{"id":150989,"date":"2011-06-01T12:00:00","date_gmt":"2011-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/06\/colombier-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:52:36","modified_gmt":"2023-08-23T22:52:36","slug":"colombier-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/06\/colombier-2\/","title":{"rendered":"Recettes fiscales, conjoncture et PIB potentiel"},"content":{"rendered":"<p>Les fluctuations de la demande et les impulsions mon\u00e9taires \u00e0 court terme n\u2019agissent pas, \u00e0 plus longue \u00e9ch\u00e9ance, sur la production et l\u2019emploi selon la doctrine macro\u00e9conomique dominante. Certains arguments d\u2019ordre th\u00e9orique et empirique viennent, cependant, remettre quelque peu en question cette affirmation. Or, l\u2019\u00e9volution du PIB est, au-del\u00e0 des perspectives conjoncturelles, d\u2019une grande importance pour la planification budg\u00e9taire, en particulier lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9tecter rapidement les changements d\u2019orientation et de faire respecter le frein \u00e0 l\u2019endettement sans tomber dans la politique des coups de frein et d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur altern\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Croissance potentielle et planification budg\u00e9taire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa relation entre le court et le long termes \u2013 autrement dit entre la conjoncture et la croissance \u00e0 moyen ou long termes \u2013 joue un r\u00f4le capital dans la planification \u00e9conomique ainsi que pour la politique mon\u00e9taire et budg\u00e9taire. Une politique budg\u00e9taire durable doit obligatoirement suivre l\u2019\u00e9volution des recettes, et donc son facteur d\u00e9terminant principal, le produit int\u00e9rieur brut (PIB). C\u2019est pourquoi on d\u00e9termine un facteur conjoncturel dans le cadre du frein \u00e0 l\u2019endettement, qui constitue la r\u00e8gle budg\u00e9taire au plan f\u00e9d\u00e9ral. Comme les recettes varient selon les cycles conjoncturels, il faut \u00e0 chaque fois se reposer la question de leur niveau pour d\u00e9terminer les d\u00e9penses. Les incertitudes provoqu\u00e9es par la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique quant \u00e0 l\u2019\u00e9volution du PIB et des recettes conf\u00e8rent \u00e0 cette question un relief particulier (voir <i>graphique 1<\/i>).La crise a \u00e9galement mis en lumi\u00e8re certaines failles de la th\u00e9orie \u00e9conomique ayant cours actuellement. Celle-ci pr\u00e9suppose en principe un \u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral, auquel le PIB reviendrait apr\u00e8s tout choc de courte dur\u00e9e, qu\u2019il soit d\u2019ordre conjoncturel ou autre. Une <i>analyse des fondements th\u00e9oriques<\/i>&#13;<br \/>\nColombier (2011). et <i>une autre empirique<\/i>&#13;<br \/>\nGeier (2011). se sont attach\u00e9es \u00e0 ques-tionner cette hypoth\u00e8se. Les r\u00e9sultats de ces \u00e9tudes sont r\u00e9sum\u00e9s ci-apr\u00e8s.&#13;<\/p>\n<h2>Le point de d\u00e9part th\u00e9orique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019approche dominante actuelle de la macro\u00e9conomie est la <i>nouvelle synth\u00e8se n\u00e9oclassique (NSN),<\/i> qui est un courant du n\u00e9okeyn\u00e9sianisme. Cette th\u00e9orie pr\u00e9voit qu\u2019en raison de la flexibilit\u00e9 parfaite des prix \u00e0 long terme, les variations conjoncturelles n\u2019exercent aucune influence sur la position cyclique de l\u2019\u00e9conomie, mesur\u00e9e par exemple par le potentiel du PIB et le taux de ch\u00f4mage naturel&#13;<br \/>\nLe taux de ch\u00f4mage naturel est celui qui n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 la conjoncture. Il englobe, en particulier, les ch\u00f4mages frictionnel et structurel.. La NSN explique les variations du taux de ch\u00f4mage \u00e0 court terme par la rigidit\u00e9 des prix et des salaires, consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9l\u00e9ments keyn\u00e9siens. La mod\u00e9lisation se fonde sur le mod\u00e8le de la th\u00e9orie mon\u00e9tariste du <i>Real-Business-Cycle (RBC),<\/i> \u00e0 savoir un mod\u00e8le d\u2019\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral dynamique