{"id":150879,"date":"2011-07-01T12:00:00","date_gmt":"2011-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/07\/aepli-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:52:02","modified_gmt":"2023-08-23T22:52:02","slug":"aepli-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/07\/aepli-2\/","title":{"rendered":"Les r\u00e9percussions d\u2019une ouverture des march\u00e9s sur l\u2019industrie alimentaire suisse"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nApr\u00e8s une longue p\u00e9riode durant laquelle la politique intervenait directement sur le march\u00e9 agricole, l\u2019industrie alimentaire suisse se trouve aujourd\u2019hui dans une phase de r\u00e9orientation. Par des r\u00e9formes successives, l\u2019\u00c9tat se retire progressivement de la gestion op\u00e9rationnelle des march\u00e9s agricoles depuis les ann\u00e9es nonante. Ce processus de r\u00e9formes progresse essentiellement en raison d\u2019une pression ext\u00e9rieure croissante favorable \u00e0 la lib\u00e9ralisation des relations commerciales, y compris dans le secteur agricole. Il est, en particulier, influenc\u00e9 par le cycle de Doha \u00e0 l\u2019OMC, par des accords bilat\u00e9raux de libre-\u00e9change n\u00e9goci\u00e9s avec des \u00c9tats extra-europ\u00e9ens et par les pourparlers engag\u00e9s avec l\u2019UE en vue d\u2019un ALEA. Jusqu\u2019ici, on n\u2019avait pas analys\u00e9 avec pr\u00e9cision les impacts \u00e9ventuels de tels accords sur l\u2019industrie alimentaire suisse. Pourtant, cette derni\u00e8re transforme et distribue une grande partie de la production primaire du pays \u2013 la vente des produits agricoles suisses d\u00e9pend donc largement de sa stabilit\u00e9. Une \u00e9tude, r\u00e9cemment publi\u00e9e, vient combler cette lacune.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019industrie alimentaire \u00e9volue positivement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019industrie alimentaire, qui g\u00e9n\u00e8re une valeur ajout\u00e9e de pr\u00e8s de 10 milliards de francs et fournit du travail \u00e0 quelque 60&nbsp;000 personnes, est un acteur important de l\u2019\u00e9conomie suisse (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>D\u00e9limitation de l\u2019industrie alimentaire<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans cette \u00e9tude, la d\u00e9finition de l\u2019industrie alimentaire correspond \u00e0 la Noga 2008: \u2013 101 Transformation et conservation de la viande \u2013 102 Transformation et conservation du poisson\u2013 103 Transformation et conservation de fruits et l\u00e9gumes\u2013 104 Fabrication d\u2019huiles et graisses v\u00e9g\u00e9tales et animales\u2013 105 Fabrication de produits laitiers \u2013 106 Travail des grains; fabrication de produits amylac\u00e9s\u2013 107 Fabrication de produits de boulangeriep\u00e2tisserie et de p\u00e2tes alimentaires\u2013 108 Fabrication d\u2019autres produits alimentaires\u2013 110 Fabrication de boissonsLa fabrication de produits fourragers ainsi que le commerce (de gros) de mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles et de denr\u00e9es alimentaires ne sont pas inclus dans l\u2019industrie alimentaire.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n). Avec 5,7% de tous les emplois de l\u2019industrie, elle occupe presque deux fois plus de travailleurs que le secteur pharmaceutique. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, elle a engrang\u00e9 les succ\u00e8s et s\u2019est tourn\u00e9e de plus en plus vers les march\u00e9s internationaux. Entre 2001 et 2008, son effectif s\u2019est accru de 3000 personnes, soit de 5%. La branche se situe ainsi l\u00e9g\u00e8rement au-dessous de la moyenne de l\u2019\u00e9conomie suisse, mais elle d\u00e9passe largement l\u2019agriculture, qui a perdu durant la m\u00eame p\u00e9riode environ 13% de ses effectifs. En outre, l\u2019industrie alimentaire a doubl\u00e9 la valeur de ses exportations depuis 2000. En 2009, elle a vendu des marchandises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour 6,3 milliards de francs, ce qui correspond \u00e0 environ 21% de son chiffre d\u2019affaires global.En raison des nombreuses r\u00e9glementations produites par la politique agricole, la composition de l\u2019industrie alimentaire est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne (voir <i>tableau 1<\/i>). Les trois sous-branches \u00abFabrication d\u2019autres produits alimentaires\u00bb, \u00abProduits de boulangerie-p\u00e2tisserie et p\u00e2tes alimentaires\u00bb et \u00abFabrication de boissons\u00bb \u2013 qui totalisent pr\u00e8s des deux tiers (64%) de la valeur ajout\u00e9e brute de la branche \u2013 sont les plus tourn\u00e9es vers l\u2019exportation; elles se sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans des produits diff\u00e9renci\u00e9s et pr\u00e9sentent une comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e. Cette orientation marqu\u00e9e vers les march\u00e9s ext\u00e9rieurs s\u2019accompagne de la plus forte hausse de l\u2019emploi en chiffres absolus (voir <i>graphique 1<\/i>). Dans les deux sous-branches \u00abFabrication de produits laitiers\u00bb et \u00abTransformation de la viande\u00bb, \u00e9galement importantes sur le plan de la valeur ajout\u00e9e, la comp\u00e9titivit\u00e9 est in\u00e9gale. D\u2019une part, il existe des secteurs concurrentiels qui sont d\u00e9j\u00e0 lib\u00e9ralis\u00e9s (le fromage, par exemple) ou partiellement tourn\u00e9s vers les march\u00e9s \u00e9trangers en raison du trafic de perfectionnement actif (la viande s\u00e9ch\u00e9e, par exemple). D\u2019autre part, certains secteurs ax\u00e9s sur le march\u00e9 int\u00e9rieur souffrent d\u2019un d\u00e9savantage en termes de co\u00fbts par rapport \u00e0 leurs concurrents \u00e9trangers, en raison de leur taille parfois insuffisante et de la grande diversit\u00e9 de leurs produits. Les autres sous-branches ne g\u00e9n\u00e8rent qu\u2019une faible valeur ajout\u00e9e. Les transformateurs de fruits et de l\u00e9gumes ainsi que les fabricants d\u2019huiles et de graisses ont une comp\u00e9titivit\u00e9 plut\u00f4t faible.&#13;<\/p>\n<h2>Comparaison de quatre sc\u00e9narios<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9tude a \u00e9valu\u00e9 les r\u00e9percussions de quatre sc\u00e9narios. Le <i>statu quo plus,<\/i> qui sert de r\u00e9f\u00e9rence, d\u00e9crit l\u2019\u00e9volution probable de la demande nationale et internationale ainsi que celle de la politique agricole suisse dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le commerce ext\u00e9rieur ne se lib\u00e9ralisera pas davantage. Il a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 trois variantes d\u2019ouverture. Le sc\u00e9nario <i>ALEA<\/i> pr\u00e9suppose que les n\u00e9gociations en cours avec l\u2019UE d\u00e9boucheront sur la conclusion d\u2019un accord de libre-\u00e9change dans le secteur agroalimentaire. Le sc\u00e9nario <i>ALEA plus OMC-Doha<\/i> part de l\u2019id\u00e9e qu\u2019il y aura non seulement un ALEA, mais \u00e9galement un accord \u00e0 l\u2019OMC en l\u2019\u00e9tat actuel des n\u00e9gociations. Enfin, le sc\u00e9nario <i>OMC-Doha<\/i> pr\u00e9sume que le cycle de Doha aboutira, mais que la Suisse renoncera en revanche \u00e0 un ALEA avec l\u2019UE.Pour \u00e9valuer les r\u00e9percussions, les auteurs ont choisi une approche qualitative comprenant des groupes d\u2019experts et fond\u00e9e sur la m\u00e9thode Delphi. Proche de la r\u00e9alit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 ses proc\u00e9dures standardis\u00e9es et structur\u00e9es, celle-ci permet d\u2019appr\u00e9hender la situation actuelle et de discuter de son \u00e9volution fu-ture. Quatre ateliers se sont d\u00e9roul\u00e9s en juin 2010. Ils ont r\u00e9uni 28 participants issus de toutes les sous-branches de l\u2019industrie alimentaire. Les entreprises repr\u00e9sent\u00e9es dans ces groupes occupent quelque 29&nbsp;000 collaborateurs en Suisse (pr\u00e8s de 50% des emplois de la branche) et g\u00e9n\u00e8rent un chiffre d\u2019affaires de 15,5 milliards de francs (environ 58% de celui de la branche).