{"id":150159,"date":"2012-05-01T12:00:00","date_gmt":"2012-05-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/05\/balaster-10\/"},"modified":"2023-08-24T00:47:26","modified_gmt":"2023-08-23T22:47:26","slug":"balaster-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/05\/balaster-10\/","title":{"rendered":"\u00c9volution de la croissance et r\u00e9ponse politique en Suisse"},"content":{"rendered":"<p>Des r\u00e9formes structurelles r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 temps permettent de d\u00e9bloquer le potentiel \u00e9conomique dun pays. Dans les ann\u00e9es nonante, la politique \u00e9conomique \u00e9tait plac\u00e9e sous le signe de la revitalisation. Depuis 2004, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral rassemble les r\u00e9formes \u00e9conomiques dans sa po-litique de croissance. Dans la p\u00e9riode 2012\u20132015, la politique de r\u00e9forme s\u2019inscrira dans le prolongement de celle des deux derni\u00e8res l\u00e9gislatures. C\u2019est un passage oblig\u00e9 si l\u2019on veut garantir des salaires r\u00e9els croissants et pr\u00e9server la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale de la Suisse, comme le montre l\u2019analyse r\u00e9cente de la croissance par secteurs \u00e9conomiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201205_04_Balaster_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Pourquoi une politique de croissance?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne politique de croissance est synonyme de promotion de la prosp\u00e9rit\u00e9. Celle men\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration montre comment les diff\u00e9rentes politiques doivent \u00eatre organis\u00e9es et coordonn\u00e9es pour servir au mieux l\u2019objectif de prosp\u00e9rit\u00e9 fix\u00e9 par la Constitution. Tout progr\u00e8s dans le bien-\u00eatre individuel passe par une hausse de la productivit\u00e9 du travail, autrement dit la production obtenue pour chaque heure de travail effectu\u00e9e. Il existe, en effet, un lien \u00e9troit, dict\u00e9 par la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique, entre cette derni\u00e8re et l\u2019\u00e9volution r\u00e9elle des salaires.Pour acc\u00e9l\u00e9rer le taux de croissance de la productivit\u00e9 du travail, il est n\u00e9cessaire de prendre des mesures sur plusieurs fronts. L\u2019agenda sur lequel s\u2019appuie la politique de croissance recouvre \u00e0 ce jour des projets l\u00e9gislatifs dont les objectifs sont les suivants: \u2212 renforcement de la concurrence sur le march\u00e9 int\u00e9rieur;\u2212 ouverture \u00e9conomique vers l\u2019ext\u00e9rieur;\u2212 pr\u00e9servation d\u2019un taux d\u2019emploi \u00e9lev\u00e9;\u2212 renforcement de la formation, de la recherche et de l\u2019innovation;\u2212 garantie de finances publiques saines;\u2212 cr\u00e9ation d\u2019un cadre l\u00e9gal propice \u00e0 l\u2019esprit d\u2019entreprise.Les d\u00e9cisions en mati\u00e8re de politique de croissance doivent \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d\u2019une analyse des processus qui la sous-tende.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9volution de la croissance au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse est, selon diverses sources, un des pays qui pr\u00e9sente la performance \u00e9conomique la plus \u00e9lev\u00e9e par habitant. Selon le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et la Banque mondiale, la Suisse se classe derri\u00e8re le Luxembourg, le Qatar, la Norv\u00e8ge, Singapour et les \u00c9tats-Unis et \u00e0 un niveau comparable \u00e0 celui du Kowe\u00eft, des \u00c9mirats arabes unis et de Hong Kong. Ce r\u00e9sultat provient notamment du fort taux de mobilisation de la main-d\u2019\u0153uvre: le taux d\u2019emploi tout comme le nombre d\u2019heures de travail fournies par actif sont \u00e9lev\u00e9s en comparaison internationale. Par contre, la Suisse ne se distingue pas particuli\u00e8rement au niveau de la productivit\u00e9 du travail. La Norv\u00e8ge, le Luxembourg, l\u2019Irlande, les \u00c9tats-Unis, la Belgique, les Pays-Bas, la France, l\u2019Allemagne, le Danemark, la Su\u00e8de et l\u2019Autriche affichent de meilleurs r\u00e9sultats. La Suisse poss\u00e8de donc un potentiel inexploit\u00e9 en ce domaine.Ce constat macro\u00e9conomique d\u2019une productivit\u00e9 du travail tr\u00e8s moyenne pour une nation industrielle avanc\u00e9e peut \u00eatre nuanc\u00e9 selon les grandes branches \u00e9conomiques. Celles-ci pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences consid\u00e9rables, tant en ce qui concerne la productivit\u00e9 du travail que son taux de croissance. Dans les limites impos\u00e9es par les bases statistiques, le <i>tableau 1<\/i> pr\u00e9sente l\u2019\u00e9volution de la productivit\u00e9, de l\u2019emploi et de la valeur ajout\u00e9e par secteur pour la p\u00e9riode comprise entre 1998 et 2008, ann\u00e9es comparables, car elles co\u00efncident toutes deux avec des p\u00e9riodes de haute conjoncture. La p\u00e9riode 2008-2011, marqu\u00e9e par la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re mondiale, sera analys\u00e9e plus loin. Comme on le verra, il est actuellement en-core difficile, pour ces ann\u00e9es-l\u00e0, d\u2019op\u00e9rer le tri entre ce qui se corrigera avec l\u2019am\u00e9lioration de la conjoncture, et les changements de nature structurelle, qui persisteront.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9volution durant la p\u00e9riode 1998\u20132008<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes diff\u00e9rents secteurs \u00e9conomiques ont contribu\u00e9 de mani\u00e8re in\u00e9gale \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la productivit\u00e9 au cours de la d\u00e9cennie \u00e9coul\u00e9e. Ce constat ressort d\u2019une observation approfondie du <i>tableau 1<\/i>:1. <i>L\u2019industrie de haute technologie,<\/i> r\u00e9put\u00e9e particuli\u00e8rement productive en raison de ses bons r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019exportation, ressort aussi du lot selon les donn\u00e9es statistiques. Elle pr\u00e9sente les meilleurs r\u00e9sultats des diff\u00e9rentes branches retenues ici, aussi bien en termes de niveau que de dynamique.2. <i>L\u2019industrie traditionnelle,<\/i> partant d\u2019un niveau l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne, pr\u00e9sente aussi une croissance respectable de la productivit\u00e9 au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie. Toutefois, comme la p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par un recul de l\u2019emploi, il en a r\u00e9sult\u00e9 une croissance de la valeur ajout\u00e9e inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne, autrement dit, le secteur a perdu en poids relatif.3. L\u2019accroissement de la productivit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 comparativement faible dans le <i>secteur des services orient\u00e9s vers les exportations,<\/i> qui a n\u00e9anmoins accru son avance par rapport \u00e0 celui qui vise le march\u00e9 int\u00e9rieur, en termes de valeur ajout\u00e9e par heure de travail.4. La stagnation de la productivit\u00e9 dans le <i>secteur des services orient\u00e9s vers le march\u00e9 int\u00e9rieur<\/i> ressort encore plus nettement lorsqu\u2019on ne tient pas compte de la branche de la communication (poste et t\u00e9l\u00e9communications), qui a connu en 1998 une importante lib\u00e9ralisation avec l\u2019ouverture internationale, laquelle a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans son sillage une pouss\u00e9e de productivit\u00e9 li\u00e9e au progr\u00e8s technologique.5. La valeur ajout\u00e9e du <i>secteur agricole<\/i> n\u2019a quasiment pas