{"id":150379,"date":"2012-03-01T12:00:00","date_gmt":"2012-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/03\/helbling-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:48:16","modified_gmt":"2023-08-23T22:48:16","slug":"helbling-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/03\/helbling-2\/","title":{"rendered":"\u00c0 quel rythme le d\u00e9ficit budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat doit-il \u00eatre assaini? Une perspective internationale"},"content":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re mondiale de 2008 et la grande r\u00e9cession qui l\u2019a accompagn\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 lourdes de cons\u00e9quences pour les budgets des \u00c9tats avanc\u00e9s. Leurs d\u00e9ficits se sont brusquement accrus, tandis que le taux d\u2019endettement gouvernemental grimpait en fl\u00e8che. La solvabilit\u00e9 des \u00c9tats a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de nombreux d\u00e9bats et il est maintenant largement admis que les politiques budg\u00e9taires actuelles risquent d\u2019\u00eatre intenables dans de nombreux cas. Cest pour cela que leur assainissement \u2013 parfois aussi appel\u00e9 aust\u00e9rit\u00e9 dans les d\u00e9bats publics \u2013 m\u00e9rite autant dattention.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn r\u00e9ponse, plusieurs pays ont d\u00e9j\u00e0 entrepris d\u2019importantes corrections, en coupant dans les d\u00e9penses publiques et en augmentant les imp\u00f4ts ou autres sources de revenus; d\u2019autres suivront bient\u00f4t. On parle d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire pour r\u00e9sumer les conditions dans lesquelles se d\u00e9roule la politique macro\u00e9conomique.La priorit\u00e9 dont jouissent les corrections budg\u00e9taires est compr\u00e9hensible. La confiance que les populations placent dans la p\u00e9rennit\u00e9 des budgets publics doit perdurer afin de maintenir la stabilit\u00e9 des \u00e9quilibres macro\u00e9conomiques. On verrait appara\u00eetre, dans le cas contraire, un cercle vicieux associant des co\u00fbts d\u2019emprunts et une dette publique en augmentation \u00e0 un ralentissement de la croissance. Ces corrections ont, toutefois, un co\u00fbt: ils freinent la croissance (principalement \u00e0 court terme), ce qui peut faire empirer la situation budg\u00e9taire au lieu de l\u2019am\u00e9liorer. Suivant les conditions cycliques, une telle situation peut \u00e9galement accentuer certains probl\u00e8mes comme le ch\u00f4mage. Globalement parlant, si les gouvernements pratiquent leurs corrections au m\u00eame moment et tirent donc tous dans la m\u00eame direction, ils peuvent aggraver le probl\u00e8me.Au plan macro\u00e9conomique, la question est: comment \u00e9quilibrer raisonnablement les co\u00fbts et les b\u00e9n\u00e9fices des ajustements budg\u00e9taires? La r\u00e9ponse d\u00e9termine le rythme des corrections \u00e0 apporter et les facteurs principaux, auxquels il convient d\u2019ajouter l\u2019impact de la conjoncture. Cet article tente de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions en les consid\u00e9rant dans une perspective \u00e0 la fois nationale et globale.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c0 l\u2019origine de la crise<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes d\u00e9ficits budg\u00e9taires ont explos\u00e9 dans les pays les plus avanc\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but de la crise (voir <i>graphique 1<\/i>). \u00c0 de nombreux \u00e9gards, cette d\u00e9gradation ne faisait que refl\u00e9ter la profonde r\u00e9cession qui avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la crise financi\u00e8re mondiale de 2007\/08. Les d\u00e9penses anticycliques comme les transferts sociaux ont augment\u00e9 avec le ch\u00f4mage. Parall\u00e8lement, les recettes d\u00e9clinaient avec la contraction de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Les incitations budg\u00e9taires mises en place pour contrecarrer la d\u00e9pression ainsi que la d\u00e9flation, cumul\u00e9es au soutien accord\u00e9 au secteur financier, n\u2019ont fait qu\u2019aggraver le d\u00e9ficit dans certains cas.Au plan macro\u00e9conomique, la valeur nominale du d\u00e9ficit et de l\u2019endettement publics ne donne pas une image exacte de la situation budg\u00e9taire. Les ratios d\u00e9ficit\/PIB et dettes\/PIB conviennent mieux, mais il faut bien voir que leur \u00e9volution d\u00e9pend \u00e0 