{"id":150444,"date":"2012-01-01T12:00:00","date_gmt":"2012-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2012\/01\/bonanomi-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:48:56","modified_gmt":"2023-08-23T22:48:56","slug":"bonanomi-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2012\/01\/bonanomi-2\/","title":{"rendered":"Comment r\u00e9agir face au franc fort"},"content":{"rendered":"<p>La vigueur du franc a frapp\u00e9 notre pays de mani\u00e8re inattendue et avec une intensit\u00e9 inhabituelle. Sur le plan politique, la r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 rapide et cibl\u00e9e. Les mesures visant \u00e0 att\u00e9nuer les effets du franc fort d\u00e9coulent des objectifs fondamentaux de la politique \u00e9conomique. Le pr\u00e9sent article expose les options politiques et montre comment les mesures d\u00e9cid\u00e9es s\u2019int\u00e8grent aux objectifs de la politique \u00e9conomique. Il est, toutefois, trop t\u00f4t pour se prononcer d\u00e9finitivement sur leurs effets. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201201_04_Bonanomi_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe probl\u00e8me de la dette dans la zone euro et dans d\u2019autres pays industrialis\u00e9s a accru la m\u00e9fiance des investisseurs sur les march\u00e9s financiers internationaux. Depuis le printemps 2010, on observe un repli vers la \u00abvaleur refuge\u00bb que repr\u00e9sente le franc suisse. Ce dernier s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 dans une mesure insoup\u00e7onn\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019euro, \u00e0 l\u2019USD et \u00e0 de nombreuses autres monnaies. Le sommet a \u00e9t\u00e9 atteint au d\u00e9but du mois d\u2019ao\u00fbt 2011, lorsque le cours du franc a un temps fris\u00e9 la parit\u00e9 avec l\u2019euro. L\u2019introduction d\u2019un taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS) le 6 septembre 2011 a certes d\u00e9tendu la situation mon\u00e9taire, mais le cours du franc reste tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Cette affirmation est \u00e9tay\u00e9e par l\u2019indice r\u00e9el de son cours&#13;<br \/>\nL\u2019indice r\u00e9el du cours du franc calcul\u00e9 par la BNS pour chaque mois correspond \u00e0 l\u2019\u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale du franc par rapport aux monnaies de 40 partenaires commerciaux, pond\u00e9r\u00e9e par leur part dans les exportations suisses; cet indice est en outre corrig\u00e9 des \u00e9carts d\u2019inflation. (voir <i>graphique 1<\/i>), qui reste largement sup\u00e9rieur au niveau qu\u2019il affichait avant sa rapide appr\u00e9ciation.Le franc a toujours connu des phases de sur\u00e9valuation. Cependant, la rapidit\u00e9 du mouvement d\u2019appr\u00e9ciation en 2010\u20132011 est extraordinaire et ne peut \u00eatre compar\u00e9e historiquement qu\u2019avec la p\u00e9riode 1977\u20131978. Dans les ann\u00e9es nonante, le franc s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 il est vrai dans une mesure comparable au mouvement qui a d\u00e9but\u00e9 en 2010, mais cela s\u2019est fait progressivement, sur une p\u00e9riode de quatre ans (1991\u20131995). Les entreprises ont ainsi eu la possibilit\u00e9 de s\u2019adapter aux nouvelles conditions-cadres, tout en profitant d\u2019un contexte \u00e9conomique mondial favorable. De plus, contrairement aux p\u00e9riodes d\u2019appr\u00e9ciation pr\u00e9c\u00e9dentes, o\u00f9 le franc se raffermissait vis-\u00e0-vis d\u2019une seule zone mon\u00e9taire, la p\u00e9riode actuelle concerne toutes les monnaies \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9conomie d\u2019exportation et le tourisme durement touch\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne appr\u00e9ciation si rapide et si marqu\u00e9e p\u00e9nalise fortement les entreprises actives en Suisse, notamment dans l\u2019\u00e9conomie d\u2019exportation et le tourisme. Leur comp\u00e9titivit\u00e9 s\u2019est nettement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e. Depuis le milieu de 2007, le <i>co\u00fbt unitaire de la main-d\u2019\u0153uvre en Suisse converti en euros