{"id":151034,"date":"2011-06-01T12:00:00","date_gmt":"2011-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/06\/surchat-6\/"},"modified":"2023-08-24T00:53:21","modified_gmt":"2023-08-23T22:53:21","slug":"surchat-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/06\/surchat-6\/","title":{"rendered":"Les sc\u00e9narios \u00e0 long terme du PIB suisse"},"content":{"rendered":"<p>Les sc\u00e9narios \u00e0 long terme du produit int\u00e9rieur brut (PIB) suisse int\u00e9ressent de nombreuses agences \u00e9tatiques, par exemple pour estimer la durabilit\u00e9 des finances publiques, planifier les infrastructures publiques, pr\u00e9voir les efforts \u00e0 consentir en mati\u00e8re environnementale et pond\u00e9rer la stabilit\u00e9 financi\u00e8re macro\u00e9conomique. Cet article s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la fiabilit\u00e9 de ces sc\u00e9narios \u00e9conomiques, y compris ceux qui con-cernent la Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Histoire et th\u00e9orie \u00e9conomiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAvant d\u00eatre capable de pr\u00e9voir l\u2019avenir, il faut d\u2019abord une bonne compr\u00e9hension du pass\u00e9. Dans ce sens, l\u2019histoire et la th\u00e9orie \u00e9conomiques ont fait d\u2019\u00e9normes progr\u00e8s, entre autres suite aux travaux pionners des professeurs Angus Maddison et Robert Barro. Des s\u00e9ries de PIB par habitant calcul\u00e9es en parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat sont actuellement disponibles sur Internet et certaines sont particuli\u00e8rement parlantes. Des constats simples peuvent en \u00eatre tir\u00e9s:1. <i>Des tendances \u00e0 long terme sont visibles pour la plupart des pays.<\/i> Cest en particulier le cas des \u00c9tats-Unis, qui se sont remis de la grande d\u00e9pression et de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale en apparence en restant sur une ligne droite. LAllemagne et le Japon se sont tr\u00e8s vite remis du dernier conflit, qui a presque tout d\u00e9truit, sauf leur capital humain (voir <i>graphique 1<\/i>).2. <i>Il existe des ruptures de tendances.<\/i> On observe l\u2019impact des r\u00e9formes \u00e9conomiques en Chine, en Inde et au Chili. Le Br\u00e9sil a connu sa \u00abd\u00e9cennie perdue\u00bb d\u00e8s 1980 et la croissance japonaise s\u2019est nettement tass\u00e9e \u00e0 partir de 1990 (voir <i>graphique 2<\/i>).3. <i>La position \u00e9conomique varie dans le temps.<\/i> Le Royaume-Uni a connu une confortable avance jusque dans les ann\u00e9es trente. La Suisse ne s\u2019est jamais remise de la crise p\u00e9troli\u00e8re qui s\u2019est cumul\u00e9e avec un franc suisse fort, une immigration contr\u00f4l\u00e9e et une int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9duite. Par contre, le bien-\u00eatre relatif de la Norv\u00e8ge n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019accro\u00eetre depuis son ind\u00e9pendance en 1905.4. Les <i>pays les moins d\u00e9velopp\u00e9s<\/i> peuvent conna\u00eetre des <i>taux de croissance fulgurants<\/i> jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils rejoignent le groupe des pays les plus avanc\u00e9s.Ainsi, pour les sp\u00e9cialistes de la croissance \u00e0 long terme, il est central de comprendre:\u2212 les ph\u00e9nom\u00e8nes de convergence;\u2212 les raisons des ruptures de s\u00e9ries;\u2212 le taux de croissance du progr\u00e8s technologique mondial&#13;<br \/>\nCe dernier point ne sera pas abord\u00e9 ici puisque la Suisse n\u2019a que peu d\u2019influence sur ce taux, qui sera donc consid\u00e9r\u00e9 comme exog\u00e8ne, voire probablement tr\u00e8s stable dans le sillage des \u00c9tats-Unis..En ce qui concerne le ph\u00e9nom\u00e8ne de convergence, plusieurs \u00e9tudes montrent qu\u2019il n\u2019est, en lui m\u00eame, pas tr\u00e8s fort. Ce serait bien davantage la volont\u00e9 des pays \u00e9mergents de se d\u00e9velopper et de suivre les politiques les plus adapt\u00e9es sur une base durable qui fait la diff\u00e9rence. Sur ce plan, les exemples historiques ne manquent pas. Ainsi, plus un pays est pauvre, plus les chances sont grandes que ses dirigeants \u2013 qui jouent souvent la survie de leur r\u00e9gime face \u00e0 la mondialisation et aux progr\u00e8s des pays voisins \u2013 se d\u00e9terminent \u00e0 \u00e9laborer de v\u00e9ritables politiques de croissance. \u00c9tant donn\u00e9 que la Suisse fait partie des \u00e9conomies les plus avanc\u00e9es, le ph\u00e9nom\u00e8ne de convergence n\u2019est pas tr\u00e8s marqu\u00e9&#13;<br \/>\nLe ph\u00e9nom\u00e8ne de convergence nest pas totalement absent en Suisse: en 1996, apr\u00e8s notre propre \u00abd\u00e9cennie perdue\u00bb, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral et le Parlement ont d\u00e9cid\u00e9 de mettre sur pied une politique de croissance qui a connu des succ\u00e8s. \u00c0 linverse, en 2010, apr\u00e8s que la Suisse a remarquablement surmont\u00e9 la r\u00e9cente crise, la volont\u00e9 politique de mener des r\u00e9formes \u00e9conomiques nest plus visible. Pour le Seco, il est probable que la croissance \u00e9conomique structurelle en subira le contrecoup et ralentira. et sera ignor\u00e9.Les ruptures de tendances sont par contre du plus grand int\u00e9r\u00eat, y compris pour les pays les plus avanc\u00e9s. Elles s\u2019expliquent souvent par des changements fondamentaux de politiques \u00e9conomiques. Or, la compr\u00e9hension des facteurs qui ont produit ces ruptures n\u2019est pas seulement essentielle pour la politique \u00e9conomique, elle l\u2019est aussi pour valider la robustesse de certains sc\u00e9narios \u00e0 long terme. En n\u2019utilisant que des mod\u00e8les \u00e9conom\u00e9- triques, l\u2019incertitude \u00ab\u00e0 la marge\u00bb est particuli\u00e8rement grande, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est tr\u00e8s difficile, voire impossible, de pr\u00e9dire si le dernier cycle conjoncturel repr\u00e9sente une rupture structurelle ou non. Seule une analyse au cas par cas permet d\u2019\u00e9mettre des hypoth\u00e8ses viables.&#13;<\/p>\n<h2>Les facteurs de la croissance structurelle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour expliquer la croissance \u00e9conomique \u00e0 long terme, deux m\u00e9thodes sont principalement utilis\u00e9es:1. La <i>comptabilit\u00e9 de la croissance<\/i>, qui a des fondements th\u00e9oriques tr\u00e8s forts en supposant une fonction de production&#13;<br \/>\nLa BNS dispose dun mod\u00e8le de ce genre., mais qui requiert une excellente qualit\u00e9 des statistiques souvent absente.2. Les <i>r\u00e9gressions de la croissance,<\/i> qui peuvent par contre utiliser toutes sortes de donn\u00e9es, mais qui ne peuvent garantir des liens de causalit\u00e9 entre les politiques \u00e9conomiques et la croissance structurelle. Pour compenser ce d\u00e9faut, il est n\u00e9cessaire d\u2019utiliser un vaste portefeuille de mod\u00e8les&#13;<br \/>\nJusqu\u00e0 plusieurs millions, depuis larticle de r\u00e9f\u00e9rence de Sala-i-Martin (1997)., de telle mani\u00e8re que les recom-mandations \u00e9mises puissent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme robustes non seulement par rapport aux pays et \u00e0 l\u2019\u00e9chantillon, mais \u00e9galement par rapport \u00e0 la mod\u00e9lisation.Au regard des r\u00e9sultats obtenus dans la litt\u00e9rature, la