{"id":150904,"date":"2011-07-01T12:00:00","date_gmt":"2011-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/07\/egger-6\/"},"modified":"2023-08-24T00:51:53","modified_gmt":"2023-08-23T22:51:53","slug":"egger-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/07\/egger-6\/","title":{"rendered":"Le changement de r\u00f4le du secteur priv\u00e9 dans la coop\u00e9ration \u00e9conomique au d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201107_12_Egger_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"248\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Le d\u00e9veloppement durable exige un esprit d\u2019entreprise<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes th\u00e9ories du d\u00e9veloppement les plus r\u00e9centes r\u00e9unissent toutes, sous l\u2019\u00e9gide du d\u00e9veloppement durable, les trois domaines que sont l\u2019\u00e9conomie, le social et l\u2019environnement. Les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 que sont la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, l\u2019initiative priv\u00e9e, le r\u00f4le limit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat dans la d\u00e9finition des conditions-cadres optimales, les privatisations et le principe de la libert\u00e9 des prix conditionnent le dynamisme du d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Les facteurs sociaux que sont l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances, le filet social, la participation politique et la lutte contre la pauvret\u00e9 occupent \u00e9galement une juste place. Les revendications \u00e9cologiques se sont ajout\u00e9es comme troisi\u00e8me domaine au plus tard lors du <i>Sommet de Rio de la Conf\u00e9rence des Nations Unies sur l<\/i>environnement et le d\u00e9veloppement (Cnued) en 1992.De ce fait, <i>le d\u00e9veloppement peut se comprendre comme un processus gouvernable<\/i> qui, au final, vise deux objectifs institutionnels: d\u2019abord, l\u2019instauration de l\u2019\u00c9tat de droit d\u00e9mocratique, dans lequel la soci\u00e9t\u00e9 civile contr\u00f4le les institutions; ensuite, l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un ordre pluraliste bas\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, dont les limites r\u00e9sident dans la confrontation entre les acteurs \u00e9conomiques et la l\u00e9gislation sociale et environnementale. Un secteur \u00e9tatique efficace est le compl\u00e9ment n\u00e9cessaire au secteur priv\u00e9. La cr\u00e9dibilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat est, enfin, une condition pr\u00e9alable aux investissements priv\u00e9s, qui ne sacquiert que si les institutions adoptent un comportement conforme aux crit\u00e8res de bonne gestion des affaires publiques.Entre-temps, on a acquis la conviction que le d\u00e9veloppement durable n\u2019est pas constitu\u00e9 uniquement de croissance \u00e9conomique, mais que sans croissance \u00e9conomique aucun d\u00e9veloppement ne peut \u00eatre durable. Or, la croissance ne se dynamise que lorsque les entrepreneurs sont pr\u00eats \u00e0 prendre des risques et \u00e0 investir, donc \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des b\u00e9n\u00e9fices et cr\u00e9er des emplois. Nous avons assist\u00e9 au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 un d\u00e9placement de la dynamique de l\u2019\u00e9conomie vers l\u2019Asie. Sa quote-part dans le PIB mondial est en constante augmentation; alors que celle de l\u2019Inde et de la Chine n\u2019\u00e9tait que de 9% en 1970, elle se situait \u00e0 28% en 2009 (parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat de 1990 en USD). Ces pays ont pu profiter de cette pouss\u00e9e de croissance lorsque l\u2019entreprenariat priv\u00e9 a \u00e9t\u00e9 libre d\u2019agir \u00e0 sa guise. En Inde, la politique protectionniste a \u0153uvr\u00e9 pendant des ann\u00e9es pour prot\u00e9ger certains secteurs inefficaces (par exemple la construction de v\u00e9hicules), alors qu\u2019en Chine l\u2019entreprenariat priv\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas autoris\u00e9 pour des raisons id\u00e9ologiques. L\u2019Inde fait toujours partie des pays pauvres, mais il est int\u00e9ressant de constater que ce pays ne veut plus recevoir de soutien sous la forme de fonds d\u2019aide au d\u00e9veloppement. On est en droit de se demander avec quels instruments les processus de d\u00e9veloppement seront mis en marche dans les pays les plus pauvres.