{"id":149528,"date":"2013-03-01T12:00:00","date_gmt":"2013-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/03\/surchat-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:42:55","modified_gmt":"2023-08-23T22:42:55","slug":"surchat-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/03\/surchat-2\/","title":{"rendered":"L\u2019approfondissement et le d\u00e9veloppement financiers vont de pair"},"content":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re mondiale a provoqu\u00e9 une r\u00e9flexion en profondeur sur les b\u00e9n\u00e9fices et les co\u00fbts des flux de capitaux. Le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) est devenu le forum principal de ces discussions \u00e0 la fois scientifiques et politiques. En d\u00e9cembre 2012, il a ainsi approuv\u00e9 un sch\u00e9ma d\u2019analyse qui l\u00e9gitime les con-tr\u00f4les des &shy;capitaux dans certaines circonstances. Cette d\u00e9cision doit d\u2019abord \u00eatre mise en rapport avec la strat\u00e9gie du FMI. La premi\u00e8re partie de l\u2019article ci-contre consistera donc en un &shy;expos\u00e9 sur la notion de d\u00e9veloppement financier. On s\u2019int\u00e9ressera, ensuite, \u00e0 quelques recherches actuelles sur les b\u00e9n\u00e9fices et les risques de l\u2019ouverture financi\u00e8re. Trois cas concrets feront, enfin, l\u2019objet d\u2019un expos\u00e9 succinct.&#13;<\/p>\n<h2>Les contr\u00f4les de capitaux deviennent &shy;envisageables, selon le FMI<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour le FMI, les contr\u00f4les de capitaux sont devenus un instrument de plus dans \u2028la bo\u00eete \u00e0 outils de la r\u00e9gulation macroprudentielle. Si toutes les autres mesures macro\u00e9conomiques disponibles ne pr\u00e9sentent pas l\u2019efficacit\u00e9 souhait\u00e9e, les contr\u00f4les de capitaux peuvent \u00eatre envisag\u00e9s en dernier recours&#13;<br \/>\nFMI (2011).. En pratique, cela peut signifier que si un pays a une monnaie \u00absur\u00e9valu\u00e9e\u00bb, des r\u00e9serves officielles abondantes, une inflation et des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat bas, \u2028ainsi qu\u2019une \u00e9conomie tendant \u00e0 la surchauffe malgr\u00e9 des d\u00e9penses budg\u00e9taires anticicliques, il est possible d\u2019envisager un contr\u00f4le des capitaux.Pour beaucoup d\u2019\u00e9conomistes, il faudrait ajouter l\u2019existence d\u2019une situation de \u00abstress\u00bb sur les march\u00e9s financiers internationaux et s\u2019assurer que ces contr\u00f4les soient temporaires avec une intensit\u00e9 variant en fonction des conditions macroprudentielles. On sait en effet que, \u00e0 long terme, les \u00e9conomies s\u2019adaptent aux contr\u00f4les de capitaux en minant leur efficacit\u00e9, en cr\u00e9ant des rentes qui constituent autant de freins \u00e0 la dynamique \u00e9conomique, en discriminant les PME et en g\u00eanant l\u2019ouverture commerciale. De plus, dans certains pays, les march\u00e9s informels sont tellement omnipr\u00e9sents que des contr\u00f4les sont illusoires.La critique la plus fondamentale est que les contr\u00f4les de capitaux permettent de \u2028reporter des r\u00e9formes structurelles n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement financier, alors qu\u2019une politique proactive serait plus efficace. Une telle strat\u00e9gie ne peut, toutefois, \u2028se d\u00e9cider rapidement sous la pression d\u2019un afflux de capitaux \u00e9trangers et elle doit r\u00e9pondre au niveau de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie concern\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Les trois aspects du d\u00e9veloppement &shy;financier<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe d\u00e9veloppement financier s\u2019articule principalement autour de trois axes:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>L\u2019<i>extension des domaines d\u2019interm\u00e9diation<\/i> financi\u00e8re, qui se d\u00e9finit par le nombre de cat\u00e9gories de capital faisant l\u2019objet de transactions financi\u00e8res: cela va de la dette publique au financement des innovations les plus risqu\u00e9es.