{"id":150284,"date":"2012-04-01T12:00:00","date_gmt":"2012-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/04\/haeberli-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:48:15","modified_gmt":"2023-08-23T22:48:15","slug":"haeberli-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/04\/haeberli-2\/","title":{"rendered":"Le blocage des r\u00e9formes dans la politique agricole suisse et ses r\u00e9percussions internationales"},"content":{"rendered":"<p>Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es quatre-vingt que l\u2019agriculture suisse s\u2019est lentement affranchie du dirigisme dans lequel elle \u00e9tait tomb\u00e9e pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle. Ce changement \u00e9tait dict\u00e9 la plupart du temps par la politique int\u00e9rieure, mais souvent aussi \u2013 et parall\u00e8lement \u2013 par des accords internationaux conclus \u00e0 lOrganisation mondiale du commerce (OMC) et dans l\u2019UE. Aujourd\u2019hui, on constate une sorte de blocage des r\u00e9formes. Ne reparle-t-on pas d\u2019imposer des contributions obligatoires aux producteurs de lait pour piloter les contingents, d\u2019augmenter le soutien aux prix, voire de revenir aux subventions pour \u00e9couler les exc\u00e9dents? Pourquoi le Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u2013 et surtout le Parlement \u2013 bloquent-ils la r\u00e9forme agraire?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201204_09_Haeberli_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDans cet article, il ne sera pas question de la politique agricole int\u00e9rieure, mais de ses cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement et la production rurale, surtout dans les pays en d\u00e9veloppement. Nous ne m\u00e9connaissons certes pas la situation difficile de nombreux paysans ni le fait qu\u2019avec sa politique agricole, la Suisse est en tr\u00e8s bonne compagnie! Dans la plupart des cas, elle exploite seulement \u00e0 fond sa marge de man\u0153uvre, sans violer le droit international. Toutefois, ce n\u2019est pas en multipliant les contraintes, tout en valorisant les exc\u00e9dents, l\u2019autarcie et les barri\u00e8res aux importations que l\u2019on am\u00e9liorera les chances de la prochaine g\u00e9n\u00e9ration de paysans; bien au contraire!&#13;<\/p>\n<h2>Le point de la situation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLongtemps encore apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, les agriculteurs suisses sont rest\u00e9s prisonniers d\u2019un cercle vicieux qu\u2019ils avaient con\u00e7u eux-m\u00eames, avec des prix et des co\u00fbts en hausse, doubl\u00e9s de revenus en baisse. C\u2019est le peuple suisse qui, en rejetant clairement l\u2019arr\u00eat\u00e9 sur le sucre en 1986, imposa l\u2019abandon du dirigisme; en 1989 et 1998, les initiatives dites des petits paysans n\u2019obtinrent pas non plus la majorit\u00e9. Le nouvel article constitutionnel (art. 104 Cst.) ne fut accept\u00e9 que lorsque les paiements directs furent li\u00e9s \u00e0 certaines prestations. Parall\u00e8lement, l\u2019\u00e9volution internationale pla\u00e7a nos agriculteurs devant de nouveaux d\u00e9fis. Le 1er juillet 1995, la Suisse adh\u00e9rait \u00e0 l\u2019OMC et le 21 juin 1999, elle signait l\u2019accord agricole bilat\u00e9ral avec l\u2019UE. Apr\u00e8s plus de dix ans, les n\u00e9gociations \u00e0 l\u2019OMC sont au point mort, ce qui compromet les chances de nouvelles lib\u00e9ralisations avec l\u2019UE, m\u00eame si la Commission de l\u2019\u00e9conomie et des redevances du Conseil des \u00c9tats s\u2019est prononc\u00e9e contre la rupture des n\u00e9gociations demand\u00e9e au Conseil national. La Suisse restera donc, dans un avenir pr\u00e9visible, le pays qui pratique les tarifs douaniers les plus \u00e9lev\u00e9s du monde pour les produits agricoles et qui soutient le plus les prix (voir <i>graphique 1<\/i>).En pareille situation, les interventions parlementaires visant \u00e0 