{"id":151134,"date":"2011-04-01T12:00:00","date_gmt":"2011-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/04\/arvanitis-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:53:32","modified_gmt":"2023-08-23T22:53:32","slug":"arvanitis-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/04\/arvanitis-2\/","title":{"rendered":"L\u2019internationalisation du secteur des services de l\u2019\u00e9conomie suisse"},"content":{"rendered":"<p>Dans le pr\u00e9sent article&#13;<br \/>\nL\u2019article se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une \u00e9tude effectu\u00e9e \u00e0 la demande du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco). Une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 cette occasion aupr\u00e8s des entreprises dans les secteurs de l\u2019industrie, de la construction et des services selon un sondage repr\u00e9sentatif., les auteurs abordent les questions suivantes: quels sont les facteurs qui font que les entreprises de services d\u00e9cident d\u2019investir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger? Quelle forme et quelle ampleur leurs engagements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger prennent-ils? L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e selon trois crit\u00e8res: les diff\u00e9rents facteurs \u00e0 l\u2019origine de la pr\u00e9sence des entreprises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9s. Les interd\u00e9pendances des services entre la maison m\u00e8re et ses filiales \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont, ensuite, fait l\u2019objet d\u2019un examen. Enfin, on a voulu savoir si les investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u2013 une forme de d\u00e9localisation \u2013 affaiblissent, comme on l\u2019imagine souvent, ou au contraire renforcent (en cr\u00e9ant des activit\u00e9s compl\u00e9mentaires) la place \u00e9conomique suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa pr\u00e9sence des soci\u00e9t\u00e9s de services suisses dans l\u2019\u00e9conomie mondiale, que ce soit par leurs exportations ou leurs activit\u00e9s directes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger&#13;<br \/>\nPar activit\u00e9s directes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, on entend la pr\u00e9sence locale d\u2019entreprises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sous la forme de filiales, d\u2019entreprises conjointes ou de contrats de coop\u00e9ration \u00e0 long terme., n\u2019est pas aussi importante que celle des entreprises industrielles qui, elles, sont fortement mondialis\u00e9es (voir <i>tableau 1<\/i>). Les principales raisons de cette diff\u00e9rence tiennent \u00e0 la plus faible n\u00e9gociabilit\u00e9 des services, aux r\u00e9els obstacles rencontr\u00e9s par les entreprises qui les fournissent, \u00e0 leur champ d\u2019action g\u00e9ographique r\u00e9duit et \u00e0 leur taille souvent faible. La proportion des entreprises de services exportatrices s\u2019\u00e9l\u00e8ve tout de m\u00eame \u00e0 30% et 12% sont directement pr\u00e9sentes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Ces pourcentages sont deux fois plus \u00e9lev\u00e9s dans l\u2019industrie, puisque les activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger d\u00e9pendent fortement de la taille de l\u2019entreprise; cette constatation sapplique encore mieux \u00e0 la pr\u00e9sence directe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger quaux exportations. On voit aussi que 25% de toutes les entreprises qui ont exerc\u00e9 des activit\u00e9s directes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en 2010 ont investi pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019\u00e9tranger apr\u00e8s 1990; ce pourcentage monte m\u00eame \u00e0 50% chez les petites entre-prises et les entreprises de services \u00e0 fort coefficient de savoir. De nombreux facteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019internationalisation: la baisse des co\u00fbts de l\u2019information et des transports, les accords bilat\u00e9raux avec l\u2019UE, l\u2019ouverture de l\u2019Europe de l\u2019Est, la lib\u00e9ralisation des march\u00e9s des capitaux et des infrastructures et les strat\u00e9gies de croissance qui sont de plus en plus ax\u00e9es vers l\u2019ext\u00e9rieur dans les pays \u00e9mergents.