{"id":150689,"date":"2011-11-01T12:00:00","date_gmt":"2011-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/11\/belke-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:51:08","modified_gmt":"2023-08-23T22:51:08","slug":"belke-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/11\/belke-2\/","title":{"rendered":"Ce qu\u2019il faut faire maintenant pour prot\u00e9ger la zone euro"},"content":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 une s\u00e9rie de sommets de l\u2019UE, il n\u2019y a toujours pas de solutions fiables et convaincantes \u00e0 la crise europ\u00e9enne de la dette. Cette situation peut d\u00e9boucher soit sur une succession de plans de sauvetage toujours plus importants, soit sur l\u2019effondrement de la zone euro. L\u2019article ci-dessous pr\u00e9sente un programme en neuf points qui vise \u00e0 la sauver et \u00e0 la stabiliser. Les points 1 \u00e0 3 doivent \u00eatre mis en \u0153uvre \u00e0 court terme afin de prot\u00e9ger la zone euro contre une spirale n\u00e9gative qui s\u2019autonourrit. La fiabilit\u00e9 des mesures esquiss\u00e9es et leur capacit\u00e9 \u00e0 restaurer la confiance des march\u00e9s d\u00e9pendent, toutefois, fortement des interventions \u00e0 long terme d\u00e9crites dans les points 4 \u00e0 9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201111_09_Belke_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Point 1: d\u00e9cote et all\u00e9gement de la dette grecque<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa d\u00e9cote de la dette grecque est in\u00e9luc-table. L\u2019insolvabilit\u00e9 d\u00e9sordonn\u00e9e n\u2019est pas la seule alternative \u00e0 la strat\u00e9gie actuelle, qui privil\u00e9gie le transfert progressif des risques \u00e0 la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) et aux contribuables europ\u00e9ens. Cela serait beaucoup trop on\u00e9reux. Tous les calculs montrent d\u2019ailleurs que \u00abcontinuer comme avant\u00bb n\u2019est pas une solution moins douloureuse que d\u2019autoriser la faillite de l\u2019\u00c9tat. Pour retrouver une stabilit\u00e9 financi\u00e8re, la Gr\u00e8ce doit pouvoir effacer au moins la moiti\u00e9 de sa dette publique. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019ampleur de cette d\u00e9-cote, les r\u00e9sultats du sommet de l\u2019UE du 21 juillet dernier \u00e9taient insuffisants. Il est tr\u00e8s vite apparu que l\u2019on devrait s\u2019attendre sous peu \u00e0 un nouvel all\u00e9gement ou \u00e0 un transfert de grande envergure.Or, ce dont la Gr\u00e8ce a besoin, c\u2019est d\u2019une restructuration ordonn\u00e9e de sa dette. Il serait irresponsable de la d\u00e9clarer simplement insolvable, en raison des cons\u00e9quences syst\u00e9miques d\u2019une telle d\u00e9cision. Les cr\u00e9anciers devraient accepter que leurs obligations d\u2019\u00c9tat perdent environ la moiti\u00e9 de leur valeur nominale. Cela r\u00e9duirait consid\u00e9rablement le rapport entre la dette publique et le produit int\u00e9rieur brut de la Gr\u00e8ce. Celle-ci aurait alors la possibilit\u00e9 de ramener elle-m\u00eame son endettement \u00e0 un niveau supportable en imposant de strictes conditions institutionnelles. Dans l\u2019imm\u00e9diat, le fait de retirer \u00e0 la Gr\u00e8ce sa \u00abcarte de cr\u00e9dit\u00bb pourrait ternir sa r\u00e9putation, mais cette mesure s\u2019av\u00e9rera b\u00e9n\u00e9fique d\u2019ici quelques ann\u00e9es. L\u2019exp\u00e9rience montre que les march\u00e9s financiers oublient vite dans les pays \u00e9mergents et les anciennes \u00e9conomies en transition. L\u2019Argentine en est un exemple. Quand \u00e0 savoir si les choses sont aussi simples dans les nations industrialis\u00e9es, la recherche est encore perplexe. La Gr\u00e8ce pose pr\u00e9cis\u00e9ment un probl\u00e8me \u00e0 ce niveau-l\u00e0, puisqu\u2019elle n\u2019est pas (encore) un pays industrialis\u00e9.Le grand avantage de cette solution, c\u2019est que la BCE pourrait se concentrer \u00e0 nouveau sur son mandat principal, \u00e0 savoir le maintien de la stabilit\u00e9 des prix. \u00c0 long terme, elle devrait cesser de financer les \u00c9tats, faute de quoi sa r\u00e9putation de pilier de la zone euro finira par se volatiliser. Pour \u00e9viter que la situation actuelle ne se prolonge ind\u00e9finiment, la BCE devrait \u00eatre autoris\u00e9e \u00e0 \u00e9changer