{"id":150744,"date":"2011-10-01T12:00:00","date_gmt":"2011-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/10\/jordan-2\/"},"modified":"2024-10-24T14:03:22","modified_gmt":"2024-10-24T12:03:22","slug":"jordan-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/10\/jordan-2\/","title":{"rendered":"Le G20 et la Suisse: un besoin r\u00e9ciproque de dialogue"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201110_16_Jordan_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/><\/p>\n<h6 class=\"content-copy\">Le G20 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2008 afin de r\u00e9agir de mani\u00e8re rapide et efficace \u00e0 une situation \u00e9conomique et financi\u00e8re dramatique. Les mesures prises ont eu un impact sur l\u2019\u00e9conomie mondiale. La Suisse participe \u00e9galement aux activit\u00e9s du G20 en tant que pays non membre.<\/h6>\n<h2>L\u2019\u00e9volution structurelle du G20: de l\u2019urgence \u00e0 la consolidation<a href=\"#footnote_1\" id=\"footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor\">[1]<\/a><\/h2>\n<p>Sous sa forme actuelle de sommet r\u00e9unissant les chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement, le G20<a href=\"#footnote_2\" id=\"footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor\">[2]<\/a> est n\u00e9 de la crise \u00e9conomique de 2008. Il s\u2019agissait alors de r\u00e9agir de mani\u00e8re rapide et efficace \u00e0 une situation \u00e9conomique et financi\u00e8re dramatique. Les mesures prises en 2009 lors des sommets de Londres et de Pittsburgh, notamment sur le plan budg\u00e9taire et de la r\u00e9gulation financi\u00e8re, ont eu un impact sur l\u2019\u00e9conomie mondiale, tant en termes r\u00e9el (d\u00e9finition de nouvelles r\u00e8gles) que qualitatif, puisque les politiques \u00e9conomiques nationales s\u2019alignent dans une large mesure sur les orientations d\u00e9cid\u00e9es par le G20. Celui-ci a \u00e0 son actif des r\u00e9sultats concrets tels que la mise sur pied du Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, plus connu sous son appellation anglaise, \u00abFinancial Stability Board\u00bb (FSB);<a href=\"#footnote_3\" id=\"footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor\">[3]<\/a>, la recapitalisation du Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et des banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement, la liste noire des juridictions fiscales non coop\u00e9ratives et l\u2019adoption des r\u00e8gles de B\u00e2le III. Au d\u00e9but de 2011, les ministres des Finances du G20 se sont mis d\u2019accord sur une s\u00e9rie d\u2019indicateurs macro-\u00e9conomiques visant \u00e0 mesurer les d\u00e9s\u00e9quilibres de l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s rapidement s\u2019est op\u00e9r\u00e9 au sein du G20 un glissement des pr\u00e9occupations d\u2019\u00e9conomie pure vers une approche plus globale, int\u00e9grant des probl\u00e9matiques ch\u00e8res au G8. La pr\u00e9sidence cor\u00e9enne en 2010 \u2013 la premi\u00e8re d\u2019un pays en d\u00e9veloppement \u2013 poursuivra l\u2019\u00e9largissement th\u00e9matique (changement climatique, consensus sur le d\u00e9veloppement). L\u2019\u00e9tendue de l\u2019agenda de la pr\u00e9sidence actuelle symbolise l\u2019ambition fran\u00e7aise \u00e0 vouloir \u00eatre un acteur majeur sur la sc\u00e8ne internationale et marquera probablement un pic dans l\u2019\u00e9volution du G20. Il semble, en effet, que ses autres membres souhaitent plut\u00f4t un resserrement th\u00e9matique afin de concentrer leurs efforts sur un nombre restreint de sujets.<\/p>\n<p>Le G20 se situe d\u00e9sormais dans une d\u00e9marche structurelle dans laquelle il est plus difficile de mettre d\u2019accord les grands acteurs mondiaux. Il parvient n\u00e9anmoins \u00e0 donner des orientations tr\u00e8s claires aux questions actuelles de gouvernance \u00e9conomique et financi\u00e8re mondiale en s\u2019appuyant sur des mandats donn\u00e9s aux organisations internationales (O.I.) telles que le FMI, le Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, les banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement, l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE), le Groupe d\u2019action financi\u00e8re (Gafi), l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE), ou encore l\u2019Organisation internationale du travail (OIT) et l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC).