{"id":150234,"date":"2012-05-01T12:00:00","date_gmt":"2012-05-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/05\/sax-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:47:32","modified_gmt":"2023-08-23T22:47:32","slug":"sax-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/05\/sax-2\/","title":{"rendered":"La mondialisation, source de croissance \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<p>La mondialisation est vue par certains comme une chance et un enrichissement, par d\u2019autres comme une menace. Les recherches en sciences \u00e9conomiques plaident largement en faveur du point de vue des optimistes, en montrant que la mondialisation a des effets positifs sur la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 et qu\u2019elle r\u00e9duit la pauvret\u00e9. Les possibles effets n\u00e9gatifs sur la r\u00e9partition des richesses au sein des pays et sur l\u2019environnement sont moins le fait de la mondialisation que des manquements des \u00c9tats.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9conomie mondiale forme aujourd\u2019hui un r\u00e9seau plus dense que jamais. Entre 1950 et 2010, le commerce mondial de marchandises \u2013 mesur\u00e9 d\u2019apr\u00e8s les exportations \u2013 a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par trente-trois environ, tandis que sur la m\u00eame p\u00e9riode le produit int\u00e9rieur brut mondial a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s par neuf (voir <i>graphique 1<\/i>). Ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut aussi s\u2019observer \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des pays, dans des proportions et \u00e0 des \u00e9poques diff\u00e9rentes. Il refl\u00e8te l\u2019accroissement de la sp\u00e9cialisation et de la division des cha\u00eenes de valeur ajout\u00e9e des entreprises et industries ainsi que l\u2019int\u00e9gration de nombreux pays dans l\u2019\u00e9conomie mondiale. L\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) comprend 157 pays, un nombre plus \u00e9lev\u00e9 que jamais.La mondialisation touche aussi le commerce des services et les \u00e9changes de capitaux, travail et savoir-faire. Le <i>graphique 2<\/i> montre, \u00e0 l\u2019exemple de quelques pays, combien s\u2019est accru le niveau d\u2019int\u00e9gration dans le commerce des biens et des services. Il il-lustre aussi le niveau d\u2019int\u00e9gration dans l\u2019\u00e9change des capitaux et du travail (temporaire), calcul\u00e9 comme la somme des facteurs internationaux de revenus et de co\u00fbts compar\u00e9e au produit int\u00e9rieur brut (PIB). On peut observer que la mondialisation a continu\u00e9 de progresser fortement durant les derni\u00e8res d\u00e9cennies, aussi bien pour les flux de marchandises que \u2013 en particulier en Suisse \u2013 pour l\u2019\u00e9change des facteurs de production.Les causes de cette progression sont nombreuses. Elles sont d\u2019abord de nature technologique: les moyens de transport, tels que navires, avions et camions, ont am\u00e9lior\u00e9 leurs performance. L\u2019\u00e9volution des technologies de la communication \u2013 du t\u00e9l\u00e9graphe \u00e0 l\u2019internet en passant par le t\u00e9l\u00e9phone et le fax \u2013 a aussi jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019accroissement du commerce mondial. L\u2019\u00e9change des facteurs de production a pour sa part \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de nombreuses am\u00e9liorations institutionnelles, notamment dans le do-maine de la s\u00e9curit\u00e9 du droit, de l\u2019architec-ture financi\u00e8re et des assurances sociales.La dimension politique ne saurait \u00eatre sous-estim\u00e9e. L\u2019impact des deux guerres mondiales et des limitations au commerce qui les ont accompagn\u00e9es a \u00e9t\u00e9 tel que la mondialisation, qui