revenir en arri\u00e8re ont de bonnes chances de r\u00e9ussite. Certes, l\u2019Of-fice f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture (Ofag) et le Conseil f\u00e9d\u00e9ral se sont oppos\u00e9s avec succ\u00e8s \u00e0 la r\u00e9introduction des subventions aux exportations de b\u00e9tail sur pied. Apr\u00e8s une valse-h\u00e9sitation, le Parlement a reconnu que cela ne ferait que rench\u00e9rir et la production et la viande. Les \u00e9conomistes savent qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019exc\u00e9dents, mais seulement des prix trop \u00e9lev\u00e9s. Malgr\u00e9 cela, la majorit\u00e9 des producteurs de lait exigent des contributions obligatoires pour \u00e9couler les exc\u00e9dents. Quant \u00e0 l\u2019industrie alimentaire, elle d\u00e9fend elle aussi les subventions \u00e0 l\u2019exportation pr\u00e9vues dans la \u00abloi chocolati\u00e8re\u00bb pour compenser le fait qu\u2019elle utilise des mati\u00e8res premi\u00e8res indig\u00e8nes. En m\u00eame temps, on d\u00e9finit le \u00abSwiss Made\u00bb de cas en cas et jusqu\u2019\u00e0 l\u2019origine des noisettes utilis\u00e9es dans les biscuits!&#13;<\/p>\n<h2>Le probl\u00e8me<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nMalgr\u00e9 le protectionnisme et les subventions, le revenu r\u00e9el des agriculteurs stagne ou baisse. La raison et la cons\u00e9quence en sont un maintien des structures, \u00e0 l\u2019abri de la concurrence avec l\u2019\u00e9tranger. Apr\u00e8s cinquante ans dajustement structurel (autrement appel\u00e9 la \u00abmort des paysans\u00bb) relativement constant et supportable, politiquement parlant, parce qu\u2019allant de pair avec l\u00e9volution d\u00e9mographique, le taux de disparition des exploitations est tomb\u00e9 aujourd\u2019hui de 2 ou 3% par an \u00e0 1,5%; quant aux faillites, il n\u2019y en a pratiquement plus. En m\u00eame temps, les \u00e9coles d\u2019agriculture sont pleines. Dans de nombreux villages, des jeunes gens dynamiques attendent en vain que leur voisin \u00e2g\u00e9 abandonne enfin sa ferme.Depuis la hausse du franc, le tourisme d\u2019achats revient en force, surtout dans le domaine alimentaire. Cela s\u2019est traduit par une augmentation des recettes douani\u00e8res, qui sont pass\u00e9es de 30 \u00e0 tout juste 40 millions de francs en 2011. Le peuple suisse promeut la concurrence en achetant presque 5% de sa consommation \u00e0 L\u00f6rrach, pr\u00e8s de B\u00e2le, ou \u00e0 \u00c9trembi\u00e8res, pr\u00e8s de Gen\u00e8ve, \u00e0 ceci pr\u00e8s que ceux qui en profitent ne sont pas les paysans suisses, mais leurs concurrents allemands et fran\u00e7ais. Quant aux supermarch\u00e9s \u00e9trangers proches de la fronti\u00e8re, ils sont tr\u00e8s souvent exploit\u00e9s par des d\u00e9taillants suisses.La place \u00e9conomique suisse en souffre, mais la perte de parts de march\u00e9 qui en r\u00e9sulte pour notre agriculture et notre industrie alimentaire ne semble malheureusement pas inqui\u00e9ter le Palais f\u00e9d\u00e9ral. Il est vrai que les partis politiques et les associations \u00e9cologiques se prononcent sur les propositions du Conseil f\u00e9d\u00e9ral concernant la r\u00e9organisation des paiements directs (Politique agricole 2014-2017), mais ni le tourisme d\u2019achats ni le montant des subventions agricoles ne sont abord\u00e9s, sans m\u00eame parler de l\u2019ouverture des fronti\u00e8res ou d\u2019autres lib\u00e9ralisations, comme dans le droit foncier ou l\u2019am\u00e9nagement du territoire. Bien au contraire, puisque, pour compl\u00e9ter les nouvelles contributions \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement, l\u2019Union suisse des paysans r\u00e9clame encore davantage de protectionnisme pour garantir la \u00absouverainet\u00e9 alimentaire\u00bb de la Suisse: <i>Parall\u00e8lement \u00e0 la contribution \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement, la protection douani\u00e8re des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles contribue largement \u00e0 garantir une production indig\u00e8ne durable, diversifi\u00e9e et de haute qualit\u00e9. Celle-ci s\u2019inscrit parfaitement dans le principe de la souverainet\u00e9 alimentaire.