la fois du num\u00e9rateur et du d\u00e9nominateur (voir <i>graphique 1<\/i>). Le s\u00e9v\u00e8re d\u00e9clin de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique durant la grande r\u00e9cession puis sa lente reprise ont \u00e9t\u00e9 autant de raisons expliquant la rapide d\u00e9t\u00e9rioration des budgets publics depuis la crise. En fait, plus les ratios \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s \u00e0 l\u2019origine et plus la croissance molle a pes\u00e9 sur eux. Cette corr\u00e9lation entre croissance d\u2019un c\u00f4t\u00e9, d\u00e9ficit et endettement de l\u2019autre explique en grande partie pourquoi il faut pr\u00eater une grande attention \u00e0 l\u2019impact des corrections budg\u00e9taires sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, lorsqu\u2019il faut en d\u00e9terminer le rythme.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019impact des corrections budg\u00e9taires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes corrections ou ajustements budg\u00e9taires repr\u00e9sentent un ensemble de mesures destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9duire les d\u00e9ficits gouvernementaux et souvent la dette publique. La struc-ture des budgets fait qu\u2019in\u00e9vitablement des d\u00e9penses seront sacrifi\u00e9es, tandis que les recettes devront s\u2019accro\u00eetre, particuli\u00e8rement par l\u2019imp\u00f4t.Les ajustements budg\u00e9taires peuvent avoir un impact \u00e0 la fois n\u00e9gatif et positif sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. En ce qui concerne le premier aspect, les coupes dans les d\u00e9penses r\u00e9duisent la demande globale directement dans le cas de la consommation et de l\u2019investissement publics et indirectement, en jouant sur les paiements de transfert (par exemple les indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage), ce qui affecte les revenus disponibles. Les augmentations d\u2019imp\u00f4t r\u00e9duisent ceux des m\u00e9nages et les b\u00e9n\u00e9fices des soci\u00e9t\u00e9s, ce qui en retour diminue la demande globale.Les ajustements budg\u00e9taires ont \u00e9galement un aspect positif. Ils doivent am\u00e9liorer la confiance dans la sant\u00e9 des finances publiques. Ils diminuent \u00e9galement les besoins financiers de l\u2019\u00c9tat, ce qui joue sur la masse de ses emprunts. Ce double impact diminue les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des obligations gouvernementales, auxquels les autres titres de ce genre sont adoss\u00e9s. Cela permet de relancer la partie de la demande globale sensible aux taux, tels que les investissements et la demande pour les biens durables.En mettant en vis-\u00e0-vis les aspects positifs et n\u00e9gatifs, il s\u2019agit maintenant de conna\u00eetre l\u2019effet net suscit\u00e9. On suppose que, lors d\u2019une <i>correction budg\u00e9taire expansionniste,<\/i> l\u2019am\u00e9lioration de la confiance ajout\u00e9e \u00e0 la baisse des besoins financiers l\u2019emporte sur les effets n\u00e9fastes expos\u00e9s plus haut, que ce soit \u00e0 court ou \u00e0 long termes&#13;<br \/>\nVoir, entre autres, Alesina et Ardagna (2010).. Les <i>keyn\u00e9siens<\/i> traditionnels pensent qu\u2019\u00e0 court terme, les effets n\u00e9gatifs sont plus importants, tandis que, sur les longues p\u00e9riodes, les \u00e9l\u00e9ments positifs gagnent du terrain et peuvent m\u00eame dominer&#13;<br \/>\nDans certaines conditions pr\u00e9cises concernant le comportement des m\u00e9nages et des entreprises, les corrections budg\u00e9taires peuvent n\u2019avoir aucun effet sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. L\u2019\u00e9quivalence ricardienne, o\u00f9 les m\u00e9nages et les entreprises internalisent enti\u00e8rement les contraintes budg\u00e9taires gouvernementales, suppose que tout changement dans la demande \u00e9tatique est pleinement compens\u00e9 par les mouvements de la demande priv\u00e9e. Si, par exemple, le gouvernement all\u00e8ge ses d\u00e9penses, les entit\u00e9s priv\u00e9es anticipent de futures r\u00e9ductions d\u2019imp\u00f4ts, ce qui accro\u00eet leurs revenus (sur toute une vie) et d\u00e9clenche une augmentation compensatoire de la demande priv\u00e9e. On convient, cependant, tr\u00e8s largement que les hypoth\u00e8ses qui sous-tendent l\u2019\u00e9quivalence ricardienne ne se rencontrent pas dans la pratique..En pratique, cela d\u00e9pendra beaucoup des circonstances. Si, par exemple, la solvabilit\u00e9 du