ses titres grecs contre des obligations \u00e9mises par le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FESF), et cela au prix d\u2019achat original.La restructuration, en tant que solution au probl\u00e8me d\u2019insolvabilit\u00e9, pourrait, n\u00e9anmoins, d\u00e9clencher par contagion des r\u00e9actions en cha\u00eene dans d\u2019autres \u00c9tats en difficult\u00e9. Il en va de m\u00eame des r\u00e9formes: vides de r\u00e9sultats dans des pays comme l\u2019Espagne, l\u2019Italie, le Portugal et l\u2019Irlande, elles risquent de d\u00e9boucher sur une crise de liquidit\u00e9s autoaliment\u00e9e. Seule une action d\u00e9termin\u00e9e, entreprise conjointement par les gouvernements de la zone euro, le FESF et la BCE, pourrait alors faire bouger les choses \u00e0 court terme. Du point de vue de la gouvernance \u00e9conomique, des lignes de cr\u00e9dit pr\u00e9ventives sont, dans tous les cas, pr\u00e9f\u00e9rables \u00e0 l\u2019achat d\u2019obligations d\u2019\u00c9tat sur le march\u00e9 secondaire. Le FESF devrait se concentrer sur l\u2019assistance financi\u00e8re aux pays en crise et limiter la dur\u00e9e de son aide \u2013 par exemple \u00e0 deux ans. Toutefois, cette politique de \u00abparapluie financier\u00bb pourrait s\u2019av\u00e9rer peu convaincante sur le plan conceptuel \u00e0 long terme. C\u2019est seulement par un all\u00e9gement durable et concret de la dette que la situation s\u2019am\u00e9liorera dans les pays en difficult\u00e9. M\u00eame au sein d\u2019une union mon\u00e9taire, on ne peut pas toujours emp\u00eacher les \u00c9tats d\u2019\u00eatre insolvables. La question cruciale est de savoir comment y faire face. Le meilleur moyen d\u2019\u00e9viter la contagion est de recapitaliser au plus vite les banques. Il ne suffit pas de garantir les dettes publiques, autrement dit de d\u00e9ployer un parapluie protecteur.&#13;<\/p>\n<h2>Point 2: le FESF ne peut avoir un effet de levier que s\u2019il n\u2019existe pas de solutions concr\u00e8tes \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes derniers temps, les march\u00e9s des capitaux ne semblent plus exclure un \u00absc\u00e9nario de l\u2019Apocalypse\u00bb, dans lequel les \u00e9conomies entrent brusquement en r\u00e9cession parce que le march\u00e9 interbancaire s\u2019effondre et que l\u2019endettement public continue de cro\u00eetre. Injecter des liquidit\u00e9s \u00e0 grande \u00e9chelle dans la zone euro ne permettrait d\u2019\u00e9viter que les pires sc\u00e9narios imaginables. Une partie du probl\u00e8me vient de la structure en cascade du FESF: plus le parapluie est grand, moins il y a de garants du triple A, alors que plus il y a de garants solvables, plus il devient int\u00e9ressant de se d\u00e9clarer en \u00e9tat d\u2019illiquidit\u00e9, voire d\u2019insolvabilit\u00e9. La solution ne consiste pas \u00e0 augmenter massivement son volume, mais plut\u00f4t \u00e0 lui accorder une licence bancaire pour qu\u2019il puisse se refinancer aupr\u00e8s de la BCE en tant que <i>pr\u00eateur de dernier recours.<\/i> Les garanties fournies seraient des obligations de pays tels que l\u2019Italie, qui ont besoin de liquidit\u00e9s pour parer \u00e0 une crise de confiance auto-aliment\u00e9e, mais qui ne frisent pas l\u2019insolvabilit\u00e9 comme la Gr\u00e8ce. Le FESF se transformerait ainsi d\u00e9finitivement en un Fonds mon\u00e9taire europ\u00e9en. Au lieu de passer par la planche \u00e0 billets, l\u2019effet de levier peut aussi r\u00e9sulter du fait que le fonds ne rach\u00e8te pas les obligations en souffrance, mais qu\u2019il garantit partiellement leur remboursement. Sur le plan institutionnel, cette solution est pr\u00e9f\u00e9rable au statu quo, \u00e0 savoir l\u2019achat illimit\u00e9 d\u2019obligations d\u2019\u00c9tat par la BCE, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019au Conseil de la banque, aucun membre ne repr\u00e9sente les contribuables europ\u00e9ens et ne pourrait donc d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats. Au surplus, l\u2019octroi d\u2019une licence bancaire au FESF en tant que \u00abbanque publique\u00bb serait parfaitement compatible avec l\u2019art. 123, \u00a7 2, du trait\u00e9 sur l\u2019UE. Cependant, cette solution irait \u00e0 l\u2019encontre des int\u00e9r\u00eats \u00e0 court terme du gouvernement allemand.