{"id":150929,"date":"2011-07-01T12:00:00","date_gmt":"2011-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/07\/hartl-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:52:24","modified_gmt":"2023-08-23T22:52:24","slug":"hartl-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/07\/hartl-2\/","title":{"rendered":"La s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique va-t-elle de soi?"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn ce qui concerne la Suisse, le p\u00e9trole et le gaz naturel couvrent ensemble 55% de nos besoins. Si l\u2019on y ajoute l\u2019uranium employ\u00e9 dans les cinq r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires suisses, les quatre cinqui\u00e8mes de notre approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique reposent sur l\u2019importation d\u2019agents \u00e9nerg\u00e9tiques non renouvelables.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique de la Suisse a des origines historiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLorsque la politique \u00e9nerg\u00e9tique conna\u00eet des p\u00e9riodes agit\u00e9es comme celles dans lesquelles nous vivons de nouveau, les politiciens et les lobbyistes se saisissent de l\u2019occasion pour exiger l\u2019autarcie \u00e9nerg\u00e9tique; autrement dit l\u2019approvisionnement du pays devrait largement se fonder sur des agents \u00e9nerg\u00e9tiques indig\u00e8nes et donc renouvelables.Ind\u00e9pendamment de l\u2019id\u00e9e que de toute fa\u00e7on il n\u2019est aucunement possible de reconsid\u00e9rer dans l\u2019urgence le dosage \u00e9nerg\u00e9tique actuel, les exigences pr\u00e9cit\u00e9es occultent le fait que l\u2019approvisionnement en \u00e9nergie a \u2013 dans tous les cas jusqu\u2019\u00e0 maintenant \u2013 \u00e9t\u00e9 suivi sans restriction du pr\u00e9dicat de la \u00abs\u00e9curit\u00e9\u00bb, tout en sachant bien qu\u2019il n\u2019existe aucun domaine de la vie dans lequel on puisse garantir la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 100%. Except\u00e9 lors de la Seconde Guerre mondiale, notre pays n\u2019a connu aucune interruption physique, persistante et occasionnant des inconv\u00e9nients importants dans son approvisionnement en \u00e9nergie. M\u00eame durant la premi\u00e8re crise p\u00e9troli\u00e8re (1973\u201374), l\u2019approvisionnement physique en p\u00e9trole a constamment \u00e9t\u00e9 assur\u00e9 en Suisse, f\u00fbt-ce \u00e0 des prix \u00e9lev\u00e9s pour l\u2019\u00e9poque. Trois facteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 ce succ\u00e8s: les int\u00e9r\u00eats fondamentaux des fournisseurs d\u2019\u00e9nergie, les structures de notre approvisionnement en \u00e9nergie et les mesures de stockage d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par les autorit\u00e9s pour garantir l\u2019approvisionnement.&#13;<\/p>\n<h2>Gr\u00e8ve des livraisons des producteurs de p\u00e9trole et de gaz: un spectre effrayant<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPlusieurs d\u00e9cennies d\u2019approvisionnement sans probl\u00e8me d\u00e9montrent que l\u2019\u00abarme du p\u00e9trole et du gaz\u00bb que pourraient brandir les producteurs s\u2019est consid\u00e9rablement \u00e9mouss\u00e9e et qu\u2019elle est tout au plus propre \u00e0 semer bri\u00e8vement la terreur parmi nous, les consommateurs occidentaux. Il est, cependant, vrai que divers producteurs ont agit\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises autrefois, la massue du boycott des livraisons. De telles manifestations sont, toutefois, vite devenues inop\u00e9rantes, apr\u00e8s quelques heures ou au plus quelques jours, car elles avaient d\u2019autres objectifs que de nous \u00abfermer les robinets\u00bb, \u00e0 nous, les occidentaux.En d\u00e9pit d\u2019une rh\u00e9torique parfois virulente mais \u00e9galement antioccidentale, <i>nous n\u2019avons pas connu de files d\u2019attente<\/i> dans les stations-services et nos maisons ont toujours \u00e9t\u00e9 chauff\u00e9es. <i>\u00c0 quoi cela tient-il?