00f4t que suisse.Dans notre comparaison, nous nous limiterons \u00e0 analyser l\u2019\u00e9volution de l\u2019indice harmonis\u00e9 entre l\u2019Allemagne et la Suisse. En \u2028effet, les emplettes faites outre-Rhin d\u00e9passent nettement les achats effectu\u00e9s en France, en Italie ou en Autriche. D\u00e8s lors, c\u2019est surtout l\u2019\u00e9cart des prix avec notre voisin du nord qui am\u00e8ne les distributeurs et les fabricants pr\u00e9sents dans toute la Suisse \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 cette \u00e9volution&#13;<br \/>\nLes indices de prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9s repr\u00e9sentent une moyenne nationale. L\u2019\u00e9tude admet que les prix dans les r\u00e9gions frontali\u00e8res peuvent certes s\u2019\u00e9carter de la moyenne nationale, mais elle postule aussi que ces diff\u00e9rences n\u2019ont pas \u00e9volu\u00e9 pendant la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e.. De surcro\u00eet, nous ne prenons en consid\u00e9ration que la p\u00e9riode d\u00e9butant en \u00e9t\u00e9 2010, car nous pouvons supposer que le franc \u00e9tait \u00e0 ce moment-l\u00e0 d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9 dans une phase de surappr\u00e9ciation par rapport \u00e0 l\u2019euro, de sorte que les fournisseurs devaient, au plus tard \u00e0 cette date, r\u00e9percuter les gains d\u2019achat sur les consommateurs&#13;<br \/>\nVoir le graphique 1 de l\u2019article de Peter Balast\u00e8r, p. 5 de ce num\u00e9ro..&#13;<\/p>\n<h2>Vue d\u2019ensemble de l\u2019\u00e9volution \u2028des \u00e9carts de prix avec l\u2019Allemagne<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes deux premi\u00e8res colonnes du <i>tableau 1<\/i> pr\u00e9sentent l\u2019augmentation des \u00e9carts de prix avec l\u2019Allemagne de juin 2010 \u00e0 juin 2011, puis de juin 2010 \u00e0 d\u00e9cembre 2012. La troisi\u00e8me colonne indique l\u2019\u00e9volution entre 2005 (ann\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019enqu\u00eate) et juin 2010. En prenant cette derni\u00e8re date comme point de d\u00e9part de l\u2019analyse dans un contexte \u00e0 plus long terme, nous pr\u00e9venons l\u2019objection selon laquelle son choix comporte une certaine dose d\u2019arbitraire. Cette option se justifie par le fait que le d\u00e9bat sur la transmission aux consommateurs des gains d\u2019achat r\u00e9alis\u00e9s dans la zone euro a atteint son point culminant en \u00e9t\u00e9 2011 et que les intervenants ont pris comme argument les taux de variation annuelle \u00e0 cette date. Si nous retenons comme base l\u2019ann\u00e9e 2005, nous constatons que l\u2019\u00e9cart des prix avec l\u2019Allemagne s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 creus\u00e9 substantiellement en juin 2010, notamment en raison de l\u2019appr\u00e9ciation de 12,3% du franc par rapport \u00e0 l\u2019euro (alors que l\u2019Allemagne enregistrait pendant ces cinq ann\u00e9es un rench\u00e9rissement sup\u00e9rieur de 3,8% \u00e0 celui de la Suisse, selon l\u2019indice harmonis\u00e9 des prix \u00e0 la consommation). Le signe n\u00e9gatif plac\u00e9 devant les chiffres du tableau 1 signifie que les prix ont baiss\u00e9 en Allemagne par rapport \u00e0 la Suisse du pourcentage indiqu\u00e9, le taux de change \u00e9tant celui en vigueur \u00e0 la date qui figure sur le tableau. Les donn\u00e9es relatives aux diverses cat\u00e9gories de produits composent un tableau complexe. Ainsi, la seule g\u00e9n\u00e9ralisation possible revient \u00e0 constater que le bilan r\u00e9alis\u00e9 douze mois apr\u00e8s une variation marqu\u00e9e du taux de change (soit en juin 2011) ne fournit pas encore de donn\u00e9es probantes sur la transmission des gains