<\/p>\n<p>Forum central de la gouvernance \u00e9conomique mondiale, le G20 accuse un d\u00e9ficit de l\u00e9gitimit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 il n\u2019a pas d\u2019assise juridique. La sous-repr\u00e9sentation de certaines r\u00e9gions g\u00e9ographiques (Afrique, Proche et Moyen-Orient) et l\u2019absence de la Suisse en tant que centre financier d\u2019envergure internationale renforcent cet \u00e9tat de fait. Le G20 se d\u00e9fend en arguant de son importance \u00e9conomique et d\u00e9mographique (85% du produit int\u00e9rieur brut mondial, deux tiers de la population mondiale, et 80% du commerce mondial). Il tente \u00e9galement de pallier ce d\u00e9faut de l\u00e9gitimit\u00e9 en pratiquant une politique active d\u2019ouverture, qui se traduit par une double approche: d\u2019une part, en conviant aux sommets et aux r\u00e9unions minist\u00e9rielles cinq pays repr\u00e9sentant un groupement r\u00e9gional ou une th\u00e9matique particuli\u00e8re, et d\u2019autre part, en pratiquant un dialogue \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable selon les sujets avec des pays non membres.<\/p>\n<p>Ainsi, la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise a choisi d\u2019inviter cinq pays<a href=\"#footnote_4\" id=\"footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor\">[4]<\/a>\u00a0au sommet de Cannes, qui participeront \u00e0 toutes les r\u00e9unions minist\u00e9rielles et techniques. D\u2019autres pays non membres sont \u00e9galement associ\u00e9s \u00e0 certaines r\u00e9unions pr\u00e9paratoires. Sous l\u2019impulsion de Joseph Deiss, pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies, un dialogue a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli avec le G20.<\/p>\n<h2>La strat\u00e9gie de la Suisse face au \u00ableadership\u00bb du G20<\/h2>\n<p>Face au renforcement du G20 et \u00e0 l\u2019impact de certaines de ses d\u00e9cisions<a href=\"#footnote_5\" id=\"footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor\">[5]<\/a>, la Suisse a tent\u00e9, en vain, d\u2019en devenir membre en faisant valoir l\u2019importance de sa place financi\u00e8re. Il s\u2019est rapidement av\u00e9r\u00e9 que celui-ci ne souhaitait pas s\u2019ouvrir \u00e0 de nouveaux pays afin de privil\u00e9gier l\u2019efficacit\u00e9 et la souplesse de son fonctionnement. Par ailleurs, la surrepr\u00e9sentation europ\u00e9enne et la faiblesse de la pr\u00e9sence africaine au sein du groupe \u00e9taient d\u00e9favorables \u00e0 une adh\u00e9sion suisse. Convaincue de l\u2019importance d\u2019un rapprochement avec le G20, la Suisse s\u2019est organis\u00e9e pour d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et financiers dans des domaines fondamentaux et pour promouvoir des solutions \u00e0 la crise mondiale. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a adopt\u00e9 dans ce sens, au d\u00e9but de 2010, une strat\u00e9gie reposant sur deux axes:<\/p>\n<ul>\n<li>un positionnement proactif sur les points centraux \u00e0 l\u2019ordre du jour du G20;<\/li>\n<li>le renforcement des positions suisses dans les O.I. mandat\u00e9es par ce dernier.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un groupe interd\u00e9partemental \u2013 l\u2019Idag20 \u2013 compos\u00e9 des D\u00e9partements f\u00e9d\u00e9raux des finances (DFF), de l\u2019\u00e9conomie (DFE) et des affaires \u00e9trang\u00e8res (DFAE) ainsi que de la Banque nationale suisse (BNS) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 pour assumer la mise en \u0153uvre de cette strat\u00e9gie<a href=\"#footnote_6\" id=\"footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, en 2011, la Suisse s\u2019est exprim\u00e9e sur les priorit\u00e9s de la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise: r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international, renforcement de la r\u00e9gulation financi\u00e8re, volatilit\u00e9 des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, d\u00e9veloppement, emploi, lutte contre la corruption et gouvernance. Son objectif \u00e9tait de transmettre ses positions \u00e0 la France, ainsi qu\u2019aux autres \u00c9tats membres ou non du G20. La Suisse a \u0153uvr\u00e9 pour prendre part aux travaux pr\u00e9paratoires de ce dernier. Des hauts responsables du DFF et de la BNS ont particip\u00e9 \u00e0 un s\u00e9minaire organis\u00e9 en mars 2011 en Chine, portant sur la r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international. Le conseiller f\u00e9d\u00e9ral Johannes Schneider-Ammann a particip\u00e9 \u00e0 la conf\u00e9rence du G20 sur l\u2019emploi et la coh\u00e9rence entre les O.I. en mai 2011 \u00e0 Paris, et la conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale Doris Leuthard a pris part \u00e0 celle consacr\u00e9e \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nucl\u00e9aire en juin dernier \u00e0 Paris. La Suisse contribue, par ailleurs, activement aux activit\u00e9s du G20. La BNS a, ainsi, organis\u00e9, conjointement avec le FMI, une r\u00e9union de haut niveau sur la r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international en mai 2011 \u00e0 Zurich. La Suisse d\u00e9montre de cette fa\u00e7on l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle porte aux th\u00e8mes d\u00e9velopp\u00e9s par le G20 et sa capacit\u00e9 \u00e0 y contribuer.<\/p>\n<p>La relation de gouvernance entre le G20 et les O.I. est \u00e9galement au centre des pr\u00e9occupations suisses. En effet, les mandats du G20 ont un fort impact sur les priorit\u00e9s des O.I. La volatilit\u00e9 du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res est devenue l\u2019une des priorit\u00e9s de l\u2019OCDE et de la FAO; le FMI, quant \u00e0 lui, est fortement mobilis\u00e9 par le Cadre pour une croissance forte, durable et \u00e9quilibr\u00e9e promu par le G20. Dans ce contexte, la Suisse agit pour que les d\u00e9cisions du groupe soient approuv\u00e9es par les organes directeurs des O.I. concern\u00e9es. L\u2019apport de ces organisations doit \u00e9galement \u00eatre transparent, ce qui implique que les pays qui en sont membres doivent \u00eatre consult\u00e9s ou, au minimum, tenus inform\u00e9s sur le contenu des travaux effectu\u00e9s pour le G20. Cette pr\u00e9occupation de bonne gouvernance des O.I. a \u00e9t\u00e9 largement relay\u00e9e par d\u2019autres pays ext\u00e9rieurs au groupe. Ainsi, \u00e0 l\u2019initiative de la Suisse, une rencontre informelle a r\u00e9uni en mai dernier \u00e0 Paris une douzaine de pays non membres et la \u00abtro\u00efka G20\u00bb, laquelle se composait de responsables fran\u00e7ais accompagn\u00e9s de repr\u00e9sentants de la Cor\u00e9e du Sud et du Mexique<a href=\"#footnote_7\" id=\"footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor\">[7]<\/a>. Des \u00e9changes nourris ont clairement d\u00e9montr\u00e9 le r\u00e9el besoin des pays ext\u00e9rieurs au G20 \u00e0 se faire mieux entendre. Cette exigence de transparence fait \u00e9galement partie des pr\u00e9occupations du groupe informel \u00abGlobal Governance Group\u00bb (ou 3G)<a href=\"#footnote_8\" id=\"footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor\">[8]<\/a>, qui s\u2019implique activement sur cette question dans le cadre des Nations Unies.<\/p>\n<p>De fait, la Suisse a rapidement entrepris une s\u00e9rie de d\u00e9marches sur des th\u00e8mes sp\u00e9cifiques, afin de d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats sur la sc\u00e8ne internationale. La pr\u00e9sidence tournante du G20 ne facilite, cependant, pas le travail de r\u00e9seau.