&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9terminants des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe mod\u00e8le OLI de <i>Dunning (2000)<\/i>, qui regroupe les approches les plus importantes pour expliquer les diff\u00e9rents investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, a servi de cadre de r\u00e9f\u00e9rence th\u00e9orique \u00e0 l\u2019analyse des activit\u00e9s des entreprises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Selon celui-ci, trois groupes de facteurs incitent une entreprise \u00e0 s\u2019implanter \u00e0 l\u2019\u00e9tranger:\u2212 la combinaison profitable de <i>caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques \u00e0 l\u2019entreprise<\/i> comme la capacit\u00e9 d\u2019innover, le capital humain, l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (\u00abO-Advantages\u00bb);\u2212 les <i>d\u00e9savantages de la localisation<\/i> comme les co\u00fbts salariaux \u00e9lev\u00e9s, un march\u00e9 fortement r\u00e9glement\u00e9 (\u00abL-Disadvantages\u00bb);\u2212 <i>l\u2019internalisation des relations commerciales<\/i>, en reprenant, par exemple, un fournisseur pour garantir la qualit\u00e9 des composants-cl\u00e9s (\u00abI-Advantages\u00bb).Le mod\u00e8le OLI permet d\u2019expliquer de mani\u00e8re relativement pr\u00e9cise les activit\u00e9s des entreprises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Dans les deux secteurs, leurs forces sp\u00e9cifiques sont le moteur de leurs activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (voir <i>tableau 2<\/i>). Elles correspondent aux avantages comparatifs de la Suisse (capacit\u00e9 d\u2019innover, capital humain, etc.). Les d\u00e9terminants de la pr\u00e9-sence directe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ne diff\u00e8rent pas \u00e9norm\u00e9ment entre le secteur des services et celui de l\u2019industrie. Les diff\u00e9rences portent principalement sur l\u2019autofinancement (significatif seulement dans le secteur des services), la coop\u00e9ration locale (importante seulement dans l\u2019industrie), la concurrence par le prix (importante seulement dans le secteur des services), l\u2019\u00e2ge de l\u2019entreprise (ne joue un r\u00f4le que pour l\u2019industrie) et sa taille.Une comparaison entre les entreprises exportatrices et celles \u00e9tablies \u00e0 l\u2019\u00e9tranger montre qu\u2019avec le nombre croissant de fonctions entrepreneuriales d\u00e9localis\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, les variables du mod\u00e8le OLI exercent visiblement une plus forte influence dans le deuxi\u00e8me cas que pour les \u00abexportateurs purs\u00bb (cette observation est principalement valable pour les entreprises industrielles). Les entreprises de services qui op\u00e8rent au niveau international ne se diff\u00e9rencient que par rapport \u00e0 celles qui restent confin\u00e9es au march\u00e9 int\u00e9rieur.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019interd\u00e9pendance des services entre la maison m\u00e8re et les filiales \u00e9trang\u00e8res<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne fois que l\u2019entreprise est pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, quelle est la part des unit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res (sauf les coop\u00e9rations) dans les activit\u00e9s de l\u2019ensemble du groupe? L\u2019estimation repose sur la quote-part moyenne \u00e0 l\u2019\u00e9tranger du chiffre d\u2019affaires, de l\u2019emploi, des investissements et des co\u00fbts de la recherche et du d\u00e9veloppement (R&amp;D) en 2008, qui varie entre 38% (chiffre d\u2019affaires) et 28% (R&amp;D). Dans le secteur des services, ces proportions se situent \u00e0 un niveau plus bas de 3 (R&amp;D) \u00e0 8 points (emploi) que dans l\u2019industrie.Il faut, toutefois, noter que ce calcul de la valeur moyenne en pourcent fait abstraction de la taille de l\u2019entreprise. En cas d\u2019extrapolation, les activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger des grandes entreprises, pour lesquelles le march\u00e9 suisse n\u2019est, le plus souvent, pas int\u00e9ressant, feraient une grande diff\u00e9rence. Le fait que la part de la R&amp;D \u00e0 l\u2019\u00e9tranger est plus faible que celle de l\u2019emploi indique que les entreprises veulent exercer un contr\u00f4le direct sur la production du savoir; ajoutons encore que le personnel disponible pour la R&amp;D est beaucoup plus nombreux en Suisse que sur la plupart des sites \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.La <i>nature<\/i> et <i>l\u2019interd\u00e9pendance des services internes au groupe<\/i> sont un aspect de l\u2019internationalisation qui n\u2019a encore jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 en Suisse. Pour l\u2019analyse, on distingue quatre sortes de marchandises (mati\u00e8res premi\u00e8res, composants et produits interm\u00e9diaires simples, composants et produits interm\u00e9diaires complexes, produits finis) et trois types de services (logiciels et