{"id":149714,"date":"2012-11-24T13:57:23","date_gmt":"2012-11-24T13:57:23","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/11\/busch-16\/"},"modified":"2023-08-24T00:45:01","modified_gmt":"2023-08-23T22:45:01","slug":"busch-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/11\/busch-16\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9volution \u00e9conomique de l\u2019Asie et ses relations avec la Suisse"},"content":{"rendered":"<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les \u00e9conomies \u00e9mergentes asiatiques ont \u00e9t\u00e9 le principal pilier d\u2019une conjoncture mondiale affaiblie par la crise. S\u2019il semble que les pays de la r\u00e9gion, et en particulier la Chine, ont d\u00e9pass\u00e9 un pic de croissance, leur poids \u2013 en tant que march\u00e9 d\u2019exportation \u2013 continuera de s\u2019accro\u00eetre dans le monde. Jusqu\u2019ici, l\u2019\u00e9conomie suisse a particuli\u00e8rement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette croissance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDepuis des ann\u00e9es, l\u2019Asie \u00e9mergente, comme on d\u00e9signe souvent les \u00e9conomies en pleine essor du continent&#13;<br \/>\nCe groupe de pays comprend \u00e0 la fois les \u00abnouveaux pays industrialis\u00e9s d\u2019Asie\u00bb (ou \u00abquatre dragons asiatiques\u00bb), \u00e0 savoir la Cor\u00e9e du Sud, Hong Kong, Singapour et Ta\u00efwan, et les pays \u00e9mergents que sont la Chine, l\u2019Inde, l\u2019Indon\u00e9sie, la Malaisie, les Philippines et la Tha\u00eflande, mais n\u2019inclut pas le Japon., est la r\u00e9gion du monde dont la croissance \u00e9conomique est la plus forte. C\u2019est notamment le cas en Chine, o\u00f9 elle a d\u00e9pass\u00e9 en moyenne les 10% par an durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie. L\u2019Inde vient en deuxi\u00e8me position avec un PIB en croissance moyenne de 7 \u00e0 8% par an. Les autres pays de la r\u00e9gion ont, eux, progress\u00e9 de 4 \u00e0 6% par an. Ce dynamisme a nettement renforc\u00e9 le poids des pays asiatiques. Leur quote-part dans le PIB mondial (en taux de change \u00e0 parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat) a plus que doubl\u00e9 entre 1990 et 2011, passant de 13% \u00e0 27,5%; cette croissance revient essentiellement \u00e0 la Chine, dont la seule quote-part est pass\u00e9e de 4% \u00e0 pr\u00e8s de 15%. La grande importance de ces \u00e9conomies ne tient pas uniquement \u00e0 leur dynamisme, mais \u00e9galement \u00e0 l\u2019immensit\u00e9 de leur population: \u00e0 elles seules, la Chine et l\u2019Inde abritent quelque 37% de la population mondiale.&#13;<\/p>\n<h2>Les march\u00e9s \u00e9mergents asiatiques, principal pilier de la conjoncture mondiale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDu fait de leur taille et de leur forte croissance, les pays \u00e9mergents asiatiques jouent un r\u00f4le toujours plus important dans la conjoncture mondiale, comme le montre la r\u00e9partition r\u00e9gionale de la croissance mondiale (voir <i>graphique 1<\/i>). La Chine y a, notamment, pris une part de plus en plus importante depuis les ann\u00e9es nonante, tandis que celle des autres pays \u00e9mergents d\u2019Asie a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s positive, sauf durant la crise asiatique de 1998. L\u2019Asie a \u00e9t\u00e9 une b\u00e9quille particuli\u00e8rement importante lors des der-ni\u00e8res crises \u00e9conomiques et financi\u00e8res. L\u2019effondrement conjoncturel de l\u2019ann\u00e9e 2009 \u2013 premier recul du PIB mondial (de 0,6%) depuis la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale \u2013 a \u00e9t\u00e9 dans une large mesure att\u00e9nu\u00e9 par la croissance asiatique. Celle-ci revenait principalement aux poids lourds chinois et indien, qui ont contrecarr\u00e9 l\u2019\u00e9croulement, aussi brutal que passager, des \u00e9conomies de moindre taille de la r\u00e9gion, largement port\u00e9es par les \u00e9changes commerciaux internationaux. La reprise \u00e9conomique mondiale en 2010 a elle aussi \u00e9t\u00e9 fortement soutenue par la r\u00e9gion, puisqu\u2019environ la moiti\u00e9 de la croissance du PIB mondial provenait des march\u00e9s \u00e9mergents asiatiques.&#13;<\/p>\n<h2>Des perspectives conjoncturelles relativement favorables malgr\u00e9 les risques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe ralentissement \u00e9conomique mondial qui a accompagn\u00e9 la crise de l\u2019endettement travers\u00e9e par la zone euro depuis 2011 a d\u00e9montr\u00e9 la robustesse actuelle du pilier chinois, alors que les autres pays asiatiques s\u2019essoufflent. Si, globalement, les exportations asiatiques se ressentent du net ralentissement des \u00e9changes commerciaux internationaux, on ne s\u2019attend pas \u00e0 un tassement conjoncturel de forte envergure. Au contraire, tout semble indiquer une reprise conjoncturelle progressive dans la r\u00e9gion \u00e0 partir de 2013, sous r\u00e9serve d\u2019une stabilisation de la conjoncture mondiale. Cette aptitude \u00e0 faire