{"id":150399,"date":"2012-03-01T12:00:00","date_gmt":"2012-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/03\/schaltegger-6\/"},"modified":"2023-08-24T00:48:48","modified_gmt":"2023-08-23T22:48:48","slug":"schaltegger-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/03\/schaltegger-6\/","title":{"rendered":"Les perspectives budg\u00e9taires en comparaison internationale"},"content":{"rendered":"<p>Les d\u00e9ficits budg\u00e9taires que les pays industriels ont accumul\u00e9s dans le sillage de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re sont l\u00e0 pour durer et ne se r\u00e9sorberont que lentement, d\u2019o\u00f9 un endettement croissant. La politique mon\u00e9taire expansive des banques centrales permet, certes, d\u2019amortir les effets de la crise sur les \u00e9tablis-sements financiers et la conjoncture, tout en favorisant la consolidation des budgets. Une politique budg\u00e9taire durable demandera, cependant, des r\u00e9formes structurelles profondes, qui renforcent la comp\u00e9titivit\u00e9 des pays les plus endett\u00e9s. On constate toutefois de grandes diff\u00e9rences entre les \u00c9tats industriels quant \u00e0 l\u2019urgence d\u2019agir et \u00e0 la volont\u00e9 politique. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201203_08_Schaltegger_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"243\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nBien qu\u2019\u00e0 la suite de l\u2019effondrement \u00e9conomique de 2008-2009, plusieurs \u00c9tats aient reconnu la n\u00e9cessit\u00e9 de revoir leur politique budg\u00e9taire, les d\u00e9fis restent immenses et nombreux. Si les perspectives budg\u00e9taires diff\u00e8rent parfois nettement d\u2019un \u00c9tat \u00e0 l\u2019autre, toutes sont cependant grev\u00e9es par la m\u00eame incertitude. En Europe, en particulier, les interd\u00e9pendances \u00e9conomiques et financi\u00e8res font que l\u2019\u00e9volution d\u2019un pays d\u00e9pend fortement de celle des autres. \u00c0 part la conjoncture, les param\u00e8tres d\u00e9cisifs seront sans doute le comportement des banques centrales, la volont\u00e9 des politiciens d\u2019entreprendre les r\u00e9formes n\u00e9cessaires et l\u2019avenir de l\u2019Union mon\u00e9taire europ\u00e9enne.&#13;<\/p>\n<h2>Persistance de dettes et d\u00e9ficits \u00e9lev\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa crise \u00e9conomique et financi\u00e8re a vu les d\u00e9ficits de la plupart des \u00c9tats industriels augmenter de fa\u00e7on importante (voir <i>graphique 1<\/i>). Entre 2007 et 2009, ces d\u00e9ficits sont en effet pass\u00e9s de 1,1 \u00e0 8,7% du PIB. Dans la zone euro, ils ont m\u00eame d\u00e9pass\u00e9 la barre des 10% en Gr\u00e8ce, en Irlande, au Portugal et en Espagne. \u00c0 l\u2019heure qu\u2019il est, l\u2019endettement moyen des \u00c9tats industriels est sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la Grande D\u00e9pression ou les deux crises p\u00e9troli\u00e8res des ann\u00e9es septante&#13;<br \/>\nReinhart et Rogoff (2011).. Ces importants d\u00e9ficits \u00e9taient certes pr\u00e9visibles, en raison de la violence avec laquelle l\u2019\u00e9conomie s\u2019est effondr\u00e9e et des mesures de soutien prises par les gouvernements; le probl\u00e8me r\u00e9side beaucoup plus dans le fait que, selon les pronostics, ils ne se r\u00e9sorberont que tr\u00e8s lentement, ce qui peut mettre en cause la viabilit\u00e9 de la poli-tique budg\u00e9taire \u00e0 long terme. Les d\u00e9s\u00e9qui-libres structurels des budgets publics sont aussi \u00e9vidents si