<\/i>Le dirigisme perdure aussi en mati\u00e8re de production, mais sans emp\u00eacher pour autant les exc\u00e9dents. En 2011, il a fallu jeter 50&nbsp;000 tonnes de pommes de terre aux cochons ou les transformer en biogaz; presque 14&nbsp;000 tonnes de froment ont \u00e9t\u00e9 \u00abd\u00e9class\u00e9es\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire interdites de panification. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a, en outre, approuv\u00e9 un contingentement imposant une contribution obligatoire aux producteurs de lait pour r\u00e9duire la montagne de beurre. C\u2019est ainsi qu\u2019en 2011, 9430 tonnes de beurre ont \u00e9t\u00e9 export\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>Aspects internationaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe sont l\u00e0 de mauvaises nouvelles pour les agriculteurs suisses efficients, mais aussi pour les paysans d\u2019autres pays qui peuvent fournir ces marchandises meilleur march\u00e9. Pour le beurre, il faut ajouter qu\u2019il ne peut \u00eatre \u00e9coul\u00e9 sur les march\u00e9s internationaux qu\u2019\u00e0 l\u2019aide de subventions \u00e0 l\u2019exportation, auxquelles la Suisse n\u2019a pas droit, m\u00eame sur une base dite d\u2019\u00e9conomie priv\u00e9e. Le droit de l\u2019OMC interdit, en effet, de subventionner les exportations de produits agricoles qui ne touchaient pas de telles contributions auparavant. Or, contrairement aux fromages, concentr\u00e9s de fruits et animaux vivants, le beurre suisse n\u2019a jamais b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de subventions \u00e0 l\u2019exportation (sinon sous forme de chocolat ou de biscuits). Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral ignorait-il donc que sa d\u00e9cision violait les r\u00e8gles de l\u2019OMC et qu\u2019elle favorisait encore le \u00abdumping\u00bb agricole?Du point de vue de la politique du d\u00e9veloppement, un fait encore plus grave est que le beurre est m\u00eame \u00e9coul\u00e9 dans des pays comme la Turquie ou l\u2019\u00c9gypte, et que les bovins exc\u00e9dentaires volent jusque dans les Balkans. Ces subventions sont certes autoris\u00e9es par l\u2019OMC, et les animaux aboutissent rapidement \u00e0 l\u2019abattoir, tout au moins en Italie, notre principal d\u00e9bouch\u00e9, mais ce b\u00e9tail suisse pla\u00eet aussi peu aux \u00e9leveurs indig\u00e8nes que notre beurre aux producteurs turcs et \u00e9gyptiens de lait.Subventionner les exportations et garantir des revenus sans conditions contraignantes ne sont pas les seules mesures dommageables au plan international. Le pilotage des importations fausse lui aussi le march\u00e9, surtout au d\u00e9triment des pays en d\u00e9veloppement les plus lointains. La plupart des importations de fruits et l\u00e9gumes sont si bien dos\u00e9es en fonction de la demande int\u00e9rieure que les consommateurs ne remarquent rien, sinon le prix. Bien que les interdictions d\u2019importer ne soient plus autoris\u00e9es par l\u2019OMC, la Suisse continue \u00e0 pr\u00e9lever au besoin des droits d\u2019entr\u00e9e de plus de 1000%, comme c\u2019est le cas du persil. Plusieurs fois par semaine, l\u2019Ofag fixe combien de fruits et l\u00e9gumes de saison peuvent \u00eatre import\u00e9s au tarif minimum. Une autre cons\u00e9quence importante pour la politique du d\u00e9veloppement: les livraisons en provenance d\u2019Afrique ne peuvent concurrencer les importations des pays voisins.