face aux fluctuations conjoncturelles qu\u2019ont la plupart des pays asiatiques tient notamment \u00e0 leur faible endettement. Exception faite de l\u2019Inde, les pays \u00e9mergents asiatiques se distinguent par une politique budg\u00e9taire disciplin\u00e9e et affichent une dette publique nettement inf\u00e9rieure \u00e0 60%. Le secteur priv\u00e9 est lui aussi mod\u00e9r\u00e9ment endett\u00e9. Les tr\u00e8s nets exc\u00e9dents de la balance des transactions courantes dans ces pays (encore une fois exception faite de l\u2019Inde) minimisent leur d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des capitaux \u00e9trangers. L\u2019assouplissement du contr\u00f4le des changes, la diversification des exportations et le renforcement des secteurs domestiques semblent \u00e9galement avoir renforc\u00e9 les \u00e9conomies asiatiques depuis quelques ann\u00e9es. Un autre atout de la r\u00e9gion tient au fait que, s\u2019il fallait malgr\u00e9 tout faire face \u00e0 un ralentissement prononc\u00e9, elle dispose d\u2019une grande marge de man\u0153uvre mon\u00e9taire et budg\u00e9taire.Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019en cas de forte d\u00e9gradation de la conjoncture mondiale, les pays asiatiques sont vuln\u00e9rables en raison de leur grande d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des exportations. La crise de 2008\/2009 l\u2019a clairement montr\u00e9: la contraction des march\u00e9s d\u2019exportation, conjugu\u00e9e avec un net resserrement du cr\u00e9dit commercial, a entra\u00een\u00e9 un important recul conjoncturel \u2013 certes, de br\u00e8ve dur\u00e9e \u2013 dans les pays asiatiques. De ce fait, l\u2019extension de la crise de la dette europ\u00e9enne \u00e0 l\u2019\u00e9conomie et aux finances internationales est consid\u00e9r\u00e9e comme le plus grand risque pour la conjoncture asiatique. Un fort ralentissement de la croissance chinoise constituerait, parall\u00e8lement, un risque endog\u00e8ne (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>La Chine doit-elle s\u2019attendre \u00e0 un atterrissage conjoncturel brutal?<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nCes derniers mois, les donn\u00e9es conjoncturelles indiquent un net ralentissement en Chine, une \u00e9volution qui suscite des craintes quant \u00e0 une \u00e9ventuelle fragilisation du pays qui, jusque-l\u00e0, a \u00e9t\u00e9 le principal pilier d\u2019une conjoncture mondiale incertaine. Cela \u00e9tant, une certaine baisse des taux de croissance est tout \u00e0 fait souhaitable du point de vue \u00e9conomique afin de contrecarrer les exc\u00e8s. Ainsi, le taux de croissance officiellement vis\u00e9 par le gouvernement s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 7,5%; il est donc plus ou moins en phase avec la situation actuelle. Il n\u2019est, toutefois, pas exclu que le ralentissement se poursuive et se solde par une con-traction conjoncturelle marqu\u00e9e, dont les effets se feraient sentir dans le reste du monde. Les risques d\u2019un tel atterrissage \u00e9conomique brutal en Chine sont en particulier \u00e9voqu\u00e9s dans le cas d\u2019une s\u00e9v\u00e8re crise immobili\u00e8re qui s\u2019\u00e9tendrait au secteur bancaire. \u00c0 l\u2019issue d\u2019un \u00abboom\u00bb qui a dur\u00e9 plusieurs ann\u00e9es, le march\u00e9 de l\u2019immobilier a connu une correction depuis 2011. Dans les grandes villes, les prix des logements ont diminu\u00e9 d\u2019environ 15% par rapport \u00e0 leur niveau record. Cette \u00e9volution ne constitue toutefois pas un krach, et correspond plut\u00f4t \u00e0 une correction \u00abordonn\u00e9e\u00bb. Le niveau \u00e9lev\u00e9 des fonds propres \u00e0 apporter par les acheteurs limite, en outre, les risques de pertes des banques et l\u2019afflux de travailleurs en milieu urbain demeure \u00e9lev\u00e9, deux facteurs qui s\u2019opposent \u00e0 une crise immobili\u00e8re d\u00e9brid\u00e9e. Le secteur bancaire chinois est globalement sous forte influence politique (p. ex. int\u00e9r\u00eats non conformes au march\u00e9, obligation faite par l\u2019\u00c9tat d\u2019octroyer des cr\u00e9dits, restrictions des possibilit\u00e9s de placement), ce qui favorise les march\u00e9s des cr\u00e9dits informels. Les conditions pr\u00e9f\u00e9rentielles faites en mati\u00e8re de cr\u00e9dit pour att\u00e9nuer les effets de la crise mondiale en 2008\/2009 se sont traduites par une augmentation vertigineuse de l\u2019endettement des gouvernements locaux, et une grande partie des fonds a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e \u00e0 des projets d\u2019infrastructures ou \u00e0 des investissements immobiliers non rentables. Il faut s\u2019attendre \u00e0 un nombre consid\u00e9rable de d\u00e9fauts de paiement des cr\u00e9dits en souffrance, une \u00e9ch\u00e9ance que les banques s\u2019efforcent de repousser. L\u2019un des principaux \u00e9l\u00e9ments plaidant contre un ralentissement conjoncturel notable au cours des trimestres \u00e0 venir tient au fait que les autorit\u00e9s chinoises ont \u00e0 la fois la volont\u00e9 et les ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires pour stabiliser les banques, le march\u00e9 de l\u2019immobilier et la conjoncture. Elles ont, par exemple, d\u00e9j\u00e0 anticip\u00e9 la r\u00e9alisation de projets dont elles ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la proc\u00e9dure d\u2019autorisation. Par ailleurs, la banque centrale a plusieurs fois abaiss\u00e9 les taux directeurs ces derniers mois. Il devrait par cons\u00e9quent \u00eatre possible d\u2019\u00e9viter un atterrissage brutal dans un avenir proche.L\u2019\u00e9l\u00e9ment probl\u00e9matique tient au fait que les impulsions de politique conjoncturelle renforcent les faiblesses structurelles du mod\u00e8le \u00e9conomique chinois. Les investissements sont surdimensionn\u00e9s du fait de l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019\u00c9tat (le taux d\u2019investissement atteint pr\u00e8s de 50% du PIB) et entra\u00eenent des surcapacit\u00e9s et une allocation inappropri\u00e9e des ressources (p. ex. dans des projets prestigieux mais non rentables). Les nouveaux projets d\u2019infrastructures freinent, plus qu\u2019ils ne promeuvent, la transition du mod\u00e8le actuel, reposant sur les investissements et les exportations, vers un mod\u00e8le \u00e9conomique fond\u00e9 davantage sur la consommation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n). En effet, les flux commerciaux \u00e9tant toujours plus interd\u00e9pendants au sein de la zone asiatique, toute la r\u00e9gion serait gravement affect\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Un ajustement n\u00e9cessaire \u00e0 terme du mod\u00e8le de croissance asiatique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est essentiel que les pays asiatiques r\u00e9duisent leur d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des exportations et, donc, renforcent leurs facteurs de croissance internes dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Un r\u00e9\u00e9quilibrage de ce type est d\u2019autant plus urgent que la demande \u00e9trang\u00e8re est frein\u00e9e par les probl\u00e8mes cons\u00e9cutifs \u00e0 la dette contract\u00e9e par nombre de pays de l\u2019OCDE. Ce renforcement appelle des r\u00e9formes structurelles, diff\u00e9rentes d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. Citons, entre autres, l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 par l\u2019ouverture des march\u00e9s et le renforcement du secteur priv\u00e9, la r\u00e9forme des politiques men\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard des entreprises, du travail et de la finance, un renforcement des institutions garantissant l\u2019\u00c9tat de droit, des investissements publics dans les infrastructures et la formation, et le d\u00e9veloppement dans certains cas des filets sociaux (en particulier en Chine).Cela implique, \u00e0 long terme, une baisse des taux de croissance. \u00c0 mesure que le niveau de d\u00e9veloppement augmente, le mod\u00e8le fond\u00e9 sur la mobilisation d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre bon march\u00e9 dans le secteur des exportations devra laisser place \u00e0 une croissance de la productivit\u00e9 reposant sur l\u2019innovation. Des \u00e9tudes empiriques montrent qu\u2019il faut s\u2019attendre \u00e0 un premier ralentissement notable de la croissance \u00e0 partir d\u2019un revenu d\u2019environ 15&nbsp;000 USD par habitant (exprim\u00e9 en parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat), un niveau que la Chine devrait atteindre au cours des trois ou quatre ann\u00e9es \u00e0 venir&#13;<br \/>\nVoir, par exemple, Eichengreen, Park et Shin (2011).. L\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique d\u00e9favorable \u2013 avec une population vieillissante et un potentiel de main-d\u2019\u0153uvre \u00e0 la baisse \u2013, un taux de change sous-\u00e9valu\u00e9 et un faible taux de consommation augmentent d\u2019autant plus la probabilit\u00e9 d\u2019un fort ralentissement en Chine. La Banque mondiale, par exemple, estime que le potentiel de croissance de l\u2019\u00e9conomie chinoise ralentira entre 2010 et 2020, pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 environ 7% (contre presque 10% entre 2000 et 2010)&#13;<br \/>\nBanque mondiale, <i>China Quarterly Update,<\/i> juin 2010.. Ces chiffres d\u00e9montrent que, malgr\u00e9 un ralentissement, l\u2019Asie demeurera un march\u00e9 dont la croissance restera sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres r\u00e9gions du monde. Cela \u00e9tant, une mutation structurelle comme celle qui attend l\u2019\u00e9conomie chinoise va de pair avec des bouleversements consid\u00e9rables, si bien qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019exclure totalement une r\u00e9cession importante.