&#13;<\/p>\n<h2>Comment la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement peut-elle contribuer \u00e0 la croissance?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nTout comme dans les th\u00e9ories sur le d\u00e9veloppement, de nombreux changements de concept ont eu lieu au cours du temps dans la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement. La r\u00e9tro-spective que pr\u00e9sente la DDC cette ann\u00e9e sur ses 50 ans d\u2019activit\u00e9 les fait ressortir. Pour des questions de place, nous n\u2019\u00e9num\u00e9rons pas ici la totalit\u00e9 de ces changements, mais nous pouvons tout de m\u00eame affirmer que, de nos jours, l\u2019initiative priv\u00e9e constitue, en g\u00e9n\u00e9ral, un crit\u00e8re important de durabilit\u00e9 dans les programmes de d\u00e9veloppement. On a aussi raison d\u2019insister sur le fait que les projets et les programmes de d\u00e9veloppement doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans les strat\u00e9gies des pays partenaires.Il faut, toutefois, se demander si la mise en \u0153uvre de programmes qui adh\u00e8rent \u00e0 la <i>D\u00e9claration de Paris<\/i> de lOCDE d\u00e9bouchera sur une utilisation des fonds au bon endroit. Selon ces principes, tous les mouvements financiers de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement devraient se faire par le biais des administrations des pays partenaires. Cela a un sens si le pays a une administration qui fonctionne et qui r\u00e9pond aux <i>exigences de bonne gouvernance,<\/i> mais ce sont justement les pays pauvres qui se distinguent par le mauvais fonctionnement de leurs administrations, souvent corrompues. Dans ce cas, il n\u2019est gu\u00e8re possible de contr\u00f4ler l\u2019affectation des fonds. Cela vaut aussi pour l\u2019aide budg\u00e9taire, qui est revenue \u00e0 la mode ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Son efficacit\u00e9 fait de plus en plus souvent l\u2019objet de doute depuis quelque temps, mais il serait difficile de revenir sur les d\u00e9clarations faites sur la r\u00e9partition des fonds par l\u2019interm\u00e9diaire des \u00c9tats partenaires.Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a rien de nouveau au fait que l\u2019on fasse figurer la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 au centre de tous les programmes, puisque cela a toujours \u00e9t\u00e9 la motivation fondamentale de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, du moins pour les organismes priv\u00e9s. On diminuera la pauvret\u00e9 lorsqu\u2019on cr\u00e9era un revenu et des emplois pour les pauvres, ce qui ne se produira que si les entreprises peuvent se d\u00e9velopper. Peu importe qu\u2019il s\u2019agisse de multinationales ou de PME locales pour autant que leurs activit\u00e9s donnent aux pauvres un acc\u00e8s aux march\u00e9s. Inversement, cela signifie que l\u2019on consid\u00e8re les pauvres comme un march\u00e9 avec un potentiel de croissance, comme le montre <i>C.K. Prahalad<\/i> dans son concept de <i>\u00abbas de la pyramide\u00bb (\u00abThe Bottom of the Pyramid\u00bb).<\/i> Dans la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, on appelle ce principe <i>\u00abfaire fonctionner les march\u00e9s au b\u00e9n\u00e9fice des pauvres\u00bb (\u00abMaking Markets work for the Poor\u00bb):<\/i> en Suisse, Swisscontact la efficacement concr\u00e9tis\u00e9. Cette approche implique une vision syst\u00e9mique qui analyse les points faibles de l\u2019\u00e9conomie locale et en tire des conclusions sur les mesures \u00e0 prendre.