&#13;<\/p>\n<h2>Point 3: recapitalisation des banques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn autre objectif consiste \u00e0 rompre le lien existant entre la performance des banques de la zone euro et le destin des \u00e9conomies nationales. En effet, le fait d\u2019\u00e9valuer en parall\u00e8le les titres de ces banques et les obligations d\u2019\u00c9tat de \u00ableurs\u00bb pays, ainsi que l\u2019effet domino qui en r\u00e9sulte, constituent le point de d\u00e9part de la nouvelle crise financi\u00e8re qui se dessine.Les banques ayant fortement investi dans des obligations d\u2019\u00c9tat grecques \u2013 notamment les instituts de cr\u00e9dit de ce pays \u2013 sont particuli\u00e8rement concern\u00e9es. Une possibilit\u00e9 serait que le FESF leur apporte les fonds propres n\u00e9cessaires. Cette injection de capitaux s\u2019ajouterait aux ressources que le programme FMI\/UE a d\u00e9cid\u00e9 en juillet dernier de consacrer \u00e0 la recapitalisation des instituts grecs de cr\u00e9dit. Dans les autres pays de la zone euro, les banques commerciales pourraient en principe obtenir de l\u2019argent frais aupr\u00e8s de leurs banques centrales respectives et, au besoin, aupr\u00e8s du FSFE.Sur le plan de la gouvernance \u00e9conomique, plusieurs mesures semblent appropri\u00e9es dans ce contexte, comme l\u2019augmentation de la pond\u00e9ration des risques pour les dettes publiques dans le syst\u00e8me de B\u00e2le III sur la r\u00e9gulation bancaire, le rel\u00e8vement substantiel des ratios de fonds propres, ainsi que la recapitalisation forc\u00e9e et la nationalisation partielle des banques qui ne peuvent pas lever suffisamment de fonds propres sur le march\u00e9 pour se conformer aux nouvelles directives. Dans le pire des cas, une recapitalisation forc\u00e9e des \u00e9tablissements en danger pourrait m\u00eame remplacer le fonds de secours aux pays lourdement endett\u00e9s de la zone euro. Cela permettrait de s\u00e9parer les \u00abbonnes\u00bb banques des \u00abmauvaises\u00bb. Le march\u00e9 assumerait de nouveau une fonction de s\u00e9lection.Les contribuables allemands y trouveraient davantage leur compte. En outre, une insolvabilit\u00e9 ordonn\u00e9e pourrait constituer une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne pour la Gr\u00e8ce en l\u2019arrachant au cercle vicieux du service de la dette, de la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de la croissance n\u00e9gative (sur le retrait de la Gr\u00e8ce de la zone euro, voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Expulser la Gr\u00e8ce de la zone euro ne conduira pas n\u00e9cessairement au but recherch\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nExpulser la Gr\u00e8ce de la zone euro ou l\u2019obliger \u00e0 en sortir \u00abvolontairement\u00bb ne serait pas une solution durable \u2013 abstraction faite de sa l\u00e9galit\u00e9. Les march\u00e9s testeraient alors la probabilit\u00e9 d\u2019un retrait d\u2019autres pays en crise. Dans ce cas, on ne pourrait plus exclure une crise mon\u00e9taire venant s\u2019ajouter \u00e0 celle de la dette, une panique bancaire et des turbulences politiques. La coh\u00e9sion de la zone euro serait s\u00e9rieusement compromise.Dans les ann\u00e9es quatre-vingts, plusieurs pays \u00e9mergents se sont trouv\u00e9s dans une situation encore plus critique. Malgr\u00e9 tout, ils ont appliqu\u00e9 des mesures \u00e9nergiques de consolidation et ont regagn\u00e9 en quelques ann\u00e9es la confiance des march\u00e9s des capitaux. D\u2019aucuns objecteront que cela tenait \u00e0 leur taux de change flottant. Or, ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment des \u00e9conomies au taux de change bien ancr\u00e9 qui peuvent servir de contre-exemples. L\u2019Irlande, frapp\u00e9e par une d\u00e9flation dure, a prouv\u00e9 qu\u2019un pays membre d\u2019une union mon\u00e9taire peut se r\u00e9tablir en proc\u00e9dant \u00e0 une d\u00e9valuation r\u00e9elle et r\u00e9sorber le d\u00e9ficit de sa balance des paiements courants. En l\u2019occurrence, cette d\u00e9valuation r\u00e9elle interne a \u00e9t\u00e9 obtenue \u00e0 travers de s\u00e9v\u00e8res restrictions budg\u00e9taires. Le cas de la Lettonie, qui pr\u00e9sentait un sch\u00e9ma comparable, est aussi tr\u00e8s souvent cit\u00e9 en exemple. Gr\u00e2ce \u00e0 son taux de change fixe ou \u00e0 cause de lui, ce pays, o\u00f9 