{"id":150899,"date":"2011-07-01T12:00:00","date_gmt":"2011-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/07\/defilla-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:52:08","modified_gmt":"2023-08-23T22:52:08","slug":"defilla-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/07\/defilla-2\/","title":{"rendered":"Les risques de d\u00e9pendance des pays industriels et \u00e9mergents importateurs de p\u00e9trole et de gaz"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201107_18_Defilla_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa demande \u00e9nerg\u00e9tique mondiale continue de cro\u00eetre. M\u00eame dans le sc\u00e9nario progressif de l\u2019<i>Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE),<\/i> qui tient compte des mesures pr\u00e9vues en mati\u00e8re de protection du climat et de la fin du subventionnement des \u00e9nergies fossiles, on admet que la demande en \u00e9nergie primaire augmentera de 36% entre 2008 et 2035. En 2030, les combustibles d\u2019origine fossile devraient donc couvrir encore pr\u00e8s des trois quarts de la demande \u00e9nerg\u00e9tique mondiale: le p\u00e9trole 28%, le charbon 26%, le gaz naturel 23%. L\u2019\u00e9conomie mondiale continuera \u00e0 d\u00e9pendre fortement du p\u00e9trole et du gaz (voir <i>graphique 1<\/i>).&#13;<\/p>\n<h2>Vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la Suisse\u2026<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes <i>produits p\u00e9troliers<\/i> jouent <i>un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant<\/i> en Suisse, puisqu\u2019ils repr\u00e9sentent 55% du \u00abmix\u00bb \u00e9nerg\u00e9tique national. La demande doit \u00eatre enti\u00e8rement couverte par les importations, deux tiers sous forme de produits finis, un tiers en p\u00e9trole brut. Pour ce dernier, 88% provient d\u2019\u00c9tats politiquement instables d\u2019Afrique du Nord et occidentale. Les produits finis, eux, sont presque exclusivement import\u00e9s de pays de l\u2019UE, lesquels d\u00e9pendent aussi \u00e0 plus de 80% du p\u00e9trole des pays tiers.En revanche, <i>l\u2019importance du gaz naturel<\/i> pour l\u2019\u00e9conomie suisse est <i>moindre<\/i> (12% du \u00abmix\u00bb \u00e9nerg\u00e9tique). En France, cette proportion est de 14%, en Allemagne de 22%, en Italie de 39%. Notre pays d\u00e9pend enti\u00e8rement des importations pour son approvisionnement en gaz naturel; celles-ci sont, en majeure partie, assur\u00e9es par des contrats de longue dur\u00e9e conclus avec des partenaires fiables de quatre pays de l\u2019UE (Allemagne, Pays-Bas, France et Italie). \u00c0 l\u2019exception des Pays-Bas, ces pays couvrent eux-m\u00eames la majeure partie de leurs besoins en important du gaz russe, norv\u00e9gien ou alg\u00e9rien.&#13;<\/p>\n<h2>\u2026 et d\u2019autres pays industriels<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes deux prochaines d\u00e9cennies, la part des importations en provenance de pays hors UE continuera \u00e0 augmenter fortement. Avec la sortie acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du nucl\u00e9aire, telle qu\u2019elle est envisag\u00e9e par exemple en Allemagne apr\u00e8s l\u2019accident de Fukushima, la demande en gaz naturel va encore s\u2019accro\u00eetre. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019offre, de nouvelles sources non conventionnelles comme les gaz de schiste pourraient \u00e9videmment \u00eatre exploit\u00e9es, y compris en Europe. Bien que les pr\u00e9visions varient actuellement tr\u00e8s fortement selon les changements politiques et techniques attendus, les pays de l\u2019UE importeront 70% de leur gaz naturel de pays non-europ\u00e9ens en 2030.Ces changements rec\u00e8lent des risques, que la Suisse doit affronter avec les pays de l\u2019OCDE. Aucun ou quasiment aucun d\u2019entre eux ne saurait en effet \u00eatre ma\u00eetris\u00e9 isol\u00e9ment, en raison de la mondialisation et de l\u2019interconnexion actuelle des march\u00e9s. Les r\u00e9ponses doivent souvent \u00eatre recherch\u00e9es dans les enceintes internationales et exigent des r\u00e8gles fiables.Un risque auquel l\u2019\u00e9conomie mondiale est particuli\u00e8rement sensible est le prix du