{"id":149533,"date":"2013-03-01T12:00:00","date_gmt":"2013-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/03\/tille-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:43:25","modified_gmt":"2023-08-23T22:43:25","slug":"tille-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/03\/tille-2\/","title":{"rendered":"Int\u00e9gration financi\u00e8re et politique macro\u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<p>La mondialisation financi\u00e8re constitue un des \u00e9v\u00e9nements \u00e9conomiques majeurs de ces 25 derni\u00e8res ann\u00e9es. Durant cette p\u00e9riode, les avoirs financiers transfrontaliers ont cr\u00fb \u00e0 un rythme nettement plus soutenu que les produits int\u00e9rieurs bruts. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne typique des pays avanc\u00e9s a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 parmi les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement. M\u00eame si le rythme de la mondialisation y a \u00e9t\u00e9 moins soutenu, son empreinte peut avoir \u00e9t\u00e9 plus profonde en raison de la relative faiblesse des infrastructures sur lesquelles s\u2019appuient les politiques \u00e9conomiques.&#13;<br \/>\nVoir l\u2019article de Rosmarie Schlup, p. 51 de ce num\u00e9ro. Mes remerciements \u00e0 Ouarda Merrouche, Ulrich Camen, Rosmarie Schlup et Marc Surchat pour leurs commentaires. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201303_20_Tille_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa r\u00e9cente conf\u00e9rence conjointement organis\u00e9e par l\u2019Institut de hautes \u00e9tudes internationales et du d\u00e9veloppement (IHEID) et le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) a permis de faire le point sur les probl\u00e9matiques li\u00e9es au d\u00e9veloppement financier, dont la mondialisation fait partie. Le pr\u00e9sent article examine l\u2019impact de cette derni\u00e8re sur la conduite de la politique macro\u00e9conomique, et plus particuli\u00e8rement de la politique mon\u00e9taire. Une premi\u00e8re partie discutera des r\u00e9centes recherches sur la question. Elle sera suivie de propositions susceptibles d\u2019aider les banques centrales \u00e0 g\u00e9rer le ph\u00e9nom\u00e8ne, notamment dans le cadre du programme <i>Bilateral Assistance and Capacity Building for Central Banks (BCC)<\/i> men\u00e9 par l\u2019IHEID sur mandat du Seco.&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9fis de la mondialisation pour \u2028la politique macro\u00e9conomique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la mobilit\u00e9 du capital \u2028du fait de la mondialisation est une probl\u00e9matique bien connue dans l\u2019analyse macro-\u00e9conomique sous la forme d\u2019un trilemme auquel les institutions politiques font face. Celui-ci souligne que trois objectifs sont souhaitables, mais que seuls deux peuvent \u00eatre atteints. Le premier est une politique mon\u00e9taire en phase avec les besoins de l\u2019\u00e9conomie nationale. Le deuxi\u00e8me est une stabilit\u00e9 des taux de change pour \u00e9viter des mouvements al\u00e9atoires p\u00e9nalisant le commerce. Le troisi\u00e8me, enfin, est la libert\u00e9 de mou-\u2028vement du capital afin de permettre aux fonds \u00e9trangers de financer les besoins locaux et aux \u00e9pargnants de diversifier leur portefeuille.Le probl\u00e8me est qu\u2019un des trois objectifs doit \u00eatre sacrifi\u00e9. Prenons le cas d\u2019une banque centrale qui souhaite relever ses taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pour faire face \u00e0 une surchauffe \u2028de l\u2019\u00e9conomie nationale (premier objectif). La hausse des taux accro\u00eet l\u2019attrait du pays pour les investisseurs et favorise l\u2019afflux de capitaux. La demande en monnaie natio-nale augmente et son cours s\u2019appr\u00e9cie sur \u2028le march\u00e9 des changes, en contradiction avec le deuxi\u00e8me objectif. La banque centrale pourrait stabiliser le taux de change en ne resserrant pas trop sa politique mon\u00e9taire, mais elle s\u2019opposerait ainsi au premier objectif. La seule mani\u00e8re de concilier les deux est \u2028d\u2019emp\u00eacher les entr\u00e9es de capitaux en pro&shy;c\u00e9dant, par exemple, \u00e0 l\u2019instauration de contr\u00f4les. Si cette mesure a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme inacceptable, l\u2019attitude des institutions \u00e9conomiques, comme le FMI, a clairement \u00e9volu\u00e9&#13;<br \/>\nVoir l\u2019article de Marc Surchat, p. 59 de ce num\u00e9ro..