&#13;<\/p>\n<h2>Le commerce ext\u00e9rieur avec l\u2019Asie: un soutien pour la conjoncture suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019\u00e9conomie d\u2019exportation suisse a fortement profit\u00e9 du dyna-misme asiatique. Tandis qu\u2019au d\u00e9but de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, les livraisons sur ce con-tinent (sans le Japon) progressaient sans exc\u00e8s, elles se sont fortement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es depuis 2005 et ont pratiquement doubl\u00e9 (voir <i>graphique 2<\/i>).Cette forte hausse s\u2019est interrompue bri\u00e8vement durant la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re mondiale pour reprendre avec une vigueur que n\u2019ont pas connue les exportations destin\u00e9es aux autres r\u00e9gions du globe. Ce dynamisme a accru la part de l\u2019Asie (sans le Japon) dans les exportations suisses, de 7 \u00e0 plus de 13%; celle de la Chine a m\u00eame quadrupl\u00e9, passant de 1,1 \u00e0 4,3%. Inversement, la part des exportations dans la zone UE a baiss\u00e9 de 64 \u00e0 57%, tandis que celle occup\u00e9e par les \u00c9tats-Unis est rest\u00e9e plus ou moins stable, \u00e0 environ 10%.Ainsi, bien que les march\u00e9s asiatiques se placent proportionnellement encore loin derri\u00e8re les europ\u00e9ens, ils ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la croissance des exportations suisses ces derni\u00e8res ann\u00e9es. En effet, en 2010 et en 2011, environ la moiti\u00e9 de la croissance des exportations suisses revient \u00e0 l\u2019Asie. Celle-ci a donc partiellement compens\u00e9 la baisse des exportations vers l\u2019UE.Cela s\u2019explique par l\u2019in\u00e9galit\u00e9 du d\u00e9veloppement de la demande dans ces r\u00e9gions, mais aussi par la fluctuation des taux de change (voir <i>graphique 3<\/i>). Tandis que le taux de change effectif du franc suisse par rapport \u00e0 l\u2019Europe demeure nettement sup\u00e9rieur \u00e0 son niveau d\u2019avant la crise \u2013 m\u00eame apr\u00e8s la fixation d\u2019un taux plancher \u2013, il est demeur\u00e9 stable par rapport \u00e0 l\u2019Asie. Les termes de l\u2019\u00e9change avec la Chine se sont m\u00eame nettement am\u00e9lior\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Des exportations nettement exc\u00e9dentaires vers l\u2019Asie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse est en bonne posture non seulement sur le plan conjoncturel, mais aussi structurel, pour profiter de l\u2019importance croissante de l\u2019Asie \u00e9mergente. La comparaison avec les pays d\u2019Europe occidentale est particuli\u00e8rement parlante. Alors que bon nombre de pays europ\u00e9ens ont d\u00e9velopp\u00e9 leurs relations commerciales avec les pays \u00e9mergents d\u2019Europe de l\u2019Est \u00e0 la suite de l\u2019\u00e9largissement de l\u2019Union europ\u00e9enne, les exportateurs suisses ont intensifi\u00e9 leurs activit\u00e9s avec le march\u00e9 asiatique. Il en r\u00e9sulte que la quote-part des exportations suisses destin\u00e9es aux march\u00e9s \u00e9mergents d\u2019Asie est sup\u00e9rieure \u00e0 13%, soit plus de deux fois celle de l\u2019Europe occidentale. Le solde des \u00e9changes de marchandises suisses avec l\u2019Asie est nettement plus exc\u00e9dentaire que celui des autres pays (voir <i>graphique 4<\/i>). M\u00eame compar\u00e9 aux pays d\u2019exportation traditionnels (p. ex. l\u2019Allemagne ou le Japon), qui ont \u00e9galement bien profit\u00e9 de l\u2019essor asiatique, l\u2019exc\u00e9dent commercial de la Suisse demeure extraordinaire.Cet exc\u00e9dent tient \u00e9galement au fait que, contrairement aux exportations, la quote-part des importations en provenance d\u2019Asie est du m\u00eame ordre de grandeur que dans des pays comparables. Le tableau reste similaire avec le passage du principe du pays de production \u00e0 celui du pays d\u2019origine dans la statistique suisse des importations, qui augmente nettement le poids des importations provenant de Chine (voir <i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Le passage au principe du pays d\u2019origine \u00e9limine l\u2019exc\u00e9dent commercial avec la Chine<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis le d\u00e9but de 2012, l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des douanes (AFD) d\u00e9termine l\u2019origine g\u00e9ographique des marchandises sur la base du pays d\u2019origine, plus sur celui de production. Dor\u00e9navant, un pays dans lequel une marchandise a \u00e9t\u00e9 d\u00e9douan\u00e9e avant son entr\u00e9e en Suisse n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9 comme pays de production. Au lieu de cela, la marchandise est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant originaire du pays dans lequel elle a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement produite ou a subi la majorit\u00e9 de sa transformation. Cette modification se refl\u00e8te en particulier sur la statistique des \u00e9changes commerciaux avec la Chine. L\u2019ancienne m\u00e9thode de calcul permettait \u00e0 la Suisse d\u2019\u00eatre l\u2019un des rares pays non expor-tateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 afficher une balance exc\u00e9dentaire (parmi les autres, on compte certains des pays d\u00e9velopp\u00e9s d\u2019Asie qui se sont sp\u00e9cialis\u00e9s dans l\u2019exportation de biens