p\u00e9trole. Dop\u00e9e encore par le commerce des d\u00e9riv\u00e9s et la sp\u00e9culation sur les mati\u00e8res premi\u00e8res, la forte hausse de la demande, notamment dans les pays \u00e9mergents, a catapult\u00e9 les cours \u00e0 des hauteurs inconnues jusqu\u2019ici. Le record a \u00e9t\u00e9 atteint en juillet 2008, avec 147 USD le baril de \u00ablight\u00bb am\u00e9ricain, pour s\u2019effondrer ensuite en raison de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re. \u00c0 la fin de 2008, le prix du \u00ablight\u00bb \u00e9tait retomb\u00e9 \u00e0 35 USD; il n\u2019a cess\u00e9 ensuite de remonter et d\u00e9passait de nouveau les 110 USD en avril 2011, voire 120 USD pour le baril de Brent de mer du Nord.&#13;<\/p>\n<h2>Le probl\u00e8me de la fluctuation des prix<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes investissements d\u00e9cid\u00e9s par l\u2019industrie \u00e9nerg\u00e9tique suivent des cycles longs, ces fluctuations constituent donc un gros probl\u00e8me. Si les prix baissent, lindustrie aura tendance \u00e0 les ajourner, ce qui entra\u00eenera une rar\u00e9faction et une hausse des prix concomitante lors de la reprise de la demande. Un prix \u00e9lev\u00e9 du brut peut d\u2019autre part inciter \u00e0 investir dans des projets d\u2019extraction en terrain g\u00e9ologiquement probl\u00e9matique ou \u00e0 exploiter des sables bitumineux. Si la demande de brut reste in\u00e9lastique m\u00eame \u00e0 prix fort, la part de la performance \u00e9conomique transf\u00e9r\u00e9e dans les pays exportateurs de p\u00e9trole devient une charge de plus en plus lourde. \u00c0 moyen terme, cela pourrait renforcer la qu\u00eate d\u2019\u00e9nergies de substitution. Le prix du brut joue donc aussi un r\u00f4le d\u2019indicateur quant \u00e0 la rentabilit\u00e9 des projets d\u2019\u00e9nergies alternatives et renouvelables, ou pour les mesures destin\u00e9es \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019h\u00e9g\u00e9monie des compagnies nationales de p\u00e9trole et de gaz<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes d\u00e9cisions d\u2019investir dans des projets d\u2019extraction de p\u00e9trole et de gaz ne sont pas prises uniquement pour des raisons commerciales. Depuis la fin de l\u2019\u00e8re coloniale, les grandes compagnies internationales de p\u00e9trole, qui dominaient encore les march\u00e9s apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, n\u2019ont cess\u00e9 de perdre en influence et doivent aujourd\u2019hui se soumettre \u00e0 la domination des compagnies nationales des pays exportateurs, dont la politique ob\u00e9it au principe de la souverainet\u00e9 sur les ressources \u00e9nerg\u00e9tiques et est la plupart du temps int\u00e9gr\u00e9e dans l\u2019\u00e9conomie d\u2019\u00c9tat. Pour peser sur cette politique, il faut une nouvelle forme de coop\u00e9ration, qui ne peut pas s\u2019exercer sur le seul terrain des prix. Les pays riches en mati\u00e8res premi\u00e8res en attendent en effet non seulement une prosp\u00e9rit\u00e9 croissante et des progr\u00e8s technologiques, mais aussi la stabilit\u00e9 pour leurs r\u00e9gimes politiques \u00e9tablis. La politique \u00e9nerg\u00e9tique internationale se situe donc \u00e0 la crois\u00e9e des politiques \u00e9conomique, s\u00e9curi-taire et du d\u00e9veloppement, les attentes \u00e9tant toujours particuli\u00e8rement fortes vis-\u00e0-vis des d\u00e9mocraties occidentales. Certains pays pourraient d\u2019ailleurs refuser de coop\u00e9rer, m\u00eame si d\u2019autres aux conceptions moins avanc\u00e9es de la d\u00e9mocratie et du d\u00e9veloppement durable en profitent \u00e0 court terme.