avait atteint un tr\u00e8s haut niveau avant 1914, s\u2019est effondr\u00e9e. C\u2019est seulement vers 1980 que la quote-part des exportations et des importations dans le PIB d\u00e9passe celle atteinte avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Les nombreux cycles de n\u00e9gociation r\u00e9alis\u00e9s dans le cadre de l\u2019Accord g\u00e9n\u00e9ral sur les tarifs douaniers et le com-merce (\u00abGeneral Agreement on Tariffs and Trade\u00bb, Gatt) depuis 1948 et la fondation de l\u2019OMC en 1995 ont permis de r\u00e9duire les barri\u00e8res commerciales \u00e0 une \u00e9chelle mondiale et emp\u00each\u00e9 de les renforcer lors de la r\u00e9cente crise \u00e9conomique et financi\u00e8re. On peut encore mentionner la suppression d\u2019obstacles aux transferts de capitaux et la facilitation des migrations (temporaires).&#13;<\/p>\n<h2>Effets positifs de la mondialisation sur la prosp\u00e9rit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuel effet cette formidable croissance de l\u2019interd\u00e9pendance \u00e9conomique a-t-elle eu sur la croissance mondiale et la prosp\u00e9rit\u00e9? Les recherches th\u00e9oriques et empiriques s\u2019accordent ici sur une r\u00e9ponse \u00e9tonnamment nette: l\u2019ouverture des march\u00e9s, par la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes de biens, de services et de facteurs de production \u2013 comme le travail, le capital et le savoir-faire \u2013 favorise la croissance et conduit \u00e0 une plus grande prosp\u00e9rit\u00e9 macro\u00e9conomique.Cette affirmation est soutenue par les r\u00e9sultats de diverses recherches. <i>Wacziarg et Welch (2008),<\/i> qui ont examin\u00e9 les effets d\u2019une lib\u00e9ralisation du commerce sur la croissance \u00e9conomique, montrent que les pays ouverts ont une croissance plus rapide que les pays ferm\u00e9s. Ces auteurs ont \u00e9tabli que les \u00c9tats qui ont lib\u00e9ralis\u00e9 leur commerce ext\u00e9rieur entre 1950 et 1998 affichent en moyenne une croissance \u00e9conomique sup\u00e9rieure de 1,5% aux autres. La recherche de Wacziarg et Welch confirme ainsi les apports essentiels des th\u00e8ses classiques de <i>Sachs et Warner (1995).<\/i>Les m\u00eames auteurs ont par ailleurs montr\u00e9 que les \u00e9conomies nationales ouvertes convergent vers un m\u00eame niveau de revenu. Dans ce groupe, les pays pauvres croissent nettement plus vite que les riches, tandis que dans les \u00e9conomies nationales ferm\u00e9es, aucun \u00e9cart syst\u00e9matique de croissance entre pays riches et pays pauvres ne peut s\u2019observer. L\u2019ouverture profite donc tout particuli\u00e8rement aux pays pauvres. Cet effet positif de l\u2019ouverture se manifeste de fa\u00e7on particuli\u00e8rement nette lorsqu\u2019un pays se tourne vers le commerce mondial en un temps relativement bref, comme l\u2019ont fait de nombreux pays asiatiques. La Chine et le Vietnam par exemple, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre ouverts par d\u00e9cision politique, ont connu une tr\u00e8s forte croissance.Nulle part le contraste entre ouverture et autarcie n\u2019est plus patent que dans la p\u00e9ninsule cor\u00e9enne. Sur le 38e parall\u00e8le se c\u00f4toient actuellement l\u2019un des pays les plus riches et l\u2019un des plus pauvres de la plan\u00e8te, alors m\u00eame que les deux Cor\u00e9es ont connu jusqu\u2019en 1945 une histoire presque semblable, qu\u2019elles se distinguent \u00e0 peine sur les plans g\u00e9ographique, linguistique et culturel, et qu\u2019elles ont affich\u00e9 jusque dans les ann\u00e9es soixante un degr\u00e9 de d\u00e9veloppement \u00e9conomique similaire. Depuis que la Cor\u00e9e du Sud s\u2019est ouverte, vers le milieu des ann\u00e9es soixante, elle a atteint des taux de croissance records. Son voisin du nord au contraire souffre