&#13;<\/p>\n<h2>Des march\u00e9s financiers imparfaits<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes recherches \u00e9conomiques ont reconnu que la mondialisation financi\u00e8re pouvait affecter la conduite de la politique mon\u00e9taire. Plusieurs \u00e9tudes ont, cependant, soulign\u00e9 qu\u2019elle ne diminuait pas n\u00e9cessairement la capacit\u00e9 des banques centrales \u00e0 accomplir leurs t\u00e2ches.&#13;<br \/>\nVoir, par exemple, Rogoff (2006). Remarquons, toutefois, que cet argument s\u2019inscrit dans un cadre quelque peu restrictif o\u00f9 les march\u00e9s financiers fonctionnent de mani\u00e8re efficiente, o\u00f9 la banque centrale b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une forte cr\u00e9dibilit\u00e9, et o\u00f9 elle est capable d\u2019interpr\u00e9ter les fluctuations \u00e9conomiques de mani\u00e8re claire et d\u2019y r\u00e9agir de fa\u00e7on ad\u00e9quate.L\u2019impact de la mondialisation sur la politique mon\u00e9taire est plus marqu\u00e9 lorsque l\u2019environnement n\u2019est pas aussi clairement \u00e9tabli. Tout d\u2019abord, les march\u00e9s financiers ne fonctionnent pas de mani\u00e8re efficiente (du moins pas toujours), comme la crise l\u2019a bien montr\u00e9 avec le net reflux des activit\u00e9s internationales des banques. De tels mouvements sont bien connus des \u00e9conomistes qui observent que les capitaux affluent par vagues (\u00abbonanzas\u00bb) sur les march\u00e9s \u00e9mergents pour se tarir ensuite soudainement (\u00absudden stops\u00bb).&#13;<\/p>\n<h2>Int\u00e9r\u00eats individuels et besoins nationaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation financi\u00e8re dans un contexte de march\u00e9s imparfaits g\u00e9n\u00e8re en outre des comportements qui, s\u2019ils sont optimaux individuellement, ne le sont pas pour l\u2019ensemble du pays. Les \u00abbooms\u00bb de cr\u00e9dit constituent un exemple de ce ph\u00e9nom\u00e8ne.&#13;<br \/>\nKorinek (2010), Mendoza (2010). Si un \u00c9tat subit les r\u00e9ticences du march\u00e9 \u00e0 satisfaire ses besoins financiers, les cons\u00e9quences sont \u00e0 la mesure de sa dette. Le fait que le pays devrait limiter le volume de ces emprunts n\u2019est pas pris en compte par les emprunteurs individuels, car chacun n\u2019a qu\u2019une influence minime sur la dette nationale. La mondialisation permet d\u2019accro\u00eetre le volume des cr\u00e9dits accord\u00e9s, ce qui peut renforcer le surendettement de certains pays avec toutes les cons\u00e9quences que cela implique. Les risques d\u2019ass\u00e8chement des flux financiers conduisent \u00e9galement les pays \u00e0 accumuler des r\u00e9serves d\u2019actifs liquides en monnaies \u00e9trang\u00e8res. Dans un environnement o\u00f9 le volume d\u2019actifs s\u00fbrs et liquides est limit\u00e9 et concentr\u00e9 sur certains pays, cette volont\u00e9 de s\u00e9curisation peut conduire \u00e0 d\u00e9s\u00e9quilibrer la balance des paiements.&#13;<br \/>\nUn point soulign\u00e9 par Ricardo Caballero durant la conf\u00e9rence. Consid\u00e9rer que la mondialisation a un impact limit\u00e9 sur l\u2019efficacit\u00e9 de la politique mon\u00e9taire pr\u00e9suppose \u00e9galement que les banques centrales ont une bonne connaissance des sources de fluctuations \u00e9conomiques et des canaux au travers desquels divers facteurs (dont la politique mon\u00e9taire) affectent l\u2019\u00e9conomie. Si une telle analyse est acceptable pour des \u00e9conomies avanc\u00e9es, elle est nettement plus discutable dans le cas de pays \u00e9mergents ou en d\u00e9veloppement. Leurs statistiques sont fr\u00e9quemment lacunaires et impr\u00e9cises, et les rouages de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique n\u2019y sont souvent cern\u00e9s que de mani\u00e8re limit\u00e9e. Un tel environnement complique l\u2019analyse \u00e9conomique et le pilotage des politiques. La mondialisation financi\u00e8re, qui amplifie les fluctuations des march\u00e9s mondiaux, m\u00eame difficult\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9tablir la politique macro\u00e9conomique \u2028sur des bases solides<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe trilemme montre qu\u2019une ouverture &shy;financi\u00e8re ne permet plus de concilier un taux de change stable et une politique mon\u00e9taire r\u00e9pondant aux besoins du pays. Si les contr\u00f4les de capitaux peuvent permettre de\u00a0limiter ce probl\u00e8me, leur mise en \u0153uvre n\u2019est encore jug\u00e9e acceptable que dans des situations pr\u00e9cises, comme une vague de flux financiers vers le pays; de telles mesures sont, en outre, loin d\u2019\u00eatre ais\u00e9es \u00e0 g\u00e9rer.