&#13;<\/p>\n<h2>Des risques croissants pour les transports<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa d\u00e9pendance croissante \u00e0 l\u2019\u00e9gard des importations va de pair avec une augmentation du commerce mondial de p\u00e9trole et de gaz, et une multiplication des risques au niveau du transport. Comme le p\u00e9trole est achemin\u00e9 en vrac par des conteneurs naviguant sur toutes les mers du monde, les aspects s\u00e9curitaires rev\u00eatent une grande importance. Des goulets d\u2019\u00e9tranglement comme le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sud du golfe Persique, par o\u00f9 passe quelque 20% du p\u00e9trole mondial, ou celui de Malacca, entre la Malaisie et l\u2019Indon\u00e9sie, sont des exemples connus des menaces que font peser les conflits, les attentats terroristes et la piraterie sur les voies mondiales du commerce. Sur la terre ferme, ce sont les pipelines qui jouent un r\u00f4le crucial en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Ainsi, le gaz russe parcourt toute une s\u00e9rie de pays sur des milliers de kilom\u00e8tres, de l\u2019ouest de la Sib\u00e9rie jusqu\u2019en Europe centrale, gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me de conduites \u00e0 haute pression. La crise de janvier 2009, lorsque les livraisons en Europe ont \u00e9t\u00e9 interrompues par le diff\u00e9rend entre la Russie et l\u2019Ukraine, a mis une nouvelle fois en lumi\u00e8re \u00e0 quel point l\u2019Europe d\u00e9pend d\u2019un comportement responsable des pays producteurs et de transit. Sur ce point, il est urgent d\u2019instaurer des r\u00e8gles internationales pour d\u00e9politiser le commerce de l\u2019\u00e9nergie et l\u2019\u00e9tablir sur une base transparente et fiable.&#13;<\/p>\n<h2>Importance des accords multilat\u00e9raux pour r\u00e9duire les risques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa r\u00e9ponse aux probl\u00e8mes mentionn\u00e9s peut venir d\u2019organisations et d\u2019accords multilat\u00e9raux, mais on n\u2019y parviendra qu\u2019au prix d\u2019une v\u00e9ritable conciliation des int\u00e9r\u00eats et pour autant que toutes les parties reconnaissent l\u2019avantage d\u2019une formalisation juridique de leurs relations. \u00c0 premi\u00e8re vue, en effet, les int\u00e9r\u00eats des pays producteurs, consommateurs et de transit semblent oppos\u00e9s, \u00e0 quoi s\u2019ajoute parfois une concurrence entre \u00c9tats au sein m\u00eame de ces groupes. Trouver des r\u00e8gles communes n\u2019est donc souvent possible qu\u2019au terme de longues n\u00e9gociations et la pratique les met toujours \u00e0 rude \u00e9preuve. Les solutions internationales sont, toutefois, plus avantageuses pour toutes les parties que les jeux \u00e0 somme nulle traditionnels, \u00e9tant donn\u00e9 leurs interd\u00e9pendances.Il manque, cependant, une organisation universelle charg\u00e9e des questions \u00e9nerg\u00e9tiques et de la promotion d\u2019une gouvernance responsable. \u00c0 leurs d\u00e9buts, l\u2019<i>Organisation des pays exportateurs de p\u00e9trole (Opep)<\/i> et l\u2019<i>Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE)<\/i> \u00e9taient aux antipodes l\u2019une de l\u2019autre et incarnaient la rivalit\u00e9 qui opposaient les pays fournisseurs de p\u00e9trole aux \u00c9tats industrialis\u00e9s d\u00e9pendants de l\u2019\u00e9nergie. Depuis lors, l\u2019AIE s\u2019est ouverte vis-\u00e0-vis des pays non-membres et a \u00e9labor\u00e9 une politique plus g\u00e9n\u00e9rale, vou\u00e9e aux objectifs de la croissance \u00e9conomique, de la protection de l\u2019environnement et de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Depuis 1991, un dialogue institutionnalis\u00e9 avec les pays producteurs a lieu dans le cadre du <i>Forum international de l\u2019\u00e9nergie (FIE),<\/i> auquel appartiennent \u00e9galement les pays de l\u2019Opep. Les th\u00e8mes importants qui rel\u00e8vent d\u2019int\u00e9r\u00eats communs sont, par exemple, la lutte contre la volatilit\u00e9 du prix du p\u00e9trole ou la promotion de la transparence et de la durabilit\u00e9 des march\u00e9s. Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, le FIE s\u2019est dot\u00e9 d\u2019une charte pour mieux institutionnaliser ses proc\u00e9dures. La coop\u00e9ration des \u00c9tats n\u2019y est, cependant, pas contraignante en droit.