{"id":150919,"date":"2011-07-01T12:00:00","date_gmt":"2011-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/07\/feldmann-4\/"},"modified":"2023-08-24T00:51:57","modified_gmt":"2023-08-23T22:51:57","slug":"feldmann-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/07\/feldmann-4\/","title":{"rendered":"Vingt ans de d\u00e9sendettement: r\u00e9trospective et perspectives"},"content":{"rendered":"<p>En 1991, la Suisse a mis sur pied un vaste programme de d\u00e9sendettement en faveur des pays en d\u00e9veloppement tr\u00e8s endett\u00e9s. Elle a ainsi fait \u0153uvre de pionnier et ouvert la voie aux initiatives de d\u00e9sendettement multilat\u00e9rales. Vingt ans plus tard, la situation de nombreux pays en d\u00e9veloppement et pays \u00e9mergents s\u2019est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e en termes d\u2019endettement. Il n\u2019emp\u00eache que ces pays ont encore de grands d\u00e9fis \u00e0 relever. La question de la viabilit\u00e9 de la dette publique continuera d\u2019occuper une place majeure dans la coop\u00e9ration \u00e9conomique suisse au d\u00e9veloppement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<i>Le d\u00e9veloppement, une question de survie:<\/i> ce slogan, titre d\u2019une p\u00e9tition lanc\u00e9e par des organisations tiers-mondistes, a marqu\u00e9 le d\u00e9but de l\u2019engagement de la Suisse en faveur du d\u00e9sendettement, il y a maintenant plus de vingt ans. Les signataires demandaient le d\u00e9sendettement des pays en d\u00e9veloppement tr\u00e8s endett\u00e9s. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et le Parlement leur ont embo\u00eet\u00e9 le pas. En 1991, \u00e0 l\u2019occasion du 700e anniversaire de la Conf\u00e9d\u00e9ration, le Parlement a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 une large majorit\u00e9 d\u2019affecter \u2013 en plus des 100 millions de francs allou\u00e9s en 1990 \u2013 400 millions de francs \u00e0 des mesures de d\u00e9sendettement en faveur des pays en d\u00e9veloppement les plus pauvres. Cette d\u00e9cision a marqu\u00e9 la naissance du programme suisse de d\u00e9sendettement, l\u2019un des premiers de ce genre dans le monde.&#13;<\/p>\n<h2>Pourquoi la Suisse a-t-elle mont\u00e9 un programme de d\u00e9sendettement?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe programme \u00e9tait une r\u00e9ponse \u00e0 la crise de l\u2019endettement des ann\u00e9es septante et quatre-vingt. Entre 1970 et 1990, la dette ext\u00e9rieure des pays en d\u00e9veloppement s\u2019est multipli\u00e9e par seize, passant de 83 \u00e0 1340 milliards de francs. Pour de nombreux pays, il \u00e9tait devenu impossible de rembourser. Une partie de plus en plus importante de leur budget devait \u00eatre consacr\u00e9e au service de la dette, ce qui emp\u00eachait des d\u00e9penses indispensables au d\u00e9veloppement \u00e9conomique ou \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9. Il devenait de plus en plus clair que la crise qui se dessinait ne se ramenait pas \u00e0 un simple besoin de liquidit\u00e9s passager; il s\u2019agissait d\u2019un r\u00e9el probl\u00e8me de solvabilit\u00e9 qui se poursuivrait tant que la dette ne serait pas annul\u00e9e. Son ampleur d\u00e9coulait de plusieurs facteurs: faible croissance \u00e9conomique, absence de r\u00e9formes \u00e9conomiques, d\u00e9tournement des investissements publics, conflits militaires et chocs externes, comme les crises du p\u00e9trole, la hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats ou la chute du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res. Les cr\u00e9dits publics ou priv\u00e9s, allou\u00e9s hors du cadre de la politique de d\u00e9veloppement, et l\u2019absence d\u2019une politique en mati\u00e8re de cr\u00e9dit et d\u2019endettement dans les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires ont \u00e9galement aggrav\u00e9 la situation.Le programme devait contribuer \u00e0 ramener la dette \u00e0 un niveau supportable. La Suisse a rapidement constat\u00e9 que le fardeau de la dette faisait obstacle au d\u00e9veloppement et que seule sa r\u00e9duction \u00e0 un niveau supportable permettrait aux pays concern\u00e9s de prendre un nouveau d\u00e9part. En 1978, la Suisse annulait l\u2019ensemble des dettes contract\u00e9es dans le cadre de l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement; elle n\u2019accorde plus depuis que des contributions \u00e0 fonds perdus. Le