les salaires sont plus bas qu\u2019en Gr\u00e8ce, a \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9aliser des r\u00e9formes radicales. La recherche scientifique l\u2019a d\u00e9montr\u00e9: un taux de change fixe cr\u00e9dible, qui est \u00e9galement contraignant pour la politique mon\u00e9taire, contribue souvent davantage au succ\u00e8s des r\u00e9formes que des taux manipulables \u00e0 volont\u00e9, car les acteurs s\u2019en remettent dans ce cas excessivement \u00e0 la planche \u00e0 billets pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes structurels de leurs \u00e9conomies, comme le montre l\u2019exemple des \u00c9tats-Unis. Cet effet serait supprim\u00e9 si l\u2019on refusait \u00e0 la Gr\u00e8ce la chance de rester dans la zone euro.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>Point 4: r\u00e9tablissement de l\u2019ind\u00e9pendance politique et financi\u00e8re de la BCE<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa BCE doit retrouver son ind\u00e9pendance politique, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre engag\u00e9e de plus en plus ces derniers mois dans les plans de sauvetage des diff\u00e9rents pays, sans en avoir v\u00e9ritablement le mandat. Il reste \u00e0 savoir si Mario Draghi, pr\u00e9sident d\u00e9sign\u00e9 de la BCE et successeur de Jean-Claude Trichet, aura le pouvoir de conviction et l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaires pour s\u2019imposer face \u00e0 Paris, Berlin et Rome. L\u2019avenir de l\u2019euro pourrait en d\u00e9pendre.Mario Draghi devrait s\u2019employer de toute urgence \u00e0 \u00abr\u00e9parer\u00bb le bilan de la BCE. Celle-ci a nettement affaibli sa base en capital en acqu\u00e9rant des soci\u00e9t\u00e9s de refinancement et en acceptant \u00e0 titre de garantie des actifs toxiques provenant de pays lourdement endett\u00e9s. En tout cas, les march\u00e9s et les acteurs changent de comportement quand ils doivent s\u2019attendre en permanence \u00e0 l\u2019intervention des pouvoirs publiques \u2013 avec des cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices, comme l\u2019a montr\u00e9 la crise europ\u00e9enne de la dette. Les instituts d\u2019\u00e9mission ne peuvent pas faire faillite, affirment souvent les anciens manuels scolaires. De m\u00eame, les agences de notation attribuent un bonus aux pays dont la banque centrale peut en permanence racheter de la dette publique. De plus en plus d\u2019\u00e9conomistes, y compris Kenneth Rogoff, se mettent \u00e0 douter de ce duo, autrefois port\u00e9 aux nues, form\u00e9 par une banque centrale, qui ne sera jamais \u00e0 court de liquidit\u00e9s puisqu\u2019elle a la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9mettre de la monnaie, et un \u00c9tat qui n\u2019ira jamais jusqu\u2019\u00e0 la banqueroute \u00e9tant donn\u00e9 son pouvoir d\u2019imposition. Il faut parfois d\u00e9passer le savoir livresque. Le meilleur contre-exemple vient actuellement des \u00c9tats-Unis, o\u00f9 la \u00abdurabilit\u00e9\u00bb de ce duo n\u2019est plus assur\u00e9e que par l\u2019importance du dollar en tant que monnaie de r\u00e9f\u00e9rence.Quand elle a d\u00e9cid\u00e9 en mai 2010 d\u2019acheter des obligations d\u2019\u00c9tat grecques, la BCE s\u2019est engag\u00e9e sur un terrain dangereux. Depuis lors, Jean-Claude Trichet n\u2019est pas parvenu \u00e0 fixer une ligne claire \u2013 notamment parce que les gouvernements ont visiblement r\u00e9ussi \u00e0 utiliser les banques centrales pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats nationaux. Ces derniers temps, presque tout le monde a obtenu quelque chose: les banques de plusieurs pays d\u2019Eu-rope m\u00e9ridionale peuvent fournir des titres douteux pour garantir des op\u00e9rations de politique mon\u00e9taire; les Allemands, qui traditionnellement craignent les dangers de l\u2019inflation, se sont d\u00e9j\u00e0 vu accorder deux hausses de leurs taux d\u2019int\u00e9r\u00eat; enfin, les gouvernements des pays en difficult\u00e9 ont vendu des obligations d\u2019\u00c9tat \u00e0 la BCE.