progress\u00e9: sa productivit\u00e9 s\u2019est accrue de 0,98% (une valeur correspondant \u00e0 la moyenne suisse), tandis que l\u2019emploi reculait dans des proportions pratiquement identiques. Le niveau de la productivit\u00e9 du travail est rest\u00e9 largement en de\u00e7\u00e0 de la moyenne g\u00e9n\u00e9rale.Cette analyse permet de penser que la cl\u00e9 d\u2019une augmentation de la croissance du revenu par habitant en Suisse r\u00e9side avant tout dans une progression de la productivit\u00e9 des branches tertiaires orient\u00e9es sur le march\u00e9 int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019abri de la concurrence internationale. Accro\u00eetre la productivit\u00e9 reviendrait \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer, par des r\u00e9formes internes, une pression comparable \u00e0 celle que con-naissent les branches \u00e9conomiques tourn\u00e9es vers l\u2019ext\u00e9rieur. Les constants progr\u00e8s de la productivit\u00e9 t\u00e9moignent de l\u2019efficacit\u00e9 de la concurrence dans ces branches. L\u2019agriculture rec\u00e8le aussi un potentiel d\u2019am\u00e9lioration en la mati\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9volution depuis 2008<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans la p\u00e9riode allant de 2008 \u00e0 2011, on constate que l\u2019emploi s\u2019accro\u00eet de 1,36% par an, ce qui est sup\u00e9rieur \u00e0 la valeur ajout\u00e9e (+0,83%). Il s\u2019ensuit que la productivit\u00e9 du travail a baiss\u00e9 au cours de ces trois ann\u00e9es. Le facteur premier de ce recul a \u00e9t\u00e9 la profonde crise du secteur financier. Selon les chiffres provisoires, la productivit\u00e9 du travail a baiss\u00e9 de 1,4% par an dans le secteur des services orient\u00e9s vers les exportations. La croissance quantitative d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9e durant la p\u00e9riode 1998\u20132008 dans le secteur des services orient\u00e9s vers le march\u00e9 int\u00e9rieur s\u2019est poursuivie. La croissance de l\u2019emploi y a m\u00eame d\u00e9pass\u00e9 celle de la valeur ajout\u00e9e, cela malgr\u00e9 une conjoncture int\u00e9rieure robuste. Cons\u00e9quence logique de la crise \u00e9conomique mondiale, l\u2019emploi a baiss\u00e9 dans le secteur industriel, m\u00eame un peu plus fortement dans le domaine de la haute technologie que dans l\u2019industrie traditionnelle. Dans une situation conjoncturelle difficile, la contribution du secteur industriel \u00e0 la croissance g\u00e9n\u00e9rale de la productivit\u00e9 est rest\u00e9e globalement posi-tive (+0,8% par an), malgr\u00e9 un affaiblissement par rapport \u00e0 la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente. Dans le secteur agricole, le niveau de la productivit\u00e9, d\u00e9j\u00e0 bas, a encore perdu du terrain par rapport \u00e0 la moyenne g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9conomie. Contrairement \u00e0 la p\u00e9riode 1998-2008, l\u2019emploi a bondi (+1,91%), tandis que la valeur ajout\u00e9e n\u2019a que peu progress\u00e9 (+0,40%), de sorte que la productivit\u00e9 du travail a recul\u00e9 de 1,45% par an, soit autant que dans le secteur des services orient\u00e9s vers les exportations.En r\u00e9sum\u00e9, m\u00eame si lon fait abstraction des effets de la crise sur le secteur bancaire dans les ann\u00e9es 2008-2011, aucune base ne semble s\u2019\u00eatre form\u00e9e permettant une croissance r\u00e9elle du revenu par habitant. Dans le meilleur des cas, le niveau de productivit\u00e9 d\u00e9terminant pour l\u2019\u00e9volution des salaires r\u00e9els a stagn\u00e9. Il s\u2019ensuit que l\u2019\u00e9volution relativement bonne du PIB est \u00e0 mettre au cr\u00e9dit de la politique conjoncturelle. Par contre, le bilan mitig\u00e9 de la politique de croissance 2008-2011 montre clairement quen Suisse la volont\u00e9 