{"id":150279,"date":"2012-04-01T12:00:00","date_gmt":"2012-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/04\/hadorn-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:47:58","modified_gmt":"2023-08-23T22:47:58","slug":"hadorn-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/04\/hadorn-2\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9conomie carn\u00e9e et la Politique agricole 2014\u20132017"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9conomie carn\u00e9e accueille favorablement la direction donn\u00e9e aux paiements directs et \u00e0 la strat\u00e9gie de la qualit\u00e9 par la PA 14\u201317. Elle rejette, par contre, la fa\u00e7on dont la souverainet\u00e9 alimentaire et la neutralit\u00e9 concurrentielle sont organis\u00e9es dans le projet actuel. L\u2019ent\u00eatement du Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 maintenir le syst\u00e8me d\u2019adjudication pour la viande import\u00e9e est inacceptable.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa t\u00e2che principale de l\u2019agriculture a \u00e9t\u00e9, pendant longtemps, de fournir des denr\u00e9es alimentaires en quantit\u00e9 suffisante. Le progr\u00e8s technique a d\u00e9tach\u00e9 progressivement les probl\u00e8mes quantitatif et qualitatif. Ce dernier point ne s\u2019adresse pas seulement \u00e0 la qualit\u00e9 propre de la viande, mais aussi \u00e0 des facteurs \u00abmous\u00bb, tels que l\u2019\u00e9cologie, l\u2019entretien du paysage, les questions sociales et la protection des animaux.L\u2019Union professionnelle suisse de la viande (UPSV) reconna\u00eet que l\u2019agriculture, en raison de la diversit\u00e9 de ses t\u00e2ches, a besoin des paiements directs, bien qu\u2019on pr\u00e9voie un recul de 5% de la production de viande bovine et que ses membres ne touchent aucune subvention d\u2019\u00c9tat. Elle partage \u00e9galement l\u2019id\u00e9e que la strat\u00e9gie en mati\u00e8re de qualit\u00e9 initi\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration pour l\u2019\u00e9conomie agroalimentaire suisse est d\u2019une importance primordiale, d\u2019autant qu\u2019elle n\u2019a gu\u00e8re de possibilit\u00e9 de s\u2019imposer au plan international que ce soit par les prix ou la quantit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9conomie agroalimentaire forme un tout<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nProduire des denr\u00e9es alimentaires de haute qualit\u00e9 n\u00e9cessite aussi bien d\u2019excellentes mati\u00e8res premi\u00e8res de la part du paysan \u2013 ce qui constitue sa t\u00e2che principale \u2013 que du savoir-faire et des infrastructures en aval pour la transformation et l\u2019affinage. Une politique agricole qui vise le long terme doit donc faire \u00e9voluer l\u2019\u00e9conomie agroalimentaire comme un tout. Il faut, pour cela, \u00e9viter daffaiblir davantage la recherche appliqu\u00e9e, les consultations et l\u2019\u00e9levage, mais les doter des moyens n\u00e9cessaires.Il est incompr\u00e9hensible que, dans la situation actuelle, certains milieux \u2013 comme dans le projet de \u00abSuissitude\u00bb \u2013 ne s\u2019int\u00e9ressent qu\u2019aux mati\u00e8res premi\u00e8res ou veulent, au nom de la souverainet\u00e9 alimentaire, que le taux d\u2019autoapprovisionnement soit au moins de 60% (actuellement 80% pour la viande). Cette derni\u00e8re devrait, bien au contraire, viser \u00e0 faire \u00e9voluer le potentiel de production, au lieu de b\u00e9tonner les structures existantes.La d\u00e9finition de la neutralit\u00e9 concurrentielle est, toutefois, beaucoup trop restrictive: ce n\u2019est pas le rayon d\u2019activit\u00e9 imm\u00e9diat, mais la port\u00e9e \u00e9conomique qui devrait avoir la priorit\u00e9. Les activit\u00e9s de type artisanal exerc\u00e9es par les paysans \u2013 comme les ventes \u00e0 la ferme ou la restauration \u2013 engendrent d\u2019importantes distorsions de march\u00e9, en raison des diff\u00e9rentes prescriptions l\u00e9gales (am\u00e9nagement du territoire, droit du travail, cr\u00e9dit d\u2019investissement, contr\u00f4le alimentaire, etc.). L\u2019UPSV ne veut pas faire interdire ces activit\u00e9s \u00abpara-agricoles\u00bb importantes, elle r\u00e9clame une \u00e9galit\u00e9 de traitement o\u00f9 les m\u00eames lois sont appliqu\u00e9es \u00e0 des activit\u00e9s comparables.&#13;<\/p>\n<h2>Un commerce ext\u00e9rieur in\u00e9galitaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est illusoire de s\u2019imaginer, comme certains le croient, que l\u2019agriculture pourra rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart de l\u2019internationalisation croissante de l\u2019\u00e9conomie mondiale. Les fronti\u00e8res sont d\u00e9j\u00e0 ouvertes, malheureusement dans un seul sens. Le tourisme d\u2019achats le montre bien: il s\u2019est traduit par une diminution du chiffre d\u2019affaires de l\u2019\u00e9conomie carn\u00e9e d\u2019un milliard de francs en 2011. Or, les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour ouvrir le march\u00e9 de fa\u00e7on contr\u00f4l\u00e9e se heurtent toujours \u00e0 une farouche r\u00e9sistance.La viande repr\u00e9sente quasiment un quart de la production agricole totale; les co\u00fbts qu\u2019elle suscite sont deux \u00e0 trois fois sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la concurrence internationale. Toutefois, le secteur de la viande continuera de ne pas toucher de subventions aux exportations en raison des prescriptions de l\u2019OMC qui l\u2019excluent de la \u00abloi chocolati\u00e8re\u00bb. Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant, dans ces conditions, que la viande ne repr\u00e9sente que 2,3% des exportations (2011).Le fait que la Conf\u00e9d\u00e9ration pr\u00e9l\u00e8ve 150 \u00e0 160 millions de francs nets par an lors de l\u2019adjudication des importations de viande pour les reverser dans la caisse commune est encore plus d\u00e9rangeant, car elle soutire, par ce fait, un \u00abimp\u00f4t\u00bb suppl\u00e9mentaire \u00e0 la branche! Le secteur de la viande place, de ce c\u00f4t\u00e9, beaucoup d\u2019espoirs dans les d\u00e9bats parlementaires \u00e0 venir. Ceux-ci doivent absolument optimiser le syst\u00e8me des importations et le baser sur des prestations en faveur de la production indig\u00e8ne, comme l\u2019ont propos\u00e9 collectivement l\u2019UPSV, les paysans et le commerce de b\u00e9tail.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9conomie carn\u00e9e accueille favorablement la direction donn\u00e9e aux paiements directs et \u00e0 la strat\u00e9gie de la qualit\u00e9 par la PA 14\u201317. Elle rejette, par contre, la fa\u00e7on dont la souverainet\u00e9 alimentaire et la neutralit\u00e9 concurrentielle sont organis\u00e9es dans le projet actuel. 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