{"id":149894,"date":"2012-10-01T12:00:00","date_gmt":"2012-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/10\/strahm-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:46:05","modified_gmt":"2023-08-23T22:46:05","slug":"strahm-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/10\/strahm-2\/","title":{"rendered":"Il faut r\u00e9viser la surveillance des march\u00e9s financiers"},"content":{"rendered":"<p>La r\u00e9glementation \u00abtoo big to fail\u00bb con\u00e7ue dans le cadre de la surveillance des banques a trois d\u00e9fauts: premi\u00e8rement, sa structure se pr\u00eate aux manipulations; deuxi\u00e8mement, elle n\u2019est pas justiciable; troisi\u00e8mement, elle est rattach\u00e9e \u00e0 la mauvaise autorit\u00e9. La stabilit\u00e9 et la cr\u00e9dibilit\u00e9 des grandes banques ne s\u2019am\u00e9lioreront qu\u2019apr\u00e8s une nouvelle r\u00e9forme du r\u00e9gime des fonds propres. Ce dernier sera con\u00e7u de fa\u00e7on \u00e0 ce que l\u2019\u00c9tat ne fixe au surveillant des march\u00e9s que des valeurs limites pr\u00e9cises, qui soient applicables et justiciables. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, la surveillance des fonds propres des grandes banques exerc\u00e9e par la Finma suivant une pond\u00e9ration des actifs en fonction des risques n\u2019est qu\u2019un monstre bureaucratique dont l\u2019efficacit\u00e9 est tr\u00e8s faible.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn juin 2012, une pol\u00e9mique m\u00e9diatique se d\u00e9cha\u00eenait entre la BNS et le Credit Suisse (CS). Pour rassurer ses clients et ses actionnaires, la grande banque, qui se pr\u00e9sentait comme \u00abla plus s\u00fbre du monde\u00bb, pratiquait un calcul des fonds propres bas\u00e9 sur le pourcentage des actifs <i>pond\u00e9r\u00e9s en fonction des risques.<\/i> De son c\u00f4t\u00e9, la BNS se fondait sur les directives de B\u00e2le III, o\u00f9 les fonds propres sont exprim\u00e9s en pourcentage des montants <i>absolus<\/i> du bilan, soit le ratio de levier. Le CS avait alors encaiss\u00e9 et pr\u00eat\u00e9 59 francs pour un seul franc de fonds propres, ce qui indiquait nettement une sous-capitalisation et une instabilit\u00e9 potentielle.&#13;<\/p>\n<h2>La pond\u00e9ration des risques est passible de manipulation et n\u2019est pas justiciable<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa pond\u00e9ration des actifs en fonction des risques se pr\u00eate aux manipulations et ne peut tout simplement pas \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e enti\u00e8rement par le surveillant des banques. Ce syst\u00e8me consiste \u00e0 attribuer une valeur sous risque (\u00abvalue at risk\u00bb) \u00e0 chaque actif. Or, qui appr\u00e9cie les titres? Chaque grande banque doit \u00e9valuer des milliers de titres diff\u00e9rents, couvrant des millions de papiers-valeurs et des milliards de capitaux. L\u2019enjeu est d\u2019analyser le risque que pr\u00e9sente chaque titre sur le moment en estimant sa probabilit\u00e9 sp\u00e9cifique de d\u00e9faut, l\u2019exposition \u00e0 un tel risque, la source des pertes dans ce cas, sans parler des \u00abrisques de cr\u00e9dit des banques\u00bb, des \u00abrisques de march\u00e9 des banques\u00bb et de la r\u00e9partition des risques. Toutes ces valeurs r\u00e9sultent d\u2019estimations et sont manipulables, qu\u2019elles proviennent d\u2019une agence de notation ou du syst\u00e8me d\u2019\u00e9valuation des risques propre \u00e0 la banque.La pond\u00e9ration de milliers de titres en fonction des risques n\u2019est pratiquement pas applicable en r\u00e9gime de surveillance. En cas de conflit, il faudrait que la Finma puisse rendre une d\u00e9cision susceptible de recours. Cependant, comment le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral, puis le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, pourraient-ils v\u00e9rifier les innombrables \u00e9valuations des risques en cas de recours? Au vu de la complexit\u00e9 de la t\u00e2che et de la marge d\u2019interpr\u00e9tation (ou de manipulation) laiss\u00e9e, ils seraient tout simplement d\u00e9sarm\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Les comp\u00e9tences de la Banque nationale pour stabiliser le syst\u00e8me<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQui devrait exercer la surveillance macroprudentielle sur les banques d\u2019importance syst\u00e9mique? Le l\u00e9gislateur s\u2019est born\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre simplement l\u2019ancienne surveillance microprudentielle et en a donc charg\u00e9 la Finma. Or, la responsabilit\u00e9 de la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et la garantie du trafic des paiements incombent de par la loi \u00e0 la BNS&#13;<br \/>\nLBN, art. 5, al. 2, let. e: la BNS \u00abcontribue \u00e0 la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier\u00bb..