interm\u00e9diaires vers la Chine, ainsi que la Finlande et le Groenland, dont l\u2019exc\u00e9dent est toutefois faible). Cet exc\u00e9dent ne tenait pas essentiellement au niveau \u00e9lev\u00e9 des exportations comme on le croit souvent. La quote-part de la Chine dans les exportations de nombreux pays \u2013 dont l\u2019Allemagne, la Finlande ou les \u00c9tats-Unis \u2013 est nettement plus \u00e9lev\u00e9es qu\u2019en Suisse. Les produits chinois ne constituent, en revanche, qu\u2019une faible partie des importations suisses (3,6%), un chiffre extraordinairement bas compar\u00e9 \u00e0 la moyenne de l\u2019OCDE (hors Asie), qui d\u00e9passe les 11%.Apr\u00e8s le passage au principe du pays d\u2019origine, les importations en provenance de Chine s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 quelque 3,4 milliards de francs suppl\u00e9mentaires; leur quote-part dans les importations totales a augment\u00e9 pour s\u2019inscrire \u00e0 5,6% et la balance commerciale avec la Chine est pass\u00e9e d\u2019un exc\u00e9dent de 2,2 milliards de francs en 2011 \u00e0 un d\u00e9ficit estim\u00e9 \u00e0 1,2 milliard de francs. Si l\u2019on regroupe la Chine et Hong Kong, les exportations demeurent nettement exc\u00e9dentaires, mais le taux d\u2019importations n\u2019est plus si faible. L\u2019attribution correcte des destinations commerciales dans le cadre international demeure probl\u00e9matiquea); l\u2019exc\u00e9dent des exportations de la Suisse avec la plaque tournante commerciale de Hong Kong reste remarquable.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\na Voir Wang, Gehlhar et Yao (2010)). La ligne pointill\u00e9e dans le <i>graphique 4<\/i> est une \u00e9valuation de l\u2019exc\u00e9dent g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les exportations vers l\u2019Asie en 2011 lorsque les importations sont calcul\u00e9es selon le principe du pays d\u2019origine&#13;<br \/>\nSelon ce calcul, la part des importations asiatiques s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 9%, soit un niveau qui s\u2019inscrit dans la moyenne des pays d\u2019Europe de l\u2019Ouest; elle est m\u00eame nettement inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne de l\u2019OCDE (14%)..&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9volution de la structure des exportations dans le commerce avec l\u2019Asie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes trois grandes branches exportatrices suisses, \u00e0 savoir l\u2019industrie chimique et pharmaceutique, les machines et les instruments de pr\u00e9cision\/les montres (soit largement les trois-quarts des exportations totales), dominent \u00e9galement les exportations vers l\u2019Asie. Il existe, toutefois, des diff\u00e9rences int\u00e9ressantes. Si l\u2019on compare les ventes en Asie avec l\u2019ensemble des exportations (voir <i>graphique 5<\/i>), on remarque une surrepr\u00e9sentation des montres et instruments de pr\u00e9cision (surtout des montres). En effet, cette cat\u00e9gorie repr\u00e9sente plus de 40% des exportations vers l\u2019Asie, contre seulement quelque 17% pour le reste du monde. Les \u00e9changes se font en particulier via Hong Kong; les exportations de la Suisse vers cette destination se composent pour les quatre cinqui\u00e8mes de cette cat\u00e9gorie de produits. En revanche, la quote-part de l\u2019Asie est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne pour les produits chimiques et pharmaceutiques.L\u2019\u00e9conomie suisse d\u2019exportation, avec sa palette de machines, d\u2019instruments de pr\u00e9-cisions et de montres de luxe, r\u00e9pond bien \u00e0 la demande asiatique. Ce sont essentiellement ses produits de niche \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e qui lui permette d\u2019affermir sa position. La Suisse pourrait se sp\u00e9cialiser \u2013 particuli\u00e8rement vis-\u00e0-vis de ses concurrents europ\u00e9ens \u2013 dans des produits qui se classent dans des segments de prix et de qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s (mesur\u00e9s en termes de valeurs unitaires)&#13;<br \/>\nBusch (2010), Br\u00e4ndle Schlegel et Gachet (2012).. L\u2019\u00e9lasticit\u00e9-prix de tels biens est plut\u00f4t faible. Il est, en effet, plus difficile de trouver un substitut \u00e0 des produits de niche de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure qu\u2019\u00e0 des biens relativement homog\u00e8nes, du moins \u00e0 court terme. La sp\u00e9cialisation dans de tels produits li\u00e9e \u00e0 la forte demande asiatique pourrait donc avoir aid\u00e9 les exportations suisses \u00e0 traverser la crise des ann\u00e9es pass\u00e9es sans trop de dommages&#13;<br \/>\nIndergand et Mahlstein (2010)..