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>L\u2019<i>approfondissement financier<\/i> se d\u00e9finit pour chaque domaine par l\u2019\u00e9tendue des <i>instruments utilis\u00e9s<\/i>, depuis les dettes bancaires \u00e0 court terme jusqu\u2019aux actifs contingents (produits d\u00e9riv\u00e9s) les plus \u2028sophistiqu\u00e9s.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Le troisi\u00e8me axe du d\u00e9veloppement financier se d\u00e9finit en fonction du <i>type d\u2019agents \u00e9conomiques impliqu\u00e9<\/i>. Une nomenclature pourrait comprendre: a) la banque centrale, b) l\u2019\u00c9tat, c) les entreprises (dont les PME), d) les m\u00e9nages (en incluant les couches les plus d\u00e9favoris\u00e9es), e) les banques, f) les autres institutions financi\u00e8res comme les caisses de pension (interm\u00e9diaires financiers informels y compris), g) les investisseurs \u00e9trangers (m\u00eame dans le domaine agricole).<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nLe <i>tableau 1<\/i> recoupe les deux premiers axes \u00e9nonc\u00e9s en les illustrant par une liste non exhaustive d\u2019exemples concrets.&#13;<\/p>\n<h2>Quels sont les b\u00e9n\u00e9fices et les risques du d\u00e9veloppement financier?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes b\u00e9n\u00e9fices du d\u00e9veloppement financier sont bien connus, autant sur le plan th\u00e9orique que dans la pratique. Lorsque les possibilit\u00e9s de financement s\u2019\u00e9largissent, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et les prime de risque diminuent, ce qui permet de r\u00e9aliser davantage de projets. Comme, parall\u00e8lement, les investissements sont \u00e9valu\u00e9s avec davantage de pr\u00e9cision et que la diversification internationale des risques s\u2019am\u00e9liore, ces derniers tendent \u00e0 s\u2019affaiblir. Le <i>graphique 1<\/i> illustre cette relation en croisant le \u00abhome bias\u00bb&#13;<br \/>\nLe \u00abhome bias\u00bb est le ratio en logarithme de la part des obligations \u00e9trang\u00e8res dans le total des obligations d\u00e9tenues par des agents \u00e9conomiques d\u2019un pays, en comparaison avec la capitalisation des march\u00e9s d\u2019obligations \u00e9trangers dans la capitalisation mondiale. avec le d\u00e9veloppement financier (repr\u00e9sen-t\u00e9 ici par la part de march\u00e9 des obligations priv\u00e9es). Toutefois, malgr\u00e9 la robustesse des r\u00e9sultats obtenus, un d\u00e9veloppement du secteur financier trop rapide peut porter en soi des risques \u00e0 court ou \u00e0 moyen termes. Ainsi, alors que l\u2019exp\u00e9rience de la zone euro a tenu le monde financier en haleine de 2010 \u00e0 2012, il faut rappeler la r\u00e9silience de l\u2019int\u00e9gration financi\u00e8re des pays d\u2019Europe de l\u2019Est durant la m\u00eame p\u00e9riode&#13;<br \/>\nBrown et al. (2011).. Une strat\u00e9gie coh\u00e9rente \u00e0 long terme du d\u00e9veloppement financier est donc recommandable pour \u00e9viter les risques de d\u00e9raillement.Pour \u00e9tablir une telle strat\u00e9gie, il faut \u00e0 \u2028la fois assurer la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la banque &shy;centrale ainsi que la solidit\u00e9 et la liquidit\u00e9 des finances des diff\u00e9rentes instances publiques, r\u00e9guler l\u2019activit\u00e9 bancaire et celle d\u2019une foule d\u2019autres interm\u00e9diaires financiers avec des instruments imparfaits et potentiellement lourds, g\u00e9rer les march\u00e9s des changes, encourager l\u2019\u00e9pargne, etc., tout cela sans oublier les autres