n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019augmenter,<\/i> connaissant une hausse de 40% ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es. Si on regarde le co\u00fbt unitaire de la main-d\u2019\u0153uvre en francs, on constate que cette hausse ne provient pas de l\u2019\u00e9volution des co\u00fbts en Suisse, mais uniquement de l\u2019\u00e9volution des changes. En effet, le co\u00fbt unitaire de la main-d\u2019\u0153uvre en francs a l\u00e9g\u00e8rement recul\u00e9 depuis le milieu de 2009 (voir <i>graphique 2<\/i>).La forte baisse de la comp\u00e9titivit\u00e9 va de pair avec un ralentissement \u00e9conomique significatif. En Europe principalement, les incertitudes sur les march\u00e9s financiers li\u00e9es \u00e0 la crise de l\u2019endettement ont une influence de plus en plus n\u00e9gative sur la conjoncture. Le contexte \u00e9conomique dans d\u2019autres r\u00e9gions du monde est meilleur, m\u00eame si tout n\u2019y est pas rose pour autant. La conjoncture aux \u00c9tats-Unis, d\u2019abord vacillante, a retrouv\u00e9 une certaine assise au second semestre et l\u2019\u00e9conomie japonaise se remet de la catastrophe naturelle et nucl\u00e9aire du printemps 2011 conform\u00e9ment aux attentes. Les pays \u00e9mergents, malgr\u00e9 un ind\u00e9niable ralentissement, paraissent relativement robustes et devraient continuer \u00e0 jouer un r\u00f4le positif pour l\u2019\u00e9conomie mondiale.Le cumul, tr\u00e8s d\u00e9favorable pour la Suisse, de la faible conjoncture que connaissent les partenaires commerciaux europ\u00e9ens (repr\u00e9sentant pr\u00e8s de 60% des exportations suisses) et du franc fortement sur\u00e9valu\u00e9 ralentit de mani\u00e8re flagrante l\u2019\u00e9conomie suisse. Durant le deuxi\u00e8me semestre 2011, la conjoncture, jusqu\u2019alors solide, a connu un net refroidissement. Les exportations et les investissements des entreprises sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s. Durant l\u2019hiver 2011\u20132012, la conjoncture devrait rester faible. Cependant, rien ne laisse actuellement pr\u00e9sager un effondrement conjoncturel comme celui v\u00e9cu en 2008 \u00e0 la suite de la faillite de la banque \u00e9tasunienne d\u2019investissement Lehman Brothers.&#13;<\/p>\n<h2>Options politiques<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Objectifs de la politique \u00e9conomique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe probl\u00e8me du taux de change ne peut pas \u00eatre trait\u00e9 isol\u00e9ment, mais doit \u00eatre replac\u00e9 dans le contexte des objectifs g\u00e9n\u00e9raux de la politique \u00e9conomique. Ceux-ci comprennent, entre autres, la stabilit\u00e9 des prix, la bonne sant\u00e9 des finances publiques, un taux d\u2019emploi \u00e9lev\u00e9 et une balance des paiements \u00e9quilibr\u00e9e. Il convient de garder \u00e0 l\u2019esprit ce tableau d\u2019ensemble et d\u2019adapter les objectifs en fonction de la situation. Aucune approche partielle \u00e9troite ne doit ainsi pr\u00e9valoir lors de la formulation d\u2019une politique de lutte contre le franc fort.&#13;<\/p>\n<h2>Politique mon\u00e9taire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa politique mon\u00e9taire est du ressort de la BNS, dont le premier objectif, suivant la loi, est la stabilit\u00e9 des prix. Elle doit donc tenir compte des risques li\u00e9s aux tendances inflationnistes ou d\u00e9flationnistes. Elle peut les contrer en jouant sur l\u2019approvisionnement en liquidit\u00e9s ou sur les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. En cas de situation exceptionnellement grave, elle peut prendre des mesures extraordinaires.