et stochastique (DSGE). Les r\u00e9sultats d\u00e9coulent de la maximisation intertemporelle de l\u2019utilit\u00e9 d\u2019un agent repr\u00e9sentatif qui produit des anticipations rationnelles et ne commet donc pas d\u2019erreurs de pr\u00e9vision syst\u00e9matiques.Une affirmation centrale de la NSN est que malgr\u00e9 les anticipations rationnelles, la rigidit\u00e9 des prix rend intenable le postulat de l\u2019inefficacit\u00e9 de la politique de stabilisation qui d\u00e9coule des mod\u00e8les RBC. Les variations de la demande mod\u00e9lis\u00e9es en tant que chocs al\u00e9atoires exog\u00e8nes peuvent g\u00e9n\u00e9rer des \u00e9carts aussi rapides de l\u2019\u00e9quilibre de long terme, \u00e0 savoir des variations conjoncturelles, parce que les prix et les salaires r\u00e9agissent avec lenteur. La politique mon\u00e9taire est alors \u00e0 nouveau utile, contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirme la th\u00e9orie RBC, car elle parvient \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer les processus d\u2019adaptation menant \u00e0 un \u00e9quilibre de long terme, m\u00eame si elle ne peut pas influencer celui-ci. La NSN consid\u00e8re la politique budg\u00e9taire avec circonspection. En raison de l\u2019<i>\u00e9quivalence ricardienne<\/i> de la neutralit\u00e9 de la politique budg\u00e9taire et des retards affectant le processus d\u00e9cisionnel politique (\u00abinside lag\u00bb), une majorit\u00e9 de tenants de la NSN recommandent de ne pas recourir \u00e0 une politique budg\u00e9taire active mais de laisser agir les stabilisateurs automatiques. On peut dire par exemple que le frein \u00e0 l\u2019endettement pratiqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelon f\u00e9d\u00e9ral est conforme \u00e0 cette recommandation.&#13;<\/p>\n<h2>Les effets \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn effondrement de la demande tel celui qui a eu lieu lors de la derni\u00e8re crise des march\u00e9s financiers et qui a provoqu\u00e9 un recul du PIB suisse de 1,9% en 2009 n\u2019a aucun effet persistant selon la NSN. Dans certaines circonstances, on peut tout de m\u00eame s\u2019attendre \u00e0 ce que les variations de la demande entra\u00eenent des effets \u00e0 plus long terme. Il faut tout d\u2019abord mentionner le ph\u00e9nom\u00e8ne dit d\u2019<i>hyst\u00e9r\u00e8se<\/i> sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, selon lequel un ch\u00f4mage conjoncturel tend \u00e0 se p\u00e9renniser avec le temps. Les raisons pourraient en \u00eatre par exemple la d\u00e9qualification engendr\u00e9e par la dur\u00e9e du ch\u00f4mage ainsi que la diminution des chances de r\u00e9emploi <i>(effet de signal \u00e9conomique).<\/i> Il peut, en outre, exister des \u00e9quilibres multiples \u00e0 long terme. Dans de nombreux pays de l\u2019OCDE par exemple, on peut observer que la productivit\u00e9 du travail, d\u00e9termin\u00e9e en th\u00e9orie sur le long terme, varie avec la conjoncture. Lorsque les syndicats parviennent \u00e0 imposer le principe du \u00abtravail \u00e9gal, salaire \u00e9gal\u00bb, une variation de la demande peut \u00e9galement influer sur le potentiel du PIB <i>(mod\u00e8le de l\u2019\u00e9quit\u00e9 de Bhaskar).\u00c0 la suite de la crise financi\u00e8re, la NSN a essuy\u00e9 les foudres d\u2019\u00e9conomistes aussi r\u00e9put\u00e9s que Buiter, Goodhart, Krugman ou Stiglitz&#13;<br \/>\nPour une critique d\u00e9taill\u00e9e de la NSN, voir Buiter (2009).. La critique vise en particulier la prise en compte lacunaire des march\u00e9s financiers, l\u2019absence d\u2019\u00e9vidence empirique quant aux relations impliqu\u00e9es par le mod\u00e8le et l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un agent repr\u00e9sentatif et de ses anticipations rationnelles. L\u2019\u00e9conomie comportementale moderne d\u00e9montre de mani\u00e8re exp\u00e9rimentale que le comportement effectif des agents diff\u00e8re de celui de l\u2019agent rationnel consid\u00e9r\u00e9 par la NSN <i>(anomalies<\/i>&#13;<br \/>\nDe Grauwe et Honkapohja (2009).<i>).