<\/p>\n<h2>Forces du G20 et d\u00e9fis \u00e0 surmonter<\/h2>\n<p>Regroupant un nombre relativement restreint de pays, mais poss\u00e9dant une masse critique significative et une communaut\u00e9 de vues suffisante pour pouvoir d\u00e9cider d\u2019orientations strat\u00e9giques mondiales, le G20 a r\u00e9ussi \u00e0 imposer ses orientations et d\u00e9cisions, tout en s&#8217;exemptant de prendre l\u2019avis de la communaut\u00e9 internationale. A contrario, l\u2019implication de tous les pays dans les grandes d\u00e9cisions a d\u00e9montr\u00e9 ses limites \u00e0 plusieurs reprises, notamment lors de la 15e conf\u00e9rence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui s\u2019est tenue \u00e0 Copenhague en 2009. Face \u00e0 la complexit\u00e9 croissante des questions \u00e9conomiques, le G20 peut \u00eatre per\u00e7u comme une r\u00e9ponse aux difficult\u00e9s d\u00e9cisionnelles onusiennes. Il semble avoir fait fi du manque de repr\u00e9sentativit\u00e9, qui lui est reproch\u00e9 et continuellement rappel\u00e9 par les pays non membres, pour privil\u00e9gier une action rapide et efficace, comme il l\u2019a fait en pleine crise \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Le G20 repose sur une structure informelle (pas ou peu de r\u00e8gles) qui lui offre une grande souplesse d\u2019adaptation aux \u00e9v\u00e9nements (par exemple la mise sur pied de la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle sur la s\u00e9curit\u00e9 nucl\u00e9aire organis\u00e9e par la France en juin 2011 en r\u00e9ponse \u00e0 la catastrophe de Fukushima). Par ailleurs, en tablant sur les comp\u00e9tences et le savoir-faire des multiples O.I. qu\u2019il mandate, il peut ais\u00e9ment jouer la carte de l\u2019interdisciplinarit\u00e9. L\u2019originalit\u00e9 de sa (non-)structure et la recherche de solutions pragmatiques et non dogmatiques permettent clairement au G20 d\u2019insuffler une dynamique positive aux questions \u00e9conomiques et financi\u00e8res internationales (par exemple sur la r\u00e9gulation financi\u00e8re ou sur la r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international), et d\u2019exercer de fait un leadership dans la gouvernance \u00e9conomique mondiale.<\/p>\n<p>Le G20 fait n\u00e9anmoins face \u00e0 deux d\u00e9fis. Le premier, de loin le plus fondamental pour son fonctionnement, r\u00e9sulte de l\u2019approfondissement des th\u00e9matiques. En effet, apr\u00e8s avoir g\u00e9r\u00e9 efficacement la crise des ann\u00e9es 2008\u20132009 par le biais de politiques \u00e9conomiques cibl\u00e9es, il s\u2019est engag\u00e9 dans la recherche de solutions \u00e0 des questions structurelles pour lesquelles un consensus, m\u00eame minimal, demande des efforts redoubl\u00e9s. Ainsi, les discussions sur le Cadre pour une croissance forte, durable et \u00e9quilibr\u00e9e dont l\u2019enjeu est de d\u00e9gager un consensus sur le r\u00e9\u00e9quilibrage de la croissance mondiale bas\u00e9e sur la stimulation de la demande dans les pays \u00e9mergents et le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9pargne dans les pays avanc\u00e9s, dans un contexte de consolidation budg\u00e9taire se heurtent d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 des divergences de vues internes. La crise actuelle de l\u2019endettement des pays d\u00e9velopp\u00e9s renforce encore ce foss\u00e9, et cette question pourrait s\u2019inviter au sommet de Cannes.<\/p>\n<p>Le second d\u00e9fi est celui de la relation du G20 avec les pays non membres. Celui-ci d\u00e9pend actuellement de la bonne volont\u00e9 de sa pr\u00e9sidence annuelle pour sa communication ext\u00e9rieure. Les deux derni\u00e8res pr\u00e9sidences \u2013 cor\u00e9enne et fran\u00e7aise \u2013 ont entam\u00e9 une politique d\u2019ouverture active, bas\u00e9e sur le dialogue pour la Cor\u00e9e, et sur l\u2019implication de pays non membres dans certains travaux pr\u00e9paratoires pour la France (dont la Suisse a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9). Cette politique d\u2019ouverture est hautement appr\u00e9ciable et devrait \u00eatre poursuivie en approfondissant cette approche pragma-tique \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable qui int\u00e8gre de mani\u00e8re syst\u00e9matique les principaux acteurs concern\u00e9s dans les discussions sp\u00e9cifiques du G20. Par ailleurs, les relations du G20 avec les O.I. m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre clarifi\u00e9es, et de reposer sur