&#13;<\/p>\n<h2>Stabilisateurs automatiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn Suisse, les stabilisateurs automatiques, notamment le frein \u00e0 l\u2019endettement et l\u2019assurance-ch\u00f4mage (AC), jouent un r\u00f4le important dans la politique conjoncturelle (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Stabilisateurs automatiques: frein \u00e0 l\u2019endettement et assurance-ch\u00f4mage (AC)<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa pi\u00e8ce ma\u00eetresse du frein \u00e0 l\u2019endettement est constitu\u00e9e par une r\u00e8gle simple: sur l\u2019ensemble d\u2019un cycle conjoncturel, le montant total des d\u00e9penses ne doit pas exc\u00e9der celui des recettes. Le plafond des d\u00e9penses est fix\u00e9 en fonction du montant des recettes, corrig\u00e9 d\u2019un facteur qui tient compte de l\u2019utilisation conjoncturelle des capacit\u00e9s de production. Lorsque l\u2019\u00e9conomie affiche une croissance sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne calcul\u00e9e, le plafond des d\u00e9penses est inf\u00e9rieur aux recettes: la Conf\u00e9d\u00e9ration enregistre un exc\u00e9dent. \u00c0 l\u2019inverse, le frein \u00e0 l\u2019endettement autorise un d\u00e9ficit en p\u00e9riode de sous-exploitation des capacit\u00e9s de production: les d\u00e9penses peuvent alors exc\u00e9der les recettes.L\u2019<i>AC<\/i> agit comme un stabilisateur automatique. Elle soutient les revenus des demandeurs d\u2019emploi sans augmenter les cotisations dans la m\u00eame p\u00e9riode. Quand leur nombre cro\u00eet, le montant des moyens engag\u00e9s augmente; \u00e0 l\u2019inverse, quand la situation s\u2019am\u00e9liore, les d\u00e9penses baissent automatiquement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n). Le secteur public de l\u2019\u00e9conomie ainsi que celui contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019\u00c9tat, comme le domaine de la formation ou les assurances sociales, ont eux aussi un effet stabilisateur sur les revenus. Cette propri\u00e9t\u00e9 agit rapidement et occupe une place prioritaire dans la lutte contre les fluctuations conjoncturelles. Les mesures discr\u00e9tionnaires, en revanche, jouent un r\u00f4le subsidiaire et ne sont prises en compte que si la situation le justifie.&#13;<\/p>\n<h2>Interventions directes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa politique budg\u00e9taire discr\u00e9tionnaire ou active cherche \u00e0 infl\u00e9chir la conjoncture au moyen de modifications cibl\u00e9es et sp\u00e9ci-fiques des imp\u00f4ts ou des d\u00e9penses. Elle a, cependant, un effet limit\u00e9 dans les petites \u00e9conomies ouvertes: en raison de la forte propension \u00e0 importer, une grande part de la demande suppl\u00e9mentaire b\u00e9n\u00e9ficie aux march\u00e9s \u00e9trangers. En outre, comme la Suisse affiche un taux d\u2019\u00e9pargne \u00e9lev\u00e9, il y a des risques qu\u2019une grande part des ressources d\u00e9gag\u00e9es alimentent l\u2019\u00e9pargne au lieu de contribuer \u00e0 soutenir la demande, ce qui nuit \u00e0 l\u2019effet de stabilisation recherch\u00e9 par la politique budg\u00e9taire.Pour contribuer \u00e0 stabiliser la conjonc-ture, les mesures de politique budg\u00e9taire doivent se conformer \u00e0 la r\u00e8gle des trois T: elles doivent \u00eatre cibl\u00e9es (\u00abtargeted\u00bb), d\u00e9ployer leurs effets au bon moment (\u00abtimely\u00bb) et \u00eatre temporaires (\u00abtemporary\u00bb). En outre, les effets d\u2019aubaine et la charge administrative devraient rester limit\u00e9s. Enfin, il faut aussi pr\u00eater attention aux effets de distorsion. La conformit\u00e9 aux objectifs \u00e9conomiques g\u00e9n\u00e9raux est un crit\u00e8re important permettant de juger de lopportunit\u00e9 dune mesure stabilisatrice. Il convient notamment d\u2019\u00e9viter ici les effets de distorsion de la concurrence et les mauvaises incitations, qui entra\u00eenent des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s et peuvent \u00eatre tr\u00e8s dommageables \u00e0 moyen ou long terme.&#13;<\/p>\n<h2>Perspectives de croissance \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nParmi les mesures prises par la Conf\u00e9d\u00e9ration, les plus efficaces \u00e0 long terme sont celles qui renforcent lensemble de la place \u00e9conomique. La politique de croissance men\u00e9e depuis 2004 a largement contribu\u00e9 \u00e0 ce que la Suisse retrouve le chemin d\u2019une croissance solide apr\u00e8s la phase de stagnation des ann\u00e9es nonante. L\u2019environnement \u00e9conomique actuel souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de poursuivre une politique de croissance mettant l\u2019accent sur l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 du travail au moyen de r\u00e9formes internes.