&#13;<\/p>\n<h2>La Chine et Hong Kong dominent la demande asiatique en produits suisses<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans l\u2019ensemble, le commerce avec l\u2019Asie est fortement marqu\u00e9 par les exportations vers la Chine et Hong Kong (quote-part sup\u00e9rieure \u00e0 50%). La forte croissance en Chine et le besoin d\u2019investissement qui en d\u00e9coule a principalement profit\u00e9, en valeur absolue, \u00e0 l\u2019industrie des machines. Toutefois, si l\u2019on consid\u00e8re les proportions, les autres branches ont connu une \u00e9volution nettement meil-leure. Tandis que les exportations de machines vers la Chine ont \u00abseulement\u00bb augment\u00e9 d\u2019environ 800% depuis la fin des ann\u00e9es quatre-vingt, les exportations globales ont progress\u00e9 de pr\u00e8s de 1400%. La part des exportations de machines a par cons\u00e9quent chut\u00e9 de 70 \u00e0 40%. Cela signifie qu\u2019aujourd\u2019hui, nettement plus de branches participent \u00e0 l\u2019essor de la Chine que dans les ann\u00e9es nonante.Ce glissement de la demande \u2013 des biens d\u2019investissement vers les biens de consommation \u2013 est typique des \u00e9conomies en d\u00e9veloppement, dont la Chine fait partie. C\u2019est la raison pour laquelle il faut s\u2019attendre \u00e0 ce que la part des exportations de machines continue de se contracter. S\u2019agissant des exportations dans le reste de l\u2019Asie (hors Chine), cette proportion est d\u00e9j\u00e0 inf\u00e9rieure \u00e0 20%. En revanche, les exportations pharmaceutiques et celles de biens de consomma-tion dans leur ensemble devraient profiter non seulement de l\u2019augmentation du pouvoir d\u2019achat des classes moyennes chinoises, mais encore du vieillissement rapide de la population du g\u00e9ant asiatique.&#13;<\/p>\n<h2>Un ralentissement \u00e9conomique en Asie serait lourd de cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelles perspectives peut-on d\u00e9duire de tout cela pour les exportations suisses vers l\u2019Asie? Celles-ci semblent avoir de bonnes chances de continuer sur leur lanc\u00e9e en raison des facteurs de croissance que les march\u00e9s asiatiques rec\u00e8lent. Un tel positionnement ne doit, toutefois, pas faire croire \u00e0 une s\u00e9curit\u00e9 illusoire et estomper les dangers. Si, contrairement aux attentes, le continent devait subir une r\u00e9cession \u00e0 la fois forte et longue, les exportations suisses pourraient en p\u00e2tir dans des proportions particuli\u00e8rement graves. Ces derni\u00e8res reposent essentiellement sur des produits dont la r\u00e9action cyclique est importante; autrement dit, tout changement dans une \u00e9conomie \u00e9trang\u00e8re se traduit par de fortes modifications dans la demande (par exemple: produits de luxe, biens d\u2019investissement)&#13;<br \/>\nIndergand et Mahlstein (2010).. Ces r\u00e9serves s\u2019adressent plus particuli\u00e8rement aux exportations de montres, qui ont fortement accru leur d\u00e9pendance envers les march\u00e9s asiatiques; en effet, quelque 40% de la production s\u2019\u00e9coule \u00e0 pr\u00e9sent dans les pays \u00e9mergents d\u2019Asie. Il en r\u00e9sulte qu\u2019en cas de mauvais vent sur l\u2019\u00e9conomie asiatique, l\u2019avantageuse structure sectorielle qui soutenait les exportations suisses ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u2013 biens d\u2019investissement et montres (de luxe) \u2013 pourrait \u00eatre boulevers\u00e9e.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abR\u00e9partition r\u00e9gionale de la croissance mondiale, 1991\u20132011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abExportations suisses de marchandises dans diverses r\u00e9gions du monde, 2000\u20132011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abIndice du taux de change effectif r\u00e9el du franc, janvier 2003\u2013juin 2012\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4: \u00abBalances commerciales avec l&#8217;Asie \u00e9mergente, 1980\u20132011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 5: \u00abQuote-part des branches dans les exportations suisses en 2011: Asie \u00e9mergente et reste du monde\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: La Chine doit-elle s\u2019attendre \u00e0 un atterrissage conjoncturel brutal?&#13;<\/p>\n<h3>La Chine doit-elle s\u2019attendre \u00e0 un atterrissage conjoncturel brutal?<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nCes derniers mois, les donn\u00e9es conjoncturelles indiquent un net ralentissement en Chine, une \u00e9volution qui suscite des craintes quant \u00e0 une \u00e9ventuelle fragilisation du pays qui, jusque-l\u00e0, a \u00e9t\u00e9 le principal pilier d\u2019une conjoncture mondiale incertaine. Cela \u00e9tant, une certaine baisse des taux de croissance est tout \u00e0 fait souhaitable du point de vue \u00e9conomique afin de contrecarrer les exc\u00e8s. Ainsi, le taux de croissance officiellement vis\u00e9 par le gouvernement s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 7,5%; il est donc plus ou moins en phase avec la situation actuelle. Il n\u2019est, toutefois, pas exclu que le ralentissement se poursuive et se solde par une con-traction conjoncturelle marqu\u00e9e, dont les effets se feraient sentir dans le reste du monde. Les risques d\u2019un tel atterrissage \u00e9conomique brutal en Chine sont en particulier \u00e9voqu\u00e9s dans le cas d\u2019une s\u00e9v\u00e8re