l\u2019on songe que, m\u00eame pendant les ann\u00e9es de haute conjoncture, soit jusqu\u2019en 2007, les d\u00e9ficits n\u2019ont jamais pu \u00eatre \u00e9limin\u00e9s compl\u00e8tement. Ainsi, la France est chaque ann\u00e9e en d\u00e9ficit depuis 1974; aux \u00c9tats-Unis, le budget f\u00e9d\u00e9ral a \u00e9t\u00e9 dans le m\u00eame cas quarante-cinq fois sur cinquante au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Cette persistance des d\u00e9ficits, quelles que soient la situation \u00e9conomique et l\u2019orientation politique des gouvernements en place, indique qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me fondamental d\u2019\u00e9conomie politique. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, des \u00c9tats comme l\u2019Australie, la Norv\u00e8ge, la Su\u00e8de, la Cor\u00e9e du Sud ou la Suisse sont parvenus \u00e0 \u00e9viter les probl\u00e8mes gr\u00e2ce \u00e0 une politique budg\u00e9taire prudente et, parfois, des r\u00e8gles institutionnalis\u00e9es. Dans certains cas, ils ont m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9duire leur taux d\u2019endettement malgr\u00e9 la crise.Un autre fait marquant, dans les pr\u00e9visions concernant les prochaines ann\u00e9es, est que les pays europ\u00e9ens s\u2019en tirent nettement mieux que les \u00c9tats-Unis et le Japon. Pour la zone euro, on table ainsi de nouveau sur des exc\u00e9dents primaires \u00e0 partir de 2013. Selon les pr\u00e9visions, les d\u00e9ficits budg\u00e9taires redescendront \u00e0 1,3% d\u2019ici 2016. Alors que l\u2019Europe a pris le chemin de la consolidation des budgets et des r\u00e9formes structurelles, le po-litique s\u2019est fig\u00e9 dans ces deux grandes \u00e9conomies que sont le Japon et les \u00c9tats-Unis, ce qui pourrait surprendre au regard de leurs taux d\u2019endettement respectifs (233 et 100% du PIB) par rapport \u00e0 l\u2019UE (82%). En revanche, la capacit\u00e9 de supporter leur dette y est nettement plus forte, car la taille et la comp\u00e9titivit\u00e9 de leur \u00e9conomie, leur monnaie nationale, le soutien g\u00e9n\u00e9reux de leur banque centrale et une proportion relativement faible de cr\u00e9anciers \u00e9trangers leur donne l\u2019avantage sur les pays europ\u00e9ens. Il ne faut, cependant, pas exclure une r\u00e9action des march\u00e9s financiers ou des agences de notation, lorsque les d\u00e9ficits d\u00e9passeront les 6% du PIB apr\u00e8s 2016.Alors que l\u2019on s\u2019attend \u00e0 ce que les taux d\u2019endettement de la Gr\u00e8ce, de la Grande-Bretagne, de l\u2019Irlande et du Portugal atteignent leur sommet en 2013, ceux du Japon, de l\u2019Espagne et des \u00c9tats-Unis ne donnent aucun signe d\u2019inflexion avant 2016. Les pays industriels, o\u00f9 les dettes continueront donc g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 cro\u00eetre \u2013 \u00e0 l\u2019exception de certains d\u2019entre eux \u2013 contrastent fortement avec les pays \u00e9mergents \u00e0 croissance rapide, o\u00f9 le taux d\u2019endettement n\u2019a cess\u00e9 de baisser ces derni\u00e8res ann\u00e9es, gr\u00e2ce aux le\u00e7ons tir\u00e9es des crises des ann\u00e9es quatre-vingt et nonante. L\u2019augmentation de la dette que la r\u00e9cente crise \u00e9conomique et financi\u00e8re y a entra\u00een\u00e9e n\u2019est en effet que temporaire. Pour les prochaines ann\u00e9es, on y escompte un nouveau recul moyen de la dette \u00e0 30% dans presque tous les \u00c9tats (voir <i>graphique 2<\/i>). \u00c0 l\u2019exception de l\u2019Inde, qui devrait toujours conna\u00eetre des d\u00e9ficits de 7 \u00e0 8% ces prochaines ann\u00e9es, les \u00e9conomies montantes \u2013 Br\u00e9sil, Chine, Indon\u00e9sie, Mexique, Russie, Afrique du Sud et Turquie \u2013 n\u2019affichent que des d\u00e9ficits minimes, quand ce ne sont pas des exc\u00e9dents. Quant \u00e0 l\u2019Inde, son taux d\u2019endettement devrait rester stable (vers 60%), \u00e9tant donn\u00e9 sa forte croissance \u00e9conomique et malgr\u00e9 de gros d\u00e9ficits jusqu\u2019en 2016.