de r\u00e9forme a manqu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es (voir <i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>\u00c9tat d\u2019avancement de la politique de croissance 2008-2011<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<i>Le rapport final d\u2019\u00e9valuation de la politique de croissance 2008-2011 sera pr\u00e9sent\u00e9 en m\u00eame temps que le rapport relatif \u00e0 la politique de croissance 2012\u20132015. Le bilan est mitig\u00e9, mais il reste la possibilit\u00e9 de reconsid\u00e9rer quelques mesures de la politique de croissance 2008-2011 qui n\u2019ont pas pu \u00eatre men\u00e9es \u00e0 bon port jusqu\u2019ici. Des \u00e9checs ont notamment \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s du fait du rejet du taux unique de TVA, de l\u2019abandon de l\u2019ouverture totale du march\u00e9 postal et du renvoi de la 11e r\u00e9vision de l\u2019AVS, qui aurait permis un ajustement au vieillissement d\u00e9mographique. L\u2019extension des proc\u00e9dures d\u2019adjudication publiques \u00e0 l\u2019offre de transport-voyageurs par le rail ne s\u2019est pas faite. Les n\u00e9gociations relatives \u00e0 un accord de libre-\u00e9change avec l\u2019UE dans le domaine agricole ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es. Le bouclement du Cycle de Doha se pr\u00e9sente sous de mauvais auspices. Les projets pilotes de p\u00e9age routier et d\u2019harmonisation du droit des march\u00e9s publics, qui avaient \u00e9chou\u00e9 dans leur forme originale, ont \u00e9t\u00e9 difficilement remis sur les rails. La r\u00e9vision du droit des poursuites et faillites est encore pendante devant le Parlement, apr\u00e8s que le deuxi\u00e8me Conseil, prenant le contre-pied du premier, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019entrer en mati\u00e8re. La loi sur la formation continue est encore en pr\u00e9paration. En revanche, la loi f\u00e9d\u00e9rale sur l\u2019aide aux hautes \u00e9coles et la coordination dans le domaine suisse des hautes \u00e9coles est d\u00e9j\u00e0 au stade de la mise en oeuvre. La confirmation de la libre circulation des personnes avec l\u2019UE et la r\u00e9vision de la loi sur les entraves techniques au commerce (introduction du principe du \u00abCassis de Dijon\u00bb) sont achev\u00e9es, mais d\u00e9j\u00e0 contest\u00e9es sur le plan politique. Le projet de politique agricole 2014\u20132017 pr\u00e9sent\u00e9 par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral va dans la bonne direction: si le Parlement l\u2019approuve en l\u2019\u00e9tat, il permettra d\u2019investir les fonds publics de mani\u00e8re plus rationnelle. La strat\u00e9gie du Conseil f\u00e9d\u00e9ral en mati\u00e8re d\u2019infrastructures va aussi dans la bonne direction. Les projets de financement et d\u2019am\u00e9nagement \u00e0 long terme de l\u2019infrastructure ferroviaire (Faif) et de d\u00e9veloppement du r\u00e9seau de routes nationales progressent, mais le chemin qui les s\u00e9pare de leur concr\u00e9tisation effective sera sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches, \u00e0 l\u2019image des proc\u00e9dures de consultation. Le r\u00e9examen des t\u00e2ches de la Conf\u00e9d\u00e9ration \u2013 effectu\u00e9 dans le cadre de la politique budg\u00e9taire \u2013 avance \u00e0 vitesse r\u00e9duite. Des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de la cyberadministration, de m\u00eame que dans celui de l\u2019all\u00e9gement administratif, dans lequel de nombreux sous-projets ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s. Le r\u00e9seau des accords de libre-\u00e9change s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 de ma-ni\u00e8re tr\u00e8s positive.<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n), alors que les fondements de la r\u00e9ussite \u00e9conomique future doivent sans cesse \u00eatre renouvel\u00e9s. D\u2019o\u00f9 la grande importance accord\u00e9e \u00e0 la politique de croissance 2012\u20132015.