d\u2019achat aux consommateurs. Toutefois, plus on \u00e9tend la p\u00e9riode d\u2019observation (jusqu\u2019en d\u00e9cembre 2012), plus il est permis de douter que les variations de prix enregistr\u00e9es dans les statistiques refl\u00e8tent encore la fluctuation des changes constat\u00e9e \u00e0 l\u2019origine. On ne peut exclure que d\u2019autres facteurs, tout aussi d\u00e9terminants, se soient greff\u00e9s sur ce processus. Pour la p\u00e9riode prise en consid\u00e9ration, le revirement observ\u00e9 durant l\u2019automne 2011 en ce qui concerne l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019\u00e9volution conjoncturelle a pu jouer un r\u00f4le non n\u00e9gligeable&#13;<br \/>\nSeul le recours \u00e0 des m\u00e9thodes \u00e9conom\u00e9triques avanc\u00e9es permet d\u2019analyser correctement tant le retard dans la transmission des gains d\u2019achat que la pr\u00e9sence d\u2019autres facteurs significatifs..&#13;<\/p>\n<h2>Denr\u00e9es alimentaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour la cat\u00e9gorie \u00abAlimentation et boissons non alcoolis\u00e9es\u00bb, l\u2019augmentation des \u00e9carts de prix avec l\u2019Allemagne de juin 2010 \u00e0 juin 2011 (7,5%) est inf\u00e9rieure \u00e0 la variation du taux de change (-12,2%). En d\u00e9cembre 2012, elle s\u2019\u00e9tait m\u00eame enti\u00e8rement r\u00e9sorb\u00e9e, bien que ce m\u00eame taux de change nominal ait vari\u00e9 par rapport au mois de r\u00e9f\u00e9rence de juin 2010 de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019en juin 2011.Si l\u2019on entre dans les d\u00e9tails, on voit que le poisson et les fruits pr\u00e9sentent en d\u00e9cembre 2012 un \u00e9cart de prix avec l\u2019Allemagne moindre que durant le mois de r\u00e9f\u00e9rence de juin 2010, alors que le franc suisse s\u2019\u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9. Le fait que ces marchandises soient en grande partie import\u00e9es explique cette \u00e9volution. En revanche, le lait, le fromage et les \u0153ufs proviennent principalement de Suisse. Il n\u2019est donc pas surprenant que l\u2019\u00e9cart des prix continue ici \u00e0 augmenter mod\u00e9r\u00e9ment. N\u00e9anmoins, cette hausse reste \u00e9tonnamment faible, compar\u00e9e \u00e0 la variation du taux de change enregistr\u00e9e depuis juin 2010. Il n\u2019est gu\u00e8re besoin de souligner que le tourisme d\u2019achat exerce une influence particuli\u00e8rement forte sur la vente de viande en Suisse. Cela peut expliquer que les \u00e9carts de prix avec l\u2019Allemagne se soient quelque peu r\u00e9duits depuis juin 2010 pour ces denr\u00e9es alimentaires. Ils restent malgr\u00e9 tout tr\u00e8s prononc\u00e9&#13;<br \/>\nSelon les parit\u00e9s de pouvoir d\u2019achat calcul\u00e9es par Euro-stat, le niveau de prix relatif de la viande en Suisse est de 200,6, contre 114,5 en Allemagne. La valeur de r\u00e9f\u00e9rence, 100, correspond \u00e0 l\u2019UE15.. S\u2019agissant des cat\u00e9gories \u00abBoissons alcoolis\u00e9es\u00bb et \u00abTabac\u00bb, l\u2019\u00e9cart de prix ne cesse, par contre, de se creuser pour la p\u00e9riode qui va de juin 2010 \u00e0 la fin 2012, probablement en raison des redevances \u00e9lev\u00e9es qui augmentent les prix ayant fait l\u2019objet de relev\u00e9s. En effet, ces biens ne sont pas impos\u00e9s en Suisse en fonction de la valeur de la marchandise (et, par cons\u00e9quent, de son prix), mais de la quantit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Services<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn ne s\u2019\u00e9tonnera gu\u00e8re que l\u2019\u00e9cart des prix avec l\u2019Allemagne continue \u00e0 augmenter nettement pour plusieurs services, m\u00eame dans la p\u00e9riode qui va de