{"id":150129,"date":"2012-06-01T12:00:00","date_gmt":"2012-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/06\/richli-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:47:15","modified_gmt":"2023-08-23T22:47:15","slug":"richli-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/06\/richli-2\/","title":{"rendered":"La surveillance de la Banque nationale suisse"},"content":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sent article est consacr\u00e9 \u00e0 la surveillance de la Banque nationale suisse (BNS). La BNS est soumise \u00e0 une r\u00e9glementation sp\u00e9cifique, qui implique \u00e0 la fois une surveillance et une haute surveillance moins strictes que si elles \u00e9taient r\u00e9gies selon les dispositions g\u00e9n\u00e9rales contenues dans la loi sur l\u2019organisation du gouvernement et de l\u2019administration et dans celle relative au Parlement. L\u2019ind\u00e9pendance de la BNS devant \u00eatre garantie, ces dispositions n\u2019entrent pas en ligne de compte. Seules celles figurant dans la loi sur la Banque nationale \u2013 qui font preuve de davantage de retenue \u2013 sont d\u00e9terminantes en mati\u00e8re de surveillance. Cette derni\u00e8re incombe pour l\u2019essentiel au Conseil de banque, tandis que le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale sont surtout les destinataires de rapports&#13;<br \/>\nLe pr\u00e9sent article se fonde sur l\u2019expertise juridique que l\u2019auteur a r\u00e9dig\u00e9e en f\u00e9vrier 2012 sur mandat du Conseil f\u00e9d\u00e9ral..<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201206_07_Richli_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Organes et objet de la surveillance de la BNS<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa loi sur la Banque nationale (LBN)&#13;<br \/>\nRecueil syst\u00e9matique du droit f\u00e9d\u00e9ral (RS) 951.11. renferme une disposition sur l\u2019obligation d\u2019informer et de rendre compte (art. 7). Les t\u00e2ches de surveillance et de contr\u00f4le incombent exclusivement au Conseil de banque (art. 42, al. 1). En outre, les comp\u00e9tences du Conseil f\u00e9d\u00e9ral en mati\u00e8re de nomination et de r\u00e9vocation de la Direction g\u00e9n\u00e9rale (art. 43, al. 2, et art. 45, al. 1) \u2013 sur proposition du Conseil de banque \u2013 et des six membres du Conseil de banque (art. 39, al. 1, et art. 41, al. 3) occupent une place centrale. Il ne faut pas oublier les comp\u00e9tences de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, qui comprennent aussi des \u00e9l\u00e9ments de surveillance (art. 36).&#13;<\/p>\n<h2>Surveillance par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSelon la LBN, la BNS s\u2019entretient r\u00e9guli\u00e8rement avec le Conseil f\u00e9d\u00e9ral de la situation conjoncturelle, de la politique mon\u00e9taire et des questions d\u2019actualit\u00e9 en relation avec la politique \u00e9conomique de la Conf\u00e9d\u00e9ration. Avant de prendre des d\u00e9cisions importantes en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique et mon\u00e9taire, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et la Banque nationale s\u2019informent mutuellement de leurs intentions (art. 7, al. 1). Dans ce contexte, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral peut partager ses consid\u00e9rations sur l\u2019avenir avec la BNS \u2013 en mati\u00e8re, par exemple, de restriction de la politique mon\u00e9taire \u2013 bien qu\u2019il soit conscient que cette derni\u00e8re n\u2019est pas tenue d\u2019agir en conformit\u00e9, ce qui irait \u00e0 l\u2019encontre de sa libert\u00e9 d\u2019instruction&#13;<br \/>\nMessage concernant la r\u00e9vision de la loi sur la Banque nationale, Feuille f\u00e9d\u00e9rale de la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse (FF) 2002, p. 5742 s..Le rapport annuel et les comptes annuels de la Banque nationale sont soumis \u00e0 l\u2019approbation du Conseil f\u00e9d\u00e9ral avant