conditions-cadres n\u00e9cessaires, en particulier pour les investissements. La crise n\u2019a fait que rendre ce th\u00e8me encore plus compliqu\u00e9 en exigeant de nouvelles r\u00e9ponses r\u00e9glementaires face aux institutions \u00abtoo \u2028big to fail\u00bb, aux effets de r\u00e9seaux et au potentiel des politiques macroprudentielles. Un \u2028centre financier comme la Suisse dispose des connaissances n\u00e9cessaires pour relever tous ces d\u00e9fis. Ce n\u2019est pas obligatoirement le cas des pays en d\u00e9veloppement, o\u00f9 des choix \u2028s\u00e9rieux doivent \u00eatre faits.&#13;<\/p>\n<h2>Les conditions d\u2019un d\u00e9veloppement financier &shy;favorable \u00e0 la croissance et \u00e0 la stabilit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour mieux comprendre quand et comment le d\u00e9veloppement financier est plus ou moins favorable \u00e0 la croissance et \u00e0 la stabilit\u00e9, le FMI s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019approfondissement financier dans le cadre d\u2019un s\u00e9minaire \u00e0 Washington en septembre 2012&#13;<br \/>\nFMI (2012).. De l\u2019ensemble des documents mis en discussion, il ressort les points suivants:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Sur le plan th\u00e9orique, le co\u00fbt des contr\u00f4les financiers (par exemple information sur les d\u00e9biteurs) et celui des incitations n\u00e9cessaires au respect des conditions contractuelles emple sont les deux \u00e9l\u00e9ments centraux. Si les pays \u00e9mergents adoptaient les meilleures pratiques dans ce domaine, l\u2019impact sur leur PIB serait consid\u00e9rable.&#13;<br \/>\nCole, Greenwood et Sanchez (2012).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Sur le plan empirique, une politique financi\u00e8re peut souvent ne reposer que sur trois indicateurs centraux: a) l\u2019impossibilit\u00e9 pour l\u2019\u00c9tat d\u2019exproprier, b) la protection contre l\u2019appropriation abusive par les cr\u00e9diteurs (expropriation par les cr\u00e9anciers) et c) la protection des actionnaires minoritaires (expropriation par les autres actionnaires).<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Plus concr\u00e8tement encore, la concurrence entre les banques, l\u2019implication mod\u00e9r\u00e9e des banques \u00e9tatiques, l\u2019ouverture aux banques \u00e9trang\u00e8res, la mise en application coh\u00e9rente des r\u00e9formes financi\u00e8res et la concurrence sur les march\u00e9s des produits constituent, en g\u00e9n\u00e9ral, autant d\u2019aspects particuliers d\u2019une politique \u00e9conomique r\u00e9ussie. Ils permettent de renforcer l\u2019impact positif du d\u00e9veloppement financier sur la croissance et la stabilit\u00e9.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>D\u2019autres facteurs environnementaux, souvent exog\u00e8nes, maximisent l\u2019impact positif de l\u2019approfondissement financier. Ce dernier, semble, par exemple, jouer un r\u00f4le particuli\u00e8rement stimulant pour les pays dont le d\u00e9veloppement \u00e9conomique est moyen.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Le d\u00e9veloppement du march\u00e9 des actions est toujours favorable, de m\u00eame que l\u2019ouverture aux investissements directs \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (IDE).<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nCes derniers points ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s par l\u2019<i>OCDE (2012),<\/i> pour laquelle la structure des flux financiers est capable de d\u00e9partager les situations favorables de celles qui sont trop risqu\u00e9es lors de la lib\u00e9ralisation de la balance des paiements. Ainsi, la politique \u00e9conomique doit favoriser la qualit\u00e9 des flux financiers en direction de l\u2019approfondissement (plus d\u2019actions, d\u2019IDE, d\u2019engagements \u00e0 long terme, moins de pr\u00eats bancaires \u00e0 court terme en devises, etc.), sans oublier les politiques de croissance am\u00e9liorant la r\u00e9silience (lib\u00e9ralisation du march\u00e9s des produits, etc.).