\u00c0 l\u2019heure actuelle, faute de clart\u00e9 dans les textes l\u00e9gaux, la collaboration en mati\u00e8re de surveillance entre la Finma et la BNS est r\u00e9gl\u00e9e par un protocole d\u2019accord. Un tel montage, dans une question si importante et si hautement politique, est un non-sens l\u00e9gislatif qui doit \u00eatre corrig\u00e9. C\u2019est, en effet, la BNS qui abrite les sp\u00e9cialistes capables d\u2019\u00e9valuer la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me et qui entretient les relations n\u00e9cessaires avec les autres banques centrales.Lorsqu\u2019en juin 2012, apr\u00e8s un long combat bilat\u00e9ral, la BNS eut d\u00e9nonc\u00e9 publiquement le faible ratio de levier du CS, elle a provoqu\u00e9 un changement d\u2019attitude de la grande banque bien plus efficacement que les 90 surveillants de la Finma. Peu apr\u00e8s, le CS annon\u00e7ait, en effet, avoir renforc\u00e9 ses fonds propres.&#13;<\/p>\n<h2>Il est indispensable de r\u00e9viser les prescriptions concernant les fonds propres<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl faut red\u00e9finir la question des fonds propres des banques d\u2019importance syst\u00e9mique et en r\u00e9gler diff\u00e9remment la surveillance. On ne peut imputer cette faute dans le syst\u00e8me de la surveillance des banques au seul l\u00e9gislateur et \u00e0 la commission pr\u00e9paratoire d\u2019experts, car les 600 pages des dispositions du Comit\u00e9 de B\u00e2le (B\u00e2le III) sont en elles-m\u00eames tr\u00e8s complexes, \u00e9quivoques, interpr\u00e9tables et susceptibles de nombreuses manipulations. En vertu de l\u2019art. 9, al. 2, let. a, ch. 4 de la loi sur les banques, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral aurait m\u00eame aujourd\u2019hui la possibilit\u00e9 d\u2019imposer par voie d\u2019ordonnance un taux sup\u00e9rieur de fonds propres, non manipulable et neutre du point de vue du risque, pour r\u00e9tablir la confiance et la stabilit\u00e9 des march\u00e9s financiers, ce dont le surveillant actuel des banques \u00abtoo big to fail\u00bb est malheureusement incapable!<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9glementation \u00abtoo big to fail\u00bb con\u00e7ue dans le cadre de la surveillance des banques a trois d\u00e9fauts: premi\u00e8rement, sa structure se pr\u00eate aux manipulations; deuxi\u00e8mement, elle n\u2019est pas justiciable; troisi\u00e8mement, elle est rattach\u00e9e \u00e0 la mauvaise autorit\u00e9. La stabilit\u00e9 et la cr\u00e9dibilit\u00e9 des grandes banques ne s\u2019am\u00e9lioreront qu\u2019apr\u00e8s une nouvelle r\u00e9forme du r\u00e9gime des [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2830,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[80],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[108,105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2830,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"National\u00f6konom und Chemiker, Alt-Nationalrat, ehemaliger eidgen\u00f6ssischer Preis\u00fcberwacher","seco_author_post_occupation_fr":"\u00c9conomiste et chimiste, ancien conseiller national, ancien surveillant des prix","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":149897,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7380","post_abstract":"","magazine_issue":"20121001","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54ec303dd17a4"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149894"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2830"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149894"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149894\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189148,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149894\/revisions\/189148"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2830"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149894"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=149894"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=149894"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=149894"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=149894"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=149894"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}