{"id":150684,"date":"2011-11-01T12:00:00","date_gmt":"2011-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/11\/balaster-6\/"},"modified":"2023-08-24T00:50:51","modified_gmt":"2023-08-23T22:50:51","slug":"balaster-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/11\/balaster-6\/","title":{"rendered":"La transmission des gains d\u2019achat r\u00e9alis\u00e9s gr\u00e2ce au franc fort"},"content":{"rendered":"<p>La forte appr\u00e9ciation de la devise suisse p\u00e8se sur les exportateurs du pays et, plus particuli\u00e8rement, sur ceux qui op\u00e8rent dans lUE, leurs produits ayant rench\u00e9ri parall\u00e8lement. On nobserve pas de ph\u00e9nom\u00e8ne inverse pour les importations, bien au contraire. Malgr\u00e9 la force du franc, les diff\u00e9rences de prix entre la Suisse et l\u00e9tranger se sont encore \u00e9largies: l\u00eelot de chert\u00e9 est de nouveau \u00e0 lordre du jour. Larticle ci-contre examine pour les principales cat\u00e9gories de biens si, en g\u00e9n\u00e9ral, et dans quelle mesure les gains dachat r\u00e9alis\u00e9s dans la zone euro lors dimportations sont retransmis au consommateur suisse. Les raisons pour lesquelles ladaptation ne se fait pas sont analys\u00e9es.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201111_17_Balaster_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"250\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019\u00eelot de chert\u00e9 suisse, qui avait fait l\u2019objet d\u2019un dossier sp\u00e9cial de La Vie \u00e9conomique en 2003&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique, 7-2003., revient sur le tapis \u00e0 cause de la force du franc. La nourriture pour b\u00e9b\u00e9, un exemple parmi dautres r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par une enqu\u00eate du Seco sur des biens sujets \u00e0 des entraves techniques au commerce, montre \u00e0 quel point les diff\u00e9rences de prix peuvent \u00eatre fortes&#13;<br \/>\nPour plus d\u2019indications sur l\u2019enqu\u00eate en question, s\u2019adresser \u00e0 Isabelle Schluep-Campo, secteur Croissance et politique de la concurrence (DPWW), Seco, <a href=\"mailto:isabelle.schluep@seco.admin.ch\">isabelle.schluep@seco.admin.ch<\/a>.. Il illustre combien la loi du prix unique&#13;<br \/>\nTh\u00e8se \u00e9conomique stipulant que dans un march\u00e9 efficient, chaque bien identique doit avoir le m\u00eame prix en tout point de ce march\u00e9. est viol\u00e9e ici et l\u00e0 en Suisse. Les prix \u00e0 la consommation semblent g\u00e9n\u00e9ralement davantage s\u2019aligner sur la capacit\u00e9 de paiement \u2013 donc le pouvoir d\u2019achat \u2013 des pays, et sont adapt\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la conjoncture sur les march\u00e9s respectifs. En revanche, l\u2019arbitrage des biens, qui devrait lisser les diff\u00e9rences de prix, est peu d\u00e9velopp\u00e9 dans le commerce. Les \u00e9carts qui en r\u00e9sultent incitent donc les consommateurs \u00e0 pratiquer le tourisme d\u2019achat.&#13;<\/p>\n<h2>Les fluctuations des cours de change d\u00e9terminent l\u2019actualit\u00e9 du d\u00e9bat<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes fluctuations du cours du franc ont une influence d\u00e9cisive sur l\u2019actualit\u00e9 du d\u00e9bat concernant l\u2019\u00eelot de chert\u00e9 suisse. En \u00e9t\u00e9 2007, suite aux op\u00e9rations de sp\u00e9culation sur les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat (ou portage), le franc \u00e9tait particuli\u00e8rement faible (1,65 franc pour 1 euro). Du fait de la crise de confiance dans la zone euro, il est actuellement particuli\u00e8rement fort, m\u00eame apr\u00e8s que la Banque nationale suisse (BNS) a fix\u00e9 un cours plancher de 1,20 franc, le 6 septembre 2011.Les explications qui suivent se concentrent sur la transmission des gains de change depuis le 2e trimestre 2010, soit \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019euro est pass\u00e9 en dessous de 1,40 franc.