d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale (art. 7, al. 1). Dans le message sur la LBN, cette comp\u00e9-tence du Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u2013 contrairement \u00e0 l\u2019ancienne l\u00e9gislation \u2013 d\u00e9coule du concours des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales \u00e0 l\u2019administration de la BNS et du droit de contr\u00f4le qu\u2019exerce la Conf\u00e9d\u00e9ration; toutefois, d\u2019un point de vue syst\u00e9matique, cette comp\u00e9tence rel\u00e8ve de l\u2019obligation de rendre compte. Alors que l\u2019examen de la situation \u00e9conomique et de la politique mon\u00e9taire fait pendant \u00e0 l\u2019autonomie fonctionnelle de la BNS, l\u2019approbation du rapport de gestion et des comptes annuels d\u00e9coule de son autonomie financi\u00e8re&#13;<br \/>\nMessage (Fn. 2), p. 5744..L\u2019approbation du r\u00e8glement d\u2019organisation est un autre instrument de surveillance du Conseil f\u00e9d\u00e9ral dont il ne faut pas sous-estimer l\u2019importance (art. 42, al. 2, let. a LBN), bien que cette comp\u00e9tence ne lui donne pas le droit d\u2019influencer la teneur du r\u00e8glement. On peut, toutefois, se demander si celui-ci contient toutes les dispositions indispensables \u00e0 la gestion r\u00e9guli\u00e8re de la BNS, si des prescriptions suppl\u00e9mentaires sont n\u00e9cessaires et si le Conseil f\u00e9d\u00e9ral pourrait les faire adopter.La surveillance exerc\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral est \u00e9galement l\u00e9gitim\u00e9e par ses droits de vote (ch. 2, let. a plus haut). La question sera donc surtout de savoir si des propositions de nomination pourraient \u00eatre refus\u00e9es et si des membres de la Direction de la BNS en exercice pourraient \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9s au cas o\u00f9 ils d\u00e9fendraient une politique mon\u00e9taire erron\u00e9e. Une r\u00e9flexion de ce type pourrait s\u2019int\u00e9grer dans un refus de nomination, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une fonction ne constituant pas un droit, m\u00eame conditionnel. N\u00e9anmoins, lorsque la personnalit\u00e9 est nomm\u00e9e, son attitude personnelle et ses d\u00e9cisions \u2013 tant qu\u2019elles restent dans le cadre du droit \u2013 ne doivent pas entra\u00eener sa r\u00e9vocation. Ce type d\u2019arguments ne peut \u00eatre invoqu\u00e9 pour refuser de reconduire une nomination, en raison de l\u2019ind\u00e9pendance de la BNS.&#13;<\/p>\n<h2>Surveillance par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale poss\u00e8de \u00e9galement des comp\u00e9tences en mati\u00e8re de surveillance. Ses attributions sont les suivantes (art. 36 LBN):\u2212 elle approuve le rapport annuel et les comptes annuels (let. c);\u2212 elle d\u00e9cide de l\u2019affectation du b\u00e9n\u00e9fice port\u00e9 au bilan (let. d);\u2212 elle donne d\u00e9charge au Conseil de banque (let. d).Le rapport et les comptes annuels doivent d\u2019abord avoir \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9s par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral avant d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale (art. 7, al. 1 LBN).&#13;<\/p>\n<h2>Surveillance par l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Banque nationale pr\u00e9sente chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale un rapport rendant compte des t\u00e2ches accomplies selon l\u2019article 5 LBN. Elle expose r\u00e9guli\u00e8rement la situation \u00e9conomique et sa politique mon\u00e9taire aux commissions comp\u00e9tentes de l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale (art. 7, al. 2).Dans son message sur la LBN, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral rel\u00e8ve, eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019article 7, alin\u00e9a 2 LBN, deux aspects qui m\u00e9ritent une attention particuli\u00e8re en ce qui concerne l\u2019obligation de rendre compte \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale. Il