{"id":149608,"date":"2013-01-01T12:00:00","date_gmt":"2013-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2013\/01\/straubhaar-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:43:52","modified_gmt":"2023-08-23T22:43:52","slug":"straubhaar-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2013\/01\/straubhaar-2\/","title":{"rendered":"Toujours pas de lueur d\u2019espoir dans le ciel europ\u00e9en"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019Europe corrige lentement et &shy;p\u00e9niblement les malformations cong\u00e9nitales de l\u2019euro. Celles-ci tiennent au fait que l\u2019union &shy;mon\u00e9taire cr\u00e9\u00e9e il y a vingt ans n\u2019\u00e9tait pas accompagn\u00e9e d\u2019une union budg\u00e9taire. D\u00e8s lors, les dettes d\u2019un pays membre deviennent aujourd\u2019hui le probl\u00e8me de tous les autres. La crise de la\u00a0dette publique europ\u00e9enne a &shy;pleinement mis en lumi\u00e8re les &shy;lacunes li\u00e9es \u00e0 la construction de l\u2019euro. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on avait esp\u00e9r\u00e9 que la monnaie unique gommerait\u00a0les disparit\u00e9s \u00e9conomiques au\u00a0sein de l\u2019UE. C\u2019est pourquoi on a cru pouvoir renoncer \u00e0 une &shy;politique budg\u00e9taire commune. Ce\u00a0fut une erreur fatale. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201301_08_Straubhaar_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"287\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019euro n\u2019a pas r\u00e9duit les diff\u00e9rences entre un Sud faible et un Nord tr\u00e8s performant. Il\u00a0les a au contraire accentu\u00e9es (voir <i>&#13;<br \/>\n<\/i>). Au lieu de l\u2019\u00e9liminer, il a accru la sup\u00e9riorit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e9norme de l\u2019Allemagne sur le plan de la comp\u00e9titivit\u00e9. Comme les taux de change de la zone euro sont rigides et qu\u2019il est impossible de d\u00e9valuer la monnaie dans le sud de l\u2019Europe, les march\u00e9s des biens et du travail devaient servir de variables d\u2019ajustement; c\u2019est tout au moins ce que laisse \u2028esp\u00e9rer la th\u00e9orie des zones mon\u00e9taires optimales dans le cas o\u00f9 des r\u00e9gions trop diff\u00e9rentes du point de vue de la productivit\u00e9 du travail adoptent une monnaie commune. Voil\u00e0 pourquoi l\u2019Allemagne a r\u00e9ussi \u00e0 exporter abondamment et que les exc\u00e9dents de sa balance commerciale n\u2019ont cess\u00e9 de grossir. C\u2019est, toutefois, surtout en termes d\u2019emploi que le foss\u00e9 s\u2019est creus\u00e9. Tandis que l\u2019Allemagne s\u2019approchait du plein emploi, le nombre de ch\u00f4meurs explosait en Europe m\u00e9ridionale.&#13;<\/p>\n<h2>Pas de monnaie commune sans politique budg\u00e9taire commune<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl n\u2019est pas encore s\u00fbr que les travaux visant \u00e0 r\u00e9parer l\u2019union mon\u00e9taire seront couronn\u00e9s de succ\u00e8s. Une monnaie commune n\u2019est pas viable sans une politique budg\u00e9taire commune. Dans toutes les unions mon\u00e9taires \u2013 m\u00eame tr\u00e8s f\u00e9d\u00e9ralistes et d\u00e9centra-\u2028lis\u00e9es \u2013, les \u00c9tats membres ont d\u00fb un jour \u2028ou l\u2019autre transf\u00e9rer \u00e0 l\u2019\u00e9chelon f\u00e9d\u00e9ral une part essentielle de leur politique budg\u00e9taire. En Suisse, par exemple, on a introduit un imp\u00f4t pour la d\u00e9fense nationale en 1915 et un autre sur le chiffre d\u2019affaires en 1941. Tous deux ont surv\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui: le premier est devenu l\u2019imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral direct, pr\u00e9lev\u00e9 sur le revenu, et le second la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, qui frappe les d\u00e9penses de consommation&#13;<br \/>\nBlankart (2011), p.15. Kirchg\u00e4ssner (2009) explique \u00e0 quel point la progressivit\u00e9 du taux de l\u2019imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral direct induit une redistribution des cantons riches vers les cantons pauvres..Il est int\u00e9ressant