juin 2010 \u00e0 d\u00e9cembre 2012. Il s\u2019agit des services financiers (les prix s\u2019effondrent en Allemagne, selon Eurostat), de l\u2019\u00e9ducation, des communications et des services postaux, des loisirs et de la culture, des assurances, de la restauration, de la sant\u00e9, du logement et des transports. La hausse un peu plus faible des \u00e9carts de prix sur la p\u00e9riode \u00e9largie qui va de juin 2010 \u00e0 d\u00e9cembre 2012 (-8,8% contre -11,2%) est plus ou moins conforme aux attentes qui \u2028d\u00e9coulent d\u2019un diff\u00e9rentiel d\u2019inflation \u2028favorable \u00e0 la Suisse ces derniers temps.Parmi les services, c\u2019est la r\u00e9duction de l\u2019\u00e9cart des prix dans l\u2019h\u00f4tellerie qui retient l\u2019attention, contrastant avec la tendance observ\u00e9e dans la restauration (\u00e0 la fin de la colonne de gauche). Signalons toutefois que la quote-part des \u00e9trangers dans le chiffre d\u2019affaires est plus importante pour les nuit\u00e9es que pour les repas. Si l\u2019on tient compte, \u2028en outre, des voyages organis\u00e9s, qui se \u2028composent principalement d\u2019importations, les donn\u00e9es sont r\u00e9v\u00e9latrices: les fournis-seurs r\u00e9agissent d\u2019autant plus aux variations du taux de change pour fixer leur prix que \u2028les consommateurs peuvent facilement se \u2028rabattre sur des offres \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.&#13;<\/p>\n<h2>Biens<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa transmission des gains \u00e0 l\u2019achat r\u00e9alis\u00e9s gr\u00e2ce au taux de change r\u00e9duit la pression sur les salaires. Cela explique naturellement, en partie, pourquoi les services en Suisse accusent un rench\u00e9rissement inf\u00e9rieur \u00e0 celui enregistr\u00e9 en Allemagne en monnaie nationale. D\u00e8s lors, il est int\u00e9ressant d\u2019identifier, surtout pour les biens \u00e9changeables, les postes o\u00f9 cette r\u00e9percussion a eu lieu et ceux o\u00f9 elle ne s\u2019est pas produite. \u00c0 la fin 2012, c\u2019est surtout dans les cat\u00e9gories de biens suivantes que des doutes subsistent quant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne: \u00e9quipements de sport, chaussures, journaux et p\u00e9riodiques, ainsi qu\u2019imprim\u00e9s divers. Les raisons qui expliquent le faible rapprochement des prix pour l\u2019alcool et le tabac s\u2019appliquent aussi aux carburants et aux lubrifiants: toutes taxes sur les carburants confondues, le taux d\u2019imposition est fonction de la quantit\u00e9 \u2028plut\u00f4t que de la valeur.S\u2019agissant des biens utilis\u00e9s par les m\u00e9nages (des tapis aux meubles, en passant par les articles non durables), l\u2019augmentation des \u00e9carts de prix subsiste \u00e0 la fin 2012 et correspond \u00e0 presque la moiti\u00e9 de la variation du taux de change constat\u00e9e entre juin 2010 et d\u00e9cembre 2012. L\u2019inflation \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement plus faible en Suisse, nous pourrions en conclure que les fournisseurs ont r\u00e9percut\u00e9 sur les consommateurs les avantages du taux du change, \u00e0 condition que la part des intrants d\u2019origine nationale repr\u00e9sente approximativement la moiti\u00e9 de la \u2028valeur. La situation a consid\u00e9rablement \u00e9volu\u00e9 pour les v\u00e9hicules, plus pour les voitures de tourisme que pour les deux-roues. Ce r\u00e9sultat montre que les remises en euro ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es \u00e0 tous les clients d\u00e8s le milieu de l\u2019ann\u00e9e 2011 au plus tard et qu\u2019elles rentrent donc dans la statistique. Les produits appartenant \u00e0 la rubrique \u00abAppareils et