&#13;<\/p>\n<h2>Mesures prises<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Politique mon\u00e9taire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, la BNS a progressivement augment\u00e9 les liquidit\u00e9s. Le 6 septembre 2011, elle a fix\u00e9 un cours plancher de 1,20 franc pour un euro. Elle a \u00e9galement annonc\u00e9 qu\u2019elle prendrait d\u2019autres mesures si les perspectives \u00e9conomiques ou les risques de d\u00e9flation l\u2019exigeaient. Gr\u00e2ce \u00e0 ce taux plancher, elle a r\u00e9tabli une certaine s\u00e9curit\u00e9 en mati\u00e8re de planification pour les entreprises, ce qui devenait urgent. Cependant, \u00e0 1,22 pour un euro (valeur moyenne en d\u00e9cembre 2011), le franc reste nettement sur\u00e9valu\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Renforcement de l\u2019assurance-ch\u00f4mage<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAvec le train de mesures 2011, le fonds de l\u2019assurance-ch\u00f4mage (AC) s\u2019est vu octroyer 500 millions de francs afin de faire face \u00e0 une \u00e9ventuelle augmentation du nombre d\u2019indemnis\u00e9s, en particulier en cas de r\u00e9duction de l\u2019horaire de travail. En outre, le 19 octobre 2011, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019augmenter de 12 \u00e0 18 mois la dur\u00e9e maximale de l\u2019indemnisation en cas de r\u00e9duction de l\u2019horaire de travail \u00e0 partir du 1er janvier 2012 et de maintenir le d\u00e9lai d\u2019attente r\u00e9duit (un jour). Dans les p\u00e9riodes d\u2019incertitude, la r\u00e9duction de l\u2019horaire de travail est un moyen efficace pour \u00e9viter les licenciements h\u00e2tifs. Les salari\u00e9s comme les entreprises en profitent: les premiers restent dans la m\u00eame entreprise et sont assur\u00e9s, tandis que les seconds conservent le savoir-faire de leurs collaborateurs.&#13;<\/p>\n<h2>Renforcement de la concurrence<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSur mandat du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) a \u00e9tudi\u00e9 la r\u00e9percussion des co\u00fbts dachat en p\u00e9riode de franc fort. L\u2019\u00e9tude montre que, apr\u00e8s un an, l\u2019appr\u00e9ciation du franc s\u2019est traduite par une baisse des prix \u00e0 l\u2019importation ne correspondant qu\u00e0 40% de leffet pr\u00e9visible. Celle-ci diff\u00e8re, cependant, selon la cat\u00e9gorie de produits et est en partie r\u00e9percut\u00e9e de mani\u00e8re insuffisante.La r\u00e9percussion partielle et tardive des avantages dus au change pour les produits import\u00e9s a montr\u00e9 les effets dommageables de l\u2019\u00eelot suisse de chert\u00e9. En effet, des prix \u00e9lev\u00e9s r\u00e9duisent non seulement le pouvoir d\u2019achat des consommateurs, mais d\u00e9savantagent aussi les entreprises suisses en ce qui concerne les co\u00fbts. Afin de renforcer l\u2019application des instruments existants, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a propos\u00e9 au Parlement la cr\u00e9ation de postes suppl\u00e9mentaires \u00e0 la Surveillance des prix et \u00e0 la Commission de la concurrence (Comco) pour 2012 et 2013. Le Secr\u00e9tariat de la Comco a intensifi\u00e9 ses efforts dans ses domaines de comp\u00e9tence et ouvert le 26 octobre 2011 dix proc\u00e9dures suppl\u00e9mentaires en lien avec la non-r\u00e9percussion des avantages commerciaux. Il est, par ailleurs, pr\u00e9vu de durcir la politique de la concurrence dans le cadre de la r\u00e9vision de la loi sur les cartels.