de constater que ces tendances centralisatrices existaient m\u00eame aux \u00c9tats-Unis, bien que les \u00c9tats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s aient cherch\u00e9 \u00e0 les contrecarrer&#13;<br \/>\nVoir Sargent (2012). Il montre notamment que m\u00eame les \u00c9tats-Unis ont d\u00fb accepter un renflouement au d\u00e9but de leur histoire en 1789, lorsque l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral a repris les dettes des \u00c9tats membres pour renforcer le pouvoir central. Par la suite, et en particulier dans les ann\u00e9es 1840, le principe du renflouement s\u2019est toutefois impos\u00e9.. Le principe appel\u00e9 \u00abFreedom from Government\u00bb ou \u00abFreedom from Federal Power\u00bb exprime bien la conception am\u00e9ricaine des rapports entre le pouvoir central et les \u00c9tats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s. Ces derniers sont en principe responsables de leurs finances publiques et fixent eux-m\u00eames les limites de leur endettement. En observant l\u2019\u00e9volution \u00e0 long terme, on constate cependant un d\u00e9placement progressif du pouvoir vers le niveau f\u00e9d\u00e9ral&#13;<br \/>\nHanschel (2012), p.371.. Cette tendance a subsist\u00e9 jusque dans les ann\u00e9es nonante. Elle ne s\u2019est arr\u00eat\u00e9e que ces derni\u00e8res ann\u00e9es&#13;<br \/>\nVoir Hanschel (2012), p.384.. Aussi longtemps qu\u2019il n\u2019y aura pas en Europe une volont\u00e9 politique d\u2019aller jusqu\u2019au bout de l\u2019union budg\u00e9taire \u2013 ce qui signifierait accepter que l\u2019union mon\u00e9taire devienne une communaut\u00e9 de responsabilit\u00e9 et donc de transfert \u2013, l\u2019avenir de l\u2019euro restera flou, ce qui est de mauvais augure pour la conjoncture. Si toutes les mesures prises n\u2019ont pas fonctionn\u00e9, mais que l\u2019on a de bonnes raisons de vouloir emp\u00eacher l\u2019effondrement de la zone euro, il faut absolument qu\u2019un m\u00e9canisme financ\u00e9 conjointement puisse fournir des aides financi\u00e8res d\u2019urgence aux \u00c9tats membres surendett\u00e9s durant les p\u00e9riodes de crise. Tel est l\u2019objectif fix\u00e9 au M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES).&#13;<\/p>\n<h2>Quelle est l\u2019efficacit\u00e9 du MES et du pacte budg\u00e9taire?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe MES doit emp\u00eacher que des \u00c9tats sur-endett\u00e9s de la zone euro soient coup\u00e9s du march\u00e9 des capitaux et qu\u2019ils deviennent de ce fait insolvables ou n\u2019obtiennent des cr\u00e9dits qu\u2019\u00e0 des taux exorbitants. Cette aide financi\u00e8re commune ext\u00e9rieure doit permettre de refinancer leurs anciennes dettes publiques \u00e0 des conditions avantageuses. En contrepartie de l\u2019appui du MES, les pays concern\u00e9s doivent se soumettre \u00e0 certaines obligations, moderniser leur administration et leurs autorit\u00e9s fiscales, et assainir progressivement leurs finances publiques. De telles exigences r\u00e9pondent \u00e0 celles du pacte budg\u00e9taire. Il ne faut, toutefois, pas se faire \u2028d\u2019illusions: durant les r\u00e9formes structu-relles, certaines choses doivent d\u2019abord \u2028empirer pour que beaucoup d\u2019autres puissent s\u2019am\u00e9liorer par la suite. En p\u00e9riode de changement, les budgets nationaux affichent des d\u00e9ficits qui ont plut\u00f4t tendance \u00e0 gonfler qu\u2019\u00e0 diminuer. Ces trous qui se creusent doivent d\u2019abord \u00eatre colmat\u00e9s de l\u2019ext\u00e9rieur. C\u2019est apr\u00e8s seulement que l\u2019on peut les r\u00e9parer de l\u2019int\u00e9rieur.Le probl\u00e8me vient du fait que l\u2019Allemagne, en particulier, veut \u00e0 tout prix emp\u00eacher l\u2019UE de devenir une union de transferts sans fin. C\u2019est pourquoi tous les \u00c9tats membres de la zone euro doivent d\u2019abord prendre l\u2019engagement d\u2019observer une stricte discipline budg\u00e9taire, de se plier \u00e0 des contr\u00f4les renforc\u00e9s de la Cour de justice europ\u00e9enne et d\u2019endurer des sanctions alourdies et automatiques lorsqu\u2019ils enfreignent les r\u00e8gles. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0 que l\u2019Allemagne sera pr\u00eate \u00e0 reprendre le chemin de l\u2019union budg\u00e9taire.La strat\u00e9gie allemande consiste \u00e0 \u00abpromouvoir\u00bb (aide commune) et \u00abexiger\u00bb (devoir d\u2019autonomie financi\u00e8re nationale). Sa faiblesse r\u00e9side dans le fait que les crit\u00e8res de Maastricht et le Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance, bas\u00e9 sur ce m\u00e9canisme, pr\u00e9voyaient d\u00e9j\u00e0 de s\u00e9v\u00e8res sanctions \u00e0 l\u2019\u00e9gard des politiques budg\u00e9taires nationales, mais qu\u2019en pr\u00e9sence de cas concrets, ces mesures se sont av\u00e9r\u00e9es \u00eatre des tigres de papier. On les a simplement ignor\u00e9es. C\u2019est pourquoi certains doutent \u00e0 juste titre qu\u2019une nouvelle tentative puisse d\u00e9boucher sur la cr\u00e9ation d\u2019institutions dont l\u2019autorit\u00e9 et la r\u00e9putation suffiraient \u00e0 imposer des consignes et des sanctions aux \u00c9tats membres. Il faut surtout une menace cr\u00e9dible, peu importe sa nature, signalant que toute infraction aux accords sign\u00e9s sera sanctionn\u00e9e. Des exemples historiques aux \u00c9tats-Unis, en Allemagne et en Suisse montrent \u00e0 quel point il est difficile d\u2019appliquer la \u00abpolitique f\u00e9d\u00e9rale\u00bb \u00e0 des \u00c9tats membres dont le comportement est fautif. Il reste donc encore beaucoup \u00e0 faire avant que la paix revienne dans la zone euro.&#13;<\/p>\n<h2>Sombres perspectives pour l\u2019Europe<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn raison des inqui\u00e9tudes que suscite l\u2019euro, le pessimisme reste de mise. Rien ne va changer pour la Gr\u00e8ce en 2013: elle sera toujours au bord du gouffre. En ce qui concerne le Portugal, l\u2019Espagne et l\u2019Italie, les perspectives sont tout sauf reluisantes. De m\u00eame, la France appara\u00eet de plus en plus comme une bombe \u00e0 retardement, dont l\u2019explosion frapperait l\u2019Europe dans sa chair et laisserait l\u2019euro en miettes. Dans tous les pays surendett\u00e9s, le ch\u00f4mage continuera d\u2019augmenter en 2013: en Gr\u00e8ce et en Espagne \u00e0 plus de 25%, au Portugal \u00e0 16%, en Italie et en France \u00e0 environ 11%&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<\/p>\n<h3>Pourquoi l\u2019augmentation des co\u00fbts &shy;salariaux unitaires est inutile en &shy;Allemagne<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nOn pr\u00e9tend souvent qu\u2019il serait aussi possible pour l\u2019Allemagne d\u2019\u00e9lever ses co\u00fbts salariaux unitaires, par exemple si les salaires nominaux augmentent beaucoup plus vite que la productivit\u00e9 (cette tendance est d\u00e9j\u00e0 perceptible actuellement de mani\u00e8re marginale). Autant cet argument semble plausible au premier abord, autant il est trompeur quand on y regarde de plus pr\u00e8s. Certes, l\u2019\u00e9cart entre la Gr\u00e8ce et l\u2019Allemagne tendrait \u00e0 se r\u00e9sorber et un processus de convergence se mettrait en place. Ces deux pays ne constituent, toutefois, pas l\u2019ensemble du monde. C\u2019est pour-quoi la zone euro perdrait de sa comp\u00e9titivit\u00e9 face \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions, comme l\u2019Asie du Sud-Est ou l\u2019Am\u00e9rique latine. On pourrait \u00e9crire, en exag\u00e9rant, que tous les pays europ\u00e9ens gagneraient en \u00ab\u00e9galit\u00e9\u00bb, mais qu\u2019ils ne \u2028seraient plus comp\u00e9titifs collectivement sur \u2028le plan international, ce qui co\u00fbterait des \u2028emplois et donc du bien-\u00eatre.