&#13;<\/p>\n<h2>Le trait\u00e9 sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 ce jour, le seul accord multilat\u00e9ral fixant des r\u00e8gles contraignantes pour les pays producteurs, consommateurs et de transit est le <i>trait\u00e9 de 1994 sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie (TCE),<\/i> n\u00e9 d\u2019une situation historique unique, alors que les fronti\u00e8res europ\u00e9ennes s\u2019estompaient et que se dessinait la perspective d\u2019une int\u00e9gration des march\u00e9s \u00e9nerg\u00e9tiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Eurasie et selon les principes de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. L\u2019essentiel du TCE peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 par la formule \u00abinvestissements contre acc\u00e8s aux ressources\u00bb. Il fixe donc des r\u00e8gles \u00e9tendues en mati\u00e8re de protection des investissements, sur la base desquelles les investisseurs peuvent recourir contre les \u00c9tats membres devant des tribunaux arbitraux internationaux. Il \u00e9tend en outre \u2013 pour le secteur de l\u2019\u00e9nergie \u2013 les r\u00e8gles de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) aux pays non-membres de l\u2019OMC et fixe des r\u00e8gles pr\u00e9cises pour les transports selon le principe de la libert\u00e9 de transit. D\u2019autres clauses r\u00e8glent la concurrence, les transferts de technologie, l\u2019acc\u00e8s aux capitaux, la souverainet\u00e9 sur les ressources \u00e9nerg\u00e9tiques, la transparence et les taxes. Un protocole portant sur l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en m\u00eame temps que le TCE (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Trait\u00e9 sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nAdopt\u00e9 en 1994 et entr\u00e9 en vigueur en 1998<i>Organe d\u00e9cisionnel:<\/i> Conf\u00e9rence sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie (une session par an) Secr\u00e9tariat: Bruxelles<i>Membres de la Conf\u00e9rence:<\/i> \u00c9tats de l\u2019UE, de l\u2019AELE, de la CEI (statut de la Russie litigieux), des Balkans, Turquie, Japon, Mongolie, Australie (51 \u00c9tats, plus l\u2019UE et Euratom)<i>Observateurs:<\/i> pays du Proche-Orient et d\u2019Afrique du Nord (Maghreb et Machrek), \u00c9tats du Golfe, Afghanistan, Pakistan, Chine, Cor\u00e9e, Indon\u00e9sie, \u00c9tats-Unis, Canada, Venezuela.<i>R\u00e8gles de droit contraignantes<\/i> pour la coop\u00e9ration internationale dans le domaine de l\u2019\u00e9nergie:\u2013 commerce;\u2013 concurrence;\u2013 transit;\u2013 transferts de technologie;\u2013 promotion et protection des investissements;\u2013 souverainet\u00e9 sur les ressources \u00e9nerg\u00e9tiques;\u2013 aspects environnementaux;\u2013 transparence;\u2013 taxes.<i>Protocole<\/i> sur l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et les aspects environnementaux connexes<i>N\u00e9gociations<\/i> sur un protocole r\u00e9gissant les transits<i>Modernisation<\/i> en cours depuis 2009 pour renforcer l\u2019efficacit\u00e9 du trait\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).Sous le r\u00e9gime du TCE, des institutions ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour favoriser la mise en \u0153uvre de ses principes et le d\u00e9veloppement de ses normes. Ainsi, les repr\u00e9sentants des 53 \u00c9tats membres d\u2019Europe et d\u2019Asie se rencontrent au sein de la Conf\u00e9rence sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie et de ses groupes de travail. Le sujet qui domine actuellement les discussions est la modernisation de la Charte. La Suisse participe activement \u00e0 ce processus multilat\u00e9ral.&#13;<\/p>\n<h2>Limites d\u2019une approche g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 premi\u00e8re vue, il semblerait que moderniser un trait\u00e9 vieux d\u2019\u00e0 peine quinze ans soit pr\u00e9matur\u00e9. Il est pourtant apparu que l\u2019approche g\u00e9n\u00e9rale rassemblant les pays producteurs et consommateurs sous des r\u00e8gles contraignantes de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale atteint ses limites \u00e0 partir du moment o\u00f9 la conciliation des int\u00e9r\u00eats n\u2019\u00e9volue plus, une fois obtenue. La Russie, qui n\u2019a jamais ratifi\u00e9 le TCE, exige maintenant qu\u2019il soit r\u00e9vis\u00e9 pour qu\u2019elle y adh\u00e8re. Les parties n\u2019y consentiront pas si cela doit en \u00e9branler les principes fondamentaux, mais elles devront satisfaire une partie des v\u0153ux russes pour pr\u00e9server leur approche g\u00e9n\u00e9rale. Dans le cadre de la modernisation, l\u2019extension territoriale du trait\u00e9 a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e prioritaire pour admettre de nouveaux membres. Ceux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents sont convaincus que le mod\u00e8le qui sous-tend le TCE peut aussi rendre service \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.Avec l\u2019apparition de nouvelles priorit\u00e9s, de nouvelles organisations internationales ont vu le jour tout r\u00e9cemment pour promouvoir par exemple les <i>\u00e9nergies renouvelables (Irena)<\/i> ou l\u2019<i>efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique (Ipeec).