{"id":150849,"date":"2011-09-01T12:00:00","date_gmt":"2011-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/09\/haerry-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:51:38","modified_gmt":"2023-08-23T22:51:38","slug":"haerry-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/09\/haerry-2\/","title":{"rendered":"Conseils officiels aux futurs entrepreneurs"},"content":{"rendered":"<p>Les conseillers foisonnent, mais on est seul pour passer \u00e0 l\u2019action. Celui qui, en Suisse, veut se mettre \u00e0 son compte trouve sur Internet une large gamme de recommandations, de listes de contr\u00f4le et de tuyaux destin\u00e9s aux futurs entrepreneurs. D\u2019innombrables sites, officiels ou priv\u00e9s, proposent une aide bienvenue et tout \u00e0 fait utilisable. N\u00e9anmoins, au moment de cr\u00e9er son entre-prise, on ne se sent gu\u00e8re trait\u00e9 comme un client par les instances administratives.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJ\u2019y avais longuement r\u00e9fl\u00e9chi, bien s\u00fbr, pesant le pour et le contre. Un plan d\u2019entreprise avait \u00e9t\u00e9 \u00e9bauch\u00e9, dans ma t\u00eate puis sur le papier. Le processus de maturation a dur\u00e9 plusieurs ann\u00e9es. En \u00e9t\u00e9 2009, ma d\u00e9cision \u00e9tait prise: j\u2019allais fonder ma propre soci\u00e9t\u00e9, H\u00e4rry und Partner, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le conseil en communication.Entre cette d\u00e9cision et mon passage d\u00e9finitif au statut d\u2019ind\u00e9pendant, il s\u2019est pass\u00e9 encore une ann\u00e9e, durant laquelle j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 le march\u00e9, \u00e9tabli un r\u00e9seau et commenc\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier des contrats. Les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 tangibles: H\u00e4rry und Partner a d\u00e9marr\u00e9 en septembre 2010 avec trois clients, une base parfaitement viable pour son premier exer-cice. Un an plus tard, ces accoucheurs font toujours partie de ma client\u00e8le. Jusqu\u2019ici, la marche des affaires correspond pratiquement au meilleur sc\u00e9nario de mon plan d\u2019entreprise: le nombre de mandats et le chiffre d\u2019affaires ont augment\u00e9 de mani\u00e8re r\u00e9jouissante. Ind\u00e9niablement, le lancement est r\u00e9ussi.Ce succ\u00e8s revient principalement \u00e0 trois facteurs:1. La <i>pr\u00e9paration intensive<\/i>. Elle a inclus d\u2019innombrables entretiens, une \u00e9tude approfondie de la litt\u00e9rature consacr\u00e9e aux jeunes pousses (\u00abstart-up\u00bb), tant sur Internet que dans les livres, puis l\u2019\u00e9laboration d\u2019un plan d\u2019entreprise qui traduit le r\u00e9sultat de ces recherches.2. Un <i>r\u00e9seautage actif et cibl\u00e9<\/i>. D\u2019une part, l\u2019\u00e9tablissement de relations correspondait \u00e0 un concept concret, inscrit dans mon plan, avec des objectifs clairs et des indicateurs mesurables. D\u2019autre part, il r\u00e9pondait \u00e0 mon envie de m\u2019engager dans quelque chose de nouveau, de participer \u00e0 des manifestations et \u00e0 des forums que je ne connaissais auparavant que par ou\u00ef-dire.3. Un indispensable <i>capital de chance et de bons amis<\/i> qui m\u2019ont donn\u00e9 l\u2019\u00e9lan n\u00e9cessaire pendant la p\u00e9riode de rodage.&#13;<\/p>\n<h2>On obtient ce dont on a besoin\u2026<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes futurs entrepreneurs ne peuvent pas se plaindre que leurs questions sur le statut d\u2019ind\u00e9pendant et la cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 restent sans r\u00e9ponse. Internet regorge de sites tr\u00e8s complets sur ce th\u00e8me. On y trouve des conseils, des adresses, des guides, des t\u00e9moignages, des listes de contr\u00f4le, des questionnaires et des exercices permettant de simuler la fondation d\u2019une entreprise. L\u2019offre est tellement vaste qu\u2019il est recommand\u00e9 