d\u2019une famine quasi-permanente. Le <i>graphique 3<\/i> illustre cet immense \u00e9cart de prosp\u00e9rit\u00e9, visible m\u00eame depuis l\u2019espace par la diff\u00e9rence de consommation d\u2019\u00e9lectricit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Canaux d\u2019influence de la mondialisation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa th\u00e9orie du commerce international identifie diff\u00e9rents canaux par lesquels le commerce international influe sur la prosp\u00e9rit\u00e9 et la croissance. Les travaux de <i>David Ricardo<\/i> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisifs \u00e0 cet \u00e9gard: il a montr\u00e9, en 1817, dans le chapitre \u00abDu commerce ext\u00e9rieur\u00bb de son ouvrage <i>Des principes de l\u2019\u00e9conomie politique et de l\u2019imp\u00f4t,<\/i> que les pays accroissent leur prosp\u00e9rit\u00e9 en se sp\u00e9cialisant dans les domaines o\u00f9 ils sont plus comp\u00e9tents que les autres. Cette mise en relief des avantages comparatifs implique qu\u2019un pays, tout en ayant des ressources limit\u00e9es, peut accro\u00eetre sa consommation globale, et qu\u2019il a besoin d\u2019exploiter moins de ressources pour atteindre un certain niveau de consommation. L\u2019ajustement des salaires au sein de l\u2019\u00e9conomie d\u2019un pays lui assure, ind\u00e9pendamment de sa productivit\u00e9, de pouvoir prendre part au commerce international.Les avantages absolus d\u2019un pays dans une industrie d\u00e9termin\u00e9e n\u2019entrent pas en ligne de compte. Le commerce n\u2019est pas favorable \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 parce qu\u2019il cr\u00e9e par exemple des emplois, mais parce que les biens produits permettent d\u2019accro\u00eetre les importations et de faire un usage plus efficient de ressources limit\u00e9es.La th\u00e9orie classique s\u2019est enrichie en bient\u00f4t deux cents ans de tr\u00e8s nombreux enseignements. Alors que Ricardo rattachait les avantages comparatifs des pays \u00e0 des \u00e9carts technologiques, la th\u00e9orie n\u00e9oclassique du commerce de <i>Heckscher et Ohlin<\/i> a mis l\u2019accent dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle sur les diff\u00e9rences en termes d\u2019acc\u00e8s aux ressources et aux facteurs. Cette nouvelle approche a conduit \u00e0 des d\u00e9couvertes int\u00e9ressantes sur l\u2019ajustement des prix des facteurs \u2013 par exemple des salaires \u2013 entre diff\u00e9rents pays.Il y a environ 30 ans est apparue une autre th\u00e9orie, \u00e9troitement li\u00e9e au nom de <i>Paul Krugman,<\/i> nomm\u00e9e la nouvelle th\u00e9orie du commerce et qui situe principalement les avantages de celui-ci dans l\u2019\u00e9largissement des march\u00e9s et dans la possibilit\u00e9 qui en d\u00e9coule pour les entreprises de cr\u00e9er leurs produits avec moins de ressources. Cette orientation des recherches, tr\u00e8s active encore aujourd\u2019hui, met aussi l\u2019accent sur l\u2019accroissement de la concurrence et sur ses effets sur l\u2019\u00e9volution d\u2019entreprises aux niveaux de productivit\u00e9 diff\u00e9rents.Les canaux d\u2019influence ainsi identifi\u00e9s ne concernent pas seulement le commerce des biens et des services mais s\u2019appliquent aussi de fa\u00e7on analogue \u00e0 l\u2019\u00e9change des facteurs de production et des produits interm\u00e9diaires. Dans tous ces domaines, le commerce a pour effet que les ressources sont employ\u00e9es l\u00e0 o\u00f9 elles livrent une contribution optimale \u00e0 la valeur ajout\u00e9e.Outre ces effets dits d\u2019allocation, qui permettent un accroissement de prosp\u00e9rit\u00e9 unique, existent des effets \u00e0 plus long terme sur la croissance. Le commerce et les investissements directs favorisent la diffusion des technologies au niveau international, permettant \u00e0 des pays moins d\u00e9velopp\u00e9s d\u2019accro\u00eetre leur production en recourant \u00e0 des technologies sans avoir \u00e0 mener les recherches n\u00e9cessaires. Ce facteur explique en partie que la Chine connaisse depuis des d\u00e9cennies une crois-sance plus rapide que ce qu\u2019ont pu conna\u00eetre les pays occidentaux dans leur histoire.