&#13;<\/p>\n<h2>Point 5: la strat\u00e9gie de la BCE en mati\u00e8re de politique mon\u00e9taire doit mettre davantage l\u2019accent sur la croissance de la masse mon\u00e9taire et du cr\u00e9dit<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nJean-Claude Trichet a ax\u00e9 les activit\u00e9s de la BCE sur la seule stabilit\u00e9 des prix et se montre tr\u00e8s satisfait du r\u00e9sultat: durant son mandat, la hausse des prix \u00e0 la consommation s\u2019est situ\u00e9e \u00e0 1,97% en moyenne. Rien n\u2019incitait d\u00e8s lors la BCE \u00e0 intervenir lorsque la croissance de la masse mon\u00e9taire et du cr\u00e9dit se maintenait \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9. Pourtant, cette situation provoquait un effet de levier, d\u00fb \u00e0 l\u2019engagement excessif de fonds de tiers, et donc une fragilisation accrue du secteur financier. Le principal probl\u00e8me vient du fait qu\u2019une telle \u00e9volution concerne aussi d\u2019autres acteurs \u00e9conomiques \u2013 comme l\u2019\u00c9tat et le secteur priv\u00e9 \u2013 et qu\u2019elle est g\u00e9n\u00e9ralement tenace.Pourquoi la BCE, sous le mandat de M. Trichet, n\u2019a-t-elle pas r\u00e9agi \u00e0 l\u2019exc\u00e9dent de liquidit\u00e9s et de cr\u00e9dit, \u00e0 l\u2019effet de levier et aux alertes d\u2019indicateurs parfaitement adapt\u00e9s \u00e0 la d\u00e9tection pr\u00e9coce de crises? Pourquoi a-t-elle continu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire ses fonds propres, accentuant ainsi l\u2019effet de levier qu\u2019elle avait elle-m\u00eame d\u00e9clench\u00e9? Cela reste un myst\u00e8re. D\u2019autant plus que l\u2019\u00e9puisement imminent de ses fonds propres a rendu n\u00e9cessaire une premi\u00e8re augmentation de capital \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Dans ce contexte, il ne suffit pas d\u2019invoquer des \u00e9carts croissants pour justifier des interventions sur les march\u00e9s des obligations, puisque la BCE ne pouvait pas les diminuer sensiblement. Ce comportement a, en outre, eu pour cons\u00e9quence de faire perdre aux rendements obligataires leur r\u00f4le d\u2019indicateurs en mati\u00e8re d\u2019insolvabilit\u00e9 \u00e9tatique. \u00c0 l\u2019avenir, l\u2019orientation \u00e0 court terme sur la croissance de la masse mon\u00e9taire et du cr\u00e9dit devrait redevenir une priorit\u00e9 dans la strat\u00e9gie de la BCE en mati\u00e8re de politique mon\u00e9taire.&#13;<\/p>\n<h2>Point 6: accorder davantage d\u2019importance aux notes intrins\u00e8ques des \u00c9tats<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl n\u2019y a pas de meilleur instrument que les march\u00e9s pour discipliner les \u00c9tats, si le cadre l\u00e9gal est incitatif et donc coh\u00e9rent. Toutefois, l\u2019absence de notes intrins\u00e8ques et surtout d\u2019une loi sur l\u2019insolvabilit\u00e9 emp\u00eache ce fonctionnement.Les agences de notation ont mal class\u00e9 les \u00c9tats GIPS&#13;<br \/>\nGr\u00e8ce, Italie, Portugal, Espagne., car elles avaient inclus dans leurs calculs un sauvetage par la zone euro. Il aurait \u00e9t\u00e9 plus transparent de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation par pays en \u00e9ludant totalement les aides ext\u00e9rieures. De telles notes intrins\u00e8ques pr\u00e9sentent les avantages suivants: elles sont pr\u00e9cises, fournissent des crit\u00e8res de qualit\u00e9 pour l\u2019appr\u00e9ciation du travail gouvernemental et permettent \u00e0 l\u2019\u00c9tat concern\u00e9 d\u2019\u00e9valuer plus en d\u00e9tail la valeur des promesses de garantie explicites ou implicites.La crise actuelle de la dette, avec son parapluie financier en guise de solution (apparente) provisoire, est manifestement li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9liquescence des \u00c9tats \u2013 et surtout \u00e0 l\u2019\u00e9chec des instruments disciplinaires de l\u2019UE \u2013, mais elle refl\u00e8te \u00e9galement la d\u00e9faillance des march\u00e9s. Si ces derniers avaient mesur\u00e9 de mani\u00e8re plus r\u00e9aliste le risque de cr\u00e9dit pr\u00e9sent\u00e9 par certains \u00c9tats, on n\u2019aurait pas assist\u00e9 \u00e0 une convergence aussi vaste des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. \u00c0 vrai dire, c\u2019est justement cette convergence que visait la cr\u00e9ation de la zone euro. Cependant, il n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu de la r\u00e9aliser en contournant de facto la <i>clause de nonrenflouement.<\/i> Cela a eu des cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices, comme le montre la crise aigu\u00eb de la dette.