de s\u00e9lectionner d\u2019abord les (quelques) sites que l\u2019on compte utiliser pour r\u00e9aliser son projet. Mieux vaut oublier tout le reste si l\u2019on ne veut pas se noyer dans un flot d\u2019informations.Personnellement, je me suis concentr\u00e9 sur deux adresses: le portail PME du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) <i><a href=\"http:\/\/www.pme.admin.ch\">http:\/\/www.pme.admin.ch<\/a><\/i> et la plateforme de cr\u00e9ation d\u2019entreprise <i>www. gruenden.ch<\/i>, propos\u00e9e par l\u2019Office de l\u2019\u00e9conomie et du travail du canton de Zurich.Presque tous les cantons suisses et de nombreuses organisations \u00e9conomiques offrent sur Internet une assistance \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019entreprises, mais la quantit\u00e9 d\u2019informations fournies varie, de m\u00eame que leur degr\u00e9 d\u2019approfondissement. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es actives sur ce cr\u00e9neau. Non seulement elles vous conseillent, mais elles vous aident concr\u00e8tement \u00e0 mettre sur pied une entreprise. \u00c9videmment, leurs services ne sont pas gratuits, mais les tarifs restent g\u00e9n\u00e9ralement abordables.&#13;<\/p>\n<h2>\u2026 mais l\u2019accueil du client laisse \u00e0 d\u00e9sirer<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019information officielle destin\u00e9e aux fondateurs d\u2019entreprise est substantielle et ne laisse gu\u00e8re de questions sans r\u00e9ponse. Toutefois, les int\u00e9ress\u00e9s souhaitent souvent obtenir une r\u00e9ponse personnelle \u00e0 certaines de leurs interrogations. L\u00e0, Internet atteint ses limites: on n\u2019y trouve pratiquement aucune assistance individualis\u00e9e et personnelle.D\u00e9crocher son t\u00e9l\u00e9phone pour obtenir des informations officielles est souvent une exp\u00e9rience frustrante. Dans de nombreux cas, la t\u00e9l\u00e9phoniste vous renvoie au site Internet de l\u2019office: \u00abIl contient tout ce dont vous avez besoin.\u00bb Si vous r\u00e9ussissez malgr\u00e9 tout \u00e0 joindre le service comp\u00e9tent pour lui poser une question concr\u00e8te, votre interlocuteur risque fort de se d\u00e9rober en argumentant qu\u2019il n\u2019est pas possible de \u00abdonner rapidement une r\u00e9ponse fiable par t\u00e9l\u00e9phone\u00bb. Ce n\u2019est pas ainsi que fonctionne un vrai service \u00e0 la client\u00e8le.Dans les documents qu\u2019elle adresse aux futurs entrepreneurs \u2013 en leur impartissant g\u00e9n\u00e9ralement un d\u00e9lai pour faire ce qu\u2019elle leur demande \u2013, l\u2019administration est \u00e9galement tr\u00e8s loin d\u2019int\u00e9grer la notion de service. Le ton de ces formulaires en est une illustration. Voici, par exemple, ce qu\u2019\u00e9crit l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral du registre du commerce au futur entrepreneur qui d\u00e9sire savoir si le nom qu\u2019il d\u00e9sire donner \u00e0 sa firme est d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9: \u00abLes demandes de recherche sont trait\u00e9es, sans exception, dans l&#8217;ordre de leur arriv\u00e9e.\u00bb Cet avertissement est communiqu\u00e9 automatiquement, m\u00eame si le requ\u00e9rant n\u2019a sollicit\u00e9 aucun traitement prioritaire.Toujours aussi p\u00e9remptoire et bureaucratique, le m\u00eame formulaire pr\u00e9cise: \u00abIl n&#8217;est fourni aucun renseignement t\u00e9l\u00e9phonique sur les raisons de commerce inscrites. Nous ne pouvons garantir une liste exhaustive de raisons de commerce ou de noms similaires.\u00bb \u00c0 quoi sert-il donc de payer pour obtenir ce renseignement? \u00c9tant donn\u00e9 le ton utilis\u00e9, le fondateur perplexe ne se hasarde toutefois pas \u00e0 poser la question. C\u2019est peut-\u00eatre justement le but recherch\u00e9 par le r\u00e9dacteur du document.