&#13;<\/p>\n<h2>Permettre aux pauvres d\u2019acc\u00e9der au march\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCette approche part du principe que des changements durables en faveur des pauvres ne peuvent se produire que si le syst\u00e8me \u00e9conomique et son cadre politique et institutionnel changent (voir <i>graphique 1<\/i>). Cela concerne les r\u00e8gles qui r\u00e9gissent les march\u00e9s, mais aussi l\u2019infrastructure, comme les routes dans des r\u00e9gions recul\u00e9es. Toutefois, avant que les populations exclues puissent participer au march\u00e9 (y c. au march\u00e9 du travail), elles doivent avoir acc\u00e8s au savoir et aux ressources, telles que les finances ou les terres. Pour y parvenir, les acteurs du syst\u00e8me doivent reconna\u00eetre que les pauvres constituent un potentiel pour le march\u00e9 et doivent orienter leurs produits ou services dans cette direction. Ce processus doit \u00eatre mis en place et soutenu par un \u00e9l\u00e9ment ext\u00e9rieur au syst\u00e8me, par exemple un organisme de d\u00e9veloppement tel que Swisscontact. Ce r\u00f4le de facilitateur est d\u00e9cisif pour que les changements perdurent. Si un organisme ne s\u2019en tient pas aux r\u00e8gles et intervient directement dans le syst\u00e8me, les changements ne seront pas du-rables. De ce fait, cette approche se fonde enti\u00e8rement sur l\u2019initiative priv\u00e9e. De m\u00eame, en participant activement au dialogue politique, les diverses parties de la soci\u00e9t\u00e9 devraient amener l\u2019\u00c9tat \u00e0 fournir des services (par exemple: infrastructures, formation, politique fiscale, etc.) qui profitent aux pauvres. En d\u00e9veloppant les interventions au sein des projets, il est primordial de ne pas soutenir de mesures qui excluent les acteurs priv\u00e9s du march\u00e9. Il ne faut pas, par exemple, proposer des cours de formation gratuits. De m\u00eame, lorsque les paysans d\u2019une r\u00e9gion offrent leurs produits \u00e0 un prix plus \u00e9lev\u00e9 et que, par cons\u00e9quent, ils vendent moins que les autres, il ne faut pas r\u00e9duire \u00e0 court terme le prix offert au moyen de subventions. Il faut plut\u00f4t chercher \u00e0 augmenter l\u2019efficacit\u00e9 de la production ou \u00e0 renforcer le pouvoir de n\u00e9gociation par l\u2019affiliation \u00e0 une association \u00e9conomique. Les prestataires locaux peuvent \u00eatre amen\u00e9s, par des activit\u00e9s dans des projets, \u00e0 orienter leurs offres sur la population pauvre.Tous ces \u00e9l\u00e9ments ont pour but de modifier le fonctionnement du syst\u00e8me pour que les pauvres puissent acc\u00e9der aux march\u00e9s et aux ressources. Des cours de formation peuvent am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 des petites entreprises afin qu\u2019elles g\u00e9n\u00e8rent de meilleurs revenus. Cela permettra au bout du compte de r\u00e9duire la pauvret\u00e9, ce qui est l\u2019objectif principal de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement.&#13;<\/p>\n<h2>La coop\u00e9ration internationale face \u00e0 des d\u00e9fis mondiaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes mouvements de population de ces derni\u00e8res ann\u00e9es montrent de plus en plus clairement que les d\u00e9fis que devra affronter la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement se situent dans les zones urbaines. On ne peut pas stopper le processus d\u2019urbanisation, tout au plus freiner quelque peu la migration incontr\u00f4l\u00e9e dans les m\u00e9tropoles au moyen d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019industrialisation telle qu\u2019esquiss\u00e9e ci-dessus. S\u2019agissant des priorit\u00e9s de la politique de d\u00e9veloppement, cela signifie, en plus du d\u00e9veloppement traditionnel