&#13;<\/p>\n<h2>Point 7: cadre l\u00e9gal pour l\u2019insolvabilit\u00e9 ordonn\u00e9e des \u00c9tats<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe cadre l\u00e9gal r\u00e9glant la proc\u00e9dure d\u2019insolvabilit\u00e9 \u00e9tatique doit surtout fixer un crit\u00e8re qui \u00e9tablisse une distinction claire entre l\u2019insolvabilit\u00e9 et le manque de liquidit\u00e9s. Il doit inclure les dettes priv\u00e9es et ext\u00e9rieures, en plus de celles de l\u2019\u00c9tat, mais pas de programmes de renflouement. Le fait que cette d\u00e9limitation soit difficile \u00e0 tracer ne constitue pas un argument contre le bien-fond\u00e9 d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019insolvabilit\u00e9 ordonn\u00e9e. En effet, il faut mener le m\u00eame d\u00e9bat pour d\u00e9terminer le plafond d\u2019endettement appropri\u00e9 par rapport au PIB.Un Fonds mon\u00e9taire europ\u00e9en, selon le mod\u00e8le propos\u00e9 par Daniel Gros et Thomas Mayer, pourrait \u00e9laborer une proc\u00e9dure d\u2019insolvabilit\u00e9 \u00e9tatique digne de ce nom. Sa mise sur pied contribuerait \u00e0 lib\u00e9rer la BCE de son r\u00f4le de structure de d\u00e9faisance. Conform\u00e9ment au principe du pollueur-payeur, cet organisme ferait participer aussi bien les d\u00e9biteurs que les cr\u00e9anciers aux co\u00fbts d\u2019une insolvabilit\u00e9 \u00e9tatique. Sinon, la r\u00e9putation de la BCE serait s\u00e9rieusement ternie et on glisserait toujours plus vers une \u00abUnion de transfert\u00bb. Il faut relever que le d\u00e9veloppement de ce cadre l\u00e9gal prend du temps et que les choses seraient plus simples si le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en vigueur.&#13;<\/p>\n<h2>Point 8: programme de d\u00e9sendettement \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi l\u2019on veut remettre la zone euro sur la bonne voie, les gouvernements doivent r\u00e9duire sensiblement leurs dettes et leurs d\u00e9ficits. Pour ce faire, ils recourront de pr\u00e9f\u00e9rence aux freins \u00e0 l\u2019endettement que leurs parlements auront d\u00e9cid\u00e9 d\u00e9mocratiquement d\u2019introduire \u00e0 tous les niveaux (principe de subsidiarit\u00e9) plut\u00f4t qu\u2019aux mesures impos\u00e9es par la tro\u00efka et ses repr\u00e9sentants au m\u00e9pris de l\u2019autonomie budg\u00e9taire nationale. Les parlements devraient fixer tr\u00e8s rapidement les principes du cadre l\u00e9gal politico-\u00e9conomique de la zone euro. Sinon, les mesures d\u2019urgence d\u00e9crites aux points 1 \u00e0 3 n\u2019auront pas non plus d\u2019effets durables. Leur efficacit\u00e9 d\u00e9rive essentiellement de la cr\u00e9dibilit\u00e9 des mesures 4 \u00e0 9, qui portent sur une longue dur\u00e9e. Bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, il faudrait alors supprimer le FESF (s\u2019il n\u2019existe pas de freins \u00e0 l\u2019endettement au niveau national), par exemple en le raccordant directement \u00e0 la planche \u00e0 billets.La derni\u00e8re crise \u00e9conomique et financi\u00e8re a montr\u00e9 une fois de plus que la politique de d\u00e9ficit syst\u00e9matique et l\u2019endettement qui en r\u00e9sulte conduisent presque immanquablement \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de \u00abrouler\u00bb les dettes. C\u2019est pourquoi un programme de d\u00e9sendettement \u00e0 long terme est une condition sine qua non pour mettre la zone euro \u00e0 l\u2019abri des crises. Il peut faire l\u2019objet d\u2019une mention dans le cadre l\u00e9gal de l\u2019union mon\u00e9taire. Le renforcement r\u00e9cent du Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance, par un accroissement de son automatisme et la r\u00e9duction des possibilit\u00e9s d\u2019interventions politiques, est certainement un pas dans la bonne direction. Il faut toutefois s\u2019assurer que, si la violation des r\u00e8gles se poursuit, les sanctions ne soient pas finalement remplac\u00e9es par une protection du march\u00e9 des capitaux \u00e0 des conditions beaucoup trop souples, plus avantageuses m\u00eame que celles des pays donateurs. Dans ce cas, l\u2019effet d\u2019incitation recherch\u00e9 serait perdu.