gouvernement pose probl\u00e8me, le regain de confiance pourrait \u00eatre plus marqu\u00e9 que si elle est largement admise. De la m\u00eame mani\u00e8re, le niveau des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sera important au d\u00e9but de l\u2019ajustement.Que nous apprennent les preuves empi-riques sur l\u2019orientation et l\u2019amplitude des effets nets produits par les corrections budg\u00e9taires? Les <i>Perspectives de l\u2019\u00e9conomie mondiale<\/i> publi\u00e9es par le FMI ont r\u00e9cemment revu la question en ce qui concerne les \u00e9conomies avanc\u00e9es depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt&#13;<br \/>\nVoir Perspectives de l\u2019\u00e9conomie mondiale, octobre 2010, chapitre 3, ainsi que Guajardo, Leigh et Pescatori (2011).. Cette analyse est novatrice en ce sens qu\u2019elle se base uniquement sur les ajustements d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s, autrement dit sur ceux qui, historiquement, r\u00e9pondaient \u00e0 un but d\u00e9clar\u00e9 devant \u00eatre atteint par un changement de politique.Cette approche \u00abbas\u00e9e sur l\u2019action\u00bb \u00e9vite le probl\u00e8me inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019approche standard qui \u00e9tudie les \u00e9quilibres budg\u00e9taires ajust\u00e9s aux cycles, autrement dit des \u00e9quilibres qui suppriment les effets des cycles commerciaux sur les finances de l\u2019\u00c9tat. Ceux-ci devraient, en th\u00e9orie, donner des indications chiffr\u00e9es sur les d\u00e9ficits gouvernementaux qui refl\u00e8tent les d\u00e9cisions politiques discr\u00e9tionnaires. Au plan pratique, les valeurs d\u00e9finies sont imparfaites et peuvent, si elles sont utilis\u00e9es, biaiser les r\u00e9sultats d\u2019\u00e9tudes sur les effets expansionnistes d\u2019un assainissement budg\u00e9taire.L\u2019analyse de 173 ans de correction budg\u00e9taire dans quinze \u00e9conomies avanc\u00e9es conclut majoritairement \u00e0 la contraction de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. G\u00e9n\u00e9ralement, une r\u00e9duction du d\u00e9ficit de l\u2019\u00c9tat de 1% de PIB \u00e9quivaut \u00e0 r\u00e9duire ce dernier de 0,5% dans les deux ans et \u00e0 augmenter le ch\u00f4mage de 0,3 point de pourcentage (voir <i>graphique 2<\/i>). Durant la m\u00eame p\u00e9riode, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat chutent de 20 points de base comme pr\u00e9vu, mais cela ne semble pas suffire \u00e0 compenser les effets n\u00e9gatifs.Il est int\u00e9ressant de noter que les contractions \u00e9conomiques ont m\u00eame touch\u00e9 les pays o\u00f9 les risques de d\u00e9faillance semblaient les plus graves. On pouvait esp\u00e9rer que, dans de tels cas, l\u2019effet confiance joue un r\u00f4le de premi\u00e8re importance. Les effets n\u00e9fastes ont aussi \u00e9t\u00e9 plus faibles qu\u2019habituellement, ce qui met en relief l\u2019importance de la perception que l\u2019on peut avoir de la solvabilit\u00e9 du secteur public et des risques de d\u00e9faillance.&#13;<\/p>\n<h2>Les conditions \u00e9conomiques mondiales tendent \u00e0 accro\u00eetre les co\u00fbts de l\u2019assainissement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes <i>Perspectives de l\u2019\u00e9conomie mondiale<\/i> mettent en relief deux m\u00e9canismes qui ont aid\u00e9 \u00e0 amortir les effets n\u00e9gatifs de l\u2019assainissement budg\u00e9taire dans le pass\u00e9:1. L\u2019<i>assouplissement de la politique mon\u00e9taire<\/i> semble freiner la contraction de l\u2019\u00e9conomie. De faibles taux directeurs renforcent la compensation des faibles taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme.2. Une <i>d\u00e9valuation r\u00e9elle de la devise nationale<\/i> a \u00e9galement eu cet effet amortisseur en relan\u00e7ant les exportations. G\u00e9n\u00e9ralement, un ajustement budg\u00e9taire correspondant \u00e0 1% du PIB \u00e9quivaut \u00e0 une d\u00e9pr\u00e9ciation mon\u00e9taire de 1,1% et une augmentation des exportations de 0,5 point de pourcentage.Les circonstances actuelles ne laissent gu\u00e8re de chances \u00e0 ces m\u00e9canismes d\u2019\u00e9clore:1. Les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat nominaux sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s faibles et fr\u00f4lent m\u00eame le z\u00e9ro dans de nombreux pays. Il n\u2019est pas possible de proc\u00e9der \u00e0 un assouplissement suppl\u00e9mentaire de la politique mon\u00e9taire avec les outils