&#13;<\/p>\n<h2>De sombres perspectives de croissance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi les d\u00e9ficits budg\u00e9taires ne se r\u00e9sorbent que lentement, malgr\u00e9 les nombreuses mesures de consolidation d\u00e9ploy\u00e9es en mati\u00e8re de recettes comme de d\u00e9penses, cela tient aussi \u00e0 la faiblesse de la croissance \u00e9conomique pr\u00e9vue pour ces prochaines ann\u00e9es. Ainsi, l\u2019OCDE table sur une l\u00e9g\u00e8re reprise de la croissance \u00e0 partir de 2012 en Espagne, puis l\u2019ann\u00e9e suivante en Gr\u00e8ce, en Italie et au Portugal&#13;<br \/>\nOCDE (2011b).. En outre, le fort taux d\u2019endettement et l\u2019augmentation des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat p\u00e8sent de plus en plus sur les budgets publics et creusent \u00e0 leur tour les d\u00e9ficits. Comme tous les moteurs de croissance observ\u00e9s dans un r\u00e9cent pass\u00e9 pourraient \u00eatre absents, aucune am\u00e9lioration ne se profile \u00e0 l\u2019horizon, m\u00eame \u00e0 moyen terme. Il n\u2019y a pas que l\u2019\u00c9tat, les entreprises et les m\u00e9nages ont fortement accru leur endettement ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es. D\u2019apr\u00e8s une enqu\u00eate effectu\u00e9e dans dix-huit pays industriels, la dette nationale est pass\u00e9e en moyenne de 44 \u00e0 93% du PIB depuis 1980, alors que dans les entreprises, le taux d\u2019endettement est pass\u00e9 de 85 \u00e0 128%, et de 37 \u00e0 93% dans les m\u00e9nages&#13;<br \/>\nCecchetti et al. (2011).. Parall\u00e8lement, les banques doivent affronter une fonte de leurs marges et le durcissement des r\u00e9glementations. Il ne faut donc gu\u00e8re s\u2019attendre \u00e0 une croissance largement financ\u00e9e par le cr\u00e9dit dans un proche avenir, l\u2019amortissement de la dette devrait plut\u00f4t la freiner. Dans ces conditions, impossible aussi d\u2019esp\u00e9rer une forte croissance des investissements. Attendre des impulsions du commerce ext\u00e9rieur est peu probable pour l\u2019UE, alors que deux tiers des exportations s\u2019effectuent au sein m\u00eame de la Communaut\u00e9. Les pays fortement endett\u00e9s \u2013 Gr\u00e8ce, Irlande, Italie, Portugal et Espagne \u2013 ont particuli\u00e8rement de la peine \u00e0 rester des exportateurs comp\u00e9titifs \u00e0 cause de la forte augmentation des co\u00fbts salariaux unitaires et de l\u2019impossibilit\u00e9 de d\u00e9valuer leur monnaie.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00f4le des banques centrales<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour ma\u00eetriser la crise actuelle, les banques centrales rev\u00eatent une importance essentielle et croissante. En r\u00e9duisant nettement les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et en garantissant des liquidit\u00e9s illimit\u00e9es aux \u00e9tablissements financiers, les grandes banques nationales ont d\u00e9j\u00e0 agi avec d\u00e9termination et de mani\u00e8re coordonn\u00e9e en 2007-2008. En plus des vastes plans de relance des gouvernements, on peut aujourd\u2019hui dire que leur action a \u00e9t\u00e9 d\u00e9ci-sive, puisqu\u2019on a pu \u00e9viter une nouvelle Grande D\u00e9pression et que la conjoncture a pu s\u2019am\u00e9liorer \u00e0 partir de mi-2009. L\u2019endettement croissant de certains pays a, toutefois, fait fondre en quelques mois la marge de man\u0153uvre n\u00e9cessaire \u00e0 des mesures de stabilisation et la crise est mont\u00e9e d\u2019un cran; les banques centrales ont \u00e9t\u00e9 press\u00e9es de prendre des mesures encore plus amples et de permettre au besoin le financement de l\u2019\u00c9tat par la planche \u00e0 billets&#13;<br \/>\nJordan (2011); Reinhart et Sbrancia (2011)..Non seulement cette politique mon\u00e9taire expansive accro\u00eet la probabilit\u00e9 d\u2019une augmentation des taux d\u2019inflation et de la formation de bulles, mais les banques centrales entrent aussi de plus en plus dans le collimateur des m\u00e9dias, des politiciens et des sp\u00e9cialistes. Les attentes \u00e9lev\u00e9es qu\u2019elles suscitent et la tendance \u00e0 les charger d\u2019une foule de missions autres que le maintien de la stabilit\u00e9 des prix pourraient aboutir \u00e0 \u00e9roder continuellement leur ind\u00e9pendance et les incite \u00e0 n\u00e9gliger de plus en plus leur t\u00e2che proprement dite. Un point contest\u00e9 est en particulier leurs achats r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d\u2019emprunts d\u2019\u00c9tat, qui pourraient donner l\u2019impression que les banques centrales financent indirectement les d\u00e9ficits budg\u00e9taires des gouvernements. La R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale et la Banque du Japon d\u00e9tenaient d\u00e9j\u00e0 des obligations d\u2019\u00c9tat dans leur bilan avant l\u2019\u00e9clatement de la crise (voir <i>graphique 3<\/i>), mais ces achats se sont multipli\u00e9s avec la crise. La Banque d\u2019Angleterre n\u2019a entam\u00e9 les siens qu\u2019en mars 2009, mais d\u00e9tient depuis des obligations d\u2019\u00c9tat \u00e0 hauteur de 17% du PIB. La BCE, dont le mandat l\u00e9gal est nettement plus restrictif, ach\u00e8te des obligations d\u2019\u00c9tat de pays tr\u00e8s endett\u00e9s de la zone euro depuis mai 2010. Jusqu\u2019\u00e0 fin 2011, elle en avait achet\u00e9 pour 212 milliards d\u2019euros, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 un peu plus de 2% du PIB de la zone euro. En Suisse, les seuls stocks de devises de la Banque nationale suisse (BNS), dont plus de la moiti\u00e9 se composent de placements en euro, s\u2019\u00e9l\u00e8vent entre-temps \u00e0 plus de 50% du PIB.&#13;<\/p>\n<h2>Incapacit\u00e9 des d\u00e9mocraties \u00e0 se r\u00e9former<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 maintenant, les pays particuli\u00e8rement affect\u00e9s par la crise de la dette ont des difficult\u00e9s \u00e0 modifier radicalement leur politique. Ce constat vaut non seulement pour les finances publiques, mais pour d\u2019autres domaines de t\u00e2ches cruciaux comme la formation, la r\u00e9glementation du march\u00e9 du travail ou les assurances sociales. Ainsi, les pays qui pratiquent un syst\u00e8me de formation dual, comme l\u2019Allemagne, l\u2019Autriche, les Pays-Bas et la Suisse, connaissent des taux de ch\u00f4mage \u2013 des jeunes, en particulier \u2013 nettement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de leurs voisins. Jusqu\u2019ici, la plupart des \u00c9tats industriels ont fait trop peu pour assurer le financement \u00e0 long terme des assurances sociales et du syst\u00e8me de sant\u00e9 malgr\u00e9 l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique. De