&#13;<\/p>\n<h2>Intensification du transfert de savoir et de technologie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans le cadre du train de mesure visant \u00e0 att\u00e9nuer les effets du franc fort, le budget 2011 de la Commission pour la technologie et l\u2019innovation (CTI) a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 de 100 millions de francs. Les institutions ayant droit aux contributions (\u00e9coles polytechniques f\u00e9d\u00e9rales, universit\u00e9s, hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es et p\u00e9dagogiques et autres instituts de recherche&#13;<br \/>\nUne liste des institutions ayant droit aux contributions est disponible \u00e0 l\u2019adresse suivante: <a href=\"http:\/\/www.kti.admin.ch\">http:\/\/www.kti.admin.ch<\/a>, sous les rubriques \u00abActualit\u00e9\u00bb, \u00abTh\u00e8mes sp\u00e9ciaux\u00bb.) aident les entreprises \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la mise sur le march\u00e9 de nouveaux produits et \u00e0 mener \u00e0 bien les projets de R&amp;D prometteurs \u00e0 long terme qui, sinon, seraient remis \u00e0 plus tard en raison du contexte \u00e9conomique. Depuis juin 2011, la CTI peut r\u00e9duire la contribution financi\u00e8re des entreprises prenant part \u00e0 des projets de recherche et d\u00e9veloppement ou exempter ces entreprises de toute contribution. Par ailleurs, les bons d\u2019innovation ont \u00e9t\u00e9 introduits pour permettre aux entreprises de trouver plus rapidement et plus facilement des partenaires de recherche ad\u00e9quats. Les moyens en faveur de l\u2019EPFZ, de l\u2019EPFL et du Fonds national suisse (69,5 millions de francs) d\u00e9cid\u00e9s dans le cadre du train de mesures 2011 contribuent \u00e9galement \u00e0 assurer le transfert de savoir et de technologie \u00e0 moyen terme.&#13;<\/p>\n<h2>Moyens suppl\u00e9mentaires en faveur de la promotion des exportations et du tourisme<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAfin d\u2019att\u00e9nuer les effets du franc fort, le Parlement a augment\u00e9, lors de sa session d\u2019automne, les moyens allou\u00e9s \u00e0 la promotion des exportations et \u00e0 Suisse Tourisme. Ainsi, pour la p\u00e9riode 2012-2015, l\u2019Osec a re\u00e7u 84 millions de francs au lieu des 75 millions initialement pr\u00e9vus, et Suisse Tourisme 222 millions de francs. L\u2019augmentation des moyens en faveur de la promotion des exportations doit notamment permettre \u00e0 l\u2019Osec de prospecter activement de nouveaux march\u00e9s en dehors des zones euro et dollar pour les PME \u00e0 vocation exportatrice. Les moyens suppl\u00e9mentaires en faveur du marketing touristique visent \u00e0 stimuler la demande, surtout dans les principaux march\u00e9s de croissance ext\u00e9rieurs \u00e0 la zone euro reconnus dimportance strat\u00e9gique.En outre, la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de cr\u00e9dit h\u00f4telier (SCH) s\u2019est vu accorder un pr\u00eat temporaire de 100 millions de francs. Gr\u00e2ce \u00e0 ces moyens engag\u00e9s jusqu\u2019en 2015 pour couvrir une hausse de la demande de cr\u00e9dits ou une restriction exceptionnelle de l\u2019offre en ce domaine, la SCH peut continuer \u00e0 exercer pleinement son mandat dans cette situation exceptionnelle, encourager les investissements dans le secteur de l\u2019h\u00e9bergement et faciliter l\u2019ajustement structurel.&#13;<\/p>\n<h2>Autres mesures adopt\u00e9es<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe 12 octobre 2011, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9cid\u00e9 de modifier l\u2019ordonnance sur l\u2019assurance suisse contre les risques \u00e0 l\u2019exportation (Asre). Le taux de couverture des assurances du cr\u00e9dit de fabrication passe ainsi de 80% \u00e0 95%; le taux de couverture des assurances de cr\u00e9dit fournisseur avec des d\u00e9biteurs priv\u00e9s reste, de son c\u00f4t\u00e9, \u00e0 la valeur maximale de 95%. Ces mesures assouplissent la limite de cr\u00e9dit des exportateurs et accroissent ainsi leurs liquidit\u00e9s, lesquelles ont parfois beaucoup souffert sous l\u2019effet du franc fort.Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et le Parlement se sont prononc\u00e9s contre un vaste d\u00e9dommagement individuel des entreprises pour les pertes li\u00e9es au taux de change. Des moyens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9s seulement dans des cas d\u2019esp\u00e8ce. Le budget allou\u00e9 au financement des contributions \u00e0 l\u2019exportation de produits agricoles transform\u00e9s (\u00abloi chocolati\u00e8re\u00bb) pour l\u2019ann\u00e9e 2011 a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 de 10 millions de francs. Ce montant doit permettre d\u2019att\u00e9nuer l\u2019accroissement, d\u00fb au taux de change, des \u00e9carts de prix des mati\u00e8res premi\u00e8res entre la Suisse et l\u2019Union europ\u00e9enne. Dans le domaine des transports, 28,5 millions de francs suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s aux indemnit\u00e9s pour le trafic combin\u00e9 \u00e0 travers les Alpes et 18 millions de francs ont \u00e9t\u00e9 allou\u00e9s \u00e0 l\u2019indemnisation du trafic r\u00e9gional de voyageurs. Ces fonds serviront \u00e0 compenser les pertes de change et le recul de la demande. En outre, un montant de 43 millions de francs a \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9 pour verser aux participants \u00e0 des programmes de recherche internationaux des compensations destin\u00e9es \u00e0 contrebalancer leurs pertes de change.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans une situation de crise, comme celle du franc fort en 2011, il est important de garder \u00e0 l\u2019esprit les objectifs g\u00e9n\u00e9raux de la politique \u00e9conomique dans leur ensemble, notamment la stabilit\u00e9 et l\u2019encouragement de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 long terme. Il est ind\u00e9niable que de nombreux pays ont accord\u00e9 trop d\u2019importance \u00e0 la stabilisation \u00e0 court terme dans les ann\u00e9es 2008-2009. Les cons\u00e9quences d\u2019une telle politique de stabilit\u00e9 sont clairement visibles aujourd\u2019hui, surtout en Europe.La Conf\u00e9d\u00e9ration ne peut pas agir directement sur les taux de change. Elle dispose, en revanche, de moyens appropri\u00e9s, auxquels elle a largement recouru, pour att\u00e9nuer les effets du franc fort. Cest ainsi quelle a non seulement pris des mesures d\u2019att\u00e9nuation, comme le renforcement de l\u2019assurancech\u00f4mage, mais aussi des mesures proactives \u00e0 long terme, comme le soutien \u00e0 la recherche et \u00e0 l\u2019innovation ou la facilitation de l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s mondiaux. En outre, les stabilisateurs automatiques offrent un premier rempart efficace pour lutter contre le ralentissement conjoncturel attendu en 2012.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abIndice r\u00e9el du cours du franc, 1975\u20132011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9volution relative du co\u00fbt unitaire de la main-d\u2019\u0153uvre en comparaison internationale\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Stabilisateurs automatiques: frein \u00e0 l\u2019endettement et assurance-ch\u00f4mage (AC)&#13;<\/p>\n<h3>Stabilisateurs automatiques: frein \u00e0 l\u2019endettement et assurance-ch\u00f4mage (AC)<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa pi\u00e8ce ma\u00eetresse du <i>frein \u00e0 l\u2019endettement<\/i> est constitu\u00e9e par une r\u00e8gle simple: sur l\u2019ensemble d\u2019un cycle conjoncturel, le montant total des d\u00e9penses ne doit pas exc\u00e9der celui des recettes. Le plafond des d\u00e9penses est fix\u00e9 en fonction du montant des recettes, corrig\u00e9 d\u2019un facteur qui tient compte de l\u2019utilisation conjoncturelle des capacit\u00e9s de production. Lorsque l\u2019\u00e9conomie affiche une croissance sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne calcul\u00e9e, le plafond des d\u00e9penses est inf\u00e9rieur aux recettes: la Conf\u00e9d\u00e9ration enregistre un exc\u00e9dent. \u00c0 l\u2019inverse, le frein \u00e0 l\u2019endettement autorise un d\u00e9ficit en p\u00e9riode de sous-exploitation des capacit\u00e9s de production: les d\u00e9penses peuvent alors exc\u00e9der les recettes.L\u2019<i>AC<\/i> agit comme un stabilisateur automatique. Elle soutient les revenus des demandeurs d\u2019emploi sans augmenter les cotisations dans la m\u00eame p\u00e9riode. Quand leur nombre cro\u00eet, le montant des moyens engag\u00e9s augmente; \u00e0 l\u2019inverse, quand la situation s\u2019am\u00e9liore, les d\u00e9penses baissent automatiquement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Chronologie 