{"id":150584,"date":"2011-12-01T12:00:00","date_gmt":"2011-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/12\/gnesa-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:50:29","modified_gmt":"2023-08-23T22:50:29","slug":"gnesa-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/12\/gnesa-2\/","title":{"rendered":"La migration mondiale et la politique migratoire ext\u00e9rieure de la Suisse"},"content":{"rendered":"<p>La mondialisation va de pair avec une intensification des mouvements migratoires internationaux. Selon les estimations de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM), notre plan\u00e8te comptait environ 214 millions de migrants internationaux en 2010. Quelque 3% de la population mondiale vivent pendant plus d\u2019un an hors de leur pays d\u2019origine. Par ailleurs, il faut savoir que le monde compte environ 47 millions de r\u00e9fugi\u00e9s et de personnes d\u00e9plac\u00e9es. L\u2019Europe abrite environ 70 millions de migrants, soit 33% des effectifs recens\u00e9s dans le monde. Dans ce contexte, la question d\u2019une gestion efficace des flux migratoires se pose avec une acuit\u00e9 croissante pour les \u00c9tats. L\u2019un des principaux d\u00e9fis \u00e0 relever est de cr\u00e9er les conditions n\u00e9cessaires pour que les migrations aient lieu de mani\u00e8re s\u00fbre, r\u00e9guli\u00e8re et dans le respect des droits et des int\u00e9r\u00eats de toutes les parties concern\u00e9es. Il faut tenir compte \u00e0 cet \u00e9gard du r\u00f4le que peuvent jouer les migrants en termes de d\u00e9veloppement. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201112_04_Gnesa_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les facteurs de migration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes causes et les facteurs de migration sont d\u2019une telle complexit\u00e9 qu\u2019il est impossible de faire des pr\u00e9visions s\u00fbres \u2013 que ce soit au niveau mondial ou r\u00e9gional. On peut toutefois mettre en \u00e9vidence les <i>facteurs d\u2019attraction,<\/i> qui encouragent l\u2019immigration dans un pays donn\u00e9 (par exemple \u00e9volution d\u00e9mographique, besoins de main-d\u2019\u0153uvre, produit national brut), ou les <i>facteurs de rejet,<\/i> qui favorisent l\u2019\u00e9migration (par exemple pauvret\u00e9, conflits, climat, inflation), et identifier certaines tendances&#13;<br \/>\nVoir OCDE, L\u2019avenir des migrations internationales vers les pays de l\u2019OCDE, 2009.. Dans l\u2019\u00e9tat actuel des choses, on peut envisager un certain nombre de sc\u00e9narios.Les disparit\u00e9s \u00e9conomiques et d\u00e9mographiques expliquent pour une large part l\u2019<i>ampleur<\/i> du ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire. Sa <i>dynamique<\/i> est en revanche influenc\u00e9e par des facteurs comme les r\u00e9seaux sociaux ou l\u2019\u00e9volution des transports, de l\u2019information, de la communication et des droits de l\u2019homme. Ces \u00e9l\u00e9ments, coupl\u00e9s aux mesures prises par les \u00c9tats pour agir sur la migration \u2013 souvent pour la freiner, comme le contr\u00f4le aux fronti\u00e8res et les obligations de visa \u2013, permettent d\u2019expliquer assez bien les mouvements migratoires: leur moment, leurs trajets, ainsi que leurs r\u00e9gions et pays de destination.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019augmentation de l\u2019immigration et ses cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa <i>table ronde Politique de migration 2030<\/i>&#13;<br \/>\nDes repr\u00e9sentants des quatre partis si\u00e9geant au Conseil f\u00e9d\u00e9ral, les partenaires sociaux et des experts de la Conf\u00e9d\u00e9ration, des cantons et d\u2019ONG ont particip\u00e9 \u00e0 la table ronde. s\u2019est pench\u00e9e sur cette question. Dans leur rapport de juin 2011 \u2013 \u00e9tabli sur la base des pr\u00e9visions de l\u2019OCDE et de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) et apr\u00e8s examen de diff\u00e9rents sc\u00e9narios \u2013, les participants arrivent \u00e0 la conclusion que l\u2019immigration en Suisse augmentera tr\u00e8s probablement. Ils estiment que le mod\u00e8le des deux cercles, qui a fait ses preuves, peut \u00eatre maintenu: immigration non contingent\u00e9e de personnes actives ressortissantes de l\u2019UE et admission contingent\u00e9e de personnes actives provenant de pays tiers. \u00c0 long terme, l\u2019immigration en provenance de l\u2019UE diminuera probablement, les disparit\u00e9s d\u00e9mographiques entre