croissance \u00e0 long terme ne peut pas s\u2019expliquer par une recette miracle. Par contre, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que, presque syst\u00e9matiquement, il est n\u00e9cessaire d\u2019inclure dans la mod\u00e9lisation un ensemble complexe d\u2019au moins cinq facteurs de croissance&#13;<br \/>\nCe constat confirme \u00e9galement que les politiques de croissance doivent agir sur plusieurs plans pour avoir du succ\u00e8s.. Ceux\u2013ci peuvent par exemple \u00eatre choisis dans la typologie suivante des \u00abd\u00e9fis de la croissance\u00bb, laquelle est parfois utilis\u00e9e par le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco):1. La <i>mondialisation<\/i>: l\u2019ouverture \u00e9conomique est pour la plupart des pays le moteur des r\u00e9formes \u00e9conomiques amenant \u00e0 la croissance. Pour la Suisse, la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes internationaux de services devient de plus en plus essentielle.2. La <i>mobilisation du facteur travail:<\/i> chaque pays semble avoir ses propres d\u00e9fis \u00e0 surmonter (march\u00e9 dual, flexibilit\u00e9, ch\u00f4mage des jeunes, incitations des assurances sociales, etc..). Pour la Suisse, le vieillissement d\u00e9mographique et l\u2019int\u00e9gration des immigrants sont les deux facteurs principaux \u00e0 consid\u00e9rer.3. La <i>soci\u00e9t\u00e9 du savoir:<\/i> l\u2019\u00e9volution rapide des technologies mondiales implique que chaque pays doit avoir les capacit\u00e9s n\u00e9cessaires pour les absorber. La Suisse ne peut pas compter sur la libre circulation pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me et devra consentir des investissements propres de plus en plus importants dans le capital humain. Accompagn\u00e9s de conditions-cadre ad\u00e9quates, ceux-ci auront un impact tr\u00e8s positif sur la capacit\u00e9 d\u2019innovation.4. La <i>mobilisation du facteur capital:<\/i> les pays \u00e9mergents sont principalement concern\u00e9s (exemple: la probl\u00e9matique du droit de propri\u00e9t\u00e9). En Suisse, le march\u00e9 immobilier semble tr\u00e8s rigide en comparaison internationale, avec une faible r\u00e9action aux signaux du march\u00e9.5. Les <i>r\u00e9gimes de march\u00e9:<\/i> dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, des march\u00e9s lib\u00e9ralis\u00e9s et flexibles sont les principaux facteurs de croissance de la productivit\u00e9. Le potentiel en Suisse pour de nouvelles r\u00e9formes ne manque pas. L\u2019accent pourrait \u00eatre mis sur les infrastructures publiques dans les prochaines ann\u00e9es.6. La <i>gouvernance publique et priv\u00e9e:<\/i> la qualit\u00e9 des institutions est centrale pour assurer la durabilit\u00e9 d\u2019un succ\u00e8s \u00e9conomique. L\u2019exp\u00e9rience r\u00e9cente de la crise financi\u00e8re ne fait que confirmer ce point. En Suisse, des structures de gouvernance macroprudentielle devront \u00eatre mises sur pied, y compris pour les \u00abtoo big to fail\u00bb.7. La <i>stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique:<\/i> elle reste un probl\u00e8me et pas seulement pour de nombreux pays en voie de d\u00e9veloppement. L\u2019assurer consiste notamment \u00e0 g\u00e9rer les d\u00e9s\u00e9quilibres mondiaux potentiellement d\u00e9stabilisants (comme ceux provenant d\u2019un endettement public excessif). Pour la Suisse, cela se r\u00e9percute sous la forme d\u2019un franc fort et de barri\u00e8res de plus en plus fr\u00e9quentes \u00e0 l\u2019encontre des flux de capitaux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.8. La <i>ma\u00eetrise des contraintes environnementales:<\/i> l\u2019environnement local et