&#13;<\/p>\n<h2>Socle de prix \u00e9lev\u00e9 m\u00eame en cas de taux de change moyen<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn nous concentrant sur cette p\u00e9riode, nous partons d\u2019un socle relativement \u00e9lev\u00e9 des prix suisses, car, en 2007, aucun fabricant ni commer\u00e7ant ne se plaignait de ce que vendre en Suisse ne valait pratiquement plus la peine, en raison de la faiblesse du franc. Selon les calculs de la parit\u00e9 des pouvoirs d\u2019achat d\u2019Eurostat et de l\u2019OCDE, les prix suisses des marchandises \u00e9tait effectivement sup\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne, m\u00eame en 2007. L\u2019indice des biens de consommation \u00e9tait alors de 114 points (EU15 = 100)&#13;<br \/>\nLes indices de d\u00e9tail utilis\u00e9s pour calculer la parit\u00e9 des pouvoirs d\u2019achat sugg\u00e8rent qu\u2019en 2007, le niveau relatif des prix des biens de consommation n\u2019\u00e9tait pas seulement plus \u00e9lev\u00e9 que dans les pays voisins \u00e0 cause de la production int\u00e9rieure, mais aussi \u00e0 cause des prix de vente finals des importations..En fixant une valeur de r\u00e9f\u00e9rence de 1,40 franc pour le socle de prix existant en cas de taux de change moyen, la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e&#13;<br \/>\nLa p\u00e9riode sous revue est d\u00e9termin\u00e9e surtout par la disponibilit\u00e9 des donn\u00e9es appropri\u00e9es. Pour les prix \u00e0 l\u2019importation, elle va du 1er trimestre 1994 au 2e trimestre 2011, pour ceux \u00e0 la consommation de mai 2003 \u00e0 juin 2011. englobe \u00e0 la fois une p\u00e9riode de faiblesse (2007 surtout) et de force du franc (2011 surtout). Cela nous permet d\u2019observer si les fluctuations du cours des changes ont un effet sym\u00e9trique sur les prix d\u2019achat (en francs) selon que la monnaie est sous-\u00e9valu\u00e9e ou sur\u00e9valu\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Enqu\u00eates existantes sur la transmission des variations de change<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mani\u00e8re dont les fluctuations des changes se r\u00e9percutent sur les prix \u00e0 l\u2019importation et les prix de vente finals (\u00abExchange Rate Pass-Through\u00bb, ERPT) a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019une \u00e9tude de la BNS publi\u00e9e en 2007&#13;<br \/>\nJonas Stulz, \u00abExchange Rate Pass-Through in Switzerland: Evidence from Vector Autoregressions\u00bb, Swiss National Bank Economic Studies, n\u00b0 4 2007. L\u2019auteur conclut qu\u2019en quelques trimestres, une appr\u00e9ciation se r\u00e9percute sur les prix \u00e0 l\u2019importation \u00e0 environ 40% et reste alors plus ou moins \u00e0 ce niveau. L\u2019ensemble des prix \u00e0 la consommation r\u00e9agit \u00e0 raison de 30% aux fluctuations de l\u2019indice des prix \u00e0 l\u2019importation, ce qui revient \u00e0 transmettre presque int\u00e9gralement le b\u00e9n\u00e9fice arriv\u00e9 en Suisse au client final, puisque les biens d\u2019importation repr\u00e9sentent quelque 30% de la consommation totale des m\u00e9nages&#13;<br \/>\nIl s\u2019agit ici de la part des positions de l\u2019indice g\u00e9n\u00e9ral qui comprennent surtout des biens d\u2019importation. Ces positions se composent aussi de biens domestiques et leur pond\u00e9ration inclut la marge de gros \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Nos calculs d\u00e9montrent que, dans la consommation des m\u00e9nages, seul un franc sur six va directement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger..&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9tude du Seco sur la transparence<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNous avons d\u2019abord reproduit ces calculs au niveau de l\u2019indice g\u00e9n\u00e9ral des prix \u00e0 l\u2019importation et du total de l\u2019indice suisse des prix \u00e0 la consommation (IPC)&#13;<br \/>\nCette partie de l\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Marc Surchat, secteur DPWW, Seco.. La valeur de l\u2019ERPT y est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame que dans les grands pays et lors de p\u00e9riodes ant\u00e9rieures. Il existe des indications d\u2019une certaine sym\u00e9trie lors de la transmission des variations du prix d\u2019achat, que le franc soit sur\u00e9valu\u00e9 ou sous-\u00e9valu\u00e9. Il faut compter un certain temps pour que les b\u00e9n\u00e9fices de change soient r\u00e9percut\u00e9s. Pour l\u2019indice des prix \u00e0 l\u2019importation, ce d\u00e9calage est de l\u2019ordre de trois trimestres.&#13;<\/p>\n<h2>Examen des prix \u00e0 l\u2019importation dans dix-huit cat\u00e9gories de biens<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans un second temps, nous avons affin\u00e9 l\u2019enqu\u00eate selon dix-huit cat\u00e9gories de biens, en nous concentrant sur les prix \u00e0 l\u2019importation. Que constate-t-on en se fondant sur les indices officiels?