&#13;<\/p>\n<h2>Mondialisation et lib\u00e9ralisation quasi inexistantes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 y regarder de plus pr\u00e8s, on constate que la mondialisation et la lib\u00e9ralisation de l\u2019agriculture suisse ont \u00e0 peine commenc\u00e9. L\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019OMC a certes impos\u00e9 une diminution des droits d\u2019entr\u00e9e de 15%, mais l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 n\u2019a d\u00fb \u00eatre relev\u00e9 \u00e0 5% de la consommation int\u00e9rieure que pour la viande de porc et les pommes de terre. Encore les porcs peuvent-ils \u00eatre compt\u00e9s (\u00abagr\u00e9g\u00e9s\u00bb) avec les poulets, alors que le contingent de pommes de terre (pour les 5% cit\u00e9s) est de toute fa\u00e7on relev\u00e9 volontairement et massivement en cas de mauvaises r\u00e9coltes. M\u00eame si l\u2019accord agricole avec l\u2019UE et les accords de libre-\u00e9change avec les pays en d\u00e9veloppement comportent certaines franchises ou facilit\u00e9s douani\u00e8res, le fromage est presque la seule denr\u00e9e importable de l\u2019UE en quantit\u00e9 illimit\u00e9e et sans droits d\u2019entr\u00e9e. Les pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires conc\u00e9d\u00e9es \u00e0 tous les pays en d\u00e9veloppement n\u2019ont gu\u00e8re fait augmenter les importations. Depuis 2009, les pays les plus pauvres b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une franchise douani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale et quantitativement illimit\u00e9e pour tous leurs produits (pour autant que la production nationale ne soit pas mena-c\u00e9e). N\u00e9anmoins, les importations prove-nant de ces pays n\u2019ont gu\u00e8re augment\u00e9: ils ne peuvent, en effet, gu\u00e8re remplir les conditions d\u2019entr\u00e9e \u2013 en particulier pour les produits animaux \u2013 et doivent m\u00eame verser les redevances destin\u00e9es \u00e0 financer les r\u00e9serves suisses obligatoires!Depuis la crise alimentaire de 2007\/08, on cherche au niveau international de nouvelles strat\u00e9gies contre la faim dans le monde. L\u00e0, la Suisse officielle s\u2019est d\u00e9couvert un champ d\u2019activit\u00e9. Au titre de la \u00abs\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement\u00bb, elle fait des propositions aux pays en d\u00e9veloppement et leur recommande des projets dans lesquels la politique agricole de la Suisse est encens\u00e9e comme multifonctionnelle et durable. Ce faisant, on omet de dire que le mod\u00e8le suisse n\u2019est durable que gr\u00e2ce aux 3,5 milliards de francs de subventions annuelles et \u00e0 un protectionnisme extr\u00eamement solide.Il frise donc l\u2019ironie qu\u2019\u00e0 la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de l\u2019OMC de d\u00e9cembre 2011, la Suisse ait sign\u00e9 un \u00abPacte contre le protectionnisme\u00bb interdisant de nouvelles entraves au commerce, de nouvelles restrictions aux importations et toute mesure non conforme aux r\u00e8gles de l\u2019OMC, notamment les subventions aux exportations. Conform\u00e9ment \u00e0 une r\u00e9solution du G20 adopt\u00e9e peu avant \u00e0 Cannes, les signataires ont en outre l\u2019intention de revenir sur toutes les mesures protectionnistes prises depuis l\u2019\u00e9clatement de la crise financi\u00e8re. Presque cinquante pays ont sign\u00e9 ce pacte, dont l\u2019UE et les \u00c9tats-Unis. Bien qu\u2019oppos\u00e9s au protectionnisme, des pays \u00e9mergents comme le Br\u00e9sil, l\u2019Inde, la Chine et l\u2019Afrique du Sud ont en revanche refus\u00e9 de le faire, et ce pour deux raisons: 1\u00b0 ils revendiquent hautement leur droit d\u2019exploiter la marge de man\u0153uvre qui leur reste apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec du cycle de Doha; 2\u00b0 ils soulignent qu\u2019avec cet \u00e9chec, les pays industrialis\u00e9s conservent leur droit \u00e0 une des pires formes de protectionnisme qui soit, \u00e0 savoir les subventions \u00e0 lexportation agricoles.Certes, aucune organisation internationale n\u2019a d\u00e9fini jusqu\u2019ici le protectionnisme pour le distinguer de la protection l\u00e9gitime de certains choix sociaux, comme dans le domaine \u00e9cologique ou social. Les autres signataires de ce \u00abpacte\u00bb ne sont pas non plus des enfants de ch\u0153ur et, sur le plan quantitatif, les mesures suisses ne font de toute fa\u00e7on pas le poids; la question ne s\u2019en pose pas moins de la coh\u00e9rence entre les politiques \u00e9conomique et ext\u00e9rieure de la Suisse et son aide au d\u00e9veloppement.