des zones rurales, qu\u2019il faudra \u00e0 l\u2019avenir aider \u00e0 cr\u00e9er des emplois artisanaux et industriels pour les masses de population qui vivent en zones urbaines dans des conditions pr\u00e9caires. Ces gens n\u2019envisagent aucunement de retourner dans les villages dont ils sont issus.Tout d\u00e9veloppement industriel fructueux se base sur la cr\u00e9ation d\u2019un environnement qui soutient et renforce les efforts des entreprises, qu\u2019elles soient individuelles ou organis\u00e9es en groupement. Dans la concurrence mondiale, seules subsisteront celles qui, gr\u00e2ce aux efforts communs des organismes priv\u00e9s et publics, pourront tirer profit des avantages r\u00e9sultant de leur implantation g\u00e9ographique. Dans ce contexte, la comp\u00e9titivit\u00e9 est syst\u00e9mique, parce que le succ\u00e8s ne peut arriver qu\u2019\u00e0 partir d\u2019une interaction entre les conditions de la <i>macropolitique,<\/i> les aptitudes entrepreneuriales des acteurs au niveau <i>micro<\/i> et une s\u00e9rie d\u2019institutions au niveau <i>m\u00e9so<\/i> \u2013 telles que les r\u00e9seaux d\u2019entreprises, l\u2019offre de formation et de perfectionnement orient\u00e9e vers la demande, un canal d\u2019information rapide, des prestataires de services commerciaux ou des politiques sectorielles et environnementales efficaces.Les efforts fournis par la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement ne peuvent d\u2019ailleurs agir que de mani\u00e8re compl\u00e9mentaire \u00e0 l\u2019activit\u00e9 globale du secteur priv\u00e9. Pourtant, les critiques du secteur priv\u00e9 voient les choses autrement. Ainsi, on r\u00e9clame toujours et encore que les entreprises actives au niveau mondial r\u00e9alisent des projets en collaboration avec les pouvoirs publics (partenariats public-priv\u00e9). En m\u00eame temps, certaines ONG demandent que les investissements directs soient d\u00e9plac\u00e9s vers les pays les plus pauvres. Ces deux exigences ratent leur cible lorsqu\u2019elles sont confront\u00e9es \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. En effet, le secteur priv\u00e9 a d\u2019autres objectifs que la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement financ\u00e9e par les fonds publics. On peut aussi ajouter que ces demandes refl\u00e8tent un point de vue tr\u00e8s europ\u00e9en, puisque des entreprises venant de Chine, d\u2019Inde, d\u2019Afrique du Sud et du Br\u00e9sil investissent depuis longtemps dans les pays du Sud. La Chine applique une strat\u00e9gie cibl\u00e9e en Afrique selon laquelle elle ne construit pas uniquement des infrastructures, comme des routes, des ports ou des chemins de fer en \u00e9change de l\u2019utilisation des terres agricoles; elle ouvre, en outre, des d\u00e9bouch\u00e9s pour ses produits. Sur place, les entreprises chinoises produisent des biens pour le \u00abbas de la pyramide\u00bb, comme des textiles bon march\u00e9, des chaussures ou des bicyclettes. Or, la production est r\u00e9alis\u00e9e le plus souvent par de la main d\u2019\u0153uvre chinoise, si bien qu\u2019environ un million d\u2019ouvriers agricoles chinois travaillent en Afrique. La recherche agricole n\u2019est pas non plus en reste puisque treize centres financ\u00e9s par la Chine ont \u00e9t\u00e9 implant\u00e9s en Afrique. Les consommateurs africains aiment acheter ces produits industriels et, en contrepartie, acceptent que des produits agricoles de base riches en \u00e9nergie soient export\u00e9s. On peut se demander si la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement n\u2019a, une fois de plus, pas reconnu les signes du temps en Afrique et est en retard sur l\u2019\u00e9volution du march\u00e9 m\u00fb par l\u2019\u00e9conomie. Il serait pourtant trop simple de n\u2019y voir que du positif.