&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9duire les risques \u00e0 travers \u2028l\u2019approfon&shy;dissement financier<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn conclusion, on s\u2019aper\u00e7oit que si les pays \u00e9mergents veulent r\u00e9duire les risques inh\u00e9rents \u00e0 leur d\u00e9veloppement financier sans payer un co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 en termes de croissance, la notion d\u2019approfondissement devrait les guider dans leurs choix. Les politiques \u2028favorisant la prise de risque sous forme \u2028d\u2019actions ou de produits d\u00e9riv\u00e9s doivent \u2028ainsi disposer d\u2019une certaine priorit\u00e9. Des conditions-cadres favorables aux investissements, des incitations aptes \u00e0 limiter l\u2019effet de levier et l\u2019ouverture aux IDE \u2013 y compris ceux provenant de banques \u00e9trang\u00e8res d\u00e9sireuses d\u2019\u00eatre actives sur le terrain \u2013 renforcent la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et maximisent l\u2019impact sur la croissance r\u00e9elle. \u00c0 l\u2019inverse, un rapide accroissement de l\u2019endettement \u00e0 court terme en devises aupr\u00e8s de banques situ\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger est un facteur de risque. Il peut indiquer des faiblesses dans la strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement financier.M\u00eame lorsqu\u2019il existe des risques de d\u00e9rapages \u00e0 cause de flux financiers labiles, le concept d\u2019approfondissement incite \u00e0 moduler le ratio de capital propre des banques&#13;<br \/>\nCe qui, concr\u00e8tement, consiste \u00e0 le renforcer., plut\u00f4t que de recourir \u00e0 d\u2019autres instruments comme le contr\u00f4le des capitaux. En rouvrant le d\u00e9bat, le FMI a donc pris le risque que ses recommandations soient d\u00e9tourn\u00e9es par les pays membres, alors que d\u2019autres instruments de r\u00e9gulation pourraient \u00eatre tout aussi efficaces.L\u2019approfondissement financier ne constitue, toutefois, pas un rem\u00e8de miracle. Pour les pays les plus pauvres, la Banque mondiale&#13;<br \/>\nIHEID (2012). recommande de commencer avec les \u00e9l\u00e9ments de base (\u00abbasics first\u00bb), en s\u2019adaptant aux capacit\u00e9s institutionnelles: l\u2019id\u00e9e est donc de mettre d\u2019abord sur pied des structures qui, en termes d\u2019information et de r\u00e9gulation, favorisent la circulation et le commerce de capitaux de plus en plus diversifi\u00e9s. L\u2019approfondissement financier n\u2019a \u00e9videmment de sens qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 les domaines d\u2019interm\u00e9diation b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une certaine extension, ce qui arrive g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s vite, m\u00eame dans les pays les plus pauvres.&#13;<\/p>\n<h2>Trois applications concr\u00e8tes: la Suisse, le\u00a0Br\u00e9sil et le Ghana<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est possible d\u2019extrapoler des recommandations pr\u00e9cieuses pour le d\u00e9veloppement financier \u00e0 partir de comparaisons internationales. Un indicateur fr\u00e9quemment mentionn\u00e9 dans ce sens est le <i>Financial Development Index<\/i> du World Economic Forum (WEF). Il comprend trois piliers:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>la qualit\u00e9 des politiques et des institutions;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>l\u2019engagement des interm\u00e9diaires financiers dans l\u2019\u00e9conomie;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>l\u2019acc\u00e8s aux services financiers.