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9tat des lieux dans les champs d\u2019action de la politique de croissance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAfin de mesurer l\u2019\u00e9volution de la croissance, un indicateur cl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 dans chacun des six domaines privil\u00e9gi\u00e9s par la politique de croissance. On peut faire les constats suivants \u00e0 la lumi\u00e8re de ces indicateurs (voir graphiques 1 \u00e0 6):1. Le <i>haut niveau des prix<\/i> \u2013 coupl\u00e9 \u00e0 la hausse du franc \u2013 plaide pour la poursuite des r\u00e9formes destin\u00e9es \u00e0 accro\u00eetre la concurrence sur le march\u00e9 indig\u00e8ne. Celles-ci se compl\u00e8tent id\u00e9alement avec une ouver-ture en direction du march\u00e9 unique europ\u00e9en. Cela signifie que, d\u2019une part, de nouveaux secteurs doivent s\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019international, et que, d\u2019autre part, les secteurs (infrastructures) qui le sont d\u00e9j\u00e0 doivent poursuivre dans cette voie, pour atteindre un degr\u00e9 d\u2019ouverture correspondant \u00e0 celui de l\u2019UE.2. La Suisse doit continuer de n\u00e9gocier des <i>facilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s \u00e9trangers,<\/i> notamment ceux des pays \u00e9mergents \u00e0 forte croissance: elle ne fait, en effet, pas mieux que la moyenne en ce qui concerne l\u2019ouverture de son commerce vers l\u2019ext\u00e9rieur. De nouveaux accords de libre-\u00e9change permettent en outre d\u2019\u00e9viter toute discrimination par rapport aux autres pays exportateurs, qui n\u00e9gocient de leur c\u00f4t\u00e9 un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux march\u00e9s.3. Les deux domaines portant sur le <i>march\u00e9 du travail<\/i> n\u2019ont \u00e0 nos yeux pas de grands d\u00e9fis \u00e0 relever, pas m\u00eame sur le plan l\u00e9gislatif. Cela vaut pour le taux d\u2019emploi \u00e9lev\u00e9 \u2013 un crit\u00e8re pour lequel la Suisse reste parmi les meilleurs \u00e9l\u00e8ves \u2013 comme pour les importants efforts consentis dans la formation, un domaine dans lequel un renforcement des moyens financiers est pr\u00e9vu.4. La <i>situation relativement favorable des finances publiques<\/i> peut \u00eatre exploit\u00e9e pour donner la priorit\u00e9 \u00e0 une optimisation des structures de d\u00e9penses et de pr\u00e9l\u00e8vements; cette derni\u00e8re doit se faire en relation avec les d\u00e9fis \u00e0 relever sur le front de la politique \u00e9nerg\u00e9tique et climatique. \u00c0 longue \u00e9ch\u00e9ance, la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re des assurances sociales se posera comme un th\u00e8me cl\u00e9 dans ce domaine de la politique de croissance.5. En ce qui concerne la <i>cr\u00e9ation d\u2019un environnement juridique<\/i> propice \u00e0 l\u2019esprit d\u2019entreprise, la Suisse tire tr\u00e8s bien son \u00e9pingle du jeu selon l\u2019indicateur retenu. Selon d\u2019autres sources, il reste toutefois un certain retard \u00e0 combler. Le d\u00e9veloppement de la cyberadministration devrait permettre de continuer d\u2019all\u00e9ger la charge administrative qui p\u00e8se sur les entreprises.