&#13;<\/p>\n<h2>Parfois, le serpent se mord la queue<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe chemin vers la cr\u00e9ation d\u2019une entreprise est sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches. Prises s\u00e9par\u00e9ment, celles-ci sont ma\u00eetrisables. Dans certains cas, cependant, elles sont dispos\u00e9es de telle mani\u00e8re que l\u2019exercice devient difficile: on ne peut franchir un obstacle sans en avoir surmont\u00e9 un autre qui se trouve plus loin dans le processus et que l\u2019on atteint n\u00e9cessairement en passant par le premier. Parfois, le serpent se mord la queue.Au sein de l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des contributions, la Division principale de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e en fournit un exemple. Dans sa \u00abDemande dautorisation en vue d\u00e9tablir les d\u00e9comptes selon les contre-prestations re\u00e7ues\u00bb et sa \u00abD\u00e9claration d\u2019adh\u00e9sion\u00bb au taux de la dette fiscale nette, elle exige que le requ\u00e9rant valide le docu-ment en apposant non seulement une signature valable, mais \u00e9galement le timbre de sa soci\u00e9t\u00e9. Or, de nombreuses entreprises attendent de conna\u00eetre leur num\u00e9ro de TVA pour commander un timbre, afin de pouvoir y inscrire ce num\u00e9ro. Comment \u00e9chapper \u00e0 ce cercle vicieux? Dans un geste totalement inesp\u00e9r\u00e9, l\u2019office a renonc\u00e9 \u00e0 insister pour que ma demande soit munie du timbre.De m\u00eame, les jeunes pousses ont souvent de la peine \u00e0 remplir une condition pos\u00e9e par les caisses cantonales de compensation. Elles devraient, en effet, prouver leur ind\u00e9pen-dance en fournissant, avant m\u00eame d\u2019entrer en activit\u00e9, une liste de clients aussi longue que possible. Les autorit\u00e9s se m\u00e9fient surtout des entreprises individuelles. Les soup\u00e7ons d\u2019abus qu\u2019elles nourrissent \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs cr\u00e9ateurs sont palpables. Les t\u00e9moignages de plusieurs de mes coll\u00e8gues concordent sur ce point.C\u2019est \u00e9galement d\u2019une caisse de compensation qu\u2019\u00e9mane cette \u00abMise en demeure d\u2019affiliation\u00bb, formul\u00e9e sur un ton pour le moins impatient. La caisse rappelle au requ\u00e9rant qu\u2019elle lui a envoy\u00e9 un \u00abQuestionnaire concernant l\u2019affiliation de votre entreprise \u00e0 une institution de pr\u00e9voyance enregistr\u00e9e et \u00e0 une assurance-accidents\u00bb. Elle ajoute: \u00ab\u00c0 ce jour, vous n\u2019avez pas r\u00e9agi. Nous en concluons que vous avez n\u00e9glig\u00e9 cette obligation l\u00e9gale.\u00bb La caisse lui ordonne de faire le n\u00e9cessaire au plus vite. Le fondateur apprend, m\u00e9dus\u00e9, que cet ultimatum est payant: \u00abNous vous prions de payer les \u00e9moluments dans les trente jours.\u00bbLe probl\u00e8me est qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile pour une jeune entreprise de trouver une institution de pr\u00e9voyance. Actuellement, pratiquement toutes les caisses de pension refusent d\u2019accueillir de nouveaux assur\u00e9s, surtout si ceux-ci ont d\u00e9j\u00e0 atteint la cinquantaine. Dans notre cas, la recherche d\u2019une caisse de retraite a dur\u00e9 plus de six mois. Quand une solution s\u2019est enfin pr\u00e9sent\u00e9e, nous en avons inform\u00e9 imm\u00e9diatement la caisse cantonale de compensation. Cette derni\u00e8re s\u2019est montr\u00e9e conciliante et a renonc\u00e9 \u00e0 percevoir la taxe mentionn\u00e9e.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les conseillers foisonnent, mais on est seul pour passer \u00e0 l\u2019action. Celui qui, en Suisse, veut se mettre \u00e0 son compte trouve sur Internet une large gamme de recommandations, de listes de contr\u00f4le et de tuyaux destin\u00e9s aux futurs entrepreneurs. D\u2019innombrables sites, officiels ou priv\u00e9s, proposent une aide bienvenue et tout \u00e0 fait utilisable. 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