s\u2019agit, premi\u00e8rement, d\u2019\u00e9viter que les acteurs politiques n\u2019exercent une influence sur les d\u00e9cisions de la Banque centrale. Deuxi\u00e8mement, il ne faut pas que cette obligation permette aux membres du Parlement d\u2019\u00eatre inform\u00e9s avant le public et les march\u00e9s. Les informations fournies par la BNS aux Chambres doivent, d\u00e8s lors, \u00eatre essentiellement \u00abr\u00e9trospectives\u00bb, exposant et justifiant la politique mon\u00e9taire sans divulguer d\u2019intentions en la mati\u00e8re&#13;<br \/>\nMessage (Fn. 2), p. 5743 s..&#13;<\/p>\n<h2>Surveillance interne de la BNS<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour que la BNS conserve son ind\u00e9pendance, la LBN (art. 42, al. 1) et le r\u00e8glement d\u2019organisation (art. 10) confient principalement sa surveillance au Conseil de banque. Une grande partie de cette t\u00e2che est toutefois d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 travers des dispositions dont l\u2019interpr\u00e9tation n\u2019est pas forc\u00e9ment \u00e9vidente.Le r\u00e8glement d\u2019organisation indique que la haute surveillance de la gestion des affaires est confi\u00e9e \u2013 sans pr\u00e9cision suppl\u00e9mentaire \u2013 \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale \u00e9largie, qui se compose des trois membres de la Direction g\u00e9n\u00e9rale et de leurs suppl\u00e9ants (art. 21). Il s\u2019agit notamment de contr\u00f4ler le respect des lois, des statuts, des r\u00e8glements et des directives (art. 10, al. 2, let. i).Le Comit\u00e9 d\u2019audit est charg\u00e9 des t\u00e2ches de surveillance. Il se compose d\u2019au moins deux membres du Conseil de banque (art. 11, al. 1). Il aide ce dernier \u00e0 surveiller la comptabilit\u00e9 et les rapports financiers, ainsi que le respect des lois et des directives prudentielles. Il \u00e9value l\u2019efficacit\u00e9 du syst\u00e8me de contr\u00f4le interne (SCI) et surveille l\u2019activit\u00e9 des organes externe et interne de r\u00e9vision. Les t\u00e2ches du Comit\u00e9 d\u2019audit sont d\u00e9finies dans un r\u00e8glement sp\u00e9cial (art. 11, al. 2).La r\u00e9glementation se trouve dans le <i>R\u00e8glement relatif au Comit\u00e9 d\u2019audit de la Banque nationale suisse<\/i> du 14 mai 2004&#13;<br \/>\n\u00c0 consulter sur le site de la BNS: <a href=\"http:\/\/www.snb.ch\">http:\/\/www.snb.ch<\/a>, rubriques \u00abInformations sur la BNS\u00bb, \u00abFondements juridiques\u00bb, \u00abDirectives et r\u00e8glements\u00bb.. Celui-ci indique que ce dernier se compose de trois membres du Conseil de banque (art. 3, al. 1). Ceux-ci sont ind\u00e9pendants des organes interne et externe de r\u00e9vision et de la Direction g\u00e9n\u00e9rale. La majorit\u00e9 des membres du Comit\u00e9 d\u2019audit poss\u00e8dent les connaissances et l\u2019exp\u00e9rience requises dans le domaine de la finance et de la comptabilit\u00e9 (art. 3, al. 2). Leurs t\u00e2ches d\u00e9coulent surtout du r\u00e8glement d\u2019organisation (art. 2) et sont r\u00e9pertori\u00e9es dans les art. 4 \u00e0 8: comptabilit\u00e9 et rapports financiers (art. 4), syst\u00e8me de contr\u00f4le in-terne et \u00abcompliance\u00bb (art. 5), r\u00e9vision externe (art. 6) et r\u00e9vision interne (art. 7). Le Comit\u00e9 d\u2019audit peut \u00e0 son gr\u00e9 traiter d\u2019autres aspects et domaines en rapport avec son mandat au sens de l\u2019article 2 (art. 8, al. 1).Pour s\u2019acquitter de ses t\u00e2ches, le Comit\u00e9 d\u2019audit poss\u00e8de, selon le r\u00e8glement, une s\u00e9rie de comp\u00e9tences, \u00e0 savoir un droit de regard et un droit \u00e0 l\u2019information, le droit de pro-c\u00e9der \u00e0 d\u2019autres investigations et celui de mener des enqu\u00eates sp\u00e9ciales. Le Comit\u00e9 d\u2019audit a acc\u00e8s \u00e0 tous les dossiers et \u00e0 toutes les informations. Il peut, si n\u00e9cessaire, interroger des collaborateurs de la BNS (art. 