&#13;<\/p>\n<h2>Revue des diff\u00e9rents axes de la politique de croissance 2012\u20132015<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa pr\u00e9sente analyse permet de d\u00e9terminer les mesures qu\u2019il conviendrait d\u2019int\u00e9grer \u00e0 la politique de croissance 2012\u20132015, \u00e0 commencer par celles touchant \u00e0 un secteur d\u2019activit\u00e9 orient\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomie int\u00e9rieure, en l\u2019occurrence celui de la <i>sant\u00e9<\/i>. Une bonne strat\u00e9gie nationale en mati\u00e8re de sant\u00e9 devrait permettre au syst\u00e8me de continuer \u00e0 garantir l\u2019acc\u00e8s pour tous \u00e0 une offre de qualit\u00e9, tout en le rendant moins co\u00fbteux. De son c\u00f4t\u00e9, la <i>politique agricole<\/i> requiert, audel\u00e0 de la PA 2014\u20132017, un axe de d\u00e9veloppement mettant l\u2019accent sur l\u2019accroissement de la productivit\u00e9 \u00e0 travers l\u2019\u00e9volution structurelle des exploitations. Une agriculture plus performante n\u2019est pas seulement le gage d\u2019une augmentation des revenus, mais contribue \u00e0 r\u00e9duire les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans l\u2019extension et le renforcement du r\u00e9seau d\u2019accords de libre-\u00e9change. La <i>consolidation de la libre circulation des personnes avec l\u2019UE<\/i> est un aspect central du point de vue de la politique d\u2019int\u00e9gration. Depuis son introduction, les entraves publiques \u00e0 l\u2019innovation ont, selon les entreprises, recul\u00e9 de mani\u00e8re remarquable.Un <i>accord avec l\u2019UE dans le domaine de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et de l\u2019\u00e9nergie<\/i> en g\u00e9n\u00e9ral lancerait un signal positif pour la poursuite de la voie bilat\u00e9rale. Cette derni\u00e8re est aussi li\u00e9e \u00e0 la <i>r\u00e9forme de l\u2019imposition des entreprises III,<\/i> qui devrait int\u00e9grer des \u00e9l\u00e9ments visant \u00e0 accro\u00eetre l\u2019attrait de la Suisse pour les entreprises. Con\u00e7ue comme un instrument de gestion budg\u00e9taire permanent, la <i>d\u00e9finition de priorit\u00e9s \u00e0 moyen terme en mati\u00e8re de d\u00e9penses<\/i> pourrait permettre de d\u00e9clencher des r\u00e9formes structurelles approfondies dans un certain nombre de domaines. On peut notamment se r\u00e9f\u00e9rer au rapport strat\u00e9gique consacr\u00e9 \u00e0 la tarification de la mobilit\u00e9 pour illustrer ce qui pr\u00e9c\u00e8de. Dans le <i>secteur des transports,<\/i> qui ne couvre que partiellement ses co\u00fbts directs (rail) et ses co\u00fbts indirects (trafic motoris\u00e9 individuel), le facteur prix devrait reprendre davantage d\u2019importance dans la formation de l\u2019offre et la planifica-tion de son extension. La <i>12<\/i>e r\u00e9vision de l\u2019AVS, en gestation, comporte la possibilit\u00e9 d\u2019introduire une r\u00e8gle budg\u00e9taire pour le premier pilier, de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9viter que des impasses politiques ne bloquent les n\u00e9cessaires ajustements budg\u00e9taires. Dans la concr\u00e9tisation et la mise en \u0153uvre de la <i>strat\u00e9gie \u00e9nerg\u00e9tique 2050,<\/i> il faut veiller \u00e0 contenir les co\u00fbts excessifs qui pourraient peser sur les entreprises. En cas d\u2019adoption, le message relatif \u00e0 une r\u00e9forme fiscale \u00e9cologique pourrait avoir des effets positifs sur la croissance s\u2019il pr\u00e9voit la r\u00e9duction des imp\u00f4ts ayant un fort effet de distorsion. La mise en \u0153uvre de la strat\u00e9gie suisse de cyberadministration et la poursuite des efforts d\u2019all\u00e9gement administratif devraient contribuer \u00e0 <i>am\u00e9liorer l\u2019environnement entrepreneurial.<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution du niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix en Suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abImportance du commerce international dans le PIB suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abTaux de participation au march\u00e9 du travail en Suisse et dans le groupe de comparaison\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4: \u00ab\u00c9volution du taux d\u2019\u00e9ducation tertiaire pour les 25\u201334 ans\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 5: \u00ab\u00c9volution