crise immobili\u00e8re qui s\u2019\u00e9tendrait au secteur bancaire. \u00c0 l\u2019issue d\u2019un \u00abboom\u00bb qui a dur\u00e9 plusieurs ann\u00e9es, le march\u00e9 de l\u2019immobilier a connu une correction depuis 2011. Dans les grandes villes, les prix des logements ont diminu\u00e9 d\u2019environ 15% par rapport \u00e0 leur niveau record. Cette \u00e9volution ne constitue toutefois pas un krach, et correspond plut\u00f4t \u00e0 une correction \u00abordonn\u00e9e\u00bb. Le niveau \u00e9lev\u00e9 des fonds propres \u00e0 apporter par les acheteurs limite, en outre, les risques de pertes des banques et l\u2019afflux de travailleurs en milieu urbain demeure \u00e9lev\u00e9, deux facteurs qui s\u2019opposent \u00e0 une crise immobili\u00e8re d\u00e9brid\u00e9e. Le secteur bancaire chinois est globalement sous forte influence politique (p. ex. int\u00e9r\u00eats non conformes au march\u00e9, obligation faite par l\u2019\u00c9tat d\u2019octroyer des cr\u00e9dits, restrictions des possibilit\u00e9s de placement), ce qui favorise les march\u00e9s des cr\u00e9dits informels. Les conditions pr\u00e9f\u00e9rentielles faites en mati\u00e8re de cr\u00e9dit pour att\u00e9nuer les effets de la crise mondiale en 2008\/2009 se sont traduites par une augmentation vertigineuse de l\u2019endettement des gouvernements locaux, et une grande partie des fonds a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e \u00e0 des projets d\u2019infrastructures ou \u00e0 des investissements immobiliers non rentables. Il faut s\u2019attendre \u00e0 un nombre consid\u00e9rable de d\u00e9fauts de paiement des cr\u00e9dits en souffrance, une \u00e9ch\u00e9ance que les banques s\u2019efforcent de repousser. L\u2019un des principaux \u00e9l\u00e9ments plaidant contre un ralentissement conjoncturel notable au cours des trimestres \u00e0 venir tient au fait que les autorit\u00e9s chinoises ont \u00e0 la fois la volont\u00e9 et les ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires pour stabiliser les banques, le march\u00e9 de l\u2019immobilier et la conjoncture. Elles ont, par exemple, d\u00e9j\u00e0 anticip\u00e9 la r\u00e9alisation de projets dont elles ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la proc\u00e9dure d\u2019autorisation. Par ailleurs, la banque centrale a plusieurs fois abaiss\u00e9 les taux directeurs ces derniers mois. Il devrait par cons\u00e9quent \u00eatre possible d\u2019\u00e9viter un atterrissage brutal dans un avenir proche.L\u2019\u00e9l\u00e9ment probl\u00e9matique tient au fait que les impulsions de politique conjoncturelle renforcent les faiblesses structurelles du mod\u00e8le \u00e9conomique chinois. Les investissements sont surdimensionn\u00e9s du fait de l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019\u00c9tat (le taux d\u2019investissement atteint pr\u00e8s de 50% du PIB) et entra\u00eenent des surcapacit\u00e9s et une allocation inappropri\u00e9e des ressources (p. ex. dans des projets prestigieux mais non rentables). Les nouveaux projets d\u2019infrastructures freinent, plus qu\u2019ils ne promeuvent, la transition du mod\u00e8le actuel, reposant sur les investissements et les exportations, vers un mod\u00e8le \u00e9conomique fond\u00e9 davantage sur la consommation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Le passage au principe du pays d\u2019origine \u00e9limine l\u2019exc\u00e9dent commercial avec la Chine&#13;<\/p>\n<h3>Le passage au principe du pays d\u2019origine \u00e9limine l\u2019exc\u00e9dent commercial avec la Chine<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis le d\u00e9but de 2012, l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des douanes (AFD) d\u00e9termine l\u2019origine g\u00e9ographique des marchandises sur la base du pays d\u2019origine, plus sur celui de production. Dor\u00e9navant, un pays dans lequel une marchandise a \u00e9t\u00e9 d\u00e9douan\u00e9e avant son entr\u00e9e en Suisse n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9 comme pays de production. Au lieu de cela, la marchandise est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant originaire du pays dans lequel elle a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement produite ou a subi la majorit\u00e9 de sa transformation. Cette modification se refl\u00e8te en particulier sur la statistique des \u00e9changes commerciaux avec la Chine. L\u2019ancienne m\u00e9thode de calcul permettait \u00e0 la Suisse d\u2019\u00eatre l\u2019un des rares pays non expor-tateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 afficher une balance exc\u00e9dentaire (parmi les autres, on compte certains des pays d\u00e9velopp\u00e9s d\u2019Asie qui se sont sp\u00e9cialis\u00e9s dans l\u2019exportation de biens interm\u00e9diaires vers la Chine, ainsi que la Finlande et le Groenland, dont l\u2019exc\u00e9dent est toutefois faible). Cet exc\u00e9dent ne tenait pas essentiellement au niveau \u00e9lev\u00e9 des exportations comme on le croit souvent. La quote-part de la Chine dans les exportations de nombreux pays \u2013 dont l\u2019Allemagne, la Finlande ou les \u00c9tats-Unis \u2013 est nettement plus \u00e9lev\u00e9es qu\u2019en Suisse. Les produits chinois ne constituent, en revanche, qu\u2019une faible partie des importations suisses (3,6%), un chiffre extraordinairement bas compar\u00e9 \u00e0 la moyenne de l\u2019OCDE (hors Asie), qui d\u00e9passe les 11%.Apr\u00e8s le passage au principe du pays d\u2019origine, les importations en provenance de Chine s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 quelque 3,4 milliards de francs suppl\u00e9mentaires; leur quote-part dans les importations totales a augment\u00e9 pour s\u2019inscrire \u00e0 5,6% et la balance commerciale avec la Chine est pass\u00e9e d\u2019un exc\u00e9dent de 2,2 milliards de francs en 2011 \u00e0 un d\u00e9ficit estim\u00e9 \u00e0 1,2 milliard de francs. Si l\u2019on regroupe la Chine et Hong Kong, les exportations demeurent nettement exc\u00e9dentaires, mais le taux d\u2019importations n\u2019est plus si faible. L\u2019attribution correcte des destinations commerciales dans le cadre international demeure probl\u00e9matiquea); l\u2019exc\u00e9dent des exportations de la Suisse avec la plaque tournante commerciale de Hong Kong reste remarquable.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\na Voir Wang, Gehlhar et Yao (2010)&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2013 Barry Eichengreen, Donghyun Park et Kwanho Shin, <i>When Fast Growing Economies Slow Down: International Evidence and Implications for China,<\/i> NBER Working Papers 16919, 2011.\u2013 Nicole Br\u00e4ndle Schlegel et Emilie Gachet, \u00abLes moteurs de croissance de l\u2019industrie suisse\u00bb, <i>La Vie \u00e9conomique,<\/i> 5-2012, p. 10\u201313.\u2013 Christian Busch, <i>Die Struktur des Schweizer Aussenhandels mit China \u2013 eine vergleichende Analyse,<\/i> analyses du KOF, printemps 2010.\u2013 FMI, <i>Perspectives de l\u2019\u00e9conomie mondiale,<\/i> avril 2012.\u2013 FMI, <i>Perspectives \u00e9conomiques r\u00e9gionales: Asia and Pacific,<\/i> avril 2012 (en anglais).\u2013 Ronald Indergand et Kornel Mahlstein, \u00abLes exportations suisses face au franc fort\u00bb, <i>La Vie \u00e9conomique,<\/i> 1\/2-2012, p. 8\u201312.\u2013 SECO, <i>Joint Feasibility Study on a ChinaSwitzerland Free Trade Agreement,<\/i> 2010.\u2013 Zhi Wang, Mark Gehlhar et Shunli Yao, \u00abA Globally Consistent Framework for Reliability-Based Trade Statistics Reconciliation in the Presence of an Entrep\u00f4t\u00bb, <i>China Economic Review,<\/i> vol. 21(1), pp. 161\u2013189.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les \u00e9conomies \u00e9mergentes asiatiques ont \u00e9t\u00e9 le principal pilier d\u2019une conjoncture mondiale affaiblie par la crise. S\u2019il semble que les pays de la r\u00e9gion, et en particulier la Chine, ont d\u00e9pass\u00e9 un pic de croissance, leur poids \u2013 en tant que march\u00e9 d\u2019exportation \u2013 continuera de s\u2019accro\u00eetre dans le monde. Jusqu\u2019ici, l\u2019\u00e9conomie [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3880,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106,105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3880,"seco_co_author":[2777,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. rer. publ., Stellvertretender Leiter, Ressort Innovation, Staatssekretariat f\u00fcr Bildung, Forschung und Innovation (SBFI), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Responsable adjoint, secteur Innovation, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 la formation, \u00e0 la recherche et \u00e0 l\u2019innovation (Sefri), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":2777,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"\u00d6konom, Geldpolitik und Konjunktur, Eidgen\u00f6ssische Finanzverwaltung (EFV), Bern","seco_co_author_post_occupation_fr":"\u00c9conomiste, domaine Politique mon\u00e9taire et conjoncture, Administration f\u00e9d\u00e9rale des finances (AFF), Berne"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":149717,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7956","post_abstract":"","magazine_issue":"20120901","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54e469c09d5fc"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149714"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3880"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149714"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149714\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189110,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149714\/revisions\/189110"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2777"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3880"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149714"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=149714"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=149714"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=149714"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=149714"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=149714"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}