{"id":150564,"date":"2011-12-01T12:00:00","date_gmt":"2011-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/12\/fiala-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:49:53","modified_gmt":"2023-08-23T22:49:53","slug":"fiala-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/12\/fiala-2\/","title":{"rendered":"La Suisse a besoin d\u2019une v\u00e9ritable strat\u00e9gie migratoire"},"content":{"rendered":"<p>Dans la politique migratoire, les faits se m\u00ealent aux peurs et \u00e0 la propagande. On confond (d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment) la libre circulation des personnes avec les r\u00e9fugi\u00e9s, l\u2019immigration ill\u00e9gale, les accords de Schengen\/Dublin, les contingents de travailleurs en provenance d\u2019\u00c9tats tiers et la criminalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re. La Suisse ne s\u2019est toujours pas dot\u00e9e d\u2019une strat\u00e9gie migratoire digne de ce nom. Cela requiert une approche descendante qui peine \u00e0 se mettre en place dans un pays dirig\u00e9 du bas vers le haut. Du fait de la d\u00e9mocratie directe, l\u2019ensemble des concepts risquent, en outre, d\u2019\u00eatre constamment remis en question et chamboul\u00e9s. Il est difficile de faire comprendre l\u2019importance que rev\u00eat le travail en r\u00e9seau ainsi qu\u2019une coop\u00e9ration \u00e9troite entre les politiques \u00e9trang\u00e8re, s\u00e9curitaire et \u00e9conomique. La politique migratoire souffre de cette situation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nToutes les menaces qui p\u00e8sent actuellement sur la Suisse sont de dimension mondiale: pand\u00e9mies, terrorisme, crime organis\u00e9, traite des \u00eatres humains, changement climatique, flux migratoires et r\u00e9fugi\u00e9s. La seule mani\u00e8re d\u2019\u00e9carter les risques actuels est d\u2019intensifier la coop\u00e9ration internationale, surtout pas de la r\u00e9duire. Aucun pays n\u2019est une \u00eele, la Suisse pas plus que les autres.&#13;<\/p>\n<h2>Fortement tributaire de l\u2019immigration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes questions migratoires influencent aujourd\u2019hui l\u2019agenda politique mondial. Jamais encore l\u2019humanit\u00e9 n\u2019avait compt\u00e9 autant de migrants permanents. On estime que 300 millions de personnes vivent en dehors de leur pays. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne nourrit la peur de la mondialisation. Les populistes, non seulement en Suisse, mais dans toute l\u2019Europe, r\u00e9pondent de plus en plus \u00e0 ces craintes en manifestant de l\u2019aversion \u00e0 l\u2019\u00e9gard des \u00e9trangers et en adoptant la tac-tique du h\u00e9risson. Les discours, parfois haineux, font largement abstraction des avantages de l\u2019immigration pour se concentrer sur ses risques. Sachant que notre pays compte 23% d\u2019\u00e9trangers, un taux sup\u00e9rieur \u00e0 celui de pays traditionnels d\u2019immigration comme les \u00c9tats-Unis ou le Canada, on doit admettre qu\u2019il est urgent de favoriser l\u2019int\u00e9gration, d\u2019informer \u00e0 grande \u00e9chelle et de mettre au point une strat\u00e9gie migratoire efficace. La Suisse est fortement tributaire de la main-d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re: l\u2019industrie, le tourisme, le syst\u00e8me de sant\u00e9, le secteur du b\u00e2timent et la science ont besoin de sp\u00e9cialistes que notre pays ne peut former et fournir en nombre suffisant. M\u00eame une offensive majeure dans le domaine de l\u2019\u00e9ducation et de la formation n\u2019y suffirait pas, si nous voulons maintenir la force de notre \u00e9conomie et notre prosp\u00e9rit\u00e9. Le vieillissement de la population \u2013 tant en Suisse que dans le reste de l\u2019Europe \u2013 accentuera encore ces probl\u00e8mes. \u00c0 la longue, la libre circulation des personnes ne pourra plus constituer la seule r\u00e9ponse au manque de main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e. T\u00f4t ou tard, nous devrons in\u00e9vitablement faire preuve de davantage de souplesse et de prudence dans la d\u00e9finition de notre politique relative aux \u00c9tats tiers.&#13;<\/p>\n<h2>Appr\u00e9hender globalement le probl\u00e8me des r\u00e9fugi\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSur les quarante \u00c9tats de l\u2019Afrique subsaharienne, environ 25 sont actuellement plong\u00e9s dans des conflits arm\u00e9s. La corruption, la surpopulation, les retards criants en mati\u00e8re de formation, la pauvret\u00e9, les catastrophes climatiques et une soci\u00e9t\u00e9 civile d\u00e9ficitaire poussent chaque ann\u00e9e quelque 3 millions de personnes \u00e0 fuir leur pays et \u00e0 partir pour l\u2019Europe. Apr\u00e8s des r\u00e9voltes porteuses d\u2019espoir, l\u2019avenir de l\u2019Afrique du Nord reste tr\u00e8s incertain. Selon toute probabilit\u00e9, l\u2019afflux de r\u00e9fugi\u00e9s ira en s\u2019intensifiant. Les fronti\u00e8res ext\u00e9rieures de l\u2019espace Schengen sont d\u00e9j\u00e0 compl\u00e8tement surcharg\u00e9es. La Gr\u00e8ce, \u00e0 elle seule, voit arriver chaque mois environ 30&nbsp;000 r\u00e9fugi\u00e9s, alors qu\u2019elle n\u2019est pas en mesure de ma\u00eetriser sa propre crise \u00e9conomique et de r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes.Si la Suisse se cantonnait aux accords Schengen\/Dublin sans d\u00e9ployer davantage d\u2019aide \u2013 ce qui pourrait tout \u00e0 fait se justifier \u2013, elle s\u2019exposerait \u00e0 de s\u00e9rieux probl\u00e8mes. C\u2019est uniquement en augmentant la coop\u00e9ration dans les domaines de la migration et de l\u2019asile, et en renfor\u00e7ant l\u2019aide sur le terrain, que nous pourrons trouver des r\u00e9ponses. Par cons\u00e9quent, la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e simplement comme un \u00abcadeau aux pauvres\u00bb. C\u2019est au contraire une urgente n\u00e9cessit\u00e9 qui sert nos int\u00e9r\u00eats dans la mesure o\u00f9 nous voulons inciter les r\u00e9fugi\u00e9s potentiels \u00e0 rester dans leur propre pays et \u00e0 ne pas venir frapper \u00e0 nos portes. Non seulement l\u2019aide humanitaire de la Suisse repose sur une tradition, mais elle jouit aussi d\u2019un grand respect \u00e0 travers le monde. Les partenariats migratoires ouvrent des voies nouvelles et prometteuses. Il faudra accepter que notre aide soit conditionn\u00e9e \u00e0 des exigences de r\u00e9admission. En Suisse, la population n\u2019admet pas une vision roman-tique des choses. Il s\u2019agit d\u2019en tenir compte, que cela nous plaise ou non. Un altruisme mal compris ne sert \u00e0 personne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la politique migratoire, les faits se m\u00ealent aux peurs et \u00e0 la propagande. 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