9).Le Comit\u00e9 d\u2019audit peut proc\u00e9der \u00e0 d\u2019autres investigations s\u2019il le juge n\u00e9cessaire au regard de la finalit\u00e9 du r\u00e8glement du Comit\u00e9. Il peut, en l\u2019esp\u00e8ce, confier des mandats \u00e0 la R\u00e9vision interne et \u00e0 l\u2019organe externe de r\u00e9vision (art. 10). S\u2019il soup\u00e7onne des irr\u00e9gularit\u00e9s graves ou un manque de ma\u00eetrise des risques, le Comit\u00e9 d\u2019audit peut, en accord avec le pr\u00e9sident du Conseil de banque, mener des enqu\u00eates sp\u00e9ciales; \u00e0 cette fin, il peut mobiliser des ressources suppl\u00e9mentaires, internes ou externes (des sp\u00e9cialistes notamment). En principe, le pr\u00e9sident de la Direction g\u00e9n\u00e9rale doit en \u00eatre inform\u00e9 au pr\u00e9alable. Le pr\u00e9sident du Conseil de banque statue sur les exceptions (art. 11).Pour finir, le r\u00e8glement d\u2019audit introduit l\u2019obligation de rapports \u00e0 l\u2019adresse du Conseil de banque (art. 15). Les proc\u00e8s-verbaux des s\u00e9ances du Comit\u00e9 d\u2019audit lui sont adress\u00e9s. Le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d\u2019audit informe sans d\u00e9lai le pr\u00e9sident du Conseil de banque d\u2019incidents importants \u00e0 caract\u00e8re urgent (al. 1). Il informe \u00e9galement le Conseil de banque, \u00e0 sa s\u00e9ance suivante, des constatations et d\u00e9cisions importantes du Comit\u00e9 d\u2019audit. Il soumet au Conseil de banque les recommandations n\u00e9cessaires (al. 2).Enfin, le Comit\u00e9 des risques endosse dans une certaine mesure des t\u00e2ches de surveil-lance. Elles figurent \u00e9galement dans le r\u00e8glement d\u2019organisation (art. 12).&#13;<\/p>\n<h2>Une surveillance qui se recoupe<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAvec le r\u00e8glement mentionn\u00e9, on semble avoir trac\u00e9 les contours d\u2019une surveillance qui se recoupe. En effet, une haute surveil-lance au sens technique, comme celle confi\u00e9e \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale, est hors de question ici. On peut surtout supposer que le Conseil de banque veuille que la gestion des affaires soit contr\u00f4l\u00e9e par la Direction g\u00e9n\u00e9rale \u00e9largie. Celle-ci se compose des membres de la Direction g\u00e9n\u00e9rale et de leurs suppl\u00e9ants (art. 21, R\u00e8glement d\u2019organisation).L\u2019interpr\u00e9tation la plus probable que l\u2019on pourrait faire de ces comp\u00e9tences de surveillance pourrait \u00eatre que la gestion des affaires dans le domaine de la politique mon\u00e9taire devrait \u00eatre exclue de la surveillance du Conseil de banque. Celui-ci ne devrait (pourrait) surveiller que la comptabilit\u00e9, autrement dit les t\u00e2ches techniques de la BNS. Les exigences pos\u00e9es au Comit\u00e9 d\u2019audit parlent tout particuli\u00e8rement en faveur de cette interpr\u00e9tation. La majorit\u00e9 des membres doivent poss\u00e9der les connaissances et l\u2019exp\u00e9rience requises dans le domaine de la finance et de la comptabilit\u00e9 (art. 3, al. 2). D\u2019autres comp\u00e9tences seraient n\u00e9cessaires pour surveiller les activit\u00e9s relevant de la politique mon\u00e9taire.On doit se demander si ce r\u00e8glement permet d\u2019obtenir un v\u00e9ritable effet de surveillance. Il est difficile d\u2019imaginer que le recours aux suppl\u00e9ants renforce la comp\u00e9tence en mati\u00e8re de surveillance.