&#13;<br \/>\nCette partie de l\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Christin Erb, stagiaire au secteur DPWW, Seco, dans le cadre de son travail de master en \u00e9conomie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Berne. Pour les meubles, textiles et habillement, produits en caoutchouc et en mati\u00e8re synth\u00e9tique, v\u00e9hicules et pi\u00e8ces de rechange, les prix \u00e0 l\u2019importation r\u00e9agissent peu \u00e0 une appr\u00e9ciation. Pour les machines, denr\u00e9es alimentaires et boissons, chaussures et articles en cuir, \u00e9quipement \u00e9lectronique, produits chimiques et pharmaceutiques, la r\u00e9action est \u00e9galement plut\u00f4t faible, m\u00eame si, dans le cas de biens destin\u00e9s aux entreprises, elle pourrait devenir plus forte. Pour les produits m\u00e9talliques finis et certains produits \u00e9lectroniques et optiques, aucun ERPT significatif n\u2019a pu \u00eatre d\u00e9montr\u00e9. Enfin, la transmission des b\u00e9n\u00e9fices d\u2019achat est bonne ou relativement bonne pour le p\u00e9trole et le gaz naturel, les produits \u00e0 base d\u2019huiles min\u00e9rales, les m\u00e9taux, les produits semi-m\u00e9talliques et ceux \u00e0 base de papier, bois, verre, c\u00e9ramique et b\u00e9ton.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats de l\u2019estimation par panel<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans une estimation par panel, les indications fournies par les dix-huit cat\u00e9gories de biens ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour mesurer l\u2019ERPT macro\u00e9conomique, en appliquant des mod\u00e8les tant statiques que dynamiques \u00e0 la p\u00e9riode 2004-2011. Contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la BNS et \u00e0 la reproduction que nous en avons faite, bas\u00e9e sur la m\u00e9thode des mod\u00e8les vectoriels autor\u00e9gressifs (VAR), la r\u00e9gression en panel montre une transmission plus forte des gains de change, avec des valeurs estim\u00e9es plus significatives (voir <i>graphique 1<\/i>).La colonne vert clair montre la part de variation du cours de change r\u00e9percut\u00e9e sur le prix \u00e0 l\u2019importation au cours m\u00eame du trimestre, la vert fonc\u00e9 la transmission apr\u00e8s un trimestre. Les courbes repr\u00e9sentent la transmission cumul\u00e9e de quatre trimestres. D\u2019apr\u00e8s la bleue (estimation dynamique), 77% de la variation du cours de change ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9s sur le prix \u00e0 l\u2019importation apr\u00e8s quatre trimestres.&#13;<\/p>\n<h2>O\u00f9 vont les b\u00e9n\u00e9fices sur les prix \u00e0 l\u2019importation?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn 2010, la Suisse a import\u00e9 pour 174 milliards de francs de marchandises. Si l\u2019appr\u00e9ciation de 15% du franc avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9e int\u00e9gralement et que les prix \u00e0 la production \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00e9taient rest\u00e9s identiques, la facture du pays aurait \u00e9t\u00e9 all\u00e9g\u00e9e de 26 milliards. Les biens import\u00e9s ne sont, toutefois, pas consomm\u00e9s uniquement par les m\u00e9nages; une bonne partie d\u2019entre eux consiste en intrants pour l\u2019industrie exportatrice.Le d\u00e9pouillement du tableau des entr\u00e9es et sorties 2005 montre qu\u2019en cas de r\u00e9percussion m\u00e9canique, les \u00e9conomies dues au cours des changes lors d\u2019achats \u00e0 l\u2019\u00e9tranger iraient pour moiti\u00e9 \u00e0 l\u2019exportation, pour un sixi\u00e8me aux biens d\u2019investissement, et pour un tiers \u00e0 la consommation. Sur la base du volume des importations 2010, les consommateurs auraient donc pu \u00e9conomiser quelque 9 milliards de francs une fois les processus d\u2019adaptation termin\u00e9s. Les cons\u00e9quences th\u00e9oriques d\u2019une appr\u00e9ciation du franc de 15% sur le rench\u00e9rissement des prix \u00e0 la consommation doivent donc se situer aux alentours de 3%. Or les m\u00e9nages n\u2019ont vu jusqu\u2019ici qu\u2019une fraction de ce montant, comme le prouvent l\u2019analyse des indices des prix \u00e0 l\u2019importation (voir ci-dessus) et celle qui suit de la consommation.