l\u2019\u00e9puisement des ressources naturelles reste le principal d\u00e9fi de nombreux pays. Pour la Suisse, le d\u00e9couplage des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre et de la croissance repr\u00e9sente le principal d\u00e9fi; celui-ci concerne \u00e9galement la production d\u2019\u00e9nergie et la mobilit\u00e9.Si une rupture de la croissance structurelle est observ\u00e9e, soup\u00e7onn\u00e9e ou crainte, son origine doit pouvoir se trouver dans la liste ci-dessus. Par exemple, la question s\u2019est pos\u00e9e de savoir si le taux de croissance structurel de chaque pays allait \u00eatre affect\u00e9 par la crise financi\u00e8re. La politique \u00e9conomique s\u2019est, toutefois, tr\u00e8s rapidement concentr\u00e9e sur la mobilisation du facteur capital, la gouvernance et l\u2019ouverture \u00e9conomique.Pour ce dernier point, des messages tr\u00e8s clairs ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mis sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9viter le retour au protectionisme. M\u00eame si plusieurs \u00c9tats n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 exemplaires et que le cycle de Doha pourrait \u00e9chouer, dans l\u2019ensemble, aucune vague protectionniste n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, alors qu\u2019une aide massive au financement du commerce mondial d\u00e9cid\u00e9e par le G20 a probablement \u00e9t\u00e9 un des meilleurs investissements pour sortir de la crise. Aujourd\u2019hui, on peut constater que la mondialisation se poursuit \u00e0 un rythme soutenu.Pour le facteur capital, de nombreux pays n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s. C\u2019est en particulier le cas des pays \u00e9mergents qui d\u00e9pendent peu d\u2019un financement international et ont recours \u00e0 leur \u00e9pargne nationale. Pour les pays d\u00e9velopp\u00e9s, les investissements ont \u00e9t\u00e9 poussifs jusqu\u2019en 2010, alors que l\u2019endettement public atteignait des niveaux non soutenables. Une large incertitude pour la croissance structurelle existait alors. En 2011, cependant, des signes encourageants ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s permettant d\u2019esp\u00e9rer que la crise n\u2019aura pas de cons\u00e9quences graves sur l\u2019accumulation du facteur capital, si plusieurs pays adoptent un plan cr\u00e9dible d\u2019assainissement de leurs finances publiques. Il reste, toutefois, le probl\u00e8me de la gouvernance, qui devrait pouvoir \u00eatre r\u00e9solu prochainement. Comme la volont\u00e9 semble exister de relever ce dernier d\u00e9fi et qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9vident que les autres facteurs de croissance aient connu une rupture apr\u00e8s la crise, on peut \u00eatre relativement confiant: la crise a certes \u00e9t\u00e9 une \u00e9preuve consid\u00e9rable, mais le taux de croissance structurel de la plupart des pays ne sera pas durablement affect\u00e9. Cette opinion est soutenue par l\u2019OCDE, alors que les derni\u00e8res estimations \u00e9conom\u00e9- triques, bien que n\u2019\u00e9tant pas encore significatives, n\u2019excluent pas un retour vers le taux de croissance structurel existant avant la crise.&#13;<\/p>\n<h2>Le cas suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes consid\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9mises sont appliqu\u00e9es au Seco pour \u00e9tablir des sc\u00e9narios de croissance \u00e0 long terme du PIB suisse en quatre \u00e9tapes.