&#13;<\/p>\n<h2>Sortir de l\u2019impasse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQue faire pour sortir de l\u2019impasse dans laquelle se trouve actuellement l\u2019agriculture suisse? Les limites impos\u00e9es \u00e0 cet article ne permettent daborder que deux aspects internationaux de la question.Jusqu\u2019ici \u2013 et dans la droite ligne des protecteurs du paysage et de l\u2019environnement \u2013, les agriculteurs ont toujours insist\u00e9 sur le fait que l\u2019on ne pouvait garantir leur revenu qu\u2019en soutenant les prix et en fermant les fronti\u00e8res. Or divers travaux de recherche de l\u2019EPFZ ont d\u00e9montr\u00e9 que m\u00eame si l\u2019on abolissait totalement le protectionnisme et les mesures de soutien des prix, la surface agricole utile resterait la m\u00eame et les prestations \u00e9cologiques continueraient en particulier \u00e0 \u00eatre fournies \u2013 pour autant, notons bien, que les paiements directs restent inchang\u00e9s. Ainsi \u00ablib\u00e9r\u00e9e\u00bb, la production agraire pourrait r\u00e9aliser les objectifs constitutionnels de la politique agricole, \u00e0 savoir contribuer substantiellement \u00ab\u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement de la population, \u00e0 la conservation des ressources naturelles et \u00e0 l\u2019entretien du paysage, [enfin] \u00e0 l\u2019occupation d\u00e9centralis\u00e9e du territoire\u00bb (art.104 Cst.). Un tel sc\u00e9nario \u00abOMC+\u00bb aurait, il est vrai, de lourdes cons\u00e9quences: dans les zones de plaine, les revenus des paysans ne pourraient \u00eatre maintenus que par de nouveaux efforts du c\u00f4t\u00e9 des prix et des co\u00fbts, ce malgr\u00e9 la diminution massive de la main-d\u2019\u0153uvre \u00e0 laquelle il faudrait s\u2019attendre.Dans tous les cas, il convient d\u2019abandonner l\u2019id\u00e9e de l\u2019autarcie la plus \u00e9tendue pos-sible \u2013 avec ou sans accord de libre-\u00e9change agricole avec l\u2019UE. Plut\u00f4t que de produire de nouveau davantage de fourrages, un terrain sur lequel la Suisse n\u2019a pas la moindre chance d\u2019\u00eatre vraiment comp\u00e9titive, la voie de l\u2019avenir ne peut \u00eatre que la sp\u00e9cialisation. Du c\u00f4t\u00e9 des prix bas, la part \u00abM-Budget\u00bb de la consommation int\u00e9rieure ne pourra bient\u00f4t plus \u00eatre assur\u00e9e qu\u2019avec des mati\u00e8res premi\u00e8res achet\u00e9es aux prix mondiaux. Dans le segment sup\u00e9rieur, en revanche, les clients \u00abin\u00e9lastiques\u00bb, ceux qui veulent du parmesan ou du jambon de Parme original quel qu\u2019en soit le prix, ne se laisseront gu\u00e8re tenter par le sbrinz ou la viande s\u00e9ch\u00e9e suisse. L\u2019agriculture suisse doit donc d\u00e9fendre ses parts de march\u00e9 sur le vaste terrain des prix m\u00e9dians, en s\u2019engageant \u00e0 fond et avec l\u2019aide des instruments \u00e9tatiques appropri\u00e9s, et gagner de nouveaux clients avec ses produits phare et une forte dose de \u00abSuissitude\u00bb, y compris \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Dans le contexte d\u2019un franc suisse sur\u00e9valu\u00e9, le d\u00e9fi est particuli\u00e8rement ardu, mais tout compte fait, le volume de production pourrait \u00eatre maintenu et m\u00eame augmenter de valeur. Les vins suisses montrent peut-\u00eatre la voie: bien qu\u2019ils ne soient pratiquement plus prot\u00e9g\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re, ils sont d\u00e9j\u00e0 comp\u00e9titifs.