programme se concentrait donc sur le rachat et l\u2019annulation des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de dettes restantes: les cr\u00e9ances de l\u2019assurance suisse contre les risques \u00e0 l\u2019exportation, les dettes commerciales et les dettes multilat\u00e9-rales. Cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie comprenait l\u2019amortissement d\u2019arri\u00e9r\u00e9s envers des banques de d\u00e9veloppement, le financement d\u2019int\u00e9r\u00eats en cours et les contributions \u00e0 des initiatives multilat\u00e9rales de d\u00e9sendettement. La mise sur pied de ce que l\u2019on appelle les <i>fonds de contrepartie<\/i> devait permettre \u00e0 la population la plus pauvre de b\u00e9n\u00e9ficier directement d\u2019une partie des moyens lib\u00e9r\u00e9s par la remise de la dette. Les mesures ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre sous la houlette du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), en collaboration avec la Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC) et la Communaut\u00e9 de travail des \u0153uvres d\u2019entraide (\u00e0 pr\u00e9sent Alliance Sud).D\u00e8s le d\u00e9part, la Suisse \u00e9tait consciente du fait que le d\u00e9sendettement seul ne suffirait pas \u00e0 assurer la viabilit\u00e9 de la dette, mais qu\u2019il fallait aussi accorder une grande importance \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de sa gestion, pour \u00e9viter une nouvelle spirale de l\u2019endettement. Elle a donc assorti les mesures financi\u00e8res d\u2019une assistance technique destin\u00e9e \u00e0 renforcer la gestion de la dette.La Suisse savait d\u00e8s le d\u00e9but que les annulations de dettes auxquelles elle proc\u00e9dait ne pouvaient contribuer que dans une certaine mesure \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me. C\u2019est pourquoi elle s\u2019est associ\u00e9e \u00e0 d\u2019autres donateurs pour inscrire le d\u00e9sendettement des pays les plus pauvres \u00e0 l\u2019agenda international et s\u2019est engag\u00e9e en faveur d\u2019une solution coordonn\u00e9e au niveau mondial. Ces efforts ont d\u00e9bouch\u00e9 sur le lancement, en 1996, de l\u2019initiative en faveur des pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s (PPTE). La Suisse a ainsi pr\u00e9par\u00e9 le chemin pour la <i>premi\u00e8re initiative internationale de d\u00e9sendettement<\/i> qui comprenait non seulement les dettes bilat\u00e9rales, mais encore celles contract\u00e9es aupr\u00e8s des institutions de financement internationales (Banque mondiale, Fonds mon\u00e9taire international, banques r\u00e9gionales de d\u00e9veloppement). L\u2019<i>Initiative d\u2019all\u00e9gement de la dette multilat\u00e9rale (IADM)<\/i> a, quant \u00e0 elle, vu le jour en 2006, dans le but d\u2019apporter des moyens suppl\u00e9mentaires pour atteindre les objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement. La Suisse participe \u00e9galement au financement de cette initiative. Dans les ann\u00e9es nonante, les efforts de d\u00e9sendettement strictement bilat\u00e9raux ont peu \u00e0 peu c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 ces mesures coordonn\u00e9es au niveau international, qui se poursuivent encore aujourd\u2019hui.&#13;<\/p>\n<h2>Des r\u00e9sultats tangibles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats des mesures de d\u00e9sendettement sont visibles (voir <i>tableau 1<\/i>). Entre 1991 et 2011, le programme suisse de d\u00e9sendettement s\u2019est traduit par 63 mesures concernant 36 pays et des annulations de dettes \u00e0 hauteur d\u2019environ 2,15 milliards de francs (valeur nominale). Dans douze pays, plus de 760 projets de d\u00e9veloppement totalisant un montant sup\u00e9rieur \u00e0 320 millions de francs ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9s par les fonds de contrepartie, en \u00e9troite collaboration avec la soci\u00e9t\u00e9 civile. Ces projets ont contribu\u00e9 directement au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social et \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9. \u00c0 l\u2019heure actuelle, le programme est en grande partie achev\u00e9. \u00c0 l\u2019exception du Soudan, tous les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires du programme suisse ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sendett\u00e9s.Les initiatives internationales de d\u00e9sendettement ont permis d\u2019exercer un