<i>Premi\u00e8rement<\/i>, \u00e9tant donn\u00e9 la qualit\u00e9 des s\u00e9ries statistiques disponibles pour l\u2019instant et les difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir une comptabilit\u00e9 fiable de la croissance, le Seco a adopt\u00e9 le mod\u00e8le de croissance le plus simple. Selon cette approche, la croissance structurelle du PIB est \u00e9gale \u00e0 la croissance des \u00e9quivalents plein temps dans des sc\u00e9narios d\u00e9mogra-phiques de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) plus une estimation de la croissance de la productivit\u00e9 apparente structurelle.<i>Deuxi\u00e8mement<\/i>, la croissance de la productivit\u00e9 apparente structurelle en \u00e9quivalents plein temps a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 0,9%. La robustesse de cette estimation a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par une batterie de tests \u00e9conom\u00e9triques les plus divers (en changeant l\u2019\u00e9chantillon, avec une approche ascendante en partant des secteurs \u00e9conomiques, en utilisant le stock de capital, etc.). Cela est une particularit\u00e9 suisse, \u00e9tant donn\u00e9 que dans les autres pays ce param\u00e8tre est celui qui est le plus difficile \u00e0 anticiper dans le long terme. Une analyse structurelle similaire \u00e0 celle de la section pr\u00e9c\u00e9dente montre qu\u2019il ne faut pas sattendre \u00e0 ce que ce chiffre de 0,9% par an change au cours du pr\u00e9sent cycle conjoncturel ou par la suite. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments indiquent un affaiblissement possible. Ce chiffre doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme plut\u00f4t optimiste, tout en restant dans la marge d\u2019erreur de la plupart des estimations.<i>Troisi\u00e8mement<\/i>, plusieurs sc\u00e9narios peuvent \u00eatre formul\u00e9s pour les \u00e9quivalents plein temps. Alors que, dans d\u2019autres pays, les s\u00e9ries sur l\u00e9volution d\u00e9mographique sont les plus fiables \u00e0 long terme elles d\u00e9pendent de taux de natalit\u00e9 et de mortalit\u00e9 relativement pr\u00e9visibles , c\u2019est le contraire en Suisse en raison de la volatilit\u00e9 de l\u2019immigration. Dans le sc\u00e9nario d\u00e9mographique \u00abtrend\u00bb de juin 2010, le taux d\u2019immigration nette a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 environ 1,5% par an \u00e0 partir de 2030, soit la moyenne observ\u00e9e dans les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes en supposant que la libre circulation des personnes perde progressivement de son influence. Le Seco a approuv\u00e9 cette hypo-th\u00e8se, \u00e9tant donn\u00e9 que jusqu\u2019en 2009 l\u2019immigration pouvait s\u2019expliquer assez simplement par la conjoncture plus un effet particulier temporaire de la libre circulation. En utilisant le taux de croissance des \u00e9quivalents plein temps de l\u2019offre de travail selon le sc\u00e9nario d\u00e9mographique \u00abtrend\u00bb de l\u2019OFS et en supposant un taux de croissance structurel de la productivit\u00e9 de 0,9%, le taux de croissance du PIB \u00e9volue comme dans le <i>graphique 3<\/i>. Cependant, apr\u00e8s la derni\u00e8re crise, soit en 2010, l\u2019instabilit\u00e9 \u00e0 la marge des pr\u00e9visions sur l\u2019immigration nette a fortement augment\u00e9, ce qui n\u2019est pas inhabituel pour la Suisse. Cette fois-ci, une analyse structurelle ne permet plus d\u2019exclure la persistance de vagues migratoires au regard des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par la zone euro. Dautres sc\u00e9narios de croissance sont donc envisageables avec un essor d\u00e9mographique qui se poursuivrait \u00e0 long terme. Le <i>graphique 4<\/i> montre les trois possibilit\u00e9s:\u2212 le sc\u00e9nario \u00abtrend\u00bb de l\u2019OFS est tr\u00e8s proche d\u2019un mod\u00e8le dans