&#13;<\/p>\n<h2>Crit\u00e8res de surveillance de la BNS<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn \u00e9cartant la BNS de la r\u00e9glementation g\u00e9n\u00e9rale qui codifie la haute surveillance exerc\u00e9e par l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale et de la surveillance g\u00e9n\u00e9rale du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, on a principalement agi sur le contenu de l\u2019activit\u00e9 de surveillance.La loi sur le Parlement (LParl)&#13;<br \/>\nRS 171.10. indique, pour la haute surveillance par l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale, que les crit\u00e8res de l\u00e9galit\u00e9, r\u00e9gularit\u00e9, opportunit\u00e9, efficacit\u00e9 et efficience \u00e9conomique sont d\u00e9terminants (art. 26, al. 3)&#13;<br \/>\nVoir Philippe Mastronardi, St. Galler Kommentar zu Art. 169 BV, no 40 f.. La LBN ne contient aucune prescription \u00e0 ce sujet. Il est indiqu\u00e9, voire m\u00eame exig\u00e9, que la haute surveillance s\u2019applique selon le seul principe de la l\u00e9galit\u00e9 lorsque l\u2019ind\u00e9pendance est concern\u00e9e. Les autres crit\u00e8res peuvent entrer en ligne de compte pour d\u2019autres questions.La haute surveillance exerc\u00e9e par l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale sur la BNS diff\u00e8re de la haute surveillance g\u00e9n\u00e9rale dans le sens o\u00f9 elle s\u2019applique r\u00e9troactivement \u2013 autrement dit a posteriori \u2013, alors que la seconde est aussi concomitante dans des conditions dont on ne discutera pas davantage ici&#13;<br \/>\nVoir en particulier Philippe Mastronardi, St. Galler Kommentar zu Art. 169 BV, no 10 ss.; Initiative parlementaire, loi sur le parlement (LParl), Rapport de la Commission des institutions politiques du Conseil national du 1er mars 2001, FF 2001, p. 3539 f.; le Conseil f\u00e9d\u00e9ral fait preuve de davantage de r\u00e9serve dans son Message relatif \u00e0 une nouvelle constitution f\u00e9d\u00e9rale, FF 1997 I, p. 396..Pour ce qui est de la surveillance g\u00e9n\u00e9rale par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, la loi sur l\u2019organisation du gouvernement et de l\u2019administration (LOGA) ne pr\u00e9voit certes pas directement de crit\u00e8res, mais les principes g\u00e9n\u00e9raux qui r\u00e9gissent l\u2019activit\u00e9 administrative sont d\u00e9-terminants, soit la l\u00e9galit\u00e9, l\u2019opportunit\u00e9 et l\u2019efficience \u00e9conomique (art. 3). \u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019efficacit\u00e9 et la r\u00e9gularit\u00e9&#13;<br \/>\nVoir Giovanni Biaggini, St. Galler Kommentar zu Art. 187 BV, no 11. par lesquels (uniquement, mais tout de m\u00eame) le niveau des crit\u00e8res de la haute surveillance est \u00e9galis\u00e9. \u00c0 ce sujet, la LBN ne renferme aucune disposition. Les r\u00e9flexions engag\u00e9es sur la haute surveillance valent par analogie pour l\u2019ind\u00e9pendance de la BNS.En ce qui concerne la surveillance exerc\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, la qualit\u00e9 pour donner des instructions, pour proc\u00e9der \u00e0 des con-tr\u00f4les et pour intervenir personnellement dans une affaire&#13;<br \/>\nVoir le Message relatif \u00e0 une nouvelle constitution f\u00e9d\u00e9rale, FF 1997 I, p. 429. \u2013 conform\u00e9ment au droit g\u00e9n\u00e9ral de surveillance exerc\u00e9 par celui-ci sur l\u2019administration f\u00e9d\u00e9rale \u2013 n\u2019entre pas en ligne de compte.Les circonstances dans lesquelles l\u2019adoption du rapport annuel, des comptes annuels ou du r\u00e8glement d\u2019organisation pourrait \u00eatre refus\u00e9e sont particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes. Si l\u2019on part du principe que, dans le domaine de l\u2019ind\u00e9pendance, seul un contr\u00f4le de la conformit\u00e9 au droit peut \u00eatre pris en consid\u00e9ration, un rejet n\u2019est recevable que dans le cas o\u00f9 l\u2019objet devant \u00eatre approuv\u00e9 violerait les normes juridiques.Pour ce qui est de la comp\u00e9tence en mati\u00e8re d\u2019approbation du r\u00e8glement d\u2019organisation, on peut se demander si le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a aujourd\u2019hui une marge de man\u0153uvre. Pour r\u00e9pondre, il faut mettre en avant les comp\u00e9tences g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 l\u2019approbation: quiconque en poss\u00e8de peut, dans un cas d\u2019application, soit l\u2019accorder soit la rejeter, bien