<\/i> Ainsi, l\u2019<i>effet dit d\u2019ancrage<\/i> va conduire les individus qui disposent de connaissances incompl\u00e8tes sur une situation donn\u00e9e \u00e0 extrapoler plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 former des anticipations rationnelles quant \u00e0 un d\u00e9veloppement futur, par exemple celui du taux d\u2019inflation. Un tel comportement \u00e0 la rationalit\u00e9 limit\u00e9e favorisera la persistance de fluctuations conjonc-turelles.Les effets du secteur financier sur le secteur r\u00e9el ne sont pas vraiment pris en compte dans la NSN. Le <i>n\u00e9okeyn\u00e9sianisme appliqu\u00e9 aux march\u00e9s financiers (NKF)<\/i> part en revanche du principe que les informations sur ces march\u00e9s sont r\u00e9parties de mani\u00e8re incompl\u00e8te et asym\u00e9trique entre les usagers du march\u00e9, \u00e0 savoir les entreprises et les banques&#13;<br \/>\nPour une vue d\u2019ensemble du NKF, voir Gr\u00f6ssl und Stahlecker (2000).. Les risques de cr\u00e9dit et de faillite ne peuvent donc pas \u00eatre enti\u00e8rement diversifi\u00e9s et les acteurs agissent par cons\u00e9quent dans l\u2019incertitude, contrairement au postulat de la NSN. Plus les entreprises ont recours au financement externe, plus les variations conjoncturelles se feront ressentir \u00e0 long terme. De plus, des restrictions en mati\u00e8re d\u2019investissements dans la recherche et le d\u00e9veloppement (R&amp;D) peuvent freiner la croissance.Le <i>post-keyn\u00e9sianisme (PKE)<\/i> ne repose pas comme la NSN sur un mod\u00e8le d\u2019\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral et pr\u00e9suppose une <i>\u00e9conomie mon\u00e9taire explicite<\/i>&#13;<br \/>\nPour une introduction au PKE, voir Hein (2005).. Le fait que l\u2019argent soit consid\u00e9r\u00e9 comme un moyen optimal de s\u2019assurer contre un avenir incertain donne lieu \u00e0 une prime de liquidit\u00e9. Celle-ci est fondamentale pour le d\u00e9veloppement \u00e0 long terme d\u2019une \u00e9conomie car elle peut influencer, par le biais du secteur financier, le prix des biens offerts, les investissements et donc l\u2019accumulation de capital. Le secteur financier et la demande peuvent exercer une action sur le potentiel du PIB dans le PKE. Enfin, rappelons que certains \u00e9conomistes post-keyn\u00e9siens ont lanc\u00e9 des avertissements pr\u00e9coces concernant l\u2019\u00e9clatement de la bulle immobili\u00e8re aux \u00c9tats-Unis&#13;<br \/>\nVoir Bezemer (2010) et <a href=\"http:\/\/www.voxeu.org\/index.php?q=node\/4035\">http:\/\/www.voxeu.org\/index.php?q=node\/4035<\/a>.. <\/i>&#13;<\/p>\n<h2>Le cas helv\u00e9tique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019influence de la demande sur le d\u00e9veloppement de la productivit\u00e9 du travail est l\u2019un des canaux permettant la transmission des variations conjoncturelles sur le long terme. Bien que le d\u00e9veloppement de la productivit\u00e9 en Suisse ait vari\u00e9 de 1992 \u00e0 2008 plus ou moins de pair avec la demande agr\u00e9g\u00e9e, les variations (procycliques) se sont pratiquement neutralis\u00e9es (voir <i>graphique 2<\/i>).L\u2019hyst\u00e9r\u00e8se, qui est \u00e9galement un canal permettant de transmettre les variations de la conjoncture sur le plus long terme, se traduit par une augmentation du ch\u00f4mage de longue dur\u00e9e. Il est, toutefois, presque impossible de la distinguer empiriquement de la s\u00e9lection structurelle, qui se refl\u00e8te elle aussi dans le ch\u00f4mage de longue dur\u00e9e&#13;<br \/>\nAeppli et Ragni (2009).. Il appara\u00eet \u00e9galement que, selon l\u2019OCDE, des facteurs institutionnels tels que la d\u00e9centralisation des prestations sociales jouent un r\u00f4le en Suisse. Le pourcentage de ch\u00f4mage de longue dur\u00e9e de la Suisse pour 2009 (1,1%) \u00e9tant relativement bas par rapport \u00e0 la moyenne de l\u2019OCDE (1,9%), l\u2019hyst\u00e9r\u00e8se de la transmission d\u2019influences conjoncturelles sur le PIB potentiel de la Suisse ne semble pas \u00eatre tr\u00e8s importante.En raison du faible taux de syndicalisation des travailleurs suisses (18% alors que celui de l\u2019OCDE est de 27% pour 2008), le mod\u00e8le de l\u2019\u00e9quit\u00e9 de Bhaskar ne para\u00eet pas s\u2019appliquer.Le financement externe des investissements des PME passe la plupart du temps par des cr\u00e9dits bancaires&#13;<br \/>\nVoir <a