&#13;<\/p>\n<h2>Renforcer les outils statistiques et la connaissance des m\u00e9canismes \u00e9conomiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est donc important de renforcer les &shy;capacit\u00e9s des banques centrales dans les pays\u00a0\u00e9mergents et en d\u00e9veloppement, en \u2028suivant plusieurs axes compl\u00e9mentaires. Tout d\u2019abord, la qualit\u00e9 des donn\u00e9es statistiques doit \u00eatre solidement \u00e9tablie, car sans elle, toute analyse \u00e9conomique est de peu d\u2019utilit\u00e9. En plus des chiffres couvrant le \u2028secteur \u00abr\u00e9el\u00bb de l\u2019\u00e9conomie (emploi, \u2028production), il convient de suivre les mou-vements financiers, par exemple par des \u2028statistiques d\u00e9crivant les flux de capitaux avec le reste du monde, l\u2019\u00e9volution des divers prix et les anticipations du public en mati\u00e8re d\u2019inflation.Il est \u00e9galement important de d\u00e9velopper la connaissance des rouages de l\u2019\u00e9conomie. Ceci permet tout d\u2019abord d\u2019appr\u00e9hender comment le pays est affect\u00e9 par les diff\u00e9rentes sources de fluctuations, telles que l\u2019\u00e9volution du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res ou la conjoncture externe, mais \u00e9galement de saisir les m\u00e9canismes au travers desquels la politique mon\u00e9taire influence la croissance et l\u2019inflation. La t\u00e2che est d\u2019autant plus ardue que lesdits m\u00e9canismes \u00e9voluent avec la structure de l\u2019\u00e9conomie: ainsi, une lib\u00e9ralisation du secteur bancaire peut renforcer la sensibilit\u00e9 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats acquitt\u00e9s par les entreprises et les m\u00e9nages aux variations de la politique mon\u00e9taire.&#13;<\/p>\n<h2>Ma\u00eetriser les modalit\u00e9s d\u2019action<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDes statistiques solides et une bonne compr\u00e9hension du fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie permettent de d\u00e9velopper un cadre plus lisible pour la conduite de la politique mon\u00e9taire, aussi bien au niveau strat\u00e9gique qu\u2019op\u00e9rationnel. En termes strat\u00e9giques, la banque centrale doit d\u00e9cider du poids \u00e0 \u2028donner \u00e0 la stabilisation du taux de change par rapport aux besoins du pays. Si ses \u2028fluctuations ont un impact direct et marqu\u00e9 sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique \u2013 par exemple du fait d\u2019importantes importations \u2013, la question m\u00e9ritera une attention particuli\u00e8re. \u2028En termes op\u00e9rationnels, une bonne compr\u00e9hension des m\u00e9canismes constitue la condition sine qua non d\u2019une politique efficace. Les banques centrales doivent, en effet, identifier les instruments qui conviennent \u2028le mieux \u00e0 leur politique mon\u00e9taire (taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, ratios de r\u00e9serve des banques, quantit\u00e9 de monnaie en circulation). Ce choix est difficile et demande de pouvoir appr\u00e9cier l\u2019impact des diff\u00e9rents instruments. La compr\u00e9hension des m\u00e9canismes facilite aussi la communication. La politique mon\u00e9taire agit en partie par l\u2019interm\u00e9diaire des anticipations que les agents \u00e9conomiques formulent sur l\u2019\u00e9volution de la situation \u00e9conomique et de la r\u00e9ponse que la banque centrale y apporte. Une communication claire constitue un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 pour atteindre des objectifs en mati\u00e8re d\u2019inflation: elle passe, dans une majorit\u00e9 de pays industrialis\u00e9s, \u2028par la publication de rapports r\u00e9guliers sur \u2028la situation \u00e9conomique, des conf\u00e9rences \u2028de presse et des discours prononc\u00e9s par les dirigeants des banques centrales. La politique mon\u00e9taire b\u00e9n\u00e9ficie ainsi d\u2019une meilleure lisibilit\u00e9 aupr\u00e8s du public et des march\u00e9s, ce qui se traduit par une stabilisation des anticipations d\u2019inflation et aide \u00e0 asseoir la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la politique \u00e9conomique.