que le refus puisse se limiter \u00e0 certaines dispositions. Il est possible de rejeter l\u2019approbation en invoquant l\u2019argument que le r\u00e8glement ne contient pas toutes les dispositions juridiques n\u00e9cessaires. Une fois un r\u00e8glement approuv\u00e9, on peut se demander si l\u2019approbation peut \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9e et dans quelles circonstances&#13;<br \/>\nLa r\u00e9vocation, comme l\u2019approbation, aurait le m\u00eame caract\u00e8re qu\u2019une d\u00e9cision; voir arr\u00eat du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, ATF 135 II 38 E. 4.6 p. 46..En principe, une r\u00e9vocation est possible notamment si la situation juridique s\u2019est consid\u00e9rablement modifi\u00e9e depuis l\u2019approbation. Au vu des derniers d\u00e9bats, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral pourrait demander au Conseil de banque d\u2019int\u00e9grer dans le r\u00e8glement d\u2019organisation des dispositions portant sur le comportement des membres de la Direction g\u00e9n\u00e9rale et de leurs suppl\u00e9ants en relation avec des op\u00e9rations priv\u00e9es sur devises, en annon\u00e7ant une r\u00e9vocation de l\u2019approbation en cas de non-action&#13;<br \/>\nVoir \u00e9galement, malgr\u00e9 son caract\u00e8re tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral, H\u00e4felin Ulrich, Haller Walter et Keller Helen, Schweizerisches Bundesstaatsrecht, Zurich 2008, no 1218 ss..&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn raison de sa r\u00e8glementation sp\u00e9cifique, la haute surveillance et la surveillance de la BNS sont moins strictes que si les dispositions g\u00e9n\u00e9rales de la loi sur l\u2019organisation du gouvernement et de l\u2019administration et de la loi sur le Parlement \u00e9taient appliqu\u00e9es. On peut le justifier par le fait que l\u2019ind\u00e9pendance de la BNS doit \u00eatre garantie. Seules les dispositions r\u00e9serv\u00e9es que pr\u00e9sente la loi sur la Banque nationale sont d\u00e9terminantes en mati\u00e8re de surveillance.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sent article est consacr\u00e9 \u00e0 la surveillance de la Banque nationale suisse (BNS). La BNS est soumise \u00e0 une r\u00e9glementation sp\u00e9cifique, qui implique \u00e0 la fois une surveillance et une haute surveillance moins strictes que si elles \u00e9taient r\u00e9gies selon les dispositions g\u00e9n\u00e9rales contenues dans la loi sur l\u2019organisation du gouvernement et de l\u2019administration [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3765,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[229,105],"post_content_subject":[231],"acf":{"seco_author":3765,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Emeritierter Professor f\u00fcr \u00f6ffentliches Recht, Agrarrecht und Rechtsetzungslehre sowie ehemaliger Rektor der Universit\u00e4t Luzern","seco_author_post_occupation_fr":"Professeur \u00e9m\u00e9rite de droit public, de droit agraire et de l\u00e9gislation, ancien recteur de l\u2019Universit\u00e9 de Lucerne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150132,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7904","post_abstract":"","magazine_issue":"20120601","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54e1a0993105a"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150129"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3765"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150129"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189180,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150129\/revisions\/189180"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3765"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150129"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150129"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150129"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150129"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}