&#13;<\/p>\n<h2>Analyse au niveau de la consommation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019analyse au niveau de la consommation&#13;<br \/>\nLes enqu\u00eates sur la situation des consommateurs ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par Sarah Fischer, stagiaire \u00e0 la section DPWW, Seco, dans le cadre de son travail de master en \u00e9conomie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Berne. est grev\u00e9e de difficult\u00e9s statistiques notables, les statistiques officielles ne recensant en effet ni la marge brute des commer\u00e7ants, ni la part des marchandises \u00e9trang\u00e8res et domestiques pour chaque cat\u00e9gorie de biens de l\u2019IPC. Or il faudrait conna\u00eetre ces valeurs car, d\u2019un point de vue purement arithm\u00e9tique, il devrait appara\u00eetre des diff\u00e9rences de prix notables par rapport aux pays voisins au niveau des prix \u00e0 la consommation en cas d\u2019appr\u00e9ciation du franc de l\u2019ordre de 15%, m\u00eame au cas o\u00f9 les gains dus \u00e0 la force du franc seraient r\u00e9percut\u00e9s int\u00e9gralement par les fabricants et les commer\u00e7ants.Pour illustrer ce point, consid\u00e9rons une position de l\u2019IPC suppos\u00e9e se composer \u00e0 moiti\u00e9s \u00e9gales de marchandise domestique et de marchandise import\u00e9e, et admettons une marge brute de la vente de 50% respectivement sur le prix \u00e0 l\u2019importation et sur celui \u00e0 la sortie d\u2019usine en Suisse. Dans cette hypoth\u00e8se, la force du franc ne touche pas les deux tiers du prix de vente final. L\u2019appr\u00e9ciation de 15% n\u2019agit donc que sur un tiers des d\u00e9penses des consommateurs, soit celles affect\u00e9es \u00e0 la partie import\u00e9e. Les proportions d\u00e9finies pr\u00e9c\u00e9demment \u2013 en mati\u00e8re d\u2019importations, de production domestique et de marge brute \u2013 supposeraient donc un \u00e9cart de 10% entre les prix \u00e0 la consommation suisses et allemands, malgr\u00e9 la transmission des gains d\u2019achat provenant du cours des changes.&#13;<\/p>\n<h2>Une nette augmentation des diff\u00e9rences de prix avec l\u2019Allemagne<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe <i>graphique 2<\/i> montre que, sur une ann\u00e9e, la diff\u00e9rence de prix a augment\u00e9 d\u2019environ 15%, y compris pour les positions \u00e0 forte proportion de produits import\u00e9s. Le seuil de r\u00e9f\u00e9rence de 10%, pour une production domestique \u00e0 50% assortie d\u2019une marge brute du m\u00eame ordre, est donc nettement d\u00e9pass\u00e9.Cette augmentation des diff\u00e9rences de prix avec l\u2019Allemagne surprend par le fait que, du 2e trimestre 2010 au 2e trimestre 2011, elle est moindre pour les denr\u00e9es alimentaires \u2013 o\u00f9 la consommation suisse est couverte principalement par la production domestique \u2013 que pour les cat\u00e9gories de biens dont la majeure partie est import\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Les indices des prix \u00e0 l\u2019importation et \u00e0 la production ont souvent une valeur explicative limit\u00e9e<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa comparaison de l\u2019indice harmonis\u00e9 des prix \u00e0 la consommation soul\u00e8ve la question de savoir s\u2019il existe v\u00e9ritablement un lien statistiquement significatif entre les positions correspondantes de l\u2019indice des prix \u00e0 l\u2019importation (IPI), de celui des prix \u00e0 la production (IPP) et le rench\u00e9rissement des prix \u00e0 la consommation (mesur\u00e9 par l\u2019IPC). En appliquant les mod\u00e8les VAR, on conclut que fixer les prix sur la base des co\u00fbts est loin d\u00eatre une pratique g\u00e9n\u00e9rale au niveau de la consommation.Dans une estimation couvrant la p\u00e9riode allant de mai 2003 \u00e0 juin 2011, on ne constate aucun lien significatif entre les positions de l\u2019IPC dune part, de l\u2019IPI et de l\u2019IPP dautre part pour les articles de jardinage, viande de volaille, sucre, sucreries, spiritueux, bi\u00e8re, eau min\u00e9rale, habillement, chaussures, articles en papier pour les soins corporels, imprim\u00e9s, articles de soins corporels, appareils de t\u00e9l\u00e9communication, \u00e9lectronique de loisirs, appareils optiques, appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers \u00e9lectriques, automobiles, bicyclettes et motocyclettes. Le <i>tableau 1<\/i> montre la pertinence de l\u2019IPI pour le rench\u00e9rissement des prix \u00e0 la consommation, tout en refl\u00e9tant celle de l\u2019IPP (colonne verticale).