&#13;<\/p>\n<h2>Revers de la m\u00e9daille<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi donc la mondialisation est \u00e0 ce point positive, pourquoi peine-t-elle \u00e0 convaincre aujourd\u2019hui? Deux raisons au moins peuvent \u00eatre avanc\u00e9es. Premi\u00e8rement, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas n\u00e9cessairement \u00e0 tous au sein d\u2019un m\u00eame pays, certains risquent aussi d\u2019en souffrir. Deuxi\u00e8mement, elle peut aggraver les atteintes \u00e0 l\u2019environnement lorsque les institutions sont insuffisamment outill\u00e9es.Le premier aspect renvoie au <i>th\u00e9or\u00e8me de Stolper-Samuelson (1941),<\/i> g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 par <i>Jones (1965)<\/i> sous le concept de \u00abMagnification Effect\u00bb, selon lequel la mondialisation entra\u00eene une forte modification des prix relatifs des facteurs dans les pays concern\u00e9s. La diminution relative des revenus de la main d\u2019\u0153uvre peu qualifi\u00e9e observ\u00e9e dans plusieurs pays pourrait ainsi \u00eatre li\u00e9e aux progr\u00e8s du commerce international. Une autre explication r\u00e9side dans le progr\u00e8s technologique, qui remplace la main d\u2019\u0153uvre peu qualifi\u00e9e par le capital. Dans le cas de la Suisse, les salaires relatifs de la main-d\u2019\u0153uvre peu qualifi\u00e9e ne diminuent pas, mais son ch\u00f4mage relatif augmente. Cependant, comme le montrent <i>Weder et Wyss (2011),<\/i> on ne peut pas rattacher ce ph\u00e9nom\u00e8ne au commerce international (mais \u00e9ventuellement \u00e0 l\u2019immigration).L\u2019augmentation des in\u00e9galit\u00e9s qui accompagne la forte croissance \u00e9conomique dans des pays comme la Chine ou l\u2019Inde n\u2019est au demeurant pas inhabituelle, elle est similaire \u00e0 celle qu\u2019ont connue les pays europ\u00e9ens au XIXe si\u00e8cle. L\u2019augmentation des in\u00e9galit\u00e9s en Chine s\u2019explique par le fait que les villes s\u2019enrichissent \u00e0 un rythme rapide et que les r\u00e9gions agricoles ne peuvent pas suivre. Il serait pourtant faux de dire que les pauvres en Chine ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de l\u2019essor du pays. <i>Dollar et Kraay (2004)<\/i> ont en effet montr\u00e9 par une \u00e9tude empirique int\u00e9grant plus de cent pays que la lib\u00e9ralisation du commerce de marchandises a un effet positif sur la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 au sein des pays.Le deuxi\u00e8me aspect renvoie aux effets n\u00e9gatifs que la mondialisation peut avoir sur la pollution de l\u2019environnement et sur la surexploitation des ressources. Certains types de polluants \u2013 comme ceux g\u00e9n\u00e9r\u00e9s notamment par le transport \u2013 sont sans nul doute en relation directe avec l\u2019accroissement du commerce. Les principales cons\u00e9quences de la mondialisation sur l\u2019environnement sont, cependant, li\u00e9es \u00e0 l\u2019augmentation parall\u00e8le de la prosp\u00e9rit\u00e9.Des analyses th\u00e9oriques et empiriques de cette relation complexe identifient des effets vari\u00e9s sur la pollution, dont certains se neutralisent. <i>Antweiler, Copeland et Taylor (2001)<\/i> montrent ainsi que, si le commerce entra\u00eene un accroissement de la production et donc de la pollution (effet d\u2019\u00e9chelle), l\u2019augmentation des revenus conduit dans le m\u00eame temps les \u00c9tats \u00e0 durcir leurs directives sur l\u2019environnement, contraignant les entreprises \u00e0 mettre en \u0153uvre des techniques environnementales plus \u00e9labor\u00e9es (effet technique). Dans leur \u00e9tude, qui aborde les \u00e9missions de dioxyde de soufre (SO<i>2<\/i>) dans un grand nombre de pays, c\u2019est le second effet qui l\u2019emporte; le commerce r\u00e9duit donc la pollution. Pour d\u2019autres substances en revanche \u2013 comme le dioxyde de carbone (CO<i>2<\/i>) \u2013 le premier effet semble pr\u00e9valoir <i>(Cole et Elliott, 2003).