lequel la libre circulation perd ses effets d\u00e8s 2011;\u2212 si la libre circulation induit un effet permanent, le solde migratoire restera \u00e9lev\u00e9 et la population \u00e9voluera de mani\u00e8re similaire au sc\u00e9nario de tr\u00e8s forte immigration de l\u2019OFS;\u2212 la crise dans la zone euro prolonge l\u2019effet de la libre circulation pour quelques ann\u00e9es. Malgr\u00e9 tout, celui-ci s\u2019att\u00e9nuera progressivement jusquen 2022, si les pays de provenance des migrants retrouvent leur dynamisme \u00e9conomique (Allemagne) ou surmontent progressivement leurs difficult\u00e9s actuelles (pays du sud de l\u2019Europe)&#13;<br \/>\nCe dernier sc\u00e9nario impliquerait globalement une croissance structurelle d\u00e9mographique sup\u00e9rieure, jusqu\u2019\u00e0 0,2% par an, dans la prochaine d\u00e9cennie. Contrairement aux apparences, cela n\u2019est pas modeste et a des implications dans le financement des assurances sociales et celui des infrastructures publiques..Quatri\u00e8mement, les s\u00e9ries cha\u00een\u00e9es des taux de croissance structurelle du PIB sont accompagn\u00e9es dune estimation du PIB potentiel employant une m\u00e9thode similaire \u00e0 celle utilis\u00e9e pour le frein \u00e0 l\u2019endetttement.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa th\u00e9orie et les estimations \u00e9conom\u00e9- triques ont fait de grands progr\u00e8s ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es pour expliquer les taux de croissance structurels observ\u00e9s. Malgr\u00e9 tout, des probl\u00e8mes d\u2019instabilit\u00e9 \u00e0 la marge dans l\u2019\u00e9tablissement des sc\u00e9narios de croissance \u00e0 long terme demeurent et emp\u00eachent de les rendre fiables. Une analyse de la nature structurelle des cycles conjoncturels aide \u00e0 surmonter ce probl\u00e8me sans pouvoir le r\u00e9soudre enti\u00e8rement.En Suisse, le taux de croissance structurel de la productivit\u00e9 apparente du travail est tr\u00e8s robuste, m\u00eame apr\u00e8s la derni\u00e8re crise; il demeure, cependant, tr\u00e8s bas en compa-raison internationale et aucune raison n\u2019autorise \u00e0 faire preuve d\u2019optimisme pour l\u2019avenir. Il reste, par contre, tr\u00e8s difficile d\u2019estimer le niveau structurel de l\u2019immigration nette. C\u2019est pourquoi d\u2019autres sc\u00e9narios que le mod\u00e8le \u00abtrend\u00bb m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s lorsque les offices f\u00e9d\u00e9raux veulent d\u00e9crire la croissance \u00e0 long terme du PIB.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution tendancielle du PIB\/hab., en logarithme, 1900 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00ab\u00c9volution tendancielle du PIB\/hab., en logarithme, 1900 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00ab\u00c9volution du taux de croissance structurel du PIB suisse selon le sc\u00e9nario \u00abtrend\u00bb du Seco, en&nbsp;% par an, 2010 2030\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4: \u00ab\u00c9volution du solde migratoire net selon diff\u00e9rents sc\u00e9narios, en&nbsp;% de la population active en \u00e9quivalent plein temps, 1981 2020\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les sc\u00e9narios \u00e0 long terme du produit int\u00e9rieur brut (PIB) suisse int\u00e9ressent de nombreuses agences \u00e9tatiques, par exemple pour estimer la durabilit\u00e9 des finances publiques, planifier les infrastructures publiques, pr\u00e9voir les efforts \u00e0 consentir en mati\u00e8re environnementale et pond\u00e9rer la stabilit\u00e9 financi\u00e8re macro\u00e9conomique. 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