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nBien que ces trois aspects diff\u00e8rent l\u00e9g\u00e8rement de l\u2019approche pr\u00e9sent\u00e9e dans cet article, ils ont l\u2019avantage d\u2019\u00eatre mieux mesurables et permettent de d\u00e9gager rapidement des conclusions fiables, comme le montrent ces trois exemples que sont la <i>Suisse<\/i>, le\u00a0<i>Br\u00e9sil<\/i> et le <i>Ghana<\/i>.<i>La Suisse<\/i>, au neuvi\u00e8me rang dans l\u2019indice du WEF, est exemplaire avec son approche r\u00e9glementaire par agent financier; sa cr\u00e9dibilit\u00e9 est, en outre, sortie renforc\u00e9e de la crise. Bien que ses march\u00e9s financiers comptent parmi les plus d\u00e9velopp\u00e9s, ils comporteraient encore, selon le WEF, quelques faiblesses r\u00e9siduelles: protection des investisseurs minoritaires, lenteur des proc\u00e9dures de faillite, propri\u00e9t\u00e9 publique de certaines banques, soup\u00e7ons de protectionnisme face aux IDE, lacunes dans les informations concernant les d\u00e9biteurs, etc. Toutefois, la faiblesse principale du pays r\u00e9siderait encore dans les retards en mati\u00e8re d\u2019innovations financi\u00e8res, en particulier les introductions en Bourse (\u00abinitial public offering\u00bb, IPO) et la titrisation. Le <i>Br\u00e9sil<\/i> dispose maintenant d\u2019une banque centrale cr\u00e9dible qui a su utiliser les contr\u00f4les de capitaux de mani\u00e8re circonstanci\u00e9e en fonction des turbulences internationales travers\u00e9es par les march\u00e9s financiers&#13;<br \/>\nIHEID (2012).. Ceux du Br\u00e9sil ont, \u00e0 l\u2019inverse, connu un d\u00e9veloppement tr\u00e8s dynamique, tant en ce qui concerne les banques que les entreprises et les m\u00e9nages \u2013 suite, en particulier, \u00e0 la mise sur pied d\u2019un syst\u00e8me centralis\u00e9 d\u2019information sur la qualit\u00e9 des agents \u00e9conomiques. L\u2019arriv\u00e9e des banques \u00e9trang\u00e8res sur le march\u00e9 financier br\u00e9silien a permis de stimuler la concurrence et d\u2019introduire de nouvelles technologies. Les obligations d\u2019entreprises \u00e0 long terme, libell\u00e9es en monnaie locale, ont maintenant d\u00e9coll\u00e9. Ces r\u00e9sultats sont le fruit de la consid\u00e9rable am\u00e9lioration des infrastructures macro\u00e9conomiques: depuis 1995, des r\u00e8gles conditionnelles de comportement se sont progressivement impos\u00e9es aupr\u00e8s de chaque agent \u00e9conomique, avec des succ\u00e8s notables, comme une inflation cr\u00e9dible, un exc\u00e9dent budg\u00e9taire, une ouverture aux IDE et une meilleure int\u00e9gration sociale. Ce d\u00e9veloppement rapide du secteur financier br\u00e9silien a, toutefois, r\u00e9serv\u00e9 quelques surprises potentiellement risqu\u00e9es, en particulier le lien inattendu entre l\u2019endettement des m\u00e9nages et la force du real br\u00e9silien. Une telle corr\u00e9lation justifie l\u2019ouverture par \u00e9tapes, adopt\u00e9e par le pays. Malgr\u00e9 ces progr\u00e8s, il ressort de l\u2019\u00e9valuation du WEF que la complexit\u00e9 administrative, l\u00e9gale et s\u00e9curitaire (environnement institutionnel et pour les entreprises, efficacit\u00e9 des services bancaires) reste une barri\u00e8re non n\u00e9gligeable pour les investisseurs et les actionnaires. Le <i>Ghana<\/i> est l\u2019un des pays les plus mal class\u00e9s du <i>Financial Development Index<\/i>. Il faut, toutefois, prendre en compte les instruments informels et souvent innovateurs dont disposent ses march\u00e9s financiers pour en saisir l\u2019extension et la sophistication&#13;<br \/>\nIHEID (2012).; l\u2019absence de donn\u00e9es ne permet pas non plus d\u2019\u00e9tablir de jugement d\u00e9finitif. Malgr\u00e9 tout, le d\u00e9fi principal du Ghana reste d\u2019encourager l\u2019\u00e9pargne pour qu\u2019elle finance