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n). En France et dans le sud de l\u2019Europe, le ch\u00f4mage devrait donc rester \u00e9lev\u00e9, l\u2019\u00e9volution des salaires n\u00e9gative et l\u2019ambiance morose pendant longtemps encore, m\u00eame si l\u2019on observe depuis quelques ann\u00e9es une lente am\u00e9lioration (voir <i>&#13;<br \/>\n<\/i>)&#13;<br \/>\nLe recul (parfois tr\u00e8s net) des primes de risque qui s\u2019appliquait, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, aux emprunts d\u2019\u00c9tat des pays en crise milite en faveur d\u2019un lent renversement de tendance..Les in\u00e9vitables r\u00e9formes structurelles, l\u2019\u00e9limination des surcapacit\u00e9s et l\u2019assainissement des budgets nationaux \u2013 impliquant une r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques et une hausse des charges fiscales pour les priv\u00e9s \u2013 entra\u00eeneront une courbe en J dans les \u00e9co-nomies sud-europ\u00e9ennes en proie \u00e0 la r\u00e9-\u2028cession. Cela signifie que la situation va d\u2019abord empirer sur bien des plans, avant de s\u2019am\u00e9liorer et de finir \u2013 esp\u00e9rons-le \u2013 par se r\u00e9tablir compl\u00e8tement. En attendant, il faut rattraper les r\u00e9formes structurelles qui ont \u00e9t\u00e9 ajourn\u00e9es ou n\u00e9glig\u00e9es pendant des \u2028d\u00e9cennies. On devra \u00e9conomiser et \u00e9laguer; des travailleurs seront licenci\u00e9s et des entreprises fermeront. Pour l\u2019Europe, cette \u00e9volution, propre aux processus de transformation, se traduira pendant des ann\u00e9es au mieux par une croissance faible, au pire par une stagnation de l\u2019\u00e9conomie.La hausse du ch\u00f4mage et la baisse du niveau de vie sont le terreau qui nourrit la frustration et la col\u00e8re, mais aussi le fatalisme et la r\u00e9signation. Ces sentiments peuvent rapidement se traduire par des tensions sociales, des contestations, des actes de violence ou des manifestations de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019autorit\u00e9. Non seulement ils ne r\u00e9solvent pas les anciens probl\u00e8mes, mais ils en cr\u00e9ent d\u2019autres. Le pessimisme, les risques de dislocation, les vieilles blessures et les nouveaux nationalismes s\u00e8ment la discorde entre les pays europ\u00e9ens. Ils menacent de diviser le continent. Les populations se mobilisent au nom de la nation, de la religion ou de l\u2019ethnicit\u00e9. Le d\u00e9bat est centr\u00e9 sur les d\u00e9ficits et non sur les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019Europe \u2013 on ne parle pas de ce qu\u2019elle est ou va devenir, mais de ce qu\u2019elle n\u2019est pas. Cela montre la profondeur de la crise europ\u00e9enne, le peu de progr\u00e8s \u2028r\u00e9alis\u00e9s jusqu\u2019ici et tout ce qu\u2019il reste \u00e0 faire.&#13;<\/p>\n<h2>Une solution \u00e0 long terme passe par la croissance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDe toute \u00e9vidence, la crise de l\u2019euro ne peut se r\u00e9soudre durablement que si les \u00e9conomies surendett\u00e9es (re)trouvent le chemin d\u2019une croissance dynamique. Il n\u2019existe pas de solutions simples et rapides. Il faudra encore beaucoup de temps pour venir \u00e0 bout du probl\u00e8me de la dette dans le sud de l\u2019Europe et la t\u00e2che sera ardue. Aucun redressement durable n\u2019est possible dans une macro\u00e9conomie o\u00f9 les gens ne trouvent pas de travail.L\u2019assainissement des finances publiques, exig\u00e9 en particulier par l\u2019Allemagne, est tr\u00e8s important \u00e0 long terme. Une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, faite de coupes budg\u00e9taires et de hausses d\u2019imp\u00f4ts qui impliquent de grandes privations, a toutefois des effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res \u00e0 court terme. C\u2019est elle qui est en train d\u2019\u00e9trangler les \u00e9conomies du sud de l\u2019Europe. La r\u00e9cession persiste. Le ch\u00f4mage, d\u00e9j\u00e0 largement r\u00e9pandu, et la pauvret\u00e9 gagnent de nouvelles couches de la population. Le r\u00e9sultat sera d\u2019abord l\u2019implosion de l\u2019\u00e9conomie, puis celle de la soci\u00e9t\u00e9 et enfin de l\u2019\u00c9tat.C\u2019est pourquoi il ne peut \u00eatre question \u2013 y compris dans l\u2019optique allemande \u2013 d\u2019exiger l\u2019impossible pour la \u00e9ni\u00e8me fois et de demander aux Europ\u00e9ens du Sud ce qu\u2019ils ne peuvent donner. Cela ne sert \u00e0 rien d\u2019insister pour que les recettes fiscales augmentent et que les d\u00e9penses publiques diminuent \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance, si l\u2019on ne cr\u00e9e pas d\u2019abord les conditions \u00e9l\u00e9mentaires d\u2019une relance de l\u2019\u00e9conomie et d\u2019une croissance dynamique. On doit r\u00e9ussir, dans le cadre d\u2019une union budg\u00e9taire, le passage d\u2019une politique unilat\u00e9rale d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00e0 une politique de croissance soutenue par l\u2019ext\u00e9rieur. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s qu\u2019une lueur d\u2019espoir poindra dans le ciel europ\u00e9en.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n&nbsp;&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Pourquoi l\u2019augmentation des co\u00fbts &shy;salariaux unitaires est inutile en &shy;Allemagne<\/b>&#13;<\/p>\n<h3>Pourquoi l\u2019augmentation des co\u00fbts &shy;salariaux unitaires est inutile en &shy;Allemagne<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nOn pr\u00e9tend souvent qu\u2019il serait aussi possible pour l\u2019Allemagne d\u2019\u00e9lever ses co\u00fbts salariaux unitaires, par exemple si les salaires nominaux augmentent beaucoup plus vite que la productivit\u00e9 (cette tendance est d\u00e9j\u00e0 perceptible actuellement de mani\u00e8re marginale). Autant cet argument semble plausible au premier abord, autant il est trompeur quand on y regarde de plus pr\u00e8s. Certes, l\u2019\u00e9cart entre la Gr\u00e8ce et l\u2019Allemagne tendrait \u00e0 se r\u00e9sorber et un processus de convergence se mettrait en place. Ces deux pays ne constituent, toutefois, pas l\u2019ensemble du monde. C\u2019est pour-quoi la zone euro perdrait de sa comp\u00e9titivit\u00e9 face \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions, comme l\u2019Asie du Sud-Est ou l\u2019Am\u00e9rique latine. On pourrait \u00e9crire, en exag\u00e9rant, que tous les pays europ\u00e9ens gagneraient en \u00ab\u00e9galit\u00e9\u00bb, mais qu\u2019ils ne \u2028seraient plus comp\u00e9titifs collectivement sur \u2028le plan international, ce qui co\u00fbterait des \u2028emplois et donc du bien-\u00eatre.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Bibliographie<\/b>&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<\/p>\n<ul>&#13;<\/p>\n<li>Blankart Charles B., \u00abF\u00f6deralismus, direkte Demokratie und Besteuerung: Eine Theorie der Schweiz\u00bb, ifo Schnelldienst, vol. 64 (2011), n\u00b0 12 (30.6.2011), pp. 13-19.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Diekmann Berend, Menzel Christoph et Thomae Tobias, \u00abKonvergenzen und Divergenzen im \u2019W\u00e4hrungsraum USA\u2019 im Vergleich zur Eurozone\u00bb, Wirtschaftsdienst, vol. 92 (2012), n\u00b0 1, pp. 1-6.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>FMI, World Economic Outlook, octobre 2012, Washington DC.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Hanschel Dirk, \u00abKonfliktl\u00f6sung im Bundesstaat: Die L\u00f6sung f\u00f6deraler Kompetenz-, Finanz- und Territorialkonflikte in Deutschland, den USA und der Schweiz\u00bb, Jus Publicum, tome 215, \u00e9d. Mohr Siebeck, Tubingue, 2012.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Kirchg\u00e4ssner Gebhard, \u00ab60 Jahre Grundgesetz der Bundesrepublik Deutschland: Einige Bemerkungen zu Demokratie und F\u00f6deralismus in Deutschland aus schweizerischer Perspektive\u00bb, Scala Policy Paper, 06\/2009, mim\u00e9o: universit\u00e9 de Saint-Gall.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Sachverst\u00e4ndigenrat zur Begutachtung der gesamtwirtschaftlichen Entwicklung, Jahresgutachten 2012\/13.<\/li>\n<p>&#13;<\/p>\n<li>Sargent Thomas, \u00abAn American History Lesson for Europe\u00bb, dans The Wall Street Journal online, \u00e9dition europ\u00e9enne, 3.2.2012.<\/li>\n<p>&#13;\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Europe corrige lentement et &shy;p\u00e9niblement les malformations cong\u00e9nitales de l\u2019euro. Celles-ci tiennent au fait que l\u2019union &shy;mon\u00e9taire cr\u00e9\u00e9e il y a vingt ans n\u2019\u00e9tait pas accompagn\u00e9e d\u2019une union budg\u00e9taire. 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