&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019ALEA est prioritaire pour l\u2019industrie alimentaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAu sein de l\u2019industrie alimentaire, les entreprises interrog\u00e9es attachent une grande importance \u00e0 l\u2019ALEA. En \u00e9liminant les droits de douane et surtout les obstacles non tarifaires au commerce, cet accord am\u00e9liorera nettement l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 de l\u2019UE et repr\u00e9sentera de consid\u00e9rables d\u00e9bouch\u00e9s potentiels. En revanche, la concurrence s\u2019accro\u00eetra avec les importations. \u00c9tant donn\u00e9 la pression sur les prix, il faut s\u2019attendre \u00e0 un l\u00e9ger recul du chiffre d\u2019affaires. L\u2019ALEA renforcera la tendance des entreprises de la branche \u00e0 se retirer du commerce de masse, tr\u00e8s sensible aux fluctuations de prix, pour d\u00e9velopper et commercialiser internationalement des sp\u00e9cialit\u00e9s, un domaine dans lequel le succ\u00e8s d\u00e9pend de l\u2019innovation et de la qualit\u00e9.L\u2019\u00e9valuation des diff\u00e9rents sc\u00e9narios met en lumi\u00e8re l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de l\u2019industrie alimentaire. Les entreprises et les sous-branches qui ont d\u00e9j\u00e0 des exp\u00e9riences dans l\u2019exportation ou qui se sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans un nombre limit\u00e9 de produits se montrent pour la plupart favorables \u00e0 une extension de la lib\u00e9ralisation. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ces domaines importants en termes de valeur ajout\u00e9e et d\u2019emploi peuvent profiter d\u2019un ALEA et, dans une certaine mesure, du cycle de Doha, s\u2019ils n\u2019\u00e9voluent pas d\u00e9j\u00e0 dans un contexte lib\u00e9ralis\u00e9. Une ouverture du march\u00e9 profiterait, en particulier, aux fabricants de chocolat, de caf\u00e9, de confiseries, de plats cuisin\u00e9s, de sauces et de produits laitiers.Les entreprises ax\u00e9es sur le march\u00e9 int\u00e9rieur se montrent, par contre, sceptiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une ouverture des march\u00e9s. Cela n\u2019a rien d\u2019\u00e9tonnant au vu des probl\u00e8mes suppl\u00e9mentaires auxquels elles seraient alors confront\u00e9es. Ces firmes devraient, le cas \u00e9ch\u00e9ant, modifier leur strat\u00e9gie: elles pourraient se concentrer sur des produits sp\u00e9ci-fiques et r\u00e9aliser des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle du fait de leur croissance dans ces domaines. Sur un march\u00e9 ouvert, certains secteurs de la transformation ne pourront plus \u00eatre exploit\u00e9s de mani\u00e8re rentable en Suisse. Ce sera surtout le cas (1) si le prix des mati\u00e8res premi\u00e8res n\u2019est pas le m\u00eame qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger, (2) si les produits alimentaires transform\u00e9s peuvent \u00eatre import\u00e9s \u00e0 moindres frais et (3) si le potentiel de diff\u00e9renciation est mince.L\u2019augmentation des exportations devrait produire de nouveaux emplois \u00e0 moyen et \u00e0 long terme. Il faut, toutefois, s\u2019attendre \u00e0 des transferts au sein de la branche, principalement dans le domaine \u00abTransformation et conservation de la viande\u00bb. \u00c0 court terme, il est parfaitement possible que les suppressions d\u2019emplois d\u00e9passent les cr\u00e9ations. Comme c\u2019est le cas dans tout changement structurel, les repr\u00e9sentants de l\u2019industrie ont eux-m\u00eames de la peine \u00e0 pr\u00e9voir l\u2019\u00e9mergence de nouvelles entit\u00e9s commerciales et le rythme de croissance des produits existants. Le fort attrait que suscite la place \u00e9conomique suisse, confirm\u00e9e par de nombreux rapports et organisations, devrait offrir aux fabri-cants de denr\u00e9es alimentaire des chances qui seront plus faciles \u00e0 saisir en cas d\u2019acc\u00e8s facilit\u00e9 aux march\u00e9s \u00e9trangers (voir <i>graphique 2<\/i>).&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019ALEA, une protection contre Doha<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019ALEA constitue aussi une assurance contre l\u2019ouverture des march\u00e9s cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019aboutissement du cycle de Doha et les multiples incertitudes qu\u2019elle comporte. Le jour venu, des droits de douane seront r\u00e9duits \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, tandis que les barri\u00e8res non tarifaires demeureront. Dans la branche alimentaire, la plupart des entreprises interrog\u00e9es esp\u00e8rent qu\u2019un ALEA existera d\u00e9j\u00e0 au moment o\u00f9 se termineront les n\u00e9gociations \u00e0 l\u2019OMC. Elles pr\u00e9f\u00e8rent nettement cette option \u00e0 celle d\u2019une conclusion du cycle de Doha sans ALEA. Nombre d\u2019entre elles seraient d\u00e9favoris\u00e9es dans ce second cas de figure, car les soutiens \u00e0 l\u2019exportation dispara\u00eetraient, alors que les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res resteraient plus \u00e9lev\u00e9s en Suisse qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En outre, les entraves au commerce, aussi bien tarifaires que non tarifaires, subsisteraient avec l\u2019UE.