les PME locales. Le WEF le souligne, du reste, en reconnaissant que les points faibles du Ghana sont l\u2019acc\u00e8s aux services financiers de base et au financement ext\u00e9rieur par cr\u00e9dit ou par \u2028apport de capital propre. Ici \u00e9galement, \u2028l\u2019approfondissement financier est essentiel. Selon le sch\u00e9ma de la Banque mondiale, la cl\u00e9 pour que les march\u00e9s financiers du Ghana franchissent une nouvelle \u00e9tape devrait se trouver dans le d\u00e9veloppement des canaux d\u2019informations relatives aux banques, aux m\u00e9nages et aux entreprises, dont l\u2019interm\u00e9diation financi\u00e8re a besoin. Le pays doit, en outre, se doter des infrastructures n\u00e9cessaires. La charge administrative est l\u2019une des barri\u00e8res les plus significatives au d\u00e9veloppement financier national, bien que certaines pistes \u2013 m\u00e9diateur financier, audit des banques entre elles au lieu de passer par un r\u00e9gulateur, standards sur la microfinance \u2028de la Soci\u00e9t\u00e9 financi\u00e8re internationale (SFI, une succursale du Groupe de la Banque \u2028mondiale), d\u00e9veloppement d\u2019une r\u00e9gulation de type \u00abtraffic lights\u00bb, possibilit\u00e9s offertes par Internet pour centraliser les informations, etc. \u2013 montrent que ce probl\u00e8me est surmontable. Ici, on voit que l\u2019approfondissement financier n\u2019est que la moiti\u00e9 de la r\u00e9ponse.Ces trois exemples montrent que, si l\u2019approfondissement est au centre du d\u00e9veloppement financier, ses contours diff\u00e9rent en fonction de la structure \u00e9conomique.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn attendant les progr\u00e8s dans les recherches en mati\u00e8re de biais cognitifs et d\u2019analyse des r\u00e9seaux, l\u2019approfondissement des march\u00e9s financiers dans ses diff\u00e9rentes facettes (IDE, entreprenariat, ratio de capitaux des banques, r\u00e8gles conditionnelles des grandes banques, voire innovations financi\u00e8res en direction des actifs contingents, \u2028etc.) est le concept qui permet d\u00e9j\u00e0 au d\u00e9veloppement financier d\u2019\u00eatre, dans de nombreux cas, compatible avec la croissance et la stabilit\u00e9. Accessoirement, cela fait perdre tout int\u00e9r\u00eat aux contr\u00f4les de capitaux. Dans cette perspective, la poursuite d\u2019une strat\u00e9gie coh\u00e9rente de d\u00e9veloppement financier permet de r\u00e9aliser des gains potentiels consid\u00e9rables.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abLien entre le d\u00e9veloppement financier et le \u00abhome bias\u00bb pour 40 pays, 2006\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abExemples d\u2019instruments du d\u00e9veloppement financier\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2: \u00abTableau comparatif du d\u00e9veloppement financier selon le WEF, 2011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Innovations financi\u00e8res et appro&shy;fondissement financier&#13;<\/p>\n<h3>Innovations financi\u00e8res et appro&shy;fondissement financier<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPour les pays qui dominent les technologies financi\u00e8res, l\u2019approfondissement se signale par la ma\u00eetrise des innovations en mati\u00e8re de produits d\u00e9riv\u00e9s, dont la complexit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e que pour les actions. Cette politique de d\u00e9veloppement financier s\u2019inscrit dans un contexte d\u2019innovations et de r\u00e9seaux de plus en plus interconnect\u00e9s. La plupart des inventions importantes en mati\u00e8re financi\u00e8re viennent des \u00c9tats-Unis, mais aussi de pays \u00e9mergents, comme le Kenya (services bancaires sur t\u00e9l\u00e9phone mobile). Ces nouveaut\u00e9s et le d\u00e9veloppement du r\u00e9seau financier ont g\u00e9n\u00e9ralement