habituels En cons\u00e9quence, le co\u00fbt \u00e0 court terme d\u2019un ajustement budg\u00e9taire est plus \u00e9lev\u00e9 lorsque les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat nominaux sont tr\u00e8s proches de z\u00e9ro que lorsqu\u2019il existe encore de la marge&#13;<br \/>\nCeci est le pendant \u00e0 la conclusion qui veut que le multiplicateur budg\u00e9taire tend \u00e0 cro\u00eetre lorsque les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat nominaux fr\u00f4lent le z\u00e9ro (voir, par exemple, Freedman et autres, 2010)..2. Nombreuses sont les \u00e9conomies avanc\u00e9es, petites et grandes, \u00e0 devoir faire face au m\u00eame moment \u00e0 des probl\u00e8mes budg\u00e9-taires. Une d\u00e9valuation mon\u00e9taire r\u00e9elle n\u2019aurait probablement pas d\u2019effets significatifs si toutes adoptent des correctifs budg\u00e9taires. Dans une union mon\u00e9taire, une d\u00e9valuation r\u00e9elle n\u2019a gu\u00e8re de chance de se concr\u00e9tiser \u00e0 court terme, puisque les prix des biens finaux ne se d\u00e9tachent pas \u00e0 terme et que le taux de change n\u2019est pas une variable politique.La conclusion \u00e0 tirer est que l\u2019environnement global actuel s\u2019ajoute aux co\u00fbts \u00e0 court terme produits par les corrections budg\u00e9taires. Les deux derniers points mentionn\u00e9s figurent parmi les principales raisons qui justifient les r\u00e9centes mises en garde du FMI contre une aust\u00e9rit\u00e9 excessive&#13;<br \/>\nVoir, par exemple, la mise \u00e0 jour des Perspectives de l\u2019\u00e9conomie mondiale, janvier 2012.. D\u2019importants moyens permettant d\u2019amortir le choc produit par les corrections budg\u00e9taires et ayant fait leurs preuves dans le pass\u00e9 ne fonctionnent plus ou moins qu\u2019esp\u00e9r\u00e9. Cela signifie \u00e9galement que plusieurs \u00c9tats agissant dans la m\u00eame direction risqueraient de renforcer les effets n\u00e9fastes produits \u00e0 court terme par ces corrections sur la croissance, l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et le ch\u00f4mage.&#13;<\/p>\n<h2>Quel rythme faut-il suivre?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQue cela implique-t-il au niveau du rythme des corrections budg\u00e9taires? Les d\u00e9cideurs politiques ne doivent pas oublier les effets n\u00e9fastes que celles-ci provoquent \u00e0 court terme sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Leur importance d\u00e9pend \u00e9galement des conditions cycliques. Actuellement, la croissance est relativement an\u00e9mique dans la plupart des \u00e9conomies avanc\u00e9es; forcer sur les corrections ne serait donc pas tr\u00e8s utile. Le ch\u00f4mage reste \u00e9lev\u00e9, tandis que les \u00e9carts de production sont toujours n\u00e9gatifs, alors que voil\u00e0 maintenant quatre ans que la crise a commenc\u00e9. Les m\u00e9nages et les interm\u00e9diaires financiers de nombreuses \u00e9conomies avanc\u00e9es ne sont pas encore en \u00e9tat d\u2019absorber sans dommage un ralentissement de la croissance \u00e9conomique.Pour minimiser ces risques, il convient de r\u00e9duire les corrections et d\u2019\u00e9taler dans le temps les r\u00e9ductions de d\u00e9ficit et d\u2019endettement. Comme il s\u2019agit de concepts inter-temporels, l\u2019\u00c9tat peut retrouver sa solvabilit\u00e9 et permettre \u00e0 sa dette de devenir viable \u00e0 travers des mesures qui affecteront l\u2019avenir plut\u00f4t que les d\u00e9ficits pr\u00e9sents. Une possibilit\u00e9 serait de modifier les futures d\u00e9penses en allocations, en liant, par exemple, aussi l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de la retraite \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance de vie. De tels ajustements seraient nettement moins dommageables \u00e0 court terme pour l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et la croissance.Tous les pays n\u2019ont pas les m\u00eames possibilit\u00e9s de retarder ou de r\u00e9partir les corrections n\u00e9cessaires. Les risques per\u00e7us pour la solvabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat ont leur importance. Plus ils sont \u00e9lev\u00e9s et plus un ajustement graduel co\u00fbtera, en raison de la faiblesse ou de l\u2019absence de l\u2019effet confiance et de linfluence des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Les corrections devront, dans ces cas-l\u00e0, \u00eatre plut\u00f4t fortes que moindres. De la m\u00eame mani\u00e8re, l\u2019\u00e9tat du d\u00e9ficit budg\u00e9taire et de la dette publiques au d\u00e9but de la crise financi\u00e8re mondiale influe \u00e9galement sur le rythme des corrections. Plus cet \u00e9tat est critique et plus la solvabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat risque d\u2019\u00eatre touch\u00e9e dans l\u2019imm\u00e9diat.