&#13;<\/p>\n<h2>Prix des denr\u00e9es alimentaires en l\u00e9g\u00e8re baisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019ouverture des march\u00e9s a d\u2019autres r\u00e9percussions d\u2019ordre \u00e9conomique: selon le sc\u00e9nario d\u2019ouverture retenu et les diff\u00e9rences actuelles de prix dans la cat\u00e9gorie de mati\u00e8res premi\u00e8res prise en consid\u00e9ration, le co\u00fbt de ces derni\u00e8res peut diminuer de 30%; associ\u00e9 \u00e0 une efficacit\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e de l\u2019industrie alimentaire, ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut se traduire par une baisse allant jusqu\u2019\u00e0 10% des prix moyens des produits (pour le consommateur). Cette r\u00e9duction de l\u2019\u00e9cart par rapport aux pays voisins devrait freiner sensiblement le tourisme d\u2019achat transfrontalier.&#13;<\/p>\n<h2>Effets sur l\u2019agriculture suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe changement structurel engendr\u00e9 dans l\u2019industrie alimentaire par la lib\u00e9ralisation a des retomb\u00e9es sur l\u2019agriculture suisse. Un ALEA ferait baisser les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles ais\u00e9ment transportables \u00e0 un niveau comparable avec celui des pays voisins. D\u00e8s lors, la demande de produits agricoles de la part de l\u2019industrie alimentaire prendrait l\u2019ascenseur. Les repr\u00e9sentants de la branche doutent cependant que l\u2019agriculture puisse offrir des quantit\u00e9s suffisantes \u00e0 ces prix-l\u00e0.Par contre, si le cycle de Doha se conclut en l\u2019absence d\u2019un ALEA, la demande de mati\u00e8res premi\u00e8res devrait se contracter en Suisse, m\u00eame si leur prix baissait. Dans ce sc\u00e9nario, en effet, l\u2019industrie alimentaire enregistrerait un recul de son chiffre d\u2019affaires en raison de l\u2019\u00e9limination des contributions \u00e0 l\u2019exportation.&#13;<\/p>\n<h2>Le changement structurel, une cons\u00e9quence de la politique agricole<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nComme le montre cette \u00e9tude, c\u2019est aussi \u00e0 cause de la politique agricole pratiqu\u00e9e jusqu\u2019ici que tous les fabricants de denr\u00e9es alimentaires ne sont pas log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. Une partie de la branche a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un soutien \u00e0 l\u2019exportation, \u00e0 titre de compensation pour les prix \u00e9lev\u00e9s des mati\u00e8res premi\u00e8res. Cette aide dispara\u00eetrait en cas d\u2019ouverture du march\u00e9. Elle ne serait d\u2019ailleurs plus n\u00e9cessaire, puisque les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res ne constitueraient plus un inconv\u00e9nient. Dans d\u2019autres secteurs de l\u2019industrie alimentaire, on a introduit un syst\u00e8me de protection \u00e0 la fronti\u00e8re pour compenser le niveau \u00e9lev\u00e9 des prix indig\u00e8nes: les entreprises se sont d\u00e8s lors structur\u00e9es pour r\u00e9pondre au march\u00e9 int\u00e9rieur, alors que celui-ci est \u00e9troit et ferm\u00e9. Ainsi, quelques sous-branches sont \u00e9quip\u00e9es de structures peu comp\u00e9titives sur un march\u00e9 international ouvert, faute de pouvoir r\u00e9aliser des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle. Il est donc possible que le chiffre d\u2019affaires et les effectifs diminuent dans ces secteurs. Du point de vue \u00e9conomique, ceci n\u2019est toutefois pas un argument contre la lib\u00e9ralisation, car c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019extension du commerce international qui a engendr\u00e9 de telles mutations structurelles et am\u00e9lior\u00e9 le bien-\u00eatre.Une politique \u00e9conomique appropri\u00e9e peut faciliter le changement structurel \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la branche alimentaire en soumettant l\u2019ouverture des march\u00e9s \u00e0 un calendrier pr\u00e9cis. Les entreprises ont alors le temps d\u2019adapter leur orientation strat\u00e9gique et leurs investissements. Cela augmente les chances de voir \u00e9merger de nouveaux domaines comp\u00e9titifs \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019industrie alimentaire.