un impact positif sur la croissance et sur la stabilit\u00e9; ils peuvent, toutefois, requ\u00e9rir un apprentissage risqu\u00e9 tant du c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9gulateurs que des investisseurs et des m\u00e9nages. Il serait souhaitable que s\u2019\u00e9tablisse une \u00e9troite collaboration des institutions financi\u00e8res innovantes avec les r\u00e9gulateurs et des \u2028r\u00e9gulateurs entre eux au niveau international. Lorsque l\u2019exp\u00e9rience pr\u00e9alable manque, le concept d\u2019approfondissement conseille de trouver des solutions qui font porter le risque sur un capital-actions ad\u00e9quat, ce qui est souvent la solution la plus simple. \u00c0 terme, les nouveaux instruments d\u2019analyse des r\u00e9seaux devraient permettre d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du r\u00e9seau financier en testant les \u00abratios de capitaux\u00bb en fonction \u2028de la solvabilit\u00e9 des agents \u00e9conomiques et des instruments choisis.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAinsi, la Suisse a r\u00e9cemment adopt\u00e9 une l\u00e9gislation \u00abtoo big to fail\u00bb qui privil\u00e9gie les \u00abcocos\u00bb, autrement dit, des obligations qui se transforment dans certaines circonstances en actions. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019analyse des r\u00e9seaux financiers pourrait \u00e9galement aboutir \u00e0 des recommandations permettant un meilleur d\u00e9couplage entre l\u2019\u00c9tat et les banques (en particulier la privati-\u2028sation des banques cantonales), une limite \u00e0 l\u2019endettement public comme \u00abcapital propre de r\u00e9serve\u00bb, l\u2019ajustement de l\u2019apport de fonds propres dans la prise de nouvelles hypoth\u00e8ques, l\u2019encouragement \u00e0 l\u2019IPO, etc. Ces analyses sont n\u00e9cessaires, \u00e9tant donn\u00e9 que les risques structurels provoqu\u00e9s par les crises financi\u00e8res et renforc\u00e9s par des d\u00e9s\u00e9quilibres financiers globaux consid\u00e9rables sont loin d\u2019avoir &shy;disparu.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Brown Martin, Ongena Steven, Popov Alexander et Yesin Pinar, \u00abWho Needs Credit and Who gets Credit in Eastern Europe\u00bb, Economic Policy, janvier 2011, n\u00b0 65, p&shy;p.93-130.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Cole Harold, Greenwood Jeremy et Sanchez Juan, \u00abWhy Doesn\u2019t Technology Flow from Rich to Poor Countries\u00bb, Federal Reserve Bank of St. Louis working paper series octobre 2012, 2012-040A.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>FMI, Managing Capital Inflows: What Tools to Use, Staff discussion note authorized by Olivier Blanchard, avril 2011.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>FMI, conf\u00e9rence Financial Deepening, Macro-Stability, and Growth in Developing Countries, Washington D.C., septembre 2012. Internet: <a href=\"http:\/\/www.imf.org\/external\/np\/seminars\/eng\/2012\/spr\/index.htm\">http:\/\/www.imf.org\/external\/np\/seminars\/eng\/2012\/spr\/index.htm<\/a><\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>OCDE, International Capital Mobility: Structural policies to Reduce Financial Fragility?, OECD Economics Department Policy Notes, n\u00b0 13, juin 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>IHEID, conf\u00e9rence Financial Sector Development, Stability and Growth, en collaboration avec le Seco, Gen\u00e8ve, octobre 2012, <a href=\"http:\/\/graduateinstitute.ch\/ctei\/events\/events_2012\/fdsg.html\">http:\/\/graduateinstitute.ch\/ctei\/events\/events_2012\/fdsg.html<\/a><\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re mondiale a provoqu\u00e9 une r\u00e9flexion en profondeur sur les b\u00e9n\u00e9fices et les co\u00fbts des flux de capitaux. 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