<\/i>L\u2019impact du commerce sur l\u2019environnement d\u00e9pend donc fortement du type de pollution et des contre-mesures \u00e9tatiques. Alors que, pour le SO<i>2<\/i>, l\u2019\u00c9tat et l\u2019\u00e9conomie ont soutenu des mesures permettant d\u2019am\u00e9liorer les techniques de production, pour le CO<i>2<\/i> la volont\u00e9 d\u2019en r\u00e9duire les \u00e9missions para\u00eet bien plus faible.N\u00e9gliger les questions environnementales entra\u00eene l\u2019apparition d\u2019externalit\u00e9s mal anticip\u00e9es. Dans un tel cas, le commerce international peut renforcer celles qui sont ind\u00e9sirables. Par exemple, comme nous l\u2019apprend <i>Taylor (2011),<\/i> les gigantesques hordes de bisons, non prot\u00e9g\u00e9es, qui parcouraient le centre des \u00c9tats-Unis ont \u00e9t\u00e9 pratiquement an\u00e9anties en l\u2019espace de quinze ans vers la fin du XIXe si\u00e8cle suite \u00e0 la d\u00e9couverte en Europe d\u2019une technique rendant possible l\u2019exploitation industrielle des peaux de bisons. Sans l\u2019existence d\u2019un commerce entre l\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis, une telle exploitation effr\u00e9n\u00e9e n\u2019aurait pas eu lieu, du moins dans une telle ampleur et \u00e0 un tel rythme; ce n\u2019aurait naturellement pas \u00e9t\u00e9 le cas non plus si l\u2019\u00c9tat leur avait assur\u00e9 sa protection.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation a donc un effet positif sur la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9. Elle tend en outre \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9, m\u00eame si elle risque d\u2019accro\u00eetre les in\u00e9galit\u00e9s au sein d\u2019un m\u00eame pays. Le commerce international peut, par ailleurs, avoir un effet positif sur l\u2019environnement, dans la mesure o\u00f9, la prosp\u00e9rit\u00e9 aidant, les r\u00e8glements environnementaux tendent \u00e0 se durcir. L\u2019\u00e9cologie et les ressources risquent surtout de subir des catastrophes lorsque le commerce conduit \u00e0 une surexploitation rapide et incontr\u00f4l\u00e9e des biens communs (mondiaux). Les politiques doivent alors agir en prenant des mesures cibl\u00e9es: en prot\u00e9geant, par exemple, une esp\u00e8ce ou en levant un imp\u00f4t sur le CO<i>2<\/i>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution du commerce mondial de marchandises et du produit int\u00e9rieur brut mondial, 1950\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abIntensit\u00e9 du commerce international et des \u00e9changes de facteurs pour plusieurs pays, 1950\u20132009\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abOuverture et autarcie vues de l\u2019espace: l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9clairage \u00e9lectrique comme indice de l\u2019\u00e9cart de d\u00e9veloppement \u00e9conomique entre la Cor\u00e9e du Sud et la Cor\u00e9e du Nord\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Liens de causalit\u00e9 entre commerce et prosp\u00e9rit\u00e9&#13;<\/p>\n<h3>Liens de causalit\u00e9 entre commerce et prosp\u00e9rit\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa forte connexion entre commerce et prosp\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas encore en soi la preuve d\u2019un effet positif du commerce. Les \u00e9carts de prosp\u00e9rit\u00e9 pourraient provenir d\u2019autres facteurs \u2013 par exemple la diversit\u00e9 des institutions \u2013 et les diff\u00e9rences d\u2019ouverture n\u2019\u00eatre qu\u2019une cons\u00e9quence des diff\u00e9rences de prosp\u00e9rit\u00e9. La Cor\u00e9e du Sud serait d\u00e8s lors plus ouverte que la Cor\u00e9e du Nord par le fait qu\u2019elle est plus riche.