&#13;<\/p>\n<h2>Int\u00e9grer les fluctuations des \u2028institutions financi\u00e8res<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation financi\u00e8re a \u00e9galement renforc\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les fluctuations des institutions financi\u00e8res dans la \u2028politique mon\u00e9taire. Ce besoin touche non seulement les pays avanc\u00e9s, o\u00f9 les banques centrales travaillent sur la construction et \u2028la mise en place de mesure dites \u00abmacro-\u2028prudentielles\u00bb, mais concerne \u00e9galement les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement qui ouvrent leurs march\u00e9s financiers au reste du monde. La probl\u00e9matique des \u00abbooms\u00bb inefficients de cr\u00e9dit en constitue un exemple concret.&#13;<br \/>\nKorinek (2010), Mendoza (2010). Si les analyses ont identifi\u00e9 les \u2028r\u00e9ponses \u00e0 apporter \u2013 sous la forme, par exemple, de taxes sur les emprunts \u2013, ces politiques sont tr\u00e8s difficiles \u00e0 mettre en pratique, car elles demandent de distinguer les \u00abbooms\u00bb sp\u00e9culatifs de ceux qui r\u00e9pondent \u00e0 une \u00e9volution favorable \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nationale, comme une hausse de la productivit\u00e9; les mesures prises doivent donc avoir \u00e9t\u00e9 \u2028minutieusement pr\u00e9par\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>Le programme BCC<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe programme BCC vise \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ces besoins dans les banques centrales des pays partenaires, et ce \u00e0 travers une s\u00e9rie d\u2019activit\u00e9s compl\u00e9mentaires. La premi\u00e8re consiste en une assistance technique cibl\u00e9e sur des besoins identifi\u00e9s conjointement avec les banques centrales et s\u2019ins\u00e9rant dans une strat\u00e9gie coh\u00e9rente de construction de capacit\u00e9s. L\u2019assistance repose sur une large base d\u2019experts couvrant des domaines vari\u00e9s et prend la forme de visites dans les pays partenaires. L\u2019\u00e9ventail des sujets couverts est vaste. Il inclut, par exemple, la construction de bases de donn\u00e9es statistiques aux standards internationaux, leur mise \u00e0 jour r\u00e9guli\u00e8re, des cours permettant l\u2019acquisition par le personnel des banques centrales d\u2019un savoir-faire solide en termes d\u2019analyse \u00e9conomique et de m\u00e9thodes statistiques, ainsi que le renforcement des capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles des banques centrales partenaires, par exemple en ce qui concerne la conduite des op\u00e9rations de \u2028march\u00e9.L\u2019assistance technique du programme BCC s\u2019accompagne d\u2019une promotion des activit\u00e9s de recherche visant \u00e0 doter les banques centrales partenaires de solides capacit\u00e9s analytiques. Loin de constituer une activit\u00e9 de \u00abluxe\u00bb, la recherche appliqu\u00e9e est indispensable \u00e0 une solide compr\u00e9hension des rouages \u00e9conomiques et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de strat\u00e9gies en mati\u00e8re de politique mon\u00e9taire. L\u2019activit\u00e9 de recherche ne doit pas se contenter de commenter l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9conomie, mais doit pousser l\u2019investigation au c\u0153ur de son fonctionnement, afin que la banque centrale dispose d\u2019une vision qui d\u00e9passe le court terme. Par rapport aux institutions acad\u00e9miques, les \u00e9conomistes des banques centrales ont l\u2019avantage de pouvoir travailler avec des donn\u00e9es affin\u00e9es (et souvent confidentielles) et b\u00e9n\u00e9ficient de leur proximit\u00e9 avec les personnes conduisant la politique mon\u00e9taire sur le terrain. Le programme \u2028BCC reconna\u00eet que la conduite