nouveaux calculs aboutissent ainsi \u00e0 une dette nationale potentielle de 872% du PIB pour la Gr\u00e8ce, voire sup\u00e9rieure \u00e0 1000% pour le Luxembourg et l\u2019Irlande&#13;<br \/>\nRaffelh\u00fcschen et Moog (2011).! L\u2019esp\u00e9rance de vie des hommes et des femmes \u00e0 la retraite a augment\u00e9 respectivement de 5,1 et de 6,3 ans ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, alors qu\u2019en moyenne, l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de la retraite a l\u00e9g\u00e8rement baiss\u00e9 dans les pays de l\u2019OCDE&#13;<br \/>\nOCDE (2011).. Parall\u00e8lement, les taux de f\u00e9condit\u00e9 n\u2019ont cess\u00e9 de baisser, si bien qu\u2019une quantit\u00e9 d\u00e9croissante de cotisants doivent subvenir aux besoins de retrait\u00e9s de plus en plus nombreux. Dans certains \u00c9tats comme la Gr\u00e8ce, l\u2019Islande, le Luxembourg ou les Pays-Bas, les rentes \u00e9quivalent \u00e0 100% du salaire m\u00e9dian d\u2019une personne active, voire plus&#13;<br \/>\nOCDE (2011).. Ajout\u00e9 \u00e0 l\u2019accroissement constant des co\u00fbts de la sant\u00e9, il en r\u00e9sultera d\u2019ici 2030 une surcharge de l\u2019ordre de 3 \u00e0 4% du PIB&#13;<br \/>\nFMI (2010).. L\u2019insuffisance des efforts entrepris pour r\u00e9agir aux nouvelles conditions pourrait donner l\u2019impression que les d\u00e9mocraties sont quasi incapables de se r\u00e9former. Par le pass\u00e9, il s\u2019est n\u00e9anmoins toujours av\u00e9r\u00e9 que les pays industriels peuvent se montrer \u00e9tonnamment r\u00e9formateurs en p\u00e9riode de crise. Songeons \u00e0 la Nouvelle-Z\u00e9lande dans les ann\u00e9es quatre-vingt, ou \u00e0 la Finlande et \u00e0 la Su\u00e8de dans les ann\u00e9es nonante, apr\u00e8s l\u2019effondrement de l\u2019Union sovi\u00e9tique pour l\u2019une, et la crise nationale des banques et de l\u2019immobilier pour l\u2019autre&#13;<br \/>\nRodrick (1996)..&#13;<\/p>\n<h2>Avenir de l\u2019Union mon\u00e9taire europ\u00e9enne<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes perspectives budg\u00e9taires des pays europ\u00e9ens d\u00e9pendent en majeure partie de l\u2019avenir incertain de l\u2019Union mon\u00e9taire europ\u00e9enne. Les nombreux sommets de crise, les plans de sauvetage pour la Gr\u00e8ce, l\u2019Irlande et le Portugal, ainsi que les efforts pour mettre en place des r\u00e8gles fiscales strictes ne sont pas parvenus jusqu\u2019ici \u00e0 calmer durablement les march\u00e9s financiers. Au contraire, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme de la zone euro continuent de diverger. \u00c0 fin 2011, la probabilit\u00e9 d\u2019un d\u00e9faut de paiement au cours des cinq prochaines ann\u00e9es, calculable \u00e0 partir des primes de couverture de d\u00e9faillance (\u00abcredit default swaps\u00bb), \u00e9tait nettement plus \u00e9lev\u00e9e que les mois pr\u00e9c\u00e9dents, avec 94% pour la Gr\u00e8ce, 61% pour le Portugal et 46% pour l\u2019Irlande&#13;<br \/>\nCMA (2012).. Alors que de plus en plus d\u2019\u00c9tats europ\u00e9ens entrent dans le collimateur des march\u00e9s financiers, l\u2019opinion se r\u00e9pand que la zone euro ne constitue pas un espace mon\u00e9taire id\u00e9al et que les r\u00e9formes effectu\u00e9es ainsi que les propositions avanc\u00e9es jusqu\u2019ici par les politiciens ne parviendront pas \u00e0 \u00e9liminer les d\u00e9fauts structurels, mais tout au plus \u00e0 en att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes. Tant que l\u2019UE ne pourra se d\u00e9cider entre soit une union fiscale et de transfert compl\u00e8te soit la sortie de l\u2019euro de tel ou tel de ses membres (r\u00e9\u00e9chelonnement complet de la dette compris), la crise menace de s\u2019\u00e9terniser.