2011&#13;<\/p>\n<h3>Chronologie 2011<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n16 f\u00e9vrier&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe Conseil f\u00e9d\u00e9ral prend des mesures d\u00e9ployant des effets \u00e0 court terme: les moyens allou\u00e9s \u00e0 la <i>promotion touristique nationale<\/i> sont augment\u00e9s de 12 millions de francs par an pour 2011 et 2012. En ce qui concerne l\u2019<i>assurance suisse contre les risques \u00e0 l\u2019exportation (Asre),<\/i> le message sur la promotion \u00e9conomique pour les ann\u00e9es 2012\u20132015 propose de prolonger les instruments de l\u2019Asre mis en place dans le cadre du deuxi\u00e8me train de mesures de stabilisation conjoncturelle. Les <i>instruments de promotion existants<\/i> de la CTI sont dot\u00e9s de 20 millions de francs suppl\u00e9mentaires pour l\u2019ensemble des ann\u00e9es 2011 et 2012.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n31 ao\u00fbt&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe Conseil f\u00e9d\u00e9ral adopte un train de mesures d\u2019une valeur de 869 millions de francs et le soumet au Parlement. Une enveloppe de 212,5 millions de francs est desti-n\u00e9e \u00e0 intensifier le <i>transfert de savoir et de technologie.<\/i> Dans le <i>domaine du tourisme,<\/i> la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de cr\u00e9dit h\u00f4telier b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un pr\u00eat de 100 millions de francs. Le <i>fonds de l\u2019assurance-ch\u00f4mage<\/i> re\u00e7oit 500 millions de francs. Le budget allou\u00e9 au financement des <i>contributions \u00e0 l\u2019exportation de produits agricoles transform\u00e9s<\/i> (\u00abloi chocolati\u00e8re\u00bb) pour l\u2019ann\u00e9e 2011 est augment\u00e9 de 10 millions de francs. Enfin, dans le <i>domaine des transports,<\/i> un total de 46,5 millions de francs suppl\u00e9mentaires est affect\u00e9 aux indemnit\u00e9s pour le trafic combin\u00e9 \u00e0 travers les Alpes et le trafic r\u00e9gional de voyageurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n6 septembre&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa BNS fixe un <i>taux plancher<\/i> de 1,20 franc pour un euro. Elle est d\u2019avis que le franc est encore sur\u00e9valu\u00e9 et qu\u2019il devrait continuer de perdre de la valeur avec le temps.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n22 septembre&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDans le cadre du message sur la promotion \u00e9conomique pour les ann\u00e9es 2012-2015, le Parlement rel\u00e8ve de 9 millions de francs les moyens de la promotion des exportations, les portant \u00e0 84 millions de francs, afin que l\u2019organisme charg\u00e9 de la promotion du commerce ext\u00e9rieur, l\u2019Osec, puisse prospecter des march\u00e9s en dehors des zones euro et dollar pour les PME&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n12 octobre&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe Conseil f\u00e9d\u00e9ral d\u00e9cide de modifier l\u2019ordonnance sur l\u2019Asre. Les nouveaut\u00e9s introduites au 1er novembre 2011 accroissent les liquidit\u00e9s des exportateurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n19 octobre&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe Conseil f\u00e9d\u00e9ral d\u00e9cide d\u2019augmenter de 12 \u00e0 18 mois la dur\u00e9e maximale de l\u2019indemnisation en cas de r\u00e9duction de l\u2019horaire de travail et de maintenir le d\u00e9lai d\u2019attente r\u00e9duit. La modification de l\u2019ordonnance est mise en vigueur au 1er janvier 2012 et a effet jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2013.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vigueur du franc a frapp\u00e9 notre pays de mani\u00e8re inattendue et avec une intensit\u00e9 inhabituelle. Sur le plan politique, la r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 rapide et cibl\u00e9e. Les mesures visant \u00e0 att\u00e9nuer les effets du franc fort d\u00e9coulent des objectifs fondamentaux de la politique \u00e9conomique. 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