des d\u00e9ficits budg\u00e9taires pour l\u2019ensembles des administrations publiques\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 6: \u00abOpinion moyenne des investisseurs \u00e9trangers sur l\u2019attrait dune localisation, selon les sondages de l\u2019IMD\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abTaux r\u00e9el de croissance annuelle de la valeur ajout\u00e9e brute (VAB), de l\u2019emploi et de la productivit\u00e9 du travail 1998-2008; niveau de productivit\u00e9 \u00e0 prix r\u00e9els, 1998 et 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Explications statistiques&#13;<\/p>\n<h3>Explications statistiques<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa subdivision par branches se fonde sur la nomenclature Noga 2002a. La haute technologie comprend, selon la classification Noga \u00e0 deux chiffres, les branches 23\u201325 et 29\u201335 (OCDE, 2011, ISIC Rev. 3 Technology Intensity Definition). Par ailleurs, la branche \u00abIndustries extractives\u00bb est rattach\u00e9e \u00e0 l\u2019industrie traditionnelle.Le secteur des services est couvert par les branches 50 \u00e0 95, lesquelles peuvent \u00eatre subdivis\u00e9es plus finement selon leur orientation \u00e0 l\u2019exportation. Les branches 40\u201341 (Approvisionnement en \u00e9nergie et en eau) et 45 (Construction) ont \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9es au sec-teur des services orient\u00e9s vers le march\u00e9 domestique. Ainsi, lensemble de lindustrie manufacturi\u00e8re peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme orient\u00e9e vers le commerce ext\u00e9rieur. Les branches des services orient\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation se caract\u00e9risent par une proportion des exportations d\u2019au moins 20% de la demande finale. Compte tenu du pourcentage \u00e9lev\u00e9 de nuit\u00e9es de visiteurs \u00e9trangers, l\u2019h\u00f4tellerie est aussi rattach\u00e9e aux branches orient\u00e9es \u00e0 l\u2019exportation, m\u00eame si elle n\u2019atteint pas tout \u00e0 fait le seuil des 20%.La valeur ajout\u00e9e de l\u2019agr\u00e9gat 51 (Commerce de gros) et 52 (Commerce de d\u00e9tail) a \u00e9t\u00e9 subdivis\u00e9e en une partie orient\u00e9e sur le march\u00e9 int\u00e9rieur, et une autre orient\u00e9e \u00e0 l\u2019international (soci\u00e9t\u00e9s de n\u00e9goce de mati\u00e8res premi\u00e8res, notamment).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\na Internet: <i><a href=\"http:\/\/www.bfs.admin.ch\">http:\/\/www.bfs.admin.ch<\/a>,<\/i> rubriques \u00abInfoth\u00e8que\u00bb, \u00abNomenclatures\u00bb, \u00abPublications Noga 2002\u00bb.&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: \u00c9tat d\u2019avancement de la politique de croissance 2008-2011&#13;<\/p>\n<h3>\u00c9tat d\u2019avancement de la politique de croissance 2008-2011<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe rapport final d\u2019\u00e9valuation de la politique de croissance 2008-2011 sera pr\u00e9sent\u00e9 en m\u00eame temps que le rapport relatif \u00e0 la politique de croissance 2012\u20132015. Le bilan est mitig\u00e9, mais il reste la possibilit\u00e9 de reconsid\u00e9rer quelques mesures de la politique de croissance 2008-2011 qui n\u2019ont pas pu \u00eatre men\u00e9es \u00e0 bon port jusqu\u2019ici. Des \u00e9checs ont notamment \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s du fait du rejet du taux unique de TVA, de l\u2019abandon de l\u2019ouverture totale du march\u00e9 postal et du renvoi de la 11e r\u00e9vision de l\u2019AVS, qui aurait permis un ajustement au vieillissement d\u00e9mographique. L\u2019extension des proc\u00e9dures d\u2019adjudication publiques \u00e0 l\u2019offre de transport-voyageurs par le rail ne s\u2019est pas faite. Les n\u00e9gociations relatives \u00e0 un accord de libre-\u00e9change avec l\u2019UE