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans les pays industriels, revenir \u00e0 des finances publiques stables prendra des ann\u00e9es. Le taux \u00e9lev\u00e9 d\u2019endettement restera donc, ces prochains temps, une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s suspendue au-dessus du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et de la coh\u00e9sion de la zone euro. La surcharge financi\u00e8re provoqu\u00e9e par l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique se fera \u00e9galement de plus en plus sentir ces pro-chaines ann\u00e9es. \u00c0 part la consolidation des budgets, il reste donc indispensable de proc\u00e9der \u00e0 des r\u00e9formes fondamentales. M\u00eame les \u00c9tats-Unis et le Japon ne pourront plus se soustraire \u00e0 cette n\u00e9cessit\u00e9. La dur\u00e9e de la crise actuelle de la dette d\u00e9pend donc largement de la mesure dans laquelle les d\u00e9cideurs politiques parviendront \u00e0 prendre et mettre en \u0153uvre des d\u00e9cisions douloureuses.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abComparaison internationale des d\u00e9ficits budg\u00e9taires, 2001-2016\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9volution de la dette nationale: comparaison internationale (2001-2016)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abAchats d\u2019emprunts d\u2019\u00c9tat par les banques centrales (2007-2011)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Cecchetti S.G., Mohanty, M. et Zampolli, F., <i>T<\/i>he Real Effects of Debt, BIS Working Papers no 352, 2011.\u2212 CMA, <i>CMA Global Sovereign Credit Risk Report \u2013 4<\/i>th quarter 2011, Londres\/New York, 2012, CMA. \u2212 FMI, <i>Fiscal Monitor: Navigating the Fiscal Challenges Ahead.<\/i> Washington, 2010, FMI.\u2212 FMI, Fiscal Monitor: <i>Addressing Fiscal Challenges to Reduce Economic Risks,<\/i> Washington, 2011, FMI. \u2212 Jordan Th., <i>Auswirkungen der Staatsverschuldung auf die Unabh\u00e4ngigkeit der Geldpolitik,<\/i> conf\u00e9rence tenue le 8 novembre 2011 au 21e Forum international de Lucerne sur l\u2019Europe, \u00abWege aus der Schuldenkrise \u2013 Herausforderungen und Perspektiven f\u00fcr Europa und die Schweiz\u00bb.\u2212 OCDE, <i>Panorama des pensions 2011. Les syst\u00e8mes de retraites dans les pays de l\u2019OCDE et du G20,<\/i> 2011a, Publications de l\u2019OCDE.\u2212 OCDE, <i>Perspectives \u00e9conomiques,<\/i> n\u00b090, Paris, 2011b, OCDE. \u2212 Raffelh\u00fcschen B. et Moog S., <i>Ehrbare Staaten? Nachhaltigkeit der \u00f6ffentlichen Finanzen im internationalen Vergleich im Lichte der (griechi-schen) Staatsschuldenkrise, Berlin, 2011,<\/i> Stiftung Marktwirtschaft. \u2212 Reinhart C.M. et Rogoff K.S., <i>A Decade of Debt,<\/i> NBER Working Paper no 16827, 2011.\u2212 Reinhart C.M. et Sbrancia M.B., <i>The Liquidation of Government Debt,<\/i> NBER Working Paper no 16893, 2011.\u2212 Rodrick D., \u00abUnderstanding Economic Policy Reform\u00bb, Journal of Economic Literature, 34 (1), 1996, p. 9\u201341.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les d\u00e9ficits budg\u00e9taires que les pays industriels ont accumul\u00e9s dans le sillage de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re sont l\u00e0 pour durer et ne se r\u00e9sorberont que lentement, d\u2019o\u00f9 un endettement croissant. 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