effet de levier suppl\u00e9mentaire sur la r\u00e9duction de la dette et une nouvelle r\u00e9partition des d\u00e9- penses publiques a \u00e9t\u00e9 rendue possible (voir <i>graphique 1<\/i>). La dette ext\u00e9rieure des 36 PPTE qui se sont engag\u00e9s dans le processus a ainsi \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de 142 \u00e0 19 milliards d\u2019USD. Gr\u00e2ce aux strat\u00e9gies de r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, qui appartiennent au m\u00eame processus, la r\u00e9partition des d\u00e9penses publiques a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e pour favoriser les domaines prioritaires, comme l\u2019infrastructure de base, la sant\u00e9 et la formation. Depuis l\u2019an 2000, le service de la dette des PPTE a diminu\u00e9 de plus de 3% \u00e0 environ 1% du produit int\u00e9rieur brut en 2009. Les d\u00e9penses prioritaires ont quant \u00e0 elles progress\u00e9, passant de 6% en 2001 \u00e0 presque 10% en 2009. Le budget affect\u00e9 \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9 est pass\u00e9 de 6,4 milliards d\u2019USD \u00e0 28,8 milliards d\u2019USD durant cette p\u00e9riode.Dans l\u2019ensemble, la situation de nombreux pays en d\u00e9veloppement s\u2019est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e. Par rapport aux ann\u00e9es septante et quatre-vingt, l\u2019endettement de la plupart d\u2019entre eux s\u2019est stabilis\u00e9. Les d\u00e9-penses publiques consacr\u00e9es \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 ont augment\u00e9, et les premiers r\u00e9sultats sont l\u00e0. On ne peut pr\u00e9tendre que les diff\u00e9rentes mesures de d\u00e9sendettement mises en \u0153uvre en sont seules responsables: elles allaient de pair avec une solide crois-sance \u00e9conomique, l\u2019ouverture des march\u00e9s et des r\u00e9formes \u00e9conomiques et institutionnelles. Elles ont cependant contribu\u00e9 efficacement \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la situation \u00e9conomique, offrant ainsi un nouveau d\u00e9part \u00e0 de nombreux pays en d\u00e9veloppement. L\u2019endettement et les perspectives d\u2019avenir de nombreux pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents apparaissent en fait plus sains que ceux de nombreux pays industrialis\u00e9s (voir <i>graphique 2<\/i>).Les pays fragilis\u00e9s et certains petits \u00c9tats se trouvent toujours dans une situation difficile, mais dans l\u2019ensemble la marge de man\u0153uvre de nombreux pays en d\u00e9veloppement s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e. Ils peuvent compter sur de nouvelles possibilit\u00e9s de financement, qui s\u2019ajoutent aux cr\u00e9dits concessionnels accord\u00e9s par les banques de d\u00e9veloppement et aux subventions de donateurs. Certains anciens PPTE, comme le Ghana, ont pu acc\u00e9der au march\u00e9 international des capitaux. Le financement par les march\u00e9s des capitaux locaux gagne en importance, m\u00eame si ces derniers sont souvent peu d\u00e9velopp\u00e9s et ne permettent que des pr\u00eats \u00e0 court terme. De nouveaux cr\u00e9anciers comme la Chine, la Cor\u00e9e et le Br\u00e9sil renforcent leur pr\u00e9sence dans les pays africains et augmentent leur encours de cr\u00e9dit. De m\u00eame, l\u2019int\u00e9r\u00eat des investisseurs priv\u00e9s \u00e9trangers pour les emprunts d\u2019\u00c9tat locaux augmente.&#13;<\/p>\n<h2>Relever les d\u00e9fis \u00e0 venir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes pays en d\u00e9veloppement auront tout de m\u00eame de grands d\u00e9fis \u00e0 relever. Leur marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire reste globalement tr\u00e8s limit\u00e9e et les besoins sont importants, en particulier en ce qui concerne les d\u00e9penses sociales et infrastructurelles. L\u2019urgence d\u2019augmenter, par exemple, les d\u00e9penses pour les infrastructures peut pousser \u00e0 des investissements non productifs et pr\u00e9senter le danger que les pays tombent dans une nouvelle spirale d\u2019endettement. Un acc\u00e8s am\u00e9lior\u00e9 au march\u00e9 mondial des capitaux et la participation aux flux financiers internationaux vont souvent de pair avec une vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue face aux chocs exog\u00e8nes. La crise financi\u00e8re et \u00e9conomique a montr\u00e9 la mani\u00e8re dont les co\u00fbts de financement peuvent augmenter rapidement et comment