&#13;<\/p>\n<h2>Point 9: la BCE renonce \u00e0 sa politique mon\u00e9taire non conventionnelle en faisant, au besoin, cavalier seul<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl faut redonner \u00e0 la BCE les moyens de se battre pour le titre de zone mon\u00e9taire la plus stable du monde. Son but devrait \u00eatre de gagner la confiance des investisseurs internationaux en Chine, en Russie et dans les pays p\u00e9troliers, qui sont actuellement sur le point de tourner le dos aux \u00c9tats-Unis \u2013 jusque-l\u00e0 un havre de s\u00e9curit\u00e9 \u2013 en raison du dosage macro\u00e9conomique manifestement peu durable de ce pays. Cela signifie pour la BCE qu\u2019elle devrait se d\u00e9p\u00eacher de renoncer \u00e0 sa politique mon\u00e9taire expansionniste non conventionnelle \u2013 au besoin en faisant cavalier seul \u2013 et r\u00e9duire au plus vite le volume de ses bilans. Si elle parvient \u00e0 renforcer la comp\u00e9tition en mati\u00e8re de stabilit\u00e9 et r\u00e9ussit \u00e0 attirer les capitaux provenant de Russie, de Chine et des pays p\u00e9troliers, le temps des euro-obligations pourrait \u00eatre venu. Il faudra, toutefois, attendre que l\u2019endettement de tous les \u00c9tats soit supportable dans la zone euro. En effet, cela conduira \u00e0 la n\u00e9cessaire d\u00e9fragmentation du march\u00e9 obligataire eu-rop\u00e9en, lequel pourrait enfin concurrencer celui des \u00c9tats-Unis.Les efforts de la BCE se heurtent, cependant, au probl\u00e8me du transfert croissant de liquidit\u00e9s mondiales \u2013 surtout en provenance des \u00c9tats-Unis \u2013, engendr\u00e9 par les programmes d\u2019<i>assouplissement quantitatif.<\/i> Ce ph\u00e9nom\u00e8ne entrave la hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats de la BCE et la r\u00e9duction de son bilan. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser que la politique totalement expansionniste des \u00c9tats-Unis ne vise pas qu\u2019\u00e0 stabiliser l\u2019inflation sur le plan int\u00e9rieur, mais qu\u2019elle poursuit \u00e9galement des objectifs strat\u00e9giques. Il sera d\u2019autant plus important de trouver des solutions dans le cadre du G20 pour prot\u00e9ger la zone euro. C\u2019est la seule mani\u00e8re d\u2019\u00e9viter des \u00abguerres mon\u00e9taires\u00bb \u00e0 l\u2019avenir.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Expulser la Gr\u00e8ce de la zone euro ne conduira pas n\u00e9cessairement au but recherch\u00e9&#13;<\/p>\n<h3>Expulser la Gr\u00e8ce de la zone euro ne conduira pas n\u00e9cessairement au but recherch\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nExpulser la Gr\u00e8ce de la zone euro ou l\u2019obliger \u00e0 en sortir \u00abvolontairement\u00bb ne serait pas une solution durable \u2013 abstraction faite de sa l\u00e9galit\u00e9. Les march\u00e9s testeraient alors la probabilit\u00e9 d\u2019un retrait d\u2019autres pays en crise. Dans ce cas, on ne pourrait plus exclure une crise mon\u00e9taire venant s\u2019ajouter \u00e0 celle de la dette, une panique bancaire et des turbulences politiques. La coh\u00e9sion de la zone euro serait s\u00e9rieusement compromise.Dans les ann\u00e9es quatre-vingts, plusieurs pays \u00e9mergents se sont trouv\u00e9s dans une situation encore plus critique. Malgr\u00e9 tout, ils ont appliqu\u00e9 des mesures \u00e9nergiques de consolidation et ont regagn\u00e9 en quelques ann\u00e9es la confiance des march\u00e9s des capitaux. D\u2019aucuns objecteront que cela tenait \u00e0 leur taux de change flottant. Or, ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment des \u00e9conomies au taux de change bien ancr\u00e9 qui peuvent servir de contre-exemples. L\u2019Irlande, frapp\u00e9e par une d\u00e9flation dure, a prouv\u00e9 qu\u2019un pays membre d\u2019une union mon\u00e9taire peut se r\u00e9tablir en proc\u00e9dant \u00e0 une d\u00e9valuation r\u00e9elle et r\u00e9sorber le d\u00e9ficit de sa balance des paiements courants. En l\u2019occurrence, cette d\u00e9valuation r\u00e9elle interne a \u00e9t\u00e9 obtenue \u00e0 travers de s\u00e9v\u00e8res restrictions budg\u00e9taires. Le cas de la Lettonie, qui pr\u00e9sentait un sch\u00e9ma comparable, est aussi tr\u00e8s souvent cit\u00e9 en exemple. Gr\u00e2ce \u00e0 son taux de change fixe ou \u00e0 cause de lui, ce pays, o\u00f9 les salaires sont plus bas qu\u2019en Gr\u00e8ce, a \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9aliser des r\u00e9formes radicales. La recherche scientifique l\u2019a d\u00e9montr\u00e9: un taux de change fixe cr\u00e9dible, qui est \u00e9galement contraignant pour la politique mon\u00e9taire, contribue souvent davantage au succ\u00e8s des r\u00e9formes que des taux manipulables \u00e0 volont\u00e9, car les acteurs s\u2019en remettent dans ce cas excessivement \u00e0 la planche \u00e0 billets pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes structurels de leurs \u00e9conomies, comme le montre l\u2019exemple des \u00c9tats-Unis. Cet effet serait supprim\u00e9 si l\u2019on refusait \u00e0 la Gr\u00e8ce la chance de rester dans la zone euro.