TI, savoir-faire et brevets, licences de vente). Les \u00e9valuations montrent (voir <i>graphique 1<\/i>) que, tant dans le secteur des services que dans l\u2019industrie, la proportion d\u2019entreprises qui fournissent est 80% plus \u00e9lev\u00e9e que pour celles qui ach\u00e8tent. Le criblage des profils des fournisseurs et des b\u00e9n\u00e9ficiaires montre que, dans les deux secteurs, trois types de services bas\u00e9s sur les connaissances, \u00e0 savoir logiciels et TI, savoir-faire et brevets, ainsi que licences de vente, enregistrent des \u00absurplus de fournitures\u00bb particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9s. En consid\u00e9rant le volume des livraisons, autrement dit la somme des livraisons et des achats, on voit que, dans l\u2019industrie, les maisons m\u00e8res sont sp\u00e9cialis\u00e9es surtout dans la fourniture de savoir-faire et de brevets, de produits finis et de composants et biens interm\u00e9diaires complexes, alors qu\u2019on ach\u00e8te \u00e0 l\u2019\u00e9tranger des composants et des biens interm\u00e9diaires simples en grande quantit\u00e9. Dans le secteur des services, outre les produits finis, ce sont surtout les logiciels et TI qui jouent un grand r\u00f4le dans les livraisons des maisons m\u00e8res. Le mod\u00e8le de l\u2019interd\u00e9pendance des services internes au groupe correspond aux avantages comparatifs de la Suisse. Alors que les activit\u00e9s \u00e0 fort coefficient de savoir et qui requi\u00e8rent un capital humain sont principalement \u00e9tablies en Suisse, les unit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger servent \u00e0 distribuer les marchandises sur les march\u00e9s locaux et \u00e0 acheter des biens interm\u00e9diaires simples. De ce fait, les points et r\u00e9seaux de vente \u00e9tablis \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur sont surtout aliment\u00e9s avec des produits finis et les sites de production avec des composants et des produits interm\u00e9diaires complexes.Les donn\u00e9es quantitatives confirment que les maisons m\u00e8res pr\u00e9sentent des exc\u00e9dents de livraison. Environ 30% des entreprises de services et plus de 40% des entreprises industrielles livrent plus de 15% de leurs exportations \u00e0 leurs unit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En revanche, dans les deux secteurs, seulement 20% des maisons m\u00e8res acqui\u00e8rent plus de 15% de leurs importations dans leurs unit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (voir <i>tableau 3<\/i>).&#13;<\/p>\n<h2>Les motifs justifiant les activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes explications ci-dessus ont d\u00e9j\u00e0 fourni des indications sur les motifs qui incitent les entreprises \u00e0 s\u2019adonner \u00e0 des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. On analysera ci-apr\u00e8s s\u00e9par\u00e9ment les motifs d\u00e9terminants pour les fonctions de distribution, de fabrication et achat et de R&amp;D.Dans la <i>distribution<\/i>, c\u2019est la question des <i>d\u00e9bouch\u00e9s<\/i> qui domine; par contre, les co\u00fbts ou la r\u00e9glementation sont pratiquement insignifiants. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 au march\u00e9 europ\u00e9en en 1998 \u00e9tait souvent une raison pour \u00eatre directement pr\u00e9sent dans un pays de l\u2019UE. Du c\u00f4t\u00e9 des motifs en relation avec la vente, les facteurs qui dominent sont \u00abl\u2019ouverture \u00e0 de nouveaux march\u00e9s\u00bb et \u00able maintien et le d\u00e9veloppement des march\u00e9s existants\u00bb. Les avantages que procurent la pr\u00e9sence sur place pour r\u00e9pondre de fa\u00e7on optimale aux souhaits des clients et la connaissance des conditions locales du march\u00e9 jouent un r\u00f4le. Un objectif consiste aussi \u00e0 s\u2019\u00e9tablir \u00e0 proximit\u00e9 du principal acqu\u00e9reur, ce qui peut s\u2019av\u00e9rer n\u00e9cessaire pour r\u00e9sister aux concurrents (locaux). La diff\u00e9rence entre les motifs de distribution dans l\u2019industrie et ceux du secteur des services est insignifiante.Pour le domaine <i>fabrication et achats<\/i>, les motifs <i>li\u00e9s \u00e0 la vente<\/i> sont aussi importants que pour la distribution; de m\u00eame, l\u2019importance relative des motifs individuels est tr\u00e8s semblable (voir <i>graphique 2<\/i>). Les <i>motifs de co\u00fbts<\/i> s\u2019av\u00e8rent tout aussi importants: ils concernent d\u2019abord les salaires, suivis de lapprovisionnement de la maison m\u00e8re depuis l\u2019\u00e9tranger. Ce dernier point est un autre indice de l\u2019importance de l\u2019optimisation des sites le long de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e. La