la plupart des pays de l\u2019Union et la Suisse allant en se r\u00e9sorbant. La question est donc de savoir comment, en 2030, la Suisse pourra ou devra couvrir ses besoins pr\u00e9visibles de personnel dans certaines branches \u2013 par exemple dans le domaine des soins \u2013 en se tournant \u00e9galement vers des pays tiers.Compte tenu de ce sc\u00e9nario hautement probable, il ressort de la table ronde que les responsables politiques devraient s\u2019occuper d\u00e8s aujourd\u2019hui des cons\u00e9quences pr\u00e9visibles de l\u2019immigration, notamment en ce qui concerne la capacit\u00e9 et la volont\u00e9 d\u2019int\u00e9gration, le march\u00e9 du travail, la politique d\u2019asile ou la migration irr\u00e9guli\u00e8re. Ils sont aussi appel\u00e9s \u00e0 mener une politique ext\u00e9rieure active en mati\u00e8re de migration. L\u2019am\u00e9nagement du territoire ou les infrastructures sont \u00e9galement concern\u00e9s.Le 4 mai 2011, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a constitu\u00e9 un <i>groupe de travail interd\u00e9partemental sur les th\u00e8mes de la libre circulation des personnes et de l\u2019immigration,<\/i> charg\u00e9 de traiter notamment les questions soulev\u00e9es par la table ronde. Le groupe de travail doit proc\u00e9der \u00e0 une analyse approfondie des chances et des risques que pr\u00e9sente l\u2019actuelle politique suisse en mati\u00e8re d\u2019admission de la main d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re, et soumettre des propositions concernant des mesures correctives ou d\u2019am\u00e9lioration \u00e0 r\u00e9aliser \u00e0 court ou \u00e0 moyen terme. Il portera notamment son attention sur des domaines politiques comme l\u2019int\u00e9gration, le march\u00e9 du travail, la formation initiale et continue, la reconnaissance des dipl\u00f4mes, l\u2019am\u00e9nagement du territoire, le march\u00e9 locatif et immobilier, la consommation d\u2019\u00e9nergie, les transports, l\u2019environnement et la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, ainsi que les relations entre la Suisse et l\u2019UE.&#13;<\/p>\n<h2>Les objectifs du Conseil f\u00e9d\u00e9ral en mati\u00e8re de politique migratoire ext\u00e9rieure<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSans vouloir pr\u00e9juger des r\u00e9sultats du groupe de travail, je suis convaincu qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de modifier fondamentalement les objectifs actuels de la politique migratoire ext\u00e9rieure. Ils reposent sur trois valeurs: le bien-\u00eatre, la solidarit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9. La politique suisse en mati\u00e8re de migration doit:\u2212 assurer l\u2019immigration n\u00e9cessaire au <i>bien-\u00eatre \u00e9conomique, social et culturel<\/i> de la Suisse;\u2212 contribuer \u00e0 la <i>prosp\u00e9rit\u00e9 des pays d\u2019origine et de transit,<\/i> en exploitant davantage les synergies entre migration et d\u00e9veloppement;\u2212 s\u2019inscrire dans le droit fil de la <i>tradition humanitaire de la Suisse,<\/i> en offrant une protection aux personnes fuyant des pers\u00e9cutions;\u2212 garantir la <i>s\u00e9curit\u00e9 des citoyens suisses ainsi que des migrants,<\/i> en favorisant l\u2019int\u00e9gration de ces derniers, en luttant contre la migration irr\u00e9guli\u00e8re et la traite d\u2019\u00eatres humains et en assurant le rapatriement des personnes en situation irr\u00e9guli\u00e8re, dans des conditions de dignit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9.La Suisse veille, par sa politique ext\u00e9-rieure suivie et coh\u00e9rente, \u00e0 r\u00e9duire la pression migratoire \u00e0 ses fronti\u00e8res et sur son territoire et \u00e0 tirer le meilleur parti du potentiel qu\u2019offre la migration pour son \u00e9conomie et sa soci\u00e9t\u00e9, sans perdre de vue les int\u00e9r\u00eats des autres parties prenantes. Toute am\u00e9lioration apport\u00e9e \u00e0 la gestion internationale de la migration est b\u00e9n\u00e9fique pour la Suisse&#13;<br \/>\nVoir Rapport de politique ext\u00e9rieure du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, 2010..