des principes de bonne gouvernance. Le dialogue avec l\u2019ext\u00e9rieur permettra d\u2019\u00e9valuer \u00e0 long terme la r\u00e9ussite du G20 dans son r\u00f4le de \u00ableader\u00bb, tout en lui donnant un peu plus de l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<p>Non membre du \u00abclub\u00bb, la Suisse n\u2019est pas formellement tenue par les d\u00e9cisions du G20, mais l\u2019exp\u00e9rience a d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il est tr\u00e8s difficile de s\u2019en affranchir (liste noire, r\u00e9- forme du FMI, etc.). Elle a, d\u00e8s lors, opt\u00e9 pour une politique active visant \u00e0 promouvoir ses vues de mani\u00e8re cibl\u00e9e, afin, d\u2019une part, d\u2019influer sur certaines orientations et, d\u2019autre part, d\u2019\u00e9viter les cons\u00e9quences n\u00e9fastes des d\u00e9cisions du G20. Cette approche est d\u2019autant plus efficace et appr\u00e9ci\u00e9e que la Suisse apporte une valeur ajout\u00e9e sur des sujets sp\u00e9cifiques. Par ailleurs, les O.I. constituent pour elle un levier fondamental dans la mesure o\u00f9, en tant que membre \u00e0 part enti\u00e8re, elle peut faire valoir ses vues dans les discussions relatives aux mandats du G20. Si le principe de transparence est correctement appliqu\u00e9, la Suisse aura beaucoup \u00e0 gagner tant du renforcement du r\u00f4le des O.I. dans la gouvernance \u00e9conomique mondiale que d\u2019une croissance saine et \u00e9quilibr\u00e9e au niveau global.<\/p>\n<p>Tableau 1: \u00abCalendrier des principales activit\u00e9s du G20 en 2011\u00bb<\/p>\n<ol class=\"footnote\"><li id=\"footnote_1\" class=\"footnote--item\">Cet article refl\u00e8te l\u2019avis personnel de son auteure et n\u2019engage pas le gouvernement suisse. Il repose sur les travaux du groupe interd\u00e9partemental Idag20, pr\u00e9sid\u00e9 par le Seco en 2011.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_1\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_2\" class=\"footnote--item\">Le G20 comprend 19 pays et l\u2019Union europ\u00e9enne (UE), soit l\u2019Afrique du Sud, l\u2019Allemagne, l\u2019Arabie saoudite, l\u2019Argentine, l\u2019Australie, le Br\u00e9sil, le Canada, la Chine, la Cor\u00e9e du Sud, les \u00c9tats-Unis, la France, l\u2019Inde, l\u2019Indon\u00e9sie, l\u2019Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie et la Turquie. L\u2019UE y est repr\u00e9sent\u00e9e par la pr\u00e9sidence du Conseil et sa banque centrale. Le FMI et la Banque mondiale y ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but. Les organisations internationales sp\u00e9cialis\u00e9es (OCDE, OIT, OMC) ainsi que les Nations Unies y sont invit\u00e9es sur une base ad hoc. Enfin, cinq invitations sont \u00e9galement adress\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rents pays par rotation.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_2\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_3\" class=\"footnote--item\">la Suisse en est un membre actif.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_3\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_4\" class=\"footnote--item\">Les cinq pays invit\u00e9s \u2013 appel\u00e9s \u00e9galement \u00abwild cards\u00bb \u2013 de la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise sont les \u00c9mirats arabes unis, en tant que pr\u00e9sident du Conseil de coop\u00e9ration des \u00c9tats du Golfe (CCG), l\u2019Espagne, l\u2019\u00c9thiopie pr\u00e9sidant le Comit\u00e9 d\u2019orientation du nouveau partenariat pour le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique (Nepad), Singapour en tant que repr\u00e9sentant du \u00abGlobal Governance Group\u00bb (3G), et la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale pr\u00e9sidant l\u2019Union Africaine.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_4\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_5\" class=\"footnote--item\">Pour rappel, l\u2019une des d\u00e9cisions les plus marquantes du G20 a \u00e9t\u00e9 la publication lors du sommet de Londres, en avril 2009, d\u2019une \u00abliste noire\u00bb des juridictions fiscales non coop\u00e9ratives \u00e9labor\u00e9e par l\u2019OCDE. La Suisse y figurait, ce qui a entra\u00een\u00e9 des modifications majeures de sa politique fiscale.