seule grande diff\u00e9rence entre l\u2019industrie et le secteur des services r\u00e9side dans les co\u00fbts salariaux, qui ne prennent de loin pas autant de place dans le second que dans la premi\u00e8re. Dans l\u2019ensemble, les motifs de vente l\u2019emportent nettement dans le secteur des services. Dans l\u2019industrie aussi, ce groupe de motifs semble jouer un r\u00f4le l\u00e9g\u00e8rement plus grand que celui des co\u00fbts. Les d\u00e9savantages constitu\u00e9s par la r\u00e9glementation de la place \u00e9conomique suisse ne sont pas non plus un motif pour exercer une activit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger dans le domaine de la fabrication et des achats.Pour la <i>R&amp;D<\/i>, il faut, en outre, tenir compte des <i>motifs bas\u00e9s sur le savoir<\/i>. Ceux-ci ont, dans l\u2019industrie, presque la m\u00eame impor-tance que les co\u00fbts et les ventes. Ce dernier motif exprime la volont\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019adapter \u00e0 l\u2019\u00e9tranger les produits d\u00e9velop-p\u00e9s le plus souvent en Suisse aux besoins sp\u00e9cifiques du march\u00e9 local au moyen de la R&amp;D. Gr\u00e2ce \u00e0 la proximit\u00e9 des hautes \u00e9coles \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou aux r\u00e9seaux locaux, les activit\u00e9s ext\u00e9rieures de R&amp;D servent de plus en plus \u00e0 permettre aux entreprises innovatrices d\u2019acc\u00e9der \u00e0 de nouveaux savoirs, ce qui n\u2019est possible que si l\u2019entreprise pratique ellem\u00eame la R&amp;D sur place. Le mod\u00e8le des motifs est moins \u00e9quilibr\u00e9 dans le secteur des services que dans l\u2019industrie. Dans ce cas, ce sont les motifs de vente qui dominent, bien que les co\u00fbts et la connaissance aient aussi une certaine importance. Les inconv\u00e9nients g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la r\u00e9glementation n\u2019entrent pas en ligne de compte dans les deux secteurs.&#13;<\/p>\n<h2>Linfluence des activit\u00e9s \u00e0 l\u00e9tranger sur les performances de la maison m\u00e8re<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour finir, on a cherch\u00e9 \u00e0 savoir si les entreprises qui investissent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger augmentent davantage leur productivit\u00e9 au cours du temps que celles qui ne travaillent que dans le pays d\u2019origine ou ne font qu\u2019exporter. Le r\u00e9sultat est que les effets sur la productivit\u00e9 ne sont positifs que dans certains segments de l\u2019\u00e9conomie.Dans l\u2019industrie, les investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont des retomb\u00e9es positives directes sur l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 des entreprises qui sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s avanc\u00e9es dans le processus d\u2019internationalisation. Il s\u2019agit des entreprises qui, en plus de la distribution ou de la production \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, pratiquent la R&amp;D ou celles qui ont, en premier lieu, investi en Am\u00e9rique du Nord, Asie ou Am\u00e9rique latine (voir le <i>tableau 4<\/i>). En outre, lorsque le capital humain y occupe une place impor-tante, la hausse de la productivit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e que dans le cas des entreprises sans pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Cependant, cette influence indirecte r\u00e9sulte de l\u2019interaction entre les activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et le capital humain&#13;<br \/>\nLes activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger augmentent la productivit\u00e9 du personnel qualifi\u00e9 qui travaille dans la maison m\u00e8re.. Il n\u2019y a pas de transfert de productivit\u00e9 des entreprises actives \u00e0 l\u2019\u00e9tranger vers les entreprises n\u2019op\u00e9rant qu\u2019au niveau interne ou qui ne sont qu\u2019exportatrices.Dans le secteur des services \u00e9galement, la pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019\u00e9tranger est favorable au d\u00e9veloppement de la productivit\u00e9 des maisons m\u00e8res, bien que les moteurs soient quelque peu diff\u00e9rents dans l\u2019industrie. Les effets \u00e9taient positifs pour les entreprises encore peu internationalis\u00e9es (activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger uniquement dans la distribution). Il en va de m\u00eame lorsque les activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sont r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre de coentreprises et lors d\u2019investissements dans les r\u00e9gions-cibles d\u2019\u00abautres