href=\"http:\/\/www.kmu.admin.ch\/politik\/index.html?lang=fr\">http:\/\/www.kmu.admin.ch\/politik\/index.html?lang=fr<\/a>.. Selon les donn\u00e9es du recensement des entreprises de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, 67% des salari\u00e9s suisses en \u00e9quivalents plein temps (r\u00e9f\u00e9rence 2008) sont employ\u00e9s dans des PME. Il appara\u00eet donc qu\u2019un comportement procyclique en mati\u00e8re d\u2019attribution de cr\u00e9dits bancaires peut influencer le PIB potentiel par l\u2019interm\u00e9diaire du secteur des PME. Lorsque le secteur bancaire est en crise, ce canal de transmission peut encore gagner en importance car l\u2019\u00e9rosion de la fortune nette des banques et l\u2019accroissement du risque de contrepartie incitent celles-ci \u00e0 liquider leurs cr\u00e9ances.En temps de forte r\u00e9cession, le cr\u00e9dit servant \u00e0 financer les activit\u00e9s de R&amp;D \u00e0 risque peut \u00eatre restreint, ce qui se r\u00e9percute de mani\u00e8re n\u00e9gative sur le PIB potentiel. Il faut cependant pr\u00e9ciser que, selon l\u2019OCDE, la plus grande partie des investissements R&amp;D de la Suisse vient de grandes entreprises qui ont acc\u00e8s aux march\u00e9s de capitaux internationaux. De plus, 20% de tous les investissements R&amp;D sont financ\u00e9s par l\u2019\u00c9tat (r\u00e9f\u00e9rence 2004).Il est, par ailleurs, envisageable qu\u2019une hausse trop subite du franc suisse entra\u00eene des ajustements structurels dans les secteurs tourn\u00e9s vers l\u2019exportation (par exemple la d\u00e9localisation de sites de production dans la zone euro), influen\u00e7ant ainsi le PIB potentiel de la Suisse \u00e0 la baisse. En revanche, une hausse continue du franc suisse par rapport \u00e0 l\u2019euro et au dollar stimule la comp\u00e9titivit\u00e9 du pays, donc accro\u00eet le potentiel du PIB par habitant.Ces premi\u00e8res r\u00e9flexions tendent \u00e0 indiquer qu\u2019en Suisse, les variations conjoncturelles d\u00e9coulant de la demande peuvent influer sur le potentiel du PIB en particulier par l\u2019interm\u00e9diaire du cr\u00e9dit et du taux de change.&#13;<\/p>\n<h2>Etude empirique sur la Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9tude de <i>Geier (2011)<\/i> mentionn\u00e9e ci-dessus traite de la question de savoir si les chocs al\u00e9atoires peuvent exercer une influence <i>persistante<\/i> sur le PIB suisse et donc si, par exemple \u00e0 la suite d\u2019une r\u00e9cession, un d\u00e9placement durable du niveau du PIB pourrait se produire. En concordance avec une majorit\u00e9 d\u2019\u00e9tudes concernant d\u2019autres pays, l\u2019auteur arrive, pour la Suisse, \u00e0 la conclusion que la dynamique de courte dur\u00e9e influence la longue dur\u00e9e. Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur la base d\u2019analyses de s\u00e9ries temporelles et d\u2019une <i>approche non-param\u00e9trique<\/i> reposant sur les donn\u00e9es annuelles du PIB r\u00e9el et du PIB r\u00e9el par habitant depuis 1914&#13;<br \/>\nLes donn\u00e9es de 1914 \u00e0 1948 sont tir\u00e9es d\u2019Andrist et al. (2000)..&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude indiquent une forte influence des variations de courte dur\u00e9e sur le niveau du PIB \u00e0 plus long terme. Ils montrent que l\u2019effet d\u2019un choc de courte dur\u00e9e est encore amplifi\u00e9, avant de diminuer par la suite. Or, selon <i>Campbell et Mankiw (1987),<\/i> l\u2019approche de la s\u00e9rie temporelle a tendance \u00e0 surestimer la persistance des effets. On peut alors conclure qu\u2019un choc de court terme a des effets sur le PIB \u00e0 long terme, mais se dissipe partiellement avec le temps. Les r\u00e9percussions \u00e0 long terme sur le PIB par habitant sont moins prononc\u00e9es, ce qui pourrait \u00eatre li\u00e9 au fait que les chocs qui ont eu lieu en Suisse ont eu tendance par le pass\u00e9 \u00e0 provoquer des flux migratoires, le PIB subissant de plus fortes variations que la productivit\u00e9 par salari\u00e9.Les \u00e9chantillons comportant l\u2019hypoth\u00e8se de cassures temporelles montrent une tendance plus marqu\u00e9e \u00e0 la r\u00e9sorption des chocs. Les mod\u00e8les sans ajustement des cassures temporelles pr\u00e9sentent une diff\u00e9rence sensible entre les \u00e9chantillons de 1950 \u00e0 2009 et ceux de 1914 \u00e0 2009. Les premiers sont domin\u00e9s par le ralentissement de la crois-sance dans les ann\u00e9es septante alors que les \u00e9chantillons portant sur un grand nombre d\u2019ann\u00e9es s\u2019en ressentent moins.Les m\u00e9thodes statistiques utilis\u00e9es ne permettent pas de diff\u00e9rencier nettement les causes de leurs effets. Un choc peut, par exemple, \u00eatre provoqu\u00e9 par des avanc\u00e9es technologiques au niveau de l\u2019offre. On peut ainsi imaginer qu\u2019un choc de la demande pr\u00e9sentera moins d\u2019effets sur la dur\u00e9e qu\u2019un choc de l\u2019offre.