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abQuote-part des exportations et \u00e9volution de l\u2019emploi\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9valuation sommaire des sc\u00e9narios d\u2019ouverture en comparaison avec le \u00abstatu quo plus\u00bb\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abDonn\u00e9es structurelles sur l\u2019industrie alimentaire suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: D\u00e9limitation de l\u2019industrie alimentaire&#13;<\/p>\n<h3>D\u00e9limitation de l\u2019industrie alimentaire<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans cette \u00e9tude, la d\u00e9finition de l\u2019industrie alimentaire correspond \u00e0 la Noga 2008: \u2013 101 Transformation et conservation de la viande \u2013 102 Transformation et conservation du poisson\u2013 103 Transformation et conservation de fruits et l\u00e9gumes\u2013 104 Fabrication d\u2019huiles et graisses v\u00e9g\u00e9tales et animales\u2013 105 Fabrication de produits laitiers \u2013 106 Travail des grains; fabrication de produits amylac\u00e9s\u2013 107 Fabrication de produits de boulangeriep\u00e2tisserie et de p\u00e2tes alimentaires\u2013 108 Fabrication d\u2019autres produits alimentaires\u2013 110 Fabrication de boissonsLa fabrication de produits fourragers ainsi que le commerce (de gros) de mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles et de denr\u00e9es alimentaires ne sont pas inclus dans l\u2019industrie alimentaire.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Source&#13;<\/p>\n<h3>Source<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nB\u00f6sch Irene, Weber Michael, Aepli Matteo et Werner Martin, <i>Folgen unterschiedlicher \u00d6ffnungsszenarien auf die Schweizer Nahrungsmittelindustrie,<\/i> \u00e9tude mandat\u00e9e par economiesuisse, Migros et Nestl\u00e9 (Suisse) et IGAS, 2011.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13; &#13; Apr\u00e8s une longue p\u00e9riode durant laquelle la politique intervenait directement sur le march\u00e9 agricole, l\u2019industrie alimentaire suisse se trouve aujourd\u2019hui dans une phase de r\u00e9orientation. Par des r\u00e9formes successives, l\u2019\u00c9tat se retire progressivement de la gestion op\u00e9rationnelle des march\u00e9s agricoles depuis les ann\u00e9es nonante. 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La question s\u2019adresse aussi au cycle de Doha qui se d\u00e9roule actuellement sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC). C\u2019est ce qu\u2019a examin\u00e9 une \u00e9tude mandat\u00e9e par economiesuisse, Migros, Nestl\u00e9 (Suisse) et Igas. Selon les r\u00e9sultats, la branche devrait dans l\u2019ensemble profiter d\u2019un ALEA, mais d\u2019importantes adaptations structurelles s\u2019imposeront en raison de l\u2019interventionnisme qui a caract\u00e9ris\u00e9 la politique agricole par le pass\u00e9.","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150882,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7562","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/559b8a90e9628"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150879"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3613"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150879"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150879\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189336,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150879\/revisions\/189336"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3587"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3615"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3614"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3613"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150879"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150879"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150879"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150879"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}