pays\u00bb&#13;<br \/>\nJapon, Australie, Afrique.. Contrairement \u00e0 l\u2019industrie, il semble que les gains en productivit\u00e9 \u00e9manant des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger soient plus \u00e9lev\u00e9s lorsque le niveau d\u2019internationalisation est relativement faible. Par contre, \u00e0 linstar de lindustrie, on ne trouve pas dindices de retomb\u00e9es sur la productivit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>Les effets de compl\u00e9mentarit\u00e9 dominent<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl n\u2019y a pas qu\u2019en Suisse que les effets sur l\u2019\u00e9conomie nationale des investissements dans des sites \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sont \u00e9valu\u00e9s diff\u00e9remment. Les d\u00e9fenseurs de l\u2019hypoth\u00e8se de la substitution estiment que les investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger se font au d\u00e9triment de l\u2019\u00e9conomie nationale ou, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, que les activit\u00e9s domestiques sont \u00e9vinc\u00e9es par l\u2019externalisation. Les partisans de l\u2019hypoth\u00e8se de la compl\u00e9mentarit\u00e9 partent du principe que les activit\u00e9s domestiques profitent d\u2019une pr\u00e9sence directe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, notamment par l\u2019\u00e9largissement du march\u00e9 aux produits d\u00e9velopp\u00e9s en Suisse, la concentration sur les activit\u00e9s \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e ou l\u2019\u00e9largissement de la base des connaissances des maisons m\u00e8res. En Suisse, ce sont les effets de la compl\u00e9mentarit\u00e9 qui pr\u00e9dominent et cette conclusion se fonde sur les r\u00e9sultats de diverses analyses partielles:1. L\u2019analyse de l\u2019interd\u00e9pendance des services au sein du groupe montre que les livraisons des maisons m\u00e8res \u00e0 leurs unit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger d\u00e9passent de loin les services dans le sens inverse. Le mod\u00e8le de l\u2019interd\u00e9pendance des services internes au groupe correspond aux avantages comparatifs de la Suisse (capital humain, savoir technologique). 2. L\u2019hypoth\u00e8se de la compl\u00e9mentarit\u00e9 est aussi \u00e9tay\u00e9e par les r\u00e9sultats des motifs sur lesquels se basent les activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Dans le secteur des services, ce sont les motifs qui visent \u00e0 augmenter les ventes qui dominent dans les trois fonctions de l\u2019entreprise. Dans l\u2019industrie, o\u00f9 les co\u00fbts sont pourtant extr\u00eamement importants, les motifs qui renforcent la position de la maison m\u00e8re sur le march\u00e9 et face \u00e0 la concurrence dominent \u00e9galement. 3. L\u2019analyse partielle des d\u00e9terminants de la pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ne donne pas d\u2019indices confirmant l\u2019effet de substitution. Ce sont avant tout les forces sp\u00e9cifiques \u00e0 l\u2019entreprise qui en constituent le moteur, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment celles qui correspondent aux avantages comparatifs de la Suisse (capacit\u00e9 d\u2019innover, capital humain, etc.). 4. L\u2019analyse partielle de l\u2019influence des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sur le d\u00e9veloppement de la production et la capacit\u00e9 d\u2019innovation des maisons m\u00e8res \u2013 en tous cas pour une part consid\u00e9rable des entreprises actives \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u2013 fournit en plus une preuve de l\u2019hypoth\u00e8se de la compl\u00e9mentarit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Deux implications politiques importantes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 la compl\u00e9mentarit\u00e9 des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et dans le pays d\u2019origine des maisons m\u00e8res et le degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de l\u2019internationalisation de l\u2019\u00e9conomie suisse \u2013 et pas seulement des grandes entreprises \u2013 la politique \u00e9conomique n\u2019a en principe pas besoin d\u2019intervenir. Il faut toutefois mentionner dans ce domaine deux points importants: <i>premi\u00e8rement<\/i>, la Suisse dispose visiblement de bonnes conditions pour profiter de ce processus d\u2019internationalisation. De ce fait, la politique doit faire en sorte que ce pays continue d\u2019offrir de bonnes conditions aux sites destin\u00e9s aux si\u00e8ges de R&amp;D et aux entreprises innovatrices en g\u00e9n\u00e9ral, et qu\u2019elle am\u00e9liore encore son attrait. On pense