&#13;<\/p>\n<h2>Pourquoi les prix ne s\u2019adaptent pas<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes consid\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes sur le potentiel d\u2019\u00e9conomies des m\u00e9nages et sa r\u00e9alisation par cat\u00e9gorie de produits sont \u00e0 maint \u00e9gard peu scientifiques. On pourrait d\u2019abord argumenter que la variation du cours des changes devrait affecter beaucoup plus largement les prix. Premi\u00e8rement, la part de la valeur ajout\u00e9e domestique, autrement dit la marge brute, pourrait varier parall\u00e8lement \u00e0 la d\u00e9cote des importations; ce serait, par exemple, le cas si le commerce de d\u00e9tail (et le fisc) ajoutait un pourcentage suppl\u00e9mentaire au prix franco fronti\u00e8re. Dans un deuxi\u00e8me temps, les consommateurs r\u00e9agiraient et plus ils basculeraient vers les produits import\u00e9s devenus meilleur march\u00e9 et plus leur budget en serait all\u00e9g\u00e9. Troisi\u00e8mement, ces changements devraient exercer une pression sur les prix de la production domestique, ce qui d\u00e9chargerait encore une fois les budgets.Il existe, par contre, des circonstances qui militent en d\u00e9faveur d\u2019un all\u00e9gement des budgets des m\u00e9nages, sans exprimer pour autant une discrimination par les prix \u00e0 l\u2019encontre de la Suisse et de sa client\u00e8le. Il faut, en particulier, consid\u00e9rer l\u2019interd\u00e9pendance de la variation des cours du change et des prix \u00e0 la production en Suisse et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Selon la forme relative de la th\u00e9orie de la parit\u00e9 des pouvoirs d\u2019achat, le cours de change compense \u00e0 plus ou moins long terme les diff\u00e9rences de taux d\u2019inflation entre les deux pays impliqu\u00e9s. Fabricants et commer\u00e7ants peuvent donc y voir une raison de ne pas r\u00e9percuter la variation du cours de change, parce qu\u2019ils postulent qu\u2019ils devront bient\u00f4t effectuer des hausses compensatoires des prix suite \u00e0 l\u2019augmentation des co\u00fbts de production \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou de celle des prix \u00e0 l\u2019importation des produits libell\u00e9s en monnaie \u00e9trang\u00e8re (selon la th\u00e9orie de la parit\u00e9 des pouvoirs d\u2019achat, cette compensation sera de m\u00eame hauteur que le rench\u00e9rissement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur). Une telle inertie des prix peut \u00e9galement provenir du fait que les acteurs jugent les fluctuations des cours nominaux de change comme temporaires, ce qui ne justifie pas le co\u00fbt d\u2019une adaptation des prix. Une autre explication de cette inertie des prix tient \u00e0 ce que les contrats de fourniture sont souvent conclus longtemps \u00e0 l\u2019avance (pour les machines, par exemple) ou libell\u00e9s en francs et ne sont renouvel\u00e9s que p\u00e9riodiquement. Lorsque les marchandises couvertes par ce type de contrat passent la fronti\u00e8re, leur prix refl\u00e8te des cours de change plus anciens. Des retards analogues dans la transmission des variations de change peuvent se produire si les livraisons ont \u00e9t\u00e9 assur\u00e9es contre les fluctuations par des op\u00e9rations \u00e0 terme sur les devises.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats de l\u2019ERPT montrent que les fronti\u00e8res nationales jouent toujours un r\u00f4le important dans l\u00e9volution des prix des divers espaces \u00e9conomiques. Des diff\u00e9rences dans le pouvoir dachat, le comportement du consommateur et la r\u00e9glementation se traduisent par des prix \u00e9galement diff\u00e9rents. La Suisse a d\u00e9cid\u00e9 de demeurer un espace \u00e9conomique ind\u00e9pendant avec ses caract\u00e9ristiques institutionnelles et sa propre monnaie. Les entreprises se basent l\u00e0-dessus pour fixer leurs prix suisses. Les commer\u00e7ants comme les consommateurs peuvent toutefois, par leur attitude, combattre efficacement lexploitation dont leur pouvoir dachat fait lobjet.