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_5\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_6\" class=\"footnote--item\">La pr\u00e9sidence de l\u2019Idag20 se fait en alternance annuelle entre le DFE (Seco) et le DFF (SIF).&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_6\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_7\" class=\"footnote--item\">La tro\u00efka est form\u00e9e des pays qui assument les pr\u00e9sidences actuelle, pr\u00e9c\u00e9dente et prochaine du G20.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_7\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><li id=\"footnote_8\" class=\"footnote--item\">Le 3G comprend 27 pays membres des Nations Unies, dont la Suisse. Son objectif est d\u2019am\u00e9liorer l\u2019implication de l\u2019ONU dans le processus de d\u00e9cision du G20.&nbsp;<a href=\"#footnote-anchor_8\" class=\"inline-footnote__anchor hidden-print\">[<span class=\"icon-arrow-up\"><\/span>]<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le G20 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2008 afin de r\u00e9agir de mani\u00e8re rapide et efficace \u00e0 une situation \u00e9conomique et financi\u00e8re dramatique. Les mesures prises ont eu un impact sur l\u2019\u00e9conomie mondiale. La Suisse participe \u00e9galement aux activit\u00e9s du G20 en tant que pays non membre. L\u2019\u00e9volution structurelle du G20: de l\u2019urgence \u00e0 la consolidation [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3657,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3657,"seco_co_author":"","author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. rer. pol., Leiterin Ressort OECD und G20, Bereich Welthandel, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Cheffe du secteur OCDE et G20, Commerce mondial, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"L\u2019\u00e9mergence du Groupe des 20 (ou G20) lors du sommet des chefs d\u2019\u00c9tat \u00e0 Washington en 2008 a lanc\u00e9 les bases d\u2019une nouvelle gouvernance \u00e9conomique mondiale. Malgr\u00e9 un d\u00e9ficit de repr\u00e9sentativit\u00e9 et sans assise juridique, celui-ci s\u2019est autoproclam\u00e9 \u00abForum principal pour la coop\u00e9ration \u00e9conomique internationale\u00bb. Apr\u00e8s les premi\u00e8res d\u00e9cisions prises dans l\u2019urgence de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re, le G20 s\u2019est orient\u00e9 vers une approche plus structurelle. La Suisse ne fait pas partie, mais elle s'est organis\u00e9e face \u00e0 cette nouvelle donne pour d\u00e9fendre activement ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et financiers et contribuer \u00e0 la r\u00e9solution des probl\u00e8mes internationaux.","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150747,"main_focus":"","serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7646","post_abstract":"","magazine_issue":"20111001","seco_author_reccomended_post":"","redaktoren":"","korrektor":"","planned_publication_date":"2011-10-01 10:00:00","original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/550fdea58c76c"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150744"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3657"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150744"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150744\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":203783,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150744\/revisions\/203783"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3657"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150744"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150744"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150744"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150744"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150744"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150744"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}