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSelon diverses th\u00e9ories \u00e9conomiques, les variations de courte dur\u00e9e touchant la demande ou d\u2019autres facteurs peuvent parfois pr\u00e9senter des effets persistants. Dans le cadre de la NSN, ces effets ne peuvent gu\u00e8re \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s, notamment en raison du fait que les interactions entre des agents h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes sont ignor\u00e9es. Le fait que le <i>secteur financier soit largement n\u00e9glig\u00e9<\/i> \u2013 notamment quant aux risques de faillite et de refinancement \u2013 est un aspect central, qui s\u2019est d\u2019ailleurs r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avec force lors de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re. Or une dynamique de courte dur\u00e9e peut devenir d\u2019autant plus importante que la part de financement externe des entreprises est grande.La crise des march\u00e9s financiers de 2008 et la forte r\u00e9cession qui a suivi en 2009 ne semblent gu\u00e8re avoir eu d\u2019effets \u00e0 long terme sur le PIB potentiel de la Suisse. En 2010, l\u2019\u00e9conomie de la Suisse pr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 une dynamique importante et les perspectives \u00e9conomiques sont toujours aussi positives. Ainsi, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019adopter des mesures d\u2019\u00e9conomie extraordinaires sur le plan f\u00e9d\u00e9ral pour satisfaire aux conditions du frein \u00e0 l\u2019endettement.Toutefois, une s\u00e9rie de risques p\u00e8sent encore sur le d\u00e9veloppement conjoncturel \u00e0 venir. Mentionnons par exemple la force persistante de la monnaie en rapport avec la crise provoqu\u00e9e par l\u2019endettement dans la zone euro et aux \u00c9tats-Unis ainsi qu\u2019une conjoncture domestique dop\u00e9e par un octroi g\u00e9n\u00e9reux d\u2019hypoth\u00e8ques et un secteur de la construction en plein essor, mais qui pourrait ne pas se r\u00e9v\u00e9ler durable. Il n\u2019est pas possible d\u2019exclure \u00e0 l\u2019heure actuelle que les suites de la crise des march\u00e9s financiers et de la conjoncture ne se r\u00e9percutent encore sur le potentiel du PIB de la Suisse par l\u2019interm\u00e9diaire des cr\u00e9dits ou des cours de change et \u2013 ind\u00e9pendamment des d\u00e9cisions budg\u00e9taires et fiscales \u2013 n\u2019entra\u00eenent une charge structurelle suppl\u00e9mentaire pour les budgets publics.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abRecettes structurelles de la Conf\u00e9d\u00e9ration\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9volution de la productivit\u00e9 et croissance \u00e9conomique en Suisse, 1992\u20132008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abEffets des variations conjoncturelles sur le PIB potentiel en Suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Andrist F., Anderson R. G. et Williams M. 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(\u00e9d.) <i>Neu-Keynesianismus \u2013 der neue wirtschaftspolitische Mainstream?,<\/i> Marburg, 2005, pp. 137\u2013178, Metropolis-Verlag.<\/i><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les fluctuations de la demande et les impulsions mon\u00e9taires \u00e0 court terme n\u2019agissent pas, \u00e0 plus longue \u00e9ch\u00e9ance, sur la production et l\u2019emploi selon la doctrine macro\u00e9conomique dominante. Certains arguments d\u2019ordre th\u00e9orique et empirique viennent, cependant, remettre quelque peu en question cette affirmation. 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