certains pays peuvent \u00eatre compl\u00e8tement exclus du march\u00e9. La volatilit\u00e9 des flux de capitaux \u00e0 court terme \u2013 par exemple les investissements \u00e9trangers dans des bons du Tr\u00e9sor locaux \u2013 peuvent aussi \u00eatre probl\u00e9matiques et mettre en danger la stabilit\u00e9 financi\u00e8re du pays, si les con-ditions de base ne sont pas suffisamment saines. La structure m\u00eame de l\u2019endettement peut comprendre des risques. En cas de chocs macro\u00e9conomiques n\u00e9gatifs, une mauvaise structuration de la dette \u2013 par exemple une proportion trop \u00e9lev\u00e9e de dettes libell\u00e9es en devises ou de pr\u00eats \u00e0 court terme \u2013 peut se traduire rapidement par des co\u00fbts de financement important ou des probl\u00e8mes de liquidit\u00e9s. L\u2019endettement de collectivit\u00e9s territoriales r\u00e9gionales ou les financements dans le cadre de partenariats public-priv\u00e9 constituent d\u2019autres d\u00e9fis. Ils conduisent \u00e0 des engagements conditionnels pour les pouvoirs publics, susceptibles de se mat\u00e9rialiser rapidement dans le budget de l\u2019\u00c9tat en cas de crise. La gestion des dettes est ainsi devenue nettement plus complexe et il est d\u2019autant plus n\u00e9cessaire de la coordonner avec les politiques des secteurs mon\u00e9taire, budg\u00e9taire et financier.La capacit\u00e9 \u00e0 relever ces d\u00e9fis d\u00e9pend de plusieurs facteurs: l\u2019exp\u00e9rience montre que la viabilit\u00e9 de la dette publique d\u00e9pend en fin de compte de la stabilit\u00e9 budg\u00e9taire \u00e0 long terme et de la qualit\u00e9 des institutions et des r\u00e9formes \u00e9conomiques engag\u00e9es pour stimuler la croissance. C\u2019est pourquoi une nouvelle s\u00e9rie de r\u00e9formes structurelles est n\u00e9cessaire dans de nombreux pays, afin d\u2019am\u00e9liorer la productivit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie. La marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire des pouvoirs publics ne peut s\u2019\u00e9largir qu\u2019en am\u00e9liorant la gestion des deniers publics et en mobilisant davantage les recettes propres. Il s\u2019agit de trouver un \u00e9quilibre entre le co\u00fbt et les b\u00e9n\u00e9fices des d\u00e9penses publiques et leur compatibilit\u00e9 avec la stabilit\u00e9 budg\u00e9taire \u00e0 long terme. Des progr\u00e8s dans la gestion gouvernementale et le renforcement des institutions cl\u00e9s pour la politique \u00e9conomique et financi\u00e8re sont \u00e9galement n\u00e9cessaires. L\u2019am\u00e9lioration de la gestion de la dette publique peut aussi jouer un r\u00f4le.La gestion des dettes ne permet certes pas d\u2019\u00e9viter les chocs macro\u00e9conomiques, mais elle contribue \u00e0 diminuer les risques et \u00e0 augmenter la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance face aux crises. Une gestion efficace des dettes permet de diminuer les int\u00e9r\u00eats et les risques de l\u2019endettement et de promouvoir le d\u00e9veloppement de march\u00e9s des capitaux locaux.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa question de la viabilit\u00e9 de la dette publique restera une pr\u00e9occupation majeure de la coop\u00e9ration \u00e9conomique au d\u00e9veloppement du Seco. La priorit\u00e9 ne sera plus tant de supprimer la dette ext\u00e9rieure que de poursuivre l\u2019am\u00e9lioration des conditions-cadres \u00e9conomiques et institutionnelles. Ce n\u2019est pas le d\u00e9sendettement qui, \u00e0 lui seul, per-mettra aux pays concern\u00e9s de continuer \u00e0 consacrer suffisamment d\u2019argent au d\u00e9veloppement et \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9 et d\u2019\u00e9viter de retomber dans la spirale de l\u2019endettement. C\u2019est pourquoi la Suisse soutient des initiatives et des projets destin\u00e9s \u00e0 assainir la gestion budg\u00e9taire des \u00c9tats, \u00e0 favoriser leur comp\u00e9titivit\u00e9 et \u00e0 encourager leur int\u00e9gration \u00e0 l\u2019\u00e9conomie mondiale. Ils comprennent toute une s\u00e9rie de mesures, comme le renforcement de la gestion de la dette (voir encadr\u00e9 2), la mobilisation des recettes fiscales propres, l\u2019utilisation responsable des deniers publics et la promotion d\u2019un secteur financier stable et bien d\u00e9velopp\u00e9. Une gestion consciencieuse des dettes et une politique budg\u00e9taire saine cr\u00e9ent une base durable pour la remise