tout d\u2019abord \u00e0 la politique en mati\u00e8re de formation et de recherche et \u00e0 la politique fiscale. <i>Deuxi\u00e8mement<\/i>, en ce qui concerne la suppression des barri\u00e8res, il est important de veiller \u00e0 ce que l\u2019acc\u00e8s des entreprises \u00e9trang\u00e8res dans les r\u00e9gions-cibles reste le plus libre possible, de prot\u00e9ger suffisamment la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et, en g\u00e9n\u00e9ral, de supprimer les r\u00e9glementations restrictives des activit\u00e9s \u00e9conomiques. Les am\u00e9liorations dans ce sens ne pourront \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es que dans le cadre d\u2019accords \u00e9conomiques bilat\u00e9raux qui vont au-del\u00e0 des r\u00e8gles de l\u2019OMC.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abPourcentage des maisons m\u00e8res qui fournissent \u00e0 leurs unit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou qui s\u2019approvisionnent chez elles\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abMotifs d\u2019instauration ou d\u2019\u00e9largissement d\u2019une pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019\u00e9tranger: fabrication et achats\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abPourcentage des entreprises exportatrices ou ayant une pr\u00e9sence directe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2: \u00abActivit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger: oui ou non \u2013 Estimation des probits\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 3: \u00abImportance de l&#8217;interd\u00e9pendance des services entre la maison m\u00e8re et ses filiales \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 4: \u00abCroissance de la productivit\u00e9 du travail et des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (AE); estimation: OLS\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le pr\u00e9sent article&#13; L\u2019article se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une \u00e9tude effectu\u00e9e \u00e0 la demande du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco). Une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 cette occasion aupr\u00e8s des entreprises dans les secteurs de l\u2019industrie, de la construction et des services selon un sondage repr\u00e9sentatif., les auteurs abordent les questions suivantes: quels sont les [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2727,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2727,"seco_co_author":[2728,3113,0,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. oec. publ., h\u00f6herer wissenschaftlicher Mitarbeiter, KOF Konjunkturforschungsstelle der ETH Z\u00fcrich","seco_author_post_occupation_fr":"Collaborateur scientifique senior, Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'EPFZ","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":2728,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Dr. rer. pol., assoziierter wissenschaftlicher Mitarbeiter, KOF Konjunkturforschungsstelle der ETH Z\u00fcrich","seco_co_author_post_occupation_fr":"Collaborateur scientifique associ\u00e9, KOF, centre de recherches conjoncturelles de l\u2019EPF Zurich"},{"seco_co_author":3113,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Wissenschaftlicher Mitarbeiter, KOF Konjunkturforschungsstelle, ETH Z\u00fcrich.","seco_co_author_post_occupation_fr":"Collaborateur scientifique, Centre de recherches conjoncturelles de l'EPF Zurich (KOF EPFZ)."}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":151137,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7474","post_abstract":"","magazine_issue":"20110401","seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/54f5c0348f09d"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151134"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2727"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=151134"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151134\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189380,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151134\/revisions\/189380"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3113"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2728"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2727"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=151134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=151134"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=151134"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=151134"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=151134"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=151134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}