de travaux \u2028de recherche est une t\u00e2che diff\u00e9rente de l\u2019analyse \u00e9conomique au jour le jour\u00bb et \u2028demande des capacit\u00e9s particuli\u00e8res dans les domaines suivants:&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>identification d\u2019une question (avec une vision \u00e0 moyen terme des besoins de \u2028l\u2019institution);<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>choix des outils analytiques et statis-tiques prenant en compte les donn\u00e9es \u2028disponibles n\u00e9cessairement imparfaites;<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>synth\u00e8se et pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats \u2028obtenus.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>\n<p>&#13;<br \/>\nCes capacit\u00e9s s\u2019acqu\u00e9rant par la conduite de projets de recherche, le programme utilise l\u2019exp\u00e9rience accumul\u00e9e par le corps professoral de l\u2019IHEID afin d\u2019offrir aux sp\u00e9cialistes des banques centrales partenaires un sou-tien dans leurs travaux de recherche. Celui-ci se concr\u00e9tise par un suivi des \u00e9tudes effectu\u00e9es dans leurs pays \u2013 et conduisant \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019un document de synth\u00e8se \u2013 ainsi que par des stages d\u2019un semestre d\u00e9di\u00e9s aux chercheurs \u00e0 Gen\u00e8ve.Le programme BCC reconna\u00eet pleinement les b\u00e9n\u00e9fices que les banques centrales partenaires retirent de leurs interactions. Il s\u2019agit, d\u00e8s lors, de stimuler ces contacts par le biais d\u2019une conf\u00e9rence annuelle \u00e0 Gen\u00e8ve, ainsi que par des ateliers sp\u00e9cialis\u00e9s dans les banques centrales partenaires. Ces conf\u00e9rences offrent une plateforme permettant aux chercheurs des diff\u00e9rentes institutions de confronter leurs travaux et de construire un r\u00e9seau; les personnes conduisant la politique \u00e9conomique y ont \u00e9galement l\u2019occasion de partager leurs exp\u00e9riences.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation financi\u00e8re confronte les institutions de politique \u00e9conomique avec des opportunit\u00e9s et des d\u00e9fis nouveaux. Elle renforce le besoin d\u2019une infrastructure robuste apte \u00e0 la conduite de la politique \u00e9conomique. Le programme BCC offre aux banques centrales partenaires un appui leur permettant de renforcer leurs capacit\u00e9s \u2028op\u00e9rationnelles et analytiques; elles disposent pour cela d\u2019un important groupe d\u2019experts et d\u2019un corps professoral ayant \u2028une solide exp\u00e9rience de la conduite des \u2028politiques \u00e9conomiques.Soulignons \u00e9galement que si notre discussion s\u2019est concentr\u00e9e sur la politique mon\u00e9taire, celle-ci n\u2019est pas le seul instrument dont disposent les autorit\u00e9s. Les d\u00e9fis de la mondialisation financi\u00e8re peuvent aussi faire l\u2019objet d\u2019une politique budg\u00e9taire ou structurelle appropri\u00e9e, comme le renforcement des infrastructures destin\u00e9es \u00e0 la supervision des march\u00e9s financiers.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques&#13;<\/p>\n<h3>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Korinek Anton: Regulating Capital Flows to Emerging Markets: An Externality View, mimeo, 2010.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Mendoza Enrique: Sudden Stops, Financial Crises and Leverage, in: American Economic Review, 2010, 100(5), pp.\u20091941\u201366.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Rogoff Kenneth: Impact of globalization on monetary policy, in: Proceedings, Federal Reserve Bank of Kansas City, 2006, pp. 265\u2013305.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mondialisation financi\u00e8re constitue un des \u00e9v\u00e9nements \u00e9conomiques majeurs de ces 25 derni\u00e8res ann\u00e9es. Durant cette p\u00e9riode, les avoirs financiers transfrontaliers ont cr\u00fb \u00e0 un rythme nettement plus soutenu que les produits int\u00e9rieurs bruts. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne typique des pays avanc\u00e9s a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 parmi les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement. 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