de la dette et permettront aux pays d\u2019\u00e9viter de retomber dans la spirale de l\u2019endettement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abRecul du service de la dette, augmentation des d\u00e9penses pour la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, service de la dette et d\u00e9penses pour la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, 2001\u20132013\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9volution oppos\u00e9e des dettes publiques, dette publique brute, 2000\u20132015\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abLe programme suisse de d\u00e9sendettement en chiffres\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: D\u00e9finitions&#13;<\/p>\n<h3>D\u00e9finitions<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<i>Fonds de contrepartie:<\/i> dans le cadre du programme suisse de d\u00e9sendettement, des fonds de contrepartie ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans douze pays. Un fonds de contrepartie d\u00e9signe la conversion d\u2019une dette lorsque le pays d\u00e9biteur s\u2019engage \u00e0 cr\u00e9er un fonds de d\u00e9veloppement en monnaie locale avec une partie des moyens lib\u00e9r\u00e9s par l\u2019annulation compl\u00e8te de la dette. Le taux de conversion fait l\u2019objet de n\u00e9gociations et varie consid\u00e9rablement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. En Zambie, il \u00e9tait de 8% du volume de la dette, contre 60% en \u00c9gypte. Avec le lancement de l\u2019initiative PPTE, le d\u00e9sendettement via des fonds de contrepartie a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le processus du m\u00eame nom.<i>Initiative PPTE (pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s):<\/i> l\u2019initiative PPTE a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1996 dans le but de r\u00e9duire la dette ext\u00e9rieure de quarante pays en d\u00e9veloppement pauvres et tr\u00e8s endett\u00e9s pour l\u2019amener \u00e0 un niveau supportable et garantir dans le m\u00eame temps que les fonds lib\u00e9r\u00e9s seraient engag\u00e9s dans la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9. Chaque gouvernement a la t\u00e2che d\u2019\u00e9laborer \u00e0 cet effet une strat\u00e9gie de lutte contre la pauvret\u00e9. Seuls les pays qui pr\u00e9sentent un minimum de stabilit\u00e9 \u00e9conomique et politique peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 cette r\u00e9duction de la dette. L\u2019initiative porte sur les dettes publiques, multilat\u00e9rales et commerciales.<i>Initiative d\u2019all\u00e9gement de la dette multilat\u00e9rale (IADM):<\/i> elle a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e sur les fonts baptismaux en 2006 dans le but d\u2019\u00e9largir la remise de la dette via l\u2019initiative PPTE, afin d\u2019apporter des moyens suppl\u00e9mentaires pour r\u00e9aliser les objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement. Elle est ouverte \u00e0 tous les PPTE qui ont men\u00e9 \u00e0 bien le processus. L\u2019initiative porte sur les dettes multilat\u00e9rales vis-\u00e0-vis de la Banque mondiale, de la Banque africaine de d\u00e9veloppement et du Fonds mon\u00e9taire international.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Le Debt Management Forum 2011&#13;<\/p>\n<h3>Le Debt Management Forum 2011<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPlus de 130 sp\u00e9cialistes, repr\u00e9sentants de gouvernements, d\u2019organisations internationales de d\u00e9veloppement et de la soci\u00e9t\u00e9 civile se sont rencontr\u00e9s \u00e0 Berne les 8 et 9 juin 2011 pour le deuxi\u00e8me <i>Debt Management Forum.<\/i> Le forum a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 par le Seco et la Banque mondiale dans le cadre de la \u00abDebt Management Facility\u00bb (Debt Management Forum, DMF). Ce dernier a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 2008 par la Banque mondiale et plusieurs donateurs, dont la Suisse, dans le but d\u2019aider les pays en d\u00e9veloppement \u00e0 am\u00e9liorer la gestion de leur dette.La conf\u00e9rence de cette ann\u00e9e \u00e9tait consacr\u00e9e aux le\u00e7ons tir\u00e9es des annulations et des restructurations de dettes effectu\u00e9es par le pass\u00e9 et aux nouveaux d\u00e9fis qui attendent les pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents. Les participants se sont accord\u00e9s sur le fait que la politique en mati\u00e8re