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa principale conclusion est que le bon rythme d\u00e9pend de plusieurs facteurs. En raison, toutefois, des mauvaises perspectives en mati\u00e8re de croissance \u00e9conomique dans les \u00e9conomies avanc\u00e9es et des risques possibles, il convient de cerner les probl\u00e8mes auxquels pourraient conduire les exc\u00e8s de correction budg\u00e9taire. Leurs besoins et leur urgence varient suivant les pays. Ainsi, peu d\u2019entre eux ont fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un accroissement rapide du rendement des obligations gouvernementales (voir graphique 3). Les ajustements devraient donc \u00eatre adapt\u00e9s aux conditions nationales. Les gouvernements sur lesquels la pression des march\u00e9s serait faible ou nulle pourraient proc\u00e9der \u00e0 des corrections graduelles et non brutales. Ces m\u00eames r\u00e9flexions s\u2019appliquent aux pays qui se trouvait, lors de l\u2019explosion de la crise, dans des situations plut\u00f4t favorables.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abSituation budg\u00e9taire des pays industriels\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abEffet d\u2019un assainissement budg\u00e9taire \u00e9gal \u00e0 un point de PIB\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abRendement des obligations gouvernementales \u00e0 dix ans, janvier 2007\u2013 f\u00e9vrier 2012\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: R\u00e9f\u00e9rences&#13;<\/p>\n<h3>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Alesina Alberto et Ardagna Silvia, \u00abLarge Changes in Fiscal Policy: Taxes versus Spending\u00bb, <i>Tax Policy and the Economy,<\/i> vol. 24, 2010, \u00e9d. Jeffrey R. Brown, Cambridge, Mass., National Bureau of Economic research.\u2212 Guajardo Jaime, Leigh Daniel et Pescatori Andrea, <i>Expansionary Austerity: New International Evidence,<\/i> IMF Working Paper 11\/158, 2011, Washington, Fonds mon\u00e9taire international.\u2212 Freedman Charles, Kumhof Michael, Laxton Douglas et Lee Jaewoo, <i>The Case for Global Fiscal Stimulus,<\/i> IMF Staff Position Paper 09\/03, 2009, Washington: Fonds mon\u00e9taire international.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re mondiale de 2008 et la grande r\u00e9cession qui l\u2019a accompagn\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 lourdes de cons\u00e9quences pour les budgets des \u00c9tats avanc\u00e9s. Leurs d\u00e9ficits se sont brusquement accrus, tandis que le taux d\u2019endettement gouvernemental grimpait en fl\u00e8che. La solvabilit\u00e9 des \u00c9tats a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de nombreux d\u00e9bats et il est maintenant largement admis [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3720,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[229,105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3720,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Leiter Abteilung f\u00fcr weltwirtschaftliche Studien, Research Department, Internationaler W\u00e4hrungsfonds (IWF), Washington","seco_author_post_occupation_fr":"Chef de la division des \u00e9tudes \u00e9conomiques internationales du Fonds mon\u00e9taire international (FMI), Washington","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150382,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7794","post_abstract":"","magazine_issue":"20120301","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54ddf1496e3eb"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150379"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3720"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150379"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189219,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150379\/revisions\/189219"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3720"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150379"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150379"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150379"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150379"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}