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa politique agricole est tomb\u00e9e au rang de cuisine interne. La dispute sur les fonds et contre-prestations se limite aux experts et aux b\u00e9n\u00e9ficiaires, le monde politique pr\u00e9f\u00e9rant s\u2019occuper d\u2019autres questions. L\u2019agriculture productrice aurait justement besoin de nouvelles perspectives. Faute de visions ambitieuses, il sera difficile d\u2019ouvrir volontairement les fronti\u00e8res et de renoncer au soutien des prix. Or, l\u2019on pourrait d\u00e9r\u00e9glementer et moins garantir beaucoup de choses, pour laisser plus de place \u00e0 la responsabilit\u00e9 individuelle et \u00e0 l\u2019esprit de comp\u00e9tition qui caract\u00e9rise des agriculteurs, des producteurs et des commer\u00e7ants entreprenants et ouverts au risque.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abEstimation de la part des aides \u00e0 la production dans le revenu brut des agriculteurs, moyenne 2007\u20132009\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2013 <i>Message du 1<\/i>er <i>f\u00e9vrier 2012 concernant l\u2019\u00e9volution future de la politique agricole dans les ann\u00e9es 2014\u20132017<\/i> (Politique agricole 2014\u20132017).\u2013 Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture, <i>Rapport agricole 2011.<\/i>\u2013 \u00abDas Gespenst des Protektionismus geht um\u00bb, <i>NZZ,<\/i> 17 d\u00e9cembre 2011, p. 27.\u2013 \u00abEinkaufstourismus erh\u00f6ht die Zolleinnahmen\u00bb, <i>NZZ,<\/i> 8 f\u00e9vrier 2012, p. 11.\u2013 \u00abVerteilk\u00e4mpfe um die Milch\u00bb, <i>NZZ,<\/i> 22 d\u00e9cembre 2011, p. 11.\u2013 \u00abEs g\u00e4rt in Mostindien\u00bb, <i>NZZ Folio,<\/i> 1\/2012, p. 32.\u2013 \u00abA Beyond WTO Scenario for Swiss Agriculture: Consequences for Income Generation and the Provision of Public Goods\u00bb, dans H\u00e4berli Ch. et Huber R., <i>Yearbook of Socioeconomics in Agriculture 2010,<\/i> pp. 361\u2013400.\u2013 Dietler C., Flury C., Demhardt I. et Giuliani G., <i>Fakten und Einsch\u00e4tzungen zum Agrar-Freihandelsabkommen mit der EU (FHAL). Fazit aus 14 Faktenbl\u00e4ttern,<\/i> 2010, Pluswert gmbh, Flury&amp;Giuliani GmbH.\u2013 Union suisse des paysans, <i>Perspectives 2014\u20132017 et souverainet\u00e9 alimentaire,<\/i> prise de position du 8 juillet 2011.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es quatre-vingt que l\u2019agriculture suisse s\u2019est lentement affranchie du dirigisme dans lequel elle \u00e9tait tomb\u00e9e pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle. Ce changement \u00e9tait dict\u00e9 la plupart du temps par la politique int\u00e9rieure, mais souvent aussi \u2013 et parall\u00e8lement \u2013 par des accords internationaux conclus \u00e0 [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3733,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[80],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3733,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Ph.D., Senior Research Fellow, NCCR Trade Regulation, World Trade Institute (WTI), Bern christian.haeberli@ wti.org","seco_author_post_occupation_fr":"Senior Research Fellow, NCCR Trade Regulation, World Trade Institute (WTI), Berne christian.haeberli@ wti.org","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150287,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7830","post_abstract":"","magazine_issue":"20120401","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54ddfdda763e8"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150284"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3733"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150284"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189220,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150284\/revisions\/189220"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3733"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150284"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150284"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150284"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150284"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}