&#13;<\/p>\n<h2>D\u00e9fis actuels et solutions possibles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) en 2002, les efforts de la Suisse en mati\u00e8re de gestion de la migration se concentrent surtout sur la migration en provenance de pays tiers, puisque les ressortissants de l\u2019UE et de l\u2019AELE sont d\u00e9sormais libres d\u2019exercer une activit\u00e9 lucrative et de s\u00e9journer en Suisse (pour les ressortissants bulgares et roumains, ce droit est encore soumis \u00e0 certaines conditions). De surcro\u00eet, certains instruments \u2013 comme l\u2019accord de Schengen\/Dublin \u2013 renforcent la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure de la Suisse. Outre les mesures d\u00e9j\u00e0 prises en ce qui concerne l\u2019ALCP, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral se prononcera encore sur les cons\u00e9quences de la libre circulation des personnes et sur d\u2019\u00e9ventuelles am\u00e9liorations.Au nombre des d\u00e9fis \u00e0 relever \u2013 en particulier en ce qui concerne les pays tiers \u2013 figure la perception de la migration, qui est rarement consid\u00e9r\u00e9e comme une chance, mais plut\u00f4t comme un probl\u00e8me. Tant le public que la classe politique doivent adopter une perspective plus diff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la migration. Il est pertinent d\u2019att\u00e9nuer ses aspects n\u00e9gatifs, mais il faut aussi am\u00e9liorer le potentiel qu\u2019elle rec\u00e8le, par exemple pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique. S\u2019agissant de la <i>migration r\u00e9guli\u00e8re,<\/i> l\u2019un des d\u00e9fis pour la Suisse consistera \u00e0 recruter la main-d\u2019\u0153uvre n\u00e9cessaire \u00e0 sa croissance \u00e9conomique, alors que la concurrence internationale s\u2019intensifie autour du personnel qualifi\u00e9. La <i>migration irr\u00e9guli\u00e8re<\/i> emp\u00eache les \u00c9tats de d\u00e9cider, en vertu de leur droit l\u00e9gitime et souverain, qui peut s\u00e9journer sur leur territoire et qui ne le peut pas. L\u2019absence de ma\u00eetrise dans ce domaine a des effets directs ou indirects sur de nombreux champs politiques, comme la s\u00e9curit\u00e9, l\u2019\u00e9ducation ou le march\u00e9 du travail. En outre, les personnes qui se trouvent en s\u00e9jour irr\u00e9gulier dans un pays sont souvent en situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 (par exemple en raison de la traite des \u00eatres humains). Pour lutter efficacement contre la migration irr\u00e9guli\u00e8re, une strat\u00e9gie possible est d\u2019offrir des alternatives dans les pays d\u2019origine, autrement dit de cr\u00e9er des emplois pour les jeunes. Les accords de r\u00e9admission continuent \u00e0 se justifier afin d\u2019assurer le retour des migrants dans leur pays d\u2019origine; mais il faut de plus en plus tenir compte du probl\u00e8me de la r\u00e9insertion et des besoins des pays d\u2019origine, qui s\u2019inscrivent dans un contexte plus large. Il est important aussi d\u2019apporter une protection sur place, en particulier aux r\u00e9fugi\u00e9s qui ne b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019aucune protection dans leur r\u00e9gion d\u2019origine. Le lien entre migration et d\u00e9veloppement devra faire l\u2019objet d\u2019une attention croissante. Le potentiel que repr\u00e9sente la migration pour le d\u00e9veloppement peut \u00eatre exploit\u00e9 davantage. Il faudrait syst\u00e9matiquement en tenir compte, par exemple dans l\u2019\u00e9laboration de politiques sectorielles ou de strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement r\u00e9gionales ou locales.Enfin, il convient de mentionner la gouvernance mondiale des flux migratoires internationaux, th\u00e8me qui garde toute son acuit\u00e9. Au niveau international, il existe une prise de conscience croissante que la migration est un ph\u00e9nom\u00e8ne transnational et qu\u2019il est donc n\u00e9cessaire de coop\u00e9rer aux niveaux r\u00e9gional et international pour trouver des solutions appropri\u00e9es et arbitrer entre les diff\u00e9rents int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence. La plupart des pays sont aujourd\u2019hui \u00e0 la fois des pays d\u2019immigration, d\u2019\u00e9migration et de transit.