accessoires\u00bb \u2013 il s\u2019agit notamment de l\u2019\u00e9lectronique grand public \u2013 sont principalement import\u00e9s d\u2019Extr\u00eame-Orient et leur prix ne d\u00e9pend pas de la valeur de l\u2019euro. La faiblesse de la monnaie europ\u00e9enne a rench\u00e9ri les importations pour l\u2019Allemagne, tandis que la chert\u00e9 du franc \u2013 y compris face au dollar \u2013 a diminu\u00e9 le co\u00fbt des importations suisses.Dans toutes ces analyses, il ne faut pas perdre de vue les effets qu\u2019ont eus les diff\u00e9rentiels d\u2019inflation et les fluctuations des taux de change depuis 2005, et qui \u00e9taient encore perceptibles en juin 2010. Le poste de l\u2019habillement est frappant sur ce point: si on ne constatait pratiquement aucune transmission des gains \u00e0 l\u2019achat en \u00e9t\u00e9 2011, l\u2019\u00e9cart de prix s\u2019est, en revanche, r\u00e9duit \u00e0 la fin 2012. Signalons, toutefois, que les statistiques indiquent pour l\u2019habillement en Suisse un taux d\u2019inflation nettement sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019Allemagne depuis l\u2019ann\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rence 2005, \u2028selon l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9. Il existait donc une marge pour diminuer l\u2019\u00e9cart des prix, soumis \u00e0 la double influence d\u2019une pr\u00e9vision conjoncturelle moins favorable et du tourisme d\u2019achat.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes diverses tendances nous am\u00e8nent \u00e0 conclure que, si la diff\u00e9rence des prix avec l\u2019Allemagne s\u2019\u00e9tait accrue de 9,4% en juin 2011 pour les marchandises, le franc suisse s\u2019\u00e9tant par ailleurs appr\u00e9ci\u00e9 de 14% environ, on ne constatait presque aucune transmission aux consommateurs des gains \u00e0 l\u2019achat r\u00e9alis\u00e9s dans la zone euro. En d\u00e9cembre 2012, en revanche, l\u2019augmentation de cet \u00e9cart n\u2019\u00e9tait plus que de 2,2%, soit 7% en moins, alors que la variation du taux de change restait identique. Cela est d\u2019autant plus remarquable que, dans la consommation des m\u00e9nages, un franc sur six seulement va directement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, selon les tableurs des entr\u00e9es-sorties suisses. Ce r\u00e9sultat s\u2019explique par le diff\u00e9rentiel d\u2019inflation g\u00e9n\u00e9ral par rapport \u00e0 l\u2019Allemagne, par les craintes d\u2019un retournement de la conjoncture, qui se manifestent en automne 2011, et par la concurrence due soit \u00e0 l\u2019apparition de nouveaux fournisseurs, soit \u00e0 l\u2019essor du tourisme d\u2019achat. L\u2019<i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Tendances par produit: r\u00e9sultats d\u2019une enqu\u00eate \u00e0 la fronti\u00e8re<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe Seco a effectu\u00e9 des relev\u00e9s en Suisse et en Allemagne voisine dans le cadre du programme visant \u00e0 surveiller les effets de la r\u00e9vision de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les entraves techniques au commerce (LETC) et, en particulier, de l\u2019application autonome du principe du Cassis-de-Dijon. Il a ainsi \u2028recueilli les prix de divers produits en Suisse et dans des r\u00e9gions limitrophes, car les donn\u00e9es tir\u00e9es du programme europ\u00e9en de comparaison des prix d\u2019Eurostat auraient \u00e9t\u00e9 trop agr\u00e9g\u00e9es pour l\u2019analyse. Si le Seco a d\u00e9cid\u00e9 de recueillir lui-m\u00eame les donn\u00e9es, c\u2019est aussi parce que les relev\u00e9s des offices nationaux de la statistique ne sont pas accessibles au public \u00e0 un niveau de d\u00e9sagr\u00e9gation suffisamment bas. La r\u00e9alisation du recueil de donn\u00e9es impliquant les r\u00e9gions limitrophes s\u2019explique par la signification politique du tourisme d\u2019achat.