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Banque centrale europ\u00e9enne, <i>La strat\u00e9gie de la politique mon\u00e9taire de la BCE,<\/i> communiqu\u00e9 de presse, Francfort, 8 mai 2003.\u2212 Banque centrale europ\u00e9enne, <i>Les orientations strat\u00e9giques de l\u2019Eurosyst\u00e8me,<\/i> 2010, <i><a href=\"http:\/\/www.ecb.int\/ecb\/orga\/escb\/html\/intents.fr.html\">http:\/\/www.ecb.int\/ecb\/orga\/escb\/html\/intents.fr.html<\/a><\/i>\u2212 Belke A., <i>Wie stabil ist der Euro?,<\/i> expos\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 lors de la remise du Prix International Charlemagne 2011 \u00e0 Jean-Claude Trichet, Aix-la-Chapelle, 6 mai 2011, <i><a href=\"http:\/\/www.karlspreis.de\">http:\/\/www.karlspreis.de<\/a>.<\/i>\u2212 Belke, A., <i>Ramifications of debt restructuring on the euro area \u2013 The example of Germany\u2019s exposure to Greece,<\/i> document d\u2019information destin\u00e9 \u00e0 la Commission \u00e9conomique et mon\u00e9taire du Parlement europ\u00e9en en vue de son dialogue trimestriel avec le pr\u00e9sident de la Banque centrale europ\u00e9enne, 6 juin 2011, Bruxelles, 2011b.\u2212 Belke A., <i>Change of guards from Trichet to Draghi \u2013 Watch or not to watch money under political constraints,<\/i> document d\u2019information destin\u00e9 \u00e0 la Commission \u00e9conomique et mon\u00e9taire du Parlement europ\u00e9en en vue de son dialogue trimestriel avec le pr\u00e9sident de la Banque centrale europ\u00e9enne, septembre 2011, Bruxelles, 2011c.\u2212 Belke A., Bernoth K. et Fichtner F., <i>Die Zukunft des internationalen W\u00e4hrungssystems,<\/i> expertise destin\u00e9e au minist\u00e8re allemand des finances, Institut allemand de recherche en \u00e9conomie (DIW), Berlin, 2011.\u2212 Belke A. et Gros D., <i>Global liquidity, world savings glut and global policy coordination,<\/i> document de travail, Forum \u00e9conomique de Jeddah (Arabie saoudite), 2010, pp. 5\u201320.\u2212 Belke A., Koesters W., Leschke M. et Polleit T. (\u00e9d.), diverses \u00e9ditions de l\u2019<i>ECB Observer,<\/i> 2003\u20132009, <i><a href=\"http:\/\/www.ecb-observer.com\">http:\/\/www.ecb-observer.com<\/a>.<\/i>\u2212 Belke A. et Polleit T., <i>Monetary economics in globalised financial markets,<\/i> Springer, Dordrecht, 2010.\u2212 Belke A. et Polleit T., \u00abHow much fiscal backing must the ECB have? The euro area is not the Philippines\u00bb, <i>\u00c9conomie internationale,<\/i> 124, 2011, pp. 5\u201330.\u2212 Belke A. et Potrafke N., <i>Does government ideology matter in monetary policy? A panel data analysis for OECD countries,<\/i> document pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la r\u00e9union annuelle de l\u2019Association \u00e9conomique europ\u00e9enne, Oslo, 27 ao\u00fbt 2011.\u2212 Belke A. et Rees A., <i>The importance of global shocks for national policymakers \u2013 Rising challenges for central banks,<\/i> expos\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 devant la 85e conf\u00e9rence annuelle de l\u2019Association \u00e9conomique occidentale (WEA) qui s\u2019est tenue du 29 juin au 3 juillet 2010 \u00e0 Portland (Oregon).\u2212 Belke A., Setzer R. et Orth W., \u00abLiquidity and the dynamic pattern of asset price adjustment: A global view\u00bb, <i>Journal of Banking and Finance,<\/i> 34, 2010, pp. 1933\u20131945.\u2212 Belke A. et von Schnurbein B., \u00abEuropean monetary policy and the ECB rotation model \u2013 Voting power of the core versus the periphery\u00bb, <i>Public Choice,<\/i> \u00e0 para\u00eetre en 2011.\u2212 Belke A. et Styczynska B., \u00abThe allocation of power in the enlarged ECB Governing Council \u2013 An assessment of the ECB rotation model\u00bb, <i>Journal of Common Market Studies,<\/i> 44, 2006, pp. 865\u2013895.\u2212 Borio C. E. 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