<i>Frankel et Romer (1999)<\/i> ont affront\u00e9 ce probl\u00e8me avec l\u2019id\u00e9e suivante: certains facteurs g\u00e9ographiques, par exemple une distance importante entre les pays, ont sur le commerce des effets n\u00e9gatifs similaires \u00e0 ceux d\u2019une restriction, comme des droits de douane. Or contrairement \u00e0 ces derniers, les facteurs g\u00e9ographiques ne sont pas influenc\u00e9s par la prosp\u00e9rit\u00e9 d\u2019un pays. Le lien entre flux commerciaux tels qu\u2019influenc\u00e9s par la g\u00e9ographie et prosp\u00e9rit\u00e9 peut donc recevoir une interpr\u00e9tation causale. Comme le montrent <i>Frankel et Romer,<\/i> cet effet de causalit\u00e9 se situe dans le m\u00eame ordre de grandeur que celui que livre une simple consid\u00e9ration du rapport entre commerce et prosp\u00e9rit\u00e9. D\u2019autres travaux bas\u00e9s sur des effets diff\u00e9r\u00e9s dans le temps confirment la causalit\u00e9 de la lib\u00e9ralisation du commerce sur l\u2019accroissement de la prosp\u00e9rit\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Antweiler Werner, Copeland Brian et Taylor M. Scott, \u00abIs Free Trade Good for the Environment?\u00bb, <i>American Economic Review,<\/i> 91, 4, 2001, p. 877\u2013908.\u2212 Cole Matthew A. et Elliott Robert J.A., \u00abDetermining the Trade-Environment Relationship: The Role of Capital, Labor and Environmental Regulations\u00bb, <i>Journal of Environmental Economics and Management,<\/i> 46, 3, 2002, p. 363\u2013386.\u2212 Dollar David et Kraay Aart, \u00abTrade, Growth, and Poverty\u00bb, <i>The Economic Journal,<\/i> 114, f\u00e9vrier 2004, F22\u2013F49.\u2212 Frankel Jeffrey et Romer David, \u00abDoes Trade Cause Growth?\u00bb, <i>American Economic Review,<\/i> 89, 3, 1999. P. 379\u2013399.\u2212 Jones Ronald W., \u00abThe Structure of Simple General Equilibrium Models\u00bb, <i>Journal of Political Economy,<\/i> 73, 1965, p. 557\u2013572.\u2212 Ricardo David, <i>Des principes de l\u2019\u00e9conomie politique et de l\u2019imp\u00f4t,<\/i> Londres, 1817 (plusieurs \u00e9ditions en fran\u00e7ais).\u2212 Sachs Jeffrey et Warner Andrew, \u00abEconomic Reform and the Process of Global Integration\u00bb, <i>Brookings Papers on Economic Activity,<\/i> 1, 25th Anniversary Issue, 1995, p. 1\u2013118.\u2212 Stolper Wolfgang et Samuelson Paul, \u00abProtection and Real Wages\u00bb, <i>Review of Economic Studies,<\/i> 9, 1941, p. 58\u201373.\u2212 Taylor M. Scott, \u00abBuffalo Hunt: International Trade and the Virtual Extinction of the North American Bison\u00bb, <i>American Economic Review,<\/i> 101, 7, 2011, p. 3162\u20133195. \u2212 Wacziarg Romain et Welch Karen Horn, \u00abTrade Liberalization and Growth: New Evidence\u00bb, <i>World Bank Economic Review,<\/i> 22, 2, 2008, p. 187\u2013231.\u2212 Weder Rolf et Wyss Simone, <i>International Trade and Unemployment: An Investigation of the Swiss Case,<\/i> 2011, universit\u00e9 de B\u00e2le (mimeo).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mondialisation est vue par certains comme une chance et un enrichissement, par d\u2019autres comme une menace. Les recherches en sciences \u00e9conomiques plaident largement en faveur du point de vue des optimistes, en montrant que la mondialisation a des effets positifs sur la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 et qu\u2019elle r\u00e9duit la pauvret\u00e9. 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