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nM\u00eame si leur place est importante sur les march\u00e9s \u00e9tudi\u00e9s, les quelque 150 produits s\u00e9lectionn\u00e9s n\u2019ont pas la repr\u00e9sentativit\u00e9 des statistiques officielles. En revanche, nos relev\u00e9s fournissent aussi des indications sur les diff\u00e9rences absolues de prix, ce que les indicateurs officiels ne peuvent faire, alors m\u00eame que ces \u00e9carts sont d\u00e9terminants dans la d\u00e9cision d\u2019achat. Nous avons retenu les prix bruts, comme dans les statistiques officielles. De ce fait, la Suisse semble meilleur march\u00e9 que si le relev\u00e9 portait sur les prix nets \u2013 soit apr\u00e8s d\u00e9duction des redevances publiques \u2013, car les taux de taxe sur la valeur ajout\u00e9e sont inf\u00e9rieurs en Suisse (avec un taux ordinaire de 8% en 2012, contre 19% en Allemagne). \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019ils se faisaient en lien avec l\u2019\u00e9valuation de la r\u00e9vision de la LETC (entr\u00e9e en vigueur le 1er juillet 2010), les relev\u00e9s portaient de pr\u00e9f\u00e9rence sur des biens qui rev\u00eatent une importance consid\u00e9rable pour les prescriptions du droit technique, autre raison pour laquelle l\u2019\u00e9chantillon n\u2019est pas repr\u00e9sentatif. Nous n\u2019avons par ailleurs pas tenu compte des services.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes relev\u00e9s des prix en 2010, 2011 et 2012 \u2028refl\u00e8tent la forte appr\u00e9ciation du franc suisse par rapport \u00e0 l\u2019euro. Concr\u00e8tement, son cours atteignait \u00e0 la fin du premier trimestre, moment o\u00f9 les relev\u00e9s sont r\u00e9alis\u00e9s, 1,45 franc en 2010, 1,28 franc en 2011 et 1,20 franc en 2012.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDans le tableau 2, le signe n\u00e9gatif signifie que le prix en Suisse \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 celui pratiqu\u00e9 en Allemagne durant l\u2019ann\u00e9e consid\u00e9r\u00e9e. Les chiffres positifs indiquent un ph\u00e9nom\u00e8ne inverse. La derni\u00e8re colonne montre le nombre de produits analys\u00e9s dans chaque cat\u00e9gorie. Le signe \u00ab+\u00bb figurant dans la colonne \u00abDiff\u00e9rence 2011-2012\u00bb signifie que l\u2019\u00e9cart des prix avec l\u2019Allemagne s\u2019est creus\u00e9 de 2011 \u00e0 2012. Signalons que c\u2019est la m\u00e9diane des prix, plus robuste, qui est indiqu\u00e9e et non la moyenne, car elle constitue la valeur du rapport des prix entre les deux pays, de telle sorte que 50% des observations lui sont sup\u00e9rieures et 50% inf\u00e9rieures.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats des relev\u00e9s effectu\u00e9s par le Seco en Suisse et en Allemagne voisine diff\u00e8rent de ceux de l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9. Pour la plupart des cat\u00e9gories de produits, l\u2019\u00e9cart des prix continue \u00e0 se creuser entre le premier trimestre 2011 et le premier trimestre 2012. Des diff\u00e9rences particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es, sup\u00e9rieures \u00e0 30%, subsistent pour les cat\u00e9gories suivantes, mentionn\u00e9es en ordre d\u00e9croissant: soins corporels, biens d\u2019investissement (chauffages, chauffe-eau et extincteurs), denr\u00e9es alimentaires, boissons alcoolis\u00e9es et tabac, produits non alimentaires (biens durables, articles de m\u00e9nage non durables, nourriture pour animaux, p\u00e9riodiques, livres, montres, CD), jouets et articles pour enfants (poussettes, couches). La