&#13;<\/p>\n<h2>Instruments de la politique migratoire ext\u00e9rieure de la Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes instruments reposent sur quatre principes:\u2212 une <i>approche globale de la migration<\/i> tenant compte des opportunit\u00e9s \u00e9conomiques, sociales et culturelles mais aussi des d\u00e9fis; \u2212 une <i>approche partenariale<\/i> se traduisant par une coop\u00e9ration \u00e9troite entre les pays d\u2019origine, de transit et de destination ainsi qu\u2019avec d\u2019autres acteurs (organisations internationales, secteur priv\u00e9, ONG);\u2212 une <i>approche pangouvernementale<\/i> fond\u00e9e sur une collaboration interd\u00e9partemen-tale tr\u00e8s \u00e9troite. En f\u00e9vrier 2011, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a approuv\u00e9 le rapport de l\u2019administration sur la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de migration internationale ainsi que les principes susmentionn\u00e9s, et affin\u00e9 les instruments existants.Le dialogue migratoire engag\u00e9 aux niveaux international et r\u00e9gional constitue l\u2019un des principaux instruments mis en place. Mentionnons \u00e0 cet \u00e9gard le <i>Forum mondial sur la migration et le d\u00e9veloppement,<\/i> dont la pr\u00e9sidence a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e cette ann\u00e9e par la Suisse: quelque 150 \u00c9tats participent \u00e0 cette plateforme informelle pour \u00e9changer leurs exp\u00e9riences concr\u00e8tes et d\u00e9velopper des partenariats dans les domaines de la migration et du d\u00e9veloppement. Il est bien connu qu\u2019un dialogue intensif est men\u00e9 au niveau r\u00e9gional avec l\u2019UE et l\u2019AELE, notamment dans le cadre de Schengen, de Dublin et de Frontex; pour cette raison, il ne sera pas abord\u00e9 plus en d\u00e9tail dans le pr\u00e9sent article. Les accords bilat\u00e9raux en mati\u00e8re de migration r\u00e8glent la coop\u00e9ration dans des domaines comme le retour dans le pays d\u2019origine (47 accords conclus \u00e0 ce jour), les visas et les \u00e9changes de stagiaires. En tant qu\u2019ambassadeur sp\u00e9cial, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 de nombreuses discussions bilat\u00e9rales et multilat\u00e9rales. J\u2019ai pu ainsi constater qu\u2019il est de plus en plus difficile d\u2019int\u00e9grer les int\u00e9r\u00eats divergents des \u00c9tats partenaires dans un accord qui se concentre sur un seul domaine de la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de migration. Outre la r\u00e9admission, les questions de visa, la surveillance des fronti\u00e8res, l\u2019aide au retour, la lutte contre la traite des \u00eatres humains, les synergies entre migration et d\u00e9veloppement (par exemple diaspora, envois de fonds des \u00e9migr\u00e9s vers leur pays d\u2019origine) ou les possibilit\u00e9s de formation initiale et continue constituent des th\u00e8mes importants qui doivent \u00eatre pris en compte dans les n\u00e9gociations avec l\u2019\u00c9tat partenaire concern\u00e9, ceci dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des deux parties. C\u2019est \u00e0 cet effet qu\u2019a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 le <i>partenariat migratoire<\/i> (art. 100 de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les \u00e9trangers); jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, la Suisse a nou\u00e9 de tels partenariats avec la Bosnie et Herz\u00e9govine, la Serbie, le Kosovo et le Nigeria. Le bilan est positif. Parmi les instruments disponibles, il convient \u00e9galement de mentionner les projets de pr\u00e9vention de la migration irr\u00e9guli\u00e8re et ceux destin\u00e9s \u00e0 la protection des r\u00e9fugi\u00e9s dans leur r\u00e9gion d\u2019origine (strat\u00e9gie dite de la \u00abprotection dans la r\u00e9gion\u00bb). L\u2019objectif est de renforcer la protection des r\u00e9fugi\u00e9s dans les pays de premier accueil (situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 des r\u00e9gions de crise), afin de r\u00e9duire les flux migratoires secondaires irr\u00e9guliers. De nombreuses interventions parlementaires confortent le Conseil f\u00e9d\u00e9ral dans sa volont\u00e9 de mettre en \u0153uvre ces instruments de mani\u00e8re encore plus efficace: cela concerne en particulier la protection sur place, ainsi que la r\u00e9duction de la migration irr\u00e9guli\u00e8re.Pour renforcer l\u2019efficacit\u00e9 de la politique migratoire ext\u00e9rieure, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a en outre d\u00e9cid\u00e9, en f\u00e9vrier 2011, d\u2019am\u00e9liorer la structure de la coop\u00e9ration interd\u00e9partementale. En r\u00e9union pl\u00e9ni\u00e8re, le groupe de travail interd\u00e9partemental Migration est pr\u00e9sid\u00e9 par le directeur de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations (ODM), d\u2019une part, et par le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat et le directeur de la Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC) du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res, d\u2019autre part. Le secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) et l\u2019ambassadeur extraordinaire charg\u00e9 de la collaboration internationale en mati\u00e8re de migrations y sont \u00e9galement repr\u00e9sent\u00e9s. Un comit\u00e9 auquel participent aussi d\u2019autres services concern\u00e9s a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 en qualit\u00e9 d\u2019organe de mise en \u0153uvre.