d\u2019endettement et la gestion de la dette ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re isol\u00e9e, mais qu\u2019elles font partie de la politique \u00e9conomique et de croissance globale d\u2019un pays. Ils \u00e9taient \u00e9galement d\u2019accord sur le fait que des progr\u00e8s significatifs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mais que les pays concern\u00e9s seront de nouveau confront\u00e9s \u00e0 des d\u00e9fis de taille. Trois d\u00e9fis ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s en d\u00e9tail: l\u2019<i>endettement des autorit\u00e9s publiques r\u00e9gionales et locales,<\/i> le <i>d\u00e9veloppement des march\u00e9s des capitaux locaux et le renforcement des capacit\u00e9s institutionnelles.<\/i> L\u2019importance de la transparence a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises. Elle compte dans la collaboration avec les cr\u00e9anciers dans le cadre de la restructuration de la dette, dans l\u2019\u00e9laboration de normes pour le financement du d\u00e9veloppement, dans l\u2019organisation des relations financi\u00e8res entre les diff\u00e9rents \u00e9chelons gouvernementaux ou dans la r\u00e9partition des r\u00f4les entre les secteurs public et priv\u00e9. Il est ressorti de la discussion que la gestion de la dette n\u2019est pas seulement une question technique et que la volont\u00e9 politique de g\u00e9rer les deniers publics de mani\u00e8re durable est tout aussi d\u00e9terminante.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Bruno St\u00f6ckli, <i>Das schweizerische Gegenwertfondsprogramm: Resultate und Auswertung ausgew\u00e4hlter Erfahrungen,<\/i> Alliance Sud, 2009.\u2212 Carlos Braga et Doerte Doemeland (\u00e9d.), <i>Debt Relief and Beyond: Lessons Learned and Challenges Ahead,<\/i> Banque mondiale, 2009. \u2212 Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, <i>This Time is Different: Eight Centuries of Financial Folly,<\/i> Princeton University Press, 2009.\u2212 Seco, DDC, Communaut\u00e9 de travail des \u0153uvres d\u2019entraide, <i>Le programme suisse de d\u00e9sendettement 1991\u20132001: les r\u00e9sultats, les perspectives,<\/i> 2002.\u2212 Stephen Cecchetti, M.-S. Mohanty et Fabrizio Zampolli, <i>The Future of Public Debt: Prospects and Implications,<\/i> BIS Working Papers No 300, 2010.\u2212 Banque Mondiale, Fonds mon\u00e9taire international, <i>Heavily Indebted Poor Countries (HIPC) Initiative and Multilateral Debt Relief Initiative (MDRI): Status of Implementation,<\/i> 2010.\u2212 Banque Mondiale, Fonds mon\u00e9taire international, <i>Preserving Debt Sustainability in Low-Income Countries in the Wake of the Global Crisis,<\/i> 2010.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1991, la Suisse a mis sur pied un vaste programme de d\u00e9sendettement en faveur des pays en d\u00e9veloppement tr\u00e8s endett\u00e9s. Elle a ainsi fait \u0153uvre de pionnier et ouvert la voie aux initiatives de d\u00e9sendettement multilat\u00e9rales. Vingt ans plus tard, la situation de nombreux pays en d\u00e9veloppement et pays \u00e9mergents s\u2019est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e en [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3625,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3625,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung WEMU, Ressort Makro\u00f6konomische Unterst\u00fctzung, SECO","seco_author_post_occupation_fr":"Coop\u00e9ration et d\u00e9veloppement \u00e9conomiques WEMU, Secteur Soutien macro\u00e9conomique, SECO, Berne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150922,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7578","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":4802,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150919"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3625"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150919"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150919\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189331,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150919\/revisions\/189331"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4802"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150919"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150919"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150919"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150919"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}