<\/i><i>Premi\u00e8rement,<\/i> la concurrence r\u00e8gne entre les fournisseurs: la cessation de livraison par l\u2019un constitue toujours une chance \u00e0 saisir pour l\u2019autre, que ce soit pour remplacer \u00e0 court terme le p\u00e9trole manquant \u2013 ainsi, lors de la crise diplomatique avec la Libye, le p\u00e9trole brut que ce pays ne livrait plus \u00e0 la Suisse a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par des importations en provenance d\u2019Asie centrale \u2013 ou que ce soit \u00e0 long terme par des choix d\u2019autres agents \u00e9nerg\u00e9tiques. Seul un fournisseur en situation de monopole peut se permettre d\u2019agir selon son bon plaisir. M\u00eame l\u2019Organisation des pays exportateurs de p\u00e9trole (Opep), que l\u2019Occident observe souvent d\u2019un regard soup\u00e7onneux, ne dispose pas d\u2019un v\u00e9ritable pouvoir cartellaire, car il arrive r\u00e9guli\u00e8rement que ses membres ne tiennent pas compte des engagements pris. <i>Deuxi\u00e8m<\/i>ement, les producteurs de p\u00e9trole, de gaz et d\u2019uranium se comportent exactement comme des producteurs de chaussures, d\u2019avions ou d\u2019eau min\u00e9rale: ils veulent tirer le meilleur prix de leur produit, et ce aux co\u00fbts les plus bas. Conserver enfouies leurs mati\u00e8res premi\u00e8res n\u2019est pas une option attrayante, \u00e9tant donn\u00e9 la demande constante et m\u00eame croissante d\u2019\u00e9nergie. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 extraits de terre et vendus sur les march\u00e9s mondiaux que le p\u00e9trole et le gaz ont une valeur concr\u00e8te. \u00c0 cela s\u2019ajoute que la plupart des pays producteurs, en particulier les membres de l\u2019Opep, la Russie, ainsi que quelques pays d\u2019Asie centrale, comptent beaucoup sur les revenus des ventes de p\u00e9trole et de gaz. Ce n\u2019est pas seulement pour nous, mais bien plus encore pour eux que le commerce des \u00e9nergies fossiles constitue des risques majeurs pouvant conduire \u00e0 des impasses relativement importantes en mati\u00e8re de politique int\u00e9rieure. Ainsi, dans quelques pays, une grande part des revenus p\u00e9troliers ou gaziers reviennent \u00e0 la population directement ou indirectement sous forme de subventions, ce qui permet aux \u00e9lites politiques de s\u2019assurer d\u2019une certaine stabilit\u00e9 interne. D\u00e8s lors pourquoi les pays riches en mati\u00e8res premi\u00e8res devraient-ils renoncer sans n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 nous livrer, \u00e0 nous les consommateurs, surtout dans une p\u00e9riode o\u00f9 les prix de leurs fournitures sont \u00e9lev\u00e9s?&#13;<\/p>\n<h2>Le Moyen-Orient au centre de l\u2019approvisionnement en p\u00e9trole et en gaz<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn ne doit donc pas douter de la volont\u00e9 fondamentale des pays riches en mati\u00e8res premi\u00e8res de continuer \u00e0 nous vendre, peu importe le syst\u00e8me politique, qu\u2019il soit d\u00e9mocratique ou autocratique ou quelque que soient les personnes aux commandes. La situation concernant les int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence telle que d\u00e9crite ci-dessus vaut par principe, pour tous. Il existe, toutefois, une sorte de \u00abcas de force majeure\u00bb, notamment lorsque pour des motifs de politiques int\u00e9rieure ou r\u00e9gionale, qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec nous, les consommateurs, la production de mati\u00e8re brute est entrav\u00e9e. Dans un tel contexte r\u00e9gional \u2013 et cela contrairement \u00e0 la situation internationale d\u00e9crite ci-dessus \u2013 la ma\u00eetrise de la production p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re constitue bel et bien un facteur d\u00e9cisif dans certaines circonstances, telle que l\u2019a montr\u00e9 de fa\u00e7on saisissante l\u2019invasion du Kowe\u00eft par l\u2019Irak, en 1990. La Libye a, par ailleurs, cess\u00e9 de livrer du p\u00e9trole et du gaz cette ann\u00e9e, en raison de la guerre civile: certes, d\u2019autres producteurs ont pu suppl\u00e9er au manque de 1,6 million de barils\/jour, mais cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans influencer le prix du p\u00e9trole. On peut, en outre, imaginer \u2013 et la chose est plus ou moins vraisemblable, selon les points de vue \u2013 que la p\u00e9ninsule Arabique et le golfe Per-sique subissent de nouveaux troubles politiques. Il est possible qu\u2019\u00e0 court terme une crise de premi\u00e8re importance perturbe gravement la production de p\u00e9trole et de gaz, de m\u00eame que leur acheminement: le Moyen-Orient \u2013 et l\u2019Arabie Saoudite en premier \u2013 couvrent en effet environ un tiers de la demande globale de p\u00e9trole. Par ailleurs, un cinqui\u00e8me des besoins mondiaux de p\u00e9trole transitent quotidiennement par la route du d\u00e9troit d\u2019Ormuz. D\u00e8s lors, les perturbations effectives dans la livraison auraient rapidement des cons\u00e9quences sur l\u2019approvisionnement physique du monde entier, peu importe \u00e0 qui serait destin\u00e9 initialement le p\u00e9trole manquant, sans parler de l\u2019augmentation massive des prix qu\u2019entra\u00eenerait une telle situation.