diff\u00e9rence la plus faible concerne actuellement l\u2019\u00e9lectronique grand public et les v\u00e9hicules. L\u2019\u00e9cart relativement modeste enregistr\u00e9 pour les m\u00e9dicaments s\u2019explique par le fait que le g\u00e9n\u00e9rique retenu (rem\u00e8des pour l\u2019estomac) et la pilule contraceptive (original) \u00e9taient nettement meilleur march\u00e9 en Allemagne, alors que deux pr\u00e9parations originales (hypotenseurs et cachets contre le mal de t\u00eate) y \u00e9taient plus ch\u00e8res. En 2012, les appareils th\u00e9rapeutiques \u00e9taient moins chers en Suisse. Quoi qu\u2019il en soit, le tableau 2 montre que l\u2019\u00e9cart marqu\u00e9 entre les prix, qui alimente le tourisme d\u2019achat, n\u2019a rien perdu de son actualit\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\net le <i>tableau 2<\/i> fournissent des donn\u00e9es plus d\u00e9taill\u00e9es sur l\u2019\u00e9volution des \u00e9carts de prix absolus avec l\u2019Allemagne pour certaines cat\u00e9gories de produits.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abCreusement de l\u2019\u00e9cart des prix avec l\u2019Allemagne selon les indices de prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9s\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2: \u00abM\u00e9diane des ratios de prix entre la Suisse et l\u2019Allemagne\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Tendances par produit: r\u00e9sultats d\u2019une enqu\u00eate \u00e0 la fronti\u00e8re&#13;<\/p>\n<h3>Tendances par produit: r\u00e9sultats d\u2019une enqu\u00eate \u00e0 la fronti\u00e8re<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe Seco a effectu\u00e9 des relev\u00e9s en Suisse et en Allemagne voisine dans le cadre du programme visant \u00e0 surveiller les effets de la r\u00e9vision de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les entraves techniques au commerce (LETC) et, en particulier, de l\u2019application autonome du principe du Cassis-de-Dijon. Il a ainsi \u2028recueilli les prix de divers produits en Suisse et dans des r\u00e9gions limitrophes, car les donn\u00e9es tir\u00e9es du programme europ\u00e9en de comparaison des prix d\u2019Eurostat auraient \u00e9t\u00e9 trop agr\u00e9g\u00e9es pour l\u2019analyse. Si le Seco a d\u00e9cid\u00e9 de recueillir lui-m\u00eame les donn\u00e9es, c\u2019est aussi parce que les relev\u00e9s des offices nationaux de la statistique ne sont pas accessibles au public \u00e0 un niveau de d\u00e9sagr\u00e9gation suffisamment bas. La r\u00e9alisation du recueil de donn\u00e9es impliquant les r\u00e9gions limitrophes s\u2019explique par la signification politique du tourisme d\u2019achat.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nM\u00eame si leur place est importante sur les march\u00e9s \u00e9tudi\u00e9s, les quelque 150 produits s\u00e9lectionn\u00e9s n\u2019ont pas la repr\u00e9sentativit\u00e9 des statistiques officielles. En revanche, nos relev\u00e9s fournissent aussi des indications sur les diff\u00e9rences absolues de prix, ce que les indicateurs officiels ne peuvent faire, alors m\u00eame que ces \u00e9carts sont d\u00e9terminants dans la d\u00e9cision d\u2019achat. Nous avons retenu les prix bruts, comme dans les statistiques officielles. De ce fait, la Suisse semble meilleur march\u00e9 que si le relev\u00e9 portait sur les prix nets \u2013 soit apr\u00e8s d\u00e9duction des redevances publiques \u2013, car les taux de taxe sur la valeur ajout\u00e9e sont inf\u00e9rieurs en Suisse (avec un taux ordinaire de 8% en 2012, contre 19% en Allemagne). \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019ils se faisaient en lien avec l\u2019\u00e9valuation de la r\u00e9vision de la LETC (entr\u00e9e en vigueur le 1er juillet 2010), les relev\u00e9s portaient de pr\u00e9f\u00e9rence sur des biens qui rev\u00eatent une importance consid\u00e9rable pour les prescriptions du droit technique, autre raison pour laquelle l\u2019\u00e9chantillon n\u2019est pas repr\u00e9sentatif. Nous n\u2019avons par ailleurs pas tenu compte des services.