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abR\u00e9percussion des taux de change sur lindice des prix \u00e0 limportation\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9volution des diff\u00e9rences de prix avec l\u2019Allemagne, mai 2010\u2013juin 2011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abPertinence des indices des prix \u00e0 l\u2019importation et \u00e0 la production pour expliquer le rench\u00e9rissement des prix \u00e0 la consommation(IPI: Indice des prix \u00e0 l\u2019importation; IPP: Indice des prix \u00e0 la production)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Proc\u00e9dure utilis\u00e9e dans l\u2019\u00e9tude sur la transparence&#13;<\/p>\n<h3>Proc\u00e9dure utilis\u00e9e dans l\u2019\u00e9tude sur la transparence<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9tude sur la transparence s\u2019est faite en quatre \u00e9tapes. La premi\u00e8re a consist\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer l\u2019intensit\u00e9 de r\u00e9action des prix \u00e0 l\u2019importation en Suisse vis-\u00e0-vis des prix \u00e0 la production dans la zone euro et du cours des changes. On a, ensuite, calcul\u00e9 la place des importations (directes et indirectes) dans les exportations, les investissements et la consommation. Les diff\u00e9rences de prix ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9es, dans une troisi\u00e8me \u00e9tape, avec l\u2019Allemagne, en prenant en compte les prix \u00e0 la consommation sur un an. Il n\u2019a malheureusement pas \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9terminer de combien cette diff\u00e9rence s\u2019est \u00e9largie en cas de transmission int\u00e9grale des gains d\u2019achat par manque d\u2019information sur les marge de distribution brutes et la r\u00e9partition importation\/production nationale de chacune des postions contenues dans l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation. On a cherch\u00e9 \u00e0 la place \u00e0 conna\u00eetre, dans une quatri\u00e8me \u00e9tape, la fa\u00e7on dont les prix \u00e0 l\u2019importation et ceux de la production nationale peuvent expliquer le rench\u00e9rissement des prix \u00e0 la consommation. Au cas o\u00f9 ce pouvoir d\u2019explication serait faible, la transmission de la r\u00e9duction du prix \u00e0 l\u2018importation \u2013 pour autant qu\u2019il y en ait un \u2013 au consommateur final comportera des zones d\u2019ombre.Les documents de travail sur la transparence se trouvent \u00e0 l\u2019adresse Internet: <i><a href=\"http:\/\/www.seco.admin.ch\">http:\/\/www.seco.admin.ch<\/a><\/i>, rubriques \u00abTh\u00e8mes\u00bb, \u00abPolitique \u00e9conomique\u00bb, \u00abAnalyses structurelles et croissance \u00e9conomique\u00bb.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La forte appr\u00e9ciation de la devise suisse p\u00e8se sur les exportateurs du pays et, plus particuli\u00e8rement, sur ceux qui op\u00e8rent dans lUE, leurs produits ayant rench\u00e9ri parall\u00e8lement. On nobserve pas de ph\u00e9nom\u00e8ne inverse pour les importations, bien au contraire. Malgr\u00e9 la force du franc, les diff\u00e9rences de prix entre la Suisse et l\u00e9tranger se sont [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2797,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2797,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Leiter Ressort Wachstum und WettbewerbspolitikStaatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Chef du secteur Croissance et politique de la concurrence, Secr\u00e9tariat d'\u00c9tat \u00e0 l'\u00e9conomie (Seco), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150687,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7670","post_abstract":"","magazine_issue":"20111101","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/5510071112267"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150684"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2797"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150684"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150684\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189293,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150684\/revisions\/189293"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2797"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150684"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150684"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150684"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150684"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}