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019importance des populations pauvres pour le secteur priv\u00e9 et sa strat\u00e9gie commerciale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nBon nombre de dirigeants d\u2019entreprises internationales ont remarqu\u00e9 depuis longtemps que les pays pauvres peuvent jouer un r\u00f4le important dans leurs strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement. C\u2019est justement au niveau des nations les plus pauvres qu\u2019il faut am\u00e9liorer les conditions de base permettant des investissements directs (bonne gouvernance). Dans ce domaine, la pression sur les gouvernements devrait d\u2019abord venir des institutions internationales de l\u2019ONU. Par le biais de ces institutions, des initiatives pour la protection contre les catastrophes naturelles pourraient aussi \u00eatre lanc\u00e9es. Par exemple, la <i>Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement (BID) met sur pied, en collaboration avec Swiss Re,<\/i> un syst\u00e8me de gestion des risques en Am\u00e9rique latine qui vise deux objectifs: la cr\u00e9ation de syst\u00e8mes de sauvetage et la recherche de solutions pour les assurances. En effet, souvent, dans les pays en d\u00e9veloppement, seule une petite partie des valeurs patrimoniales est assur\u00e9e. En collaboration avec la BID, l\u2019\u00c9tat joue un r\u00f4le d\u00e9cisif dans ces d\u00e9marches \u00e0 long terme. La reconstruction peut commencer plus rapidement apr\u00e8s les catastrophes naturelles et les probl\u00e8mes d\u2019al\u00e9a moral peuvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s.Dans la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e, de plus en plus d\u2019entreprises, surtout dans le secteur agricole, apportent leur contribution aux r\u00e9gions rurales. <i>Nestl\u00e9,<\/i> par exemple, dans son syst\u00e8me de collecte du lait, contribue fortement \u00e0 l\u2019alphab\u00e9tisation dans des pays comme le Pakistan; en m\u00eame temps, le rendement laitier des vaches s\u2019am\u00e9liore, ce qui augmente les revenus. <i>Syngenta<\/i> offre des conseils en agriculture aux paysans du Bengladesh par le biais de son syst\u00e8me de distribution. Dans le domaine de l\u2019assurance, <i>Allianz<\/i> a d\u00e9couvert, gr\u00e2ce \u00e0 sa collaboration avec Swisscontact, que les petits entrepreneurs pouvaient constituer un groupe de clients; elle a adapt\u00e9 ses produits aux possibilit\u00e9s de sa nouvelle client\u00e8le locale en mati\u00e8re de prix, de gestion des risques et de conditions de paiement. La coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement financ\u00e9e par les fonds publics et celle du secteur priv\u00e9 se rejoignent ici. Apr\u00e8s tout, il s\u2019agit de stimuler l\u2019initiative priv\u00e9e de la population pauvre en lui ouvrant l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s. On peut y parvenir, d\u2019une part, par des m\u00e9canismes relevant de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et, d\u2019autre part, par des efforts en mati\u00e8re de formation, les deux n\u2019\u00e9tant durables qu\u2019en agissant sur les prix.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abFonctionnement du march\u00e9 avec conditions de base et acteurs\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; Le d\u00e9veloppement durable exige un esprit d\u2019entreprise &#13; Les th\u00e9ories du d\u00e9veloppement les plus r\u00e9centes r\u00e9unissent toutes, sous l\u2019\u00e9gide du d\u00e9veloppement durable, les trois domaines que sont l\u2019\u00e9conomie, le social et l\u2019environnement. 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Ces th\u00e9ories mettaient en comp\u00e9tition les \u00e9conomistes de tendance soit lib\u00e9rale soit marxiste. Entre-temps, l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 a montr\u00e9 sa sup\u00e9riorit\u00e9 sur le terrain, bien que des parties enti\u00e8res du monde restent sous-d\u00e9velopp\u00e9es. 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