&#13;<\/p>\n<h2>Diversification de l\u2019approvisionnement en \u00e9nergie: une question toujours d\u2019actualit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans ce syst\u00e8me de vases communicants, particulier \u00e0 l\u2019approvisionnement en p\u00e9trole, la Suisse, dont la consommation repr\u00e9sente 0,2% de celle de la plan\u00e8te, joue un r\u00f4le modeste. Nous faisons bien, toutefois, de ne pas mettre tous les \u0153ufs dans le m\u00eame panier et d\u2019exploiter notre syst\u00e8me d\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique avec souplesse. En ce qui concerne le p\u00e9trole, cela signifie concr\u00e8tement que la Suisse:\u2013 importe aussi bien des produits finis que du p\u00e9trole brut, dont elle ach\u00e8ve la transformation;\u2013 recourt \u00e0 une large palette de fournisseurs, comme c\u2019est le cas aujourd\u2019hui;\u2013 le fait venir de partout par tous les moyens de transport disponibles;- conserve sur son territoire des capacit\u00e9s de stockage suffisantes;\u2013 enfin et ce n\u2019est pas le moindre, est dot\u00e9e de r\u00e9serves obligatoires en quantit\u00e9 suffisante et dont l\u2019organisation est bien rod\u00e9e, ce qui assure 4\u00bd mois de demande pour le mazout, le diesel et l\u2019essence, et 3 mois de k\u00e9ros\u00e8ne pour l\u2019aviation.&#13;<\/p>\n<h2>Ne tirons pas de conclusions h\u00e2tives sur le plan de la politique \u00e9nerg\u00e9tique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn d\u00e9pit de la pauvret\u00e9 de son sous-sol, la Suisse n\u2019a, jusqu\u2019ici, connu aucun goulet d\u2019\u00e9tranglement dans son approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique, en particulier sur le plan p\u00e9trolier. Les m\u00e9canismes de march\u00e9, soutenus par les r\u00e9serves obligatoires prescrites par l\u2019\u00c9tat, ont bien fonctionn\u00e9, m\u00eame en temps de crise. Selon toute vraisemblance, les perturbations d\u2019approvisionnement resteront toujours de courte dur\u00e9e. Il n\u2019y a pas lieu de douter que les membres de l\u2019Opep resteront pr\u00eats \u00e0 livrer leur p\u00e9trole \u00e0 longue \u00e9ch\u00e9ance. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de modifier fondamentalement notre dispositif d\u2019approvisionnement en raison de la situation qui r\u00e8gne actuellement dans le monde arabe.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13; &#13; En ce qui concerne la Suisse, le p\u00e9trole et le gaz naturel couvrent ensemble 55% de nos besoins. 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En effet, les trois \u00abs\u0153urs\u00bb que sont le p\u00e9trole, le gaz naturel et le charbon repr\u00e9sentent entre 85 et 90% de la consommation primaire d\u2019\u00e9nergie dans le monde. Vient ensuite, en 4e position, l\u2019\u00e9nergie hydraulique, suivie du nucl\u00e9aire. Les nouveaux agents \u00e9nerg\u00e9tiques renouvelables (soleil, vent, mar\u00e9e, biomasse utilis\u00e9s commercialement, g\u00e9othermie, etc.) sont tr\u00e8s faiblement repr\u00e9sent\u00e9s parmi les agents \u00e9nerg\u00e9tiques primaires; par ailleurs, ils contrastent diam\u00e9tralement avec l\u2019importance qu\u2019on leur accorde dans le d\u00e9bat politique, y compris en Suisse. Point n\u2019est besoin d\u2019\u00eatre proph\u00e8te pour pr\u00e9voir que, dans ces conditions, il faudra beaucoup de temps jusqu\u2019\u00e0 ce que le dosage \u00e9nerg\u00e9tique global se modifie sensiblement.","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":150932,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7582","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/559b8cc074317"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150929"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2768"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150929"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150929\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189349,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150929\/revisions\/189349"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2768"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150929"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=150929"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=150929"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=150929"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=150929"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=150929"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}