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion et perspectives<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe sc\u00e9nario le plus probable, \u00e0 mon avis, est le suivant:1. La production continue \u00e0 cro\u00eetre \u00e0 moyen et \u00e0 long terme; la place \u00e9conomique suisse reste attrayante et la mutation structurelle se poursuit, surtout dans le secteur tertiaire. L\u2019\u00e9conomie est tributaire de l\u2019immigration.2. Le nombre de personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 65 ans augmente consid\u00e9rablement.3. Le vieillissement de la population suisse pourrait entra\u00eener une p\u00e9nurie de main d\u2019\u0153uvre dans certaines branches, en particulier dans le secteur de la sant\u00e9.4. L\u2019Europe conna\u00eet une situation d\u00e9mographique analogue \u00e0 celle de la Suisse. Autrement dit la pression migratoire en provenance des pays de l\u2019UE diminue en Suisse et les entreprises du pays doivent faire face \u00e0 une forte concurrence internationale en mati\u00e8re de recrutement. La Suisse reste en revanche un pays d\u2019immigration attrayant pour les ressortissants de pays non membres de l\u2019UE (conditions de travail, qualit\u00e9 de vie, s\u00e9curit\u00e9 sociale).5. La pression migratoire s\u2019accentue sur la Suisse parce que les causes de la migration \u2013 par exemple les guerres, les d\u00e9gradations environnementales ou le changement climatique \u2013 se multiplient.Que cela signifie-t-il pour la politique ext\u00e9rieure future de la Suisse en mati\u00e8re de migration? Comme le Conseil f\u00e9d\u00e9ral l\u2019a, de nouveau, soulign\u00e9 r\u00e9cemment, ce qu\u2019il faut, c\u2019est une politique migratoire ext\u00e9rieure davantage active. Il n\u2019est pas possible de r\u00e9gler les probl\u00e8mes migratoires actuels en les g\u00e9rant sous le seul angle de la politique int\u00e9rieure. Une politique coh\u00e9rente n\u00e9cessite bien s\u00fbr de tenir \u00e9galement compte des besoins \u00e9conomiques, de la capacit\u00e9 d\u2019accueil et d\u2019int\u00e9gration ainsi que des questions s\u00e9curitaires qui se posent en Suisse. En d\u2019autres termes, pas d\u2019immigration illimit\u00e9e. Il faut \u00e0 la fois des instruments nationaux et internationaux pour agir sur les mouvements migratoires, qu\u2019ils soient l\u00e9gaux ou non. En outre, il est indispensable de coop\u00e9rer aux niveaux bilat\u00e9ral, r\u00e9gional et multilat\u00e9ral avec les pays d\u2019origine et de transit des migrants pour traiter les probl\u00e8mes pos\u00e9s par ces derniers et saisir les chances qu\u2019ils offrent.La Suisse a d\u00e9montr\u00e9 par le pass\u00e9 qu\u2019elle poss\u00e8de une grande capacit\u00e9 d\u2019accueil et d\u2019int\u00e9gration. Le bilan est positif \u2013 m\u00eame compar\u00e9 \u00e0 celui des pays de l\u2019UE. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et le Parlement ont introduit ces derni\u00e8res ann\u00e9es quelques am\u00e9liorations en mati\u00e8re de politique migratoire ext\u00e9rieure, qu\u2019il convient maintenant de mettre en \u0153uvre. Je suis convaincu que notre pays, situ\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019Europe, doit poursuivre sa coop\u00e9ration avec l\u2019UE et ses \u00c9tats membres. Du fait de l\u2019\u00e9volution pr\u00e9visible de la d\u00e9mographie, des besoins de main d\u2019\u0153uvre et de la forte pression migratoire en provenance de pays non membres de l\u2019UE, il convient de conclure \u00e0 l\u2019avenir davantage de partenariats migratoires hors de l\u2019UE, ceci dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la Suisse et en tenant compte des int\u00e9r\u00eats du pays d\u2019origine concern\u00e9. De m\u00eame, il est pertinent que la Suisse continue \u00e0 participer activement au dialogue international sur la migration.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution de la population active dans le monde, 1980\u20132020\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mondialisation va de pair avec une intensification des mouvements migratoires internationaux. 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