<\/i> Dans le cadre de la <i>Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC),<\/i> on continue aussi \u00e0 travailler sur des r\u00e8gles contraignantes en mati\u00e8re de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. En d\u00e9cembre 2009, la difficult\u00e9 des n\u00e9gociations de Copenhague a cependant mis en lumi\u00e8re les limites des processus multilat\u00e9raux.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes \u00c9tats ne pourront se dispenser ni de tirer les le\u00e7ons de la difficult\u00e9 qu\u2019il y a \u00e0 trouver des solutions universelles, ni de continuer \u00e0 chercher, au niveau national ou r\u00e9gional, des solutions aux probl\u00e8mes urgents que pose la consommation d\u2019\u00e9nergie. Les \u00e9nergies renouvelables et l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique ont ici l\u2019avantage de m\u00e9nager le climat et d\u2019att\u00e9nuer la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des importations de p\u00e9trole et de gaz. Comme cette derni\u00e8re persistera n\u00e9anmoins dans l\u2019imm\u00e9diat, les milieux politiques doivent encourager la diversification des sources d\u2019approvisionnement et des voies de transport. La Suisse va donc devoir affronter une foule de t\u00e2ches difficiles. Autant que possible, celles-ci devraient \u00eatre effectu\u00e9es en coop\u00e9ration et d\u2019entente avec les autres \u00c9tats. Les individus sont, toutefois, invit\u00e9s eux aussi \u00e0 apporter leur contribution pour r\u00e9duire la d\u00e9pendance au p\u00e9trole et au gaz. Les probl\u00e8mes sont graves, mais peuvent \u00eatre r\u00e9solus. Notre mode de vie devra changer. Avec des solutions intelligentes, il pourrait m\u00eame s\u2019am\u00e9liorer.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abAugmentation de la demande en \u00e9nergie par vecteur et par r\u00e9gion, \u00abnew policy scenario\u00bb progressif, 2008\u20132035\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Trait\u00e9 sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie&#13;<\/p>\n<h3>Trait\u00e9 sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<i>Adopt\u00e9<\/i> en 1994 et entr\u00e9 en vigueur en 1998<i>Organe d\u00e9cisionnel:<\/i> Conf\u00e9rence sur la Charte de l\u2019\u00e9nergie (une session par an) Secr\u00e9tariat: Bruxelles<i>Membres de la Conf\u00e9rence:<\/i> \u00c9tats de l\u2019UE, de l\u2019AELE, de la CEI (statut de la Russie litigieux), des Balkans, Turquie, Japon, Mongolie, Australie (51 \u00c9tats, plus l\u2019UE et Euratom)<i>Observateurs:<\/i> pays du Proche-Orient et d\u2019Afrique du Nord (Maghreb et Machrek), \u00c9tats du Golfe, Afghanistan, Pakistan, Chine, Cor\u00e9e, Indon\u00e9sie, \u00c9tats-Unis, Canada, Venezuela.<i>R\u00e8gles de droit contraignantes<\/i> pour la coop\u00e9ration internationale dans le domaine de l\u2019\u00e9nergie:\u2013 commerce;\u2013 concurrence;\u2013 transit;\u2013 transferts de technologie;\u2013 promotion et protection des investissements;\u2013 souverainet\u00e9 sur les ressources \u00e9nerg\u00e9tiques;\u2013 aspects environnementaux;\u2013 transparence;\u2013 taxes.<i>Protocole<\/i> sur l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et les aspects environnementaux connexes<i>N\u00e9gociations<\/i> sur un protocole r\u00e9gissant les transits<i>Modernisation<\/i> en cours depuis 2009 pour renforcer l\u2019efficacit\u00e9 du trait\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; &#13; La demande \u00e9nerg\u00e9tique mondiale continue de cro\u00eetre. 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