dans le domaine agricole ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es. Le bouclement du Cycle de Doha se pr\u00e9sente sous de mauvais auspices. Les projets pilotes de p\u00e9age routier et d\u2019harmonisation du droit des march\u00e9s publics, qui avaient \u00e9chou\u00e9 dans leur forme originale, ont \u00e9t\u00e9 difficilement remis sur les rails. La r\u00e9vision du droit des poursuites et faillites est encore pendante devant le Parlement, apr\u00e8s que le deuxi\u00e8me Conseil, prenant le contre-pied du premier, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019entrer en mati\u00e8re. La loi sur la formation continue est encore en pr\u00e9paration. En revanche, la loi f\u00e9d\u00e9rale sur l\u2019aide aux hautes \u00e9coles et la coordination dans le domaine suisse des hautes \u00e9coles est d\u00e9j\u00e0 au stade de la mise en oeuvre. La confirmation de la libre circulation des personnes avec l\u2019UE et la r\u00e9vision de la loi sur les entraves techniques au commerce (introduction du principe du \u00abCassis de Dijon\u00bb) sont achev\u00e9es, mais d\u00e9j\u00e0 contest\u00e9es sur le plan politique. Le projet de politique agricole 2014\u20132017 pr\u00e9sent\u00e9 par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral va dans la bonne direction: si le Parlement l\u2019approuve en l\u2019\u00e9tat, il permettra d\u2019investir les fonds publics de mani\u00e8re plus rationnelle. La strat\u00e9gie du Conseil f\u00e9d\u00e9ral en mati\u00e8re d\u2019infrastructures va aussi dans la bonne direction. Les projets de financement et d\u2019am\u00e9nagement \u00e0 long terme de l\u2019infrastructure ferroviaire (Faif) et de d\u00e9veloppement du r\u00e9seau de routes nationales progressent, mais le chemin qui les s\u00e9pare de leur concr\u00e9tisation effective sera sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches, \u00e0 l\u2019image des proc\u00e9dures de consultation. Le r\u00e9examen des t\u00e2ches de la Conf\u00e9d\u00e9ration \u2013 effectu\u00e9 dans le cadre de la politique budg\u00e9taire \u2013 avance \u00e0 vitesse r\u00e9duite. Des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de la cyberadministration, de m\u00eame que dans celui de l\u2019all\u00e9gement administratif, dans lequel de nombreux sous-projets ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s. Le r\u00e9seau des accords de libre-\u00e9change s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 de ma-ni\u00e8re tr\u00e8s positive.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: La contribution des cantons&#13;<\/p>\n<h3>La contribution des cantons<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<i>La Vie \u00e9conomique<\/i> propose actuellement dans sa rubrique \u00abS\u00e9rie\u00bb un panorama des politiques de croissance d\u2019un certain nombre de cantons. Forts de leurs attributions dans les domaines de la formation, de la fiscalit\u00e9, de l\u2019organisation du territoire et des prestations li\u00e9es aux infrastructures, les cantons assument une responsabilit\u00e9 importante dans la politique de croissance. Ils jouent aussi un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans la politique f\u00e9d\u00e9rale. Leur influence \u00e0 ce niveau ne doit, toutefois, pas devenir une entrave pour la politique de croissance du Conseil f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des r\u00e9formes structurelles r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 temps permettent de d\u00e9bloquer le potentiel \u00e9conomique dun pays. Dans les ann\u00e9es nonante, la politique \u00e9conomique \u00e9tait plac\u00e9e sous le signe de la revitalisation. Depuis 2004, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral rassemble les r\u00e9formes \u00e9conomiques dans sa po-litique de croissance. 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