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes relev\u00e9s des prix en 2010, 2011 et 2012 \u2028refl\u00e8tent la forte appr\u00e9ciation du franc suisse par rapport \u00e0 l\u2019euro. Concr\u00e8tement, son cours atteignait \u00e0 la fin du premier trimestre, moment o\u00f9 les relev\u00e9s sont r\u00e9alis\u00e9s, 1,45 franc en 2010, 1,28 franc en 2011 et 1,20 franc en 2012.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDans le <i>tableau 2<\/i>, le signe n\u00e9gatif signifie que le prix en Suisse \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 celui pratiqu\u00e9 en Allemagne durant l\u2019ann\u00e9e consid\u00e9r\u00e9e. Les chiffres positifs indiquent un ph\u00e9nom\u00e8ne inverse. La derni\u00e8re colonne montre le nombre de produits analys\u00e9s dans chaque cat\u00e9gorie. Le signe \u00ab+\u00bb figurant dans la colonne \u00abDiff\u00e9rence 2011-2012\u00bb signifie que l\u2019\u00e9cart des prix avec l\u2019Allemagne s\u2019est creus\u00e9 de 2011 \u00e0 2012. Signalons que c\u2019est la m\u00e9diane des prix, plus robuste, qui est indiqu\u00e9e et non la moyenne, car elle constitue la valeur du rapport des prix entre les deux pays, de telle sorte que 50% des observations lui sont sup\u00e9rieures et 50% inf\u00e9rieures.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats des relev\u00e9s effectu\u00e9s par le Seco en Suisse et en Allemagne voisine diff\u00e8rent de ceux de l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9. Pour la plupart des cat\u00e9gories de produits, l\u2019\u00e9cart des prix continue \u00e0 se creuser entre le premier trimestre 2011 et le premier trimestre 2012. Des diff\u00e9rences particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es, sup\u00e9rieures \u00e0 30%, subsistent pour les cat\u00e9gories suivantes, mentionn\u00e9es en ordre d\u00e9croissant: soins corporels, biens d\u2019investissement (chauffages, chauffe-eau et extincteurs), denr\u00e9es alimentaires, boissons alcoolis\u00e9es et tabac, produits non alimentaires (biens durables, articles de m\u00e9nage non durables, nourriture pour animaux, p\u00e9riodiques, livres, montres, CD), jouets et articles pour enfants (poussettes, couches). La diff\u00e9rence la plus faible concerne actuellement l\u2019\u00e9lectronique grand public et les v\u00e9hicules. L\u2019\u00e9cart relativement modeste enregistr\u00e9 pour les m\u00e9dicaments s\u2019explique par le fait que le g\u00e9n\u00e9rique retenu (rem\u00e8des pour l\u2019estomac) et la pilule contraceptive (original) \u00e9taient nettement meilleur march\u00e9 en Allemagne, alors que deux pr\u00e9parations originales (hypotenseurs et cachets contre le mal de t\u00eate) y \u00e9taient plus ch\u00e8res. En 2012, les appareils th\u00e9rapeutiques \u00e9taient moins chers en Suisse. Quoi qu\u2019il en soit, le tableau 2 montre que l\u2019\u00e9cart marqu\u00e9 entre les prix, qui alimente le tourisme d\u2019achat, n\u2019a rien perdu de son actualit\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019analyse des indices de prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9s d\u2019Eurostat montre que les \u00e9carts avec l\u2019Allemagne \u2013 mesur\u00e9se \u00e0 l\u2019aune de juin 2010 \u2013 ont nettement ralenti leur grogression \u00e0 la fin 2012 par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2011. 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